Les différents paniers pour ranger nos oeufs

Comme vous le savez, nous prônons la diversification pour notre portefeuille. Celle-ci présente deux vertus :

          La première, nous vous l’avons déjà expliqué à plusieurs reprises, nous protège contre une erreur lourde de raisonnement de notre part sur une société particulière ;

          La deuxième nous permet de nous protéger contre un quelconque évènement macro-économique. Comme vous le savez, nous nous estimons incapables de prédire les grands évènements qui pourraient avoir un impact sur nos investissements.  Dans cette optique, une diversification sur plusieurs devises, secteurs et zones géographiques nous permet de limiter les dégâts dans le cas où un « cataclysme » imprévu surviendrait. Bon, c’est vrai, en cas de collision avec un astéroïde géant, notre diversification ne nous servira à rien… mais notre épargne non plus d’ailleurs.

Sur ce blog, nous aimons à répéter que nous ne conseillons rien à personne mais simplement ce que nous faisons et pourquoi nous le faisons. 

« OK les gars des daubasses ! Vous venez de dire le « pourquoi » de la diversification mais dans les faits, est-ce que vous suivez ce précepte ? »

Absolument ami(e) lecteur(trice) et nous vous le démontrons tout de suite.

Tout d’abord, nous vous proposons la répartition de notre portefeuille par devise de cotation. En réalité, la diversification en devise est peu importante puisque une bonne part de nos sociétés exercent des activités en dehors de leur pays de cotation. Néanmoins cette première présentation vous donne déjà un petit aperçu de la situation.

 

répartition du portefeuille en devises de cotation

 

Passons maintenant à la diversification géographique. Nous vous proposons cette répartition en fonction des pays dans lesquels chacune de nos sociétés détient son siège d’exploitation principal (ce qui ne correspond pas nécessairement à son pays de cotation, ni même à son siège social).  Lorsqu’une de nos sociétés exerce très clairement ses activités sur deux pays différents, nous avons réparti son poids sur ces deux pays.  Enfin, nous avons tenu compte aussi de notre exposition sur des sociétés au travers de nos engagements d’achat en options.

 

diversification géographique du portefeuille

 

Si nous voulons analyser la composition de notre portefeuille par rapport à celle du MSCI World AC (notre indice de comparaison), nous constatons que les USA, le Japon, la Chine et la Suisse sont sous pondérés, UK et le Canada pèsent un poids à peu près équivalent et la France, l’Italie et les « petits émergents »(ou pays « frontières ») sont largement sur pondérés. Rappelons que ces différents poids ne résultent pas d’une quelconque stratégie macro économique, juste d’une volonté de diversifier au gré des opportunités « deep value » que nous rencontrons lors des battues que nous menons lorsque nous tentons de capturer les plus belles daubasses.

A présent, cher(e) lecteur(trice), êtes-vous convaincu que nous disons ce que nous faisons mais aussi faisons ce que nous disons ?

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Portefeuille au 27 Avril 2012 : 3 ans 155 jours

  • Portefeuille : VL 5,3810 € (Frais de courtage et de change inclus)
  • Rendement Total : 432,59%
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  • Potentiel Estimé VANT / Cours 178,86%
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  • Rendement Annualisé : 62,97%
  • Rendement 2012 : 16,17%
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  • Rendement 2011 : -15,65%
  • Rendement 2010 : 38,07%
  • Rendement 2009 : 308,74%
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  • Taux de Rotation Annualisé : 22,14%
  • Effet Devise Total : 2,36%

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  • Tracker ETF Lyxor MSCI World : VL 99,7627 € (Frais de courtage inclus et dividende réinvesti)
  • Rendement Total : 48,79%
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  • Rendement Annualisé : 12,30%
  • Rendement 2012 : 8,03%
  • Rendement 2011 : -8,22%
  • Rendement 2010 : 18,76%
  • Rendement 2009 : 30,34%

 

* Nous rappelons que ce portefeuille est un investissement réel

 

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Portefeuille au 20 Avril 2012 : 3 ans 148 jours

