Portefeuille au 29 Janvier 2011 : 2 an 65 jours

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  • Portefeuille : VL 577,34 € (Frais de courtage et de change inclus)
  • Rendement Total : 471,43%
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  • Potentiel Estimé VANT / Cours 204,17%
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  • Rendement Annualisé : 122,61%
  • Rendement 2011 : 5,13%
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  • Rendement 2010 : 38,07%
  • Rendement 2009 : 308,74%
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  • Taux de Rotation Annualisé : 46,91%
  • % Frais Annualisé : 1,28%
  • Effet Devise Total : -0,22%

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  • Tracker ETF Lyxor MSCI World : VL 98,33 € (Frais de courtage inclus et dividende réinvesti)
  • Rendement Total : 46,65%
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  • Rendement Annualisé : 19,22%
  • Rendement 2011 : -2,28%
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  • Rendement 2010 : 18,76%
  • Rendement 2009 : 30,34%
* Nous rappelons que ce portefeuille est un investissement réel


Performance mensuelle du portefeuille depuis sa création

Ecomérages : « Sus aux vils spéculateurs … »

C’est la nouvelle devise de Nicolas Sarkozy qui, peinant à trouver son style entre Che Guevarra, Georges Bush et Massimo Gargia s’essaie à présent dans celui de Saint-Georges terrassant le dragon. 

Ainsi donc le premier des Français a fait de la lutte contre la spéculation une priorité du prochain G20 … mais il n’est pas vraiment aidé par les « technocrates de Bruxelles », vous savez : ceux qui sont la cause de tous les maux et une bonne diversion pour nos gouvernants nationaux.  Le chômage, c’est à cause de l’Europe, la crise financière … l’Europe, la crise agricole … ben c’est l’Europe … et ainsi de suite. 

Notez que justement, les « spéculateurs » ou « les marchés », c’est aussi d’excellents souffre-douleur.

Prenez la dette de la Grèce par exemple : si les taux d’intérêt sont plus élevés, c’est bien parce que « les marchés » « attaquent » la Grèce non ? 

Pas parce que le risque de voir la dette non honorée fait fuir la plupart des investisseurs « bons pères de famille » (en ce compris évidemment les compagnies d’assurance ou les fonds de pension) ?  non non non !

Pas parce que le pays a vécu au dessus de ses moyens pendant des années, trafiquant ses comptes au passage (ce qui vaudrait d’ailleurs la prison à n’importe quel dirigeant de société cotée) non non non !

Juste parce que les horrrrribles spéculateurs ont décidé, juste comme ça, pour se faire plaisir, d’étrangler une malheureuse population qui se demande encore ce qui lui tombe sur la tête.

Ceci dit, on fait comment pour « spéculer » sur une dette ?  Et bien on achète des assurances pour se couvrir contre le risque de défaut de paiement.  Ces assurances sont les fameux « CDS ».  Et les spéculateurs, en achetant une assurance dont ils n’ont pas besoin, font grimper le coût de cette assurance, ce qui rend plus onéreux l’acquisition d’obligations et donc, augmente le taux d’intérêt exigé pour couvrir le coût de cette assurance.  Vous nous suivez ?

Mais voici le meilleur : l’ensemble des CDS couvrant la dette grecque s’élève à 4 % de celle-ci et la part des CDS détenus par des hedges funds (qui matérialisent les « spéculateurs ») est de 7 %.  Autrement dit, le poids réel de la spéculation dans la hausse des taux d’intérêt de la dette grecque s’élèverait à 7 % de 4 % soit 0,28 %.  Hum,  est-ce que ça justifie une telle envolée des taux d’intérêt ?

Mais revenons à l’actualité brûlante …

Donc Monsieur Sarkozy part en croisade contre ces mêmes « marchés » accusés d’affamer le monde en spéculant sur les matières premières alimentaires.  Mais voilà qu’un petit problème surgit : il semblerait que si cette  croisade  contre la famine soit réellement une noble cause … l’ennemi n’est peut-être pas celui désigné par le clone présidentiel de José Bové. 

