Question des lecteurs : pouvez-vous me prouver votre performance ?

Voici un extrait d’un mail que nous avons reçu d’un abonné de fraîche date.

« J’ai bien vu les fichiers disponibles reprenant l’ensemble des extraits de compte du compte-titres de votre club sur le lien que vous m’indiquez. Il y a une trace de chaque ordre d’achat ou de vente.

Mais avec ces fichiers, l’abonné Sprint ou Premium (qui n’est pas abonné depuis le tout début de votre portefeuille et ses belles performances) n’a pas de vision sur le caractère exhaustif de ces ordres d’achats/ventes qui sont présentés sur votre site par rapport à ceux réalisés sur votre compte titres depuis son ouverture.

Je vous demande donc de m’indiquer à quel endroit il est possible de télécharger le relevé (pour chaque mois) de tous les mouvements effectués sur votre compte (espèces et actions). Car avec seulement les relevés présentés actuellement, les mauvaises langues pourraient dire que vous avez pu sélectionner les achats/ventes à présenter au lecteur du forum, en omettant de présenter certaines mauvaises affaires. »

Cette question nous a interpelés venant d’un abonné, certes de fraîche date. En effet, nous pensons que le lecteur qui décide à un moment ou à un autre de franchir le cap, le fait parce qu’il adhère à notre philosophie et non pour vérifier la réalité ou non de la performance affichée par notre portefeuille.

Le rendement de 380 % réalisé en un peu plus de trois ans nous appartient et n’est absolument d’aucune utilité à nos abonnés et nos lecteurs puisqu’ils n’en ont pas directement profité. Ce rendement peut éventuellement servir de baromètre permettant de constater que l’approche que nous prônons peut bel et bien générer du rendement mais le plus important n’est pas la réalité ou non du rendement que nous affichons mais bien le fait que le lecteur ou l’abonné comprenne notre approche et y adhère parce qu’elle convient à ses objectifs, son tempérament et ses compétences… Bref, qu’elle est conforme à son style.

Sur notre blog, nous offrons une multitude d’explications et d’illustrations sur notre philosophie d’investissement. A nos abonnés, nous disons ce que nous faisons et pourquoi nous le faisons. Et nous pensons que ce sont ces points qui sont importants et pas le rendement que nous avons réalisé : qu’il soit de 100 % ou de 500 % importe peu : selon nous, ce qui importe, c’est qu’il ait été obtenu en application de notre méthode et que les raisonnements que nous avons tenu aient été globalement « justes ». 

Ceci dit, nous vous confirmons que le rendement affiché sur notre blog correspond bien au rendement réel, en euros, dividendes et frais de courtage inclus, du portefeuille de notre club d’investissement. Nous allons même faire mieux ! Nous allons mettre à la disposition de tous les premiers extraits de compte du club, jusqu’à la date du 30/06/2009. En effet, toutes les sociétés acquises à cette date ont été soit revendues, soit démasquées sur le blog. Ceci permettra aux lecteurs récents de vérifier « l’exhaustivité des informations » contenues sur notre blog, du moins au cours des 7 premiers mois de son existence. Nos abonnés ont, quant à eux, accès à l’ensemble des extraits de comptes jusqu’aux dernières opérations réalisées. Ceux qui souhaitent « auditer » nos comptes pourrons donc trouver cette « preuve » ici.

Mais de grâce, ami(e) lecteur (trice), nous vous en supplions : ne nous « gouroutisez » pas pour un rendement passé qui, selon la formule consacrée, ne préjuge absolument des performances futures mais adhérez à l’approche que nous préconisons pour nous-mêmes parce que vous la comprenez, qu’elle s’accorde à vos objectifs et vos compétences et que vous avez la conviction qu’avec elle, vous passerez des nuits sereines même lorsque vous traverserez des « tsunamis boursiers ».