  • Portefeuille : VL 5,3576 € (Frais de courtage et de change inclus)
  • Rendement Total : 430,28%
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  • Potentiel Estimé VANT / Cours 186,57%
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  • Rendement Annualisé : 63,21%
  • Rendement 2012 : 15,67%
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  • Rendement 2011 : -15,65%
  • Rendement 2010 : 38,07%
  • Rendement 2009 : 308,74%
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  • Taux de Rotation Annualisé : 22,33%
  • Effet Devise Total : 2,45%

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  • Tracker ETF Lyxor MSCI World : VL 99,0540 € (Frais de courtage inclus et dividende réinvesti)
  • Rendement Total : 47,73%
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  • Rendement Annualisé : 12,14%
  • Rendement 2012 : 7,27%
  • Rendement 2011 : -8,22%
  • Rendement 2010 : 18,76%
  • Rendement 2009 : 30,34%

 

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Les daubasses ont-elles plus de chances d’être la cible d’une opération financière ?

Dans son compte-rendu de mars 2012[1], Marc Girault, le gérant du fonds Découverte chez HMG finances nous apprend que 7% environ des sociétés cotées font l’objet chaque année d’une opération financière. Est entendu par opération financière : offre publique d’achats (OPA), offre publique de retrait de la cote (OPR), vente d’actifs, …  Bref, ce sont des événements qui boostent les cours des titres car bien souvent une prime importante est offerte pour désintéresser les actionnaires en cas d’offres ou alors un grosse poussée de fièvre lors de la vente d’un actif important.

Continuer la lecture de Les daubasses ont-elles plus de chances d’être la cible d’une opération financière ?

Portefeuille au 13 Avril 2012 : 3 ans 141 jours

  • Portefeuille : VL 5,3585 € (Frais de courtage et de change inclus)
  • Rendement Total : 430,37%
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  • Potentiel Estimé VANT / Cours 187,09%
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  • Rendement Annualisé : 63,61%
  • Rendement 2012 : 15,69%
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  • Rendement 2011 : -15,65%
  • Rendement 2010 : 38,07%
  • Rendement 2009 : 308,74%
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  • Taux de Rotation Annualisé : 22,45%
  • Effet Devise Total : 3,19%

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  • Tracker ETF Lyxor MSCI World : VL 98,6288 € (Frais de courtage inclus et dividende réinvesti)
  • Rendement Total : 47,10%
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  • Rendement Annualisé : 12,06%
  • Rendement 2012 : 6,81%
  • Rendement 2011 : -8,22%
  • Rendement 2010 : 18,76%
  • Rendement 2009 : 30,34%

 

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Bas les masques : SAM Outillage

Nous vous proposons aujourd’hui de démasquer une société française de notre portefeuille : la « net estate 2° » sur le tableau du portefeuille de cette semaine.

Il s’agit du fabricant d’outillage SAM. Le 11 janvier 2010, nous avions acquis des actions de cette société au prix de revient, frais de courtage inclus, de 21,99 euros. Aujourd’hui, après nous avoir payé 2,30 euros de dividende brut, l’action cote à 45 euros.

Nous vous proposons, ami lecteur, non seulement l’analyse que nous avions mis à la disposition de nos abonnés au moment de notre achat mais aussi les diverses news auxquelles ils ont eu accès dans les différentes lettres mensuelles que nous leur avons adressées. Ceci vous permettra peut-être de mieux appréhender l’approche que nous utilisons pour suivre une société une fois celle-ci achetée.

Nous vous souhaitons une excellente lecture.

 

1.  Introduction

SAM est un fabricant français d’outillages à main fondé en 1906.

Les principaux clients de SAM sont des professionnels du bâtiment et de l’automobile, ce qui explique une certaine cyclicité dans les activités de la société.

La plus grande part des ventes est réalisée en France.

Le 11 janvier, nous avons acheté des actions de SAM au prix de revient, frais de courtage inclus, de 21,99 euros.

2.   La valeur d’actif net net (VANN)

Sur base des comptes au 30/06/2009, la valeur d’actif net net s’élève à 36,12 euros par action : en réalité, un actif courant pour 67,82 euros (composé pour parts presque équivalentes de stocks, créances commerciales et liquidités) duquel nous avons déduit des dettes pour 31,70 euros.

A notre PRU de 21,99 euros, nous avons donc obtenu une marge de sécurité de 39 % sur cette valeur.

Nous notons également que la société présente une bonne solvabilité de 85 % et un potentiel entre le cours et la valeur d’actif net tangible de 55,26 euros de 151 %.

