Bas les masques : Semileds

Au cours des mois de juillet et août, il n’y a pas vraiment eu de trêve estivale pour notre portefeuille. Les opérations d’achat et de vente se sont succédées à un rythme soutenu.

Depuis quelques semaines, nous vous dévoilons une par une chacune des opérations qui ont été débouclées au cours de cette période.

Ainsi, après Renewable Energy Corporation Group et Oceana Gold, c’est de Semileds que nous allons vous parler.

Le 9 janvier 2013, nous achetions 3 250 actions de cette société au cours de 0,80 usd. Une société techno avec une grosse décote sur ses actifs tangibles, c’est exactement ce que nous apprécions le plus dans l’équipe des daubasses. En effet, la valeur de son actif net tangible était, à l’époque, de 4,76 usd, soit un potentiel selon notre approche de x6 !

Néanmoins, le 1er août 2013, nous liquidions notre position à un prix de 1,22 usd avec une plus-value de +/- 50 % en 6 mois … plus-value appréciable certes mais évidemment bien loin de nos espérances.

class actionLa raison pour laquelle nous avons liquidé notre ligne s’explique par le fait que pas moins de 5 cabinets d’avocats ont entamé des poursuites judiciaires contre la direction mais aussi la société elle-même en raison d’informations erronées ou dissimulées concernant les produits, la perte d’un client et la pression sur les prix ! Tous les actionnaires qui ont acheté des actions Semiled entre le 9 décembre 2010 et le 12 juillet 2011 peuvent participer à ces poursuites judiciaires. Comme ce n’est pas notre cas et qu’en cas de gain de cause des plaignants, la société devrait débourser une somme pour l’heure inconnue mais qui diminuerait forcément la valeur patrimoniale de l’entreprise. A défaut de plus de précision sur les enjeux, nous avons donc décidé de quitter le bateau.

Une nouvelle preuve, si besoin en était, du fait qu’une énorme marge de sécurité protège l’investisseur contre les imprévus. A notre cours d’achat, le marché prévoyait « le pire » pour Semileds et, malgré une mauvaise nouvelle, l’importance de la marge de sécurité au moment de l’achat nous a permis de sortir gagnant de l’opération.

Comme d’habitude, nos abonnés ont été tenus au courant en temps quasi réel de nos opérations et ont pu découvrir dans notre lettre du mois de février les arguments qui nous avaient incités à procéder à cette acquisition. Nous mettons à présent cet article à votre disposition.

Attention, il date de près de 8 mois et certaines données ne sont, bien entendu, plus d’actualité.

Bonne lecture.

 

SemiLEDs Corporation

(Nasdaq, Ticker: LEDS / ISIN : US8166451059)

 

I. Introduction

 

Semileds est une société américaine qui fabrique et vend des puces et des composants LED. Ses produits peuvent être utilisés pour l’éclairage mais aussi dans des applications industrielles spécialisées comme le durcissement des polymères, la luminothérapie, la détection des faux billets ou dans le domaine horticole.

SemiLEDs

La société vend ses produits en se concentrant essentiellement (mais pas exclusivement) sur 4 marchés pour le moins porteurs : la Chine, Taïwan, la Russie et les Etats-Unis. Le plus gros client représentait, en 2012, 24 % des ventes.

industrie du ledLa plus grosse partie de ses actifs, ainsi que ses activités de recherche et développement, se trouve à Taïwan, la « Chine Insulaire et Capitaliste », notre nouveau « dada ».

L’entreprise a également créé des joint-ventures en Malaisie et en Chine. Cette dernière connait de gros problème et la direction a décidé de ramener sa valeur dans les comptes à 0.

De l’aveu même de la direction, le secteur dans lequel Semileds est active est soumis à une grosse pression concurrentielle, … pression concurrentielle qui entraîne, par la force des choses, des pressions sur les prix de vente et donc sur les marges de l’entreprise.

bourse et sociétés high techLa direction reconnait même que Semileds a plus de difficulté à réduire ses coûts pour abaisser ses prix que ses concurrents. Néanmoins, elle annonce que les derniers investissements réalisés visent à améliorer la productivité. Elle prévoit d’ailleurs de continuer à investir dans l’avenir dans le même but … ce qui risque d’augmenter la part des frais fixes et d’abaisser la solvabilité de la société.

Même si la société dispose d’un confortable matelas de liquidités, ce dernier point ainsi que le fait qu’elle n’a presque jamais été capable de générer des résultats d’exploitation positifs n’est pas vraiment pour nous plaire, comme vous pouvez l’imaginer.

 

Nous travaillons avec les comptes annuels arrêtés le 31/08/2012. Le 10 janvier, nous avons acheté 3250 actions Semileds au coût de revient, frais de courtage inclus, de 0,811 usd.

 

II. La Valeur d’Actif Net Net (VANN)

 

Nous relevons un actif courant de 2,74 usd, duquel nous soustrayons les intérêts des minoritaires et les dettes, et obtenons une VANN de 2,02 usd par action.

 

III. La Valeur d’Actif Net Estate (VANE)

 

Semileds détient des immeubles acquis pour 0,53 usd par action. Après application de notre traditionnelle marge de sécurité de 20 %, nous pouvons établir la Valeur d’Actif Net Estate à 2,44 usd.

valeur de l'immobilier

 

IV. La Valeur en cas de Mise en Liquidation Volontaire (VLMV)

 

Revenons à l’actif courant et à son poste principal qui est composé de … cash et de placements à court terme. L’ensemble de ces deux postes représentent 2,04 usd par action. Ceci nous permet de constater que Semileds est aussi une « triple nette » : en déduisant l’ensemble du passif du cash, nous obtenons 1,32 usd. Ce qui signifie qu’il y a moyen de payer la société en utilisant uniquement ses propres liquidités et que tout le reste est reçu « gratos ». On voit donc ici que le marché anticipe clairement une poursuite de la destruction du cash par la direction.

Les produits de Semileds restent en moyenne en stock pendant 136 jours, en investistir dans les technosamélioration par rapport à la moyenne des 3 derniers exercices (176 jours). Cela nous semble assez long. Nous constatons aussi que 20 % de l’inventaire est constitué de matières premières et donc 80 % de produits en cours de fabrication ou de produits finis. La direction a également acté des réductions de valeur de 18 % sur ce poste, ce qui témoigne d’une certaine prudence. Néanmoins, en 2012, nous avons dû constater que l’entreprise a été contrainte de vendre l’ensemble de ses produits en dessous de ses coûts de production, ce qui nous fait malgré tout douter de la réelle valeur de ce poste. Malgré la prudence de la direction dans ses valorisations et l’accélération de sa vitesse de rotation, nous décidons de prendre une marge de sécurité de 50 % par rapport à la valeur aux comptes et déduisons donc 0,24 usd.

Les clients de la société paient, en moyenne, leurs factures à 59 jours, ce qui nous semble assez correct. De plus, la direction a provisionné 12 % du montant total à titre de créances douteuses. Nous constatons néanmoins qu’un client de la société, qui ne représente que 3 % des ventes, « pèse » pour 11 % dans les créances. Nous ne connaissons pas les raisons d’un tel traitement de faveur mais notre prudence légendaire nous impose de considérer cet élément avec circonspection. Pour toutes des raisons, nous allons valoriser la créance de ce client à 0 et prendre une marge de sécurité de 10 % sur les autres créances. Nous amputons donc la valeur de Semileds de 0,03 usd.

Au niveau de l’actif fixe, outre les immeubles abordés dans la VANE, nous tenons compte des installations de production pour un montant équivalent à 5 % de leur coût d’acquisition, soit 0,13 usd.

Nous retenons également les participations dans les joint-ventures pour la moitié de leur valeur aux livres, soit 0,03 usd.

Hors bilan, nous tenons compte de 75 % des engagements de loyers futurs à payer, soit 0,11 usd.

Compte tenu de ce qui précède, nous établissons la Valeur de Semileds en cas de mise en liquidation volontaire à 2,21 usd.

V. La Valeur de la Capacité Bénéficiaire (VCB)

 

Au cours des 5 dernières années, l’entreprise n’a publié qu’une seule fois un résultat d’exploitation positif. Nous ne pouvons donc pas calculer cette valeur.

 

VI. Conclusions

 

A notre coût d’acquisition de 0,81 usd, nous avons obtenu nos actions Semileds avec une marge de sécurité de :

60 % sur sa VANN

67 % sur la VANE

64 % sur la VLMV

Le point fort de cette société, c’est évidemment son énorme force de frappe en termes de liquidités disponibles, mais il y a également des points faibles.

Tout d’abord, nous remarquons que ces liquidités proviennent essentiellement d’une augmentation de capital en 2010. En dehors de cet apport, l’entreprise n’a fait que détruire du cash au cours de son existence. La question qui se pose est donc de savoir si les liquidités actuelles seront suffisantes pour permettre à la société de finaliser ses investissements de « productivité » sans qu’elle ne doive, une fois de plus, diluer ses actionnaires par des émissions de titres intempestives.

Nous devons aussi remarquer que, pour l’heure, le cours de l’action est inférieur à 1 usd. Ce qui signifie qu’il existe un risque non négligeable de delisting.