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Portefeuille au 27 Janvier 2012 : 3 ans 64 jours

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  • Portefeuille : VL 4,9103 € (Frais de courtage et de change inclus)
  • Rendement Total : 386,01%
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  • Potentiel Estimé VANT / Cours 205,82%
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  • Rendement Annualisé : 64,53%
  • Rendement 2012 : 6,01%
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  • Rendement 2011 : -15,65%
  • Rendement 2010 : 38,07%
  • Rendement 2009 : 308,74%
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  • Taux de Rotation Annualisé : 25,13%
  • Effet Devise Total : 2,14%

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  • Tracker ETF Lyxor MSCI World : VL 95,9765 € (Frais de courtage inclus et dividende réinvesti)
  • Rendement Total : 43,14%
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  • Rendement Annualisé : 11,96%
  • Rendement 2012 : 3,93%
  • Rendement 2011 : -8,22%
  • Rendement 2010 : 18,76%
  • Rendement 2009 : 30,34%

* Nous rappelons que ce portefeuille est un investissement réel

 

Performance mensuelle du portefeuille depuis sa création

 

 

Le rasoir d’Occam

Ne vous méprenez pas cher lecteur, nous n’allons pas vous parlez dans ce petit texte de l’ancêtre du « Fusion ProGlide » de Gillette, avec ses 5 lames et sa bande hydratante mais d’un principe attribué à un logicien et frère franciscain du XIVième siècle : Guillaume d’Occam. C’est donc bien le deuxième volet de notre « trilogie » sur la psychologie de l’investisseur que nous vous présentons ici.

Dans son intitulé original en latin, le principe du rasoir d’Occam est le suivant : « Entia non sunt multiplicanda praeter necessitatem », que l’on peut traduire de la manière suivante : « Les entités ne doivent pas être multipliées au-delà de ce qui est nécessaire ». D’après les spécialistes, ce principe a été énoncé par Aristote et donc ce bon frère franciscain ne serait qu’un petit « copieur ». Mais ce n’est pas la vérité historique sur l’auteur de ce principe qui nous intéresse mais plutôt ce qu’il tente de nous expliquer.

En fait, l’énoncé de ce principe sous-tend toute construction de modèle ou de théorie scientifique.

Une interprétation courante donnée à ce principe nous dit que la plus simple entre deux théories ou d’avantage est préférable aux autres et également que l’explication à donner à un phénomène inconnu doit d’abord être développée à partir de ce que nous savons déjà quand c’est possible. Le rasoir d’Occam ne garantit pas que la solution la plus simple sera correcte mais il permet d’établir, en toute logique, nos priorités.

Tout le monde comprendra facilement que ce n’est pas la simplicité d’une hypothèse qui compte réellement pour parvenir à formuler des conclusions correctes mais plutôt la simplicité logique de l’ensemble des hypothèses faites pour aboutir à ces conclusions.

Après cette petite incursion dans la logique « médiévale », revenons à l’investissement du XXième et XXIième siècle.

Nous pensons que le principe d’Occam est inscrit en filigrane dans le modèle d’investissement dans la valeur énoncé par Benjamin Graham et appliqué par « les Daubasses ».

Tout d’abord, toutes les règles de Benjamin Graham sont simples aussi bien dans leur énoncé que dans leur intelligibilité. Pour preuve, elles sont faciles à reproduire et exigent seulement que vous sachiez lire, additionner, soustraire, diviser et multiplier.

Vous les connaissez évidemment toutes, mais un rappel synthétique pour la suite de notre raisonnement nous semble important.

La valeur d’une société, c’est ce qu’elle possède, c’est-à-dire ses actifs tangibles moins ses dettes.

Pour réduire les mauvaises surprises, Benjamin Graham, pose une première barrière, c’est le niveau d’endettement de la société, qui doit être raisonnable. Une seconde barrière, c’est la marge de sécurité par rapport à la valeur de la société que nous venons d’énoncer. Et une troisième barrière : la diversification.

Vous savez également tous que Benjamin Graham n’accorde pas la moindre importance à tout ce qui n’est pas tangible comme les écarts d’acquisition ou le goodwill et la marque ou les actifs intangibles. En fait son modèle d’investissement ne laisse pas la moindre place à l’interprétation et encore moins de place aux projections futures.

A présent, nous allons  poursuivre sur le principe du rasoir d’Occam et y intégrer également ce dont nous vous parlions dans l’article précédent « le processus et le résultat ».

L’élève le plus célèbre de Benjamin Graham, Warren Buffett, nous permet de vous exposer quelques réflexions.

Si nous savons tous, après la lecture de la biographie de Warren Buffett « Snowball », qu’il doit la base de sa fortune actuelle à Benjamin Graham pour avoir appliqué strictement les concepts que nous venons de décrire, Warren Buffett ajoute au moins trois composantes à un moment donné.

