Question des lecteurs … ou plutôt critique d’un abonné

Eh bien oui, cher(e) lecteur(trice), on est comme ça dans l’équipe des daubasses : non seulement, nous apprécions les encouragements et les remarques positives que nous recevons, mais nous ne cachons pas non plus les critiques éventuelles de nos abonnés : elles peuvent nous permettre de nous remettre en question ou, à tout le moins, de repréciser certains points de notre approche qui n’auraient pas été compris.

Voici donc un mail que nous avons reçu de l’un d’entre eux :

« Bonsoir,

J’ai eu le malheur de vous suivre suite à vos achats de « DAUBASSE 30 » et « DAUBASSE 31 » ; je vous ai d’ailleurs fait une remarque sur l’achat de «DAUBASSE 30  » dont le timing était très mauvais. J’en suis sorti aujourd’hui sans regret (-10% de perte sur cet achat, je m’en sors bien). Il me reste « DAUBASSE 31 » et là je suis très inquiet (déjà -25%). Sur le coup, je vous ai suivi sans regarder la situation et qu’elle n’a pas été ma surprise quand j’ai vu que l’achat s’est fait au plus haut depuis plus d’un an; vraiment, là, vous n’avez pas été bon; déjà -15% en une journée. Excusez-moi mais je suis en pétard par rapport à ce conseil.

Cordialement. »

 

Ce mail nous permet de rappeler aux lecteurs récents quelques points fondamentaux dans notre approche. 

Le premier point, c’est que nous ne donnons aucun conseil : nous disons ce que nous faisons, pourquoi nous le faisons mais certainement pas ce que nos lecteurs doivent faire. Ce n’est pas parce que nous achetons tel ou tel titre qui répond parfaitement à nos tempéraments, notre philosophie, nos compétences et nos objectifs que ce même titre convient à ceux qui nous lisent. Simplement, il s’agit d’idées à creuser mais qui ne dispensent pas nos lecteurs de faire leurs propres devoirs afin de vérifier que cet investissement est aussi en adéquation avec leur approche.

Ensuite et surtout, nous ne faisons pas de timing. Un titre qui a dévissé pour atteindre une valorisation ridicule ne va pas nécessairement se mettre à monter simplement parce que la célébrissime équipe des daubasses l’a acheté. Il peut très bien continuer sa descente et présenter des valorisations encore plus ridicules.

Nous avons connu ce genre de chose avec Tuesday Morning par exemple : nous avions acheté cette société le 26 novembre à un coût de revient, frais inclus, de 1,08 usd. Quelques semaines plus tard, l’action avait perdu plus de 50 %. Et pourtant, nous n’avons pas sombré dans les affres et les angoisses et pour tout vous avouer, nous n’avions même accordé qu’une attention minime à cet évènement. 

Pourquoi ?  Parce que nous mettons en pratique les deux règles essentielles prônées par le grand maître Warren Buffett qui sont : « ne pas perdre de l’argent » et « surtout ne jamais oublier cette première règle ».

Pour mettre en pratique ces deux règles de l’oracle d’Omaha, nous vous renvoyons à cet article dans lequel nous rappelons quelques fondamentaux de l’investissement « value » tel que nous le concevons.

Mais nous voulons aussi vous rappeler les quatre points cardinaux de notre approche (qui ne sont en réalité que 3) :

          Nous n’achetons que des sociétés qui proposent un bon collatéral tangible en garantie de notre investissement 

          Nous n’investissons jamais plus de 3,3 % de notre portefeuille sur une seule ligne 

          Nous n’achetons que des sociétés pas ou que très faiblement endettées 

 

Pour revenir à Tuesday Morning, si l’action a bel et bien perdu près de 50 % après notre achat, nous l’avons néanmoins revendue six mois plus tard à un prix représentant plus de trois fois notre coût d’achat.  

Il y a d’autres exemples au sein de notre portefeuille : Dane Elec qui a perdu 20 % après notre achat avant d’être revendue au double de notre PRU, Eon Communication passé par la case « – 30 % » avant un quadruplement de son cours ou Retractable Technologies dont le plus bas se situa 25 % sous notre cours d’achat avant de nous permettre de doubler le montant de notre investissement.

