Ecomérage : non, le capitalisme, ce n’est pas « mal » !

 

Depuis quelques temps,  le capitalisme est accusé de tous les maux : la crise que nous traversons depuis 2007 n’est-elle pas la crise du capitalisme ?

Eh bien non, cher( e) lecteur(trice), l’équipe des daubasses ne peut souscrire à cette idée. La crise que nous traversons est une crise de la dette, une faillite des états qui ont pratiqué « dans la joie et l’allégresse » l’endettement afin « d’acheter des voix »et ce, sans tenir compte du fait que cette dette, c’est sur les épaules des enfants et des petits-enfants de ceux qui en ont profité qu’elle reposera de tout son poids. Hélas… pour un politicien, le long terme, ce n’est pas la prochaine génération mais bien la prochaine élection.

Dans cette crise, reconnaissons que le capitalisme n’a, malgré tout, pas tout-à-fait bien fonctionné : il a accepté de prêter, depuis des années, des sommes astronomiques aux états. Si les capitalistes avaient refusé de financer cette gabegie, la gestion des deniers publics aurait été, par la force des choses, bien plus vertueuse.

Et pourtant, en mettant à disposition des forces vives des moyens de financer leur appareil de production, le capitalisme participe pleinement à l’essor économique des pays, à la création de richesse et, par voie de conséquence, au bien-être de la population.

Une autre catégorie d’acteurs économiques aujourd’hui clouée au pilori, ce sont les entrepreneurs. En Belgique, nous avons l’impression que, depuis l’arrivée de notre nouveau gouvernement, ils sont considérés à la fois comme une organisation mafieuse et une vache à lait : augmentation de l’impôt réel sur les bénéfices (avec la limitation des intérêts notionnels), non déductibilité de certains frais, et, surtout, renforcement des contrôles fiscaux et renversement de la charge de la preuve vis-à-vis du fisc. Et pourtant, tant la Belgique que la France ont besoin comme de pain d’entrepreneurs qui créent, prennent des risques, construisent leur propre emploi, apportent de la valeur ajoutée à la nation dans laquelle ils vivent, voire procurent des emplois à d’autres.

Alors que le mot « croissance » est « très tendance » depuis plusieurs semaines dans la bouche de nos dirigeants, ceux-ci semblent sciemment oublier que le seul véhicule pouvant nous l’apporter, cette croissance, c’est l’entreprise. Et que l’entreprise a besoin d’un moteur (les travailleurs) mais aussi de carburant (le capital). Est-ce en faisant renaître la lutte des classes que véhicule, moteur et carburant s’assembleront pour nous offrir cette merveilleuse croissance ? Nous en doutons fortement…

Mais vous nous connaissez ami(e) lecteur(trice) : ce n‘est pas dans l’esprit de l’équipe des daubasses de sombrer dans la sinistrose. Et si nous vous avons exposé ce qui précède, c’est parce qu’une initiative que nous allons vous présenter nous a mis du baume au cœur.

Enfin ! Un projet qui réconcilie capitalisme, entrepreneuriat et citoyenneté ! Il s’agit du crowd funding, un concept américain qui permet à des particuliers de financer des projets privés.

Deux initiatives récentes à destination des entrepreneurs débutants viennent de naître en Belgique. Il s’agit de Mymicroinvest et de Myfirstcompany.

Ces plateformes permettent de relier des entrepreneurs débordant d’idées et d’enthousiasme et des petits épargnants désireux de faire fructifier leur épargne tout en participant à des projets concrets.

Pour le projet Myfirstcompany, les investisseurs deviennent directement actionnaires de l’entreprise. 

Pour Mymicroinvest, l’investissement se fait au travers d’une société intermédiaire détenue par un investisseur professionnel de type « business angel ». Les avantages de la deuxième formule sont que le filtre du business angel (qui y va aussi de sa poche) constitue une certaine caution sur la qualité du projet et que les actionnaires minoritaires peuvent profiter du « poids » de l’investisseur professionnel au moment de la vente de ses parts. Les inconvénients sont le coût plus élevé pour l’investisseur particulier (le business angel prélève une commission de surperformance au cas où l’investissement « tourne » bien) et le fait que le titre détenu, même s’il participe à la performance économique de l’entreprise, n’est pas en réalité une action (et donc ce n’est pas un droit de propriété sur la start-up elle-même) mais bien une créance tirée sur la société de l’investisseur professionnel qui est, quant à elle, bel et bien investie dans l’entreprise.

L’équipe des daubasses trouve ces initiatives de « capitalisme populaire » excellentes et les voit comme un très bon  moyen de démontrer au grand public toute l’utilité du capitalisme dans un monde libre.

