Ecomérages : Savoir provoquer la chance !

Cette semaine, cher lecteur, nous allons tenter quelques « écomérages » sur un article de Patrick Thénière et Rémy Morel que nous avons découvert sur leur Blog du journal des Affaires et qui nous a « écoméré ». Cet article était intitulé : Savoir reconnaître les gains chanceux.

Patrick Thénière et Rémy Morel commencent par décrire dans leur article un investissement à 3$ sur une petite société d’intérim spécialisée dans le secteur de l’information et de la santé. Durant la crise, les profits de cette société avaient fortement diminué. « Acheter un tel titre signifiait donc un investissement dans la reprise économique » nous expliquent les auteurs. Ensuite les résultats de la société laissent à désirer et les auteurs se posent la question de vendre pour un titre plus prometteur. Leur interrogation prend fin sur un rachat d’actions de la direction et la hausse des indices propulsant le cours à 5$. Ils vendent donc sans hésiter et tirent comme conclusion qu’ils ont été chanceux sur cet investissement puisque leur prévision de bénéfice ne s’est pas réalisée.

Un peu plus loin dans l’article, les auteurs expliquent le cas suivant : « Un jour, un jeune investisseur de 20 ans nous déclara qu’il avait triplé son argent dans son celi (compte d’épargne libre d’impôts) en à peine un an. Et il ajouta qu’il avait été simplement chanceux, car les titres qu’il détenait ne correspondaient pas aux critères qu’il utilise aujourd’hui pour les sélectionner. Voilà une attitude gagnante! Ses choix de titres étaient concentrés dans des petites entreprises aux profits inexistants ou incertains. Et malgré le succès qui découla d’une telle stratégie, il reconnut qu’il courrait à la catastrophe s’il continuait à investir ainsi. »

 

C’est en fait ce dernier passage qui nous a le plus interpellé car nous pourrions facilement remplacer le « Jeune Investisseur de 20 ans » par de « Vieux investisseurs d’une moyenne d’âge de 40 ans » qui, sur un an en 2009, ont multiplié leur capital par 4. Vous l’aurez compris, cher lecteur, qu’il s’agit de l’équipe des « Daubasses » et de la performance de notre portefeuille de 308% en 2009.

Notre première réflexion, c’est de penser que tout investisseur doit impérativement créer un cadre solide pour « provoquer la  chance ». Un cadre solide c’est évidemment une stratégie de bon sens qui exclue au maximum l’émotionnel et que l’on peut répéter dans le temps.

Notre deuxième réflexion, c’est de penser que, dans tout investissement réussi, il existe une part de chance relativement importante car énormément d’éléments ne peuvent pas être maîtrisés. Chronologiquement, cela peut commencer quand on découvre la société…  Imaginons une journée de travail bien remplie à chercher les occasions. Une société qui semble intéressante est découverte dans les dix dernières minutes de la journée alors que, depuis une grosse demi-heure, la fatigue et une certaine lassitude nous suggéraient d’abandonner les recherches pour un dernier petit travail plus relaxant. La chance, c’est que l’on s’est dit sur le moment : « allez, encore une et puis j’arrête » au lieu de se dire : « c’est terminé pour aujourd’hui ».

Ensuite vient l’analyse de cette trouvaille… La décision d’investir ou pas se prend en général sur une accumulation de critères qui correspondent à ce que l’investisseur a définit dans sa stratégie. Une mauvaise nuit, un problème familial ou tout autre élément extérieur peut modifier votre perception de certains critères. En fait,  plus vous aurez de critères qualitatifs comme la qualité d’une direction, la qualité d’un produit, les bénéfices futurs, … plus vous serez influencés par de possibles éléments extérieurs qui viendront parasiter votre jugement. Vous devez donc avoir la chance de pouvoir vous concentrer pleinement sur le sujet pour le comprendre au mieux. Mais même avec une limpidité d’esprit optimum, tout investisseur sait qu’il a laissé derrière lui des zones d’ombres importantes.

Aucun investisseur lucide ne peux prétendre connaître l’activité d’une société dans ses moindres détails même après plusieurs jours d’analyse. Aucun investisseur sérieux ne peut affirmer que les points négatifs qu’il a relevés dans son analyse n’iront pas en s’aggravant. Aucun investisseur expérimenté ou pas ne peut prévoir à l’avance l’impact qu’aurait une détérioration économique globale sur l’activité de la société. Tous ces éléments tiennent du hasard et ne peuvent être gommés d’un investissement. Vous aurez donc compris que même en ayant pris toute vos précautions, vous vous contentez juste de provoquer la chance… pour réussir votre investissement.

