Portefeuille au 29 Novembre 2013 : 5 ans 5 jours

  • Portefeuille : VL 6,9146 € (Frais de courtage et de change inclus)
  • Rendement Total : 584,39%
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  • Potentiel Estimé VANT / Cours 111,02%
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  • Rendement Annualisé : 46,73%
  • Rendement 2013 : 20,21%
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  • Rendement 2012 : 24,19%
  • Rendement 2011 : -15,65%
  • Rendement 2010 : 38,07%
  • Rendement 2009 : 308,74%
  • Taux de Rotation Annualisé : 18,75%
  • Effet Devise Total : -0,87%

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  • Tracker ETF Lyxor MSCI World : VL 123,7824 € (Frais de courtage inclus et dividende réinvesti)
  • Rendement Total : 84,61%
  • Rendement Annualisé : 13,00%
  • Rendement 2013 : 20,54%
  • Rendement 2012 : 11,20%
  • Rendement 2011 : -8,22%
  • Rendement 2010 : 18,76%
  • Rendement 2009 : 30,34%

 

* Nous rappelons que ce portefeuille est un investissement réel et que nos abonnés ont accès a l’ensemble des extraits de compte de notre club d’investissement qui démontrent la réalité des rendements affichés

 

Performance mensuelle du portefeuille depuis sa création

 

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Détails du Portefeuille

 

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Le premier quinquennat

Nous y sommes ami(e) lecteur (trice) : voici 5 ans que nous avons constitué notre club d’investissement, 5 années que notre blog existe, 5 années d’une très belle aventure.QE et LTRO

Pour fêter cet évènement, il fallait un lieu qui en soit digne. Franck, étrangement de plus en plus amateur de choucroute et de Kreuzpolka nous proposait de le faire juste en face du siège de la BCE  afin de rendre hommage aux fabricants de billets qui ont partiellement contribué à la performance de notre portefeuille (la Fed était un peu loin pour ce faire et, à défaut de remercier «Elicopter Ben », « Super Mario Draghi » aurait fait l’affaire). Mais Pierre a coupé court trouvant que l’équipe des daubasses n’avait pas à prendre une position « politique » en paraissant soutenir des initiatives aussi sensibles.

Le plus grand des deux Louis aurait bien fait ça en toute simplicité au bar Emmanuel du Quai des Vis d’autant que le tenancier tient à présent un stock suffisant de sa trappiste préférée mais le plus petit des deux Louis trouvait que ça manquait de solennité.

réunion d'investissement en AlsaceFinalement, nous avons opté pour un moyen terme entre les Pays-Bas maritime et l’accidenté land de la Hesse et avons choisi l’Alsace, carrefour des cultures germaniques et latines. Certes, l’équipe ne partait pas sans une certaine angoisse : si la qualité viticole de la région n’était plus à faire, la plupart des membres de l’équipe avait le souvenir d’infâmes Kronenbourg trop chaudes.

Mais Pierre a proposé l’idée géniale d’emprunter le Jumper de son voisin : 6 places assises et un volume largement suffisant pour transporter notre petit baluchon et les 10 casiers d’Orval nécessaires pour tenir un si long week-end chez les buveurs de vin.

Nous nous sommes donc mis en route, direction Colmar,  mais, dès que nous sommes arrivés à hauteur de Metz, la neige s’est mise à tomber, drue et épaisse.  Au fur et mesure que nous approchions du Col du Bonhomme et que le jour tombait, la circulation se fit de plus en plus rare. L’ascension du col fut néanmoins avalée d’une traite sans aucun incident mais, dans la descente, le plus grand des deux Louis poussa un cri d’effroi … « Attentioooooooon » !!!  Son homonyme qui pilotait le véhicule avait lui aussi aperçu l’ombre qui se profilait le long de la route. Un cerf majestueux et impérial envisageait de traverser. Mais les 4 compères n’eurent pas le loisir d’admirer ce roi des forêts : un brusque coup de volant pour l’éviter, la camionnette dérapa et … bardaf … ce fut l’embardée.

 

les investisseurs enneigésLe silence se fit dans la nuit blanche. Le Jumper se trouve coincé sur le bas-côté de la route, heureusement pas du côté « ravin » mais bien du côté « forêt ». Mais, avec la neige
et le dénivelé du fossé, impossible de dégager le véhicule.

–          « Merde … on n’a pas de réseau » constata Franck plaintif.

–          « Pas grave, on a des réserves de vivres et on ne sera pas déshydraté » remarqua le plus grand des deux Louis, toujours pragmatique.

–          « D’ailleurs, j’ai soif »

–          « Tu as ton décapsuleur ? »

–          « Ouais, envois les Orval »

–          « Ca me rappelle nos débuts – expliqua Pierre – la chasse à la daubasse avec du matos fait de bric et de broc »

–          « Ça n’a guère changé sur ce plan-là » dit Franck

–          « Non c’est vrai mais à l’époque, on n’avait vraiment l’impression d’être des amateurs. Aujourd’hui, c’est vrai, on a moins de complexes ».