En tout cas, c’est ce que prétend un rapport que la Commission Européenne s’apprêtait à publier.  Selon ce rapport, « il y a une forte corrélation entre les marchés des dérivés et les prix au comptant mais il n’y a aucun élément probant qui atteste d’un lien de causalité entre les marchés des dérivés, la volatilité excessive et la hausse des prix sur les marchés physiques. »

Voyant qu’on s’apprêtait à lui casser son nouveau jouet avant même qu’il n’ait servi, Nico nous a fait une grosse colère et exige qu’on aménage ce rapport et post-pose sa publication.  C’est vrai que supprimer un tel rapport est un excellent remède à la faim dans le monde … ou que briser le thermomètre soigne la grippe.

Loin de nous l’idée de prendre position dans cette querelle « d’experts » : s’il semble évident que la prise de positions financières par le biais de futures doit forcément influencer la demande, il peut sembler tout aussi évident que les aléas climatiques, les restrictions à l’exportation pratiquées par certains pays et la production de biocarburant peuvent tout autant influencer l’offre.

Quant à nous, dans l’équipe des daubasses, on aime bien être pragmatique : la population terrestre ne fait qu’augmenter, et itou la proportion de cette population qui, auparavant, devait se contenter d’un bol de riz par jour et qui a, à présent, la possibilité de se nourrir dignement.  N’est-ce pas là la vraie raison de la hausse des prix des denrées alimentaires ?

Pour nous, il n’y a pas de miracle : le gâteau a une taille déterminée et il va falloir le partager entre plus de convives.  Autrement dit, peut-être que nous, occidentaux, devrons revoir notre mode de vie de surconsommation c’est-à-dire manger moins de produits d’origine carnée et surtout gaspiller moins. Dans nos pays développés, on a chiffré le gaspillage de nourriture à une vingtaine de kilos par an par habitant, soit 80 kg pour une famille de quatre personnes : une destruction de denrées alimentaires qui contribue certainement beaucoup à un « soutien » des prix.

Mais comment un politicien qui doit soigner sa popularité peut-il expliquer à ses électeurs qu’ils sont aussi responsables de la raréfaction des denrées alimentaires ? Et donc, qu’ils contribuent à leur enchérissement.  C’est beaucoup plus confortable d’accuser une entité impersonnelle comme « les marchés ».

Bonne daubassemaine à tous !

Liens :

Etude de Natixis sur les CDS 

Le rapport « censuré » de la Commission Européenne 

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Warren Buffett, l’effet boule de neige (2ème partie) : la machine à cash

Cet article est le 2ème d’une série de 5 qui reprend notre lecture de l’ouvrage d’Alice Schroder, Warren Buffett. La biographie officielle, l’effet boule de neige. Vous pouvez relire le premier article ici.

Dans cet article, nous expliquions que selon nous, les réussites du plus grand investisseur de tous les temps tournaient, et tournent toujours autour de trois vecteurs. Nous allons vous présenter ces trois vecteurs dans des articles différents dont voici le premier.

 

La machine à Cash

Le premier vecteur d’une importance capitale, ce sont les liquidités, le cash dont Buffett dispose en permanence. C’est un élément récurrent et qui fait partie intégrale de l’effet boule de neige. Voyons à travers les années comment évolue la machine à cash de Warren Buffett…

Nous n’allons pas démarrer l’histoire de cette machine à cash dans l’enfance ou l’adolescence du jeune Warren, bien que ses mises en location de machines à sous chez des coiffeurs ou les leasings pour une heure d’une voiture sortant de l’ordinaire en étaient déjà les embryons.

Le début de son aventure d’investisseur professionnel est un peu poussif. En 1956, Buffett crée Buffett Associate Ltd (sur le modèle de la société de Ben Graham) avec 7 actionnaires :  son beau père Bill Thompson, sa sœur et son beau-frère,  sa tante Alice, Chuck Peterson avec lequel il a partagé sa chambre à Wharton, Al Jolson, Dan Monen, un ami d’enfance avec qui il a cueilli des pissenlits dans le jardin de son grand-père et lui même … Nous remarquons que Buffett n’investit que 100$ dans cette première société d’investissement alors qu’il disposait déjà de 174 000$.  A cette même époque, il gère aussi un portefeuille pour la mère et la tante d’un de ses amis de Columbia.

Il décide alors de remettre dans l’affaire toutes ses commissions de gestions. Ce n’est certes pas grand chose nous direz-vous, mais c’est le début.

A ce moment, la société de Ben Graham est petit à petit liquidée. Ben Graham le recommande alors à quelques-uns de ses clients mais sans enthousiasme particulier.