La phase suivante c’est l’achat :  entre votre découverte de la société, votre analyse et votre achat, la société peut avoir perdu 4-5%… Vous avez donc la chance d’acheter à meilleur prix que la semaine précédente.

La phase de détention est psychologiquement rythmée par votre analyse et votre stratégie. Une nouvelle fois, plus vos critères sont qualitatifs, plus vous aurez émotionnellement difficile à résister à une baisse du cours, voire à résister à une plus ou moins longue stagnation du cours.

Nous pensons aussi qu’un investissement vraiment réussi est toujours régi par un événement imprévisible, l’entrée sur un nouveau marché, un nouveau contrat, une nouvelle technologie, une vente d’actif, une nouvelle direction… Des éléments qu’il est impossible de prendre en considération et donc qui tiennent de la chance, une fois de plus.

La dernière phase , la vente, peut aussi être chanceuse sur un tas de facteurs qui vous font gagner un peu plus que prévu.

Nous pensons donc pour conclure cette partie que ne pas vouloir admettre qu’il y a une part de chance dans tout investissement n’est pas réaliste. Etablir une stratégie sérieuse, pour permettre de provoquer la chance autant de fois que possible et le plus longtemps possible ne nous paraît pas le moins du monde honteux, au contraire ! C’est ce que nous faisons avec les Daubasses depuis fin 2008 et nous sommes bien décidés à poursuivre sur cette voie.

Nous pensons même que notre approche patrimoniale réduit le facteur chance au maximum en écartant toute projection future par exemple et d’un autre côté provoque aussi la chance au maximum par une belle diversification.

Même si nos lecteurs des premières heures connaissent sur le bout des doigts notre stratégie, voici un résumé synthétique de notre manière de provoquer la chance :

1° nos critères d’investissements avec des repères précis à l’achat et à la vente : marge de sécurité sur la valeur, solvabilité, collatéral tangible, valeur d’actif net tangible, …

2° nos analyses qui consistent principalement à débusquer les « entourloupes« , les points cachés qui n’apparaissent pas nécessairement dans les chiffres du bilan mais qui pourraient peser sur le valeur comme les litiges, les actions préférentielles mais aussi ce que nous appelons les possibles « cerises sur le gâteau » comme des grosses dépenses en R&D, une activité de niche, …

diversification… que nous considérons comme une seconde marge de sécurité, dans le sens où les probabilités sont plutôt avec nous que contre nous. Petit exemple ? Vous avez 30 sociétés en portefeuille. La probabilité d’avoir 30 faillites est plutôt mince mais d’un autre coté, si vous avez 5 sociétés qui multiplient leur cours par 5, le portefeuille peux supporter 20 faillites sans que vous ne perdiez le moindre centime d’euro.

4° l’équipe composée de 4 personnalités d’investisseur qui permet de prendre les décisions d’investissement avec une objectivité optimale et donc sans la moindre concession.

Pour conclure en paraphrasant Philip Fisher, il y a deux catégories d’investisseurs : ceux qui sont chanceux parce qu’ils sont capables de provoquer la chance sur la durée avec une stratégie de bon sens et  les autres qui sont chanceux quelques fois et malchanceux la plupart du temps parce qu’ils naviguent à vue, sans la moindre stratégie.

Nous supposons que Patrick Thénière et Rémy Morel voulaient mettre en garde les seconds pour leur éviter des désillusions.

