Ecomérage : La fin de la souveraineté des états européens, déjà une réalité à l’Est !

 

C’est en lisant une dépêche Reuter qui date d’il y a quelques jours que nous avons eu l’idée de cet écomérage.  Cette dépêche n’a été que peu relayée par la presse et les médias « grand public » alors qu’elle est peut-être d’une importance majeure, voir pour le moins, un signal sérieux pour nos décideurs européens.

 

 

La mise à l’écart des « petits » pays européens

Nous avons principalement entendu ces derniers jours les doléances des pays du Nord comme la Suède ou la Norvège qui ne sont pas conviés aux discussions parce qu’ils ne font pas partie de la zone euro… voir des Pays-Bas qui sont bel et bien membres de la zone euro mais qui sont marginalisés en raison de leur taille jugée trop petite.

Les pays de l’Est et donc de l’ancien Bloc communiste accumulent les deux discriminations et sont considérés par les acteurs principaux du théâtre européen comme des « sous-pays ». Voici donc cette fameuse dépêche avant de poursuivre notre réflexion :

« Les Premiers ministres tchèque et bulgare Petr Necas et Boïko Borissov ont fustigé mardi à Prague une « indiscipline » budgétaire de certains pays de l’UE, soulignant que l’entrée des deux pays dans la zone euro n’était pas à l’ordre du jour.

« Les gouvernements tchèque et bulgare refusent absolument de fixer une date pour l’adhésion à la zone euro, entre autres parce que nul ne sait quel sera son développement ultérieur », a déclaré M. Necas devant la presse.

« Nous voyons tous que l’Union monétaire est en train de se transformer en une union de transferts, voire une union de la dette », a-t-il insisté.

Premier ministre depuis 2010, M. Necas avait engagé d’importantes réformes économiques en vue d’assainir les finances publiques tchèques, s’attirant ainsi les éloges de l’agence de notation Standard & Poor’s qui a récemment relevé de deux crans la note de la dette à long terme du pays, à « AA- » contre « A » précédemment.

Selon M. Borissov, l’entrée dans la zone euro n’est plus un objectif pour son pays, mais « quelque chose que nous observons prudemment car nous ne savons pas comment ces processus vont se développer ».

La République tchèque et la Bulgarie s’étaient engagées avec leur adhésion à l’UE, respectivement en 2004 et 2007, à adopter l’euro mais sont devenues réticentes en réaction à l’actuelle crise de la monnaie commune.

Ni Prague ni Sofia n’ont pour l’instant fixé de date pour l’adoption de l’euro.

Très critique face aux membres endettés de la zone euro, M. Borissov a conseillé à ceux-ci de réduire les salaires et les retraites à leur niveau actuel en Bulgarie.

« Nous voudrions aussi que les retraités bulgares reçoivent une pension de vieillesse de 2.000 euros par mois. Ils le mériteraient bien mais ceci entraînerait un déficit budgétaire et des problèmes avec le Fonds monétaire international », a noté le Premier ministre bulgare.

« Notre position est catégorique: personne n’est obligé de prendre l’argent de ses contribuables pour le verser à celui qui n’est pas discipliné », a-t-il ajouté.

« Que les États ne dépensent que ce qu’ils gagnent », a insisté M. Borissov. »

Souvenez-vous la fin du communisme en Europe de l’Est

On parle ici de la République Tchèque et de la Bulgarie mais les réflexions sont exactement les même en Roumanie, Hongrie, Pologne et les autres.

Il est important de comprendre que l’appel à la discipline de ces pays de l’Est est entièrement légitime. Car à chaque fois que ces pays ont reçu de l’argent, qu’il soit venu du FMI ou d’organismes européens, on a exigé d’eux des réformes précises, suivant une feuille de route définie, avec des contrôles et des menaces de suspensions des tranches d’aide si les différents assainissements n’étaient pas réalisé dans les faits.

Nous nous rappelons même avant l’entrée de la Roumanie dans l’Europe des débats, menés par la presse et les intellectuels, qui, en gros se réjouissaient de l’entrée de la Roumanie dans L’Europe car cette entrée permettrait au moins de mettre au pas les politiques Roumains qui ne feraient plus entièrement ce qu’il voudraient avec les deniers publics, c’est-à-dire n’importe quoi.