Ensuite son père étant membre du congrès et sa famille très connue à Omaha, il commence à avoir quelques clients plus fortunés.

A chaque fois, Warren crée un partnership pour ses clients et les commissions de gestions commencent à grossir.

La manière d’investir de Buffett sur des « mégots de cigares » ou « daubasses » crée finalement la première accélération de l’effet boule de neige :  comme vous le savez, cher lecteur, on achète un mégots de cigares sous la valeur de ses actifs et on le revend dès que le marché a valorisé ses actifs avec plus de bon sens. Le prix de vente peut donc être multiplié par 2 ou 3, voire même plus en quelques mois.

La croissance du nombre de  clients va ensuite devenir de plus en plus forte, de plus en plus de monde lui confie de l’argent et donc … du cash.

Warren Buffett ne se contente plus d’attendre que le marché valorise ses « mégots de cigares » ou « daubasses », il veut presser le citron de la valeur plus rapidement encore pour dégager du cash en entrant dans les conseils d’administration et en obligeant à rendre une partie de la valeur des stocks ou autres, aux actionnaires dont il fait évidemment partie ainsi que ses associés des différents partnerships.

 

La plus importante découverte de Buffett pour générer de la trésorerie, c’est la machine à cash que sont les assureurs.  Il en fera sa principale machine et aussi une machine intemporelle et ce, tout au long de sa vie d’investisseur, depuis sa première petite société d’assurance à Geico en passant par la société qu’Ajit Jain a créé spécialement pour se couvrir contre les attentats  de l’après  11 Septembre 2001.

 

« Mais comment un assureur peut-il être une machine à cash ? »

Nous pourrions, cher lecteur, résumer cela de cette manière : entre le paiement des primes d’assurance par les clients et le paiement des dommages par la compagnie d’assurance, il y a des sommes d’argent gigantesques qui sont provisionnées.  Ce sont les « provisons techniques » ou le « float » … Cet argent peut donc être investi pour créer des plus-values. C’est pour cela que ces assureurs sont des machines à cash perpétuelles.  Si la gestion de ces liquidités est menée par des investisseurs de bon sens, des plus-values de plus en plus importantes sont crées.  C’est par exemple pour cette raison que Buffett vouera une admiration sans borne à Lou Simpson qui était chargé de l’investissement du float de  Geico.

Une fois les en-cours de Berkshire Hataway devenus importants, Buffett tentera de diversifier sa production de cash en les investissant sur une panoplie de supports, des junk bond à la vade sur le dollar en passant par des émissions d’options, ou des portefeuilles de dettes de toute nature … et des dividendes.

Voilà donc de manière synthétique la machine à cash que Buffett s’est évertué à mettre en place sur plus d’un demi-siècle.

Pourquoi disposer de cash en permanence ? Tout simplement parce qu’à tout moment, Warren est en position d’acheter toutes les occasions à prix cassé qui se se présentent sur le marché et sur tous les supports possibles. Et pour des capitaux de toutes tailles, allant de quelques centaines de milliers de $ à plusieurs milliards de $.

Ce premier vecteur de l’effet boule de neige, aucun investisseur individuel ne peut prétendre le réaliser.

 

 » Oui mais à notre niveau, nous avons les dividendes et une partie de notre salaire que nous pouvons investir chaque mois « .

C’est certain, cher lecteur, mais posez-vous la bonne question de savoir de combien augmente par an votre machine à cash car si c’est de quelques pourcents, vous ne disposez en aucun cas d’une machine à cash mais seulement de quelques menues monnaies.  Certes, c’est mieux que rien mais insuffisant selon nous pour profiter pleinement et en toutes circonstances des prix cassés.

L’ idée de la machine à cash de Buffett, c’est que l’effet boule de neige sur le cash est tout aussi important que l’effet boule de neige créé par ses investissements « classiques » sur des sociétés. C’est évidemment lié mais aussi parallèle car généré de manière très souvent différente hormis les dividendes.