–          « Souvenez-vous de nos premières chasses …. »

Traveling avant sur une bouteille d’Orval, fondu enchaîné, … retour en septembre 2008 …

Un petit groupe de fanas de l’investissement se retrouve régulièrement dans un groupe de discussions pour tenir différentes conversations portant sur leur thème favori. Au sein de ce groupe baptisé Valeur&Convictions, les débats sont parfois musclés, souvent passionnés et presque toujours intéressants. Si l’ensemble de ces boursicoteurs partagent un point commun – leur intérêt pour l’investissement « value » – ils défendent des approches fondamentalement différentes même si toutes sont respectables. Parmi ceux-ci, quelques « extra-terrestres » se sont mis à étudier l’approche « net-net », chère à Benjamin Graham et le 25 septembre 2008, Louis P présente à ses compères une liste de 9 sociétés françaises répondant aux critères « net net » sans qu’aucun autre critère comme la solvabilité n’entre en ligne de compte. Souvenir … Souvenir … voici cette fameuse liste avec le cours de l’époque et le rapport cours/VANN

LNC             3           0,23

Vet’Affaires 13,69       0,62

Capelli         1,15       0,81

Adomos       0,87       0,81

Passat         2,49       0,62

JAJ              0,94       0,52

Dane Elec    0,63       0,41

Kindy           6,25       0,94

GEA          12,7         0,86

La machine était lancée … Pierre, qui deviendra plus tard un “chasseur de daubasses d’élite” commença alors à retourner pierre par pierre (Pierre qui retourne des pierres, c’est rigolo ça ?  … ou ce sont les premiers effets de notre 6e Orval … c’est vrai qu’il commence à faire froid dans la Jumper !). Quelques semaines plus tard, le 16 octobre, il présente une liste de 30 sociétés « net net ». Deux jours plus tard, la liste se monte à 64 sociétés. C’est à ce moment, bien avant la constitution du club donc, que l’idée de diversification (une des pierres angulaires de notre approche) voit le jour. Le raisonnement tenu était et nous citons littéralement : « Soyons conscients que certaines société de la liste vont sans doute rester au tapis (faillite) mais si l’on réfléchit un peu, et en partant d’un portefeuille de 20 valeurs… Et si nous avons par exemple au moins 10 sociétés dont les cours représentent 30% de l’actif courant….Le potentiel sur ces 10 valeur est disons de 200% ou un cours X 3 , pour atteindre 1 soit la valeur de leurs actifs courants….Cela peut-être plus, mais restons en là….Imaginons que 3 sociétés sur les 10, fasse donc X 3…..Cela nous permet alors 6  faillites sur les 17 valeurs restantes du portefeuille….. Une dernière réflexion sur ce portefeuille Net-Net…….Comme déjà exprimé, je pense que sans diversification, le risque société est plus important que la moyenne des méthodes value….A un certain niveau de diversification que j’estime entre 20 et 30 sociétés en portefeuille, ce risque me semble se restreindre fortement, car les quelques sociétés qui vont repartir fortement annulent en partie les faillites potentielles des autres ».

Le 18 octobre, la liste se monte à 75 net net et Pierre annonce triomphalement avoir trouvé la plus sous-évaluée entre toutes, une certaine … Chromcraft Revington … un investissement qui s’avérera disons … moyen quelques années plus tard.

C’est le 20 octobre 2008 que germe l’idée de créer un club d’investissement permettant d’investir dans des net-net. Si plusieurs d’entre nous commençaient à être intéressés par un « portefeuille » Net-Net, la conviction n’était pas encore absolue et, pour équilibrer les risques, nous avons donc souhaité mutualiser une petite partie de notre épargne pour constituer un portefeuille suffisamment diversifié. Il faut souligner que la faillite de Lehman Brother remontait à un mois à peine et que le marché dévissait … dévissait … dévissait … de quoi ébranler certaines certitudes des plus expérimentés parmi nous.

Après d’interminables formalités administratives, le compte du club était enfin ouvert. Entretemps, nous n’avions pas sombré dans l’oisiveté : notre watch list avait atteint les 200 lignes. La peur sur les marchés à ce moment était à son comble, le VIX, indicateur de la volatilité du marché des options, avait atteint son plus haut historique le 20 novembre à 80,86 %. Jamais il n’avait été aussi haut et jamais, par la suite et à ce jour il n’a été aussi haut. Voilà pourquoi notre mini club ne put, au départ, réunir que la modique somme de 15 400 euros : malgré la rationalité de nos raisonnements et la bonne conviction que nous avions en sa fiabilité, un soupçon d’angoisse nous a fait garder le pied sur la pédale de frein.  Quand on connait la suite, quelle perte d’opportunité ce fut là !

Il restait à déterminer les règles qui encadreraient nos achats : au départ, elles furent d’une simplicité étonnante. Nous n’achèterions que des sociétés dont le cours présentait une marge de sécurité d’au moins 30 % sur la VANN et dont la solvabilité serait d’au moins 40 %.

Composition du portefeuille daubasse au moment du lancement, il y a 5 ans
Composition du portefeuille daubasse au moment du lancement, il y a 5 ans

Retour dans la descente du Col du Bonhomme

–   « Quel était votre sentiment à l’époque ? » demanda le plus petit des deux Louis

–   « Pour ma part, répondit le plus grand des deux Louis, je me trouvais face à un mélange d’excitation et de crainte. Excitation qui me donnait le sentiment, non comme Warren, de me trouver dans un harem mais plutôt d’entrer dans les caves de l’Abbaye d’Orval au moment où le père-abbé me dirait : « tout ce qui est là est pour toi ». Il me semblait tellement évident que, dans la vraie vie, aucun chef d’entreprise ne se séparerait de sa société en demandant des prix aussi faibles que ceux proposés. Mais aussi un peu de crainte parce que, au fonds, étions-nous certains que les oiseaux de mauvaise augure avaient tort ? Si nous assistions bel et bien à la fin du monde ? C’est facile après coup mais quand on vit l’évènement au moment même et qu’on n’a pas encore totalement mis au point un process qui protège contre les biais psychologiques, ce n’est pas si évident. Et vous les gars, vous l’aviez vécue comment cette période ? »