Pourtant, au-delà de ses faiblesses, nous relevons quelques points encourageants :

– Semileds se constitue au fil du temps un capital « savoir-faire » intéressant. En effet, au cours de ces 5 dernières années, elle a dépensé 0,66 usd en recherche et développement, ce qui n’est pas négligeable par rapport à son cours actuel et constitue probablement, au moins en partie, une valeur « cachée » et intangible, de quoi, peut-être un jour, susciter l’appétit d’un concurrent ?

– La direction fait preuve d’une certaine transparence vis-à-vis de ses actionnaires : elle ne tente pas de faire apparaître « la mariée plus belle qu’elle n’est », provisionnant sur le plan comptable quand c’est nécessaire et exposant sans complexe les faiblesses de la compagnie. (ndlr : par transparence vis-à-vis de nos lecteurs, nous exposons ce que nous avions écrit il y a 8 mois, force est de reconnaître aujourd’hui, suite aux « class actions » qui sont lancées que nous étions sans doute trop optimistes sur ce point)

– Enfin, le conseil d’administration semble réellement vouloir que les choses bougent : début janvier, le CEO a démissionné et un CFO intérimaire a été nommé. Peut-être sont-ce là les premiers catalyseurs d’une recovery ?

Portefeuille au 27 Septembre 2013 : 4 ans 308 jours

  • Portefeuille : VL 6,8816 € (Frais de courtage et de change inclus)
  • Rendement Total : 581,12%
  • .
  • Potentiel Estimé VANT / Cours 107,85%
  • .
  • Rendement Annualisé : 48,60%
  • Rendement 2013 : 19,63%
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  • Rendement 2012 : 24,19%
  • Rendement 2011 : -15,65%
  • Rendement 2010 : 38,07%
  • Rendement 2009 : 308,74%
  • Taux de Rotation Annualisé : 18,75%
  • Effet Devise Total : -0,40%

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  • Tracker ETF Lyxor MSCI World : VL 118,1577 € (Frais de courtage inclus et dividende réinvesti)
  • Rendement Total : 76,22%
  • Rendement Annualisé : 12,41%
  • Rendement 2013 : 15,06%
  • Rendement 2012 : 11,20%
  • Rendement 2011 : -8,22%
  • Rendement 2010 : 18,76%
  • Rendement 2009 : 30,34%

 

* Nous rappelons que ce portefeuille est un investissement réel

 

Performance mensuelle du portefeuille depuis sa création

 

4-Portefeuille-devenir rentier-berkshire-top invest

 

Détails du Portefeuille

 

1-Portefeuille-valeurs-décotées-net-net-Buffett-Graham

2-Portefeuille-Schloss-value-netcav-millionaire

3-Portefeuille-affaire-gagner en bourse-s'enrichir

 

 

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Pour les investisseurs débutants …

Si vous êtes un(e) lecteur(trice) habituel(le) de notre blog, vous connaissez sans doute notre ami Etienne qui avait eu la gentillesse de nous accorder une petite interview il y a quelques mois.

investisseur debutant

Celui-ci vient de décider d’arrêter son aventure de blogueur en solo pour de nouvelles aventures plus collectives.  C’est vrai que l’intitulé du blog d’Etienne « L’Investisseur débutant » ne s’appliquait plus beaucoup à ce qu’il est devenu : un investisseur doté d’une expérience certaine.

Néanmoins, avant de quitter définitivement ses lecteurs, notre « déjà plus » débutant a décidé de mettre à disposition de ses lecteurs un «e-book » qui retrace les grands moments de son aventure.

livre traitant de la bourse

Son ouvrage nous semble du plus grand intérêt pour l’investisseur débutant qui cherche encore sa voie. Certes, il est limité à un pan particulier de l’investissement : l’investissement « value ». Mais, comme vous le savez ami(e) lecteur(trice), l’investissement « value » ou « dans la valeur » peut être décliné sur toute une multitude de versions allant de l’investissement « deep value » à la … daubasse à l’investissement « dans la franchise » à la Phil Fischer.

Nous pensons donc que l’ouvrage d’Etienne sera du plus haut intérêt pour l’investisseur débutant qui souhaiterait s’orienter vers l’investissement dans la valeur mais qui n’aurait pas encore pu choisir son style.

Le livre est divisé en 6 grandes parties qui forment un ensemble qui nous semble très cohérent :

La première partie, celle que nous préférons quant à nous, détaille les différentes stratégies d’investissement « value »  qui s’offre au boursicoteur. Claire, précise et sans parti pris, nous pensons que chacun peut se retrouver tout ou partie parmi ces stratégies.

La deuxième partie reprend des analyses de sociétés qui ont été publiées sur le blog. Si certaines ne sont évidemment plus tout-à-fait d’actualité, le canevas proposé peut servir de support et d’exemple pour le « self made investor » qui sommeille en vous.

La troisième partie aborde l’aspect psychologique de l’investissement, un point important entre tous selon nous.

La 4e partie est une sorte de bibliographie qui présente le résumé de quelques « must » en termes d’ouvrages dédiés à l’investissement boursier.

La 5e partie est dédiée aux « gourous » de la bourse et leurs approches respectives.

Enfin, Etienne clôture son ouvrage en reproduisant l’interview d’investisseurs amateurs mais qui, tout en restant dans la catégorie « value », illustre à merveille les plats différents qu’il est possible d’obtenir avec la philosophie « d’acheter une entreprise sous sa valeur » .

Pour terminer, nous voulons souligner que nous ne gagnons rien à faire la promotion de cet ouvrage : certes, Etienne est un ami mais surtout, nous pensons que ce livre peut aider un investisseur à trouver sa voie et lui éviter, à ses débuts, de commettre quelques erreurs coûteuses à la fois en termes pécuniaires mais aussi d’amour propre.

Enfin, un petit cadeau pour nos abonnés : il leur est possible d’acquérir « Investir en bourse pour les débutants » avec une remise spéciale de 30 %, soit en payant la modeste somme de 10,49 euros.

La méthode « daubasses » ? C’est de la rigueur et de la décontraction …

humour en investissement

Vous aurez remarqué cher(e) lecteur(trice) notre humeur joviale au fur et à mesure des articles tout au long de l’aventure. Nous pourrions parler d’un ton désinvolte et même, parfois, d’un ton « éthylique ».

Hé oui ! Au grand damne des banquiers d’affaires en costume-cravate tirés aux quatre épingles et qui assurent qu’il n’y a pas plus sérieux que la finance à qui veut bien l’entendre. Nous sommes d’ailleurs exactement sur la même longueur d’onde : il n’y a rien de plus sérieux que la finance ! Mais nul besoin selon nous de prendre tant de hauteur, de distance avec les non-financiers. Car les financiers, dans le sens « banquiers », sont des professionnels comme les autres qui la plupart du temps collectent l’argent des autres pour l’investir. Vous aurez compris, ami(e) lecteur(rice), dans le but de pour toucher une commission. Le tout avec des opérations complexes : des sommes, des divisions et parfois des multiplications, voir des divisions ! Rien de plus. En fait, il nous a toujours semblé étrange de payer certain individus des sommes pharaoniques alors qu’ils n’ont qu’un rôle d’intermédiation. Nous ne parlons pas ici de hautes compétences indispensables comme celles des fiscalistes, avocats d’affaires ou autres experts-comptables qui du fait de leurs connaissances peuvent permettre à l’entrepreneur-investisseur de gagner du temps et de l’argent à bien des égards. Mais ceci, c’est l’histoire de chaque investisseur. A chacun son point de vue, et à chacun de faire affaire avec les personnes avec lesquelles on se sent le plus à l’aise.

Alors oui, peut être que notre avantage réside dans le fait que nous n’avons pas besoin d’aller à la quête de fonds puisque nous gérons notre propre portefeuille. C’est sans doute une des explications de notre ton « léger » sur notre blog et dans nos lettres mensuelles.

ratio boursier

Léger sur la forme, mais on ne peut plus sérieux sur le fond. Car nos tableurs sont formels : nos soustractions, sommes, divisions et autres opérations diverses sont bien entendu on ne peut plus exactes. En fait, une fois tout le travail de chasse à la daubasse , de vérification via notre process, que les indicateurs sont au vert et que nous n’avons détecté dans notre cible aucun loup, nous pouvons passer à l’achat si le potentiel est intéressant au regard du potentiel moyen du portefeuille. C’est un de nos indicateurs phares. Ensuite, nous laissons le Marché corriger son excès de pessimisme et racheter nos parts à bon prix, soit la valeur que nous estimons comme étant le stricte minimum devant être réclamé en échange des actifs que nous avons détectés.

chercher des mégots de cigareCar le Marché est international. Il ne faut pas se leurrer. Sous nos airs faussement naïfs et délurés, nous sommes conscients que tous les investisseurs à travers le monde sont également à la recherche des actifs les plus intéressants et donc que tôt ou tard, il y aura un investisseur qui se penchera sur notre daubasse pour la réanimer. Nous jouons un jeu où des millions d’intervenants guettent, cherchent et achètent des opportunités. Or, ces investisseurs ne fouillent peut-être pas aussi profonds que vos serviteurs dans les « poubelles » du marché.  Ce qui nous laisse quelque temps d’avance pour acheter à bon compte avant de rendre sa liberté à la daubasse qui est passée dans le radar d’un autre investisseur. En ayant, nous l’espérons, avoir laissé quelques euros, dollars ou autres devises sonnantes et trébuchantes lors de son passage dans notre portefeuille.

