Les « Daubasses » selon … Friedrich Nietzsche !

Pour changer, c’est avec l’aide d’un philosophe que nous vous présentons une nouvelle réflexion sur la valeur. Philosophe, philosophie, cela fait souvent froncer les sourcis et parfois même un peu peur. Car pas mal de monde pense que c’est un « machin » qui n’est pas facile à comprendre, un « bidule » abstrait et qui ne sert donc pas grand-chose, un truc finalement réservé aux seuls universitaires spécialisés dans des études de lettres ou à certains « coupeur de cheveux en quatre », des espèces de « coiffeur-styliste » de la pensée qui vivent déconnectés de la réalité.

Notre propre expérience de la philosophie et de la lecture des philosophes ne va pas du tout dans le sens de l’abstraction et de l’hermétisme mais plutôt vers une connaissance plus approfondie de l’homme ou de l’humain connecté à la réalité ou au réel. En effet, nous pensons que la philosophie permet de comprendre une multitude de rapports entre l’homme et sa vie, l’homme et ses rapports aux autres, l’homme et sa pensée ou encore sa manière d’agir ou de réagir dans la vie de tous les jours. Un tas d’histoire finalement que nous faisons tous les jours que nous vivons et qui ont des racines, qui sont régies par des mécanismes que nous ignorons le plus souvent.

Friedrich Nietzsche est de notre point de vue un véritable orfèvre de la philosophie dans le sens où il expose une pensée d’une clarté véritablement transcende dans un style d’une simplicité déconcertante. C’est un cas de plus en plus rare d’intellectuel capable d’expliquer des choses complexes dans un langage de presque tous les jours, le plus souvent poétique et toujours étonnant.

Nous n’avons pas découvert et lu l’œuvre de Nietzsche la semaine passée mais voici plus de 25 ans et c’est en « zappant » quelques pages de la « généalogie de la morale » que nous sommes tombés sur ce passage étonnant dans lequel le philosophe allemand explique la valeur, ce qu’elle produit comme sentiment chez l’homme et comment elles crée un lien entre les hommes.

Voici donc cet extrait qui va nous pousser une nouvelle fois à ouvrir les portes de l’univers de la valeur, pour essayer de comprendre un peu mieux encore notre manière d’investir aujourd’hui dans les « Daubasses ».

« …..Le sentiment de la faute, de l’obligation personnelle, – pour reprendre le fil de notre recherche -, tire son origine, comme nous l’avons vu, du rapport le plus ancien et le plus primitif qui soit entre personnes, du rapport entre acheteur et vendeur, créancier et débiteur : c’est là que pour la première fois la personne se mesure avec la personne. A notre connaissance, il n’est pas jusqu’au niveau de civilisation le plus bas, qui ne révèle quelque chose de ces rapports. Etablir des prix, mesurer des valeurs, inventer des équivalences, échanger – tout cela a préoccupé à tel point la toute première pensée de l’homme que ce fut en un sens la pensée tout court : c’est là qu’apprend à s’exercer la plus ancienne espèce de perspicacité, là que pourrait se situer la naissance de la fierté humaine, du sentiment de la préséance de l’homme sur les animaux. Peut-être le mot allemand « Mensch » (manas) exprime-t-il précisément quelque chose de cet amour propre : l’homme se désigne comme l’être qui mesure des valeurs, qui évalue et qui mesure, l’ « animal estimateur par excellence ». Achat et vente, y compris leurs accessoires psychologiques, sont plus anciens que les débuts de n’importe quel forme d’organisation sociale ou d’association que ce soit : c’est bien plutôt de la forme la plus rudimentaire du droit personnel que les collectivités les plus grossières et les plus primitives (dans leur relation avec des communautés semblables) reçoivent le sens de l’échange, du contrat, de la dette, du droit, de l’obligation et de la compensation en même temps qu’elles en reçoivent l’habitude de comparer puissance à puissance, de calculer, de mesurer……… »

extrait de Généalogie de la morale de Friedrich Nietzsche

Ce que nous trouvons le plus étonnant de ce passage, c’est quand Nietzsche dit : « Etablir des prix, mesurer des valeurs……. c’est là qu’apprend à s’exercer la plus ancienne espèce de perspicacité, là que pourrait se situer la naissance de la fierté humaine…… »

Nous le trouvons étonnant car c’est exactement ce que nous éprouvons et que vous avez certainement dû éprouver également cher( e) lecteur(trice) quand une Daubasse atteint enfin sa VANT, de la fierté, la fierté d’avoir été capable de perspicacité dans la mesure de la valeur de cette société, six mois voire deux ans auparavant. Une fierté certes primitive, selon Nietzsche, mais qui débouche sur des rapports plus complexes comme l’organisation sociale ou le rapport entre collectivité.

En ce qui nous concerne, nous allons tenter de rester sur le sentier de la valeur, en nous demandant d’abord quel rapport entretient l’homme d’aujourd’hui avec la valeur dans la vie de tous les jours.

Remontons d’abord aux origines et voyons concrètement l’illustration des propos de Nietzsche, avec quelques passages tirés d’un article sur l’histoire du troc de la professeure d’histoire Emily Beauvent, extrait du journal  « Troc en stock ».

« ……Le troc existe depuis que l’homme est apparu sur la Terre. Il a en effet commencé dès qu’un être suffisamment intelligent a pu comprendre qu’il pouvait échanger un silex contre une peau de bison sans devoir aller le chasser lui-même… »

« ……Au néolithique, avec l’apparition de l’agriculture et de l’élevage, les hommes ont commencé à échanger leurs surplus sur base du troc… »

« ………Rouliers des mers et navigateurs intrépides, les Phéniciens, dès le VIIIème siècle avant notre ère, poussèrent très loin hors de la Méditerranée leurs investigations. Au Vème siècle avant J.C., le grec Hérodote dans ses « Histoires » nous explique leur technique: « Lorsqu’ils ont débarqué leurs marchandises, ils les déposent en rang le long de la grève, se rembarquent sur leurs vaisseaux, et font de la fumée. Les indigènes, voyant cette fumée, se rendent au bord de la mer, déposent de l’or qu’ils offrent en échange de la cargaison et s’en retournent à distance. Les Carthaginois débarquent, examinent l’or; s’il leur paraît équivaloir à la cargaison, ils l’enlèvent et s’en vont; s’il ne leur paraît pas équivalent, ils remontent sur leurs vaisseaux et s’y tiennent. Les indigènes s’approchent et ajoutent l’or à ce qu’ils avaient déposé, jusqu’à ce qu’ils les aient satisfaits. Ni l’une ni l’autre des parties, disent les Carthaginois, ne fraudent…….. »

Nous pourrions multiplier les exemples de troc à travers les temps, mais ce qui est intéressant au départ, c’est la dernière phrase d’Emily Beauvent, qui nous explique que ni, l’une ni l’autre des parties ne fraude …Traduit pour le 21ièm siècle, cela signifie qu’il n’y a pas de spéculation dans l’échange mais une valeur jugée égale par les deux parties et acceptée comme tel.

Dans notre 21ièm siècle et surtout dans nos pays développés, nous ne pouvons plus dire vraiment que le troc existe de manière massive même s’il reste quelques exemples. Et pourtant c’est à notre avis avec la base de l’échange qu’est le troc que l’on comprend le mieux à la fois le fondement de la spéculation et ce que nous appelons aujourd’hui la valeur, concept qu’on le veuille ou non étroitement lié.

Pour mieux comprendre où commence la spéculation et les bonnes affaires ou encore l’idée de valeur, nous allons prendre un exemple de troc qui existe encore dans les petits villages d’Europe de l’est où, avant-guerre, l’agriculture tenait une place importante mais qui est aujourd’hui très mal en point par manque de moyen de la multitude de petits propriétaires terriens. Par contre chaque propriétaire de quelques hectares possède toujours aujourd’hui sa réserve de maïs pour nourrir ses animaux, du blé pour faire du pain, une vingtaine de poules pour les œufs, ses deux petits cochons pour noël, sa vache pour du lait, du fromage, … C’est là qu’à de multiple reprises, nous avons été témoin d’opération de troc comme, par exemple, l’échange de graisse de cochon pour la cuisine contre 12 œufs, deux sac de blés contre deux pneus un peu usés, de la farine contre du vin,…

Imaginons maintenant deux propriétaires terriens qui possèdent ce que nous venons de vous expliquer, mais l’un d’entre eux a terminé ses réserves de maïs et n’a plus de quoi nourrir ses poules à quelques semaine de la prochaine récolte. Il va donc trouver son voisin qui lui a encore une belle réserve de maïs et lui propose d’échanger deux sacs de maïs contre deux poules.