crise 2008-2009

– « L’approche de Graham m’intéressait » répondit Franck, vautré au fond de la camionnette sirotant sa bière et cherchant du réseau,  « mais de loin. A mes yeux, vous étiez tous les deux (Pierre et Louis P), des joyeux lurons qui se prenaient pour des mini-Buffetts. En fait, les sociétés que vous proposiez étaient tellement pourries que c’était difficile d’y croire, de se projeter sur un bon retour sur investissement. Et comme tu le dis, il faut se rappeler de la période : fin 2008 ! Tout investisseur lambda qui se respectait, scrutait son propre portefeuille et constatait les dégâts. En jeune investisseur que j’étais, cette crise m’a permis d’encaisser la plus grosse chute des marchés des 30 dernières années. Autant dire que j’étais occupé et que j’étais préoccupé à trouver ma propre voie d’investissement. Et vous, tranquilles, en train d’élaborer une nouvelle stratégie basée sur le maître de l’oracle d’Ohama : Benjamin Graham… C’était irréaliste de commencer un projet de ce style à cette période ! Mais en fait, la période idéale en y repensant, puisque les net-nets étaient abondantes sur les marchés. J’en ai presque une larme à l’œil… Je me reprends une petite Orval… »

–  Le plus petit des deux Louis enchaîne : « Quant à moi, je l’ai vécue assez mal. J’ai perdu beaucoup d’argent en 2008, étant investi principalement sur des fonds, non pas de bouteilles, hélas, mais des fonds d’investissement, des SICAVs quoi! Tiens ça me rappelle que je dois encore mettre de l’ordre dans mes caves à vin… Bref, pour revenir à ce que je disais, j’avais bu la tasse et ma motivation était au raz des pâquerettes. Et c’est alors qu’en discutant avec mon ami Pierre, autour d’une Duvel au cimetière d’Ixelles (au café La Bécasse pour ceux qui connaissent), il me parla pour la première fois des netnet. Et là s’enchaîna une discussion des plus intéressantes et passionnantes qui ont fini par me sortir de mon état de chat échaudé… Ah, quels souvenirs, n’est-ce pas, Pierre? »

Capitalism Grave

–  Pierre : « Et oui Louis c’est presqu’une blague notre première rencontre…Imagine toi un pote qui te demande, finalement vous vous êtes rencontré où la première fois avec Pierre et tu lui dis : au cimetière d’Ixelles… Et ton pote interloqué te demande, mais qu’est-ce que vous alliez foutre dans un cimetière et tu lui dis : Pierre avait acheté une chrysanthème et on cherchait la fosse où on allait enterrer le mort, pour être certain d’être les premiers à déposer la « potée »… Et ton pote, de plus en plus ébahi, te demande et c’était qui le mort ? Le capitalisme pardi ! Vous n’êtes pas obligé de rire hein les gars, surtout ne vous forcez pas ! Remarque que c’était encore plus loufoque avec le plus grand des deux Louis … Puisqu’on avait déjà mis du pognon dans un compte commun, pour le club et on ne s’était jamais rencontré, même pas téléphoné. J’avais l’impression de bien le connaître avec nos échanges sur le forum V&C ! Et quand on a annoncé l’histoire à nos nanas, je parle de nos épouses évidement, elles nous ont demandé chacun de notre côté si on avait quatorze ans ou bientôt quinze sur ce coup-là ! Et tu ne le connais même pas et si et ça, juste des remarques lucides de nanas quoi… ! Mais c’était déjà trop tard….!

–   « Tu ne réponds pas à la question là »

–   « C’était quoi encore la question ? A oui, comment on a vécu la période..?..Mal….!

–   « Mais encore……. »

–    Comme le disait Francki, quand on se prend pour un « mini Buffett », on nage dans la mer sans maillot et pourtant on a l’impression d’avoir un maillot bien moulant du genre speedo « spécial compet ». On se rend seulement compte que l’on n’est pas dans la mer mais juste dans sa baignoire au moment où on boit la tasse qui a un goût de savon et pas de sel. Et pourtant ce qui est énervant, c’est que j’ai fait un maximum pour comprendre et pour appliquer au mieux. Mais c’est précisément là l’erreur : en gros, j’ai pas mal perdu grâce à Warren qui m’a guidé pas à pas vers ce qui devait être la lumière mais qui s’est finalement révélé être un gouffre. Mais d’un autre côté, c’est aussi grâce à Warren que j’ai compris que j’étais vachement plus limité que je ne l’imaginais et aussi grâce à notre ami Michael et au plus grand des deux Louis quand ils ont commencé à nous parler de la « simplissime » valeur net-net d’une société, avec une soustraction et une division,….. pan…….on sortait un chiffre costaud sur lequel on pouvait compter…! Finalement j’ai presque vécu deux révélations… La première, j’ai compris que j’étais trop con pour imiter Warren et la seconde qu’il y avait peut-être une histoire à mon niveau pour redémarrer du bon pied. Le pire, c’est que j’ai même mis du temps avant de comprendre tout convenablement : c’était trop simple sans doute ! Le plus difficile ensuite, ça a été de se dire : c’est extra, on a 200 sociétés « fortminables » pour réaliser un investissement formidable. C’est vrai que c’était excitant mais sur le moment et vu les pertes subies un peu avant, j’ai l’impression que j’ai juste trempé le bout de mes orteils avec mes 7 000€…. Mais bon vu le nouveau 1929 que l’on allait vivre, l’équation était simple, soit on restait prudent en étant conscient que ce n’était pas la fin des pertes, mais peut-être encore le début de nouvelles pertes… soit je ne l’étais pas et j’allais finir en clochard « orvalisé » sous les ponts de Marchienne-au pont ! »

–  « N’empêche qu’on n’est quand même pas resté « scotché » sur notre approche et qu’on a su évoluer.  Hein Louis ? » interroge Franck