Il faut bien garder à l’esprit que lorsque nous achetons un titre sur le marché, la plupart du temps sous forme d’actions, nous devenons actionnaires des sociétés. Et à ce titre nous devenons propriétaires des actifs de la société eu égard de la quote-part de nos actions dans le capital total de la société. Et les investisseurs, industriels comme institutionnels (fonds d’investissement, banques, assurances, …) sont friands d’actifs, surtout quand ils présentent un potentiel d’appréciation. Bien entendu, ce ne sont pas les quelques actions que nous possédons qui les intéressent particulièrement, mais l’entreprise dans sa globalité. Or, quand une offre est faite sur le marché, elle concerne l’ensemble des actionnaires, aussi bien celui qui a 10 actions que celui qui est en possession de 25% du capital. Nous sommes donc à l’abri d’une certaine inéquité. Tout du moins, dans les conditions pécuniaires de l’offre d’achat vis-à-vis de l’ensemble des autres actionnaires.

La meilleure preuve par un exemple théorique qui est à l’image de nos opérations récurrentes. Vous connaissez bien notre approche : elle consiste essentiellement à acheter des actifs les plus liquides et facilement évaluables par l’intermédiaire des données comptables (cash, stock, créances commerciales et immobilier) nets de toute dette, avec une importante décote. Dès lors, nous ne faisons aucun pari sur une croissance ou un éventuel retour de la rentabilité. Ceci n’étant pour nous qu’une éventuelle cerise sur le gâteau. Quand il y a sur le marché quelque chose qui nous est proposé comme ce qui suit :

– un local qui vaut 80

– du cash pour 30

– un stock de matière première de 50

– et des créances client pour 40

– pour un passif total de 100 (-100),

soit une valeur nette total de 100 (= 80 +30 +50 +40 -100) et que nous pouvons acheter ces actifs pour 50, nous n’hésitons pas une minute. Nous adorons acheter des actifs de ce genre soldés à 50%. Sur les marchés, ce sont sous forme d’actions, donc d’entreprise, que nous faisons nos affaires. Mais cela revient au même qu’un marchand quelconque qui trouverait une opportunité d’acheter un bien avec un rabais aussi important alors que la valeur marchande est beaucoup plus importante. Il n’hésite pas une seconde et fait le plein pour son échoppe pour écouler sa marchandise au juste prix, en se procurant une marge confortable, anormalement élevée.

panique à l'achat

actif intangibleC’est ce que nous faisons avec les daubasses. Enfin, pas tout à fait… Car selon nous, une entreprise a de nombreux avantages supplémentaires à un bien quelconque vendu par un marchand. Des actifs que nous ne valorisons pas et qui sont pour nous autant de cerises qui peuvent booster la valeur de l’entreprise. Ce sont par exemple les contacts commerciaux historiques avec des clients, des marques, des dépenses de R&D, un réseau de distribution, un savoir-faire spécifique reconnu dans un marché, …

Les achats d’actifs décotés sous formes d’actions ont été testés par de grands investisseurs et ceci semble avoir fait ses preuves en toute période. Que ce soit au début du siècle avec Benjamin Graham, dans les années 50 et 60 avec Warren Buffet et tout au long de la 2ème moitié du 20ème siècle avec Walter Schloss pour ne citer que les plus illustres.

Alors oui, ce sont tous ces éléments qui nous rendent sereins dans notre vision à long terme de l’investissement. Et nous ne sommes pas prêts de quitter cette aventure intellectuellement stimulante, qui nous fait voyager à travers le monde  dans des secteurs variés tout en nous permettant d’échanger avec nos lecteurs et abonnés pour un enrichissement mutuel.

Bref, nous avons toutes les raisons pour continuer de partager notre bonne humeur. Si en plus, notre partie de rigolade peut nous faire gagner quelques menues monnaies… ce serait vraiment la cerise sur le gâteau !

Portefeuille au 20 Septembre 2013 : 4 ans 301 jours

  • Portefeuille : VL 6,9466 € (Frais de courtage et de change inclus)
  • Rendement Total : 587,56%
  • .
  • Potentiel Estimé VANT / Cours 104,02%
  • .
  • Rendement Annualisé : 49,12%
  • Rendement 2013 : 20,76%
  • .
  • Rendement 2012 : 24,19%
  • Rendement 2011 : -15,65%
  • Rendement 2010 : 38,07%
  • Rendement 2009 : 308,74%
  • Taux de Rotation Annualisé : 18,75%
  • Effet Devise Total : -0,40%

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  • Tracker ETF Lyxor MSCI World : VL 119,5870 € (Frais de courtage inclus et dividende réinvesti)
  • Rendement Total : 78,35%
  • Rendement Annualisé : 12,74%
  • Rendement 2013 : 16,45%
  • Rendement 2012 : 11,20%
  • Rendement 2011 : -8,22%
  • Rendement 2010 : 18,76%
  • Rendement 2009 : 30,34%

* Nous rappelons que ce portefeuille est un investissement réel

 

Performance mensuelle du portefeuille depuis sa création

 

4-Portefeuille-devenir rentier-berkshire-top invest

 

Détails du Portefeuille

 

1-Portefeuille-valeurs-décotées-net-net-Buffett-Graham

2-Portefeuille-Schloss-value-netcav-millionaire

3-Portefeuille-affaire-gagner en bourse-s'enrichir

 

 

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Finance comportementale partie 2 : Diplômée d’une « business school » prestigieuse, madame Irma modélise le futur à la plasticine du passé…!

Conceptual image - meditations over the finance

Ce texte fait partie de la série « finance comportementale ».

 

Selon le « fascicule », « beaucoup de personne surestiment l’exactitude de leurs prévisions et ce, essentiellement parce qu’elles attribuent leurs succès à leurs qualités supposées et leurs échecs à un contretemps, des facteurs externes ou même à une autre personne.

Ainsi une majorité de nos congénères pense que faire de bonnes affaires, obtenir une promotion, gagner beaucoup d’argent, être heureux en amour, … tout cela leur arrivera plus souvent qu’aux autres. Tandis que des difficultés comme une perte d’emploi, une maladie, voire une déception amoureuse toucheront par contre surtout les autres. Mais c’est une mauvaise perception car, d’un point de vue statistique, tout le monde a une probabilité égale de succès et d’échecs ».

psychologie boursière

Une nouvelle fois, nous comprenons bien que notre nature humaine est plutôt alimentée par l’espoir de réussite, de bien-être et d’aisance matérielle.  Ne dit-on  d’ailleurs pas que « l’espoir fait vivre » ? Tout être humain aspire donc au bonheur et désire avec force ne pas rencontrer de malheurs ou de difficultés dans sa vie. C’est pour cette raison que nous attribuons nos réussites à nous-même et que nous essayons de rejeter nos échecs sur les autres, voire sur des causes extérieurs.  C’est aussi pour cela que nous imaginons seulement les échecs pour les autres.

« Les êtres humains n’admettent généralement pas facilement qu’ils ont fait une mauvaise prévision et se cachent derrières des excuses : « oui mais si… » « J’avais raison mais Chypre s’est soudain effondré…. » « Mon analyse est correcte, mais c’est seulement ma prévision qui ne l’était pas….. » 

L’exemple classique dans ce domaine est de demander a quelqu’un de répondre à une question en lui demandant de maximiser la probabilité de la bonne réponse, avec une fourchette de fiabilité de 98%. Demandez par exemple à quelqu’un quelle est la distance entre la terre et le soleil en précisant que la réponse peut être une fourchette très large du style entre 1 kilomètre et 500 millions de kilomètres. Presque tout le monde répondra par une réponse assez précise … et se trompera. Pourtant il serait très fiable de formuler une réponse en utilisant  justement une fourchette et pas une réponse précise. »

Franchement, nous avons beau faire un effort mais nous ne comprenons pas du tout ce que le « fascicule » veut illustrer : il nous semble plutôt que l’interlocuteur qui répond par une réponse précise n’a pas pris en compte la possibilité de répondre par une fourchette, voire n’a pas vraiment compris qu’il en avait la possibilité. Sinon, à notre avis, tout le monde choisirait la fourchette plutôt que la réponse précise.

Si nous avions dû illustrer le fait de produire une réponse avec une chance de statistique élevée débouchant sur un gain, nous aurions plutôt octroyé une récompense selon le choix de la réponse du style : soit vous gagnez 10 000 € avec une réponse précise, soit vous gagnez 10€ avec une réponse dans une fourchette. Nous n’avons évidemment pas la moindre étude à notre disposition pour voir quels auraient été les choix … mais nous pensons instinctivement que pas mal de monde aurait préféré risquer une réponse précise avec, à la clé,  10 000 € de gains même si les chances sont extrêmement réduites de toucher le pactole plutôt  que de toucher 10 € en choisissant de répondre avec une fourchette même avec des chances statistiques favorables assez élevée. Mais finalement, le véritable questionnement sur cet exemple nous semble plutôt être le suivant : est-ce qu’une réponse à une question peut être assimilée à une prévision ? Et notre réponse c’est plutôt non.

