Du mouvement dans le portefeuille « daubasses » et nouvelle diversification dans la valeur

Comme nous vous l’avions annoncé, nous avons apporté nos titres Cofigeo à l’OPA qui a été lancée fin du 1er trimestre de cette année. Cette opération nous a permis de tripler notre investissement de départ en un an et demi et surtout, elle nous laisse à la tête de pas mal de liquidités.

Nous avons décidé d’affecter ces liquidités sur trois supports assez différents.

Le premier, vous le connaissez, cher lecteur(trice), il s’agit de fonds fermés fortement décotés qui nous permettent d’obtenir une diversification sur des zones émergentes. Lors de nos deux premiers achats, nous avions mis le pied en l’Europe de l’Est via des fonds fermés éligibles au PEA. Avec cette nouvelle acquisition, nous nous attaquons au sous-continent indien. Notre motivation d’achat est de deux ordres : une marge de sécurité de 56 % par rapport à son actif net et une diversification grâce à une présence au capital d’une dizaine de sociétés cotées et non cotées.

Le deuxième, c’est une « vraie » daubasse que nous avons acquis avec une décote de 87 % sur son fonds de roulement net et un potentiel, théorique, vers sa valeur d’actif net tangible de 1 000 %. Évidemment, cette société a de bonnes raisons pour être si mal appréciée par Mr Market mais nous pensons que la sanction est malgré tout excessive et que le rapport « rendement/risque » penche en notre faveur. Cette société est britannique et donc éligible au PEA.

Par ailleurs, nous avons décidé d’investir dans un nouveau style de « daubasse ». Daubasse entre guillemets car nous estimons que cette approche permet d’investir dans des titres de haute qualité qui présentent pourtant une décote intéressante. Il s’agit de l’investissement dans des holdings décotés. Nous avons détaillé cette nouvelle piste à nos abonnés dans la lettre mensuelle de juillet dans laquelle nous proposons un dossier portant sur ce type de support ainsi que quelques idées de sociétés que nous détenons dans nos portefeuilles personnels.

Les avantages des holdings par rapport aux fonds de placement sont multiples :

–   Les dirigeants détiennent souvent un part substantielle du capital.

–  Leur liberté est plus grande au regard du prospectus et de la législation qu’un gérant de fonds doit respecter : au même titre qu’un investisseur particulier, les gestionnaires du holding peuvent rester intégralement liquides s’ils ne trouvent plus de bonnes idées. Il leur est possible d’investir sur tous les marchés qu’ils souhaitent sans restriction géographique ou sectorielle. Ils peuvent ne détenir qu’une seule ligne ou plus d’une centaine. Ils peuvent acheter indifféremment sur les marchés réglementés, les marchés libres ou du non cotés, voire acquérir de l’immobilier en direct.

–   Ils ne doivent pas gérer les « entrées » et « sorties » de capitaux. Les détenteurs de parts peuvent, à tout moment, demander le remboursement de leur part. Pour ce faire, le gérant est obligé de vendre quelques positions qu’il détient. L’inconvénient est, qu’en période de crash par exemple, le gérant se voit souvent confronté à des demandes massives de remboursement… à un moment où justement il devrait pouvoir disposer de cash pour investir dans les opportunités qui se présentent. Rien de tout ça pour la direction d’une société à portefeuille : son capital est fixe et il n’a pas à se soucier de ces fluctuations intempestives.

–   Quand le cours du holding est sous-évalué par Mr Market, le management peut décider de racheter ses propres titres sur le marché pour créer de la valeur pour l’actionnaire en profitant des fortes décotes.

Les trois holdings que nous avons présentés à nos abonnés présentent une double caractéristique : au cours des dix dernières années, leur actif net a évolué bien plus vite que le marché et ils présentent une décote appréciable et historiquement élevée. Ils sont tous les trois éligibles au PEA.

Enfin celui de ces holdings sur lequel nous avons jeté notre dévolu pour le portefeuille présenté dans ce blog nous offre aussi une  certaine protection « monétaire » en cas d’éclatement de la zone euro. Nous avons obtenu ce dernier avantage un peu sans le faire exprès, et, même s’il ne fut pas déterminant dans notre choix d’investissement, il n’en reste pas moins non négligeable.

Bien entendu, nos abonnés ont été avertis en temps réel de ces opérations et ont à leur disposition les analyses des titres, dans la lettre.

.

9 réflexions au sujet de « Du mouvement dans le portefeuille « daubasses » et nouvelle diversification dans la valeur »

    1. Bonjour LT,

      Berkshire Hataway ne répond pas vraiment à la définition de « holding décoté » : de notre point de vue, ce n’est pas un holding (mais plutôt une compagnie d’assurance et un conglomérat) et, si vous lisez cet article – qui date un peu mais qui est toujours valable – vous verrez que nous ne la considérons pas vraiment comme décotée.

      http://blog.daubasses.com/2010/02/03/diversification-dans-la-valeur-berkshire-hathaway/

  1. Désolé d’écrire ce commentaire ici : Avez-vous noter les négociations en cours sur les modifications à apportér à l’obligation PCAS ?

    Pour ma part, j’avais encaissé une PV en vendant tous mes titres en décembre dernier pour profiter une derniere fois du seuil de cession (particularite fiscale française).

    Je suivais toutefois le dossier pour me repositionner dans la derniere ligne droite si l’opportunité se présente.