3.    La valeur d’actif net estate (VANE)

La société est propriétaire d’immobilier pour une valeur d’acquisition de 20,24 euros.

Fidèles à nos habitudes, nous prenons une marge de sécurité de 20 % sur ces immeubles et les ajoutons à la VANN.

Nous obtenons une VANE de 52,31 euros et une marge de sécurité, à notre prix de revient de 21,99 euros de 58 %.

4.   La valeur en cas de mise en liquidation volontaire (VMLV)

Nous revenons sur l’actif courant. Tout d’abord, nous avons constaté un léger ralentissement dans la rotation des stocks au 30/06. Rien d’alarmant cependant de notre point de vue. Malgré tout, le fait que les produits de SAM restent plus d’un an dans le stock de la société doit nous inciter à la prudence quant à la valeur que nous prenons en compte.

D’un autre côté, nous pensons que les produits finis de SAM présentent peu de risque d’obsolescence, ceux-ci étant plutôt intemporels.

Nous constatons également que la direction de la société a acté au 31/12/2008 des réductions de valeur sur ce poste pour un montant équivalent à 7,5 % de sa valeur brute. Nous n’avons cependant pas d’information sur l’ampleur de ces réductions de valeur au 30/06/09.

Tenant compte de tous ces éléments, nous décidons de prendre une marge de sécurité de 30 % sur la valeur reprise aux livres et déduisons donc de la VANE la somme de 7,68 euros.

Sur le plan des créances commerciales, nous constatons que les délais de paiement des clients de la société ont eu tendance à se réduire au cours du 1er semestre de l’année en passant d’une moyenne des 3 derniers exercices de 113 jours à 92 jours. Même si ce délai nous semble se situer dans une moyenne supérieure, nous estimons qu’il s’agit là d’un excellent signal. Malheureusement, pas plus que pour les stocks, nous n’avons d’indication sur l’ampleur des provisions pour créances douteuses qui ont été actées au 30/06. Enfin, l’essentiel des en-cours clients est couvert par un assureur crédit. Dans ces conditions, nous estimons qu’une marge de sécurité de 10 % est amplement suffisante sur ce poste et réduisons la VANE de 1,71 euros.

Parmi les actifs fixes, outre les immeubles que nous avons déjà abordés et un minuscule poste d’immobilisations financières que nous reprenons tel quel (0,07 euros), nous relevons essentiellement du matériel que nous reprenons pour 5 % de sa valeur d’acquisition, soit 0,88 euros.

Hors bilan, nous relevons (au 31/12/2008) des cautions données en garantie de produits sur un marché à l’exportation et des soldes à payer sur commande d’immobilisation. Ici aussi, les comptes au 30/06/09 sont trop succincts pour nous permettre de déterminer les engagements à cette date. A défaut, nous décidons de reprendre les engagements du 31/12/08 et prenons donc en compte une somme de 0,99 euros.

Nous fixons donc la valeur de SAM en cas de mise en liquidation volontaire à :

VANE : 52,31 euros

Marge de sécurité sur stocks : – 7,68 euros

Marge de sécurité sur créances : – 1,71 euros

Immobilisations financières : + 0,07 euros

Matériel : 0,88 euros

Hors bilan : – 0,99 euros

Soit une VMLV de 42,88 euros, ce qui nous laisse une marge de sécurité de 49 %.

5.   La valeur de la capacité bénéficiaire (VCB)

A l’exception probable de l’année 2009, les résultats d’exploitation de SAM sont assez stables. Nous avons donc décidé de tenir compte des résultats moyens des 5 derniers exercices comptables (en anticipant un REX 2009 de 200 000 euros) pour calculer la VCB. Nous obtenons une VCB de 2,40 euros par action que nous actualisons à un taux fixé arbitrairement à 11 % et ajoutons la valeur de la trésorerie nette après déduction des dettes financières. Nous obtenons une VCB de 30,94

euros.

