Ecommérage : La troisième « ex-république socialiste » ou Le 17 ème pays de la zone Euro

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Le 1er janvier, 1,3 million d’Estoniens ont dit adieu à leur monnaie, la couronne estonienne, qui avait remplacé le rouble soviétique en 1992.

Dans ce premier Ecomérage de l’année, nous allons essayer de circonscrire deux points de vue, sur le sujet. Le premier, le point de vue d’un vieux citoyen de la zone euro et  le second, le point de vue d’un citoyen fraîchement promu dans la zone euro.

Pour le citoyen de la zone euro : cette adhésion est difficile à comprendre à première vue, vu les problèmes actuels de sa zone monnaitaire. Pourquoi encore se charger d’un fardeau supplémentaire, pauvre de surcroît ? Voilà quelle pourrait être la première observation d’un cerveau qui aurait réveillonné trop arrosé, pour fêter la fin de 2010, voir le début 2011, aux choix… ! Notre vieux citoyen zone euro nettement plus sobre en ce premier week-end du début d’année essaie de creuser  un peu plus avant cette adhésion. Et que découvre-t-il rapidement, sur la réalité économique de l’Estonnie : avec sa prévision pour 2010 d’un déficit public équivalant à 1,3 % du produit intérieur brut (PIB) et une dette de 7,2 % du PIB en 2009, l’Estonie est le meilleur élève de la zone euro en ce qui concerne la rigueur budgétaire. Elle devient aussi le pays le plus pauvre – en PIB par habitant – même si la croissance est revenue après la forte récession due à la crise. La banque centrale prévoit une croissance de 3,9 % en 2011. La zone euro ne sera pas profondément modifiée : le PIB de l’Estonie représente 0,2 % de l’ensemble. C’est vrai, se dit notre vieux citoyen, qu’ 1.3 millions d’habitant, c’est deux fois la population du Luxembourg.

Créée en 1992 pour remplacer le rouble soviétique, la couronne estonienne a d’abord été arrimée au mark allemand, puis à l’euro aussitôt après la naissance en 2002 de la monnaie unique, au taux de 15,6466 couronnes pour un euro, maintenu au moment du passage à la monnaie européenne.

Surnommée « tigre de la Baltique » pour sa transition rapide à l’économie de marché dans les années 1990, ainsi que pour sa croissance fulgurante, l’Estonie, membre de l’UE et de l’Otan en 2004, a déjà tenté en 2007, sans y réussir, d’adopter l’euro. Le pays a ensuite été frappé par la crise mondiale. Pour respecter les critères de Maastricht, le gouvernement a lancé des mesures d’austerité douloureuses.

Notre vieux citoyen zone euro, se demande finalement s’il n’aurait pas fallu ériger cette 17éme entrée en exemple à suivre, en ce qui concerne les déficits publics, la rigueur budgétaire et la dette, avec tambour et trompette. Et surtout s’il ne faudrait pas ranger les clichés habituels sur les « Ex-république Soviétique » définitivement au placard… Et en se demandant même d’une certaine manière comment, voir jusque quand ils accepteront de s’embarquer dans la même chaloupe « zone euro » avec autant de cancres et de joyeux fêtards souvent irresponsables. Des gars qui en voulant sortir les confettis et la trompette en papier, de leur banane ont laissé tomber leur boussole à la mer… Des cancres qui n’ont plus la moindre idée s’il navigue vers le nord ou vers le sud… Mais qui donnent toujours des leçons de navigation détaillées au doigt mouillé… !!!!!

Pour le citoyen fraîchement promu de la zone euro, cette adhésion est avant tout un symbole historique, culturel. Le symbole d’appartenir enfin à l’occident développé et cultivé duquel il faisait partie de longue date… Le moyen aussi d’être pris au sérieux d’un point de vue économique même si l’on était déjà sérieux bien avant cette date. L’idée enfin que les efforts collectifs extrêmement difficiles peuvent améliorer la vie de chacun à long terme. Pour mieux comprendre, ce point de vue estonien, il est important de faire un petit flash back historique.