Mais voyons donc la suite dans laquelle notre « fascicule » nous parle des gourous et des super- gourous :

« En matière d’investissement, faire des prévisions erronées peut-être très désagréable, voire catastrophique, car s’il y a bien quelque chose de primordial au cœur de tous processus d’investissement, c’est bien la prévision (l’évolution des taux, des bourses, de l’économie…..) Est-il alors préférable de suivre les « gourous » ? Hélas non. Beaucoup d’entre eux prédisent en début d’année l’évolution du marché boursier pour les 12 prochains mois. Mais lorsque ces prévisions sont comparée à la réalité, un an plus tard, force est de constater que la quasi totalité d’entre eux se sont trompés. Si le groupe de « gourous » est suffisamment grand, l’un d’entre eux sera forcément proche de la réalité. Mais c’est seulement un pur hasard. C’est toutefois de cette façon que naissent les « super gourous »… jusqu’à l’année suivante.

Et les macroéconomistes peuvent-ils prévoir le produit intérieur brut d’un pays ? Malheureusement non, pas plus que les analystes ne sont en mesure de prévoir les bénéfices des sociétés… La solution la plus simple est évidement de partir d’une situation antérieure connue et d’y ajouter ou soustraire quelque chose. Et à mesure que le temps passe, d’ajuster sa prévision. Mais, dans ce cas, il s’agit plus de suivre le passé avec un certain retard que de prévoir le futur. Pire encore, en procédant de la sorte, de nombreux experts financiers en arrivent à prédire … le passé. »

prévisions boursières

Voici un graphique illustrant la prévision des  macroéconomistes sur l’inflation de 1970 à 2004. Vous remarquerez que les prévisions copient systématiquement, avec du retard, le déflateur du PIB réel … donc, comme nous l’explique le « fascicule », en s’ajustant sans cesse au passé. Ce graphique a été réalisé par l’investisseur Value : James Montier. Cliquez sur le graphique si vous ne pouvez le voir entièrement

prévisions d'inflation

 

Nous n’avons rien à ajouter au constat fait par le « fascicule » au sujet des prévisionnistes. Par contre, le début de l’explication semble contredire une nouvelle fois la suite : le « fascicule » nous explique que le cœur de tout process d’investissement  est basé sur des prévisions pour nous démontrer ensuite que même les spécialistes sont à côté de la plaque avec ces prévisions.

Si on essaie donc de recomposer un fil conducteur dans ce chapitre pour le moins décousu, nous comprenons que le « fascicule » tente de nous expliquer que d’une part, notre nature profonde fonctionne de manière à envisager le meilleur pour nous-même plutôt que le pire. D’autre part, on comprend assez vite que si nous nous risquons à la prévision, nous retenons juste ce que nous avons plus ou moins bien prévu et trouvons des excuses pour ce que nous avons mal prévu.

Enfin, et c’est peut-être ce point qui est le plus « délirant » de ce chapitre, c’est que l’on nous explique qu’un process voir le « cœur » d’un process est basé, sur la prévision, l’évolution futur de l’économie et des bourses … et pourtant, par la suite, on nous dit que même les spécialistes diplômés et professionnels ont faux sur toute la ligne !

Donc, même en imaginant qu’un investisseur se rende compte qu’il n’a pas les compétences pour faire des prévisions et que, devant cet état de fait, qui déciderait de faire confiance à des professionnels pour élaborer un « process » d’investissement, nous ne pouvons que conclure qu’il serait tout autant dans l’erreur que s’il s’était imaginé, à tort, posséder des compétences suffisantes pour faire des prévisions.

 

Comment pouvons-nous transformer nos handicaps psychologiques issus de notre nature profonde en avantages pour faire de nous des investisseurs de bon sens  ?

 

Nous le voyons donc, cher( e) lecteur(trice) avec ce que nous venons de vous expliquer : plus que le manque de rationalité lié à notre nature profonde qui nous fait retenir nos seuls succès prévisionnels et oublier nos échecs, c’est tout simplement les prévisions qu’il faut rayer de tout process.

Dans un process comme celui que nous appliquons chez les « daubasses »,  il n’y a pas la moindre place pour la prévision. Notre « process » nous amène surtout dans le réel et donc le présent et au grand jamais dans les projections et le futur. Notre process nous fait travailler sur la « micro » et le cas particulier et en aucun cas sur la macro et les généralités économiques.

bottom up

Quand nous sélectionnons, une société, nous nous basons sur la valeur de ses actifs au présent par rapport à son cours et la projection de ses profits dans le futur ne nous intéresse pas. Une fois que nous avons acheté l’action, ce que nous suivons, c’est toujours l’évolution de la valeur de ses actifs. Est-ce que cette valeur diminue, stagne ou augmente ? Est-ce que cette valeur est toujours bien supérieure au cours et nous offre un potentiel suffisant ou pas.

Notre seuil de vente, vous le savez tous est la Valeur des Actifs Net Tangible de la société, la VANT Là aussi, vous remarquerez que cette valeur étant quand même un minimum, pour la valeur d’une société, le process des Daubasse, ce que nous pouvons également appelé, notre dompteur, comme nous vous l’expliquions dans le chapitre précédent, nous apprend à ne pas être trop gourmand, voire aussi à ne plus prendre le moindre risque quand le but est atteint.

Pour que cela soit plus clair, quand nous achetons une « daubasse » 30% sous sa valeur net-net  ou net-estate , c’est largement sous sa Valeur d’Actif Net Tangible……..Et à ce moment-là, les problèmes rencontrés par la société font qu’une majorité d’investisseurs ne veut plus l’acheter. Par contre, quand, au bout d’un moment, pour une raison quelconque, la société reprend des couleurs et que son cours remonte et parfois même de manière spectaculaire, de nombreux investisseurs sont de nouveau prêts à s’y intéresser et surtout les investisseurs qui font des projections dans le futur.

Dès que le cours a atteint la VANT de la société, notre process nous « ordonne » de vendre. Ce que nous faisons. Et pourtant, à cet instant précis, la société n’a plus de problème et cela va mieux !

A ce moment-là, sans process voire avec un process basé sur le futur, un investisseur achètera la valeur ou, s’il l’a déjà achetée, la gardera espérant plus.

Bien évidement un investisseur étranger au process « daubasse » vous dira quelque chose du style : «  oui mais tu as loupé 25-30, voire 50% supplémentaires » Et de notre point de vue, il se trompe ! Nous n’avons rien loupé : ce n’est pas nous qui décidons mais notre process, qui a des objectifs précis et bien définis. Et le seul but, c’est d’atteindre cet objectif. Le reste ne nous intéresse pas.

Nous privilégions l’approche « bottom up » et la cas particulier à la macroéconomie et à l’approche « top down » car vous le savez tous : un chasseur de « daubasses » est conduit par son process là où cela va mal.  C’est dans certains secteurs ou à certains moments que cela va mal mais aussi, plus simplement,  sur certaines sociétés qui rencontrent à certains moments des difficultés. Si vous cherchez des sociétés décotées, un process comme celui des daubasses ne vous conduira jamais sur des sociétés dont le secteur a des perspectives futures époustouflantes, jamais sur des sociétés qui ne rencontrent pas la moindre difficulté et dont tous le monde s’accorde à dire que ce sera le prochain Coca-cola, Microsoft ou Général Electric.

Bien entendu, il y aura des moments de pessimisme généralisé qui vous laisseront  l’embarras du choix tellement les trouvailles seront nombreuses et d’autres périodes au cours desquelles l’euphorie vous obligera à travailler encore plus pour trouver des sociétés décotées.

Vous aurez donc compris que les prévisions, on peut les lire, en discuter, en rire ou s’en moquer puisque le principal, c’est de suivre un process qui n’a pas la moindre conscience qu’il existe des prévisions dans ce bas monde. Et si vous avez pleine conscience d’être semblable à un tigre et d’être bien moins rationnel que vous l’imaginez, il vous suffit de suivre consciencieusement ce que vous dit de faire votre dompteur.

Portefeuille au 13 Septembre 2013 : 4 ans 294 jours

  • Portefeuille : VL 7,0179 € (Frais de courtage et de change inclus)
  • Rendement Total : 594,61%
  • .
  • Potentiel Estimé VANT / Cours 101,80%
  • .
  • Rendement Annualisé : 49,65%
  • Rendement 2013 : 22,00%
  • .
  • Rendement 2012 : 24,19%
  • Rendement 2011 : -15,65%
  • Rendement 2010 : 38,07%
  • Rendement 2009 : 308,74%
  • Taux de Rotation Annualisé : 18,75%
  • Effet Devise Total : 1,33%

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  • Tracker ETF Lyxor MSCI World : VL 119,0523 € (Frais de courtage inclus et dividende réinvesti)
  • Rendement Total : 77,56%
  • Rendement Annualisé : 12,68%
  • Rendement 2013 : 15,93%
  • Rendement 2012 : 11,20%
  • Rendement 2011 : -8,22%
  • Rendement 2010 : 18,76%
  • Rendement 2009 : 30,34%

 

* Nous rappelons que ce portefeuille est un investissement réel

 

 

Performance mensuelle du portefeuille depuis sa création

 

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Détails du Portefeuille

 

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Investir en mines d’or et d’argent, c’est « value » ? + Bas les masques : Oceana Gold

Au cours de ces mois de juillet et août, il n’y a pas vraiment eu de trêve estivale pour notre portefeuille. Les opérations d’achat et de vente se sont succédées à un rythme soutenu.

