C’est la fin des vacances : un petit point sur les résultats semestriels

Au cours de ces dernières semaines, nous avons été moins prolifiques dans notre activité rédactionnelle.
Non pas cher lecteur que nous nous prélassions les doigts de pieds en éventail sur une plage paradisiaque. En réalité, c’était pour la bonne cause : prise de connaissance et enseignements à tirer des résultats semestriels de nos entreprises et chasse à la daubasse tous azimut, voilà quel a été notre programme estival (bien que la plage paradisiaque y ait tenu une petite place également, reconnaissons-le). Aujourd’hui, nous disposons des comptes au 30/06 de 31 sociétés parmi les 39 qui composent notre portefeuille et nous avons donc une bonne idée de l’évolution de leur patrimoine.

A première vue (et même à deuxième vue d’ailleurs), les résultats sont mauvais (et même en dessous de ce que nous espérions). La valeur du fond de roulement net de nombreuses de nos sociétés a été affectée assez sensiblement par des résultats plutôt médiocres et surtout, par des réductions de valeur que nous avons nous-mêmes actées lors de nos évaluations en raison d’un gros ralentissement de la rotation des stocks et d’un allongement du délai de paiement moyen des clients.

Et pourtant …

Au cours de cette période de publication de résultats décevants (c’est-à-dire les mois de juillet et août), notre portefeuille s’est apprécié de 27,8 % alors que notre benchmark (le tracker Lyxor MSCI World) ne prenait que 9,8 %.

Qu’en concluons-nous ? Et bien tout simplement qu’acheter des sociétés très bons marché, pour lesquelles Mr Market anticipe la pire des catastrophes nous protège des désillusions. Plus que jamais, nous sommes convaincus que le prix reste le premier critère lorsque l’on choisi d’investir en actions. Et dans cette optique, nous continuerons d’acheter tant que nous en aurons la possibilité d’acheter des actions très sous évaluées de sociétés peu endettées et ce, sans nous soucier de l’orientation que prendra le marché.

Cependant, le réservoir de sociétés fortement décotées en fonction de leur valeur d’actif net net a fortement fondu : la hausse des cours couplée à la perte de valeur des actifs nets a réduit notre watching list de 200 sociétés répondant à nos critères de sous évaluation et de solvabilité à une petite trentaine. Et nous craignons, si la hausse se poursuit, de ne plus rien avoir à nous mettre sous la dent.

C’est la raison pour laquelle, fidèles à nos principes « deep value », nous avons décidé de compléter notre watching list d’entreprises décotées par rapport à leur VANN (valeur d’actif net net) par des sociétés décotées par rapport à leur VANE (valeur d’actif net estate). Dans l’article traitant de ce sujet , nous vous avions expliqué comment nous déterminons la VANE et les raisons pour lesquelles nous appliquons ce calcul.

Compte tenu du fait que nous incluons une catégorie d’actif supplémentaire et que les sociétés présentes dans cette liste n’ont pas nécessairement un fond de roulement positif, nous avons augmenté notre niveau d’exigence en matière de décote et de solvabilité : une décote de minimum 40 % par rapport à la VANE (au lieu de 30 % pour les VANN) et une solvabilité de 50 % (au lieu de 40 % pour la VANN) seront exigées.

La liste premium que nous proposons sera toujours composée en priorité de société cotant sous leur actif net net mais, si d’aventure nous ne pouvions proposer 25 sociétés répondant à nos critères strictes, nous compléterions par ces autres daubasses que sont les VANE.

Nous pensons effectivement qu’acheter une société avec une grosse décote sur la valeur des immeubles qu’elle possède est tout aussi cohérent que d’acheter une société avec une grosse décote sur ses stocks et ses créances mais qui n’est pas propriétaire de l’immobilier qu’elle utilise pour son exploitation. De plus, nous travaillons sur base d’une valeur qui n’apparait pas « au premier coup d’œil dans le bilan », c’est-à-dire la valeur d’acquisition des immeubles. Pour trouver cette valeur, il ne suffit pas de travailler avec des bases de données, il faut réellement « gratter » dans le rapport de gestion. Pour ces deux raisons, nous avons la conviction que la VANE nous permettra, comme la VANN, de « courtiser » d’immondes grenouilles qui ont une réelle possibilité de se transformer en splendides princesses.

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