Ouragan sur les daubasses …

Le 21 février 2011, sur le navire amiral de la flotte daubasse …

–          Commandeur, un ouragan de force 4 se dirige droit sur nous !

–          Enfin un peu d’actions après ces semaines de calme plat. Holà moussaillons, ramenez la grand-voile !

–          Apparemment, la tempête s’est déclenchée en Tunisie, est passée par l’Egypte mais, à présent, le cœur de l’ouragan se situe en Libye.

–          Je savais qu’il avait son origine dans le bassin méditerranéen mais je l’aurais situé un peu plus au nord… en Grèce ou en Espagne.

–          Non, là-bas c’était une simple tempête sur l’Eurozone. Elle n’est pas terminée d’ailleurs… mais elle ne semble plus préoccuper personne.

–          Accrochez-vous les gars ! Ça va secouer…

Le 26 février 2011, au soir, profitant d’une accalmie.

–          Messieurs, c’est le moment de faire un point de la situation. Monsieur Louis, où en sommes-nous ?

–          Mauvaise nouvelle Commandeur, le T-Bay Holding a quitté la flotte et son équipage a disparu. Nous avons juste récupéré 10 % de l’effectif qui s’était réfugié dans une chaloupe.

–          Des déserteurs et rien d’autres ! Qu’en pensez-vous Monsieur Pierre ?

–          J’ai l’impression que les canons qu’il arborait si fièrement n’étaient que des leurres et qu’ils ne nous auraient été d’aucune utilité dans la bataille.

–          Qu’ils aillent au diable donc ! Autre chose Monsieur Franck ?

–          Heu Commandeur… un de nos navires « masqués » a rompu l’amarre en options put qui le reliait au reste de la flotte et il a repris sa liberté.

–          Et alors ?

–          Il nous reste l’amarre qui pourrait servir pour d’autres missions.

–          C’est le plus important. A part ça, vous n’avez pas des meilleures nouvelles à nous annoncer ? … Oui, Monsieur Louis ?

–          Avec les turbulences, un de nos plus vieux navires, le Ditech a également quitté la flotte.

–          Oui, mais lui nous a rendu de bons et loyaux services. Il peut dire « mission accomplie » et regagner son port d’attache la tête haute.

–          Mais on a gardé le meilleur pour la fin, commandeur…

–          C’est-à-dire Monsieur Pierre ?

–          Un armateur propose de nous racheter le Cofigeo

–          Et alors ? On en a encore besoin !

–          Bien sûr commandeur mais regardez le prix qu’il nous propose…

–          Quoi ! Mais c’est trois fois notre prix d’achat !

–          Exactement commandeur… et avec cette somme, nous pourrons racheter d’autres rafiots et renforcer la flotte.

–          Excellent Messieurs ! Vous féliciterez le commandant du Cofigeo. Et vous propose une tournée générale au bar Emmanuel, sur le Quai des Vis.

…………….

En conclusions :

Ce 21 février, les options put que nous avions émises sur une daubasse masquée n’ont pas été exécutées. Nous récupérons donc les liquidités qui étaient bloquées pour son éventuel exercice et qui, grâce à la prime d’option que nous avions encaissée, nous ont rapporté 12,7 % en un peu plus de 5 mois et demi. Nous gardons secret le nom de cette société pour nos abonnés qui peuvent toujours émettre des options en encaissant des primes intéressantes.

Ce 22 février, nous apprenions qu’une OPA était lancée à 530 euros sur Cofigeo. A ce prix, nous allons donc tripler la somme investie en 14 mois. Un exemple de plus d’actifs fortement sous évalués et mal rentabilisés par la direction qui finissent malgré tout par être payés presqu’à leur juste prix.

Ce 23 février, en analysant les derniers résultats de T-Bay Holding, nous constatons que la solvabilité de cette dernière est tombée sous le seuil statutairement exigé pour rester en portefeuille (40 %). De plus, nous  constatons que les clients de T-Bay n’ont toujours payé quasiment aucune des créances commerciales et nous avons la conviction de plus en plus forte que ces en-cours ne seront jamais payés (nous pensons même que les ventes annoncées n’ont, en réalité, jamais eu lieu). Et ces actifs constituent quasiment le seul actif de cette « vraie » daubasse. Nous appliquons donc les statuts de notre club et vendons ce reliquat en perdant au passage 90 % de notre investissement initial.

Ditech avait atteint depuis quelques jours sa valeur d’actif net tangible. Nous avions placé un stop loss un peu plus bas que cette VANT en espérant pouvoir profiter du trend haussier. Malheureusement, avec la volatilité de ces derniers jours, notre stop a été exécuté ce 24 février et nos actions ont donc été vendues avec une honnête plus-value d’une centaine de pourcents en 27 mois.

Y a pas à dire : c’était vraiment ouragan cette semaine sur les daubasses !

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