L’aspiration donc de l’intelligentsia roumaine était donc clairement une perte de souveraineté pour aller vers un mieux, qu’ils ont clairement atteint.

Hors, qu’entendons-nous aujourd’hui de la bouche de certains politiques toujours plus démagogiques ? C’est que ni Moody’s, ni Standard & Poors, ni Bruxelles, ne peuvent empiéter sur la souveraineté de leur pays. Et s’en suis un chapelet d’inepties tel que « sortir de l’euro » ou « de l’Europe », « interdire les agences de notation »… En fait, au lieu de constater leur bilan désastreux étalé sur des décennies, on préfère pointer du doigt et donc désigner comme responsables ceux qui tentent de juger le bilan ou d’émettre un avis lucide et souvent justifié (même si parfois cet avis peut prêter à discussion, rappelez-vous la dégradation de la note de la Nouvelle-Zélande dernièrement, en général, les notations restent objectives).

Nous pensons donc que si la souveraineté consiste à mener des politiques irresponsables, à dépenser toujours plus sans pour autant améliorer la vie des citoyens, en gros à conduire de manière hautaine à 240 Km à l’heure sans comprendre que dans quelques tournants la route se terminera par un mur abrupte, il nous semble préférable de perdre une partie voir toute sa souveraineté.

La vrai Europe, politique, économique et performante est à ce prix, une perte de souveraineté des états, qui fait peur aux politiques de tout poil  mais qui est maintenant devenue obligatoire et plutôt urgente.

C’est finalement déjà le cas en Europe de l’Est comme évoqué plus haut, mais nous pouvons aussi rapidement démontrer, avec ce qui se passe depuis plus de 500 jours (voir, même, en réalité, depuis 2007) dans notre petit royaume, la Belgique, la futilité et la relative utilité des politiques qui préfèrent discuter leur bout «  de gras » sur des problèmes linguistiques que de s’occuper de leur population. Pas la peine de s’étendre sur un sujet aussi niais qui, d’une certaine manière, fait honte au citoyen européen de Belgique. Ceci pour bien comprendre que ce type de politique belge devrait, devant tant d’irresponsabilité, perdre une grande partie de sa souveraineté.

En effet, pendant tout le temps que nos dirigeants ont négocié  leurs inepties, la Belgique a continué à tourner sans eux. Et même plutôt bien ! Vous allez voir en quelques chiffres que le politique et la souveraineté nationale sont d’une importance toute relative.

Voici donc les chiffres d’une Belgique laissée au main du citoyen : ainsi, sans gouvernement, la Belgique est un des pays de la zone euro qui présente les déficits les plus faibles (4,1 % en 2010 vs une moyenne de 6,2 % pour la zone euro), un des taux de croissance économique les plus élevés (2,3 % en 2010 vs 1,8 % pour la zone euro) et une des diminutions du taux de chômage les plus rapides après la crise de 2008 (sur l’année écoulée, le taux de chômage est passé de 8,1 % à 6,8 % en Belgique alors qu’il est passé de 10,2 % à 10 % en zone euro).  (source : Eurostat)

Par contre, la dette publique, héritage de la « gouvernance » et de la « souveraineté » passée est une des plus élevées d’Europe.

Voici pourquoi nous pensons que moins de gouvernement, moins d’intervention étatique et moins de souveraineté nationale sont des éléments positifs pour la population de notre veille Europe.