–  « C’est vrai, pour ma part, la divergence la plus marquante que nous avons eue par rapport aux « net-net », ce fut les  « net-estate » ou « VANE« . Parce que d’une part, cette notion est une exclusivité des daubasses : nous ne nous sommes plus contentés de suivre une formule inventée par un autre mais il s’agit d’une création issue de nos imaginations fertiles … enfin qui sont fertiles quand on a ingurgité moins de 15 trappistes … ce qui n’est plus le cas depuis un bon moment dans cette camionnette. D’ailleurs je vois le cerf de tout à l’heure en train de faire « coucou » par la fenêtre »

cerf

–  « Ça ? c’est juste le givre sur la vitre. »

–  « Ah bon, c’est vrai que l’Orval tient chaud et que je ne sens pas vraiment cette fraicheur. Je disais aussi qu’avec les VANE, nous nous sommes constitué un avantage compétitif très intéressant : il n’existe aucun screener capable de détecter cette valeur … et on ne peut d’ailleurs la calculer qu’en plongeant très en avant dans les rapports financiers. Un peu de labeur supplémentaire donc pour pouvoir sélectionner les meilleures » valoriser de l'immobilier d'entreprise

–  Franck enchaîne :  » ne plonge pas trop Louis … Tu risques de ne pas remonter à la surface. L’Orval contient des bulles, mais son ingestion ne te fait pas flotter ! Bizarre ça d’ailleurs… »

Bref, oui, les VANEs, c’est beau… (pensée évasive : esprit miroitant les grattes ciels américains amortis à 80%, décote sur valeur historique de 1955 … – j’arrête ici, sinon je vais faire une rupture d’anévrisme liée à l’excitation). Bel exercice de style non « machinable ». Tout à l’artisanat comme tu dis. C’est ça qu’est beau, des ouvriers comme nous qui savent encore travailler les rapports financiers ! Les robot-traders qui travaillent à la milliseconde, ils ne les voient pas passer les VANEs ! Héhé (sourire ébahi de Franck , fier de sa comparaison + gorgée d’Orval). En tant que titi parisien, n’oublions pas de préciser que j’ai pris un sérieux virage aussi direction le Nord, la Belgique. Il a fallu que je vire à 180°C pour me mettre… à la bière. (clin d’oeil aux compagnons du Jumper et trinque d’Orval). Trêve de plaisanterie… C’est vrai qu’on a eu une belle période créative. Avec les holdings décotés, et fonds fermés décotés aussi. On a chassé tout ce qu’il était possible de chasser dans une approche patrimoniale et surtout sur des actifs dont la décote est facilement mesurable. Une fois qu’on a gouté la liqueur « valeur » et l’agréable sensation douillette du confort des actifs en grosse décote, on les cherche un peu partout. Mmmm… On dort si bien avec un portefeuille rempli à craquer de daubasses et autres mignardises mielleuses, croquantes décotées à souhait ! Le moment que j’apprécie le plus, et qu’on a, je pense, tous découvert dans notre aventure, c’est la chasse à la daubasse. Ce plaisir de lire sur mon écran à la lueur du clair du lune les rapports annuels, semestriels, trimestriels voire d’obscures messages d’informations de la société pour comprendre des événements qui expliquent une Potentielle Décote Identifiée (PDI), mettre des centaines de chiffres dans des cases… qui donnent des décotes trop faibles ou alors avoir trouvé la SUPER daubasse de l’année, et se rendre compte au dernier moment que les comptes sont en USD… et que la société cote en GBP ! ARGH !!! (Orval pour la peine). C’est dans ce moment qu’on sent qu’on va tomber sur une daubasse… Mais peut être que sur ce sujet, il faut mieux laisser la place à notre spécialiste maison… Pierre ? … C’est de toi que je parle… Réveille-toi ! Et raconte nous un peu tes passionnantes recherches sur des centaines de sociétés ? »

– Il dort vraiment, qu’est-ce qu’on fait…..!

– Met lui un coup de coude dans les côtes pour le réveiller….!

– Et s’il me balance une tarte ?

– Tu lui mettras un coup de boule !

OH EH, Pierre, tu nous parles de la chasse s’il te plait ?

– La chasse… La chasse de quoi ?

– AAAA à la Daubasse, on venait juste de dire que t’étais le spécialiste et que tu pourrais dire un petit mot sur le sujet.

– Il n’y a pas grand-chose à dire…

– Tu veux une petite Orval pour t’éclaircir les idées ?

– Oui, ce n’est pas de refus.

– Et tu as aussi loupé l’évocation par Louis de la catégorie VANE, une appellation Daubasse incontrôlée, fruits délicieux et rémunérateurs de nos QI et de nos imaginations enlacées.

– Comme on est à s’auto-congratuler et à se lustrer l’égo à la crème Lancôme, vous avez parlé de l’équipe des Daubasses au moins ?

– Qu’est-ce que tu veux qu’on dise ? Qu’on est les meilleurs, qu’on l’a prouvé et qu’on va le prouver dans le futur et que même si on ne connait pas le futur, c’est comme si c’était déjà fait.

La Jumper s’emplit de rires interminables déclenchés par la réplique du plus petit des deux Louis.

– C’est un détail que je n’oserais même pas évoquer. Ce n’est pas notre style. Je voulais juste dire que le vrai moteur des Daubasses, c’était nous, nos personnalités, notre entente, nos débats, notre organisation qui me fait parfois penser à un staff de formule 1 dans les stands pendant la course. Nous avons chacun une part de boulot bien précis. Mais on peut aussi se ruer, tous les quatre, ventre à terre, sur une Daubasse, pour lui changer les roues, la remplir de kérosène, faire ingurgiter à l’entonnoir deux trappistes au pilote et la larguer sur la piste… et tout cela en 30 secondes chrono. Au moment opportun, il n’y a pas de question sur qui fait qui et qui fait quoi mais un seul homme à quatre tête, huit bras et huit yeux.

