Question des lecteurs : quel méli-mélo ! Notre méthode détaillée

investir à la Schloss

Nous avons résumé dans ce titre une question d’un de nos lecteurs qui a, en réalité, été énoncée de manière plus exhaustive et avec bien plus de tact de la manière suivante : « votre approche semble efficace. J’aurais même tendance à y adhérer mais je dois bien reconnaître que, parmi la multitude d’articles de votre blog, j’ai quelques difficultés à déterminer avec précision votre méthode d’investissement. »

Que voilà, ami(e) lecteur(trice) une remarque qui, avec le recul, nous semble pertinente. Il est vrai qu’en près de 360 articles, nous en avons raconté des choses… Voici donc l’occasion de clarifier et résumer, une fois pour toute, la méthode d’investissement que nous appliquons, à l’heure actuelle, pour notre club.

Commençons donc par le commencement et souvenez-vous…

krash boursier

Novembre 2008… L’orage qui grondait dans le lointain éclate en un fracas violent. Les éléments se déchaînent et semblent se liguer contre les rares audacieux qui osent encore pointer leur nez à l’extérieur.

Audacieux ? Pas tant que cela : si vous avez revêtu votre ciré jaune imperméable, si vous vous tenez loin des arbres et toitures qui pourraient s’abattre avec fracas, si vous avez revêtu de bonnes bottes en caoutchouc et évitez de vous positionnez dans les flaques d’eau afin d’éviter d’attirer la foudre, est-ce que vous êtes finalement si exposés au danger que cela ?se protéger des krash

Novembre 2008 ? Vous aurez compris que c’est le moment que nous avons choisi pour nous lancer dans le grand bain, dans la grande aventure de l’investissement dit « selon Benjamin Graham ». Nous vous proposons ci-dessous un petit récapitulatif de notre process d’investissement qui permettra, nous l’espérons, aux nouveaux lecteurs de bien appréhender notre philosophie d’investissement et son évolution au gré de nos réflexions et de l’évolution des marchés.

Vous verrez aussi que, quoi qu’il arrive, nous sortons toujours avec notre ciré jaune, nos bottes en caoutchouc et restons éloignés des arbres et toitures que ce soit en pleine tempête mais aussi… lorsque le soleil est radieux.

Donc, fin 2008, en pleine bourrasque boursière, trois compères décidèrent de s’aventurer dans l’investissement boursier et de fonder un club d’investissement investissant exclusivement sur des sociétés complètement rejetées par les marchés, des mégots de cigares, des « daubasses »…  Comme les 3 mousquetaires qui étaient en réalité… 4, l’équipe des daubasses s’est enrichie, un peu plus tard, d’une 4e personnalité, elle aussi convaincue par les vertus de l’investissement « deep value » et de l’opportunité de baser ses décisions d’investissement sur les actifs plutôt que les bénéfices.

Afin d’éviter tenir compte de la conjoncture ambiante qui était, comme nous vous le rappelions ci-dessus tout bonnement détestable, ils décidèrent d’appliquer les 2 règle principales énoncées par  Warren Buffett en matière d’investissement : « La première, c’est : « ne pas perdre de l’argent » et la deuxième, c’est : « ne pas oublier la première règle ».

Trois idées maîtresses ont été mises en avant pour appliquer cet adage :

  1. Acheter avec une marge de sécurité sur la valeur des actifs tangibles de la société
  2. N’acheter que des sociétés peu endettées
  3. Diversifier suffisamment le portefeuille

1.   Marge de sécurité sur les actifs tangibles

investir dans la valeur

Nous avons opté pour 4 supports différents pour  notre politique d’achat.

Le premier qui fut utilisé exclusivement au lancement du portefeuille consistait à acheter des actions cotant sous la valeur du fonds de roulement net de la société, ce que nous avons appelé des VANN (Valeur d’Actif Net Net). Généralement, ce type de société est privilégié par rapport aux autres car c’est là que nous pensons obtenir les meilleurs rapports « rendement potentiel/risque ».