L’idée serait d’investir  systématiquement des « micros » sommes dans la plupart des affaires proposées par les deux plates-formes : il est probable que la plus grande partie d’entre elles génèrent finalement des moins- value, voire fassent faillite avec un risque de perte totale mais il nous semble aussi vraisemblable que, de temps à autres, l’une d’entre elle connaisse une brillante réussite, réussite qui serait, espérons-le, suffisante pour compenser les pertes subies par ailleurs. Ici aussi, comme pour nos investissements en daubasses, la diversification nous semble devoir être de rigueur et les « baggers » doivent compenser les faillites.

 

18 réflexions au sujet de « Ecomérage : non, le capitalisme, ce n’est pas « mal » ! »

  1. Bonjour,

    Merci pour votre excellent article! Au sujet de MyMicroInvest, le concept peut être comparé une plateforme de Venture Capital ou les investisseurs pros et particuliers sélectionnent et investissent ensemble (aux mêmes conditions) dans des start-ups et PME en croissance.

    Petite précision au sujet de votre article… Les coûts et revenus potentiels de l’investissement sont alignés à ceux du marché du Venture Capital que vous investissiez 100€ ou 100.000€ dans un projet. Les investisseurs Pros et particuliers sont donc logés à la même enseigne 😉

    Tous (pros et particuliers) payent un Management Fee qui permettra de suivre et développer l’investissement jusqu’à son terme et tous payent un success fee qui servira d’incentive à la performance. N’oublions pas non plus que ce success fee n’est prélevé que si, et seulement si, le rendement annuel moyen de l’investissement dépasse 10%.

    J’espère que vous trouverez votre bonheur en tant qu’investisseur sur notre plateforme!

  2. Bonjour,

    Effectivement, le capitalisme en soi n’a rien de mal, vous avez raison.
    Il est accusé de tous les maux par nos politiques pour plusieurs raisons et j’en vois certaines évidentes :
    1- Les politiques gagnent des voix auprès des tranches de population « pauvres », qui sont de plus en plus importantes. Ce qui est dommage, c’est que de nombreuses personnes, par manipulation médiatique, n’ont pas l’air de comprendre que ce n’est pas à cause du capitalisme. Au contraire, le capitalisme permet justement d’instaurer une concurrence entre les entreprises, qui doit normalement faire monter les salaires des spécialistes compétents. En France, c’est très dur car l’entrepreneur doit payer près de deux fois le salaire de la personne à cause des taxes. Ainsi, les salaires et le pouvoir d’achat des tranches moyennes baissent depuis 30 ans non pas à cause du capitalisme, mais de l’augmentation des taxes.
    2- Les politiques peuvent se dédouaner de leurs propres responsabilités en pointant du doigt un concept coupable qui ne peut pas se défendre et que la plupart ne comprennent même plus, puisque le capitalisme, par définition en France, c’est mal (pas un prof à l’école n’a jamais défendu ce concept pour la part au cours de mon cursus, et je n’ai jamais entendu un politique français dire le contraire).
    3- Les politiques peuvent aussi justifier l’augmentation des taxes et impôts pour continuer à appauvrir la population pour la bonne cause : comme le capitalisme c’est mal, on va vous priver de capital. Les « pro Robin des Bois » courrent ainsi voter pour leur propre appauvrissement, car, mauvaise nouvelle pour eux, ce ne sont pas les riches qui vont payer des impôts : Les riches ont des fiscalistes compétents :-).

    Tout cela pour dire que je suis très heureux de voir enfin quelqu’un défendre le capitalisme : ça change un peu du socialisme :-). Pour l’avoir vécu en URSS (comme Pierre il me semble), ça ç’est vraiment mal et je ne le souhaite à personne, bien qu’on dirait que certains Etats européens s’y engouffrent de plein pied sans s’en rendre compte… Espérons que cela change.

    1. Serge,

      En fait, je n’ai pas subis le communisme stalinien de Roumanie puisque j’y suis arrivé pour la première fois en 1990, soit juste après la révolution qui a vu la fin de Ceaucescu et je m’y suis installé en 1992.

      Je ne suis finalement qu’un témoin sans importance du post-traumatisme produit par cet « égalitarisme forcé » sur un peuple au courage et à la résistance extraordinaire, le peuple roumain.

      C’est finalement dans le village ou je me suis installé, en 92 dans la province de Prahova, que j’ai pris pour la première fois conscience de la véritable misère créée par l’anti capitalisme… Et cette province était de loin une zone des plus prospères de Roumanie, notamment a cause de son pétrole et de ces 4 raffineries construites par les Anglais avant 45…

      Ce blog n’est pas le support pour vous décrire ce qu’est la véritable misère dont j’ai été témoin et pourtant je pourrais vous relater sur le champ 25 pages « word » en caractère arial 8, mais je tiens toutefois à vous raconter deux faits qui m’ont véritablement marqués. Faits qui paraîtront anodins à la majorité , mais qui décrivent deux moments
      horribles et sordides.