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Portefeuille au 25 Février 2011 : 2 ans 93 jours

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  • Portefeuille : VL 589,58 € (Frais de courtage et de change inclus)
  • Rendement Total : 483,55%
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  • Potentiel Estimé VANT / Cours 190,70%
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  • Rendement Annualisé : 118,65%
  • Rendement 2011 : 7,36%
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  • Rendement 2010 : 38,07%
  • Rendement 2009 : 308,74%
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  • Taux de Rotation Annualisé : 45,37%
  • % Frais Annualisé : 1,24%
  • Effet Devise Total : -1,23%
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  • Tracker ETF Lyxor MSCI World : VL 100,18 € (Frais de courtage inclus et dividende réinvesti)
  • Rendement Total : 49,40%
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  • Rendement Annualisé : 19,49%
  • Rendement 2011 : -0,44%
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  • Rendement 2010 : 18,76%
  • Rendement 2009 : 30,34%
* Nous rappelons que ce portefeuille est un investissement réel


Performance mensuelle du portefeuille depuis sa création


Ouragan sur les daubasses …

Le 21 février 2011, sur le navire amiral de la flotte daubasse …

–          Commandeur, un ouragan de force 4 se dirige droit sur nous !

–          Enfin un peu d’actions après ces semaines de calme plat. Holà moussaillons, ramenez la grand-voile !

–          Apparemment, la tempête s’est déclenchée en Tunisie, est passée par l’Egypte mais, à présent, le cœur de l’ouragan se situe en Libye.

–          Je savais qu’il avait son origine dans le bassin méditerranéen mais je l’aurais situé un peu plus au nord… en Grèce ou en Espagne.

–          Non, là-bas c’était une simple tempête sur l’Eurozone. Elle n’est pas terminée d’ailleurs… mais elle ne semble plus préoccuper personne.

–          Accrochez-vous les gars ! Ça va secouer…

Le 26 février 2011, au soir, profitant d’une accalmie.

–          Messieurs, c’est le moment de faire un point de la situation. Monsieur Louis, où en sommes-nous ?

–          Mauvaise nouvelle Commandeur, le T-Bay Holding a quitté la flotte et son équipage a disparu. Nous avons juste récupéré 10 % de l’effectif qui s’était réfugié dans une chaloupe.

–          Des déserteurs et rien d’autres ! Qu’en pensez-vous Monsieur Pierre ?

–          J’ai l’impression que les canons qu’il arborait si fièrement n’étaient que des leurres et qu’ils ne nous auraient été d’aucune utilité dans la bataille.

–          Qu’ils aillent au diable donc ! Autre chose Monsieur Franck ?

–          Heu Commandeur… un de nos navires « masqués » a rompu l’amarre en options put qui le reliait au reste de la flotte et il a repris sa liberté.

–          Et alors ?

–          Il nous reste l’amarre qui pourrait servir pour d’autres missions.

–          C’est le plus important. A part ça, vous n’avez pas des meilleures nouvelles à nous annoncer ? … Oui, Monsieur Louis ?

–          Avec les turbulences, un de nos plus vieux navires, le Ditech a également quitté la flotte.

–          Oui, mais lui nous a rendu de bons et loyaux services. Il peut dire « mission accomplie » et regagner son port d’attache la tête haute.

–          Mais on a gardé le meilleur pour la fin, commandeur…

–          C’est-à-dire Monsieur Pierre ?

–          Un armateur propose de nous racheter le Cofigeo

–          Et alors ? On en a encore besoin !

–          Bien sûr commandeur mais regardez le prix qu’il nous propose…

–          Quoi ! Mais c’est trois fois notre prix d’achat !

–          Exactement commandeur… et avec cette somme, nous pourrons racheter d’autres rafiots et renforcer la flotte.

–          Excellent Messieurs ! Vous féliciterez le commandant du Cofigeo. Et vous propose une tournée générale au bar Emmanuel, sur le Quai des Vis.

…………….

En conclusions :

Ce 21 février, les options put que nous avions émises sur une daubasse masquée n’ont pas été exécutées. Nous récupérons donc les liquidités qui étaient bloquées pour son éventuel exercice et qui, grâce à la prime d’option que nous avions encaissée, nous ont rapporté 12,7 % en un peu plus de 5 mois et demi. Nous gardons secret le nom de cette société pour nos abonnés qui peuvent toujours émettre des options en encaissant des primes intéressantes.

Ce 22 février, nous apprenions qu’une OPA était lancée à 530 euros sur Cofigeo. A ce prix, nous allons donc tripler la somme investie en 14 mois. Un exemple de plus d’actifs fortement sous évalués et mal rentabilisés par la direction qui finissent malgré tout par être payés presqu’à leur juste prix.