Si les deux parties sont d’accord sur la valeur de deux poules qui serait équivalente à deux sacs de maïs, nous sommes exactement dans l’exemple d’Emily Beauvent et des Phéniciens, il n’y a pas la moindre « fraude » ou spéculation.

Si par contre le propriétaire qui possède encore du maïs et n’est pas de prime abord intéressé par des poules puisqu’il en possède déjà une vingtaine, commence à penser que son voisin est dans une situation plutôt précaire pour la nourriture de ses poules, il pourrait avoir l’idée de faire une meilleure affaire que la proposition initiale ou la valeur est équivalente.

Une bonne affaire signifierait de proposer à son voisin contre ses deux sacs de maïs, trois poules au lieu de deux….. ! Cela signifierait donc que le propriétaire du maïs paierait les poule avec 33% de rabais.

Cette affaire est possible à la condition que d’autres voisins n’aient plus trop de maïs à disposition pour les troquer contre des poules. En gros cela dépendra de l’offre de maïs du voisinage, voire même du village.

Avec cet exemple du troc, la plus ancienne manière de faire du commerce, nous voyons donc émerger les conditions nécessaires à la réalisation d’une bonne affaire ou d’un achat sous la valeur , elles sont aux nombres de deux : c’est d’abord un événement inattendu (mauvaise gestion de la réserve de maïs du voisin) et ensuite cela dépendra de l’offre plus générale.

Au 21ème siècle quel sens avons-nous encore de la valeur, dans la vie courante, en tant que consommateur ?

Si cet exemple de troc est encore d’actualité aujourd’hui à l’Est dans les villages, nous ne pouvons pas dire que dans nos pays développés c’est chose courante. Ce qui nous amène à nous poser la question : quel est notre rapport aujourd’hui à la valeur dans la vie courante. Avons-nous toujours la perspicacité primitive d’évaluer les choses que nous achetons.

Nous pensons que la valeur proche du troc et que nous pourrions nommer le « sens de la valeur primitive » est de nos jours de moins en moins pratiqué et de moins en moins courante….Ce sens de la valeur primitive a été remplacé peu à peu par une pseudo valeur marketing où l’on retrouve en grande majorité les marques et toutes les nouveautés dans tous les domaines.

Voyons quelques exemples de perspicacité de la valeur « primitive ».

Vous échangez pour les vacances votre villa située sur la Côte d’Azur contre une villa en Toscane. En général, ce type de « troc » est équilibré et il est assez difficile de créer de la valeur puisque les villas échangées sont du même standing. Bien entendu, si vous parvenez à échanger votre villa de 10 pièces sans piscine, ni terrain de tennis contre une villa de 14 pièces avec piscine et tennis, vous avez réussi à échanger au rabais.

En Belgique, les magasins Colruyt proposent sur les produits de marques, les meilleurs prix, meilleurs prix même que Lidl ou Aldi. Et si vous trouvez moins cher, on vous rembourse la différence. On peut se dire que le prix payé est juste et nous nous retrouvons une nouvelle fois dans un échange équilibré. Mais, pour les Belges qui vivent à quelques kilomètres du premier supermarché français, allemand, luxembourgeois ou hollandais, … oh surprise …, c’est encore moins cher ! Pour ces frontaliers, le juste prix de Colruyt n’est pas du tout un juste prix.

Nous voyons donc qu’il est très difficile pour un consommateur de réaliser des achats au rabais ou de faire de bonnes affaires.

Finalement, d’après nos observations, nous pensons que c’est sur le seul marché des occasions que l’on peut acheter au rabais, aujourd’hui. A condition d’avoir une idée bien précise des prix du marché.

Prenons l’exemple des voitures d’occasions. En consultant le moniteur auto, vous savez que telle voiture, construite telle année, vaut tel prix. Si vous parvenez à acheter sous ce prix du marché, vous réalisez une bonne affaire et surtout un achat au rabais.

Il y a évidemment d’autre exemple mais nous en resterons là. Et ce que nous pouvons constater, c’est qu’il est très difficile, pour ne pas dire presque impossible, pour le consommateur de faire preuve de perspicacité pour mesurer la valeur de ce qui lui est proposé à la consommation et surtout de faire des bonnes affaires, voire d’acheter au rabais.

En fait, dans notre monde développé du 21 siècle, le consommateur est géré par une machine marketing qui lui fait croire à une pseudo valeur qui n’existe que par une multitude d’impressions, de sentiments, de manière de se positionner socialement. Toutes choses qui, objectivement, sont à la fois extrêmement fragiles et en perpétuel changement.

Les exemples sont très nombreux dans cette catégorie puisque c’est finalement la norme.

Nous pouvons tous observer que les « nouveautés » ont toujours un prix exorbitant. Pourquoi pouvons-nous juger le prix exorbitant d’emblée ? Tout simplement en observant que pour le même objet, quelques mois, voire quelques année plus tard, le prix a été divisé par 2, par 3, voire parfois même plus.

Prenez le prix des premiers écrans plats, voici 5 ans et comparez-le au prix d’aujourd’hui, pour vous en convaincre. Et c’est la même chose avec un tas d’objets qui va du téléphone portable à l’ordinateur, en passant un billet d’avion ou un vélo en fibre de carbone…

A chaque fois, la machine marketing essaie de vous faire croire qu’être les « premiers » est d’une grande importance pour votre vie, que vous faites partie des privilégiés ou encore que personne ne posera plus le même regard sur vous si vous êtes propriétaire de cet objet. La machine marketing vous explique finalement que ce n’est plus le prix qui compte mais l’aura ou la satisfaction personnelle que vous apporte la possession de l’objet … Ou encore que vous achetez bien plus qu’un objet et que ce « bien plus » a un prix qu’il faut ajouter à l’objet.

C’est évidemment extrêmement subtil, car vous pouvez, en achetant l’objet, aussi bien avoir l’impression d’appartenir à une élite dont vous ne faites pas partie socialement ou encore d’apparaître comme extrêmement branché aux yeux de vos amis…

Apple est par exemple la machine marketing la plus huilée du moment, la championne incontestable, avec ses nouveaux produits qui ressemblent aux précédents tous les 4-5 mois et qui se maintiennent à des prix exorbitants … Apple est parvenu à créer « le bien plus » qu’un portable, le « bien plus » qu’un MP3, le « bien plus » qu’une tablette, le « bien plus » qu’un téléphone … et, en définitive, à vous faire oublier toute notion de valeur « primitive » par rapport à la fonctionnalité première des objets…..

Evidemment, que tout ceci reste d’une fragilité extrême, puisque d’autres sociétés tentent de vous proposer les mêmes objets à fonctionnalité égale et à moindre prix. Mais surtout que le « bien plus » peut rapidement et définitivement disparaître soit par lassitude, soit parce que le « bien plus » est désormais autre part, sur un autre objet produit par une autre société.

Nous voyons donc que la notion de valeur primitive, de perspicacité à mesurer comme l’exprimait Nietszche a pratiquement disparu

L’investisseur à présent ?

Si nous avons essayé de comprendre la « valeur » par le biais du consommateur, c’est pour la simple raison que nous pensons qu’il y a des liens étroits avec l’investisseur et sa psychologie ou sa manière d’appréhender l’investissement puisque nous sommes tous, avant d’être des investisseurs, des consommateurs. Et nous parlons évidemment de deux types d’investissement dans la valeur.

Tout d’abord, les « Daubasses » que nous achetons avec un rabais par rapport à la valeur patrimoniale de la société. C’est vraiment surprenant pour l’investisseur de rencontrer ce type de sociétés car le consommateur que nous sommes tous n’a plus vraiment l’opportunité d’acheter à bon prix. Nous pourrions même affirmer que le réflexe quotidien, que la faculté de faire preuve de perspicacité a complètement disparu.

On comprend mieux avec la manière de fonctionner du consommateur, pourquoi, l’investisseur prend peur quand le marché est en chute libre et les prix proposés sont au rabais. Ce n’est plus dans ses habitudes d’acheter quoique ce soit avec une décote sur la valeur ! Ayant perdu cette habitude de perspicacité et de mesure, il justifie sa peur ou son manque de compréhension en se focalisant sur un paramètre comme les profits et pertes pour juger de la valeur de la société alors que la valeur « primitive » d’une société, ce sont ses avoirs moins ses dettes.

Et c’est tout le contraire qui se passe avec les « pseudos » investisseurs dans la valeur. Ils évaluent le futur avec le passé en se comportant comme des consommateurs « du bien plus », en imaginant que le « bien plus » est une valeur réelle et pérenne.