      Le premier a été vécu par mon épouse qui est Roumaine et qui m’a un jour, lors d’une conversation, expliqué que pendant son adolescence, il lui arrivait la nuit de rêver de manger… un œuf !!

      Cela parait idiot écrit comme cela mais mon épouse ne rêvait pas de la dernière console, d’une écran plat ou du dernier I-phone, mais juste de manger un œuf cuit dur !

      Le second , c’est une scène incroyable qui a eu lieu lors de la collectivisation, vers 1950, ou l’état confisquait les biens des plus riches, au nom de l’égalité et la solidarité du peuple… Le grand-père de mon épouse, paysan et propriétaire terrien, champ, vigne, forêt, a vu débarquer chez lui, les commissaires chargés de lui confisquer ses animaux, en fait les deux chevaux avec lesquels il effectuait aussi bien des travaux dans les champs que des voyages en charrette pour vendre ses produits. Tout ce qui contribuait à son travail… Et bien ces chevaux ont été battus copieusement pour suivre ces commissaires de l’égalité et de la solidarité du peuple, car ces bêtes, ne désiraient sans doute pas de ce type d’égalité et de solidarité !

      Bon, voilà, tout ceci est sans doute bien loin des préoccupations des Roumains d’aujourd’hui, qui vivent, je vous le rappelle avec un salaire minimum inférieur au salaire chinois (c’est Franck, qui avait relevé le fait et que je n’arrivais pas a croire, jusqu’à ce que je vérifie le salaire minimum chinois). Qui ne font, ni manifestation,
      qui ne s’immolent pas par le feu et qui ne se suicident pas… Et dont on ne parle jamais dans aucun débat télévisé en occident , je suppose… Et je suis certain que pas mal d’Hongrois, de Tchèques, de Polonais, de Croates, de Serbes, de Macédoniens, d’Albanais sont dans le même cas, sans parler des Russes. Et nous sommes bien en Europe pour ceux qui ne parviendrait pas à localiser tout ce tas de pays.

      Alors oui, le capitalisme, ce n’est pas parfait, loin de là. Il y a des extravagances et des choses à revoir, à changer éventuellement. Mais de l’égalité et de la solidarité telle que prônée par pas mal de « tribuns » aujourd’hui, aucun peuple de l’ancien bloc de l’est y compris le peuple russe, ne veut jamais avoir à le revivre et pour sans doute dix-neuf générations au moins.

      Merci pour votre vécu et pour les idées que vous avez développées dans le post..

      Pierre.

  3. Et ne pas oublier que les anciens responsables du PC roumain et de la Securitate (police politique) sont comme par miracle tous au commande du capitalisme roumain…

  4. Quand je dis à quelqu’un que la crise actuelle n’est ni due au capitalisme, ni au libéralisme, ni à la mondialisation de l’économie, beaucoup de gens n’y croient pas. Car beaucoup de personnes sont victimes de ce que j’appelle la propagande étatique/socialiste. Mais je ne comprend toujours pas comment on peut penser que plus de fonction publique amènera plus de richesses. Dans le domaine du monde du vivant, les espèces s’améliorent avec le temps, ici c’est l’inverse, j’ai l’impression que le monde régresse et tends vers plus de socialisme/communisme au fur et à mesure du temps. Par exemple en France, avec l’augmentation des impôts ces dernières années, on en est arrivé au stade d’un état qui gère plus de 60% du PIB, c’est énorme, car il ne manque plus qu’un tiers pour devenir communiste à 100%. Pour que le capitalisme soit responsable de la crise, il faudrait déjà qu’il soit présent quelque part !

  5. Est-ce le capitalisme ou le libéralisme qui est accusé d’être le mal ? Je trouve que vous sautez un peu vite la crise des subprimes et des banques en général pour ne mettre en cause finalement que les états. Il me semble que l’Islande, l’Irlande ou même l’Espagne ont été plongées dans la crise par des dettes d’origine privée. Jusqu’en 2007 je pensais qu’en cas de faillite d’une entreprise les actionnaires devaient être les premières victimes. Mais on n’a pas laissé couler les banques. Too big to fail, risque systémique… Et certains états payent maintenant l’addition d’où la formule : privatisation des profits, mutualisation des pertes. Certes, ils ont faillis mais aussi dans la régulation.
    Et que dire aujourd’hui des risques que font peser les marchés des dérivés ?
    Vive le capitalisme avec des règles du jeu (anti-trust, régulation des marchés financiers).