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Portefeuille au 28 Octobre 2011 : 2 ans 338 jours

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  • Portefeuille : VL 4,5493 € (Frais de courtage et de change inclus)
  • Rendement Total : 350,28%
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  • Potentiel Estimé VANT / Cours 206,51%
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  • Rendement Annualisé : 67,24%
  • Rendement 2011 : -17,16%
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  • Rendement 2010 : 38,07%
  • Rendement 2009 : 308,74%
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  • Taux de Rotation Annualisé : 38,82%
  • Effet Devise Total : -2,67%

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  • Tracker ETF Lyxor MSCI World : VL 90,3435 € (Frais de courtage inclus et dividende réinvesti)
  • Rendement Total : 34,74%
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  • Rendement Annualisé : 10,73%
  • Rendement 2011 : -10,21%
  • Rendement 2010 : 18,76%
  • Rendement 2009 : 30,34%
* Nous rappelons que ce portefeuille est un investissement réel

 

Performance mensuelle du portefeuille depuis sa création

 

 

Bas les masques : Conn’s

Cela faisait longtemps, cher(e) lecteur(trice) que nous n’avions plus démasqué de lignes de notre portefeuille. Nous vous proposons donc de dévoiler une des sociétés de notre portefeuille, société dont le cours actuel représente environ le double (+100% !) de notre coût d’acquisition il y a moins d’un an.

Cet achat provient d’une démarche un peu particulière que nous vous avions exposée sur notre blog : l’émission d’option put.

Le 24 juin 2010, nous avions émis des options put sur l’action Conn’s à un prix d’exercice de 5 usd échéance janvier 2011. Pour ces options, nous avons encaissé, après déduction des frais, 0,60 usd par option. 

Notre raisonnement était le suivant : si, à l’échéance, le cours de l’action était supérieur à 5 usd, nous aurons généré pour nos liquidités un rendement brut de 12 % en 7 mois (0,60/5). Si le cours de l’action se situait sous les 5 usd, nous étions alors obligé d’acheter les actions au cours de 5 usd.  Ce qui amènerait notre prix de revient à 4,40 usd (5 usd – 0,60 usd de prime encaissée) … et c’est ce qui s’est passé : le 18 janvier 2011, le cours de la société se situait à 4,46 usd et nous avons donc été contraints de payer 5 usd pour acquérir nos actions. Il s’agit de la société n°17 dans la situation du portefeuille au 21 octobre.

Avons-nous sombré dans les affres et les angoisses ?

Absolument pas.  Tout simplement parce que nous avions la conviction que la société valait bien plus que ces fameux 4,40 usd décaissés. 

Nous vous expliquons pourquoi dans l’analyse ci-dessous qui est, en réalité, le simple « copié-collé » de l’analyse que nous avions mis à disposition de nos abonnés à l’époque.

Conn’s Inc

Conn’s a été fondée en 1890. Il s’agit d’une chaîne de magasins de détail spécialisés en « électronique grand public ». La société commercialise 3 000 références différentes essentiellement des téléviseurs, appareils photos, PC, blu- ray, DVD, GPS et home-cinema mais aussi électro ménager (réfrigérateurs, lave-vaisselle, cuisinière, …), du mobilier et du matériel de jardinage (comme des tondeuses à gazon). L’entreprise commercialise la plupart des grandes marques du domaine.

 

Fin 2009, son réseau se composait de 76 magasins, ce qui en fait un acteur relativement modeste dans son segment.

La société réalise une bonne partie de ses ventes à crédit et notamment au travers de deux programmes de crédit : un portefeuille de crédit principal reprenant les débiteurs ordinaires et un portefeuille de crédit secondaire reprenant les débiteurs « à risque » bénéficiant de conditions financières moins intéressantes. Cette activité de crédit semble importante pour Conn’s en terme de fidélisation de la clientèle.

La société commercialise aussi des « assurance solde restant dû » sur ces crédits.

En cas d’exercice, le prix de revient de nos actions Conn’s sera donc de 4,40 usd ( 5 usd – 0,60 usd). Nous travaillons avec les comptes arrêtés au 30/04/2010.

 

I.                   La Valeur d’Actif Net Net (VANN)

Un rappel technique sur cette notion ici

Nous avons acquis un actif courant de 35,67 usd essentiellement composé de créances (les en cours de financement aux clients) pour 29,16 usd. Nous avons déduit les dettes pour 24,61 euros ainsi que 0,105 usd en raison d’un ralentissement dans la rotation des stocks. La VANN s’établit donc à 10,96 usd par action et, à notre hypothétique coût d’achat de 4,40 usd, notre marge de sécurité s’établirait à 60 %.

