La bourse et les Thermopyles

480 avant JC, défilé des Thermopyles… D’un côté la gigantesques armée perse commandée par Xerxès forte de 200 000 hommes.  De l’autre Léonidas et ses 7 000 fantassins.  La bataille semble facile à Xerxès : la Perse est immense et puissante, les cités grecques sont divisées et la loi du nombre plaide incontestablement en sa faveur. 

L’empereur perse néglige cependant plusieurs détails :

–         le fait que l’étroitesse du défilé ne lui permet pas de profiter pleinement de son avantage numérique

–         le fait que les courtes lances de ses troupes ne peuvent atteindre les Spartiates armés de leurs célèbres lances longues doriennes

–         la vaillance et l’organisation des Spartiates

Sûr de lui, Xerxès décide d’attaquer les Grecs de front et envoie ses troupes légères affronter Léonidas et ses hommes.  Il échoue.  Ce sera ensuite au tour des troupes moyennes à se heurter au mur dressé par le roi de Sparte et enfin aux troupes d’élite des « immortels » à connaître l’échec.

Finalement, les Perses  réussiront à vaincre les hoplites spartiates après dix jours de lutte sans merci et ce, à cause de la trahison d’Ephial …

STOOOP !!!!

… d’Ephialtès.  Oui, cher lecteur ?

JE VIENS ICI POUR LIRE DES ARTICLES FINANCIERS, PAS DES HISTOIRES  A LA NOIX SUR LES GUERRES MEDIQUES !

Vous avez raison, cher lecteur, mais nous y venons. En réalité, Xerxès a perdu cette guerre médique quelques mois plus tard : les pertes à la fois en troupes et en temps subies aux Thermopyles ont fortement affaibli l’armée perse tant sur le plan de ses effectifs que sur les plans stratégiques et psychologiques et, quelques mois après, il perdra à Salamine toutes ses chances d’envahir la Grèce. Ce sont donc l’ excès de confiance de Xerxès dans sa force et sa sous-estimation de l’adversaire qui l’ont empêché de « raisonner » juste quant à la situation à laquelle il était confronté.

Ne lui jetez pas la pierre cher lecteur. Outre qu’une victoire de sa part aurait pu éteindre la précieuse culture grecque et l’empêcher de se perpétuer au cours des siècles, ce risque de surestimation de ses propres capacités se trouve à l’intérieur de chacun de nous.

Par exemple, combien, parmi la communauté des investisseurs, se considèrent comme de piètres investisseurs ?  A notre avis personne ou presque… Mais alors, où sont donc les mauvais investisseurs ? 

Ce biais psychologique de la surestimation de ses propres capacités, nous voulons absolument l’éviter parce que nous pensons qu’il s’agit là d’une importante source d’erreurs de jugement.

Si la confiance est indispensable pour investir en bourse, trop de confiance en soi entraîne des mauvaises décisions.  Or, en général, les investisseurs pensent qu’ils sont plus intelligents que tous leurs compétiteurs, qu’ils peuvent choisir le meilleur timing ou la meilleure action. 

Faites un tour sur les forums boursiers pour constater jusqu’à quel point ceux-ci surestiment leurs aptitudes : la majorité des forumeurs s’appuient sur les informations qui confortent leurs convictions et écartent celles qui s’en éloignent. Certains ont tellement confiance en leurs capacités qu’ils se contentent de lire les informations les plus évidentes sans chercher celles qui sont moins connues tout comme Xerxès se contentait de constater qu’il disposait de forces supérieures en nombre et en puissance à Léonidas sans chercher les détails qui pouvaient remettre en question cette suprématie apparente.

Accepter que l’on n’est pas plus intelligent que la moyenne est une chose difficile mais nous pensons qu’une fois cet aspect pris en compte, l’investisseur pourra alors se préserver d’ un grand nombre d’erreurs de jugement parce qu’il s’efforcera de recouper les informations qu’il reçoit plutôt que de tirer des conclusions hâtives grâce à ses supposées  « capacités supérieures » et, ainsi, éviter de connaître ses Thermopyles à lui.