6. Conclusions

A notre coût d’achat de 21,99 euros, nous avons donc obtenu une marge de sécurité de :

39 % sur la VANN

58 % sur la VANE

49 % sur la VMLV

29 % sur la VCB

Tout semble donc pour le mieux dans le meilleur des mondes : nous disposons d’un très solide collatéral en garantie de notre investissement et la société que nous acquérons génère des bénéfices. De plus, nous avons payé la société à un prix défiant toute concurrence… sauf que… sauf que la société n’a jamais coté à son juste prix depuis son introduction en bourse il y a 9 ans. Au cours des 5 dernières années, la décote moyenne sur les fonds propres a été de 46 % !

Pourtant la direction semble bien travailler : le rendement moyen des capitaux investis des 5 dernières années est de 19 %.

Le problème viendrait-il de l’activité peu sexy et de la capitalisation boursière « rikiki » (à peine 8 millions d’euros) ? Nous devons vous l’avouer, cher lecteur, nous n’en savons rien. Mais il est possible que nous soyons obligés d’attendre assez longtemps qu’un « catalyseur » permette enfin au cours d’atteindre la juste valeur de SAM. Ce catalyseur pourrait constituer en un rachat d’actions propres de la société (au cours actuel, la trésorerie excédentaire pourrait permettre de racheter 30 % du capital) ou la distribution d’un « super dividende » (« à la Vet’Affaires ») voir l’intérêt marqué d’un concurrent qui lancerait une OPA.

En attendant, nous patienterons avec le dividende actuel de la société : un bon 5 % brut …

Après cette analyse qui date déjà de plus de 2 ans, nous vous proposons les différentes news qui ont traité de Sam depuis notre première lettre mensuelle en mai 2011.

Lettre de mai 2011

SAM (France) Ticker : SAM.PA : Les actionnaires minoritaires Lafayette Capital ont décidé cette année d’être un peu plus actifs en proposant une résolution lors de l’AG prochaine pour distribuer un dividende exceptionnel : 8 euros cette année ou 4 euros pour 2010 et 4 pour 2011. Le conseil d’administration a répondu poliment à cette résolution en précisant que ce serait un bien mauvais moment pour distribuer du cash, sous-entendant plusieurs projets (de la croissance externe ?), notamment un programme de rachat d’actions qui nécessite des fonds suffisants. Affaire à suivre. A noter que l’entreprise a publié un CA pour le premier trimestre 2011 en hausse de 24% par rapport au premier trimestre 2010. Nous conservons bien entendu cette ligne en attendant patiemment que l’événement se produise.

 

Lettre de juillet 2011

SAM (France) Ticker : SAM.PA : Après avoir appris qu’il n’y aurait finalement pas de dividende exceptionnel distribué, nous prenons connaissance à présent d’une acquisition effectuée par notre « outilleur » : il s’agit d’une petite société de 18 personnes spécialisée dans l’outillage pneumatique destiné à la maintenance dans le secteur automobile. Dans l’équipe des daubasses, nous avons tendance à préférer les rachats d’actions ou distribution massive de cash aux actionnaires plutôt que des opérations de croissance externe. Espérons néanmoins que le prix payé est resté raisonnable et que l’opération créera réellement de la valeur pour nous, les petits actionnaires.

 

Lettre de décembre 2011

SAM (France) Ticker : SAMP.PA : Le chiffre d’affaires des 9 premiers mois est en hausse de 7 %. Hors acquisition, la hausse aurait été limitée à 3,1 %. Néanmoins, il faut noter que la comparaison reste défavorable : l’année dernière, SAM avait bénéficié d’un énorme marché non récurrent à l’international. Notons aussi que l’international continue de contribuer à la croissance du fabricant d’outillage à main avec une croissance de 42,8 %, hors impact de ce fameux marché.

 

Lettre de mars 2012

SAM (France) Ticker : SAMP.PA :  Après PTS durant le premier semestre 2011, SAM poursuit sa politique de croissance externe en acquérant la société hollandaise Rodac. Le chiffre d’affaires de l’année est, logiquement, en progression mais la direction annonce que les coûts exceptionnels liés aux acquisitions pèseront sur la rentabilité du groupe, mais nous dit aussi que « le résultat opérationnel courant restera positif » … ce que nous traduisons par « le résultat net se soldera par une perte ». Bon, ben nous voilà avertis. Franchement, ils auraient mieux fait de nous ristourner leur cash au lieu d’acheter à tout va.

