Quelques calculs savants pour augmenter la marge de sécurité

 

Lorsque nous achetons une action pour notre portefeuille de daubasses, nous achetons, non pas une entreprise, mais des actifs et même des actifs courants. Mais il nous semble que nous vous avons déjà expliqué tout ça. 

Volontairement, nous avons opté pour une analyse relativement superficielle des sociétés que nous avons acquises doublée d’une forte diversification. 

Cependant, certains d’entre nous, pour leur portefeuille personnel, ont acheté l’une ou l’autre action déjà présente au sein du portefeuille du club. 

Dans ce cas, à défaut de forte diversification comme « protection contre l’ignorance », il est indispensable d’approfondir un peu plus l’analyse et surtout, de vérifier la qualité des actifs courants qui ont été achetés. 

Il y a trois grands types d’actifs courants : la trésorerie et les placements de trésorerie, les créances et les stocks. 

Une méthode « automatique » permet d’augmenter la marge de sécurité en fonction du risque de non valeur de l’actif : ainsi, Ben Graham suggérait d’appliquer automatiquement une décote de 50 % sur la valeur des stocks reprise dans les comptes, 25 % sur la valeur des créances et aucune décote sur la trésorerie. 

En appliquant ces rabais complémentaires aux actions détenues par notre club, la décote globale que nous avons obtenue lors de nos achats par rapport à la « valeur-du-fonds-de-roulement-net-corrigée-des-décotes-standard » est de 35 %, ce qui nous semble tout-à-fait excellent. 

Ainsi, sur nos 32 sociétés, 

– 4 présentent une valeur nette nette négative après applications des décotes
– 6 ont été acquises à un cours supérieur à la valeur nette nette corrigée
– 5 ont été acquises avec une décote variant entre 0 et 30 % par rapport à la valeur nette nette corrigée
– 17 ont été acquises avec une décote supérieure à 30 % 

Cependant, il nous semble que celui qui désire un portefeuille moins diversifié devrait approfondir un minimum l’analyse de ces trois postes. 

Un simple exemple : est-il normal d’appliquer la même décote de sécurité de 50 % sur le stock d’immeubles de Barrat que sur le stock de vêtements de Vet’Affaires ? 

Nous pensons que non et, dans une prochaine rubrique, nous expliquerons comment, selon nous et de manière relativement simple, nous pouvons vérifier la pertinence de la valeur des actifs courants repris dans les comptes des sociétés « cotant sous leur fonds de roulement net ».

Heelys

Le 20 Janvier 2009

http://www.heelys.com/

Nous avons acheté, Heelys , Ticker Yahoo : HLYS
Le 20 Janvier 2009

A un prix net de frais de : 2.17 USD
Au 30 Juin 2008 : Son actif Net-Net s’élevait à 3.1190 USD
Le Ratio Net-Net est donc de : 0.6252
Au 30 Juin 2008 : son ratio de solvabilité s’élevait à : 297.55%

Présentation de la société

La société Heelys à été fondée en 2000 a Carrollton au Texas sous le nom de Heeling pour devenir Heelys en 2006. Elle crée, commercialise et distribue des articles de sport pour les jeunes, aux USA et à l’international.

Heelys est par exemple l’inventeur d’une chaussure qui intègre des roulettes dans le talon, ce qui permet à l’utilisateur de passer de la marche au patinage en déplaçant son poids sur le talon. Elle commercialise également une gamme de produits de protection pour les amateurs de Skate Board, des vêtements et des chaussures de sport.

Qu’avons-nous acheté dans cette société ?

Nous avons principalement acheté des liquidités pour 3.57$ par action, un stock pour 0.71$ par action et des créances commerciales pour 0.30$ par action.

En fait, un actif courant pour une valeur de 4.81 $ par action duquel nous avons déduit l’ensemble des dettes de 0.68 $ par action, mais également 1.01$ pour un écart de rotation des stock au-dessus de nos critères, soit un actif Net-Net de 3.11$ par action que nous avons payé 2.17$ par action.

Nous remarquons ici que le marché évalue, non seulement les stocks et les créances à zéro, mais aussi ne prend en compte que 75% des liquidités après avoir déduit l’ensemble des dettes de la société , ce qui nous permet d’acheter la société avec une marge de sécurité très importante.

Son Ratio de solvabilité était de … 296.95% (!) au 30 Juin 2008 et sa valeur d’Actif Tangible était de 3.75$

Le marché peut-il aller plus bas ?

Nous n’en savons rien …

Tout ce que nous pouvons dire, c’est que le marché nous semble bel et bien sous évalué (cfr notre article de fin 2008) mais nous sommes dans l’impossibilité d’émettre quelque avis que ce soit sur le sens du marché dans les 18 mois qui viennent.