Nla marge de sécuritéous avons expliqué dans cet article la manière de calculer cette valeur.

Au fur et à mesure de la hausse des marchés, nous avons élargi la notion de décote et en décidant de tenir compte du patrimoine immobilier des sociétés que nous achetons et c’est ainsi que la notion de VANE (Valeur d’Actif Net Estate ), AOC « Daubasse » certifiée est née.

Dans cet article, nous vous avons détaillé le processus utilisé pour calculer cette valeur VANE.

Enfin, une dernière notion nous a paru intéressante à mettre en avant, du moins lorsque Mr Market ne nous offrait plus les opportunités massacrées dont nous nous délectons. Nous nous sommes dits  que si nous pouvions acquérir une entreprise qui, sur le long terme, générait bel et bien des bénéfices et ce, en l’acquérant avec une décote par rapport à sa VANT, nous pourrions peut-être réaliser quelques bonnes affaires. C’est ainsi que les VANTRe (Valeur d’Actif Net Rentable) sont apparues. Néanmoins, comme nous vous l’expliquerons dans un article ultérieur, nous avons décidé de remettre en cause certains paramètres quant à cette dernière approche, l’expérience nous ayant montré que notre mise en pratique n’est pas la plus optimale dans sa forme actuelle.

Pour acquérir ces sociétés, nous ajoutons des contrôles qui nous permettent de minimiser les risques que nous prenons. Ainsi, nous redressons automatiquement la valeur des stocks et des créances si un de ces postes présentent un ralentissement anormal de sa vitesse de rotation, ce qui nous permet d’éviter d’acheter des postes qui pourraient être « comptablement » surévalués par rapport à leur réelle valeur de réalisation.

Nous veillons aussi, de manière générale, à acheter des sociétés sous leur VLMV (Valeur de Mise en Liquidation Volontaire). Même si, reconnaissons-le, pour le dernier point, il nous arrive, très exceptionnellement, de faire des exceptions.

D’une manière générale, nous exigeons une marge de sécurité de 30 % sur au moins une des valeurs présentées ci-dessus.manque de solvabilité

2.   N’acheter que des sociétés peu endettées

En considérant le taux d’endettement d’une société, nous évitons deux écueils :

Le premier, c’est qu’un faible endettement  permet à la société, en cas d’arrêt de ses activités ou, plus simplement, de « passage à vide », de  faire face à ses engagements soit en proposant un tiers (banque par exemple) suffisamment de collatéraux pour lui permettre l’octroi de crédit, soit par la vente de ses actifs pour rembourser ses dettes. Autrement dit, plus les actifs sont élevés par rapport aux dettes, plus la solvabilité de l’entreprise est élevée.

Le deuxième, c’est qu’une société fortement endettée pourrait, en cas de faible perte de valeur d’un de ces postes d’actifs, en raison de l’effet de levier précisément inhérent à son endettement, voir la valeur de ses fonds propres diminuer de manière exponentielle.

D’une manière générale, nous exigeons une solvabilité de 40 % pour acheter une société. Cette solvabilité est calculée de la manière suivante : fonds propres / (total du passif – trésorerie et placement de trésorerie de l’actif).

3.   Diversification du portefeuille

Le fait que les sociétés que nous achetons ne soient pas réellement des sociétés à franchise nous impose une diversification certaine (nous avons abordé notre vision de la franchise ici, ici et ici).

En effet, malgré tous les filtres prudentiels exposés ci-dessus, nous ne sommes pas à l’abris d’une mauvaise surprise, mauvaise surprise qui consiste en une perte permanente de capital sur une des lignes sur lesquelles nous sommes investis, phénomène d’ailleurs plus important pour des daubasses comme le démontrait James Montier dans cette étude.