Ce type d’investisseur se concentre le plus souvent sur l’avantage concurrentiel du seul produit, en se référant à Warren Buffett sans comprendre ou presque que l’avantage concurrentiel du produit est le cadet des soucis de Buffett. Le « bien plus » de Buffett est souvent géographique, c’est souvent un produit de consommation courante dont personne ne peut concurrencer la distribution, c’est parfois aussi un produit banal vendu de manière ciblée.

C’est un duopole à défaut d’être un monopole. Quand Buffett propose 500 millions à LTCM pour des actifs qui sont passés de 3 milliards à 1 milliard, l’Oracle d’Omaha est plus proche du paysan du petit village de l’est qui est prêt à demander 3 poules en échange de 2 sacs de maïs parce que la situation lui est favorable.

Vous l’aurez compris, raisonner en consommateur quand on est investisseur ne peut mener qu’à des catastrophes

En conclusion, si la réappropriation « d’établir des prix, de mesurer des valeurs, d’inventer des équivalences » pour devenir un investisseur « intelligent » dans la valeur demande un réel effort au consommateur que nous sommes tous, force est de constater que si l’on parvient à redevenir un « animal estimateur », on modifie le consommateur que nous sommes … En fait on devient un bien piètre consommateur. C’’est le cas de votre équipe préférée, le quatuor des « Daubasse » : nous ne possédons pas de MAC, ni d’iPOD, d’iPAD, d’iPhone, d’iQuad, ni de Porsche, de Ferrari, de Mazerrati, ni de costume Armani, ni chemise Gucci, ni de boxer Dim « Di Caprio », … En fait, nous ne voulons ni faire rêver et ni accorder la moindre place au rêve quand nous investissons, nous voulons juste affronter le « réel » de manière « primitive », avec bon sens et sans concession, car la « fierté » procurée par la juste manière d’évaluer évoquée par Nietszche est tout simplement précieuse et irremplaçable.

Portefeuille au 23 Novembre 2012 : 4 Ans

  • Portefeuille : VL 5,6215 € (Frais de courtage et de change inclus)
  • Rendement Total : 456,40%
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  • Potentiel Estimé VANT / Cours 189,90%
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  • Rendement Annualisé : 53,58%
  • Rendement 2012 : 21,37%
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  • Rendement 2011 : -15,65%
  • Rendement 2010 : 38,07%
  • Rendement 2009 : 308,74%
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  • Taux de Rotation Annualisé : 19,23%
  • Effet Devise Total : 4,18%

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  • Tracker ETF Lyxor MSCI World : VL 103,1398 € (Frais de courtage inclus et dividende réinvesti)
  • Rendement Total : 53,83%
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  • Rendement Annualisé : 11,37%
  • Rendement 2012 : 11,69%
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  • Rendement 2011 : -8,22%
  • Rendement 2010 : 18,76%
  • Rendement 2009 : 30,34%

* Nous rappelons que ce portefeuille est un investissement réel

 

Performance mensuelle du portefeuille depuis sa création

 

 

Détails du Portefeuille

 

 

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A vous la parole : « Beating the street »

Dans cette rubrique, nous vous laissons la parole, à vous, ami(e) lecteur(trice). Cette rubrique est la vôtre : n’hésitez pas à nous proposer des textes de votre choix traitant de l’investissement au sens large.

Après un premier article de Michael, nous en publions aujourd’hui un autre proposé par Ben qui anime Bourseensemble, un blog pour débuter en bourse avec des résumés de livres sur les investissements financiers, des démarches et conseils pour réussir en bourse !

Parmi les challenges que s’est fixé Ben pour l’année en cours, il y a celui de lire 20 livres sur les placements financiers et de fournir une synthèse et critique pour chacun d’eux.

C’est dans ce cadre qu’il nous propose le résumé du best-seller de Peter Lynch : Beating the Street

 

Description de produit

 

Développer une stratégie d’investissement gagnante avec les conseils experts du “gestionnaire financier aux USA”.

 

La stratégie “investis dans ce que tu connais” de Peter Lynch est une référence pour les petits et grands investisseurs.

 

D’après Peter Lynch, une des clés pour investir est de se rappeler que les actions ne sont pas des tickets de loterie. Il y a une entreprise derrière chaque action et une raison qui explique pourquoi les entreprises et leurs actions se comportent comme elles le font. Dans ce livre, Peter Lynch nous montre comment devenir un expert sur une entreprise et comment on peut élaborer un portfolio rentable d’investissement, basé sur notre propre expérience et recherches. Il n’y a aucune raison qu’un investisseur individuel ne puisse pas égaler l’intelligence des experts, et ce livre nous montre comment faire.

 

Dans “Beating the street”, pour la première fois Lynch:

 

  • Explique comment concevoir une stratégie de fond commun de placement
  • Montre comment il s’y prend pour faire du stock picking, étape par étape
  • Décrit comment un investisseur individuel peut améliorer les performances de ses investissements pour rivaliser avec les experts des clubs d’investissement.

 

Résumé

 

Introduction

Les obligations ne valent pas le coup! Pour espérer avoir plus d’argent demain qu’aujourd’hui, il est conseillé de placer ses économies sur les actions, et principalement les actions ordinaires et non pas sur les obligations. En faisant cela, on a six fois plus de chance de faire mieux qu’en restant avec les obligations. Par exemple, sur une soixantaine d’années de 1920 à 1980, un investissement de $100,000 vaudrait $1.6 millions avec des obligations d’état et $25.5 millions.

Il est assez facile de faire mieux que 95% des experts qui gèrent des fonds communs en passant un peu de temps à étudier les entreprises d’une industrie qu’on connait bien et en utilisant des méthodes beaucoup plus simples de stock picking.

 

Chapitre 1: Le miracle de St. Agnès

Le stock picking est un art qui se meurt, principalement à cause des pertes engendrées. Les courtiers font leur argent grâce aux commissions qu’ils appliquent sur les fonds communs, les financements et les options et non pas sur le conseil.

Voici quelques points importants à garder à l’esprit:

 

  • Une bonne entreprise augmente souvent ses dividendes chaque année.
  • On peut perdre de l’argent très rapidement, mais il faut beaucoup de temps pour en gagner.
  • Le marché n’est pas un casino tant qu’on choisit les bonnes entreprises en pensant qu’elles iront bien plutôt que seulement à cause de leur cours.
  • On peut gagner beaucoup d’argent avec le marché, mais on peut aussi en perdre beaucoup.
  • Il faut faire ses recherches sur une entreprise avant de mettre de l’argent dessus.
  • Il faut toujours se diversifier quand on investit en bourse car sur cinq actions, une sera super, une sera vraiment bidon et trois seront moyennes.
  • Il ne faut jamais tomber amoureux d’une action pour toujours garder un esprit ouvert.
  • On peut avoir des dividendes plus élevés avec les entreprises des services publics, mais on gagnera plus d’argent avec les actions de croissance.
  • C’est pas parce qu’une action a chuté qu’elle ne peut pas aller encore plus bas.
  • Sur le long terme, c’est toujours mieux d’acheter les actions de petites entreprises.
  • Il ne faut jamais acheter une action parce qu’elle est pas chère, mais plutôt parce qu’on en sait beaucoup à son sujet.

 

De ces concepts basique, on en déduit les quelques conseils simples suivants:

 

  • Ne pas détenir plus d’actions qu’on peut en suivre.
  • Investir régulièrement.
  • Observer d’abord que les ventes et bénéfices par action augmentent raisonnablement pour ensuite vérifier qu’on peut acheter l’action à un cours raisonnable.
  • Evaluer la solidité financière et la structure de la dette pour vérifier si quelques mauvaises années pourraient   entraver les perspectives à long terme.
  • Acheter ou non l’action en fonction des perspectives de croissances et du cours.
  • Comprendre les raisons derrière la croissance passée des ventes pour anticiper la même progression.

 

Chapitre 2: L’inquiétude du weekend

La clé pour gagner de l’argent avec les actions est de ne pas en avoir peur. Et pour un investisseur, il est dangereux de vouloir essayer de connaitre toutes les news. Sa stratégie ne doit pas être influencée par ses inquiétude du weekend où rien ne se passe. Tout aussi important, il est impossible de connaitre le futur en regardant dans un rétroviseur.

Pour se protéger de ces différents aspects, une bonne approche est d’acheter des actions de manière régulière chaque mois par exemple. Et aussi, de conserver une vue sur la situation globale, en sachant que sur les 70 dernières années, les actions ont connu une performance de 11% par an en moyenne contre la moitié pour les obligations d’état et autres obligations.

Un bon stock picker sait conserver ses actions quand elles baissent, voire même en acheter d’autres.