– Si on revenait tranquillement à la chasse….!

– La chasse … ben … pour tout dire, la chasse c’est barbant 98% du temps, ça fatigue les yeux, éreinte le cerveau, endolori le poignet et fait picoter les fesses même sur la meilleure chaise directoriale de bureau. Retourner des milliers de pages web plusieurs jours d’affilés pour vérifier toujours la même rengaine : Current Asset – Toutes les Liabilities et diviser par le nombre de petites actions en circulation. On a envie de se taper la tête dans le mur par moment. Et pour certaines sociétés de certains pays dans lesquels l’info est comme planquée dans la botte de foin de leur site foutoir, ça donne parfois envie de chasser la daubasse avec un vrai flingue. Et puis bien sûr, il y a l’inénarrable société cotée sur Euronext qui n’a pas la version anglaise du rapport … alors tu dois faire appel à « google plus traduction » pour chaque ligne du bilan ou à peu près. Et ton envie de chasser au flingue réel se transforme en envie de chasser au bazooka. Et c’est la même chose quand ta joie explose, quand tu penses avoir trouvé la belle affaire, une daubasse au cours anorexique avec des actifs du père dodu dans la boutique mais que tu n’as pas fait attention au fait que les petits malins publient leurs comptes en dollars et font coter leur actions livres sterling : quand tu refais le calcul avec le change, tu t’aperçois que le cours est dodu et les actifs anorexiques. En fait, la seule joie qui te procure une douleur viscérale intégrale un peu comme si un astéroïde te traversait le bide !

chasse à la daubasse1

 

-Et quand tu trouves !

– Oui les gars, c’est vrai qu’il y a les 2% de temps où c’est le nirvana, la consécration, l’arrivée au stade devant une foule en liesse composée de votre chien, de quelques mouches en été et quelques moustiques le soir… et de quelques tourterelles qui roucoulent dans les arbres. C’est le moment où vous semblez vous décerner seul, un diplôme de docteur honoris causa de la chasse scientifique à la daubasse, d’une quelconque université que vous inventez sur le champ. Remarquez que la trouvaille d’une daubasse me donne aussi l’envie d’aller faire ma petite…..  Hum … il y a en moi comme un trépignement physiologique incontrôlable que je dois absolument évacuer avant de compléter la fiche. Et cela se répète juste avant de vous envoyer cette fiche et quelques commentaires souvent positifs sur notre forum privé. Et ensuite, une fois la fiche postée, l’attente commence… Je sais que mes biais provoqués par ma trouvaille sont à vif et nombreux et que je n’ai rien regardé en profondeur. Mais j’attends toujours que vous me disiez « tu es notre héros…Sans toi on est foutu… ». Et au lieu de tout cela, 75% du temps sur les maigres 2% de bonheur intense de tout ce labeur, vous me dites des trucs du genre :  « bof, t’a vu les procès en cours ? » ou encore « Pas terrible, il y a des options » ou bien « Je ne la sens pas, la direction a prêté à la société à un taux de 12% » ou même « C’est pas mal mais on va la mettre en réserve » et le pire : « ils viennent de payer un dividende qu’il faut déduire des fonds propres, la décote n’est plus de 45% mais de 25% ! » A partir de ce moment, je suis bien obligé de revenir sur terre……!

– C’est pas mal.

– Instructif, Pierre…

– Quel est le prochain sujet ?

– Allez, comme vous m’avez réveillé, et que je me sens de plus en plus en forme, je vous propose que nous passions au PEA. J’ai toujours trouvé que ce support d’investissement français avait un côté malsain, presque pervers. Je vous demande aussitôt les deux Louis de vous censurer « à donf » dans vos commentaires pour ne pas nous attirer les foudres de nos amis français qui ne le méritent pas. Franck, finalement tu crois que c’est une bonne chose cette taxe ? Elle va libérer la vision … ou c’est le ferment probable de la prochaine révolution ? Allons z’enfants de la patrie ieeee, le jour de gloire eeeest arrivé. pom po po pom pompom……!

– C’est vrai que, à jeun ou non, j’ai toujours eu difficile de comprendre l’attitude de notre Franck qui, à chaque fois qu’on tombait sur une daubasse « éligible-au-PEA » se retrouvait les yeux exorbités, la langue pendante et la bave aux lèvres.

– Arrêtez un peu d’exagérer les belges… C’est grâce à des outils comme le PEA que vous avez eu la chance de pouvoir accueillir notre Gégé national ! Vous nous pillez les icônes de FRANCE avec votre paradis fiscal belge !! s’indigne Franck

– Oui, ça doit être ça pouffe le plus petit des deux Louis.

– En tous cas, à chaque fois qu’on a parlé de PEA, on a toujours eu l’impression qu’on était sur des planètes différentes : entre le Français qui tentait, en vain, de nous démontrer son utilité et les Belges qui le regardaient d’un air ahuri en acquiesçant poliment mais en réalité sans rien comprendre du tout, ça a été assez folklorique.

–  Le bon côté des choses, si on a bien compris, c’est qu’à présent, avec ces taxes supplémentaires, ta politique d’investissement sera moins influencée par des critères fiscaux puisque l’écart des prélèvements entre le PEA et le compte-titres ordinaire a diminué ?

–  C’est ça approuva Franck, je crois que je vais pouvoir lâcher mon pea rigide et me lâcher sur mon compte-titre.

– Ouais ! ponctua la plus grand des deux Louis. Tient, on dirait qu’il a cessé de neiger.