 

<< Warren Buffet : L’effet boule de neige (1ère partie : les blue chips)

>> Warren Buffet : L’effet boule de neige (3ème partie : le cercle d’amis)

« Acheter aujourd’hui des Blue Chips comme Buffett signifie que vous n’avez rien compris de Buffett » (1ère partie)

C’est un peu la conclusion que nous pourrions tirer après la lecture de la biographie officielle de Warren Buffett : Warren Buffett. La biographie officielle, l’effet boule de neige

Pour être honnêtes avec vous chers lecteurs, nous nous sommes dit à la sortie de la version française de ce livre que cela avait très peu d’intérêt pour nous « chasseurs de Daubasses » puisque nous avions déjà lu les deux livres écrits par Roger Hagstrom, Les Strategies De Warren Buffett – L’homme Qui Devint Milliardaire À La Bourse et Le portefeuille de Warren Buffett, sans compter Les Ecrits de Warren Buffett : Quelques leçons destinées aux investisseurs et aux managers de John Cunningham.

Nous pensions donc avoir fait un tour relativement complet de la manière d’investir de Warren Buffett et nous étions prêt à ne pas l’acheter jusqu’à ce que nous lisions un article de notre ami Phil qui a bien évidemment attisé notre curiosité. Cependant nous nous attendions à pouvoir lire au grand maximum une cinquantaine de pages qui nous intéresseraient d’un point de vue « Daubasses» sur les 900 pages que compte le livre. Et nous sommes restés assez bluffés par le fait que 900 pages plus loin, Buffett n’a jamais remis en question ses achats à prix cassé, à prix Daubasses, même s’il est passé sur d’autres supports que les sociétés cotées et non cotées.

Ce qui finalement nous pousse à écrire une série d’articles à partir de cette biographie, cet article étant donc le premier d’une série de 5, c’est que nous avons la désagréable impression que les 3 livres que nous avons lus auparavant ont présenté une image complètement tronquée de l’Oracle d’Omaha et de sa manière d’investir. En se concentrant sur les seules « blue chips ».

 

>> Acheter des blue chips à bon prix, ce n’est en aucun cas la voie que Buffett aurait choisi s’il avait eu une alternative.

Et ce n’est certainement pas ce que Buffett vous conseillerait de faire aujourd’hui ni ne vous aurait conseillé par le passé : ceci est écrit noir sur blanc dans sa biographie. Tout simplement parce qu’il est très rare, voir impossible d’acheter une blue chip au prix d’une daubasse ou « d’un mégot de cigare », voire à un prix extrêmement cassé. Et si vous n’achetez pas au prix d’une daubasse ou à un prix extrêmement cassé, vous n’avez pas la moindre chance de créer le moindre petit effet boule de neige ni une chance extrêmement réduite de battre les marchés sur le long terme.

 

En fait, ce que nous avons compris en lisant cette biographie de Buffett, c’est qu’il est impossible de l’imiter sur 2 des 3 vecteurs principaux de sa réussite d’investisseur. Dès lors, penser que l’on investit comme le fait Buffett en achetant des seules blue chips, c’est, selon nous, soit avoir lu sa biographie en tant que « fan » et donc sans la moindre objectivité, soit ne pas être parvenu à démêler les nombreux fils, voire s’être perdu sur les nombreux chemins empruntés par Buffett pendant sa vie d’investisseur.

Et nous sommes quelques peu surpris de ne pas avoir lu l’un ou l’autre article ici ou là, relatant objectivement, des points précis de la biographie de Warren Buffett, démontrant l’écart important qu’il y a entre le mythe et la réalité de l’investisseur. Si nous pouvons comprendre que cela peut être décevant, il nous semble impératif de rester objectif quand on élabore une stratégie d’investissement quelle qu’elle soit… Et élaborer une stratégie sur un mythe, voire des informations partielles, nous semble extrêmement dangereux et ne peut conduire qu’à des désillusions. Et dans les prochains articles, nous vous expliquerons pourquoi…

 

<< Chris Browne (4/4) : Comment choisir un gestionnaire de fond ?

>> Warren Buffet : L’effet boule de neige (2ème partie : la machine à cash)

Ecomérages : dépassé…

Dépassé, l’événement lui même, mais surtout le sens de cet événement. Nous voudrions vous parler cette semaine du titre de manager belge francophone de l’année organisé par le magazine « écomico-financier » Trends-Tendance, dont l’élection a eu lieu voici 10 jours.

Un peu comme la semaine passée, où notre écomérage traitait des problèmes d’espionnage dont Renault a été victime, nous partons une nouvelle fois d’un exemple précis pour stigmatiser ce que nous pensons plutôt représenter des faiblesses européennes qui pourraient peser à l’avenir.