Ce 23 février, en analysant les derniers résultats de T-Bay Holding, nous constatons que la solvabilité de cette dernière est tombée sous le seuil statutairement exigé pour rester en portefeuille (40 %). De plus, nous  constatons que les clients de T-Bay n’ont toujours payé quasiment aucune des créances commerciales et nous avons la conviction de plus en plus forte que ces en-cours ne seront jamais payés (nous pensons même que les ventes annoncées n’ont, en réalité, jamais eu lieu). Et ces actifs constituent quasiment le seul actif de cette « vraie » daubasse. Nous appliquons donc les statuts de notre club et vendons ce reliquat en perdant au passage 90 % de notre investissement initial.

Ditech avait atteint depuis quelques jours sa valeur d’actif net tangible. Nous avions placé un stop loss un peu plus bas que cette VANT en espérant pouvoir profiter du trend haussier. Malheureusement, avec la volatilité de ces derniers jours, notre stop a été exécuté ce 24 février et nos actions ont donc été vendues avec une honnête plus-value d’une centaine de pourcents en 27 mois.

Y a pas à dire : c’était vraiment ouragan cette semaine sur les daubasses !

Les VANTRe, comment ça marche ?

Comme vous l’avez certainement remarqué, cher lecteur, nous avons acheté récemment deux valeurs canadiennes labellisées Daubasses VANTRe. Ce sont les Daubasses cachées numéro 19 et numéro 20 du portefeuille. Dans un précédent article, nous vous expliquions ce qu’une VANTRe a dans le ventre, aujourd’hui nous allons estimer leurs rendements potentiels.

L’intérêt d’une VANTre ou Valeur d’Actif Net Tangible rentable réside dans le fait d’être un mix entre une approche basée sur la valeur patrimoniale des actifs et une approche de croissance basée sur le potentiel de développement de l’entreprise. Essayons quelques calculs avec les titres détenus en portefeuille…

Le potentiel lié à la valeur d’actif

Les sociétés 19 et 20 ont respectivement un ratio VANTRe de 0,7785 et 0,4207. Ce qui signifie que ces entreprises sont valorisées par Mr le Marché bien en dessous de la valeur de leurs actifs tangibles (tous les actifs hors les incorporels auxquels nous avons retranchés tout le passif). Nous sommes des investisseurs patients et prudents. Nous considérerons donc dans nos calculs que Mr le Marché mettra 10 ans pour valoriser « correctement » ces sociétés.

Les actions des sociétés 19 et 20 ont donc un potentiel d’appréciation de 28,5% et 137,7% par rapport à cette valeur d’actif. Sur 10 ans le rendement annuel attendu est alors de 2,5% pour l’action de la société 19 et 9,0% pour l’action de la société 20.

Sur le potentiel de rattrapage, c’est bien entendu l’action de la société 20 qui a le plus de potentiel car elle a le ratio VANTRe le plus faible (0,4207 vs 0,7785 pour l’action de la société 20). Des rendements annuels finalement plutôt modestes… Heureusement, ce n’est pas fini !

Le potentiel lié à la rentabilité

Les sociétés 19 et 20 ont respectivement des rendements sur capital investi (ROCI) moyen ces 5 dernières années de 78% et de 10%. Elles sont donc qualifiées en tant que VANTRe, étant donné que nous avons fixé le seuil à un ROCI au moins égal à 7%. Nous faisons généralement l’hypothèse que les sociétés de type VANTRe vont maintenir cette rentabilité dans le temps, soit ces 10 prochaines années. Considérons les moyennes de ROE historiques, soit respectivement pour les sociétés 19 et 20 de 11,1% et 8,9%.

Les actions des sociétés 19 et 20 ont donc un potentiel d’appréciation à un horizon de 10 ans, si le ROE historique est maintenu, respectivement de 187% et 134%.

D’un point de vue rentabilité, c’est désormais la société 19 qui ressort du lot. Attention, nous sommes bien évidemment ici dans la théorie. Cette rentabilité attendue est à prendre avec prudence.

Passons le tout au mixeur

C’est l’accumulation des profits générés au fils des ans qui permet une augmentation de la valeur patrimoniale de l’entreprise. Nous ajoutons donc au potentiel lié au rattrapage du cours sur la juste valeur patrimoniale  de la société le potentiel lié à la rentabilité. Nous prenons la valeur finale patrimoniale au bout de 10 calculés précédemment à laquelle nous ajoutons 10 années de suite l’augmentation d’actifs en le multipliant par le ROE. Effet boule de neige garanti ! En effet, à un tel rythme, les rendements calculés au bout de 10 ans deviennent plus intéressants : 268% pour la société 19 et 485% pour la société 20, c’est-à-dire 13,9% de rendement annuel sur 10 ans pour la société 19 et 19,3% pour la société 20.