– Regardez devant : les phares d’une voiture

Une 206 rouge vif s’arrêta à hauteur de la Jumper, la vitre s’abaisse et un visage avenant apparu :

– Ca va Messieurs ?

– Ben, on a un petit problème comme vous voyez. Vous avez du réseau vous ?

– Heu … non. Je vais à Mittenwhir pour quelques dégustations de vin. Je vous emmène ?

– Pourquoi pas ? Eh Louis, tu prends un casier d’Orval au cas où ?

– Des Orval ? Vous êtes belges ?

– Oui … dirent en cœur … les trois belges mais Franck cru bon de se désolidariser en expliquant que lui, il était français et bien français.

– Nous, on est « les daubasses » expliqua le plus grand des deux Louis en gonflant la poitrine, très fier de lui et sûr que sa notoriété s’était étendue à l’ensemble de l’Europe occidentale.

– Daubasses ? connais pas expliqua notre bon samaritain. Moi, je m’appelle Muller, Laurent Muller. Et vous faites quoi les 4 Daltons … heu … les 4 daubasses ?

– On fait de l’investissement « deep value » comme Benjamin Graham expliqua Pierre.

– Là, vous commencez à m’intéresser : moi aussi je suis un passionné d’investissement. Vous connaissez Gevelot ?

Et c’est ainsi qu’une grande discussion s’engagea entre les daubasses et leur sauveur … Ami(e) lecteur(trice), vous lisez peut-être là, en direct, les début d’une amitié naissante … et de nouvelles aventures qui débuteront … pas plus tard que la semaine prochaine.

Pour l’heure, nous savourons ces 5 années d’aventures, d’amitiés, d’échanges avec vous, cher(e) lecteur(trice), au travers de 402 articles. Vous êtes 2 700 visiteurs uniques qui visitez notre blog en moyenne 2 fois par mois, vous avez échangé avec nous au travers de 2 684 commentaires et de milliers de mails.  De plus,  une bonne partie d’entre vous nous a fait le plaisir de s’abonner à notre lettre mensuelle afin de nous suivre « à la trace » et d’encore mieux partager nos aventures dans le monde merveilleux de l’investissement dans la valeur.

Alors, pour tout cela, nous vous disons merci et … santé !

trinquer aux plus-values boursières

 

Portefeuille au 24 Novembre 2013 : 5 ans

  • Portefeuille : VL 6,9125 € (Frais de courtage et de change inclus)
  • Rendement Total : 584,18%
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  • Potentiel Estimé VANT / Cours 110,63%
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  • Rendement Annualisé : 46,94%
  • Rendement 2013 : 20,17%
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  • Rendement 2012 : 24,19%
  • Rendement 2011 : -15,65%
  • Rendement 2010 : 38,07%
  • Rendement 2009 : 308,74%
  • Taux de Rotation Annualisé : 18,75%
  • Effet Devise Total : -0,64%

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  • Tracker ETF Lyxor MSCI World : VL 123,7618 € (Frais de courtage inclus et dividende réinvesti)
  • Rendement Total : 84,58%
  • Rendement Annualisé : 13,05%
  • Rendement 2013 : 20,52%
  • Rendement 2012 : 11,20%
  • Rendement 2011 : -8,22%
  • Rendement 2010 : 18,76%
  • Rendement 2009 : 30,34%

 

* Nous rappelons que ce portefeuille est un investissement réel et que nos abonnés ont accès a l’ensemble des extraits de compte de notre club d’investissement qui démontrent la réalité des rendements affiché

 

 

Performance mensuelle du portefeuille depuis sa création

 

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Détails du Portefeuille

 

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Ecomérage : La France, nouveau paradis fiscal de l’entreprise

investir en bourseLa France, au-delà de son aspect gastronomique, culturel, touristique, de toutes ses facettes attrayantes, est désormais un pays également devenu célèbre pour son niveau de fiscalité comme étant l’un des plus coercitifs au niveau mondial (caractéristique partagée avec la Belgique, les patries respectives des membres des daubasses se situant toutes deux dans le top 5 mondial des prélèvements par la force publique). Le 26 août dernier, c’est Bruxelles qui s’en mêle via le commissaire européen aux affaires étrangères, le finlandais Olli Rehn, qui a tiré la sonnette d’alarme : « Les hausses d’impôts en France ont atteint un seuil fatidique ». Ou encore : « Lever de nouvelles taxes aurait pour effet de casser la croissance et de peser sur l’emploi. La discipline budgétaire doit passer par une baisse des dépenses publiques et non par de nouveaux impôts ». Et ce ne sont pas les « bonnets rouges » bretons qui contrediront (pour une fois ?) Bruxelles.

Que cela soit au niveau de toutes sortes de taxes comme d’impôts, pour le particulier comme pour les entreprises, il semble que l’ensemble des acteurs économiques français soient submergés par un tsunami fiscal. Ce qui va principalement nous intéresser en tant qu’investisseurs, ce sont les traitements de la fiscalité de nos biens, c’est-à-dire le sort que réserve le fisc français à nos entreprises : celles dont le siège social est localisé en France. Au-delà des usines à gaz construites de toute pièces par des ENArques pour justifier des postes de cadres afin de diriger une armée de fonctionnaires engagés dans la bataille du contrôle de la bonne perception de tous les prélèvements taxes et impôts mais aussi de la conformité de toutes les subventions et aides diverses versées pour ne pas trop alourdir les agents économiques (cherchez l’erreur…), il nous a semblé important de préciser quelques points importants.