Dans les semaines qui viennent, nous vous proposerons de dévoiler une par une chacune des opérations que nous avons débouclées.

Ainsi, après Renewable Energy Corporation Group, c’est d’Oceana Gold que nous allons vous parler.

« Comment ? Des investisseurs « deep value » comme vous, vous investissez dans des supports aussi obscurs et spéculatifs que des mines d’or ? »

or physique

Au fil de nos lettres mensuelles, nous avons exposé à nos abonnés les raisons qui nous ont poussés à investir sur ce segment. Nous allons vous en résumer quelques éminerai d'orléments ci-après.

 

En réalité, au sein de l’équipe, nous nous sommes posés la question de savoir si un investissement sur ce genre de support faisait bien partie de notre cercle de compétence : déterminer une valeur relativement fiable pour une société commerciale ou industrielle traditionnelle sur base de ses rapports financiers nous a toujours semblé relativement simple. Déterminer la valeur d’une mine d’or ou d’argent en fonction de ses réserves nous semble bien plus aléatoire.

De plus, en l’absence de valorisation par les VANN ou les VANE, nous sommes bien conscients que nous sortons de notre process.

Enfin, ajoutons que cette fameuse « vraie valeur » pour les minières dépend essentiellement du cours auquel elles pourront écouler leur production, cours dépendant quasi exclusivement de l’humeur de Mr Market (voire, pour les plus « conspirationistes » parmi les « goldeux », des manipulations des banques centrales et autres bullion banks).

Notre premier argument par rapport à un investissement sur des producteurs de métaux précieux, c’est la décorrélation qu’ils offrent par rapport à l’évolution des actions classiques.

Ci-dessous, nous vous proposons l’évolution du S&P (en bleu foncé) comparée à l’indice officiel des mines d’or (en rouge). Si vous ne pouvez lire l’entièreté du graphique, cliquez dessus.

cours du HUI comparé au S&P

 

Que voyons-nous ?

 

Tout d’abord, qu’entre 1996 et 2000, alors que le S&P prend plus de 100 %, les mines d’or perdent 50 %.

Ensuite, de fin 2000 à début 2003, c’est l’inverse : le S&P perd 50 % alors que les mines voient leur cours multiplié par 3.

De début 2003 à mi 2007, on voit bel et bien les mines et le S&P évoluer à la hausse de concert.

Lors du début de la correction fin 2007, on voit que les mines résistent mieux que les actions mais, quand le krach survient, elles finissent par s’effondrer très rapidement, plus vite que les actions d’ailleurs.

Néanmoins, elles se reprennent plus tôt (dès octobre 2008) et repartent à la hausse de manière très violente.

Par la suite, lorsque les actions se reprennent, les deux indices évoluent à nouveau plus ou moins de concert jusqu’au début de la crise de l’euro en juillet 2011 : on voit alors le S&P dévisser de 15 % en un mois alors que sur la même période, les mines gagnent 14 %.

Ensuite, le marché reprend sa marche bull en gagnant 44 % et les mines prennent le chemin exactement inverse en perdant 63 % .

Cet historique est évidemment un peu court pour tirer des conclusions fortes mais nous nous rappelons tout de même que, durant le grand marché baissier 1929-1940, un investissement en mines d’or aurait été très payant également.

Mais vous nous connaissez, ami(e) lecteur(trice), l’équipe des daubasses n’investira jamais dans une action pour des raisons macro-économiques ou d’allocations de portefeuille.  Pour nous une société, quelle qu’elle soit, ne peut être achetée que si elle est bon marché et dispose d’une solidité financière suffisante pour traverser les crises.

extraction d'or

En effet, vous vous doutez bien que nous sommes incapables de prédire l’évolution future des cours de l’or ou de l’argent : nous laissons à d’autres le soin de tenter cet exercice périlleux. En l’absence de connaissance de cet élément fondamental, nous avons axé nos recherches sur des sociétés qui présentaient les plus hautes qualités en termes de résistances à une déprime de longue durée sur les prix de ses produits : nous pensons effectivement qu’en cas de faibles cours prolongés pour l’or et l’argent, certaines mines seront contraintes de fermer en raison de l’impossibilité dans laquelle elles seront de produire à des coût moins élevés que le prix auquel elles peuvent vendre.

Et comme pour tout producteur de matières premières, il est probable que ces fermetures équilibreront l’offre et la demande et permettront alors aux prix de se stabiliser, voire, éventuellement, de repartir à la hausse. Il est donc important pour nous de sélectionner des sociétés qui, nous l’espérons, seront parmi les survivantes au moment de sortir de la « crise de l’or ».

Pour trouver ces survivantes, nous avons axé nos recherches sur deux axes importants :

– Un endettement faible

– Et surtout des coûts d’extraction les plus bas possible

Et c’est parmi les sociétés qui réunissaient ces deux critères que nous avons cherché les plus belles sous-évaluations.

En octobre 2011, nous avons commencé à initier des petites lignes sur deux mines d’or.  Eh oui, vous constaterez que notre timing ne fut pas des plus heureux. L’une de ces deux mines, c’est Oceana Gold, la société que nous démasquons pour vous aujourd’hui.

Et donc, le 17 octobre 2011, nous achetions 789 actions Oceana Gold à un prix de revient, frais de courtage inclus, de 2,80 CAD. Le 15 février 2012, nous en reprenions une petite louche avec un achat de 866 actions à un coût de revient, frais de courtage inclus, de 2,48 CAD. Et enfin, le 16 avril 2013, nous remettions le couvert une dernière fois avec une dernière acquisition de 1 655 actions à un prix de revient de 1,43 CAD.

Le 16 juillet 2013, nous liquidions notre ligne à un prix moyen, frais de courtage déduits, de 1,43 CAD subissant ainsi une moins-value de 29 % …

Une perte douloureuse ?  Non pas vraiment cher(e) lecteur(trice), car la raison de notre vente ne résulte pas vraiment d’une quelconque perte de confiance en Oceana mais plus simplement parce que nous avons trouvé l’opportunité d’acquérir d’autres mines qui nous semblaient présenter des marges de sécurité plus intéressantes. Pour la petite histoire, au cours de ce mois de juillet, nous avons réinvesti l’entièreté du produit de la vente d’Oceana Gold dans une autre mine d’or et nous avons aussi renforcé notre autre « ancienne mine d’or » dont les premiers achats avaient été initiés à la même époque qu’Oceana, acheté une mine d’argent et finalement émis quelques options put sur ces mêmes acquisitions.  Évidemment, nos abonnés ont été tenus au courant en temps réel de ces opérations et ont pu découvrir nos motivations d’achat dans la lettre du mois d’août 2013.

Nous vous proposons à présent de découvrir les raisons qui nous ont poussés à acquérir Oceana Gold telles que nous les avions présentées à nos abonnés à l’époque, c’était en 2011.

Bonne lecture.

 

Diversification dans la valeur – Les mines d’or (extrait de la lettre mensuelle de septembre 2011)

 

mines d'or et d'agentNon, rassurez-vous, cher(e) lecteur(rice) ! Nous n’avons pas « tourné goldeux » et restons des investisseurs « value » purs et durs.

Mais les différentes réflexions que nous lisons depuis quelques temps, expliquant que les cours des mines d’or n’ont pas profité de la hausse du métal jaune nous ont interpellés… et nous nous sommes lancés dans le challenge de tenter de comprendre ce secteur… mais bien évidemment, avec une approche purement value.

Alors, en retard les mines d’or ?

Si on regarde l’évolution des cours des mines d’or et de l’or au cours des 5 dernières années, on pourrait répondre par l’affirmative : l’or a gagné près de 200 % alors qu’au cours de la même période, les mines d’or ont gagné seulement 70 %.

Mais l’équipe des Daubasses ne peut se contenter de ce seul constat pour investir massivement dans ce segment parce que, après tout, rien ne dit que ce n’était pas les mines qui étaient trop chèrement valorisées il y a 5 ans et que leur cours actuel reflète leur juste prix tout au plus.

En effet, si on opère la même comparaison mais sur les 10 dernières années, le résultat devient sensiblement différent : l’or a gagné 560 % quand les mines d’or gagnaient… 1 080 % !

Finalement, pas si concluante cette histoire de retard…

Néanmoins, nous étions lancés… et ne comptions pas nous arrêter pour si peu. C’est ainsi que nous avons abordé une centaine de mines d’or, une par une, avec notre oeil de chasseur « deep value ». Une chasse à la daubasse comme nous en avons l’habitude en quelque sorte.