Malgré tout, nous venons de nous replonger dans nos petits tableaux contenant les données du S&P 500 depuis 1925.

Pour le moment, concernant cet indice, nous ne sommes pas encore dans le marché baissier le plus long : dividendes réinvestis, l’investisseur qui avait acheté le S&P en janvier 1929 a du attendre fin 1942 pour retrouver sa mise, soit 14 ans.

A l’heure actuelle, sur le même indice, l’investisseur qui se trouve aujourd’hui sur le S&P 500 a du investir avant mars 1998 pour récupérer sa mise (à condition d’avoir réinvesti ses dividendes) soit 10 ans et 2 mois.

Par contre, si on tient compte de l’inflation, nous nous trouvons bel et bien dans le plus long marché baissier depuis 1925 :

Celui qui a investi fin septembre 1929 a du attendre novembre 1936 pour récupérer son investissement en dollar constant, soit 7 ans et 3 mois

Celui qui a investi en janvier 1974 a du attendre janvier 1985 pour récupérer son investissement en dollar constant, soit 11 ans et 1 mois.

Et celui qui est investi fin janvier sur le S&P 500 a du investir avant avril 1997 pour conserver son pouvoir d’achat en dollar, soit 11 ans et 9 mois.

Notre conclusion : à défaut de connaître l’euphorie et la liesse d’un superbe bull market, nous vivons une expérience unique, riche d’enseignements pour notre avenir d’investisseur. Et nous pourrons dire à nos petits-enfants : « j’y étais » …

Ikanos Communication

Le 26 Novembre 2008

http://www.ikanos.com/

Nous avons acheté, Ikanos Communication , Ticker Yahoo : IIKAN
Le 26 Novembre 2008

A un prix net de frais de : 1.1949 USD
Au 30 Juin 2008 : Son actif Net-Net s’élevait à 2.6211 USD
Le Ratio Net-Net est donc de : 0.4558
Au 30 Juin 2008 : son ratio de solvabilité s’élevait à : 166.28%

Présentation de la société.

La société Ikanos Communication à été fondée en 1999 à Fremont en Californie. La société commercialise des semi-conducteurs de haute performance et des logiciels. Ces clients sont principalement des fabricant d’équipement de réseau et les fournisseur de service numérique.

Elle est présente en Chine, France, Inde, Japon, Corée et Singapour

Qu’avons-nous acheté dans cette société ?

Nous avons principalement acheté des liquidités pour 2.41$ par actions, un stock pour 0.44$ par action et des créances commerciales pour 0.51$ par action

En fait un actif courant pour une valeur de 3.45 $ par action du quel nous avons déduit l’ensemble des dettes de 0.83 $ par action, soit un actif Net-Net de 2.62$ par action que nous avons payé 1.19$ par action.

Nous remarquons ici les liquidités très importante de la société qui couvre à elle seul 3 fois l’endettement total de la société……Le marché évalue donc nom seulement les stocks et les créances à 0 et ne semble même pas tenir compte à notre prix d’achat de 0.30$ de liquidité…..Ce qui nous permet de penser que nous avons acheté cette société à un prix hors concurrence.

Son Ratio de solvabilité était de 166.28% au 30 Juin 2008 et sa valeur d’Actif Tangible de 3.34 $

 

Analyse financière adaptée aux daubasses (6bis)

L’excédent brut d’exploitation

 

Précédemment, nous vous avons expliqué pourquoi l’ebitda pouvait être utile pour vérifier la capacité des sociétés que nous avons en portefeuille à résister avec leurs ressources propres sans devoir faire appel à des tiers (banques ou actionnaires).

Nous avons évalué, « à la grosse louche » quel serait l’ebitda de nos entreprises pour l’année 2009. Et nous sommes arrivé à un ebitda négatif de 8 485 euros, soit plus de la moitié de notre investissement initial.

Nous vous voyons venir : « ça y est, ils sont ruinés » vous dites vous …

Peut-être pas tout-à-fait. Rappelez-vous cher lecteur : nos daubasses bénéficient, globalement d’une jolie petite tirelire, représentée par la trésorerie nette positive de 11 059 euros.

Autrement dit, nous avons de quoi « tenir » presque 16 mois avant que nos entreprises ne doivent faire appel aux banquiers pour financer leur cycle d’exploitation. Sera-ce suffisant pour attendre un retour à une meilleure fortune ? Rendez-vous à la mi 2010 et vous saurez alors si les adorateurs de Graham qui animent ce blog ont mis correctement en application les enseignements de leur idole …

 

ou s’il ne leur restera plus que leurs yeux pour pleurer…