Il convient avant de citer ces trois ajouts, de comprendre pourquoi Warren Buffett délaisse les petites capitalisations américaines en difficulté au profit des Big Cap. Tout simplement et en résumé, parce que les sommes dont il dispose ne lui permettent plus ce type d’investissement, de quelques centaines de milliers de dollars voir de quelques millions. Son échelle est passée de plusieurs dizaine de millions à plusieurs centaines de millions.

Ne délaissant pas la logique de base de Benjamin Graham, il va y ajouter la valorisation des intangibles d’une société ou sa barrière contre la concurrence. La valorisation d’une direction ou la qualité du management. Et la projection des free cash-flows futurs comme processus de valorisation.

Si la logique de l’ajout de Warren Buffett peut évidemment être qualifiée de géniale par rapport au résultat, elle induit néanmoins une confusion que nous pouvons qualifier de piège pour tout investisseur qui décide d’appliquer sa méthode ; investisseur qui se focalise évidemment plus sur le résultat que sur le processus de Warren Buffett.

Comme nous avons tenté de vous l’expliquer, Warren Buffett complexifie en fait très fortement la méthode de base de Benjamin Graham au point de la rendre extrêmement difficile à appliquer pour un autre investisseur. Pourquoi ? En fait ce que nombre d’intervenants qui tentent d’appliquer la méthode de Buffett ne comprennent pas, c’est qu’il s’est donné les moyens pour que ce qui apparaît de l’extérieur comme complexe reste extrêmement simple pour lui. Il l’a d’ailleurs souvent exprimé dans ses interviews. Les boursicoteurs « aimantés » par ses résultats ne se rendent pas compte que l’Oracle d’Omaha a les moyens d’évaluer une direction. Les exemples sont nombreux mais le plus parlant est son amitié avec Catherine Graham du Washington Post (un des investissements « fétiche » de Buffet) grâce à laquelle il avait la possibilité de valoriser les intangibles et de faire des projections sur les cash-flows futurs pour valoriser la société et, à partir de là, de former un portefeuille concentré voir focalisé sur quelques sociétés.

Warren Buffett n’a d’ailleurs jamais démenti la logique imparable de la méthode de Benjamin Graham. Au contraire, il a souvent expliqué que s’il en était à ses débuts, il serait capable de générer 50% l’an avec des petites capitalisations. C’est la preuve éclatante, de notre point de vue, que la méthode de la simplicité de Graham reste d’actualité aujourd’hui.

Nous pouvons donc dire que Buffett est resté dans l’entière logique du principe du « rasoir d’Occam » en adaptant la méthode à l’échelle de capital à sa disposition et en restant dans la simplicité.

Par contre, il nous semble que l’investisseur « lambda » qui analyse la méthode de Warren en ne disposant pas des mêmes moyens que lui ne suit plus ce principe de simplicité en raison de la complexité des trois points ajoutés par l’Oracle d’Omaha. Il ne lui est pas possible de les transformer en principes simples, biaisant par la même occasion la conclusion possible sur sa possible application.

 

« La simplicité est la sophistication suprême. » Léonard de Vinci

 

 

 

 

Portefeuille au 20 Janvier 2012 : 3 ans 57 jours

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  • Portefeuille : VL 4,9216 € (Frais de courtage et de change inclus)
  • Rendement Total : 387,13%
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  • Potentiel Estimé VANT / Cours 215,74%
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  • Rendement Annualisé : 65,15%
  • Rendement 2012 : 6,26%
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  • Rendement 2011 : -15,65%
  • Rendement 2010 : 38,07%
  • Rendement 2009 : 308,74%
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  • Taux de Rotation Annualisé : 24,37%
  • Effet Devise Total : 6,32%

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  • Tracker ETF Lyxor MSCI World : VL 96,6660 € (Frais de courtage inclus et dividende réinvesti)
  • Rendement Total : 44,17%
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  • Rendement Annualisé : 12,29%
  • Rendement 2012 : 4,68%
  • Rendement 2011 : -8,22%
  • Rendement 2010 : 18,76%
  • Rendement 2009 : 30,34%

 

* Nous rappelons que ce portefeuille est un investissement réel

Performance mensuelle du portefeuille depuis sa création

 

 

Les opportunités sectorielles

La chasse à la daubasse est plus fructueuse en période d’incertitudes économiques et financières : en effet, si ces périodes, sur le court terme, pénalisent le rendement d’un portefeuille, elles permettent de construire la performance future de ce même portefeuille.