Notre but n’était pas de « jouer la poursuite de la hausse de l’or » mais, au contraire, de trouver des sociétés présentant des marges de sécurité tellement importantes que même une baisse importante des cours de l’or nous laisserait un collatéral suffisant en garantie de notre investissement. Et nous avons trouvé…

Mais tout d’abord, quelques précisions sur ce secteur :

1. Les mines d’or profitent de la hausse de l’or avec un certain levier. Prenons un exemple : le coût d’extraction de l’once d’une société donnée est de 1 000 usd par once. Si l’once se traite à 1 200 usd, la société génère une marge de 200 usd. Si l’once se traite 25 % plus haut, à 1 500 usd, notre mine « témoin » génère alors une marge de 500 usd soit 150 % de plus !

2. Contrairement à l’or et comme n’importe quelle société, les mines d’or génèrent des revenus

3. Une part importante des coûts de production sont dépendants des cours du pétrole, environ 20 % de ceux-ci

4. Souvent, les mines d’or extraient, en plus de l’or, d’autres métaux qu’elles peuvent valoriser

5. Une part importante des dépenses des mines d’or (surtout les juniors) est affectée à l’exploration, ce qui peut générer des revenus futurs… ou fortement obérer la rentabilité de l’entreprise « à fonds perdus »

6. Un grand nombre de mines sont situées dans des pays politiquement instables et une réquisition ou du « racket légal » sont des risques à ne pas négliger

7. Certaines sociétés ont mis en place des couvertures pour s’assurer d’un prix sur leur production. Dans ce cas, elles ne profitent évidemment pas de la hausse de l’or (ni ne sont pénalisées par sa baisse)

8. Les législations environnementales peuvent être un handicap sur le plan de la rentabilité de l’exploitation.

investir dans les mines d'or

 

Nous avons donc orienté nos recherches sur des entreprises minières « juniores », car ce sont de plus petites sociétés que les géants du secteur, et nous pensons que s’il existe des inefficiences de marché, ce doit bien être sur ce segment.

C’est donc dans un univers d’une centaine de valeurs que nous avons fouillé, retourné pierre après pierre pour trouver… nos pépites d’or.

Voici tous les critères de sélections retenus :

–          Peu de couvertures sur des devises ou sur le cours de l’or

–          La société minière doit déjà extraire, produire de l’or et générer une marge brute largement positive

–          Des pays de production relativement sécuritaires, démocratiques

–          Une solvabilité > 40%.  Solvabilité = (capitaux propres – part des minoritaires – intangibles) / total du bilan

Résultat? Deux valeurs sont nettement sorties du lot : OceanaGold Corporation et  « ?????? » (société masquée dont l’identité est réservée à nos abonnés)

oceana-gold

Comment avons-nous calculé la valeur patrimoniale de nos valeurs aurifères ?

Nous avons valorisé les réservées prouvées à 100% et les réserves potentielles à 50%.

Les réserves probables ne sont pas valorisées par mesure de sécurité et, surtout, pour ne pas spéculer sur du rêve Nous retenons le dernier coût de production par once en USD pour chaque société pour calculer la vraie valeur de ces réserves.  Nous tenons compte de la trésorerie et des créances clients. Nous retranchons tout le passif, soit l’ensemble des dettes Nous avons estimé 5 années de dépenses de CAPEX (= investissements) que nous retranchons dans notre calcul

Ainsi, voici la formule :

(Réserves en once d’or X ((cours de l’once d’or X (1-30%) – coût de production de l’once d’or) X (1-40%)) + trésorerie + créances clients – total passif – 5 années de CAPEX) X (1-10%)

Le dernier cours de l’once d’or, le vendredi 2 septembre au soir est de 1 877,40 USD l’once.

Comme vous le remarquez, au-delà des marges de sécurité représentées par les réserves non prouvées que nous ne prenons pas en considération, nous avons appliqué des décotes supplémentaires comme suit :

 

–          30% sur le dernier cours de l’once d’or

–          une imposition + royalties = 40%

–          une baisse des coûts de production de 10% pour OceanaGold, le coût d’extraction étant anormalement élevé sur le dernier semestre

–          une marge de sécurité liée au risque pays = -10%. Les principaux actifs d’Oceana sont situés en la Nouvelle-Zélande mais une partie se trouve aux Philippines, un pays un peu plus « exotique »

–          enfin, une nouvelle marge de sécurité générale globale de 10% pour se prémunir de tout défaut dans notre raisonnement

 

Nous remarquons aussi que Oceana ne produit pas que de l’or.  Comme beaucoup de minières, elle extrait aussi des métaux connexes comme le cuivre, l’argent et le zinc.  Nous tenons bel et bien compte des réserves de cuivre pour notre évaluation mais pas des réserves de zinc et d’argent, plus marginales.

Une fois que nous avons fait tourner notre moulinette en prenant en compte toutes les dilutions potentielles, nous avons obtenu pour Oceana Gold, une valorisation de 6,88 CAD par action.

D’un point de vue purement patrimonial, avec toutes les marges de sécurité que nous avons retenues, et sans anticiper une hausse du cours de l’or ou encore de nouvelles découvertes, nous estimons que le potentiel pour Oceana Gold à  184 %.

Ce qui est intéressant pour nous, c’est que nous sommes restés dans le concept d’achat « value ». En effet, sur base des hypothèses retenues ci-dessus, nous considérons que le marché anticipe un cours de 921 usd l’once pour Oceana Gold.

C’est en tout cas à ces niveaux de prix qu’il faudrait descendre pour que la valeur du collatéral tangible qui garantit notre investissement (c’est à dire essentiellement les réserves d’or) soit entièrement épuisé.

Cette société nous semble une excellente diversification pour nos portefeuilles, diversification obtenue tout en conservant l’approche « daubasse ».

 

Portefeuille au 6 Septembre 2013 : 4 ans 287 jours

  • Portefeuille : VL 6,9801 € (Frais de courtage et de change inclus)
  • Rendement Total : 590,88%
  • .
  • Potentiel Estimé VANT / Cours 103,55%
  • .
  • Rendement Annualisé : 49,75%
  • Rendement 2013 : 21,35%
  • .
  • Rendement 2012 : 24,19%
  • Rendement 2011 : -15,65%
  • Rendement 2010 : 38,07%
  • Rendement 2009 : 308,74%
  • Taux de Rotation Annualisé : 18,75%
  • Effet Devise Total : 2,19%

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  • Tracker ETF Lyxor MSCI World : VL 117,7978 € (Frais de courtage inclus et dividende réinvesti)
  • Rendement Total : 75,69%
  • Rendement Annualisé : 12,49%
  • Rendement 2013 : 14,71%
  • Rendement 2012 : 11,20%
  • Rendement 2011 : -8,22%
  • Rendement 2010 : 18,76%
  • Rendement 2009 : 30,34%

 

* Nous rappelons que ce portefeuille est un investissement réel

 

Performance mensuelle du portefeuille depuis sa création

 

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Détails du Portefeuille

 

1-Portefeuille-valeurs-décotées-net-net-Buffett-Graham

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Finance Comportementale Partie 1 : Je suis le meilleur !!

 

Conceptual image - meditations over the financeCe texte fait partie de la série « finance comportementale ».

Dans cette première partie nous allons développer les sujets suivants : l’excès de confiance, l’illusion de la connaissance et l’illusion de contrôle.

Contrairement à ce qui est développé dans ce que nous appellerons le « fascicule »  qui sert de base à ces réflexions, nous pensons que la confiance en soi, la connaissance ou le contrôle de soi font partie de la nature profonde de l’être humain. Ce sont  finalement des qualités que l’on essaie de développer au maximum chez un enfant… Sans confiance en soi, que peut-on entreprendre dans la vie ? Sans connaissance, comment exercer un métier qui vous plait ? Sans contrôle de soi ou de certaines situations, comment espérer s’améliorer ? En fait, chacun d’entre nous aspire à devenir, le meilleur dans ce que nous faisons dans notre vie de tous les jours. Que ce soit conscient ou inconscient. Et il est difficile de nier ce fait naturel chez l’être humain : qui peut prétendre ne pas avoir un jour admiré le meilleur selon notre intérêt pour ce qu’il a réalisé, qu’il soit sportif, scientifique, cuisinier ou  investisseur ? Dans tous les domaines, les meilleurs peuvent provoquer en nous des passions, voire nous donner la force d’essayer à notre tour de faire partie des meilleurs.

Bien entendu, il faut aussi savoir être réaliste et comprendre que les meilleurs ne sont pas nombreux et que dans tous les métiers, toutes les disciplines, vous avez plus de chance de ne pas faire partie des meilleurs que d’en faire partie. Mais même si vous n’en faites pas partie, aspirer à s’améliorer dans tout ce que vous faites est une qualité indiscutable. Et sans confiance en soi, sans recherche de connaissance et sans travail de contrôle sur vous ou dans des situations que vous rencontrez, il n’est pas possible de s’améliorer et de rechercher l’excellence à défaut d’être le meilleur.

Mais alors qu’est-ce que l’excès de confiance, l’illusion de la connaissance et l’illusion de contrôle ?  En gros, c’est, de notre point de vue, juste un manque de réalisme ou de lucidité de personnes qui n’ont pas lâché l’idée naturelle d’être parmi les meilleurs. Mais c’est vrai que si cela peut parfois être amusant ou grotesque dans la vie de tous les jours, quand il s’agit d’investissement c’est nettement délicat.