Dans ces exemples, nous avons projeté dans le futur les rentabilités obtenues hier et rien n’indiquent que les sociétés vont réussir à maintenir leur niveau de ROE sur un horizon aussi lointain. Cette hypothèse explique le niveau des rendements théoriques attendus. Néanmoins, même si les ROCI et ROE venaient à être fortement réduits, nous avons un excellent collatéral composé d’actifs tangibles en garantie de notre argent investi. Il se peut également que Mr le Marché se rende compte de la sous-valorisation de ces actions avant 10 ans (ce que nous espérons bien entendu), mais nous ne gageons de rien. En effet, cher lecteur, nous considérons qu’un retour à un marché efficient au bout de 10 ans nous protège de toute déconvenue. Si cela se produit plus rapidement, ce sera une cerise sur le gâteau. Pour ce type de daubasse, si la profitabilité de l’entreprise d’hier se répète demain, le temps devrait jouer en faveur de l’actionnaire.

Les VANTRes, un moyen de réconcilier « approche par la valeur des bénéfices » et « approche par la valeur patrimoniale » ?

Portefeuille au 18 Février 2011 : 2 ans 86 jours

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  • Portefeuille : VL 591,50 € (Frais de courtage et de change inclus)
  • Rendement Total : 485,45%
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  • Potentiel Estimé VANT / Cours 202,83%
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  • Rendement Annualisé : 120,45%
  • Rendement 2011 : 7,71%
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  • Rendement 2010 : 38,07%
  • Rendement 2009 : 308,74%
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  • Taux de Rotation Annualisé : 45,42%
  • % Frais Annualisé : 1,23%
  • Effet Devise Total : 1,41%

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  • Tracker ETF Lyxor MSCI World : VL 102,73 € (Frais de courtage inclus et dividende réinvesti)
  • Rendement Total : 53,21%
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  • Rendement Annualisé : 21,03%
  • Rendement 2011 : 2,10%
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  • Rendement 2010 : 18,76%
  • Rendement 2009 : 30,34%
* Nous rappelons que ce portefeuille est un investissement réel


Performance mensuelle du portefeuille depuis sa création

Ecomérages : 215 millards d’euros

C’est la somme, impressionnante et pharaonique, détenue par les belges sur leurs célèbres « livrets-intérêts ».  Plus de 60 % de la dette publique ! … ou environ 20 000 euros par habitant, nourrissons inclus. Mais le plus impressionnant, c’est l’augmentation de cet en-cours : près de 50 % en deux ans !

En France, les (plus ou moins) équivalents livrets A, LDD ou LEP sont à peine moins populaires. 

S’il nous semble normal qu’après la gifle infligée en 2008 par les marchés, les fourmis soient devenues prudentes, nous avons tout de même quelques difficultés à comprendre que nos concitoyens se soient à ce point résignés à perdre de l’argent.

Perdre de l’argent ?

Et oui, cher lecteur, les taux offerts pour ces placements dépassent rarement les 2 % alors que l’inflation a atteint, en janvier au sein de la zone euro, les 2,4 % (et 3,2 % en Belgique ! ).  L’épargnant est donc certain, en plaçant son précieux bas de laine dans ce genre d’instrument, de perdre du pouvoir d’achat avec la régularité d’un métronome.

Nos concitoyens seraient-ils subitement devenus tous des spécialistes de la macro économie en anticipant un retour prochain de la déflation ?  Une telle période serait effectivement propice aux investisseurs pour lesquels « cash is king ». 

Non, à notre humble avis, le succès des livrets s’explique par le fait qu’ils apparaissent comme étant les placements les moins risqués : l’argent est rapidement disponible, la valeur marchande n’est pas soumise à de la volatilité et le Fonds de protection des dépôts veille …

Peut-être aussi est-ce dû plutôt au manque de culture financière des épargnants de nos contrées qui leur ferait, par exemple, confondre « volatilité » et « risque » …

Dans ce cas, nous pensons que ce serait dommage.  Dans l’équipe des Daubasses, nous sommes de farouches partisans de ce que l’on appelle le « capitalisme populaire ». 