.

Portefeuille au 27 Août 2010 : 1 an 276 jours

Cliquez sur les tableaux pour les agrandir
  • Portefeuille : 82.957,99 € (Frais de courtage et de change inclus)
  • Rendement Total : 413,18%
  • .
  • Rendement Annualisé : 153,77%
  • Rendement 2010 : 30,36%
  • .
  • Rendement 2009 : 308,74%
  • .
  • Taux de Rotation Annualisé : 75,16%
  • % Frais Annualisé : 1,95%
  • Effet Devise Total : 7,04%

.

  • Tracker ETF Lyxor MSCI World : 21.705,28 € (Frais de courtage inclus et dividende réinvesti)
  • Rendement Total : 32,69%
  • .
  • Rendement Annualisé : 17,47%
  • Rendement 2010 : 5,43%
  • .
  • Rendement 2009 : 29,82%
* Nous rappelons que ce portefeuille est un investissement réel

Performance mensuelle du portefeuille depuis sa création

Question des lecteurs : « Si vous avez généré un si gros rendement, c’est parce que vous avez pris beaucoup de risques, non ? »

 

Cette question ou plutôt cette affirmation, nous l’avons souvent lue que ce soit dans les mails que nos fidèles lecteurs/abonnés nous adressent ou sur différents forums boursiers.

Effectivement, « l’acceptation populaire » veut que « risque élevé » et « rendement élevé » aillent de paire et que pour obtenir le second, il est nécessaire de passer par le premier.

Nous trouvons ce raisonnement bizarre car, si on prend beaucoup de risques, on augmente donc les « chances » de perdre et où se situe le rendement élevé dans ce cas ?

Pas question pour nous donc de prendre des risques inconsidérés avec nos précieuses économies.

C’est pourquoi, dans nos approches de l’investissement quelle qu’elles soient, nous veillons à appliquer les deux règles fondamentales  de Warren Buffett : « ne pas perdre de l’argent » et « ne jamais oublier cette règle ».

Dans nos investissements en daubasses, nous pensons que, plus que jamais, nous mettons ces règles en pratique et ce, pour trois raisons :

–         la première, c’est que, volontairement, nous conservons un portefeuille diversifié : nous détiendrons, si nous sommes « full invest » toujours au moins 30 lignes différentes.  C’est inscrit dans les statuts de notre club et nous le pratiquons aussi pour nos propres portefeuilles.  Nous avons déjà expliqué  les raisons de cette diversification.

–         la deuxième, c’est la sous évaluation même de nos sociétés et l’importance de la marge de sécurité que nous prenons par rapport au collatéral représenté par les actifs tangibles de la société.  Dans cet article, Loïc Abadie se base sur la valeur de l’actif tangible des sociétés composant le CAC 40 pour déterminer, selon lui, un potentiel de baisse maximum en cas de très gros crash.  Ce seuil se situe 75 % sous son niveau actuel !

Fidèles à notre philosophie, nous ne présageons en rien la survenue d’un tel évènement … ni même sa « non survenue » : vous nous connaissez, cher lecteur, tirer des conclusions correctes d’éléments macro économiques est hors de nos compétences. 

Cependant, nous aimons imaginer ce qu’il pourra survenir à nos précieuses économies si le « pire » survenait.  Nous nous sommes donc livrés au petit exercice suivant : envisager un scénario aussi noir que celui présenté par notre confrère et son impact sur notre portefeuille.  Nous sommes donc parti des hypothèses suivantes : en cas de grave crise déflationiste,

  1. Les actions de notre portefeuille coteront à un ratio cours/valeur d’actif net tangible de 0,80.
  2. Bien que nous ne détenions aucune banque, nous prenons comme postulat que la valeur d’actif net tangible de nos sociétés diminuera en moyenne de 30 %.