 

Lettre d’avril 2012

SAM (France) Ticker : SAMP.PA : La direction a publié une « information sur le résultat annuel » dans laquelle nous trouvons des éléments mi-figue mi-raisin : un chiffre d’affaires en croissance de 14 % (mais de seulement 5 % si on fait abstraction de la croissance externe) et, comme nous l’avions laissé entendre dans notre lettre mensuelle précédente, une perte comptable pour clôturer l’exercice. La direction explique cette perte par des efforts d’augmentation des effectifs commerciaux et de R&D en vue d’assurer la croissance future. En l’absence d’un rapport financier détaillé, il est difficile de tirer des conclusions définitives mais nous regrettons, une fois de plus, la dilapidation du trésor de guerre de Sam, d’abord par des acquisitions et à présent sur des dépenses de personnel. Tout ceci créera peut-être de la valeur à long terme mais nous nous demandons si la direction ne cherche pas tout simplement des prétextes pour éviter de rétribuer le cash de la société aux actionnaires.

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Portefeuille au 6 avril 2012 : 3 ans 134 jours

  • Portefeuille : VL 5,4391 € (Frais de courtage et de change inclus)
  • Rendement Total : 438,34%
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  • Potentiel Estimé VANT / Cours 183,89%
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  • Rendement Annualisé : 64,86%
  • Rendement 2012 : 17,43%
  • .
  • Rendement 2011 : -15,65%
  • Rendement 2010 : 38,07%
  • Rendement 2009 : 308,74%
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  • Taux de Rotation Annualisé : 22,34%
  • Effet Devise Total : 4,01%

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  • Tracker ETF Lyxor MSCI World : VL 100,6132 € (Frais de courtage inclus et dividende réinvesti)
  • Rendement Total : 50,06%
  • .
  • Rendement Annualisé : 12,81%
  • Rendement 2012 : 8,96%
  • Rendement 2011 : -8,22%
  • Rendement 2010 : 18,76%
  • Rendement 2009 : 30,34%

* Nous rappelons que ce portefeuille est un investissement réel

 

 Performance mensuelle du portefeuille depuis sa création

 

 

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Le process, le process… et le process !

Nous allons vous parler, cette semaine, cher(e) lecteur(trice) de baseball ! Pas de la sempiternelle histoire des joueurs légendaires comme Babe Ruth ou Ted William, ces marqueurs hors pairs de « Home runs » dont Buffett fait l’apologie et également l’analogie avec sa méthode d’investissement « focalisée », et basée sur les seuls champions. Mais d’une véritable équipe de « daubasses », les « A’S de Oakland » … qui parviennent à se hisser en quelques années parmi les meilleurs équipes du championnat américain grâce a un process stratégique appliqué à la lettre et basé sur les statistiques. Cette histoire nous permet également de faire l’analogie avec la méthode des daubasses. Ce sera donc l’histoire de baseball préférée des élèves de Ben Graham !

Nous vous avouons d’emblée, avant d’entrer dans le vif du sujet, que nous n’y connaissons rien au baseball et que ce sport très populaire outre-atlantique, ne nous intéresse pas vraiment. Par contre la stratégie présentée dans un bouquin (Moneyball: The Art of Winning an Unfair Game) et dont on a fait un film (Le Stratège avec Brad Pitt), nous a semblé passionnante.

Tout commence dans les année 60 : un certain Eanrshaw Cook, ingénieur mécanique de profession et passionné de statistiques, compile des montagnes de données sur le baseball, son sport favori. Sans le savoir, il invente ce qu’on appelle aujourd’hui la « Sabermetrics », nom tiré de la S A B R, pour « Society of American Baseball Resaerch ».

Assez enthousiaste de son travail, notre ami Cook décide de présenter le fruit de ses recherches aux propriétaires d’équipes de baseball en difficulté. Avec comme idée de les aider a remonter la pente. On ne le prend pas au sérieux et on l’envoit gentiment promener. C’est alors qu’il décide d’écrire un livre qu’il intitulera « Percentage Baseball » et qui est basé sur une longue  batterie de statistiques irréfutables.