Mais une approche  permet, selon nous,  de « sublimer » le rendement futur d’un portefeuille, c’est d’acheter dans une période d’incertitudes économiques et financières ET dans une zone géographique ou un secteur honnis de l’ensemble de la communauté financière.

Grâce à ce type d’approche, nous pensons qu’il est possible d’acquérir des « daubasses parmi les daubasses ».

Ainsi, pour notre portefeuille, nous avons acquis ces derniers mois, grâce aux différents apports d’argent frais, des actions issues de secteurs complètement délaissés par ce pauvre Mr Market :

          Tout d’abord, nous avons renforcé ou acquis des actions de deux entreprises liées au secteur de la papeterie : le prix de la pâte à papier trône pour l’instant sur des sommets et pèse donc sur les marges du secteur.  Nous pensons néanmoins qu’à moyen terme, soit le prix de la pâte à papier s’ajustera, soit les prix de vente des papetiers s’ajusteront. 

          Ensuite, nous avons acquis deux sociétés actives dans le secteur photovoltaïque : voilà bien un secteur soumis au « côté obscure de la force » à plus d’un titre : concurrence des panneaux à bas prix made in China, réduction des incitants fiscaux  offerts par les pouvoirs publics, surcapacité de production de silicium, …

 

Selon nous, pour investir dans un secteur massacré, il est important de vérifier deux points :

 

1.     Que le secteur en question aura encore un certain avenir sur le long terme

Sur ce plan, nous pensons que tant le papier que le photovoltaïque continueront de faire partie de nos modes de vie dans le futur, peut-être plus avec des fortes croissances, voir même avec une certaine décroissance  mais nous ne voyons pas comment nous pourrions, aujourd’hui, nous en passer définitivement

 

2.    Que les sociétés acquises, non seulement présente une marge de sécurité suffisante sur leur valeur actif tangible mais surtout qu’elles soient suffisamment solides financièrement pour « tenir » durant toute la phase de déprime et faire partie des « survivants » qui en sortiront renforcés sur un marché assaini.

Et pour cela, vous savez, cher lecteur, que nous disposons d’une arme qui, si elle n’est pas absolue, nous permet de faire un certain tri : le calcul de la solvabilité de la société. Et, comme vous vous en doutez certainement, les sociétés que nous avons achetées  sont suffisamment solvables pour nous permettre de passer des nuits sereines et paisibles.

 

Evidemment, nous avons tenu nos abonnés au courant en temps quasi réel de ces différents achats et ils ont pu prendre connaissance de nos motivations dans nos lettres mensuelles. 

Mais une autre thématique nous semble actuellement assez déprimante … et donc porteuse pour des investissements en daubasses. C’est celui de la dette souveraine et des pays « cochons ». 

Les cours des actions de ces états ont, de manière générale, encore plus souffert de la correction de la 2 e moitié de 2011 : par rapport à son plus haut de l’année, la bourse d’Athènes se situe 63 % plus bas, l’Espagne 26 % plus bas et l’Italie 35 %.

Et c’est sur ce dernier marché que nous avons jeté notre dévolu : il s’agit d’un pays qui présente une certaine culture entrepreneuriale et, même si le libéralisme n’y est pas tout-à-fait un mode de pensée, on n’y trouve une grande quantité de sociétés présentant une « histoire » de plusieurs dizaine d’années, voir, souvent, au-delà du demi-siècle.  Il y a aussi souvent une certaine culture de la qualité pour un grand nombre de produits.

Enfin, sur un plan plus macro-économique, nous avons l’impression, comme en témoigne le graphique ci-dessous, que l’Italie est moins gravement affectée par sa dette que les autres « cochonneries » du « Club Med » : l’endettement du pays est certes élevé mais son solde primaire (c’est-à-dire avant paiement des intérêts de la dette par les pouvoirs publics) est un des plus élevé de la zone euro et même parmi les grands pays développés. Quant à sa balance commerciale, elle n’est que légèrement déficitaire et ce phénomène est d’ailleurs récent (depuis 2005 seulement) : rien ne dit qu’en devise nationale, ce serait toujours le cas.