 

Dans ce cas extrême, la valeur de notre portefeuille sera de 120 680 euros soit … une augmentation de 42 % par rapport à sa valeur marchande actuelle.  Vivement ce gros crash ! 🙂

Certes, les sociétés composant le CAC 40 génèrent des flux de trésorerie bien plus importants que « nos » sociétés et ceci peut justifier une différence de valorisation.  Néanmoins  nous pouvons dire que nous détenons bien plus d’actifs bien tangibles en garantie de notre investissement que si nous avions composé notre portefeuille avec les sociétés du CAC 40.

–         le troisième point qui nous permet de dire que notre approche est prudente et tout-à-fait dans l’optique du « bon père de famille », c’est le fait que nous éliminions toute société trop endettée. Comme vous le savez, pour être « éligible à l’AOC daubasse », une société doit satisfaire un critère de solvabilité assez strict : nous éliminons toute entreprise présentant un ratio inférieur à 40 %. Mais il y a mieux : nous avons calculé le ratio de solvabilité global de notre portefeuille et l’avons comparé avec celui de l’ensemble des sociétés du CAC 40.

Le CAC 40 présente un ratio de solvabilité de 34,52 % sur base des comptes arrêtés au 31/12/2009. Evidemment, il est composé de banques et d’assureur qui, traditionnellement et en raison même de la nature de leurs activités, présentent une solvabilité inférieure aux autres sociétés. Nous avons donc amputé le CAC 40 des banques et de la compagnie d’assurance qui le compose et recalculé sa solvabilité globale et avons obtenu et retenu le chiffre de 40,61 %.

Et notre portefeuille de daubasses ? Pas terrible allez-vous penser ? Et bien sa solvabilité s’élève à 79,4 % … presque le double de celle du CAC 40.

Après cette petite démonstration, pensez-vous encore, cher lecteur, que risque et performance sont indissociables en investissement ?

.

Portefeuille au 20 Août 2010 : 1 an 269 jours

Cliquez sur les tableaux pour les agrandir
  • Portefeuille : 84.691,90 € (Frais de courtage et de change inclus)
  • Rendement Total : 423,91%
  • .
  • Rendement Annualisé : 159,47%
  • Rendement 2010 : 33,09%
  • .
  • Rendement 2009 : 308,74%
  • .
  • Taux de Rotation Annualisé : 74,95%
  • % Frais Annualisé : 1,93%
  • Effet Devise Total : 6,97%

.

  • Tracker ETF Lyxor MSCI World : 21.830,28 € (Frais de courtage inclus et dividende réinvesti)
  • Rendement Total : 33,45%
  • .
  • Rendement Annualisé : 18,07%
  • Rendement 2010 : 6,04%
  • .
  • Rendement 2009 : 29,82%
* Nous rappelons que ce portefeuille est un investissement réel

Performance mensuelle du portefeuille depuis sa création

L’investissement focalisé ? Pas pour nous …

De nombreux investisseurs, des maîtres à penser de l’investissement « value », sont des adeptes des portefeuilles focalisés. On peut citer des noms aussi connus que Keynes, Charlie Munger, Lou Simpson, Phil Fischer et bien entendu Warren Buffet.

Pour en revenir à ce dernier, sachez qu’il a fait de très belles performances dans les années 80-90 avec un portefeuille qui n’a jamais compté plus de 10 titres.

Vous trouverez ci-dessous un tableau récapitulatif de ses meilleures années et du nombre d’actions qu’il détenait :

Année Performance Nombre de titres
1988 11,9% 5
1989 53,1% 5
1990 2,7% 6
1991 55,5% 7
1992 24,2% 8
1993 11,7% 8
1994 15,3% 10
1995 43,6% 8
1996 37,5% 8
1997 38,5% 8

 

Comme le disait l’économiste Keynes qui était aussi un brillant investisseur : « c’est une erreur de penser qu’on limite ses risques si on s’étend sur trop d’entreprises que l’on ne connaît pas bien et en lesquelles on ne peut pas réellement avoir confiance… La connaissance et l’expérience que l’on peut avoir sont forcément limitées et il est rare qu’il y ait à un moment donné plus de deux ou trois entreprises dans lesquelles je me sente capable de placer toute ma confiance ».