Ce n’est finalement que 40 ans plutard que Billy Beane, patron de l’équipe de baseball des « Oakland Athletics » va penser sa stratégie de jeu avec les statistiques de notre ami Cook… En fait, Billy Beane n’est pas un milliardaire, le stade des « Oakland A’s » est plutôt minable et la masse salariale de l’équipe est seulement de 30% comparée à celle de  l’équipe prestigieuse des « New York Yankees »… En gros rien pour réussir et pourtant…

Billy Beane est un ancien joueur de baseball qui, à défaut d’avoir réussi sur le terrain, décide un jour de tenter sa chance en dirigeant une équipe comme personne ne l’avait fait auparavant.

Alors que la saison 2002 se profile, Billy Beane est confronté à une situation difficile : sa petite équipe a encore perdu ses meilleurs joueurs, attirés par les grands clubs et leurs gros salaires. Bien décidé à gagner malgré tout, il cherche des solutions qui ne coûtent pas cher et auxquelles personne n’aurait pensé avant.

Il va donc s’appuyer sur les théories statistiques de Eanrshaw Cook et engager Peter Brand, un économiste, amateur de chiffres qui vient de sortir de l’université de Yale… en gros, un jeune « péquenot » à la tête bien remplie mais aussi un parfait anonyme dans la sphère du baseball.

Ensemble, contre tous les principes, ils reconsidèrent la valeur de chaque joueur sur la base des statistiques et réunissent une brochette de laissés-pour-compte oubliés par l’establishment du baseball. Trop bizarre, trop vieux, blessé ou posant trop de problèmes, tous ces joueurs ont en commun des capacités mal évaluées et la particularité de pouvoir être acheté à prix « d’ami ».

Avec leurs méthodes et leur équipe de « bras cassés », Beane et Brand s’attirent les moqueries et l’hostilité de la vieille garde, des médias et des fans jusqu’à ce que les premiers résultats tombent. Sans le savoir, Beane est en train de révolutionner toute la pratique d’un des sports les plus populaires du continent nord américain et aussi de consacrer le travail de bénédictin de notre ami Eanrshaw Cook.

En fait, la stratégie de Billy Beane est en conflit avec l’équipe de recruteurs du club de la vieille école (dont il va virer le chef) et son entraineur. Ce dernier fait jouer les joueurs qui n’ont pas les meilleurs statistiques. Billy Beane, pour résoudre ce problème, vire donc ces joueurs et l’entraineur se voit obligé de faire jouer les « canards boiteux ».

Les débuts de l’application de la méthode sont houleux, l’équipes des A’s perd quasiment tous ses matchs du début de saison. Ils sont littéralement vilipendés par la presse, les supporters… Mais Billy Beane et Peter Brand savent que les statistiques leurs donneront raison à  long terme et décident de passer à la vitesse supérieure en virant les joueurs qui n’ont pas les meilleures statistiques.

Au bout de quelques matchs, en appliquant le plus strictement possible le process établi, cela va finir par payer : ils vont battre le record de tous les temps : gagner 20 matchs d’affilées… et ce, contre toute attente et surtout dans la plus totale incompréhension du milieu du baseball. Ces 20 victoires d’affilées deviennent le record universel de la league américaine ! Ils finissent le championnat à la tête de leur zone et sont qualifiés pour les playoffs (finales).

Quand l’équipe arrive aux playoffs, les A’s sont rapidement éliminés : ils perdent dès le premier tour. Pourquoi ? Parce que les statistiques vous donnent raison sur le long terme mais pas nécessairement sur «  un seul match ». Et c’est évidemment la même chose pour l’investissement, une période de quelques mois ne permet parfois pas au process de générer des résultats.

Si le process, et donc la stratégie, est très séduisante sur le papier, rien ne vous pousse à l’appliquer. Au contraire, tout vous y  repousse :  des joueurs très moyens voir médiocres dans certaines parties techniques du jeu mais aussi la pression extérieure des supporters, voire de tous ceux qui parlent de vous, à la télé et dans la presse.

Mais la véritable clé de cette idée est bien entendu de connaître les limites de chaque joueurs, afin de pouvoir exploiter leurs seules qualités, afin que l’équipe c’est-à-dire l’ensemble de tous les joueurs puissent afficher des résultats honorables.