En effet, avec nos 10 sociétés françaises au sein de notre portefeuille représentant environ 15% de nos avoirs, nous sommes directement concernés par ce qui peut se passer sur le territoire français. Les différents gouvernements successifs, après avoir assommés au fil des ans les seuls agents économiques qui avaient les épaules assez solides pour supporter un effort toujours supplémentaire, ont mis en place d’incroyables niches qui viennent alléger les charges fiscales des entreprises. Entreprises qui essaient par ailleurs de se mesurer aux meilleures dans un marché globalisé où seules les plus performantes prospèrent et subsisteront à long terme. Pour le plus grand bonheur des actionnaires, bien évidemment, mais aussi de toutes les parties prenantes : salariés, fournisseurs, collectivités locales et État. Mais ceci est un autre débat…

complexité fiscale

Bref, notre rôle n’est pas de vous prouver que la création de la valeur au niveau microéconomique crée de la valeur pour la société dans sa globalité au niveau macroéconomique. Mais nous pensons qu’un pays, qui pendant des années, continue de voir son tissu économique péricliter avec un des niveaux de marges les plus faibles d’Europe, ne pourra concourir sur le marché mondial indéfiniment et sera voué à vivre des périodes économiques parmi les plus moroses de l’histoire. impôt et bourseHeureusement, dans un sursaut d’étincelles, deux principales mesures, que nous allons vous présenter, ont été promulguées, et sont à nos yeux, de véritables boosters fiscaux. Ils ont été mis en places pour attirer les capitaux (éviter leurs fuites ?) sur le territoire français. En effet, si facialement, le taux d’imposition des sociétés est théoriquement de 33,33% en France (et même, depuis peu, 38 % pour les « grandes » entreprises »), à travers des niches fiscales, il est possible de le réduire fortement et de motiver les managements à prendre quelques ajustements stratégiques sur l’allocation de leurs capitaux lors de leurs décisions d’investissements.

1.    Le Crédit Impôt Recherche (CIR) La première de ces deux niches est le CIR. Cette aide fiscale a été mise en place en 2008 et permet d’inciter les entreprises à localiser leurs efforts de recherches et développement sur le sol français. L’idée sous-jacente est de (re)localier en France les métiers techniques à haute valeur ajoutée, et donc à salaires de tranches supérieurs, liés à la recherche fondamentale. Selon la Banque Publique d’Investissement – anciennement OSEO -, « le taux du CIR accordé aux entreprises est de : – 30 % des dépenses de R&D pour une première tranche jusqu’à 100 millions d’euros ; –  5 % des dépenses de R&D au-delà de ce seuil de 100 millions d’euros. L’entreprise entrant pour la première fois dans le dispositif bénéficie d’un taux de 40 % la première année, puis de 35 % la 2e année (sous réserve qu’elle réalise des travaux de R&D pour la première fois, ou à l’expiration d’une période de cinq années consécutives au titre desquelles elle n’a pas bénéficié du CIR, et à condition qu’il n’existe aucun lien de dépendance entre elle et une autre entreprise ayant bénéficié du CIR au cours de la même période de cinq années). »

2.    Le Crédit d’Impôt Compétitivité Emploi (CICE) Suite au rapport au premier ministre du Commissaire Général à l’investissement, Louis Gallois, du 12 novembre 2012 intitulé « Pacte pour la compétitivité de l’industrie française » (et que nous vous conseillons de lire, via le lien ici), le gouvernement a mis en place un nouveau crédit d’impôt entré en vigueur le 1er janvier 2013. Le but de cette nouvelle aide fiscale est de diminuer le coût du travail. En effet, ce nouveau crédit d’impôt permet de réduire sa douloureuse fiscale par l’octroi d’une somme équivalente 4 % de la masse salariale pour 2013, hors salaires supérieurs à 2,5 fois le SMIC (1 430,22 EUR par mois au 1er janvier 2013). Et à partir de 2014, ce taux est porté à 6 % de la masse salariale. Cette nouveauté fiscale devrait motiver les entreprises à maintenir l’emploi moins qualifié en France, voire à le développer.

La preuve par l’exemple

Toutes choses égales par ailleurs, nous allons nous projeter à travers un exemple théorique de l’économie d’impôts d’une entreprise fiscalement domiciliée en France, dont les caractéristiques sont les suivantes : – une entreprise avec un CA de 100 M EUR de CA – avec une croissance de son activité en moyenne de 3% par an – une marge opérationnelle de 8% – un taux d’imposition (IS), avant réductions potentielles, de 33,33% – qui emploie 500 salariés – sur les 500 salariés, 450 salariés sont éligibles (salaires < 2 500 EUR par mois) avec un salaire moyen mensuel de 2 000 EUR par mois – dont les effectifs croissent de 2% chaque année – et avec des dépenses en R&D pure qui représentent 2% du CA.

Phase 1 : Réduction liée au CIR

fisc1

Sur 10 ans, l’IS avant réduction ressort à 30,6 M EUR. Après réduction liée au CIS, l’IS payée ressort à 22,4 M EUR, soit une réduction de 8,1 M EUR.

Phase 2 : Réduction liée au CICE

fisc2

Sur 10 ans, après réduction liée au CICE, l’IS payée ressort à 23,7 M EUR, soit une réduction de 6,9 M EUR.