 

Enfin, les sociétés dans lesquelles nous avons investi, non seulement répondent généralement à nos conditions de solidités financières, mais, en plus, exportent une part non négligeable de leurs produits : en cas d’éclatement de la zone euro, la perte de valeur monétaire des actions pourrait être partiellement compensée par une amélioration de leur compétitivité à l’exportation.

Dans cette optique, nous avons, fin de l’année dernière, renforcé une de nos sociétés transalpines déjà en portefeuille mais surtout, nous pensons avoir trouvé « bottes » à notre pied e acquérant au cours de la semaine écoulée, trois nouvelles entreprises italiennes.

Ici aussi, nos abonnés ont été avertis de nos achats et ils auront la possibilité de découvrir des analyses de ces acquisitions dans une prochaine lettre  100 % « pasta et Lambrusco ». 

Cerise sur le gâteau, parmi les 7 sociétés issues de ces 3 thématiques déprimées, 6 sont éligibles au PEA.

NB : Bien que posté ce dimanche, l’article ci-dessus a été rédigé vendredi, juste avant que nous n’apprenions la dégradation de deux crans de la dette souveraine italienne. Avant qu’un de nos aimables lecteurs ne nous reproche notre timing, posons-nous la question : est-ce que cela change quelque chose ? Pour notre part, nous pensons que le raisonnement que nous tenions ci-dessus est toujours valable : les sociétés italiennes que nous avons acquises effectuent, pour deux d’entre elles, moins de 50 % de leur vente dans la péninsule transalpine et la 3e y réalise moins de 20 % de son chiffre d’affaires. Ceci leur assure des rentrées en devises étrangères et même l’assurance, en cas de retour aux monnaies nationales, d’une amélioration automatique de leur compétitivité monétaire avec, il est vrai, comme corolaire, un coût de l’endettement financier qui risque d’augmenter… d’où l’intérêt de toujours garder un œil sur la solvabilité de sa cible.

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Portefeuille au 13 Janvier 2012 : 3 ans 50 jours

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  • Portefeuille : VL 4,8566 € (Frais de courtage et de change inclus)
  • Rendement Total : 380,69%
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  • Potentiel Estimé VANT / Cours 222,45%
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  • Rendement Annualisé : 65,46%
  • Rendement 2012 : 4,85%
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  • Rendement 2011 : -15,65%
  • Rendement 2010 : 38,07%
  • Rendement 2009 : 308,74%
  • .
  • Taux de Rotation Annualisé : 24,97%
  • Effet Devise Total : 7,88%

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  • Tracker ETF Lyxor MSCI World : VL 95,9156 € (Frais de courtage inclus et dividende réinvesti)
  • Rendement Total : 43,05%
  • .
  • Rendement Annualisé : 12,17%
  • Rendement 2012 : 3,87%
  • Rendement 2011 : -8,22%
  • Rendement 2010 : 18,76%
  • Rendement 2009 : 30,34%

 

* Nous rappelons que ce portefeuille est un investissement réel

 

Performance mensuelle du portefeuille depuis sa création

 

 

Le processus comparé au résultat

Nous vous présentons le premier volet d’une série de 3 petites réflexions sur la psychologie de l’investisseur. A partir de fragments de textes choisis au hasard de nos lectures.

« Dans bien trop de cas, les investisseurs ne s’intéressent qu’aux résultats sans tenir compte du processus à engager. Cette fascination pour le résultat peut, d’une certaine manière, se comprendre. Après tout, ce sont bien les résultats, les pertes et les profits qui comptent finalement. Et, en règle générale, les résultats sont plus faciles à appréhender et certainement plus objectifs à évaluer que le processus qui a permis d’y aboutir. Mais trop souvent les investisseurs font l’erreur grave de penser que les bons résultats sont les conséquences d’une bonne manière de faire et que les mauvais résultats sont à mettre au débit d’un mauvais processus de prise de décision. Face à cela, il est surprenant de voir que les meilleurs exécutants dans n’importe quel domaine probabilistique, que ce soit l’investissement, les sports d’équipe ou le pari mutuel, attachent plus d’importance au processus, autrement dit au moyen qu’à la fin »

Michael Mauboussin et Kristent Bartholdson (Process and Outcome in investiss.ing. The Consilient Observer, Volume 2 N°19)

 

Michael Mauboussin, Chief Investment Strategist pour Legg Mason Capital Management Inc et professeur de finances à la Columbia Business School

 

La première impression que nous avons eu après la lecture de ce texte, c’est qu’il était d’une banalité déconcertante, voire qu’il enfonçait des portes ouvertes malgré tout le respect que nous avons pour le professeur Michael Mauboussin et l’ensemble de ses écrits sur la psychologie de l’investisseur.