 

II.                 La Valeur d’Actif Net Estate (VANE)

Un rappel technique sur cette notion ici

Nous constatons que la société est propriétaire d’immeubles acquis pour un montant de 0,79 usd. Nous prenons notre traditionnelle marge de sécurité de 20 % sur cette valeur et l’ajoutons à la VANN : nous obtenons une VANE de 11,59 usd par action.

 

III.              La Valeur en cas de Mise en Liquidation Volontaire (VMLV)

Un rappel technique sur cette notion ici et ici

Nous revenons d’abord sur l’actif courant et tout d’abord sur le principal poste du bilan : les créances qui représentent 75 % de l’actif de la société.

Avec un tel poids dans la valeur de la société, il est important de se pencher sur son degré de recouvrabilité. D’abord, nous constatons que la direction a d’ores et déjà acté des réductions de valeur équivalentes à 5 % de leur montant brut.

Or, nous constatons qu’au cours des trois derniers exercices comptables, Conn’s a supporté des pertes réelles sur créances de respectivement 2,9 %, 3,2 %, et 3,9 % soit largement sous les 5 % actuellement provisionnés.  La valeur de l’encours tel que présentée dans les comptes nous semble donc refléter la réalité et ce, de manière prudente. 

Néanmoins, comme nous aimons les bonnes surprises, nous allons considérer que la perte potentielle sur l’en cours actuel représente le double de ce qu’elle a été au cours de l’année 2009 soit 7,8 %.  Nous allons donc, sur le total des créances inscrites au bilan, acter une marge de sécurité supplémentaire de 2,8 % (7,8 – 5).  Cette marge de sécurité sera donc de 0,82 usd par action.

Parmi les autres postes de l’actif courant,  nous relevons le stock qui représente 71 jours de vente.  Si nous pouvons comprendre la nécessité de présenter une large gamme de produits pour satisfaire au mieux la clientèle, l’importance de ce montant, son évolution à la hausse et le fait que certains de ces articles pourraient être soumis à une vétusté rapide nous incite à prendre une marge complémentaire de 20 % par rapport à sa valeur aux livres, soit 0,79 usd.

Nous ne tenons pas compte non plus, dans une optique de mise en liquidation, des impôts différés et amputons donc la VANE de 0,68 usd supplémentaire. 

Mis à part les immeubles, nous décidons de ne pas tenir compte des autres actifs fixes : l’essentiel consiste en aménagements des locaux loués, aménagement qui ne « vaudraient plus tripette » en cas de liquidation.

Malgré son activité de financement complexe, la société n’a que très peu d’engagement hors bilan : la société indique bien une estimation du coût futur des garanties octroyées sur les produits vendus et, depuis le 30/04, les dettes portant sur les  créances qui ont été titrisées apparaissent bien au passif.  On a donc une bonne idée de l’importance du risque sur l’ensemble des créances et des engagements de la société sur les créances qui ont été cédées.  Nous notons tout de même les loyers à payer sur les baux restant à courir qui représentent tout de même 6,82 euros.  Nous décidons de considérer qu’en cas de mise en liquidation, Conn’s devrait s’acquitter de 75 % de ce montant soit 5,12 usd.

Compte tenu de ce qui précède, nous établissons donc la VMLV de Conn’s à 4,18 usd, soit un peu en dessous de notre coût éventuel d’achat.

 

IV.             La Valeur de la Capacité Bénéficiaire (VCB)

Un rappel technique de cette notion ici et ici

Conn’s est active dans un secteur très concurrentiel et ne semble pas présenter une taille suffisante pour se construire un solide avantage compétitif.

Son point fort nous semble être le fait qu’elle soit capable de proposer du crédit à ses clients et notamment aux moins solvables tout en présentant un historique de recouvrement très honorable malgré les risques apparents qui ont été pris. L’avantage est mince, nous en convenons, mais il témoigne néanmoins d’un certain savoir-faire.