Non, le capitalisme n’est pas réservé aux « gros ». 

Nous pensons que chacun devrait, tout au long de sa vie et ce, dès son plus jeune âge, acquérir d’infimes portions d’entreprises. 

Dans notre monde où le système de Ponzi de la pension par répartition est de plus en plus remis en question par la réalité démographique et mathématique, financer sa retraite par soi-même et grâce aux bénéfices générés par des parts d’entreprises que l’on aurait accumulé tout au long d’une vie nous semble un geste bien plus citoyen que de laisser le financement des retraites de manière lâche et irresponsable, à nos petits-enfants.

La participation d’un plus grand nombre au capital des sociétés permet aussi une démocratisation des décisions économiques (nous avons encore en mémoire le « putsch » des petits actionnaires d’Eurotunnel ou les Assemblées Générales houleuses de la défunte Fortis). 

Enfin, le capitalisme populaire mettrait fin à une lutte des classes qui, aujourd’hui encore, n’est pas morte.  Si les travailleurs détiennent une part des outils de production (que ce soit par l’intermédiaire d’actions de leur propre employeur ou d’autres entreprises), ils comprendront enfin que les intérêts des entreprises et ceux des travailleurs ne sont pas fondamentalement opposés, contrairement à ce que certains, bien (ou mal ?) intentionnés veulent faire croire.

Mais pour promouvoir ce capitalisme populaire, il faudrait dégonfler cette « bulle du livret » en commençant par cesser de l’avantager fiscalement par rapport à des placements plus participatifs …

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Question des lecteurs : pourquoi ne prenez-vous pas vos bénéfices, après un doublement du cours par exemple ?

En faisant une « fixette » sur son « PRU », l’investisseur lambda a tendance à encaisser ses plus-value rapidement et à conserver ses titres en moins value pendant de longues périodes. Cette manière de faire provient de la crainte de perdre ces fameuses plus-values … et c’est cette peur que nous voulons éviter.

C’est la raison pour laquelle nous ne prenons pas nos décisions de vente en fonction de notre prix d’achat. Nous tentons même de l’ignorer complètement.

En effet, afin d’éviter que nos émotions ne prennent le dessus sur le rationnel, nous nous fixons comme repère non pas le prix d’achat qui est totalement inutile, mais bien la valeur estimée maximale de la société.

Comme vous le savez cher lecteur, nous pensons pour notre part, que la valeur maximale d’une entreprise, à quelques exceptions près, est sa valeur d’actif net tangible (VANT). Ainsi, si le cours d’une société double mais que la juste valeur de la société se situe encore 200 % plus haut, pourquoi devrions nous la vendre ?

Est-il logique de vendre à un prix toujours bradé parce qu’on estime que « l’on a assez gagné comme ça ? » Et a contrario, est-il raisonnable de conserver un titre sur lequel nous perdons de l’argent si sa « vraie valeur » a baissé sous notre prix d’achat parce qu’on se dit « pas vendu, pas perdu » ?

Nous vous rappelons aussi que, si la VANT constitue bien ce que nous estimons être plus ou moins un juste prix, nous ne vendons pas nécessairement : comme nous l’expliquions ici, nous plaçons, une fois ce seuil atteint, un stop loss pour tenter de profiter des exagérations de Mr Market et, si possible, vendre au dessus de ce juste prix.

Pour notre part, nous tentons d’oublier, voir d’effacer de notre mémoire, le prix payé pour acquérir nos actions. Vendre quand Mr Market nous propose le juste prix de notre investissement nous semble l’approche la plus rationnelle et la plus sensée. Que cette vente génère un profit ou une perte ne devrait, selon nous,  pas influencer d’un iota la décision de l’investisseur.

Ecomérages : Comment taper dans l’œil de Mao …

Non cher lecteur, cette semaine, nous ne vous expliquerons comment intégrer le plus important parti communiste de la planète mais nous souhaitons vous proposer un écommérage léger et métaphorique sur la valeur d’une œuvre d’art vandalisée. Nous pourrions dire une « Art Daubasse ».

Il s’agit donc d’une vente de toiles de la collection de l’acteur Denis Hooper, réalisée par Christie’s, à New York le 11 Janvier 2011.