 

Chapitre 3: Un tour d’horizon des différents fonds

La stratégie à suivre avec les fonds communs est la suivante:

 

  • Mettre le plus d’argent possible sur les fonds en action.
  • Pour acheter des obligations d’état, il vaut mieux les acheter directement au Trésor Public et éviter les fonds obligataires à cause des frais de gestion.
  • Connaitre les types de fonds en action qu’on possède et comparer leurs performances avec des fonds similaires.
  • Il est préférable de repartir notre argent entre trois ou quatre fonds en action (croissance, valeur, croissance émergent, etc.) pour toujours avoir son argent investi dans les secteurs les plus profitables du marché.
  • Quand on ajoute de l’argent dans son portfolio, il vaut mieux le mettre dans le fond sur le secteur qui est en retard sur le marché depuis plusieurs années.
  • Essayer de sélectionner le fond qui va réussir en fonction de ses performances d’hier est un exercice difficile et futile. Il faut plutôt se concentrer ceux qui ont un succès solide et s’y tenir. Constamment changer d’un fond à l’autre coute très cher.

 

Chapitre 4: Gérer Magellan: Les premières années

Avec plus de recul sur ses premières années chez Magellan, Lynch réalise que il aurait dû garder ses actions beaucoup plus longtemps car elles sont devenues encore plus rentables par la suite. Au milieu des années 80, Magellan détenait 130 lignes, par rapport à 50 – 60 durant les deux premières années. En 1981, Magellan dépassait les $100 millions et le portefeuille était principalement constitué de petites et moyennes entreprises dans la distribution et les banques.

Lynch passait aussi beaucoup de temps à visiter les bureaux des entreprises qui l’intéressaient. Et il a constaté que plus les bureaux d’une entreprise sont luxueux et plus la direction est généralement réticente à récompenser les actionnaires.

Il est préférable d’être sur l’offensive en recherchant constamment de meilleurs opportunités que celles qu’on a déjà, plutôt que sur la défensive.

 

Chapitre 5: Magellan: Les années intermédiaires

Une autre des clés pour réussir dans l’investissement est de se concentrer sur les entreprises et non pas sur les cours. Pour cela, les méthodes ressemblent à celle d’un reporter, c’est-a-dire lire les documents publics, discuter avec des intermédiaires comme les analystes et aussi directement avec les entreprises concernées. Le tout doit être fait en prenant des notes.

Le seul véritable moment où il est rentable de vendre ses actions pour acheter des obligations est quand le rendement des obligations dépasse le rendement des dividendes d’au moins 6%.

Quand Magellan était encore un petit fond, Lynch se concentrait sur les grosses actions et quand le fond est devenu plus gros il s’est concentré sur les petites actions. C’était pas une stratégie délibéré mais c’est ce qui a fonctionné.

Les bonnes affaires sont le Saint-graal des stock pickers. Une correction ne représente pas une catastrophe mais bien une opportunité pour acheter des actions à des cours peu élevés. C’est de cette manière que les grandes fortunes se sont constituées au fil du temps.

 

Chapitre 6: Magellan: Les dernières années

Le temps nécessaire à faire des recherches sur les actions et directement proportionnel au nombre d’actions détenues. Mi 1983 il y avait 450 titres dans le portfolio de Magellan et à l’automne le nombre avait doublé à 900. Vanguard Windsor géré par John Neff était le plus gros fond commun au monde. Magellan était le deuxième avec $1.6 milliards d’actifs. La théorie selon laquelle un gros fond ne peut qu’être mauvais est fausse et le nombre de titres détenus ne présage en rien de la performance.

Magellan a souvent été décrit comme un fond de croissance. La réalité était plutôt que Lynch avait la flexibilité d’acheter vraiment ce qu’il voulait. Courant 1984, les position de mon top 10 n’ont pas beaucoup changé car il s’est focalisé sur une stratégie “buy-and-hold” (“acheter et conserver” en français).

En 1983, $1 milliard avait été ajouté au fond, pareil en 1984 et $1.7 milliards en 1985. Pour absorber cette quantité d’argent, Lynch était constamment sur l’offensive en ré-évaluant le portfolio, en trouvant de nouvelles positions ou en renforçant celles existantes. Et la meilleure action à acheter peut être une qu’on détient déjà. En février 1986, Magellan dépassait les $5 milliards d’actifs.

Durant le reste de ma carrière à chaque fois que les marchés baissaient, Magellan baissait encore plus, pour se rattraper encore plus par la suite. À mon dernier jour chez Magellan, le fond avait $14 milliards d’actifs, dont $1.4 milliards de cash.

Il n’y a pas de honte à perdre de l’argent avec une action. Ça arrive à tout le monde. Ce qu’il ne faut pas faire en revanche c’est de s’accrocher à un titre, ou pire, d’en acheter encore plus si les fondamentaux se détériorent.

Les intervenants sur les obligations sont plutôt des investisseurs prudents qui surveillent attentivement la capacité de remboursement d’une entreprise. Comme les détenteurs d’obligations sont prioritaires sur les actifs de l’entreprise par rapport aux détenteurs d’actions, si les obligations ne valent presque plus rien alors les actions seront encore pires. Donc avant d’investir dans une action au cours très bas, il vaut mieux jeter un coup d’oeil au prix des obligations d’abord.

 

Chapitre 7: Art, Science et Travail sur le terrain

Le stock picking est aussi bien un art (intuition et passion) qu’une science (mesures et fondamentaux). Trop favoriser l’un par rapport à l’autre est dangereux.

Il suffit de quelques gros gagnants sur une décennie pour gagner beaucoup. Si une seule position sur cinq est un “10-bagger” (performance multipliée par 10) et que les quatre autres ne vont nulle part, on a quand même réussi à multiplier son capital par trois.

Les actions qui sont généralement valorisées au-dessus de leur ligne de bénéfices ont leur cours qui a tendance à se déplacer latéralement ou bien à baisser pour atteindre une valorisation plus raisonnable. La solution est donc d’acheter des actions dont le cours est en-dessous de leur ligne de bénéfices.

Quand une entreprise qui habituellement augmente ses dividendes annonce qu’elle va arrêter pour faire des économies, c’est assez souvent un drapeau rouge.

 

Chapitre 8: Faire ses courses pour les actions: Le secteur de la distribution

Comme stratégie d’investissement dans la distribution il vaut nettement mieux trainer dans les supermarchés et comptabiliser les entrées et sorties plutôt que de suivre les conseils de son courtier ou de la presse financière. Si on aime une boutique, il y a fort à parier qu’on va adorer l’action.

Une action de croissance qui se vend 40 fois ses bénéfices pour l’année qui vient est dangereusement surévaluée. En règle générale, une action doit se vendre au même niveau ou en-dessous de son taux de croissance (le taux auquel ses bénéfices augmentent chaque année). Une entreprise peut rarement tenir une croissance effrénée avec un taux de 25% ou 40%.

Quand on aime une entreprise mais pas son cours actuel, le mieux est de s’engager un petit peu et d’augmenter ses positions aux prochaines ventes.

Dans la distribution et la restauration, la croissance qui pousse les bénéfices et les cours provient principalement des expansions. Du moment que les ventes d’un même magasin augmentent, qu’il ne croule pas sous les dettes et qu’il suit le plan d’expansion décrit dans le rapport aux actionnaires, alors il est souvent payant de rester avec l’action.

 

Chapitre 9: Prospecter au milieu des mauvaises nouvelles: Comment “l’effondrement” de l’immobilier m’a conduit vers Pier 1, Sunbelt Nursery et General Host

Pour être récompensé, il faut chercher là où les autres investisseurs et particulièrement les autres gérants de fonds ont peur d’investir.

Les indicateurs intéressants à suivre dans l’immobilier sont:

 

  • le prix médian des maisons
  • l’indice d’accessibilité
  • le pourcentage de défaut sur les prêts immobiliers

Souvent ces indices plus discrets décrivent une toute autre histoire que ce qui est clamé haut et fort par les media. Une technique assez efficace est d’attendre que l’opinion générale sur un secteur bascule de mauvaise à encore pire pour acheter les entreprises les plus solides de ce secteur. C’est exactement ce que Lynch a appliqué avec Pier 1, Sunbelt Nursery et General Host.

Et quand les initiés achètent, c’est souvent un bon signe.