Tout ceci pour dire que nous sommes sincèrement désolés de la déception de notre abonné… mais absolument pas par les deux achats que nous avons réalisés car ils répondent chacun parfaitement aux trois points cardinaux que nous avons évoqués ci-dessus. Certes, l’application de ces règles ne nous met pas « à coup sûr » à l’abri d’un déboire, peut-être même qu’il s’agit là de mauvais investissements… Mais nous avons la conviction dans ce cas que ce n’est pas l’évolution à court terme de la valorisation qu’en fait Mr Market qui nous l’indiquera.

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9 réflexions au sujet de « Question des lecteurs … ou plutôt critique d’un abonné »

  1. Une piqûre de rappel bien utile. J’ai moi même acheté une de ces daubasses mercredi et le cours a été massacré jeudi et vendredi.

    1) C’est vexant ! Mon ego serait tellement flatté que j’achète exactement au plus bas. Mais c’est juste impossible, même en étant un bon market timer.

    2) Ça provoque des sensations désagréables dans le bas ventre : la peur ! C’est là qu’il convient d’avoir bien fait ses devoirs et se remémorer les actifs tangibles pour calmer les émotions et apaiser l’esprit. Si vous n’êtes pas capable de dormir sur vos deux oreilles avec des drawdowns importants, alors ce type d’investissement n’est pas fait pour vous.

    3) Le vertige ! La chute du prix est telle que l’on se dit qu’il y a forcément quelque chose qui nous a échappé. La peur devient panique. C’est justement là qu’il est bon de se rappeler que M. le Marché est cyclothymique, pour ne pas dire atteint de trouble bipolaire. C’est quand la peur règne qu’il convient de devenir avide.

    4) Et justement, il y a des raisons techniques objectives à ce type de massacre de cours. La sortie d’un fonds d’une small caps peut se retrouver sans contrepartie acheteuse à cause de la très faible liquidité. On peut alors se trouver en présence d’une opportunité extraordinaire.

    5) C’est un pari. A long terme. Je suis prêt à assumer une perte de 100% sur cette ligne, car il y a une part non maîtrisable, ceci étant compensé par la multiplication de mes paris et la diversification de mon portefeuille. L’aversion aux pertes est un trait psychologique commun à tous. Je dois être capable d’aller au delà.

    Personnellement, c’est bien possible que j’en rachète.

    1. Sinclair,

      Je trouve que vous avez fait un très bon résumé de la situation.

      Je pense que la plupart des investisseurs sont passés par la situation décrite dans l’e-mail.
      Ce qui est dommage, c’est qu’il faut l’avoir vécue pour prendre conscience de ces « 5 vérités ».
      C’est en quelques sorte un apprentissage qui a un « cout ».
      Une chose importante est d’en prendre de la graine et d’adapter sa stratégie en conséquence.

      Mais les pièges sont nombreux :
      – le rejet de la faute sur l’autre,
      – je vais me refaire, là c’était particulier,
      – ca y’est, j’ai trouvé une stratégie gagnante basée sur l’AT
      – …

  2. Bonjour,

    J’ai moi-même acheté la daubasse en question. Et j’ai, moi aussi pris un gros bouillon (-27%). Néanmoins, travaillant depuis 20 ans dans le secteur, je pense que tout ceci est dû à la sortie forcée d’un institutionnel (qui ne doit pas vouloir avoir dans son rapport annuel cette action sur laquelle il doit avoir une moins value monstrueuse).

    Le cash Net représente maintenant quasiment le double du prix actuel. Alors je dis, vive les institutionnels qui sortent à tout prix sans regarder les fondamentaux, c’est ce qui est arrivé en 2008 et nous avons de très belles affaires avec les daubasses.

    Merci à l’équipe.

  3. Hello

    « Comme nous l’avions signalé à Laurent il y a deux semaines, nous réservons en principe nos avis sur une action précise aux abonnés… »

    Je respecte le principe, je le connais, mais comme cette ligne que vous aviez sur Vet etait « publique » depuis bien longtemps, je me suis dit de poser ouvertement la question (j’ai vu egalement qu’elle ne fait plus partie du portofeuille daubasses). En tout cas j’ai renforce bien avant de poser la question. Merci!

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