L’incroyable histoire de Superpondeuse et du boucher Benjamin (1ere partie)

Rien de tel que la sagesse paysanne pour investir en Bourse …

Un jour, Joseph se rend au marché. Emile, marchand de volailles de son état, propose de lui vendre une poule « super pondeuse ». En effet, depuis 6 mois, elle pond un œuf chaque jour et ce, sans exception. Emile exhibe même un document, certifié par le vétérinaire, attestant que Superpondeuse réalise bel et bien cet exploit.

Le prix demandé par Emile pour Superpondeuse est de 15 euros.

Joseph est un malin : il calcule qu’à raison d’un œuf par jour pendant un an et demi (c’est l’espérance de vie escomptée pour Superpondeuse ), à raison d’un bénéfice net de 0,06 euros par œuf pondu, il aura récupéré 32,85 euros à la mort de la championne et donc plus que doublé son investissement.

Il conclu donc avec Emile sans même marchander, persuadé du « bon coup » qu’il vient de réaliser.

Très fier de son acquisition, notre rusé Joseph emporte le gallinacé dans son poulailler. Seulement voilà, ce qu’il ne savait pas, c’est qu’Emile donnait à Superpondeuse un mélange parfaitement dosé de maïs et de froment qui décuplait les capacités de ponte de la poule.

Notre brave Joseph, moins bon éleveur qu’Emile, n’offrait à sa poule que le surplus d’avoine de sa dernière récolte. Résultat : au lieu de pondre un œuf par jour, Superpondeuse ne pondait plus … qu’un œuf par semaine.

Très déçu de cette daubasse et ne voyant aucun moyen de rentabiliser son investissement, notre peu doué aviculteur propose à son voisin Benjamin G., le boucher du village de lui racheter Superpondeuse.

Benjamin G. aussi sait calculer : pour une poule de réforme de 1,5 kg qu’il vendra à la mère Germaine, il encaissera bien 3 euros. Il propose donc à notre brave Joseph de lui racheter sa poule à 2,5 euro.

« C’est toujours ça » se dit Joseph. « Au moins, j’aurai pas tout perdu ». Et il conclut la vente avec Benjamin G.

Et finalement qui a fait la meilleure affaire ? Joseph qui a acheté des espoirs de gain futurs en se basant uniquement sur un rendement passé … ou Benjamin G. qui a payé la poule pour ce qu’elle vaut aujourd’hui ?

Que va-t-il advenir de Superpondeuse ? Nous comprenons que le suspens est insoutenable pour vous, cher lecteur. Mais il vous faudra attendre la semaine prochaine car pour l’heure, notre gallinacé se trouve enfermée dans une cage chez notre boucher, attendant sa dernière heure.

 

11 réflexions au sujet de « L’incroyable histoire de Superpondeuse et du boucher Benjamin (1ere partie) »

  1. C’est Emile qui a fait la meilleure affaire.Son know-how lui permet de tirer la quintessence de Superpondeuse.Amicalement,Thierry.

  2. Pour Emile, nous ne savons pas s’il a fait une bonne affaire puisque nous ne connaissons pas son prix d’achat. Tout ce que l’histoire nous explique, c’est qu’il était beaucoup plus doué pour la direction … heu pour l’élevage des poules que Joseph.Par contre, cet Emile a-t-il eu raison de vendre Superpondeuse quand on constate la rente que la « star de la basse-cours » lui offrait ?Amicalement,Louis

  3. Le boucher va payer 1 oeuf par semaine le consultant éleveur pour savoir comment nourrir sa nouvelle poule. Plus 1 oeuf par semaine pour acheter la nourriture adequat. Il lui restera alors 5 oeufs par semaine pour faire des quiches avec les restes de ces invendus de boucherie. Bien plus rentable que 0.5€ en la tuant.Mais bon dans la réalité, on n’entretient pas un poulailler avec une poule…

  4. hé hé Stéphane, on dirait que tu voudrais sauver la vie de Superpondeuse… Serais-tu tombé sous le charme de la poulette ? :-))

  5. Bien sur je suis sous le charme… Pourquoi vendre un actif avec une telle rentabilité ! Que ferais-je alors du capital cash ? UN investissement d’attente en attendant une occase ou un investissement avec une probabilité statistique non négligeable qu’il soit mauvais ?

  6. Une poule vaut à peu près 8 EUR. Elle pond +/- 200 œufs par an. 6 œufs valent 1.5 EUR, soit 25 centimes pièce. Une poule rapporte donc à son propriétaire environ 50 EUR par an, soit un rendement annuel approximatif de 500 % ! Une pondeuse reste active environ 3 ans. Elle mange très peu si elle dispose d’une pâture et en fin de parcours fait une bonne poule au pot. Vraiment un placement à haut rendement. Et cerise sur le gâteau, elle permet d’économiser des impôts déguisés en sacs poubelles car elle est friande de déchets ménagers. Brave cocotte.

  7. Michel,Vous oubliez que posséder des poules nécessite un espace et cet espace nécessite une immobilisation financière…Passionnant cette histoire de poule !Mais au moins, Superpondeuse rapporte, il y a des poules qui coûtent très cher aux hommes qui les entretiennent… !

  8. Michel fait dans la « réalité ».Alors dans la réalité, une poule comme un verger ou un potager, c’est une ruine. On ne fait cela que si ça relève du plaisir.Une poule, c’est un poulailler a acheter ou a construire. Il faut nettoyer, changer la paille, rincer a l’eau. Les poules ne donnent pas d’oeuf quand il fait froid. Les poules n’engraissent pas si facilement… Après il y a la vermine, les maladies. Puis il faut la tuer de ses propres mains (aie) et la déplumer et vider de ses propres mains (aie aie).Bref, c’est beaucoup de temps d’occupation. Si c’est un travail, on gagne 0.05 centimes de l’heure. Si c’est un loisir, on a de bons oeufs et si on sait y faire de bonne poules au pots.

  9. Thierry et Stéphane, bien sûr, mais je ne voulais pas alourdir la plaisanterie de considérations aussi sérieuses. Mais même dans ce cas, cela reste très rentable. Un vrai investissement Value sans les risques de marché et dans l’air du temps : c’est bientôt Pâques. Bon ap.

  10. Bonjour,Notre chère Joseph si calculateur au debut a t'il perdu ses moyens devant le boucher? pq 1an et demi= 75 semaines ( à peur près) 75×0.06=4.5€ vendue 2.5€… il s'est refait plumer (pas drôle vous dites? 😀 )

  11. Hélas Alexandre,Il en va ainsi de certains aviculteurs et de nombreux investisseurs en bourse : faute de patience suffisante, ils préfèrent vendre leur poule/leurs actions pour leur valeur à la casse par dépit plutôt que d'attendre une maximisation du potentiel.

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