Aussi quand la valeur comptable d’une entreprise augmente, il est toujours bon de vérifier si c’est réel ou non. Pour cela, il faut se tourner vers le bilan. Normalement, la partie droite montre les passifs de l’entreprise (c’est-à-dire combien elle doit) et la partie gauche montre les actifs (c’est-à-dire ce qu’elle possède). La différence entre les deux est ce qui appartient aux actionnaires, appelée les capitaux propres. Ce qu’on veut voir sur le bilan, c’est des capitaux propres d’au moins deux fois la dette, et même plus si possible (Note: cliquez ici pour plus d’informations sur le bilan, les passifs, actifs, capitaux propres selon Buffett)

 Chapitre 10: Ma coupe courte à Supercuts

Par curiosité Lynch est allé chez Supercuts pour se faire couper les cheveux. Il y a des exceptions à “si on aime une boutique, il y a fort à parier qu’on va adorer l’action” 🙂 Il n’a pas aimé la coupe, mais pour les raisons suivantes il a quand même décidé de recommander l’action:

 

  • Le niveau de dette n’était finalement pas si élevé après discussion avec un membre du comité exécutif.
  • Comme c’est une franchise, les fonds sont apportés par les franchisés pour une expansion rapide sans utiliser le capital de l’entreprise ni des emprunts excessifs.
  • Le marché potentiel était énorme avec les petits salons de coiffure qui fermaient les uns après les autres sans une chaine qui dominait le marché pour adresser le manque.

 

Chapitre 11: Les fleurs dans le désert: Les belles entreprises dans les industries minables

Lynch a toujours été a l’affut des belles entreprises dans les industries minables. Une industrie qui grandit rapidement attire souvent trop d’attention et trop de concurrents. Comme l’a dit un jour Yogi Berra au sujet d’un restaurant célèbre à Miami Beach “c’est tellement célèbre, que plus personne n’y va”. Quand un secteur devient trop populaire, plus personne ne gagne de l’argent avec.

Dans une industrie minable qui ne grandit pas ou peu, les faibles disparaissent et les survivants obtiennent une plus grosse part du gâteau. Une entreprise qui peut capturer une portion grandissante d’un marché qui stagne est dans une meilleur position que celle qui lutte à protéger une petite part d’un marché séduisant. En affaire, la compétition n’est jamais aussi bien que la domination totale.

Ces belles entreprises dans les industries pourries partagent toutes les caractéristiques suivantes:

 

  • Elles sont toutes opérées à bas coûts par des économes au comité exécutif.
  • Elles évitent de s’endetter.
  • Elles rejettent les systèmes de caste d’entreprise.
  • Leurs employés sont bien payés et ont un intéressement dans le futur de l’entreprise.
  • Elles trouvent des niches dans des parties du marché qui ont été délaissées par les grosses entreprises.
  • Elles grossissent rapidement, plus rapidement que la plupart des entreprises dans les secteurs réputés pour leur croissance rapide.

 

Chapitre 12: C’est un super achat

Les S&Ls (“Savings & Loans Association” en anglais pour les “associations d’épargne et de crédit” en français) sont devenus très tendance au moment où le livre a été écrit.

 

Voici tout ce qu’il faut connaitre au sujet des S&Ls pour bien les évaluer:

 

  • Le cours actuel.
  • Le cours au moment de l’offre publique initiale (“IPO” en anglais pour “Initial Public Offering”).
  • Le ratio Capitaux propres sur Actifs (“Equity to Assets ratio” en anglais), d’au moins 7,5.
  • Les dividendes.
  • La valeur comptable (“Book value” en anglais).
  • Le PER (“Price Earnings Ratio” en anglais), c’est-à-dire le ratio de cours sur bénéfices.
  • Les actifs immobiliers à haut risque.
  • Les actifs défaillants à 90 jours (les prêts défaillants).
  • L’immobilier détenu.

 

Chapitre 13: Un examen plus approfondi des S&Ls

Pour augmenter ses chances Lynch préfère appeler directement les entreprises (le President, le CEO ou un membre du comité exécutif) plutôt que de seulement dépendre des informations communiquées par des intermédiaires. En faisant cela, il cherche ou bien à découvrir des informations spécifiques ou bien à déceler des surprises qui ne sont pas encore connues de Wall Street.

Pas besoin d’être un expert pour comprendre les S&Ls, il suffit d’avoir une idée assez simple de comment le business fonctionne. Un S&L a besoin de clients loyaux qui veulent conserver leurs économies sur des comptes d’épargne ou courants. Pour gagner de l’argent, il suffit de prêter cet argent à des emprunteurs fiables et d’avoir des couts opérationnels bas pour maximiser les bénéfices.

Lynch préfère aussi investir dans une S&L qui a démontre qu’elle pouvait survivre dans un environnement économique défavorable plutôt qu’une qui excelle dans un environnement en plein essor et qui n’a jamais été testée dans des conditions défavorables.

Voici les exemples de S&Ls que Lynch couvre dans le livre:

 

  • Glacier Bancorp
  • Germantown Savings
  • Soverign Bancorp
  • People’s Savings Financial
  • First Essex
  • Lawrence Savings

 

Chapitre 14: Les Master Limited Partnerships: Une affaire de rendement

Les “Master Limited Partnerships” (MLP) sont des sociétés en commandite. La grosse différence avec une entreprise à responsabilité limitée est que la MLP distribue tous ses bénéfices aux actionnaires ou bien sous forme de dividendes ou bien en remboursement de capital. Les dividendes en règle générale sont plutôt élevés. Le remboursement en capital permet à une partie de la distribution annuelle d’être exemptée de taxe aux Etats-Unis.

Un haut PER est souvent caractéristique d’une MLP.

Le célèbre dicton “Acheter au son des canons et vendre au son des trompettes” est souvent peu judicieux. Une mauvaise nouvelle à tendance devenir encore pire. Donc acheter sur une bonne nouvelle est plus avisé sur le long terme. On peut perdre un peu à attendre une bonne nouvelle plutôt que d’acheter la rumeur. Mais une bonne rumeur qui se concrétise sera toujours bon pour le cours à long terme. Alors qui si la bonne rumeur ne se concrétise pas, on se protège en attendant sa confirmation.

Lynch explique ensuite ce qu’est la survaleur (“goodwill” en anglais) – Location 3760.

Voici les exemples de MLPs que Lynch couvre dans le livre:

 

  • EQK Green Acres
  • Cedar Fair
  • Sun Distributors
  • Tenera Limited Partners

 

Chapitre 15: Les cycliques: On récolte ce qu’on a semé

Quand l’économie est en plein marasme, les gestionnaires financiers professionnels s’orientent vers les valeurs cycliques. Les hausses et baisses de l’aluminium, l’acier, le papier, les constructeurs automobiles, les produits chimiques et le secteur aérien sont presque aussi régulières et fiables que les saisons.

Quand le PER de ces entreprises cycliques est très bas, c’est souvent le signe qu’elles terminent leur période de hausse. Les cycliques sont comportent donc à l’opposé de la plupart des actions puisqu’un PER bas pour celles-ci indiqueraient plutôt la fin d’une baisse.

Avec les cycliques il faut donc arriver à identifier le bon timing. Il est dangereux d’acheter trop tôt, ou de ne pas avoir une bonne connaissance de l’industrie en question et de son rythme. Lynch investit donc au plus bas sur les cycliques, quand tout semble dire qu’elles ne peuvent pas aller pire.

Pour cela, le plus important est de savoir si le bilan est suffisamment solide pour survivre au prochain déclin. Et Lynch essaie souvent d’évaluer les différentes divisions d’une entreprise pour déterminer si la somme des différentes parties n’est pas supérieure à l’ensemble. Ce calcul est assez facile à faire avec les informations disponibles dans le rapport annuel, en multipliant les bénéfices d’une division par un PER standard puis en l’additionnant à ceux des autres divisions.

Voici les exemples de cycliques que Lynch couvre dans le livre:

 

  • Phelps Dodge
  • General Motors

 

Chapitre 16: Le nucléaire en détresse

Un peu comme les personnes physiques, les entreprises changent leur nom pour deux raisons: ou bien elles viennent de se marier, ou alors elles ont été mêlées à un fiasco qu’elles voudraient que tout le monde oublie.

Dans le nucléaire, quand un désastre frappe une entreprise, on retrouve facilement 4 étapes:

 

  1. Le désastre frappe: L’entreprise accuse une chute rapide de ses bénéfices. Cette chute se produit car l’entreprise subit un énorme cout qu’elle ne peut pas répercuter sur ses clients, ou bien parce qu’un énorme actif n’est plus utilisable. Assez rapidement, l’entreprise se trade entre 20% à 30% de sa valeur comptable.
  2. La gestion de crise: Dans la deuxième étape, l’entreprise essaie de baisser ses couts et d’adopter une politique d’austérité en réduisant ou même supprimant ses dividendes.
  3. La stabilisation financière: Pendant la troisième étape, grâce à la réduction de couts et les paiements réguliers de ses clients, l’entreprise arrive à continuer à opérer. Il n’y a toujours pas de dividendes, mais l’action se vend maintenant entre 60% à 70% de sa valeur comptable.
  4. Le rétablissement: L’entreprise est de nouveau capable de verser des dividendes et se vend à sa valeur comptable. L’entreprise peut s’améliorer si elle reçoit des capitaux ou bien si les autorités de régulation l’autorisent à transférer une partie de ses couts à ses clients.