On se souvient surtout de Dennis Hopper pour ses rôles dans La Fureur de Vivre, Apocalypse Now et Blue Velvet, mais il tourne dans pas moins de 150 films et signe la réalisation d’une petite dizaine de longs métrages dont le mythique Easy Rider. Il faut aussi ajouter que Denis Hopper est le fils d’Edward Hopper, peintre et graveur considéré comme le représentant du « naturalisme » ou de la scène américaine.

La collection Hopper consiste majoritairement en œuvres d’artistes américains d’après-guerre comme Wallace Berman, Andy Warhol, John Baldessari mais l’ensemble comporte également quelques œuvres sans attribution certaine, leurs auteurs n’ayant pas connu la gloire de leurs plus illustres collègues. Hopper était un collectionneur sérieux, il faisait l’acquisition de plusieurs œuvres d’un même artiste, souvent au début de leur carrière et s’intéressait tant à des œuvres importantes qu’à des dessins et même à des multiples.

La collection ne s’arrête pas à l’art conceptuel des années soixante et septante, car le propriétaire, qui bâtit une œuvre photographique de qualité tout au long de sa vie, aimait également des artistes comme Julian Schnabel, David Salle, Keith Haring et possédait un très beau Basquiat – qui a été vendu plus de cinq millions de dollars en novembre 2010.

Voilà donc pour le cadre, si nous osons nous exprimer ainsi !

Ce qui a attiré notre attention, c’est plus précisément la vente d’une œuvre d’Andy Warhol….

Il faut savoir que Warhol était un ami de Denis Hopper qui figure d’ailleurs au générique d’un de ses films. Selon la légende, il aurait même été un des premiers acheteurs d’une «  Campbell’s Soup » pour la somme de 75 dollars !

Si nous sortons de l’art pour analyser les achats de Denis Hopper, du point de vue de l’investisseur, nous remarquons que des achats à 75 Dollars, très diversifiés sur des artistes inconnus, ce n’est pas cher payé et cela peut rapporter gros. Et nous ne pouvons pas nous empêcher de faire le lien avec notre propre collection de « Daubasses ».

Entre temps, Denis Hopper acquiert un « Mao » d’Andy Warhol à très bon prix également. Et c’est de ce tableau dont il est question dans la vente de chez Christie’s.  En voici l’histoire …

Donc, le temps passant, Warhol devient le pape du Pop Art et ses œuvres deviennent chères et reconnues dans le monde de l’art et dans le monde entier.

Un « grand soir » de beuverie, Denis Hopper, dans un geste sans doute symbolique, tira à deux reprises sur le grand Timonier. La première balle se logea sur le bord de l’œuvre tandis que la seconde transperça carrément l’œil gauche de Mao ! Un désastre !

A jeun, Denis Hopper essaie de rafistoler la toile comme il peut. Il décide de ré encadrer et de légender les deux impacts de balle. Sa manière de légender est sur le style d’un rapport de police spécialisé en balistique.  C’est tout ce qu’il a trouvé.

Le "chef d'oeuvre" de Denis Hopper

La balle qui aurait raté de peu Mao est clairement indiquée sur la vitre d’encadrement comme « tir de sommation », alors que celle qui lui a transpercé l’œil gauche est légendée en tant « qu’impact ».

A la vente de chez Christie’s du 11 janvier, le « Mao » impacté de deux balles, ré encadré et légendé, par Denis Hopper, est estimé par les « spécialistes » à une valeur maximum de 30 mille Dollars.

Finalement à la vente de Chez Christie’s du 11 Janvier le « Mao » de Denis Hopper est adjugé à 302 500 Dollars.

Cette anecdote nous semble une preuve éclatante de la difficulté qu’éprouve le marché, qu’il soit de l’art ou de la finance, avec la valeur. Dans ce cas précis, le marché se focalise sur un détail, deux « trous de balle », pour juger de la valeur, alors qu’en fait, il y a une valeur ajoutée à l’oeuvre d’Andy Warhol : le « raffistollage » de Denis Hopper …

Et le fait que ces deux artistes connus et reconnus soient réunis en fait alors un objet unique. 

Bonne daubassemaine à tous.