1939
(23 août) : Pacte germano-soviétique (dit « Pacte Molotov-Ribbentrop »), complété par un protocole secret plaçant l’Estonie et la Lettonie dans la sphère d’intérêt de l’URSS.
(28 septembre) : L’Estonie est contrainte de signer avec l’URSS un pacte d’« assistance mutuelle », prévoyant notamment l’installation de bases soviétiques sur le territoire estonien.
(fin de l’année) : Dans le cadre d’un accord avec l’Allemagne nazie, les Allemands descendants des barons baltes quittent l’Estonie.

1940
(16-17 juin) : Ultimatum soviétique ; l’Armée rouge occupe l’Estonie.
(21 juin) : Mise en place d’un gouvernement fantoche (Premier ministre : Johannes Vares).
(14-15 juillet) : « Élections » remportées par les communistes.
(juillet) : Déportations dans les élites : Päts et Laidoner sont emmenés en Russie, où ils mourront à des dates inconnues jusqu’en 1991.
(6 août) : L’Estonie est incorporée à l’URSS.

1941
(14 juin) : Première vague de déportations massives (un peu plus de dix mille personnes).
(juillet-octobre) : L’armée allemande occupe toute l’Estonie.

1944 : Reconquête de l’Estonie par l’Armée rouge. Plus de soixante-dix mille personnes s’enfuient en Suède.

1949 (25 mars) : Vingt mille personnes sont déportées en Sibérie.
1949-1952 : Collectivisation des campagnes.

1979 : Appel baltique : lettre ouverte de quarante-cinq dissidents des pays baltiques réclamant la publication du protocole secret du pacte Molotov-Ribbentrop et la « liquidation de ses conséquences ».
1980 : Vague de russification, notamment dans l’enseignement. Manifestations de jeunes à Tallinn et dans d’autres villes. « Lettre des Quarante » (première grande protestation d’intellectuels contre la russification).

1989
(24 février) : Le drapeau bleu-noir-blanc, redevenu officiel, est hissé au sommet de la tour du Grand Hermann à Tallinn.
(23 août) : Grande chaîne humaine à travers les trois pays baltiques, pour le cinquantième anniversaire du pacte germano-soviétique.

1990
(24 février) : Élection du Congrès estonien, incarnant la continuité juridique de la République d’Estonie d’avant-guerre.
(8 mai) : Disparition des adjectifs « socialiste » et « soviétique » dans le nom officiel de la république.

2003 (14 septembre) : La population estonienne se prononce par référendum (66,9 %) en faveur de l’adhésion à l’Union européenne.

Ce ne sont évidemment que quelques dates qui sont très loin de donner une vue  d’ensemble historique et complète….

Le plus grand souci de notre citoyen estonien qui peut aujourd’hui s’acheter un pain avec une pièce de quelques euro cents, c’est finalement de se demander si les efforts consentis dans sa vie courante, qui ne signifie pas partir en vacances 3 fois au lieu de 5 ou  ne pas s’acheter sont troisième écran HD3D pour la chambre de ses ados mais plutôt de gérer ses dépenses quotidiennes  et celles de toute sa famille avec une extrême parcimonie, porteront un jour leur fruit, améliorerons la vie de leurs enfants et de leurs petits-enfants ?

Si nous étions parvenu à mettre les deux citoyens en communication « Skype » pour que le vieux citoyen de la zone Euro tente de fournir quelques réponses sur les craintes et les angoisses du citoyen estonien, nous sommes certains que le vieux citoyen de la zone Euro auraient eu très difficile de trouver des mots justes basés sur quelques argument solides pour permettre d’ouvrir de nouvelles perspectives rayonnante sur cette zone Euro.

Mais ne nous leurrons pas cher lecteur, la lucidité de ces peuples des « ex-républiques socialistes », ne s’est pas laissée complètement ensevelir par des espoirs de vie meilleurs même si ce n’est que pour leur descendance.

La preuve : des affiches contre l’euro étaient visibles vendredi dans les rue de Tallin. « Estonie! Bienvenue sur le Titanic » proclamaient ces affiches collées sur des poubelles pour comparer au paquebot naufragé la zone euro, dont certains membres tels que la Grèce, l’Irlande, le Portugal et l’Espagne sont en difficulté.

Mais cette  lucidité est toujours pleine de tact et de délicatesse en ne citant que les quelques pays à la une de l’actualité et ce, alors qu’une bonne demi-douzaine d’autres pays de l’eurozone auraient pu être nommés sur les affiches des poubelles de Talin… !!!

Bonne daubassemaine à tous !

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