Afin de minimiser ces risques, nous avons donc opté pour une diversification importante. En gros, la forte sous-évaluation globale des sociétés en portefeuille nous  amène à estimer que de nombreux « bagger » (cours de vente représentant un multiple du prix d’achat) sont envisageables à tout moment. Chaque fois que la liste produit un bagger, cette société supporte une faillite possible. Donc, par exemple, un « 4 bagger’s » comme WPT Enterprise  couvre le risque de 3 faillites possibles.

diversifier ses investissementsNous pensons donc, avec notre approche, que c’est la statistique qui travaille pour nous comme l’expérience de notre portefeuille l’a démontré.

Notre règle de base veut que le total du coût d’acquisition d’une ligne ne dépasse jamais 3,3 % du total de notre portefeuille. Si, à l’origine, vu le faible capital dont disposait notre club, nous avons investi d’un coup ces 3,3 % sur chacune des lignes acquises, petit-à-petit, nous avons fait évoluer notre approche et, aujourd’hui, si nous avons bel et bien maintenu ce maximum de 3,3 % investi par ligne, nous constituons nos lignes par des achats plus étalés, par touche plus ou moins petite en fonction du profil de risque (que nous avons établi de manière très subjective) de nos sociétés. Et nous aimons aussi laisser traîner des ordres d’achat à des cours plus bas que ceux du marché avec notre méthode du Radin Target Price. Enfin, si nous avons décidé de diversifier notre portefeuille en fonction du nombre de lignes, force nous est aussi de constater qu’à la marge, nous avons aussi opté pour des supports qui ne correspondent pas toujours à la définition « daubasse » telle que reprise au point 1 ci-dessus.

Ainsi, à l’occasion, nous nous sommes également aussi laissé tenter par des investissements sur des sociétés qui présentaient toutes, à l’instar des daubasses classiques, des décotes sur des actifs dont il nous semblait possible d’établir la juste valeur avec plus ou moins de précision.

C’est ainsi que nous avons utilisé les émissions d’options pour dynamiser notre trésorerie non employée mais avons aussi investi sur des fonds fermés décotés, des holdings, des mines d’or acquises sous la valeur nette de coût d’extraction de leurs réserves ou des exploitations agricoles sous la valeur des terres et stocks de bétail qu’elles détiennent. Ces investissements doivent, tout comme nos daubasses, répondre à la double exigence d’une décote d’au moins  30 % sur la valeur de leurs actifs mais aussi d’une solvabilité supérieure à 40 %. Mais surtout, ils nous ont permis de nous exposer sur des secteurs auxquels nos daubasses « classiques » ne nous donnaient pas accès : les énergies, certains pays émergents, des bigs caps, l’or et le cuivre ou encore le secteur agricole.

Et la vente ?

Le processus de vente de nos sociétés se décline sur trois notions essentielles.

La première, c’est la fixation de ce que nous estimons être le « juste prix » d’une société.  Ce juste prix, c’est, selon nous, la Valeur d’Actif Net Tangible (VANT).

Néanmoins, et voici la 2e notion, nous ne vendons pas systématiquement la VANT une fois atteinte. En effet, notre secret espoir, c’est que Mr Market devienne déraisonnable et ne porte le cours de notre participation à des niveaux nettement supérieurs.  C’est pourquoi nous utilisions des « stop suiveur » suivant la stratégie exposée dans cet article.

Et si la VANT n’est jamais atteinte ?  Dans ce cas, cher(e) lecteur(trice), nous appliquerons le process suivant, tel que nous l’avions déterminé récemment … avec votre aide d’ailleurs.

Voici donc, résumé en un seul document, l’ensemble des éléments qui nous conduisent à prendre nos décisions d’achat et de vente. Si la base de ces éléments avait bel et bien été déterminée lors du lancement de notre club, ils ont évolué tout au long de notre aventure et nous étions bien conscients que, pour un nouveau lecteur, notre processus de travail devenait un peu obscur. Bref, nous espérons que grâce à cet article, vous pourrez démêler plus facilement le « bric-à-brac » de nos élucubrations tout en comprenant bien que, quelles que soient les conditions climatiques, nous aimons sortir couverts.

préserver son capital

 

 

 

17 réflexions au sujet de « Question des lecteurs : quel méli-mélo ! Notre méthode détaillée »

  1. bonjour,

    Que signifie l’investissement « deep value » ? On associe douvent au actif tangible fortement décotté. peut t-on faire du deep value sur les bénéfices ?

    merci

    1. bonjour Jean,

      Il n’y a, à notre connaissance, aucune définition « officielle » de « deep value ».