En fait, après plusieurs relectures, c’est la dernière phrase du texte qui nous a fait prendre conscience que nous nous trompions sur notre première impression pour la simple raison que nous avions en fait lu ce texte avec l’œil des exécutants qui attachent plus d’importance au processus, autrement dit au moyen qu’à la fin, ce qui nous semble évidemment logique et qui semblera aussi logique à la majorité de nos lecteurs et abonnés. Logique donc car comment voulez-vous, sans moyen ou sans processus, atteindre le but ou la fin.

Et pourtant, une large majorité d’investisseurs est littéralement « aimantée » par la fin, le résultat. Il suffit de parcourir quelques forums ou blogs boursiers pour comprendre la véritable fascination du résultat et la versatilité que cela produit sur le comportement de l’investisseur.

L’exemple du fond commun de placement ou du holding au « track record » largement au-dessus de sa catégorie et de son indice de référence à long terme suscite de réelles ruées vers « l’or » après une période de belle performance. Évidemment, c’est toujours après. Dès que ces performances ralentissent, voir sont nettement moins bonnes que dans la phase précédente, la majorité des investisseurs s’impatientent.. Et au fur et à mesure que la période de sous performance s’allonge, la majorité des investisseurs qui ne juraient que par ce fonds et ses résultats exceptionnels vont commencer à l’enterrer. L’argument souvent avancé, c’est que le fond a enregistré une performance négative alors que le marché s’est apprécié… sur la semaine ou le mois écoulé.

Hormis les investisseurs qui ont investi sur le fonds ou la holding en question, depuis plusieurs années, pour le processus « transcrit » dans la performance à long terme, vous verrez rarement un investisseur de la dernière heure se poser des questions sur le processus.

L’exemple des gourous est encore plus parlant, dans le sens où le gourou devient gourou par un véritable coup d’éclat sur le résultat. Sa performance tranche réellement dans le paysage. Une nouvelle vague d’investisseurs « aimantés », commence à le copier ou à investir par rapport à ce qu’il dit.

Et pourtant, quand on prend un peu de recul, en jetant un œil sur le passé, on observe que chaque cycle de marché a son gourou, souvent ses gourous. Mais jamais deux cycles différents de marchés n’ont les mêmes gourous.

En fait l’erreur du gourou, c’est qu’il pense que son processus d’investissement va fonctionner dans tous les cycles de marché… ce qui n’est pas le cas évidemment, sinon les gourous, seraient… gouroutisés à long terme.

Comme le gourou a raison lorsque son coup d’éclat est réalisé, on comprend dès lors les dégâts que cela peut-engendrer pour les suiveurs… lorsque le gourou n’a plus raison. Mais vous savez déjà, cher(e) lecteur(trice) ce que nous pensons des gourous.

En fait le message de Michael Mauboussin est des plus clairs : si votre processus d’investissement est doté d’une forte probabilité de réussite, avec comme base, la logique, le bon sens et une notion du risque bien contrôlé, vous avez toutes les chances de produire un résultats au-dessus de la moyenne à long terme. Ce qui signifie aussi que des périodes de sous-performance succèderons à des périodes de sur-performance.

Et vous ne générerez aucun résultat si vous ne vous dotez pas du moyen de le générer.

Pour conclure un petit tableau visuellement parlant, proposé par deux professeurs de la « Warthon School » spécialistes de la prise de décision, qui vont dans le même sens que Michael Mauboussin. Il s’agit de Edward Russo et Paul Schoemaker.