    Pour ma part je trouve la proposition non équitable. Il serait plus juste d’émettre une nouvelle souche ou de contracter un nouvel emprunt ou de faire une augmentation de capital ou un mixte de ses méthodes.

    1. Bonsoir Laurent,

      Bien sûr. Voici le lien pour nos lecteurs.

      Nous retenons que le prix de remboursement sera remis en cause à la hausse puisque l’obligation sera, en cas d’accord, remboursée à un montant plus élevé qu’actuellement. Et il sera proposé de majorer le taux d’intérêt nominal. Personnellement, nous ne pensons pas que ce soit une si mauvaise affaire même si la situation financière de PCAS est un peu moins bonne qu’il y a un an.
      Cependant, nous pensons toujours qu’une telle société ne fera pas faillite : un prédateur la rachètera un jour ou, au pire, en prendra le contrôle par le biais d’une AK fortement dilutive mais qui améliorera la solvabilité au profit des obligataires.

  2. Je trouve la proposition surtout gênante pour les investisseurs qui ont des grosses lignes. Pour eux, si ils veulent retrouver leurs liquidités avant la date d’échéance, ils devront sortir au cours du marché.

    On voit bien l’intérêt, quelquesoit la nature du titre échangé, qu’il vaut mieux avoir de petites lignes sur ces supports peu liquides. On perd moins à sortir précipitamment de plusieurs petites lignes.

    Enfin, le chasseur de daubasses rentré sur cette obligation à moins de 75 % du nominal a tout de même fait une très belle affaire 😉

    Je me permets de vous remercier pour votre article, qui me l’a faite découvrir.

  3. Hello,

    Pensez-vous un jour analyser des sociétés hautement qualitatives « à la buffett/munger » avec des ROE > 15-20% décotées par rapport à leur valeur intrinsèque ?
    Pourquoi ne pas analyser également les titres du portefeuille de BRK?
    par ex: JNJ, MA, SAN …

    Cela permettrait d’avoir un bon portefeuille value équilibré entre :
    -des daubasses qui permettent d’obtenir du capital en quelques mois. « Wait to get paid »
    -des titres qualitatifs achetés pendant un trou d’air en mode buy & hold. « Get paid to wait »

    Les titres qualitatifs en buy&hold pourraient garantir une bonne performance même lorsque les marchés seront devenus trop chers contrairement aux titres daubasses (idem pour les holdings) qui disparaitront une fois que M Market aura cessé d’être pessimiste.

    En gros: les daubasses pourraient donner de la performance dans un cycle de marché pessimiste et les qualitatives dans un cycle optimiste (mais achetés à bon prix) …

    1. Bonjour Hunter,

      Notre fantasme serait effectivement de repérer des sociétés avec des franchises tellement fortes que nous pourrions dormir dessus et les garder à vie comme Charlie Munger ou Philip Fischer l’ont si bien fait … malheureusement, ce genre de sport ne fait pas parti de nos compétences et, si nous achetons un jour une société comme JNJ, ce sera quand elle aura rencontré un sérieux problème et que le marché nous offrira une marge de sécurité énorme. Un peu comme nous l’avons fait avec BP au moment de la catastrophe dans le golf du Mexique ou comme l’un d’entre nous l’a fait avec Mc Donald pendant la crise de la vache folle. C’est à dire lorsque nous détiendrons un certain collatéral tangible en garantie de notre investissement même si nous accepterions, pour des sociétés de ce genre, une absence de décote.

      Nous pensons plus que jamais qu’il est important de rester dans son domaine de compétence en investissement et, après de longues années en tant qu’investisseurs, nous avons compris que ce que nous faisions le mieux, c’est trouver des daubasses et non dénicher des barrières contre la concurrence ou déterminer des capacités bénéficiaires futures.

      1. Après on peut aussi s’appuyer sur les connaissances et compétences d’autres personnes pour essayer de trouver des bonnes affaires. C’était d’ailleurs un peu pour ça que je louchais sur le portefeuille de BRK. Ca fait un peu copycat comme argument, mais je citerai Buffett himself : « Si vous ne connaissez pas les bijoux, connaissez le bijoutier! ».

        Par exemple on peut voir que BRK achète des actions de Wells Fargo (WFC) depuis ~1990 et continue chaque trimestre d’en prendre une « louche » (sauf pour le dernier trimestre). De plus si on calcule le prix de revient de toutes « ces louches » depuis 2006 on arrive à un PRU de $31.48 (elle cote aujourd’hui $27.28). Il pourrait être intéressant de « faire confiance » à un renard qui n’a plus rien à prouver et qui à déjà investit à hauteur de 20% du portefeuille de BRK (la 2 ème plus grosse ligne pour les titres cotés)…

        PS: au passage la citation de Buffett concernait justement ses titres WFC, car Warren est très proche du haut management de Wells !

        1. Bonjour Bargain,

          Nous ne sommes pas certains que, vu la taille de ses en-cours, Buffett achète réellement les actions au plus haut potentiel mais plutôt celles qui « ont une taille suffisante pourrentrer dans son portefeuille » Et nous ne sommes pas certains non plus que ses décisions d’investissements ne sont pas, à présent et vu sa notoriété, dictées, au moins partiellement, par des vues politiques, philantropiques ou patriotiques. C’est juste une impression subjective, c’est vrai, mais il nous semble qu’à présent que sa fortune est acquise, l’oracle d’Omaha essaie plutôt « d’entrer dans la légende » plutôt que d’encore faire croître la taille de sa fortune.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.