      Donc, « deep value » peut signifier que l’on achète une entreprise très très bon marché. Et pour définir le « très très bon marché », il faut avoir donné une « juste valeur » à la société.

      Pour notre part, la « juste valeur » de la société réside dans ses actifs. Mais, comme vous le savez, nous ne sommes pas sectaire et, finalement, ce qui compte, c’est d’avoir été capable de simplement donner une valeur à l’entreprise et si vous êtes capable de le faire sur base des bénéfices (ce qui nous semble difficile pour une majorité d’investisseurs lambda), pourquoi pas…

  2. On peut aussi dire que deep value renvoit à la vielle école du valeu investing, à savoir le courant Graham / Schloss en particulier, c’est de l’investissement à l’ancienne, également mis en avant et pratiqué chez Tweedy Browne (…bien qu’un peu moins maintenant).

    Question subsidaire : existe-il une entreprise, réalisant des bénéfices bien entendu, qui décote largement sous sa capacité bénéficiaire et qui ne décoterait pas, ou beaucoup moins, sur ses actifs ?

    1. Bonjour Etienne,

      Probablement que l’on peut trouver du côté des sociétés qui ne nécessitent pas de gros investissement comme les sociétés de service.

      Un exemple qui nous vient en tête : ADL Partner qui cote à plus de 4 fois sa VANT mais dont la capacité bénéficiaire n’est que trois fois moindre que sa capitalisation boursière amputée de la trésorerie nette (tout ça calculé « à la grosse louche », sans avoir vraiment vérifier les détails)

  3. Bonjour à toute l’équipe des Daubasses et à ses lecteurs.

    Je lis votre blog, que j’apprécie beaucoup, de manière sporadique je dois l’avouer depuis quelques années déjà et ai décidé de tenter de résumer votre approche. Malheureusement je butte sur quelques questions.

    Seriez-vous en mesure de valider ma compréhension de votre approche et d’en éclairer les points sombres ?

    Gestion de portefeuille Daubasses

    • Diversifier le portefeuille.

    • Chaque action ne doit pas représenter plus de 3.33% du portefeuille.

    Recherche d’actions éligibles en VANN et VANE

    • Grosses chutes en bourse de l’année.

    • Tous les marchés matures dont vous lisez la langue des rapports financiers hors actions chinoises.

    • Pas de sociétés de PE ou de biotechnologies. Exclusion des sociétés avec un CA nul ou inférieur à 5% de la VANN.

    Critères de sélection et d’achat en VANN et VANE

    • VANN = actifs courants – total dette (hors dettes hors bilan, en effet dans vos analyses celles-ci semblent être prises en compte dans la VMLV mais pas la VANN)
    Pas de retraitement du stock ni des créances clients.
    La décote recherchée sur VANN est de 30%.

    • VANE = VANN + actifs immobiliers à la valeur d’acquisition x 80%.
    La décote recherchée sur VANE est de 30%.

    • VMLV = actifs tangibles (actifs hors goodwill, immobilisations incorporelles et impôts différés ?) retraités – total dette bilan – dette hors bilan.

    • VCB. Application d’un multiple en fonction du risque estimé par l’équipe sur un EBIT retraité des investissements de maintien. Pourquoi ne pas utiliser les données utilisées dans le tableau de cash flows en considérant que l’investissement de maintien correspond à l’amortissement ?

    • Ratio de solvabilité d’au moins 40% (fonds propres / (total du passif – trésorerie et placement de trésorerie de l’actif)).