Contrairement aux autres sociétés que nous évaluons, nous décidons de déterminer la VCB de Conn’s non pas en fonction de son résultat d’exploitation mais bien de son résultat net : en effet, une bonne partie de ses recettes proviennent des intérêts encaissés sur les financements octroyés, financements qui ont pu être réalisé au prix d’un endettement financier certain. Il  nous semble donc important de tenir compte des charges de dettes dans notre évaluation.

Au cours des 5 derniers exercices, la société a réalisé un résultat net moyen de 1,38 usd par action. Nous pensons qu’il sera difficile de réitérer dans le futur une telle rentabilité notamment en raison du resserrement du crédit aux US et probablement aussi d’un moins grand appétit à consommer des ménages. Nous tablons donc sur un résultat moyen amputé de 25 % pour les années à venir, soit 1,04 usd. Nous actualisons ce montant à 12 % et obtenons une VCB de 8,67 usd.

 

 

V.               Conclusions

A notre coût hypothétique d’achat de 4,4 usd, nous obtiendrions une marge de sécurité de :

         60 % sur la VANN

         62 % sur la VANE

         49 % sur la VCB

Comme quelques autres sociétés tirant une partie de leurs revenus d’activités de financement (par exemple Blue Green que nous détenons en portefeuille), la société nous semble fortement sous-évaluée comme si le marché anticipait des pertes pour 10 ou 20 % des prêts octroyés. Pour notre part, ces perspectives nous semblent particulièrement pessimistes et nous avons le sentiment qu’en achetant  Conn’s, nous disposons justement d’un important collatéral sous forme de créances diverses et variées en garantie de notre investissement.

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Portefeuille au 21 Octobre 2011 : 2 ans 331 jours

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  • Portefeuille : VL 4,5891 € (Frais de courtage et de change inclus)
  • Rendement Total : 354,22%
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  • Potentiel Estimé VANT / Cours 205,44%
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  • Rendement Annualisé : 68,31%
  • Rendement 2011 : -16,43%
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  • Rendement 2010 : 38,07%
  • Rendement 2009 : 308,74%
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  • Taux de Rotation Annualisé : 40,01%
  • Effet Devise Total : -1,98%

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  • Tracker ETF Lyxor MSCI World : VL 88,0250 € (Frais de courtage inclus et dividende réinvesti)
  • Rendement Total : 31,28%
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  • Rendement Annualisé : 9,82%
  • Rendement 2011 : -12,52%
  • Rendement 2010 : 18,76%
  • Rendement 2009 : 30,34%

 

* Nous rappelons que ce portefeuille est un investissement réel

 

Performance mensuelle du portefeuille depuis sa création

 

 

La fin des haricots

Il est temps pour nous, cher lecteur, de tirer les conclusions de l’expérience intellectuelle que fut le suivi de la « mise à mort » de la société Gantois.

Le mandataire judiciaire Fabien Voinot est formel : « du fait de l’ouverture de la procédure de liquidation judiciaire, il apparait qu’effectivement les actions de la société GANTOIS SA ont perdu toute valeur. » Gloups ! Vous trouverez la communication EURONEXT ici

Nous n’y croyions plus vraiment suite aux précédentes annonces, nous pensions seulement qu’il pouvait être possible de récupérer un petit quelque chose. En fait, il ne reste finalement rien pour les malheureux actionnaires…

Nous parlions dans notre dernier article « d’investisseurs intéressés ». Finalement, non… Ce ne sont pas des investisseurs qui se sont intéressés à Gantois mais des industriels qui ont pû reprendre à la barre du tribunal des actifs pour une bouchée de pain. Si nous considérons le bilan humain, nous ne pouvons que nous réjouir de cette issue relativement positive au niveau social.

Que nous apprend ce périple de près de 15 mois ?

Si vous en doutiez encore : investir dans une entreprise qui connaît d’importantes difficultés financières… est risqué ! Notre petit exercice intellectuel de suivi nous confirme un point capital : la solvabilité est un élément important dans la décision d’investir dans une société. C’est elle qui permet à la société en difficulté de « temporiser » et de « tenir » jusqu’à ce que la crise débouche sur une solution acceptable pour toutes les parties (fournisseurs, personnel et actionnaires). Dans le cas contraire, au moins une des parties (mais souvent toutes) s’en trouve lésée.