Si vous voulez plus de détails et d’anecdotes croustillantes, nous vous recommandons la lecture de Le portefeuille de Warren Buffett dans lequel Robert Hagstrom démontre avec brio les avantages de l’investissement focalisés.

Comment se fait-il que le portefeuille des daubasses , qui se veut « deep value », ne réponde pas à ce critère ?

La raison est simple. Même si nous tendons à minimiser tout risque avec notre filtre rédhibitoire sur notre ratio de solvabilité qui doit être au minimum de 40% et que nous n’ayons pour l’instant jamais connu de cas de perte totale, ce risque reste évidemment possible.

Nous nous appuyons sur une étude de l’ex analyste star de la Société Générale James Montier publiée en septembre 2008, dans laquelle il met le doigt sur le principal risque de l’investissement dans les net-nets chères à Benjamin Graham : la perte de capital permanente, soit la faillite de l’entreprise (dans le sens où elle est non voulue mais subie du fait de la structure financière dégradée de l’entreprise). Sur le graphique ci-dessous, vous constatez que les net-nets ont un risque plus que double (5%) de connaître une issue malheureuse par rapport à l’ensemble des autres actions (2%).

 

C’est pourquoi il nous semble essentiel de diversifier notre portefeuille de Daubasses. Car en bonnes Daubasses qu’elles sont, une mauvaise surprise de ce genre est possible. Nous avions répondu à un lecteur en juillet 2009  que la diversification nous protégeait de nos éventuelles erreurs d’appréciations.

Pour l’instant, même si certains de nos investissements n’ont pas toujours bien tourné, aucune faillite pure et simple n’est à déclarer au sein de notre portefeuille.

.

Portefeuille au 13 Août 2010 : 1 an et 262 jours

Cliquez sur les tableaux pour les agrandir
  • Portefeuille : 86.546,80 € (Frais de courtage et de change inclus)
  • Rendement Total : 435,39%
  • .
  • Rendement Annualisé : 165,57%
  • Rendement 2010 : 36,00%
  • .
  • Rendement 2009 : 308,74%
  • .
  • Taux de Rotation Annualisé : 74,67%
  • % Frais Annualisé : 1,91%
  • Effet Devise Total : 6,76%

.

  • Tracker ETF Lyxor MSCI World : 21.942,78 € (Frais de courtage inclus et dividende réinvesti)
  • Rendement Total : 34,14%
  • .
  • Rendement Annualisé : 18,65%
  • Rendement 2010 : 6,58%
  • .
  • Rendement 2009 : 29,82%
* Nous rappelons que ce portefeuille est un investissement réel

Performance mensuelle du portefeuille depuis sa création

Bas les masques : Blonder Tongue Laboratories

Après qu’elle ait plus que doublé son coût d’achat, nous vous proposons, cher lecteur, de dévoiler la société masquée n°4 : il s’agit de Blonder Tongue Laboratories. 

Cette société a été acquise en novembre 2009 et nous mettons à votre disposition ci-dessous, l’analyse que nous avions rédigé à l’époque pour nos abonnés.  Attention, celle-ci n’a pas été mise à jour même si, dans les grandes lignes, elle nous semble toujours d’actualité.

 

La société a été fondée en 1950 par Ben Tongue et Isaac Blonder. 

Blonder Tongue Laboratories assure aujourd’hui le développement et la fabrication de produits numériques et de solution à large bande sur le marché du cable pour le marché du logement, de l’hôtellerie et des institutionnels comme les hôpitaux et les prisons.

Les produits à haute intensité de main d’œuvre sont fabriqués en Chine. 

Les 17 et 18 novembre 2009, nous avons acheté des actions de la société au prix de revient de 1,003 usd, frais de courtage inclus.

I.                  La valeur d’actif net net (VANN)

Au 30 septembre, nous avons un actif courant de 2,328 usd par action.  Il est composé de stocks pour 1,557 usd et de créances pour 0,473 usd.  Nous avons déduis des dettes pour 0,946 usd par action.  Nous avons également réduit la valorisation que nous donnons aux stocks en raison d’un ralentissement de leur rotation de 0,079 usd.