Le manager 2010, belge francophone, c’est en fait un duo : les frères Mestdagh. Eric et John Mestdagh sont à la tête d’une chaîne de grande distribution. Les enseignes sont Mesdagh, Champion et 10 magasins Carrefour dont le groupe Carrefour s’est débarrassé en 2010 pour cause de non rentabilité.

« Le-manager-belge-francophone-de-l’année » : cela nous semble d’un ridicule complet et ce, pour plusieurs raisons. La première, c’est qu’il existe un deuxième manager belge de l’année et celui-ci est néerlandophone. Deux managers de l’année pour un pays de 10 millions d’habitants, c’est au moins un de trop… Mais quand on prend en plus des duos pour l’un des deux titres, cela fait deux managers de trop. A quand le manager belge de l’année par province ou par commune ? En fait ce qui est le plus irritant, c’est que la presse qui se veut toujours au-dessus du troupeau politique, participe pleinement à ce jeu des conflits linguistiques et d’autant plus qu’il s’agit de finance ou d’économie, domaines dans lesquels, en principe, les résultats et les chiffres priment… Vu sous cet angle, nous ne sortons pas du jardin d’enfants où de grands bambins s’amusent à faire des petits châteaux d’une heure dans leur bac à bouse politico-financier préféré.

La seconde raison, plus subtile peut-être :  que signifie le meilleurs manager sur 365 jours ?… sinon du vent complet… En plus quand il s’agit des frères Mesdagh ! Ce n’est pas une société qui a été fondée par eux voici 10-15 ans mais plutôt par leur arrière-grand-père, voici 74 ans.  Venant de Bruges, il s’est installé dans la région de Charleroi, à Châtelineau pour être plus précis…!!! C’est donc une entreprise qui existe depuis 4 générations et où les managers belges francophones de l’année la conduisent depuis 2002, soit 8 ans. Ce laps de temps, c’est l’école gardienne pour un manager… !!!

La troisième raison, c’est la raison pour laquelle ils ont été élus manager de l’année. Là tenez-vous bien, nous ne somme plus, ni dans le comique troupier, ni dans le bac à bouse politico-financier belge, mais tout simplement dans l’abstrait, du Rothko Wallon, voire du Pollock Carolo… Ceci uniquement pour ne pas dire dans l’absurde… En fait nos compatriotes, les Frères Mesdagh ont été élus juste sur le fait qu’il ont racheté à Carrefour 10 magasins que le groupe Carrefour ne trouvait plus rentable…!!! Et le magazine Trends de souligner que cet achat des 10 magasins va augmenter le chiffre d’affaires du groupe Mesdagh de plus de 40%…!!! Mais qu’est ce que cela signifie sinon mesurer la vitesse du vent avec comme seul outil, l’âge du capitaine…!!! Au lieu de nous parler d’un achat à très bon compte, plein de bon sens, qui va propulser la rentabilité du groupe dans le futur, et de nous détailler quelques chiffres pour étayer la logique de cet achat, Trend nous parle de chiffre d’affaires et de manière implicite presque d’un acte social… Absurde es-tu là ?

« Oyi mfi, ji seu là… !!!!! » Aujourd’hui donc personne ne sait si les deux managers belges francophones de l’année réussiront l’intégration de ces 10 magasins Carrefour… Mais ils ont étés élus pour cet achat… A ce tarif-là, vous pourriez peut-être voir l’année prochaine, en 2011, vos quatre serviteurs des » Daubasses » être élus pour le simple fait d’avoir acheté quelques très belles Net-Net, des « Super Daubasses »… La première, c’est que nous serions même 4 managers en une seule fois et que même un manager belge francophone de l’année serait français……. !!!! Et au moins le comité aurait enfin un argument sensé : notre achat à prix ultra cassé.

La quatrième et dernière raison de notre courroux, c’est quand nous examinons, l’historique des managers belges francophones de l’année du Trend…..

Les lauréats qui ont remporté le prix sont :

Détaillons quelques peu…

1985 Albert Frère (GBL) , nous n’allons pas trop nous attarder car beaucoup connaissent son histoire et ses nombreuses zones sombres qui portent à critique. On aurait pu l’élire futur milliardaire du siècle mais l’élire manager de l’année cela nous semble insultant pour tout les managers sérieux.