Pour profiter de ces situations, il suffit donc d’acheter quand les dividendes s’arrêtent et de tenir jusqu’à ce qu’ils soient restaurés. Cette stratégie pour obtenir une performance impressionnante.

« Too big to fail » le livre et le film permettent de mieux comprendre les signes de crise, et plus particulièrement la dernière crise financière qui a touché le monde entier.

 
Chapitre 17: La vente de garage de l’Oncle Sam: Allied Capital II

Lynch trouve que la privatisation est un concept étrange. Une privatisation prend quelque chose qui appartient au public pour ensuite lui revendre. Ce qu’il faut savoir, c’est qu’à chaque fois qu’une privatisation a eu lieu pour les américains ou les britanniques, ça a souvent été bénéfique pour les acheteurs.

Ce phénomène s’explique assez facilement puisque les acheteurs sont aussi des électeurs, les gouvernements préfèrent satisfaire les investisseurs qui investissent dans le téléphone ou les énergies par exemple.

Chapitre 18: Mon carnet sur Fannie Mae

 

Pour qu’une action se comporte mieux que prévu, il faut que l’entreprise soit largement sous évaluée, sinon elle se vendrait à un cours plus élevé de toute façon. Quand l’opinion générale est plus pessimiste que la notre, on doit constamment vérifier les faits pour s’assurer qu’on n’a pas été trop optimiste.

Fannie Mae a été fondée en 1938 en tant qu’entreprise détenue par le gouvernement et a ensuite été privatisée dans les années 60. Sa fonction principale était de fournir de la liquidité au marché de l’immobilier en achetant des prêts immobiliers aux banques et S&Ls. La stratégie était d’emprunter de l’argent pas cher, pour acheter des prêts immobiliers à long terme qui payaient un taux fixe plus élevé et d’empocher la différence. La stratégie fonctionnait très bien au début, mais quand les taux d’intérêt ont augmenté, le cout d’emprunt a augmenté aussi et Fannie Mae a perdu beaucoup d’argent.

Lynch passe le reste du chapitre à fournir un historique rapide de Fannie Mae.

 

Chapitre 19: Le trésor au fond du jardin: Le Colonial Group of Mutual Funds

Pendant plusieurs années, Lynch est passé à côté d’un des groupes qui réussissaient le mieux dans Wall Street: les fonds communs de placement (“mutual funds” en anglais). Pendant les périodes où les fonds communs de placement sont populaires, il vaut souvent mieux investir dans les entreprises qui les commercialisent plutôt que dans leurs produits. Ce phénomène est identique à la Ruée vers l’or où ceux qui vendaient des pelles et des pioches réussissaient beaucoup mieux que ceux qui cherchaient de l’or.

La technique de trouver des actions sous-évaluées au sein d’un groupe attractif est une solution que Lynch s’est employé à utiliser avec un grand succès en général comme par exemple avec Colonial Group.

 

Chapitre 20: Les actions dans la restauration: Mettre son argent où sa bouche est

Le secteur de la restauration est réputé être un secteur coupe-gorge. Mais la restauration a un énorme avantage par rapport au secteur de l’électronique ou des vêtements par exemple. Si une nouvelle chaine de fish and chips démarre en Californie, alors qu’une meilleure existe déjà à New York, celle de Californie n’en pâtira pas du tout.

Ce qui fait la différence dans le succès entre plusieurs chaines de restaurants c’est une gestion compétente, un financement adéquate et une approche méthodique pour l’expansion. Quand une chaine essaie d’ouvrir trop de restaurants à la fois, elle risque de choisir les mauvais emplacements, les mauvais managers, payer trop cher pour l’immobilier ou échouer à former les employés correctement.

Les éléments à surveiller dans la restauration sont les mêmes que dans la distribution: le taux de croissance, la dette et les ventes d’un même restaurant. Donc a chaque fois qu’on trouve une chaine avec une croissance de 25% qui se vend à 20 fois les bénéfices, c’est un bon achat.

 

Chapitre 21: Le bilan des 6 mois

Le bilan des 6 mois est un exercice qui permet de suivre l’histoire qui se déroule et de déterminer si l’action est toujours raisonnablement évaluée par rapport à ses bénéfices et quelles mesures sont mises en place dans l’entreprise pour augmenter les bénéfices. Pour cela, il est préférable d’être équipé des bons outils boursiers et notamment d’un journal.

Après cette évaluation, il existe 3 scénarios possibles:

 

  1. L’histoire s’est améliorée, auquel cas on peut même augmenter l’investissement.
  2. L’histoire s’est dégradée, auquel cas on peut réduire l’investissement.
  3. L’histoire n’a pas changé, auquel cas on peut conserver cet investissement ou bien mettre son argent dans une autre entreprise aux perspectives plus brillantes.

 

Critique

 

Pour

 

  • C’est assez appréciable d’avoir un livre écrit par un des plus grands gérants financiers de fonds communs de placement car il est souvent rare d’avoir accès à ce genre d’informations privilégiées.
  • Une approche très simple basée sur les fondamentaux d’une entreprise et le bon sens.
  • Pas de jargon trop technique donc le livre reste vraiment accessible au débutants.
  • Peter Lynch a touché à de nombreux secteurs durant sa carrière auprès de Magellan ce qui permet d’avoir une vue sur divers secteurs.

 

Contre

 

  • Les exemples d’entreprises sont vieux maintenant puisque le livre a été écrit en 1993, mais la logique reste néanmoins tout à fait valide.
  • Le livre est un peu long sur certains passages, surtout quand Lynch rentre dans le détail de conversations spécifiques comme celles avec son coiffeur.

 

 

Crédits photo: © Unclesam – Fotolia.com

 

 

 

Portefeuille au 16 Novembre 2012 : 3 ans et 358 jours

  • Portefeuille : VL 5,4942 € (Frais de courtage et de change inclus)
  • Rendement Total : 443,80%
  • .
  • Potentiel Estimé VANT / Cours 198,40%
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  • Rendement Annualisé : 53,02%
  • Rendement 2012 : 18,62%
  • .
  • Rendement 2011 : -15,65%
  • Rendement 2010 : 38,07%
  • Rendement 2009 : 308,74%
  • .
  • Taux de Rotation Annualisé : 19,58%
  • Effet Devise Total : 6,14%

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  • Tracker ETF Lyxor MSCI World : VL 100,4734 € (Frais de courtage inclus et dividende réinvesti)
  • Rendement Total : 49,85%
  • .
  • Rendement Annualisé : 10,69%
  • Rendement 2012 : 8,80%
  • Rendement 2011 : -8,22%
  • Rendement 2010 : 18,76%
  • Rendement 2009 : 30,34%

 

* Nous rappelons que ce portefeuille est un investissement réel

 

Performance mensuelle du portefeuille depuis sa création

 

 

Détails du Portefeuille

 

 

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Bas les masques : Entorian Technologies

La société que nous démasquons cette semaine, cher(e) lecteur(trice), a été revendue au début de la semaine écoulée.  Elle nous semble intéressante parce qu’elle représente, une fois de plus, la preuve éclatante qu’il n’est pas nécessaire qu’une société génère des bénéfices pour que les actionnaires puissent « palper de la valeur ».

La compagnie en question, c’est donc Entorian Technologies, une entreprise qui sous-traite pour Dell des produits destinés essentiellement à la défense. En octobre 2010, nous avons acheté des actions Entorian à un coût de revient, frais de courtage inclus, de 2,92 usd.  Jusqu’il y a peu, le cours de l’action a « vivoté » dans une bande d’une vingtaine de pourcents autour de notre prix d’achat, perdant malgré tout, début 2012, 50 % par rapport à notre coût d’achat en touchant un plus bas abolu à 1,46 usd. A ce moment-là,  la majorité des investisseurs aurait sans doute pensé  que cet investissement était un désastre complet …

Le 4 novembre 2012, la direction annonçait la mise en liquidation de la société et estimait que l’actif liquidé pourrait représenter entre 6 et 8,25 usd par action.  Le lendemain, nous vendions nos actions sur la bourse à un cours de 6,71 usd, soit, en euros et frais de courtage déduits,  près de 147 % au-dessus de notre cours d’achat.  Et c’est ainsi que le « désastre complet » s’est tranformé en bagger …

Nous avons souhaité vendre car, en tant que club d’investissement belge, les sommes versées à titre de boni de liquidation auraient été considérées comme des dividendes et, en tant que telles, soumises au double impôt américain et belge soit 15 et 25 %.  Par contre, nous sommes exemptés d’impôts sur la plus value réalisée.  A notre cours de vente de 6,71, nous obtenons l’équivalent après impôts d’un boni de liquidation de 10,53 usd, largement supérieur à ce que la direction annonce.