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Portefeuille au 11 Février 2011 : 2 ans et 79 jours

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  • Portefeuille : VL 586,32 € (Frais de courtage et de change inclus)
  • Rendement Total : 480,32%
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  • Potentiel Estimé VANT / Cours 202,86%
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  • Rendement Annualisé : 121,08%
  • Rendement 2011 : 6,77%
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  • Rendement 2010 : 38,07%
  • Rendement 2009 : 308,74%
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  • Taux de Rotation Annualisé : 46,22%
  • % Frais Annualisé : 1,25%
  • Effet Devise Total : 0,20%

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  • Tracker ETF Lyxor MSCI World : VL 101,82 € (Frais de courtage inclus et dividende réinvesti)
  • Rendement Total : 51,86%
  • .
  • Rendement Annualisé : 20,74%
  • Rendement 2011 : 1,19%
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  • Rendement 2010 : 18,76%
  • Rendement 2009 : 30,34%
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Performance mensuelle du portefeuille depuis sa création

Warren Buffett, l’effet boule de neige (5e partie) : les enseignements que nous en retirons

Cet article est le dernier d’une série de 5 qui reprend notre lecture de l’ouvrage d’Alice Schroder, Warren Buffett. La biographie officielle, l’effet boule de neige.

Le point principal que nous avons retenu de cet ouvrage, c’est que, selon notre lecture, les réussites du plus grand investisseur de tous les temps tournaient, et tournent toujours autour de trois vecteurs.

Les quatre premiers articles :

Investir comme Buffett, ce n’est pas investir sur des blue ships

1er vecteur : la machine à cash

2e vecteur : le cercle d’amis et de connaissance

3e vecteur : la marge de sécurité

La grande conclusion que nous avons retirée de notre lecture du « snowball », cher lecteur, c’est qu’imiter Warren Buffett en investissant sur les blue chips est une gageure impossible à réaliser.

Si vous regardez de manière réaliste les cartes que vous avez en main, en tant qu’investisseur individuel par rapport à Buffett, cela pourrait se résumer de la manière suivante :

– Vous n’avez, ni la machine à cash, ni le cercle d’amis ou de connaissances. Soit dès le départ, 66% de capacités en moins.

Il vous reste donc à première vue 33% avec  l’idée de « la marge de sécurité » qui est à la portée de tous …

Cependant, il vous est impossible de bien définir la marge de sécurité sur les société qui approchent de la faillite sans pour autant être cataloguées dans les mégots de cigare car elles ont souvent des problèmes graves de solvabilité qui nécessitent de connaître le dossier de l’intérieur.  Sans un cercle d’amis et de connaissances, cela fait 8.25% en moins.

Vous n’avez pas la capacité ni de juger de la qualité d’une direction, voire d’une nouvelle direction, ni de juger de la pérennité des produits, ni des bénéfices futurs, ni de la complexité du fonctionnement d’une multinationale pour l’acheter avec une marge de sécurité, bien définie et réaliste dans le futur, comme le ferait Warren Buffett qui peut, grâce à son cercle d’amis et de connaissances, fouiller tous les recoins. Cela fait 8.25% en moins.

Vous ne pourrez non plus avoir accès aux occasions en tout genre réservées à Warren Buffett (non coté, produits structurés, …).   Cela fait 8.25% en moins.

Ce qu’il vous reste pour pouvoir imiter réellement le meilleur investisseur de tous les temps, c’est donc 8.25% de la capacité d’investir de Warren Buffett et c’est sur des mégots de cigares ou « daubasses » que vous pouvez tenter de l’imiter le mieux. Tout simplement parce que vous avez la capacité, avec les seuls chiffres du bilan et une belle diversification, de mettre de votre côté le plus de chances possible de battre le marché à long terme.

Et cela, Warren l’explique très bien, en 7 lignes, en parlant de son ami Walter Schloss : En 1975, « Big Walt » était le dernier défenseur des mégots de cigares. Lors des réunions du « Graham Group », ses confrères le moquaient gentiment sur son portefeuille « fouette cocher » avec des sidérurgistes au bord de la faillite et des sous-traitants automobiles ruinés. « Et alors , disait Schloss,  je n’aime pas le stress et je dors sur mes deux oreilles« . Il faisait des listes, appliquant la philosophie de Graham dans sa plus pure expression. Tout les soirs, il quittait son placard à balais chez Tweedy & Brown pour renter chez lui, et ses résultats étaient phénoménaux !

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