Ajoutons que nous nous voyons confortés dans les deux autres pierres angulaires de notre approche : pour notre portefeuille, nous privilégions la marge de sécurité (si chère à Warren Buffet ) ET la diversification .

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Portefeuille au 14 Octobre 2011 : 2 ans 324 jours

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  • Portefeuille : VL 4,6397 € (Frais de courtage et de change inclus)
  • Rendement Total : 359,23%
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  • Potentiel Estimé VANT / Cours 199,77%
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  • Rendement Annualisé : 69,54%
  • Rendement 2011 : -15,51%
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  • Rendement 2010 : 38,07%
  • Rendement 2009 : 308,74%
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  • Taux de Rotation Annualisé : 39,36%
  • Effet Devise Total : -1,71%

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  • Tracker ETF Lyxor MSCI World : VL 87,2963 € (Frais de courtage inclus et dividende réinvesti)
  • Rendement Total : 30,20%
  • .
  • Rendement Annualisé : 9,57%
  • Rendement 2011 : -13,24%
  • Rendement 2010 : 18,76%
  • Rendement 2009 : 30,34%

 

* Nous rappelons que ce portefeuille est un investissement réel

 

Performance mensuelle du portefeuille depuis sa création

 

 

Nouvelle augmentation de capital pour la « Daubasses Inc »

Si, malgré la chute des marchés, nous ne rencontrons pas encore les opportunités « à la pelle » comme ce fut le cas en novembre 2008, notre travail de recherche nous a permis de mettre à jours quelques sociétés suffisamment décotées pour que nous ayons l’envie d’y placer quelques billes.

Dans cette optique, nous avons décidé de garnir le portefeuille de notre club de quelques liquidités afin de pouvoir faire nos emplettes. 

Afin de permettre plus de souplesse dans la gestion des apports et des retraits, nous avons divisé la valeur nominative des parts du portefeuille par 100, comme vous pouvez d’ailleurs le constater dans la dernière situation hebdomadaire.

Cette semaine, nous procédons donc à des apports de liquidités qui vont nous permettre de passer quelques ordres d’achat sur des sociétés que nous avons récemment présentées à nos abonnés ou que nous leur présenterons bientôt. 

Ne voyez pas, cher(e) lecteur(trice) dans cette opération un signal d’achat fort ou le signe que l’équipe des daubasses est passée résolument bullish mais simplement le fait que, petit-à-petit, les opportunités d’achat réapparaissent sur les marchés. 

Sur base de ce constat et fidèles à leurs principes, les « daubassiens » passent donc à l’achat.

 

AC Moore : un acquéreur qui ne fait pas une fleur aux actionnaires !

Nous revenons, ami(e) lecteur(trice), sur une de nos plus vieilles participations. Il s’agit d’AC Moore achetée lors de la création de notre portefeuille en novembre 2008

Cette société commercialise des produits liés au bricolage pour enfants, à la couture, au crochet, à l’artisanat alimentaire, bijoux, perles pour enfants, voir aux décors personnalisés pour la maison. C’est également un important fleuriste, proposant aussi des produits liés à l’art floral.

A l’heure actuelle, la valeur de son actif tangible net de dettes (VANT) s’élève à 5,59 usd par action.  A notre cours d’achat de 0,94 usd, nous pensions avoir, non seulement une belle marge de sécurité en cas de « coup dur » mais aussi un joli potentiel de hausse.

En février 2011, l’action cotait à 2,85 usd et le conseil d’administration annonçait qu’il étudiait la possibilité de vendre la société.  Déjà, nous pouvions nous lécher les babines dans l’espoir de voir notre portefeuille réaliser son xe bagger.

Hélas, le 4 octobre, la direction, triomphante,  annonçait avoir décidé de vendre la société au groupe S’Bar, un gros du secteur et ce, pour  un prix de 1,60 usd par action, soit une prime de 68 % par rapport au dernier cours mais… 3 fois moins que sa VANT !