1988 Philippe Delaunois (Cockerill-Sambre). C’était effectivement le manager de cette seule année. La sidérurgie wallonne ayant disparu complètement ou presque depuis. Et bien entendu, avec elle, Cockerill-Sambre.

1993 Maurice Lippens (Fortis). Véritable fossoyeur de Fortis lors de l’achat mégalomane de ABN Amro et de la débandade des subprimes en 2008. Peut-être sera-t-il réélu une autre fois, manager de l’année… En tout cas, nous l’espérons pour lui lorsqu’il sera manager de l’ICDI (traduction :  Intercommunale pour la Collecte et la Destruction des Immondices, de la région de Charleroi)

1995 Jean-Claude Logé (Systemat). C’était sur la route de la bulle techno où on    allait bientôt gagner 30% par jour… Après, les déficits s’alignent comme des quilles de bowling…..

2006 Axel Miller (Dexia). Elégance et raffinement, mais pas assez d’études pour comprendre les CDO, donc on achète à tout va… En 2008, il est viré… Certains ont même trouvé cela triste.

Nous allons en rester là, mais il faut quand même ajouter que tous les managers belges francophones de l’année à la tête de filiale de sociétés étrangères, sont quand même sous les ordres des maisons mères. Glaverbel, Catterpillar, Siemens, Glaxo Smith Kline…!!! Une autre perle selon nous…

Nous avons enfin un seul regret, c’est de ne pas avoir trouvé dans cette liste le plus grand manager de ces soixantes dernières décennies, le véritable Sam Walton de Belgique, à savoir Franz Colruyt et son fils Jef Colruyt, qui dirigent la société depuis 1996…Dans chaque crise, ces managers augmentent leur part de marché, sont à la recherche permanente pour satisfaire leurs clients et j’en passe… Mais pas de trace d’eux dans cette liste… Normal, il ne sont pas francophone … et c’est finalement peut-être mieux ainsi…!

Après ce portrait rapide sans concession et avec une auto dérision typiquement belge, nous allons essayer de passer à quelques réflexions.

Une fois avalée la pilule d’une excuse à cocktail et d’auto-congratulations d’égo et admis que c’est peut-être dans le symbole qu’il faut chercher le sens de cette élection du manager belge de l’année, nous retombons dans la désolation quand nous comparons les managers belges de l’année 2010, soit les frères Mesdagh et l’homme de l’année au USA, Marc Zuckerberg, fondateur de Facebook… Vous ne trouvez pas le fossé frappant? Le fossé du symbole, symbole qui donne de l’énergie, du peps, qui donne l’envie d’entreprendre… de relever des défis.

Pour revenir une dernière fois à cette liste belge, nous nous devons d’extirper les quelques managers qui se rapprochent selon nous du symbole « Mark Zuckerberg », :

Michel Petit (Upignac), http://www.gagner-reussir.be/article/index.phtml?id=1940

Jean Galler (chocolaterie Galler), http://www.galler.com/

Pierre De Muelenaere (Iris), http://www.actu-cci.com/article/2279/

Laurent Minguet et Pierre L’Hoest (EVS) http://www.evs-global.com/

Ces quatre managers belges ont réellement créé des produits de qualité exceptionnelle, parfois extrêmement novateurs comme IRIS ou EVS. Et aussi de la richesse pour leurs actionnaires: EVS a multiplié par 15 son cours de bourse et IRIS par 3 depuis leurs introductions en 2003. Ajoutons aussi que certains d’entre eux, à l’image de Marc Zuckerberg, ne sont pas dénués d’un certains sens des responsabilités et d’une certaine éthique vis-à-vis du monde dans lequel ils vivent.

Ce qui nous attriste finalement le plus, c’est  qu’en Europe, nous avons très souvent une idée assez floue de la force des symboles, qu’il soit d’ailleurs dans le management ou dans d’autres domaines. Et pourtant dans la bataille commerciale qui s’annonce pour les décennies à venir, ces symboles de créativité et d’énergie que devrait représenter un manager de l’année, seront sans aucun doute déterminants pour créer une dynamique qui nous permettrons, à nous Européens, de rivaliser aussi bien avec les Asiatiques qu’avec les Américains. Nous en avons le potentiel. En aurons-nous la volonté?

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