Bien évidemment, nos abonnés ont été avertis en temps quasi réel de ces opérations, tant à l’achat qu’à la vente.

Une fois de plus, la preuve que même une société qui ne génère aucun bénéfice peut procurer de la valeur pour ses actionnaires … à condition de l’avoir acheté très bon marché, largement sous sa valeur à casser.

Nous vous proposons ci-dessous l’analyse que nous avions mis à la disposition de nos abonnés au moment de notre achat. Attention, elle date donc d’octobre 2010. Vous pourrez notamment constater que la mise en liquidation volontaire était un de nos scenarios privilégiés pour retirer de la valeur de cette société.

Bonne lecture.

 

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I. Introduction

Entorian Technologies a été créée en 2003. A l’origine, la société est spécialisée en barrettes de mémoire pour ordinateur. En 2008, Entorian rachète Augmentix, une entreprise qui fabrique des composants spéciaux pour les PC de Dell. Les produits d’Augmentix sont utilisés pour rendre plus robuste certains modèles de PC afin qu’ils puissent être utilisés dans des conditions de travail difficiles (armée, police, …)

Depuis, Entorian a peu à peu abandonné la fabrication de barrettes de mémoire pour se concentrer sur les produits à technologie « tout-terrain » de Dell.

La conséquence en fut que Dell est devenu le seul client d’Entorian et qu’Entorian est le seul à fabriquer ces modules spéciaux qui s’ajoutent aux PC de Dell.

L’entreprise détient trois brevets qui portent principalement sur des méthodes de durcissement pour améliorer ses produits. 13 autres demandes de brevets ont été déposées et sont en attente.

Son principal concurrent est Panasonic.

Le 11 octobre, nous avons acheté des actions Entorian à un coût de revient (frais de courtage inclus) de 2,92 usd.

II. La Valeur d’Actif Net Net (VANN)

La société détient un actif courant de 10,42 usd par action duquel nous déduisons des dettes pour 3,32 usd par action. Nous avons donc obtenu une Valeur d’Actif Net Net de 7,10 usd et obtenu une marge de sécurité de 58,8 % par rapport à notre coût d’achat.

III. La Valeur d’Actif Net Estate (VANE)

Nous constatons que la société détient des immeubles qu’elle a acquis pour un prix de 0,54 usd par action. Nous prenons notre traditionnelle marge de sécurité de 20 %sur cette valeur, l’ajoutons à la VANN et obtenons une VANE de 7,53 usd par action.

IV. La Valeur de Mise en Liquidation Volontaire (VMLV)

Fidèles à nos habitudes, nous commençons par l’actif courant. La plus grosse partie de cet actif courant (4,76 usd par action) est constituée par de la trésorerie ou des placements de trésorerie. Si le cash n’appelle aucun commentaire, nous constatons que la majorité des placements de trésorerie consiste en « prêts étudiants » ayant des échéances finales au-delà de 2034. Ces prêts sont classés AAA ou AA et 67 % d’entre eux sont garantis par les pouvoirs publics. Nous décidons de prendre une marge de sécurité de 25 % sur les 33 % non garantis soit 0,11 usd par action.

Nous trouvons ensuite des créances commerciales pour 2,72 usd par action. Nous n’avons pas beaucoup d’informations sur ces créances même si nous pouvons imaginer qu’une bonne partie est tirée sur Dell. Cependant, nous savons aussi qu’une autre partie consiste en des retours de marchandises vers des fournisseurs. Le délai moyen de paiement est de 41 jours et nous semble correct. Dell présente une solvabilité plutôt médiocre (ratio de solvabilité « maison » de +/- 25 %), les énormes cash flows qu’elle génère devrait, en principe, lui permettre de faire face à ses obligations. Concernant les retours de marchandises, on peut imaginer que ce sont les mêmes intervenants auxquels Dell doit acquitter ses dettes commerciales et qu’en cas de problèmes, le jeu des compensations entre solde dû et solde à recevoir pourrait jouer. Pour ces raisons, nous décidons de ne prendre qu’une marge de sécurité de 5 % sur ce poste, soit 0,14 usd.

Nous sommes plus circonspects au sujet des stocks : ceux-ci sont composés de modules « high tech » très spécifiques et il n’est pas certain du tout qu’Entorian pourrait les écouler si Dell venait à rompre ou à ne pas renouveler son contrat. Pour cette raison, et pour la première fois depuis que nous investissons en daubasses, nous décidons de prendre une marge de sécurité sur ce poste de… 100 %, soit 2,21 usd par action.

Nous tenons compte d’impôts à recevoir mais excluons les impôts différés (0,07 usd par action) et les « autres actifs courants » (0,08 usd par action).

Au niveau de l’actif fixe, outre les immeubles, nous constatons que la société a acquis pour un prix de 1,53 usd, différents équipements de production. Nous les reprenons pour 5 % de cette valeur, soit 0,08 usd par action.

Hors bilan , nous trouvons une réclamation de Samsung concernant un ancien partenariat avec Entorian. Samsung estime avoir versé trop de commission à Entorian et lui réclame 0,75 usd par action. La direction d’Entorian estime qu’il ne sera pas fait suite à cette réclamation. Néanmoins, par prudence, nous provisionnons ce litige et amputons la VMLV de cette somme.

En fonction de ce qui précède, nous fixons la Valeur de Mise en Liquidation volontaire d’Entorian à 4,25 usd par action.

V. La Valeur de la Capacité Bénéficiaire (VCB)

La société n’ayant pas généré de bénéfice d’exploitation ces dernières années, nous ne sommes pas capables de calculer sa VCB.

Néanmoins, nous constatons que pour le 1 er semestre 2010, le résultat d’exploitation est à l’équilibre en raison notamment de la vente d’activités structurellement déficitaires. La hausse des ventes nous semble également constituer un point qui permet d’espérer une bonne rentabilité dans le futur.

VI. Conclusions

A notre coût d’achat de 2,92 usd, nous avons obtenu une marge de sécurité de :

58,8 % sur la VANN

61,2 % sur la VANE

31,3 % sur la VMLV

Comme vous le savez, cher abonné, nous adorons les cerises. Avec Entorian, nous remarquons surtout le poste de frais de recherche et développement : une seule année de R&D représente 70 % de notre coût d’achat. Nous pensons donc qu’il existe bien un « savoir-faire caché » assez important et que, tôt ou tard, le cours de la société en tiendra compte soit par une absorption par Dell, soit par une rentabilité élevée.

Reste ce qui est, selon nous, le principal problème de cette entreprise : elle est « mono-client ».

Que se passerait-il si Dell cessait de collaborer avec Entorian ? Nous espérons que dans ce cas, la direction serait suffisamment sage pour mettre la société en liquidation car, à notre prix d’achat, nous disposons d’une solide garantie sous forme d’actifs bien tangibles.

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Portefeuille au 9 Novembre : 3 ans 351 jours

  • Portefeuille : VL 5,6613 € (Frais de courtage et de change inclus)
  • Rendement Total : 460,34%
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  • Potentiel Estimé VANT / Cours 187,89%
  • .
  • Rendement Annualisé : 54,50%
  • Rendement 2012 : 22,22%
  • .
  • Rendement 2011 : -15,65%
  • Rendement 2010 : 38,07%
  • Rendement 2009 : 308,74%
  • .
  • Taux de Rotation Annualisé : 18,98%
  • Effet Devise Total : 6,34%

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  • Tracker ETF Lyxor MSCI World : VL 102,9661 € (Frais de courtage inclus et dividende réinvesti)
  • Rendement Total : 53,57%
  • .
  • Rendement Annualisé : 11,44%
  • Rendement 2012 : 11,50%
  • Rendement 2011 : -8,22%
  • Rendement 2010 : 18,76%
  • Rendement 2009 : 30,34%

 

* Nous rappelons que ce portefeuille est un investissement réel

 

Performance mensuelle du portefeuille depuis sa création

 

 

Détails du Portefeuille

 

 

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A vous la parole : le niveau des frais dans la gestion des fonds

Nous inaugurons une nouvelle rubrique dans laquelle nous vous laisserons la parole, à vous, ami(e) lecteur(trice). Cette rubrique sera la vôtre : n’hésitez pas à nous proposer des textes de votre choix traitant de l’investissement au sens large.