Nous avons donc acquis un actif courant net de 1,303 usd au prix de 1,003 usd, soit une marge de sécurité de 23 %.

II.               La valeur d’actif net estate (VANE)

La société possède des terrains et constructions pour une valeur d’acquisition de 0,70 usd.  Nous appliquons notre traditionnelle marge de sécurité de 20 % sur cette valeur et reprenons ces immeubles pour 0,563 usd. 

 Ajouté à la VANN, cet actif immobilier nous permet d’obtenir une VANE de 1,866 usd, soit une marge de sécurité de 46 % par rapport à notre coût d’achat.

III.           La valeur en cas de mise en liquidation volontaire (VMLV)

Revenons d’abord sur les actifs courants.

Le principal poste est représenté par  les stocks qui représentent 67 % de l’actif courant.  Nous constatons tout d’abord que les articles en stocks y séjournent en moyenne 198 jours, ce qui nous semble énorme pour des produits high tech.  Et ce, d’autant plus qu’il y a aussi des stocks dans l’actif non courant : la direction y impute les articles qu’elle estime qu’elle ne vendra pas dans les 12 mois qui viennent.  En cumulant les deux postes, nous obtenons un « délai de séjour moyen » en stock de 293 jours.

 Nous reviendrons sur les stocks non courants plus loin mais nous pensons que sur la partie « stocks courants », il est nécessaire de prendre ses précautions d’autant que la direction n’a acté aucune réduction de valeur sur ce poste.  Nous prenons donc une marge de sécurité  de 40 % de la valeur reprise aux comptes (en plus de la réduction automatique de 5 % calculée ci-dessus)  et réduisons donc la VANN de 0,623 usd.

 La direction a acté 6 % de provision pour créances douteuses sur les en cours des clients.  Nous constatons également un délai moyen de paiement très raisonnable de 36 jours.  Pour ces deux raisons, nous ne rabattons ce poste que de 10 % soit 0,047 usd par action.

 Nous reprenons également les impôts différés pour 0 dans l’optique d’une mise en liquidation et déduisons de la VANN 0,07 usd supplémentaires.

 Les actifs non courants sont composés :

 –         des stocks non courants : nous avons vu plus haut ce qu’il en était.  Bien que la direction ait acté des réductions de valeur équivalentes à 38 % de leur valeur brute, nous pensons que c’est encore trop optimiste et déduisons 50 % supplémentaires sur cette valeur.  Nous reprenons donc les stocks non courants pour  0,373 usd.

–         des immeubles que nous reprenons comme signalés ci-dessus pour 0,563 usd

–         des installations, machines et équipement de bureau pour une valeur d’acquisition de 1,625 usd. Nous les reprenons symboliquement pour 5 % de cette valeur soit 0,081 usd

–         des intangibles dont, fidèles à nos principes, nous ne tenons pas compte.

Hors bilan

 Nous trouvons des leasings opérationnels pour payables jusqu’en 2013 pour un montant de 0,062 usd par action.

 Nous établissons donc la VMLV de la société à :

 VANN : 1,303

Marge de sécurité sur stock : -0,623 usd

Marge de sécurité sur créances commerciales : – 0,047 usd

Stocks non courants : 0 ,373 usd

Immeuble : 0,563 usd

Installations, machines, équipement de bureau : 0,081 usd

Hors bilan : – 0,062 usd

 Soit une valeur de mise en liquidation volontaire de 1,588 usd, ce qui nous procure par rapport à notre coût d’achat une marge de sécurité de 37 %.

IV.            La valeur de capacité bénéficiaire (VCB)

La société génère bien des bénéfices d’exploitation mais ceux-ci sont trop faibles par rapport aux dettes financières pour justifier d’une valeur de capacité bénéficiaire.  L’Ebitda de l’entreprise lui permet cependant, sur le long terme, de faire face, sans problème aux échéances de remboursement (l’endettement à long terme est inférieur à 3 X l’Ebtida moyen des 5 dernières années).

