Pourquoi nous privilégions l’approche bottom up …

C’est kwaa « bottom up » ?

L’approche “bottom up” consiste à sélectionner des titres sans attacher une grande importance à l’examen d’un secteur industriel ou à l’étude de la conjoncture économique.
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Au contraire, l’approche « top down » commence par l’étude de l’économie à l’échelle nationale ou internationale pour poursuivre l’examen d’un secteur indus­triel en particulier et terminer en sélectionnant une ou plusieurs entreprises au sein de ce secteur.
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En parcourant hier un autre excellent blog, nous sommes tombés sur un article dans lequel David Loggia (alors gérant de fonds de la réputée maison Carmignac Gestion) prévoit une inflation relativement forte pour les 5 années à venir.
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Quelques clics et sites plus loin, nous tombons sur un autre article, sur le site de Reuters celui-là, dans lequel Vincent Chaigneau, stratégiste change et taux pour la Société Générale nous annonce un grand risque de déflation pour les années qui viennent.
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Hum … deux interlocuteurs sérieux et dignes de foi, deux articles présentant chacun des arguments cohérents, rationnels et convaincants et pourtant … deux prévisions totalement opposées !

Sur base du premier article, l’investisseur aura tendance à investir dans les actions et les matières premières ainsi que l’or physique.

Dans le deuxième article, on arrive plutôt à la conclusion qu’il convient de se positionner sur des obligations en USD.

Une chose est certaine en tout cas : un de ces deux illustres intervenants se trompe lourdement et d’ailleurs, ce sont peut-être les deux qui sont dans l’erreur.

 

Morale de l’histoire

Ce petit exemple démontre qu’il est très difficile, même pour des spécialistes, d’effectuer de bonnes prévisions conjoncturelles.

Et nous, qui ne sommes pas économistes et ne disposons pas du bataillon de diplômés de la Société Générale ou de Carmignac Gestion pour nous épauler, comment pourrions-nous prévoir l’avenir macro économique et en tirer des conclusions pertinentes pour nos investissements ? Et bien, c’est bien simple cher lecteur : nous ne le pouvons pas.

C’est la raison pour laquelle nous pensons qu’il n’y a que deux manières d’investir :

– Soit on achète des sociétés tellement solides, présentant une barrière contre la concurrence tellement infranchissable que, quelque soit l’avenir de l’économie mondiale, les résultats de celles-ci n’en seront pas affectés. A notre avis, des sociétés cotées comme cela, il doit y en avoir mais pas tant que cela. Et de plus, Mr Market nous en réclamera un bon prix.

– Soit on achète des sociétés tellement sous évaluées que, quelque soit la conjoncture mondiale des prochaines années, la valorisation tellement faible de ces société nous protège contre le pire.

N’allez pas déduire, cher lecteur, que nous rejetons en bloc toute analyse ou tout avis macro économique, loin de là. La preuve en est que nous avons lu avec un certain intérêt et dans leur entièreté les deux articles précités.

Mais nous pensons, tout comme Benjamin Graham, qu’il est préférable pour les investisseurs intelligents que nous tentons de devenir de se concentrer en priorité sur les entreprises elles-mêmes, tout le reste venant en sus.
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Bref, nous avons arrêté depuis longtemps de nous prendre la tête sur des considérations, certes intellectuellement stimulantes, mais peu pertinentes pour nos investissements.  On a donc opté pour l’option d’acheter des sociétés bradées (des daubasses) et de s’épargner ainsi tout travail de tendance et autres études macro-économiques. 😉
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>> Les sociétés les plus en vogues ne sont pas nécessairement les plus rentables

2 réflexions au sujet de « Pourquoi nous privilégions l’approche bottom up … »

  1. Bonjour, il semblerait tout de même qu’un changement de paradigme ait eu lieu.
    Aujourd’hui de nombreuses sociétés-pas rentables-sont choisies par des investisseurs parce que correspondant à l’époque: critères ESG, start-up qui vont changer le monde et nous mener vers un monde « plus vert ».
    D’énormes masses monétaires affluent vers ces valeurs qui représentent un potentiel de rémunération important.
    Rétrospectivement, Tesla en est un bon exemple.
    Qu’en pensez-vous ?

    1. Bonjour Rebecca,

      Est-ce que ce sont des effets de mode ?
      Nous pensons que c’est possible même si nous n’en avons pas la réponde bien sûr.

      Est-ce que les flux vont continuer d’affluer sur ce thématiques ?
      Certainement, mais sans doute que les valorisations vont prendre un peu de plomb dans l’aile. Quand l’agent abonde, on peut se permetre d’avoir le luxe de choisir la crème de la crème : plus ESG, plus vert, plus « meilleur pour le monde », plus mieux sur tout et de se dire que c’est l’avenir. Toute comparaison avec les valos internet en 2000 est bienvenue ! 😉

      Ce qui est important, c’est d’avoir une méthode d’investissement qui vous va bien. Si vous êtes à l’aise avec le fait d’acheter une boîte 30x ses bénéfices parce qu’il y a cité dans son rapport annuel plus de 20x les mots « ESG », « environnement » et tout le tralala à la mode, allez-y. Vous ferez probablement un bon investissement en ayant en plus une conscience tranquille !

      Nous sommes de notre côté plutôt à l’aise avec l’achat en masse (diversification) d’actifs tangibles bradés. Nous ne disons pas que nous avons raison, mais c’est une méthode qui nous va bien. Nous dormons tranquilles.

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