    1. Bonjour Okavongo,

      Nous pensons que les actionnaires et les créanciers d’une entreprise mal gérée doivent en assumer les conséquences et pas les contribuables. Que cette entreprise soit un producteur automobile ou une banque … Il était si simple de « sauver les banques » en transformant les dettes long terme de celles-ci en actions : les banques étaient resolvabilisées, l’épargne des comptes courants et des livrets sauvée et ça ne coûtait rien à personne si ce n’est aux actionnaires qui se trouvaient totalement dilués avec des actions ne valant plus grand chose et aux créanciers obligataires qui devaient probablement patienter très longtemps avant de récupérer leur capital (cette idée n’est pas de nous, elle a été avancée par un certain nombre d’économistes).

      Le capitalisme, c’est la propriété privée des moyens de production ET la régulation par les marchés. Dans le cas précis des banques en difficulté, une fois de plus, on n’a pas laissé les marchés réguler les excès. Nous ne pensons pas que les états doivent engager l’ensemble des générations futures dans le sauvetage d’intérêts privés.

      Néanmoins, nous avons bien précisé dans notre article que le capitalisme était aussi coupable de la crise en continuant à prêter de l’argent à des états insolvables et en encourageant leurs gabegies. Nous aurions d’ailleurs pu ajouter que certaines relations « incestueuses » entre politique et finance ne sont peut-être pas étrangère à ce phénomène.

      Ceci dit, précisons que la perfection n’est pas de ce monde (économique) et que chaque position se doit d’être nuancée. Mais vous nous connaissez : étant donné que le consensus ambiant crie « à bas le capitalisme », il nous appartient d’en prendre le contrepied en bon « contrarian » que nous sommes 🙂

  6. Bonsoir,
    Je ne crois plus à la régulation par les marchés. Mais vous qui nous éduquez à longueur de colonnes sur les aberrations de Mr Market ne devriez pas être surpris de ce point de vue. Les dérivés ou le trading haute fréquence me semblent éloignés du « capitalisme à la papa » que vous évoqué dans votre article. Règle du jeu et régulation ne me semble pas être un gros mot. Et si l’on est pragmatique, l’on devrait tirer les conséquences de se qui vient de se passer et du sauvetage du secteur bancaire.
    Et pourtant, je suis un adepte de la liberté individuelle, je me suis protégé dès 2007 d’éventuelles faillites bancaires en achetant de l’or. Mais je suis inquiet par exemple devant la taille du marché des dérivés, secteur où j’ai peur que bien peu de monde comprenne grand chose. Et, comme vous, les relations incestueuses entre politique et finance me paraîssent évidentes et dangeureuses…

    1. Si je peux me permettre, j’espère pour vous que vous avez achetez de l’or physique, parce que sinon vous êtes pas plus protégé qu’avant….

    1. Bonjour Walhalla,

      En réalité, nous ne « prêchons » pas : ce n’est pas un article comme celui-là qui fera changer les convictions profondes de chacun. Il s’agit juste d’un petit article d’humeur sans autre prétention que de présenter les initiatives de micro investissement et leur intérêt dans notre monde devenu profondément anticapitaliste.

  7. Qu’ils soient de gauche ou de droite, n’oublions tout de même pas que le seul but de nos dirigeants est de nous baiser au profit d’une poignée de nantis protégés par le système. C’est pareil partout, le peuple est manipulé ou écrasé pour qu’il ferme sa gueule.
    Bien évidemment, il est plus doux d’être manipulé qu’écrasé et c’est pour cela que le monde tend vers la démocratie, mais ne nous leurrons pas, le résultat est le même pour la poignée qui rafle tout.
    Cela ne changera jamais, il y a eu des guerres, des révolutions, des faillites étatiques… et au final, toujours une poignée pour baiser une majorité.
    Il ne faut pas croire non plus, mon cher Pierre, que seul l’Est de l’Europe est en souffrance, l’Ouest a également sont lot de pauvres. Il y a bien entendu un décalage important, mais la souffrance est bien présente partout, et en croissance pour ceux qui vivent plus près de l’Atlantique que de la Russie.

    Le capitalisme n’est pas un mal, le libéralisme non plus, mais aujourd’hui, certains ont détourner ces concepts pour en tirer un profit important et immédiat.
    Ce qui se passe avec les banques est proprement écoeurant. Avec la complicité active des chef d’états, les caisses publiques sont pillées afin de sauver un système pourri jusqu’à la moelle. Des états doivent emprunter à 20% à des banques qui se refinancent à 0% ou presque ! Cherchez l’erreur…

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