Ce qui nous interpelle dans cette opération, c’est le fait que, le 13 juillet, l’action cotait encore à 2,39 usd. Une OPA à un prix inférieur au cours d’il y a trois mois sans qu’il n’y ait eu, entretemps,  une destruction de valeur massive a de quoi nous laisser songeurs. La chute du cours de 60 % depuis cette date nous interpelle également (sur la même période, le Russell 2000 – un indice de small caps US – ne perdait que 18 %) tout comme le fait que le prix de vente s’établit 44 % plus bas que celui auquel cotait l’action au moment où l’intention de vendre était annoncée.

Quoi ? On vend notre bien pour une bouchée de pain ? Un peu comme le ferait le CA d’une banque exsangue obligée de faire appel à la générosité des pouvoirs publics pour sauver sa peau ? Sauf que AC Moore n’est pas exsangue… Loin de là.

D’ailleurs, trois cabinets d’avocats ne s’y sont pas trompés et comptent engager des poursuites contre le conseil d’administration de la société.  

Pour l’heure, nous étudions encore pour quelle choix nous allons opter : apporter nos titres à l’offre avec l’amer sentiment de nous faire « entuber » même si nous réalisons une plus-value en dollars d’environ +70 % sur cette ligne ou conserver nos titres et participer aux poursuites qui pourraient bien être lancées dans l’espoir d’obtenir un « petit quelque chose » en plus.

Quoi qu’il en soit, nous vous tiendrons évidemment au courant des rebondissements de cette affaire dans laquelle nous avons la nette impression que tout n’est pas très « clean ».

 

Portefeuille au 7 Octobre2011 : 2 ans 317 jours

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  • Portefeuille : VL 4,6210 € (Frais de courtage et de change inclus)
  • Rendement Total : 357,37%
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  • Potentiel Estimé VANT / Cours 218,10%
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  • Rendement Annualisé : 69,89%
  • Rendement 2011 : -15,85%
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  • Rendement 2010 : 38,07%
  • Rendement 2009 : 308,74%
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  • Taux de Rotation Annualisé : 45,98%
  • Effet Devise Total : 1,81%

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  • Tracker ETF Lyxor MSCI World : VL 87,2309 € (Frais de courtage inclus et dividende réinvesti)
  • Rendement Total : 30,10%
  • .
  • Rendement Annualisé : 9,61%
  • Rendement 2011 : -13,31%
  • Rendement 2010 : 18,76%
  • Rendement 2009 : 30,34%

 

* Nous rappelons que ce portefeuille est un investissement réel

 

Performance mensuelle du portefeuille depuis sa création

 

 

Ecomérage : les bouffons du roi

Aujourd’hui, ami(e) lecteur(trice), nous hésitons entre l’irrésistible envie de pousser un coup de gueule… ou celle de partir dans un immense éclat de rire.

En réalité, c’est ce petit article  qui nous fait réagir.

Ainsi Standard and Poors… and Fitch ont decidé de rétrograder le rating de la dette souveraine de la Nouvelle-Zélande. Celle-ci perd son AAA pour un « bête » AA+.

Nous ne sommes pas, comme ces messieurs de ces agences de rating, des spécialistes de finances publiques.  Néanmoins, cet article nous a offert une bonne tranche de rire qui nous  a mis en joie pour le reste de la journée. Merci Standard, Poors, Fitch et tous les autres bouffons du « roi dollar » pour ce moment inoubliable.

« Hé les gars des daubasses ! Vous avez perdu la raison ?  Je ne vois vraiment pas ce qu’il y a de marrant dans cette décision ».

Ce n’est pas la décision qui nous fait rire, cher( e) lecteur(trice),  mais les arguments avancés doctement par ces superstars de l’analyse financière.  Reprenons les si vous le voulez bien et comparons avec deux pays pour lesquels S&P a confirmé récemment que le triple A n’était  pas remis en cause comme, à tout hasard,  l’Allemagne et la France

« Les deux agences ont justifié cette baisse de leur note par la hausse du niveau de la dette extérieure »  ah bon ?  Selon  l’OCDE, la dette publique de la Nouvelle-Zélande est de 45,81 %. L’article en question parle de  70 % .  Admettons … mais l’Allemagne et la France, ces parangons de vertus budgétaires présentent une dette publique de plus de 80 %.