    • Capitalisation boursière minimum de USD 5m.

    • Ratio technologique : dépenses technologiques sur les cinq dernières années / capitalisation boursière
    Ce ratio vous permet de choisir la meilleure opportunité en cas de choix. Il s’agit d’une cerise sur le gâteau.

    • Idéalement le potentiel VANT/cours au moment de l’achat doit être au moins équivalent au potentiel d’évolution moyen du portefeuille. J’ai toutefois l’impression que ce critère est plus souple.

    • FCF ?

    Timing d’achat en VANN et VANE

    • Lorsque le prix des actions est inférieur d’au minimum 30% inférieur à la VANN ou à la VANE par action.

    Timing de vente

    • Vente en cas d’atteinte de la VANT, soit par montée du cours de bourse, soit par diminution de la VANT.

    • En cas de VANE supérieure à la VANT, vente à la VANE.

    • En cas d’enfoncement du ratio de solvabilité.

    • Mise en place de stop loss une fois la VANT dépassée, le niveau du stop loss étant augmenté au fur et à mesure de la montée de l’action.

    • Après 5 ans en portefeuille, examen de la situation. Si une société au potentiel supérieur est trouvé alors il y a arbitrage, autrement l’action est conservée.

    Questions sur le process VANN et VANE

    • Il me semble que vous ne prenez pas en compte les dettes hors bilan, ni ne retraitez les actifs courants (par exemple les stocks avec leur vitesse de rotation) lors du calcul de la VANN et de la VANE. Pourquoi? Ne devrait-on pas les prendre en considération dans une démarche de sécurité ? Sinon, le critère de sélection n’est-il pas en réalité la VMLV ?

    • Achetez-vous si la VMLV est inférieure à la VANN ou à la VANE ? En effet, la VMLV peut être inférieure à la VANN ou la VANE si les dettes hors bilan ne sont pas prises en compte et l’actif circulant non retraité. Que faites-vous par exemple s’il y a une marge de 30% sur la VANN mais de 10% sur la VMLV ?

    • Comment s’utilise la VMLV et la VCB dans votre process ? Quels sont leurs rôles, puisque ceux-ci ne semblent pas influer sur votre prix de vente, ni sur votre timing d’achat ? Comment les utilisez-vous quantitativement ?

    • Utilisez-vous un critère de cash pour vérifier que l’action ne consomme pas de cash trop rapidement ou ne sous-investi pas dans son outil de production ?

    Autres approches

    • Options pour doper la rentabilité du portefeuille.

    • Holdings sous cotées. La valorisation des participations étant la valeur en bourse pour les entreprises cotées et la valeur au livre (Fonds propres) pour les entreprises non cotées. Décote de 30% exigée.

    • VANTre : abandonnée car non performante, les entreprises ciblées ne parvenant plus à générer un rendement ROIC satisfaisant.

    • RAPP : nouvelle approche non dévoilée.

    Je vous remercie du temps consacré à la lecture de ce résumé et de ces questions et vous souhaite bonne continuation.

    A bientôt.

    Julien

    1. Bonjour Julien,

      C’est un très bon résumé. Bravo ! vous avez parfaitement « décortiqué » l’ensemble de notre blog. Juste au niveau de la VCB : nous ne retraitons pas des investissements de maintien … mais cette valorisation est surtout indicative : elle n’entre pas vraiment en ligne de compte dans notre process de décision.

      « Il me semble que vous ne prenez pas en compte les dettes hors bilan, ni ne retraitez les actifs courants (par exemple les stocks avec leur vitesse de rotation) lors du calcul de la VANN et de la VANE. Pourquoi? Ne devrait-on pas les prendre en considération dans une démarche de sécurité ? Sinon, le critère de sélection n’est-il pas en réalité la VMLV ? »

      Nous retraitons bien « automatiquement » les stocks et les créances pour le calcul de la VANN et de la VANE mais ne tenons pas compte du hors bilan lors de la pré sélection. Par contre, il vous a peut-être échappé que, lors de l’analyse, nous excluons les sociétés présentant une VLMV négative. Comme notre dernier article le démontre.