Voyons maintenant quelques exemples et posons-nous quelques questions avec ces exemples.

 L’excès de confiance

Pour le « fascicule« , l’excès de confiance est une surestimation systématique de ses propres capacités ou de ses choix. Et cela n’aurait rien à voir avec la confiance en soi

– 19% des américains pensent appartenir au seul pourcent de citoyens les plus riches.

On comprend avec cet exemple que certaines personnes assez aisées ne se demandent pas à partir de quelles sommes d’argent on entre dans le « 1% des plus riches ».

– 95% de professeurs sont persuadés être les meilleurs dans leur propre discipline.

On devine avec ce nouvel exemple que ces 95% de professeurs font bien leur travail et en donnent un maximum. La confusion qu’ils font, c’est entre l’excellence de leur travail et être véritablement parmi les meilleurs. Bien que dans cet exemple la frontière est extrêmement difficile à apprécier.

– Aux USA – bien qu’à notre avis cela pourrait être vrai partout dans le monde – 82% de conducteurs pensent figurer parmi les 30% des meilleurs conducteurs !

Voici donc la première question que nous posons aux quatre membres des Daubasses pour vous permettre de comprendre que nous avons, comme tout le monde, nos excès de confiance.

actions automobile

Pensiez-vous être rapidement parmi les meilleurs conducteurs quand vous avez décroché votre permis de conduire et aujourd’hui ou vous situez-vous ?

Franck : Naturellement, quand j’ai eu mon permis à l’âge de 20 ans, mon plus gros danger provenait des autres qui étaient LE risque identifié par tout le monde. Les pires pilotes de la route sont les vieux – normale, la cible facile habituelle – car ils ne conduisent pas assez vite. Voir leur excès de prudence et leur anticipation aux respects des règles… – bien trop en amont des premiers risques – rend leur cadence dangereuse pour autrui.

Mais dans mon département d’origine : la Seine-Maritime (= département « 76 »), notre plus grand danger provenait des « 27 », les conducteurs immatriculés « 27 » car originaire du département de l’Eure, qui avec la Seine-Maritime forme la Région Haute-Normandie. En fait, les « 27 » sont pour les « 76 » des campagnards. Ce sont des conducteurs qui considèrent que tout ce qui est à la mode c’est la musique forte, le tuning, conduire torse-nu, rouler vite, … Bref, des « barakis » diraient mes amis belges. Clairement, pour nous (les « 76 »), quand ces rats des champs rencontraient les rats des villes, il fallait être systématiquement en alerte. Car bien entendu, le « 27 » ne sait pas conduire sur une route où il y a plus de 2 voitures – il a appris à conduire avec un tracteur – et une route qui n’est pas en terre battue est pour lui une piste pour battre des records de vitesse. Quant aux lignes blanches séparatrices au sol, des inventions de « 76 » pour faire joli certainement…

Bref, les « 76 » dont je faisais partie étaient donc de bien meilleurs conducteurs !

Aujourd’hui, en bon parisien sans véhicule et loin de mes anciens clichés, habitué du métro, RER et autres trains de banlieue, je ne me considère pas comme un as du volant. Lors des locations que j’effectue pour mes vacances ou pour des besoins utilitaires, il n’est pas rare que je cabosse quelque peu le véhicule de locations… D’ailleurs, je prends désormais systématiquement l’assurance tout risque lors de la prise des clefs du véhicule chez le loueur. Il m’est d’ailleurs arrivé d’engloutir un véhicule lors d’une absence au volant… Dans le métro, ce n’est pas très grave, on perd du temps et on descend à l’arrêt suivant, dans un véhicule, c’est tout de suite plus grave.

Finalement, certes quelques froissements de taule, mais pas de morts, ni de graves blessés. Donc, oui, je dois encore être dans la bonne moitié aujourd’hui ? Non ?

Louis P. : Personnellement, conduire ne m’intéressait pas plus que cela : le vélo, le train ou les parents qui servent de « taxis » : tout ça me convenait assez bien.  Mais bon, il a bien fallu « s’y mettre ».  Si j’ai réussi tant l’examen théorique que le pratique « du premier coup », je ne me suis jamais pris pour le nouveau Schumacher (enfin, à l’époque, Michael Schumacher n’était pas encore en formule 1, on disait plutôt « se prendre pour Fangio »).  Je ne me prenais pas pour un as du volant d’autant que j’ai effectivement eu très vite, et coup sur coup, deux accidents de ma faute, sans conséquence grave heureusement.  De quoi éteindre dans l’œuf toute velléité de « roi de l’asphalte ».  Aujourd’hui, plus de 20 ans plus tard, je me considère comme un conducteur plutôt dans la bonne moyenne : je n’ai effectivement plus eu le moindre accrochage malgré les 45 000 kilomètres que je parcours chaque année et surtout, il y a un critère objectif : le bonus-malus de mon assurance qui est à 0.  Plus qu’une impression, cette cote « neutre  et indépendante » me semble la meilleure des mesures d’évaluation. Et donc oui, aujourd’hui, je me classerais volontiers dans les meilleurs conducteurs mais … est-ce bien le cas quand je vois que la toute grosse majorité de ces 45 000 kilomètres ont été parcouru dans les campagnes condruziennes ou les forêts ardennaises et donc en zone rurale ?  Peut-être que cet environnement favorable induit-il en moi un gros biais optimiste ?

Pierre : En fait à 18 ans, je n’aimais pas conduire.  Si j’ai passé mon permis à 20 ans c’est que j’en avais marre de rouler en mobylette et surtout marre de dépendre de mes parents. J’ai appris à conduire avec ma mère, en « filière libre » pas par auto-école, donc en gros avec la bagnole de mes parents et avec ma mère à côté de moi comme instructeur. J’ai réussi mon permis théorique à la première fois mais J’ai raté la partie pratique une première fois et réussi à la deuxième fois. Franchement, je n’ai jamais pensé pouvoir être parmi les meilleurs conducteurs, d’autant plus qu’un mois après avoir décroché mon permis, un copain avec qui nous sommes partis en Espagne en voiture m’a expliqué que je devais freiner d’abord et puis embrayer, alors que je faisais l’inverse, exactement ce que m’avait appris ma mère !

Oui, aujourd’hui 32 ans plus tard, je me situe parmi les meilleurs conducteurs. Mon argument, c’est que je n’ai eu qu’un seul accident en 32 ans avec ma première voiture et je n’étais même pas en tord, c’est un pauvre clown qui m’a emboutit par l’arrière… Et j’ai roulé au moins 600 000 Km, sur ces 32 ans. ! De mon point de vue, et certainement du point de vue d’un assureur, je ne pense pas faire un excès de confiance… Par contre, en 32 ans j’ai eu pas mal de procès pour excès de vitesse. Bon, à 5 Euro en Roumanie, voici 15 ans, cela ne vous incitait pas trop à lever le pied, j’ai même eu mon permis suspendu pour trois mois pour excès de vitesse en Roumanie, là cela m’a fait réfléchir. C’est nettement moins drôle à pied, voire avec son beau-père comme chauffeur… J’avais également avec ma plaque Roumaine l’avantage de pouvoir confondre une autoroute allemande où l’on roule en toute légalité à 180 avec une autoroute belge où c’est 120 ! Et toujours avec cette plaque roumaine, je n’ai jamais payé un parcmètre hormis en Roumanie, pendant 20 ans ! Je ne suis pas fier de cela, c’est juste la réalité. J’ai déroulé, et si l’on se focalise sur ces faits, je suis sans doute dans l’excès de confiance le plus complet en me situant parmi les meilleurs conducteurs.

Louis A : J’ai passé mon permis de conduire assez tard, j’avais 25 ans. Auparavant, je ne m’étais jamais réellement intéressé à la conduite. Les trams, bus et métros bruxellois me convenaient parfaitement, grâce à mon abonnement annuel étudiant, auprès de la S.T.I.B (Société des Transports Inter-urbains Bruxellois).

Et donc à la fin de mes études et grâce à mes premiers salaires, j’ai pu me payer mes cours d’auto-école. Mon permis encore frais, je décide d’acheter ma première voiture, une Citroën Saxo. Tout heureux que j’étais en ce mois de janvier où il faisait un froid de canard, je repartis du concessionnaire avec ma toute première voiture flambant neuve, bleu métallisée. 28 heures plus tard, je faisais une sortie de route… Je m’en suis sorti indemne, heureusement. En revanche, pas ma voiture qui était sinistrée. Ca commençait bien mal et ça a vite calmé mes ardeurs.

Depuis, près de 20 ans sont passés et je n’ai plus jamais eu d’accident, mis à part 2 ou 3 petits accrochages pour lesquels je n’étais pas responsables.

Aujourd’hui je roule principalement à Bruxelles, pendant les heures de pointes, et me considère comme un bon conducteur, arrivant à me frayer un chemin parmi le trafic pour arriver « plus vite que les autres »…

 

Voilà, comme vous pouvez le constater cher(e)s lecteurs(trices), votre équipe croit faire partie des meilleurs conducteurs. Même si nous avons des arguments sérieux outre passant toutes considérations : pas de véhicule, mais les « 27 » sont des « ânes »…, « deux accidents consécutifs » pour débuter… Des excès de vitesse… « 28h plus tard, une sortie de route »… Nous jugeons que nous sommes bien parmi la crème de la crème des conducteurs.