« La situation financière de la Nouvelle-Zélande est aussi aggravée par le niveau élevé d’endettement des ménages qui atteint 150% du revenu disponible » Bon d’accord  mais le taux d’épargne brut en Nouvelle-Zélande, c’est-à-dire la part des revenus qui n’est pas affectée à des dépenses de consommation courante (et donc qui montre le degré d’indépendance d’un pays par rapport aux capitaux extérieurs pour se financer) est plus ou moins équivalent à celui de l’Allemagne et de la France : Nouvelle-Zélande (19 %), France (17 %) et Allemagne (21 %)

« la dépendance du pays envers les recettes tirées des matières premières »  Tient, c’est plus grave que la dépendance d’un pays envers les coûts issus des matières premières  ? 

« sans oublier le vieillissement de la population »  Ca, c’est vraiment le meilleur des arguments : le taux des + de 65 ans est de 13,1 % en Nouvelle-Zélande contre 16,9 % en France et 20,8 % en Allemagne. A contrario, les – de 15 ans représentent 19,9 % de la population néo-zélandaise pour 18,4 % de la population française et 13,2 % de la population allemande.

 

Aux arguments des deux gourous de la notation, nous aurions pu ajouter que le pays des All-Blacks et du kiwi présente un taux de chômage très faible (6,5 % vs 9,5 % en France et 7,1 % en Allemagne) et une balance commerciale largement excédentaire (3,7 % vs 2,9 % pour l’Allemagne et un DEFICIT de 2,1 % en France). 

Un autre indicateur nous semble important : c’est le poids des dépenses courantes des administrations publiques rapportées au PIB.  En effet, plus ces dépenses sont élevées, plus la réduction du déficit sans affectation de l’économie réelle sera difficile.  Nous n’avons trouvé que les chiffres de 2009 mais ils sont assez parlants : les dépenses courantes des administrations publiques néo-zélandaises représentent 20,4 % du PIB, soit à peine au dessus de celles de l’Allemagne (19,7 %) mais bien en dessous de celles de la France (24,7 %).

Nous ne préjugerons pas ici du niveau de risque que présente un investissement en dettes souveraine de Nouvelle-Zélande mais reconnaissons que les arguments avancés par les clowns de chez Standard and Poors sont du plus haut comique.

En début d’articles, nous vous disions que nous hésitions entre le coup de gueule et le grand éclat de rire.  Bon, le rire … c’est fait. Reste donc le coup de gueule.

En fait, ce qui nous agace au plus haut point, c’est l’influence de ces agences de notations qui ont pourtant démontré, au fil des années leur inutilité totale.

Un rapide rappel d’un palmares que vous connaissez aussi bien que nous comme l’incapacité de ces agences à prévoir la crise financière de 2008 ou, à contrario, la dégradation du rating de la dette de General Electric… juste avant que le cours de l’action ne reparte à la hausse. Il y a aussi cette manie aussi de frapper un « homme à terre » comme elles l’ont fait avec la Grèce ou leur habitude de constater plutôt que d’anticiper dégradant les dettes souveraines européennes au fur et à mesure de la hausse des CDS destinés à les couvrir et non AVANT la hausse des CDS comme c’est sensé être leur mission . 

Mais en réalité, notre coup de gueule ne porte pas sur les agences de notations à proprement parler : elles font leur boulot, mal c’est vrai, mais elles le font.  Non, ce qui nous exaspère, c’est « l’attitude du  mouton » adoptée par le marché qui suit, en « bêlant bêtement » les sentences de ces gourous alors qu’il ne devrait pas leur accorder plus que l’importance qu’elles méritent, c’est-à-dire celle de bouffons du roi.

Cela nous ramène à l’investissement tel que nous le concevons et l’avions abordé dans notre article précédent : nous tentons de nous faire notre propre opinion en restant sourds tant aux  bourdonnements de Mr Market qu’aux agitations des gourous de tout poil. Et si, par hasard, nous nous trouvons dans un secteur pour lequel nous n’avons pas suffisamment de compétences pour le faire, et bien… nous restons à l’écart.