Prenons un exemple simple, pour que tout ceci soit plus clair. Vous avez dans l’équipe, une dizaine de «  sluggers » (joueur capable de frapper la balle avec puissance) capable de marquer des « home runs ». L’ennui, c’est qu’ils ont une réussite statistique modeste, du style de 10 par match alors que les meilleurs sont à 25 ou 30. Vous tiendrez le joueur dans le match jusqu’à ce qu’il atteigne ses 10 coups, ensuite vous le remplacerez parce qu’après les 10 coups, une plus grande part de hasard entre en jeu.

Bon, on peut dire aussi que si le joueur en question est dans un jour de forme éblouissante, il pourrait marquer 20 coups. Les 10 coups peuvent alors être modulés avec un facteur statistique temps. On sait que statistiquement, ce joueur marque ces 10 coups en 50 minutes, soit en moyenne un coup gagnant toutes les 5 minutes. S’il est en grande forme, il doit marquer au moins 11 coups en 50 minutes. Ce joueur restera au jeu tant qu’il tiendra le rythme d’un coup gagnant par 5 minutes. Imaginons que ce jour-là, il parvienne à marquer 18 coups en 70 minutes puis qu’il baisse de régime et soit sorti parce que son rythme est en-deça des statistiques. Avec ces 18 coups c’est le héros du match. La décidion de sortir soudain le héros du match est plutôt difficile ! Quel supporter comprend que l’on sorte le héros du match soudainement alors qu’il était sur une si belle lancée et aurait pu, du point de vue du supporter, continuer à alligner les coups gagnants. Celui qui prend la décision est à coup sûr hué par le public. Mais le process stratégique basé sur les statistiques vous indique clairement que ce joueur a été dans un jour « in », jusqu’à un point précis … Le garder dans le jeu après, c’est sortir de la stratégie.

La stratégie peut-être plus globale : en faisant entrer au jeu à certains moments les lanceurs (ceux donc qui ont des qualité de frappeurs vraiment médiocres mais qui ont des qualités au « lancer de balle » et empêchent l’adversaire de marquer des points « Home runs »). Si l’équipe adverse met au jeu quelques « sluggers » de grande qualité, c’est à ce moment-là que l’on fera entrer les meilleurs lanceurs de l’équipe, pour tenter de mettre en échec les « sluggers » d’en face. Tout cela géré statistiquement.

Comme dans l’investissement, si l’on sait que le process global est fromenté de logique, il ne reste qu’à l’appliquer à la lettre… même quand nos biais et nos émotions tendent à nous faire croire que la direction n’est pas la bonne.

Bien entendu, il ne s’agit jamais de 100% de réussite, ni parfois même de 90%, les échecs doivent être compris comme des passage obligés. Mais à long terme, la balance penche inexorablement de votre côté.

Nous pensons, cher(e) lecteur(trice), que vous avez déjà pu faire l’analogie vous-même entre l’équipe des « bras cassés » des « A’s de Oakland » et l’équipe des sociétés boîteuses « du portefeuille Daubasses ».

Nous achetons ces sociétés boîteuses à bon prix et nous savons avec un degré de probabilité élevée le minimum qu’elles peuvent nous offrir, car nous ne les surestimons jamais, nous les prenons pour ce qu’elles sont. Nous savons exactement quand elles doivent sortir du jeu parce qu’elle ont marqué les points « statistiquement attendus ». 

Certaines sociétés « boîteuses » se mettent même parfois à « sprinter ». Si nous ne l’avions pas envisagé, nous laissons faire et savons également les sortir du jeu quand leur forme époustoufflante revient à la normale.

Tout comme les A’S d’Oakland, nous n’aurons jamais de champions dans notre portefeuille « Daubasses », tout simplement parce que le prix à payer est bien trop élevé et surtout qu’il est possible, en faisant jouer les qualité individuelles de l’équipe, d’afficher des performance de premier plan.

Nous pensons aussi que la métaphore du mégot de cigare est peut-être à revoir avec cette histoire de baseball. En effet, ce qui est vrai pour un seul mégot de cigare, peut changer du tout au tout sur le fait que 10 mégots de cigares, c’est l’équivalent d’un cigare !

En conclusion, ce que nous aimons dans cette histoire, c’est la possibilité de tirer parti des qualités globalement moyennes voir médiocres en se focalisant sur la connaissance des qualités et des défauts de manière individuelle puis en mettant en avant à certain moment, les seules qualités, tout en faisant jouer de cette manière l’équipe entière selon le process, encore le process et rien que le process.