      « Achetez-vous si la VMLV est inférieure à la VANN ou à la VANE ? En effet, la VMLV peut être inférieure à la VANN ou la VANE si les dettes hors bilan ne sont pas prises en compte et l’actif circulant non retraité. Que faites-vous par exemple s’il y a une marge de 30% sur la VANN mais de 10% sur la VMLV ? »

      Comme écrit ci-dessus, une VLMV trop faible est une raison pour ne pas acheter.

      « Utilisez-vous un critère de cash pour vérifier que l’action ne consomme pas de cash trop rapidement ou ne sous-investi pas dans son outil de production ? »

      Non.

      « Comment s’utilise la VMLV et la VCB dans votre process ? Quels sont leurs rôles, puisque ceux-ci ne semblent pas influer sur votre prix de vente, ni sur votre timing d’achat ? Comment les utilisez-vous quantitativement ? »

      Ben voilà … les réponses à vos questions précédentes répondent aussi à celle-ci 🙂

      1. Bonjour à toute l’équipe et aux lecteurs,

        Merci de votre réponse.

        Quand vous dites retraiter « automatiquement » les stocks et créances clients dans le calcul de la VANN et de la VANE, cela signifie-t’il que vous appliquez une décote « automatique » comme indiqué dans cet article: http://blog.daubasses.com/2009/02/27/quelques-calculs-savants-pour-augmenter-la-marge-de-securite/ ?
        C’est à dire 50% sur le stock et 25% sur les créances.

        Ou bien appliquez-vous votre méthodologie de calcul de la rotation et en ce cas là que faites-vous si la rotation du stock a fortement diminué? Appliquez-vous ces décotes de 50% sur le stock et 25% sur les créances uniquement en cas de ralentissement de la rotation et aucune en cas de rotation satisfaisante par rapport à la moyenne des dernières années?

        Votre dernier article traitant d’une entreprise à VMLV négative ne m’avait pas échappé. Mais investissez-vous dans une entreprise à la VMLV inférieure à la VANN ou à la VANE?

        Je vous souhaite une excellente soirée.

        Julien

        1. Bonjour Julien,

          « Quand vous dites retraiter « automatiquement » les stocks et créances clients dans le calcul de la VANN et de la VANE, cela signifie-t’il que vous appliquez une décote « automatique » comme indiqué dans cet article: http://blog.daubasses.com/2009/02/27/quelques-calculs-savants-pour-augmenter-la-marge-de-securite/ ?
          C’est à dire 50% sur le stock et 25% sur les créances. »

          Non, en réalité, nous appliquons une réduction de valeur sur la partie des stocks ou des créances lorsque nous constatons que leur vitesse de rotation diminue et nous considérons, arbitrairement, que toute la valeur de ce qui excède ce dépassement de 20 % vaut 0.

          « Mais investissez-vous dans une entreprise à la VMLV inférieure à la VANN ou à la VANE? »

          Oui, c’est la VLMV négative qui bloque purement et simplement l’acquisition.

          1. Bonjour a tous,

            Ma comprehension est qu’originellement Graham recommandait de calculer la
            NCAV (=current asset value – total liabilities) qu’il estimait correspondre plus ou moins a la valeur de liquidation volontaire (soit la valeur minimum de l’entreprise sur le marche prive); les actifs immobilises compensant les decotes a appliquer sur les actifs courants. Dans cet optique toutes les dettes dont le hors bilan etaient comptabilisees (engagements de loyer, etc.), et la vente pouvait s’envisager des l’atteinte de la NCAV (1 ou 2 ans selon Benjamin Graham).