Le premier article que nous vous présentons aujourd’hui est proposé par notre ami Michael. Michael est un membre historique de « Valeur et Conviction ». C’est quoi « Valeur et Convictions » ? Il s’agit d’un groupe d’amis créé  à l’origine (en août 2006, 6 ans déjà !) par des membres du forum Sicav de Boursorama qui ont souhaité discuter, entre eux, d’investissement en actions directes. Petit-à-petit, au sein de « Valeur et Convictions », quelques-uns se sont intéressés aux fameuses « net net » et Michael fut un de ceux-là. Malgré une participation active à notre réflexion de départ, il n’a pas franchi le pas d’intégrer l’équipe des daubasses à l’origine : il préféra rester concentré sur ses investissements en fonds de placement devenant un observateur avisé de ce milieu.

Un des critères les plus importants qu’il utilise pour sélectionner les fonds dans lesquels il investit, ce sont justement les frais de gestion. En effet, maîtriser ses coûts, c’est une des missions essentielles pour les managers d’entreprise. Et pour des fonds de placement pour lesquels la rentabilité future est encore plus aléatoire, le poids des charges est un des éléments prépondérants de la performance future du fonds.

D’ailleurs, pour certains gérants partisans de l’efficience des marchés comme John Bogle, le niveau de frais est le seul critère qui permettra, sur le long terme, de différencier les performances des différentes sicav.  Même si vous vous doutez que nous ne partageons pas ce dernier point, nous pensons que c’est malgré tout un élément à prendre en compte.

Aimablement, Michael nous a proposé un petit article qui résume son travail d’analyse des management fees des maisons de gestion qu’il suit. Nous avons le plaisir de vous le présenter…

 

Méthodologie :

Nomenclature :

TER (Total Expense Ratio) représente la totalité des frais prélevés sur l’année. Il correspond à la somme des frais de gestion et des frais de surperformance.

Les valeurs sont représentées de la manière suivante dans le tableau :

TER (frais de gestion + frais de surperformance).

Ex : 2.10 (2+0.10) signifie un TER de 2.10% composé de 2% de frais de gestion et 0.10% de frais de surperformance.

« ? » signifie que la valeur n’est pas précisée.

 

Commentaire :

L’AMF nous a présente le document DICI (Document d’information clef pour l’investisseur : http://www.amf-france.org/documents/general/10165_1.pdf) comme une homogénéisation du format des prospectus au niveau européen pour garantir la transparence des OPCVM aux investisseurs.

Je cite : « Le DICI affiche un tableau des frais réellement prélevés l’année précédente (pour les frais courants) et un taux maximal (pour les frais d’entrée et les frais de sortie). Cela vous offre une vision plus précise. »

Ceci est malheureusement faux, vu que dans ce format les frais d’intermédiation (transaction, mouvement) sont exclus des frais de gestion et que le chiffre réel des frais de surperformance n’est plus obligé d’être précisé.

Il y a donc certaines maisons, qui en passant au format DICI, ne donnent plus leur chiffre de frais de surperformance, alors qu’il le précisait jusqu’à présent… Ce manque de transparence regrettable explique le nombre croissant de « ? » dans les calculs de TER.

Indépendamment des frais de surperformance, nous ne connaissons plus les frais d’intermédiations, en particulier les frais de mouvements que je considère comme des frais de gestion cachés. En général ces frais de mouvements sont limités, mais il est regrettable de ne pas avoir ce chiffre, car nous ne pouvons plus connaitre le réel TER annuel. De plus certaines maisons peu scrupuleuses pourraient profiter de cette brèche règlementaire pour augmenter les frais de mouvement sans que cela ne soit visible pour l’investisseur. J’ai mis en avant dans le tableau, les maisons les plus sérieuses, qui dans un souci de transparence, continue à donner des indications sur leur frais de mouvement.

 

Tableau :

 

 

Fonds TER 2008 TER 2009 TER 2010 TER 2011 Commentaire
 Fonds France/Europe 
Sextant PEA 2.40 2.40 4.56 (2.40+2.16) 2.50 (2.41+0.09)
Sextant Europe N/A N/A N/A Non dispo
MMC  (Moneta) 1.80 4.93 (1.80+3.13) 1.99 (1.80+0.19) 1.80+? Chiffre de surperformance 2011 non précisé. Il s’agit d’un high water mark sur indice de référence
MME (Moneta) 1.80 1.80 1.80 1.80+? Chiffre de surperformance 2011 non précisé. Il s’agit d’un high water mark sur seuil de 7%
Entrepreneurs (Flinvest) 1.79 Non dispo 1.80 (1.80+0) 1.79+? Chiffre de surperformance 2011 non précisé.
Tricolore Rendement 2.15 2.37 2.20 2.27
Valfrance 2.17 2.09 2.16 2.12
Centifolia 2.63 2.63 non dispo 2.60
Tocqueville dividende 2.81 2.64 non dispo 2.56
Agressor 2.84 2.84 2.91 2.76 frais de mouvement inclus
Bestinfond N/A 1.93 2.25 2.25
 Fonds Mixte 
Carmignac Patrimoine 1.82 2.35 (1.74+0.6) 1.77 (1.77+0) 1.65 (1.65+0)
Echiquier Patrimoine 1.20 1.20 1.20 1.19
Eurose 1.40 1.40 Non dispo 1.41
 Fonds Monde 
Sextant GL  2.07 2.06 5.20 (2.06+3.14) 2.08 (2.01+0.07)
Sextant Inc N/A 2.08 5.67 (2.05+3.62) 2.06 (2.02+0) frais de mouvement inclus
Carmignac Investissement 2.09 5.71 (2.01+3.70) 2.57 (1.88+0.69) 1.78 (1.78+0)
Valeur Intrinsèque 2.25 2.24 2.25 2.26 (2.26+0)
Skagen global N/A 2.75 (1+1.75) 1.29 (1+0.29) 1.00 (1+0)
 Fonds Emergents 
Sextant ADM  2.43 2.42 5.06 (2.42+2.64) 2.17 (2.46+0.01)
Carmignac Emergents 2.51 2.70 3.79 (2.13+1.66) 1.81 (1.81+0)
Magellan 2.15 2.04 2.01 2.03
East Capital Balkan 2.50 2.50 2.50 2.46
East Capital Eastern Europe N/A N/A N/A 2.49
 Fonds Matières premières
Sextant Peak Oil 2.79 2.41 6.99 (2.40+4.52) 2.49 (2.44+0.05)
Carmignac Commodities 4.09 6.96 6.96 2.56 (2.56+0)
Tectonic Fund 2.54 Non dispo 20.81 (2.80+18.01) 2.79 (2.79+0)

 

 

 

 Analyse :

L’année boursière 2011 ayant été mauvaise, les frais de surperformance sont presque inexistants, ce qui aboutit à une normalisation des TER.

Aucun OPCVM n’a un TER supérieur à 2.80%, ce qui est rassurant. La palme des frais les plus raisonnable est attribuée à Skagen global avec un TER de 1%. Cela tend à montrer que les frais des OPCVM des maisons françaises sont globalement élevés en comparaison des OPCVM gérés par des maisons européennes. Un coup d’œil rapide aux OPCVM gérés par des américains, vous montera que leurs frais sont également significativement plus faibles que les OPCVM gérés par des français.

A propos du calcul du TER, je rappelle tout de même que certains TER peuvent avoir été sous-estimés vu que les frais de mouvements ne sont plus obligés d’être précisé règlementairement.

De plus, 3 OPCVM n’ont pas donnés leur frais de surperformance (comme leur autorise DICI) : MMC, MME et Entrepreneurs. Je pense que ces frais de surperformance ont été nulles pour l’année 2011, mais j’espère qu’ils donneront ces chiffres les prochaines années. Cela sera évidemment à surveiller.

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Portefeuille au 2 Novembre 2012 : 3 ans 344 jours

  • Portefeuille : VL 5,5721 € (Frais de courtage et de change inclus)
  • Rendement Total : 451,52%
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  • Potentiel Estimé VANT / Cours 191,19%
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  • Rendement Annualisé : 54,20%
  • Rendement 2012 : 20,30%
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  • Rendement 2011 : -15,65%
  • Rendement 2010 : 38,07%
  • Rendement 2009 : 308,74%
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  • Taux de Rotation Annualisé : 18,86%
  • Effet Devise Total : 5,31%

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  • Tracker ETF Lyxor MSCI World : VL 104,7539 € (Frais de courtage inclus et dividende réinvesti)
  • Rendement Total : 56,23%
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  • Rendement Annualisé : 11,98%
  • Rendement 2012 : 13,44%
  • Rendement 2011 : -8,22%
  • Rendement 2010 : 18,76%
  • Rendement 2009 : 30,34%

 

* Nous rappelons que ce portefeuille est un investissement réel

 

Performance mensuelle du portefeuille depuis sa création

 

 

Détails du Portefeuille

 

 

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