Les daubasses ont-elles plus de chances d’être la cible d’une opération financière ?

Dans son compte-rendu de mars 2012[1], Marc Girault, le gérant du fonds Découverte chez HMG finances nous apprend que 7% environ des sociétés cotées font l’objet chaque année d’une opération financière. Est entendu par opération financière : offre publique d’achats (OPA), offre publique de retrait de la cote (OPR), vente d’actifs, …  Bref, ce sont des événements qui boostent les cours des titres car bien souvent une prime importante est offerte pour désintéresser les actionnaires en cas d’offres ou alors un grosse poussée de fièvre lors de la vente d’un actif important.

Aussi, nous avons voulu savoir si cette statistique reflétait la réalité du portefeuille des daubasses dont nous diffusons toutes les semaines la performance et la composition depuis sa création le 28 novembre 2008.

 

La méthode

Voici notre méthodologie :

– nous avons considéré un titre évaluable si nous l’avons conservé au moins 3 mois pour ne pas tenir compte des erreurs d’achats ou des titres dont nous nous sommes rapidement rendus compte que quelque chose clochait (diffusion d’information financière, litige en cours, …)

– nous avons exclu les opérations de vente d’options PUT qui par définition ne peuvent pas faire l’objet d’une quelconque offre, ainsi que les fonds fermés décotés

– nous prenons dans notre calcul toutes les sociétés achetées depuis le début du portefeuille

– nous avons pris l’option de définir comme opération financière toute offre sur la société au profit des actionnaires et ventes d’actifs

– enfin, voici la formule de calcul :

 

La formule

1-Tx est la probabilité qu’un titre ne soit PAS la cible d’une OST sur une année.
Alors (1-Tx)^n est la probabilité qu’un titre ne soit pas la cible d’une OST sur n années.
Donc (1-Tx)^n = nombre de titre sans OST sur n années / nombre total de titres = (t-O)/t.
La formule est donc :

Tx=1-(1-O/t)^(1/n)

Tx =Taux d’opérations financière dans le portefeuille des daubasses par an

O = nombre d’opérations financières

t = nombre de titres acheté au sein du portefeuille

n = l’âge du portefeuille

 

Il faut maintenant trouver toutes les variables :

 

Nombre d’opérations financières O :

Nous avons dénombré 16 opérations financières.

 

Nombre de titres achetés éligibles (hors options, sociétés vendues sous 3 mois et fonds fermés cotés) t :

Nous avons dénombré 110 titres éligibles achetés sur la période

 

L’âge du portefeuille :

Au 13 avril 2012, le portefeuille existe depuis 3 ans et 141 jours. Si nous considérons une année sur 365 jours, nous obtenons donc un âge de : 3,386 années.

Nous pouvons maintenant appliquer notre formule.

 

Le calcul

Le taux d’opération au sein de notre portefeuille ressort à :

Tx = 1-(1-16 / 110)^(1/3,386) = 4,5% par an

En moyenne, entre 4 et 5 titres au sein de notre portefeuille ont fait l’objet d’une opération financière chaque année.

 

La conclusion

Même si 16 titres ont connu le succès du fait d’offres en tout genre, ce ne sont pas ces opérations qui expliquent la performance de notre portefeuille. Nous pensons que le marché seul se rend compte des sous-valorisations excessives des daubasses et n’a pas forcément besoin d’opérations financières pour voir leurs cours s’envoler.

 

Article MAJ le mardi 5 juin 2012 grâce au mail de Frédéric, un abonné

2 réflexions au sujet de « Les daubasses ont-elles plus de chances d’être la cible d’une opération financière ? »

  1. C’est marrant, car j’ai hésite à parler de HMG dans le post précédent.

    Je vois les OPR/OPA comme cerise sur le gâteau.

    Par contre, je suis curieux de voir la répartition selon la capitalisation. Mon instinct me dit que ces opérations sont faibles dans les big et micro caps et plus élevées dans les mid et small (à vérifier par des chiffres).

    Il est aussi amusant de voir que certains fonds en font leur thème, et particuliers, utilisent ces opérations pour rémunérer leur trésorerie (astuce intéressante au sein d’un PEA) ou pour avoir une performance proche de monétaire avec peu de risque, mais sur un support action (utilisation des anomalies de cours faibles).

  2. J’avoue être toujours autant impressionné par le savoir faire d’HMG Finance, ils ont un bon placement.

    Maintenant, concernant les opérations financières, compte tenu de la crise de l’euro, j’ai peur que vu le niveau de cash de certaines entreprises : les rapprochements et achats hostiles se multiplient.

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