Est-ce rationnel ou pas ? Nous n’en savons rien. Est-ce humain et faisant partie de notre nature ? Oui, c’est certain.

 

L’illusion de connaissance

Notre « fascicule » nous explique que l’illusion de connaissance est un élément important dans la surestimation de soi.

Cela n’est pas très clair de notre point de vue, mais l’exemple suivant tente d’éclaircir la chose :

– Des enquêtes auprès des bookmakers montrent qu’en moyenne 15% des paris des joueurs dans les courses de chevaux sont corrects, s’ils obtiennent 5 conseils utiles. S’ils en obtiennent 10, 20 ou 40, la proportion de paris corrects restera inchangée à 15% en moyenne. Mais plus le parieur reçoit d’information et donc plus il semblerait avoir de connaissances sur le sujet, plus sa confiance en ses paris augmente. Elle passerait alors à 30% au lieu de 15%. Pourtant, en réalité, la justesse des paris, n’augmente pas avec la quantité de connaissance.

En gros avec cet exemple, et si nous tentons de généraliser, il semblerait qu’il soit important de savoir trier l’utile de l’inutile. La confiance générée par un tas d’informations inutiles procurerait une illusion de connaissance, mais ne vous aident pas à produire de meilleurs résultats.

 

 

L’illusion du contrôle

contrôle de soi en bourseLes êtres humains pensent qu’ils peuvent parfois influencer le résultat de leur choix. Ou encore, nous explique le « fascicule« , le fait de choisir soi-même nous fait croire que notre choix est bon.

Dans la première affirmation, nous comprenons tous que nous ne contrôlons pas le hasard ou le futur, mais à partir du moment ou l’on fait un choix, il nous semble logique que nous espérons tellement que le résultat soit bon ou qu’ il aille dans la direction de notre choix, que nous désirons consciemment ou inconsciemment, avoir une main invisible pour orienter le résultat. Cela nous semble naturel et sans doute lié au fait que personne n’aime constater qu’il a fait une erreur ou qu’il a perdu !

Dans la seconde affirmation, choisir soi-même est quand même lié au sens de la responsabilité de chacun et il faut bien avouer que plus on délègue des choix qui devraient être personnels à d’autres, moins on se sent responsable.  Penser d’avance que nos choix sont les meilleurs parce que c’est nous qui les avons fait est  logique et  dans la nature profonde de l’être humain. Car si nous savions d’avance que ce que nous avons choisis n’était pas bon, nous aurions fait tout naturellement un autre choix.

Voyons maintenant les exemples :

– Au loto, les joueurs préfèrent les numéros qu’ils ont choisis, plutôt que les numéros générés automatiquement par la machine du libraire.

C’est vrai que sur le plan théorique, que vous choisissiez vous-même les numéros, que votre chien les choisissent ou que la machine du libraire les choisissent, revient strictement au même. Mais n’oublions pas que c’est aussi le plaisir du jeu que d’avoir l’illusion de contrôler le hasard qui est quand même, si nous y réfléchissons bien, un mystère aussi épais que ne l’est l’univers, ou plein d’autres choses que nous ne connaissons pas, ne comprenons pas et tentons malgré tout de maîtriser.

Pour la même raison, les investisseurs préfèrent choisir leurs propres actions que d’investir en fonds d’actions.

Ce second exemple nous semble peu approprié quand on connait le résultat des fonds d’actions, dont au moins 95% ne génèrent pas de performance supérieures au marché. Nous pensons que ce serait un autre type d’illusion que d’avoir l’illusion qu’un gérant de fonds ferait nécessairement mieux qu’un investisseur particulier et donc non professionnel… Bien entendu, le « fascicule » nous apporte la preuve, avec une étude Dalbar Inc datant de 2012 que le portefeuille des ménages américains fait systématiquement moins bien que le marché et sur les périodes allant de 12 mois à 20 ans.

Bien entendu, pour être tout a fait objectif sur ce constat, il aurait fallu faire la même étude sur les fonds d’actions européennes.

rendement moyen investisseurs particuliers

Conclusion : Selon le « fascicule« , ces phénomènes de surestimation de soi s’expliquent entre autres par la « sélection sexuelle », un mécanisme particulièrement puissant qui permet d’attirer les bons partenaires pour se reproduire et que l’on constate surtout chez les hommes. Mais pour se reproduire, les hommes sont entièrement dépendants de leur sélection par une femme et pas l’inverse comme les hommes aimeraient le croire !

Les hommes se surestiment plus que les femmes, et les célibataires plus que les couples.

Comment pouvons-nous transformer nos handicaps psychologiques issus de notre nature profonde en avantage pour faire de nous des investisseurs de bon sens ?

C’est un peu le chalenge général que nous nous sommes posés en commençant la rédaction de ces textes. Car, comme nous vous l’expliquions dans l’introduction, c’est bien, voire très bien, de connaître et de comprendre, les mécanismes psychologiques qui génèrent les biais, les illusions, les excès, … mais ce que nous en faisons en pratique dans l’investissement est le point fondamental.instinct du boursicoteur

Vous avez certainement remarqué dans nos remarques et commentaires que nous contrecarrions systématiquement les différents exemples d’excès ou d’illusion en expliquant que finalement c’était la nature profonde de l’être humain. Le but de ces « contradictions », c’est de tenter de mieux faire comprendre que l’on ne change pas aussi facilement. N’oublions pas que l’homme est un mammifère avec ses instincts, un animal à sang chaud et que ce n’est pas parce qu’il a un cerveau un peu plus développé que les autres animaux, un cerveau qui lui permet d’avoir conscience de ce qu’il fait ou de ce qu’il est, qu’il peut changer sa nature profonde.

En gros, nous avons l’équation suivante à résoudre lorsque l’on investit : d’une part, nous savons que nous avons des biais ou des réflexes qui nous font agir dans une direction erronée ; et d’autre part, nous n’avons pas les moyens d’agir directement sur eux, pour les changer en profondeur. Que faire dans ce cas ?

Nous pensons donc que la seule solution, c’est de se distancier ou de déléguer nos décisions afin d’écarter définitivement nos différents biais. Et ce moyen, c’est le « process » d’investissement  ou la stratégie d’investissement .

Nous rappelons qu’un « process » d’investissement, selon notre définition, c’est une manière répétitive et fixe d’investir selon des critères bien définis et qui vous donnent un avantage statistique, vous permettant de dégager plus de gains que de pertes .Hand drawing a black process diagam

Vous comprendrez donc que des « process » d’investissement, il en existe des multitudes. Autant qu’il existe d’investisseurs. Et du moment qu’il s’encadre dans la définition que nous venons de formuler, vous sortirez gagnant à long terme.

Nous allons donc rester dans le « process » des « daubasses » qui est une copie légèrement personnalisée des enseignements de Benjamin Graham. Cela ne signifie donc pas que c’est le seul  qui fonctionne, il y en a sans doute des centaines d’autres et sans doute aussi une quantité de très bons « process » que nous ne connaissons pas. Mais nous allons évidement nous en tenir à ce que nous connaissons et avons appliqué depuis bientôt 5 ans : le « nôtre ».

L’avantage du process, c’est qu’il faut bien le comprendre avant de le mettre en application, mais pour cela on a un temps illimité et on est en toute tranquillité. Pas la moindre interférence liée à un investissement, générant biais et autres excès ou illusions quand le « process » est bien compris. Tout peut commencer. La seule chose qu’il reste à faire, c’est de l’appliquer à la lettre.

méthode d'investissement valueSi nous revenons à notre métaphore de l’introduction avec le tigre et le dompteur du cirque, le tigre c’est nous, et le « process » c’est en quelque sorte le dompteur. Quand nous entrons en piste ou que nous investissons, c’est le « process dompteur » qui nous dit ce que nous devons faire. Nous pouvons faire confiance à notre process, cela ne change absolument rien à la manière d’investir. Nous pouvons avoir l’illusion de connaissance sur telle ou telle société, si les critères du « process dompteur » sont acceptés, il n’y a pas le moindre problème. Si c’est refusé, c’est refusé et l’illusion est donc anéantie aussitôt… Si nous avons par moment des illusions de contrôle, c’est sans dommage puisque c’est une nouvelle fois le « Process dompteur » qui nous guide mécaniquement et c’est en fait lui qui nous contrôle.

Vous l’aurez compris, un « process » n’a pas le moindre biais. C’est comme une machine qui ne réfléchit pas mais qui a été programmée par vous, pour vous dire c’est « OK », ou que « c’est niet » ! Un process, c’est à la fois vous qui le mettez en place, vous qui l’affinez, le précisez et y greffez tous les détails que vous désirez… Mais une fois mis au point, c’est lui qui prend les commandes et vous devenez alors le simple exécutant de ce qu’il vous dicte.

Sans rien changer à votre nature profonde, un process vous permet donc d’investir sans le moindre biais.