Ce petit tableau est extrait de leur livre « Winning Decisions: Getting It Right the First Time »

 

                                              Processus utilisé pour aboutir a la décision

 

Bon

Mauvais

Résultat : Bon

Succès Mérité

Coup de Chance

Résultat : Mauvais

Pas de Chance

Échec Mérité

 

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Portefeuille au 6 Janvier 2012 : 3 ans 43 jours

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  • Portefeuille : VL 4,7754 € (Frais de courtage et de change inclus)
  • Rendement Total : 372,66%
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  • Potentiel Estimé VANT / Cours 205,51%
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  • Rendement Annualisé : 64,57%
  • Rendement 2012 : 3,10%
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  • Rendement 2011 : -15,65%
  • Rendement 2010 : 38,07%
  • Rendement 2009 : 308,74%
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  • Taux de Rotation Annualisé : 27,67%
  • Effet Devise Total : 6,99%

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  • Tracker ETF Lyxor MSCI World : VL 95,0537 € (Frais de courtage inclus et dividende réinvesti)
  • Rendement Total : 41,77%
  • .
  • Rendement Annualisé : 11,84%
  • Rendement 2012 : 2,93%
  • Rendement 2011 : -8,22%
  • Rendement 2010 : 18,76%
  • Rendement 2009 : 30,34%

 

* Nous rappelons que ce portefeuille est un investissement réel

 

Performance mensuelle du portefeuille depuis sa création

 

 

Nous terminons l’année 2011 par une belle opération !

 

Le 28 juillet 2009, nous avions acquis des actions de Parlux Fragrance, un parfumeur américain dont Paris Hilton est une des icônes. Une vraie daubasse dans toute sa splendeur : des pertes fréquentes et des bénéfices rarissimes, un contrat de licence portant sur une marque représentant 33 % des ventes arrivé à expiration et une valeur tangible essentiellement composée… de stock de parfum. Bref, pas de quoi fouetter un chat.

Néanmoins, comme vous pourrez le voir en relisant les éléments qui avaient motivés notre achat, nous soupçonnions que la société pouvait valoir plus que ses actifs tangibles, notamment grâce à son portefeuille de marques.

Apparemment, deux ans et demi  plus tard, un acteur un peu plus connaisseur que nous du milieu a pensé la même chose.  En effet, cette semaine, Perfumania, un client de Parlux, a lancé une OPA sur la société.  Le prix proposé est de 4 usd en liquide et 0,2 actions Perfumania. Au moment du lancement de l’offre, le cours de Perfumania était de 17 usd, ce qui valorisait l’offre à 7,4 usd par action.

Cependant, fidèles à notre prudence de sioux, nous avons pris le temps d’analyser l’acquéreur pour voir ce que valait réellement son action et là… ce fut la déception : quasi aucun bénéfice sur les 3 dernières années (et 6 années déficitaires sur les 10 dernières), un endettement délirant (la solvabilité est d’à peine 16 % et elle va vraisemblablement encore se dégrader après l’achat de Parlux)et  une VANT de 5,72 usd.

A notre avis, une société pareille, ça ne vaut même pas la VANT. D’ailleurs en valorisant l’offre sur base, non du cours de bourse de Perfumania mais de sa VANT, nous obtenions une « juste valeur » pour le prix offert de 5,14 usd. Ces calculs réalisés, nous constations que le cours de Parlux était de 5,51 usd. 

          Une prime de 17 % par rapport à la dernière Valeur d’Actif Net Tangible de Parlux

          Un cours 59 % plus élevé que celui de clôture avant l’offre

Ces deux arguments étaient largement suffisants pour justifier que nous apportions nos actions au marché le cœur léger… à un prix 3,2 fois plus élevé que notre coût d’achat en euro et frais de courtage inclus.

Une fois de plus, nous avons la preuve que des actifs sous valorisés pendant une longue période finissent tôt ou tard à être payés à leur juste prix. Dans le cas de Parlux, l’action cotait sous la valeur d’actif net depuis novembre 2006 … mais un peu plus de 5 ans plus tard, un acteur du secteur en offrait ce qui nous a semblé un juste prix. 

Finalement, notre approche est facile : une bonne calculette, quelques notions élémentaires d’analyse financière, le courage de lire « les petits caractères » des rapports de gestion, de la confiance dans sa méthode, une grosse marge de sécurité lors de l’achat… et de la patience.

Et en attendant, nous vous souhaitons à chacune et chacun d’entre vous une excellente année 2012 : quelle apporte santé, bonheur et prospérité à vous et à vos proches.

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