En conclusion

A notre prix d’achat de 1,01 usd, nous avons obtenu une marge de sécurité de :

–         23 % sur la VANN

–         48 % sur la VANE

–         37 % sur la VMLV

Nous pensons aussi que la société présente, grâce à son know how, de gros actifs intangibles, difficiles à valoriser pour nous.  Mais le fait qu’ils permettent de générer des résultats d’exploitation positifs et le montant des frais de R&D conséquents (1,37 usd par action pour les 5 dernières années) nous permettent de penser que ce know how est bien présent et que, tôt ou tard, il sera valorisé que ce soit par une direction plus dynamique ou un concurrent attiré par ces technologie.  Reste à déterminer la date de cette revalorisation … Et ça, c’est une autre histoire.

.

Portefeuille au 6 Août 2010 : 1an et 255 jours

Cliquez sur les tableaux pour les agrandir
  • Portefeuille : 85.720,27 € (Frais de courtage et de change inclus)
  • Rendement Total : 430,27%
  • .
  • Rendement Annualisé : 167,01%
  • Rendement 2010 : 34,70%
  • .
  • Rendement 2009 : 308,74%
  • .
  • Taux de Rotation Annualisé : 76,39%
  • % Frais Annualisé : 1,95%
  • Effet Devise Total : 2,53%

.

  • Tracker ETF Lyxor MSCI World : 21.810,28 € (Frais de courtage inclus et dividende réinvesti)
  • Rendement Total : 33,33%
  • .
  • Rendement Annualisé : 18,45%
  • Rendement 2010 : 5,94%
  • .
  • Rendement 2009 : 29,82%
* Nous rappelons que ce portefeuille est un investissement réel

Performance mensuelle du portefeuille depuis sa création

Forbes Medi Tech : une liquidation qui « ne tourne pas » à l’avantage des actionnaires …

 

Comme vous le savez, cher lecteur, la valeur de mise en liquidation volontaire constitue, pour nous, la valeur que, dans notre esprit, nous sommes certains d’encaisser lorsque nous achetons une action.

A tel point qu’il nous arrive de souhaiter que la direction mette en liquidation  certaines des sociétés que nous détenons.

C’est d’ailleurs dans cet optique que nous avions acheté, le 17 novembre 2009, Forbes Medi Tech (daubasse masquée n° 4 dans la situation du portefeuille du 16 juillet)   au prix de revient, frais de courtage inclus, de 0,386 usd.

Il s’agit d’une société canadienne, créée en 1985.   A l’origine une compagnie de prospection minière, elle a changé d’orientation en 1992 et s’est lancée dans la recherche pharmaceutique.  En 2008, la société a décidé d’arrêter de développer ses propres médicaments et de se concentrer sur la nutraceutique.

Son produit-phare, le Reducol, qui permet de réduire le cholestérol de façon naturelle.  Il peut servir d’ingrédient dans divers produits alimentaires comme les yaourts, les fromages, le lait ou la margarine.

Forbes Medi Tech est un « gouffre à fric » : elle n’a jamais fait que générer des pertes, en tout cas au cours de ces 10 dernières années et rien n’indique qu’elle parviendra à générer des profits un jour.

Pourquoi avions-nous donc effectué cet investissement ?  Et bien justement parce que nous espérions sa mise en liquidation.  En effet,  dans les rapports financiers de la société, nous apprenions que la direction envisageait, ni plus ni moins que la mise en liquidation de la société si elle ne parvenait pas à nouer un partenariat stratégique. 