            Je comprends que votre process differe sensiblement de cette approche par le fait que:
            – votre objectif de vente soit la VANT (ne comprenant pas le hors bilan)
            – pour la VANE, les actifs immobilises ne viennent pas compenser les decotes a appliquer sur les actifs courants
            – vous ne prenez pas en compte le hors bilan dans vos calculs de VANN et de VANE.
            Ainsi les calcul de la VANN ou de la VANE seraient-ils des criteres de pre-selection vous poussant a calculer la VMLV? Celle-ci serait-elle alors le critere d’achat?
            Si oui, ne devriez-vous pas rechercher au moins 30% de decote sur la VMLV et non pas sur la VANN ou la VANE?

            Si ce n’est pas le cas pourquoi ne prenez vous pas le hors bilan en compte dans le calcul de la VANN?

            Merci pour vos eclaircissements sur votre approche qui a su faire ses preuves durant ces 7 dernieres annees.

  4. Chere equipe des Daubasses,
    Chers lecteurs,

    Bonjour.
    Au niveau du process de vente, vendez-vous egalement obligatoirement lors d’un delisting vers les pink sheets? Et si ce delisting va vers un OTC QX?

    Autres questions.
    Combien de membres etes-vous actuellement dans l’equipe?
    Y a-t’il eu des mouvements depuis la creation de ce blog?

    Cordialement.

    Julien

    1. Bonjour Julien,

      Ce n’et pas inscrit « en dur » dans le process mais nous vendons généralement lorsqu’une direction accepte que la société soit « délistée » : c’est très facile à empêcher si c’est pour une raison de cours inférieur à 1 USD par un reverse split et si c’est pour une autre raison (manque de transparence financière par exemple), nous préférons prendre nos jambes à notre cou. Parfois, c’est même la direction qui initie le délisting et là, c’est clairement un manque de respect pour les actionnaires minoritaires.

      Nous sommes 4 dans l’équipe et il s’agit des mêmes membres depuis le début à l’exception de notre ami Franck qui nous a rejoint il y a plus de 5 ans.

  5. Bonjour,
    Il y a aussi des exceptions même si elles sont rares. Je pense à Conrad Industries (CNRD), par exemple. Ils se sont fait radier volontairement du Nasdaq en 2005. Il est vrai que la famille Conrad détient une bonne partie des actions et qu’elle contrôle la compagnie, mais selon moi, les états financiers sont publiés avec beaucoup de transparence.

    1. Il y a des exceptions à toute règle. Disons que comme notre approche consiste à nous procurer un avantage statistique, nous prenons nos décisions d’investir ou de désinvestir en fonction de statistique, soit prouvées, soit intuitives afin de maximiser les chances d’avoir en portefeuille des actions gagnantes.

      Mais vous avez parfaitement raison : delisting ne signifie pas automatiquement « direction malhonnête ou peu scrupuleuse ».

  6. Bonjour les Daubasses !
    Dans le cadre de votre diversification, avez-vous une allocation cible entre vos différentes « poches » VANN, VANE, RAPP, Diversification Value ? Et selon votre réponse, pourquoi ? Est-ce un choix délibéré réfléchis ? Ou est ce une allocation subie fonction des opportunités ?
    Merci et bonne soirée.

    1. Bonjour Etienne,

      Merci pour votre question très pertinente.

      En fait, vous avez la réponse : il n’y a pas d’allocations prédéfinie, ce sont les opportunités que nous croisons qui modèlent le portefeuille.

      A une période, ce sera l’abondance de daubasses : VANN ou VANE. Puis, elles se feront plus rares, et nous trouverons plus de RAPP.

      Clairement, nous souhaiterions n’avoir que des net-net (ou VANN) en portefeuille, mais les temps sont durs pour les chasseurs de décotes patrimoniales comme nous !
      Alors nous regardons un peu ailleurs, dans les diversification dans la valeur et les RAPP. Une catégorie qui marche d’ailleurs très fort. Avec un taux de sortie en plus-value >> pertes. Mais la durée et le nombre de sociétés de cette catégorie ne nous semble pas encore assez élevées pour en tirer déjà une conclusion. Et surtout… les RAPP aussi se font rares !

      Bonne soirée.

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