A l’époque, sur base du rapport trimestriel arrêté au 30/09, nous avions calculé la Valeur de Mise en Liquidation Volontaire à 0,52 usd.  Cependant, nous avions aussi relevé deux points, selon nous, essentiels :

–          parmi les clients de Forbes, on trouve Albert Heijne, Auchan, Tesco ou le principal producteur laitier d’Uruguay

–          au cours des 5 derniers exercices, la société a dépensé pour 4,3 usd par action en frais de recherche et développement

Nous n’avions évidement aucune certitude mais nous pensions tout de même que ces actifs intangibles, c’est-à-dire le réseau de clients et le savoir faire induit par ces frais de R&D ”valaient quelque chose”.

Lors des comptes arrêtés au 31/03/2010, les pertes de la société ont entraîné une fonte de la VMLV à un montant de 0,15 usd … et nous avons pourtant décidé de conserver l’action parce que nous avions toujours une conviction raisonnable que les « intangibles » de la société avaient une « valeur ».

Hélas, inconscients et vaniteux que nous avons été sur ce coup-là.

Le 13 juillet, nous apprenions que la direction mettait la société en liquidation. YOUPIE ! … mais que le produit de cette liquidation tournerait entre 0,08 et 0,13 cad 🙁

A cette annonce, le cours de l’action, qui avait logiquement connu une lente érosion depuis notre achat, s’est effondré à 0,08 usd.  Ce cours se situant dans le bas de la fourchette annoncée par la direction, nous avons décidé de « laisser traîner » un ordre de vente à 0,10 usd.

Le 20 juillet, le cours de l’action atteignait miraculeusement ces 0,10 usd et notre vente était exécutée … à contre temps ici aussi car le lendemain, nous apprenions que « les loups sortaient du bois » et qu’un concurrent se montrait intéressé par cette foutue daubasse et qu’il était susceptible de payer sensiblement plus que le prix annoncé par la direction.

Enfin, ce 29 juillet, la direction annonce que la société Pharmachem est intéressée par les actifs de Forbes et que suite à cela, il devrait revenir aux actionnaires entre 0,14 et 0,19 cad par action, soit aux alentours de notre dernière VLMV !

Sur cette opération, nous avons perdu plus de 70 % de notre investissement initial … mais nous nous sentons malgré tout plus riches en expérience.  Ce que nous en retenons :

1. Il faut se méfier des sociétés qui n’ont jamais été capables, sur les 10 années, de présenter ne fut-ce qu’une seule année bénéficiaire.  Parce que, dans ce cas, des actifs n’ayant jamais été rentables … ont peu de chance d’intéresser réellement un repreneur.  Notons cependant que certains de nos multiples baggers ne présentaient pas nécessairement beaucoup de profits même sur une longue période écoulée.  Nous pensons donc qu’il faut se méfier, prendre des marges de sécurité supérieures mais pas nécessairement écarter ce genre de sociétés de manière systématique.

2. L’investisseur « deep value » doit toujours disposer d’un collatéral tangible en garantie de son investissement.  Nous avons fait une entorse à cette règle en imaginant des « intangibles » conséquents.  Pourtant, si nous l’avions appliquée, nous aurions vendu plus tôt et réduit nos pertes.  Peut-être avons-nous commis là un petit péché de vanité … ou, à tout le moins, nous sommes-nous égarés dans le monde merveilleux des rêves au lieu de rester dans le monde réel comme nous le préconisons pourtant à longueur de blog.

3. L’investisseur « deep value » ne vend pas si le collatéral tangible est significativement plus élevé que le cours de bourse : nous avions évalué, assez justement, la VMLV après le 1er trimestre 2010 à 0,15 usd … et nous vendons 30 % plus bas à 0,10 usd.  A noter que l’offre de Pharmachem se situe justement aux alentours de cette valeur à casser ainsi d’ailleurs que le cours actuel.

En résumé, si nous pensons que notre achat dans cette société se justifiait bien, nous ne pouvons que constater que, par la suite, nous n’avons pas appliqué strictement nos propres principes : nous avons conservé l’action au dessus de la valeur de ses actifs tangibles et ensuite, l’avons vendue sous cette valeur.  Une magnifique double entorse à nos principes !

Nous avons malgré tout également  une confirmation : la diversification reste une vertu mais nous reviendrons sur ce point dans un prochain article.

.