Phase 2 : Double impact CIR et CICE

fisc3

Sur 10 ans, après réduction liée au CIR et au CICE, l’IS payée ressort à 15,6 M EUR, soit une réduction de 15,0 M EUR et un taux d’IS compris sur la période inférieur à 18%.

impôts sur action

Conclusion

Les mauvaises langues pourront prétendre que ce ne sont que des données théoriques et que des inspecteurs du Ministère des Finances auront vite fait de débarquer au sein de l’entreprise pour la redresser, c’est-à-dire remettre en cause ces réductions importantes et remettre la société dans le droit chemin. Il faut comprendre par-là, se rapprocher du taux classique de 33,33% (38% en 2014 pour les entreprises dont le CA est supérieur à 250 M EUR, selon le projet de Loi de Finances 2014). Laissons le bénéfice du doute à ces deux crédits fiscaux qui doivent profiter à plein aux entreprises qui emploient du personnel qualifié (R&D) comme peu qualifié (CICE). La cible qui semble se dessiner derrière ces cadeaux fiscaux est l’entreprise industrielle innovante qui emploie une main-d’œuvre importante plutôt peu qualifiée. Dans notre exemple, c’est une douloureuse qui peut, théoriquement, être réduite par deux. Ce sont autant de millions d’euros qui peuvent être réinvestis dans l’appareil productif, utilisée pour la croissance (interne comme externe), assurer la pérennité du tissu industriel, et… profiter aux actionnaires. Bref, plutôt des bonnes nouvelles pour les entreprises de notre portefeuille, qui, si elles sont peu concernées par le CIR, devraient par contre profiter à plein dès l’exercice 2013 du CICE. Une affaire que nous ne manquerons pas de suivre de près.

Portefeuille au 15 Novembre 2013 : 4 ans 357 jours

  • Portefeuille : VL 6,9235 € (Frais de courtage et de change inclus)
  • Rendement Total : 585,27%
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  • Potentiel Estimé VANT / Cours 110,77%
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  • Rendement Annualisé : 47,20%
  • Rendement 2013 : 20,36%
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  • Rendement 2012 : 24,19%
  • Rendement 2011 : -15,65%
  • Rendement 2010 : 38,07%
  • Rendement 2009 : 308,74%
  • Taux de Rotation Annualisé : 18,75%
  • Effet Devise Total : -0,17%

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  • Tracker ETF Lyxor MSCI World : VL 124,2040 € (Frais de courtage inclus et dividende réinvesti)
  • Rendement Total : 85,24%
  • Rendement Annualisé : 13,18%
  • Rendement 2013 : 20,95%
  • Rendement 2012 : 11,20%
  • Rendement 2011 : -8,22%
  • Rendement 2010 : 18,76%
  • Rendement 2009 : 30,34%

 

* Nous rappelons que ce portefeuille est un investissement réel et que nos abonnés ont accès à l’ensemble des extraits de compte de notre club d’investissement qui démontrent la réalité des rendements affichés

 

 

Performance mensuelle du portefeuille depuis sa création

 

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Détails du Portefeuille

 

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Bas les masques : Scott’s Liquid Gold Inc

Au cours des mois de juillet et août, il n’y a pas vraiment eu de trêve estivale pour notre portefeuille. Les opérations d’achat et de vente se sont succédées à un rythme soutenu.

Depuis la fin des vacances d’été, nous vous dévoilons une par une chacune des opérations qui ont été débouclées au cours de cette période.

Aujourd’hui, nous allons vous présenter Scott Gold Liquid, une société dont nous avions acquis des actions le 14/04/2010 à un cours de 0,3127 USD et qui fut renforcée le 24/02/2012 à un cours de 0,2335 USD. Et le 14 août de cette année, nous liquidions notre position à un cours de 0,51 USD après que le cours ait effleuré sa VANT. En tenant compte des frais de courtage, du change et de la taxe sur les opérations de bourse à laquelle nous sommes soumis en tant que résidents belges, nous avons réalisé une plus-value de 84,82 %.

Comme d’habitude, nos abonnés ont été avertis en temps réel de nos opérations et ils ont pu prendre connaissance des arguments qui nous ont poussés à l’achat. Voici donc à présent, pour vous, ami(e) lecteur(trice), l’article qui avait été publié à l’époque. A la suite de cet article, vous trouverez les archives des différentes « news » portant sur la société et que nous avions rapportées dans nos lettres mensuelles. Vous pourrez y constater notamment les gesticulations d’un « investisseur-activiste » qui souhaitait voir la direction ristourner de la valeur aux actionnaires et qui a probablement servi partiellement de catalyseur à la hausse du cours, l’exemple-type d’une société qui vaut plus « morte que vive ». Nous vous en souhaitons une excellente lecture.

Scott’s Liquid Gold Inc.

(Ticker: OTC BB: SLGD.OB)

logos scott's liquid gold

I. Introduction

brand de Scott's gold liquidScott’s Liquid Gold a été constituée en 1954. La société fabrique des produits ménagers de haute qualité essentiellement pour l’entretien du bois, des produits dermatologiques et commercialise également des produits de beauté pour le bain et les soins capillaires.

Selon la direction, les produits de Scott’s Liquid Gold se distinguent par leur haute qualité. Après avoir connu une belle croissance dans les années quatre-vingt-dix, la société a vu ses recettes diminuer au cours de ces dernières années.

Pour tenter de retrouver l’équilibre, la direction a décidé de développer des nouveaux produits, a lancé en 2008 un programme de réduction des coûts et a poursuivi son activité de distribution de produits fabriqués par d’autres.

Tous les créneaux de vente sont utilisés : distributeurs indépendants, pharmacies, distributeurs en gros ou au détail et site internet. Le plus gros client est Wal-Mart qui représente 27 % du chiffre d’affaires.

Le marché de Scott’s Liquid Gold est très concurrentiel et la société n’est absolument pas dominante sur celui-ci.

Le 15 avril, nous avons acheté des actions Scotts Liquid Gold pour un coût de revient, frais de courtage inclus de 0,313 usd.

II. La Valeur d’Actif Net Net (VANN)

La VANN de la société est négative : un actif courant de 0,287 usd par action face à des dettes de 0,594 usd par action. Nous n’avons donc évidemment aucune marge de sécurité sur cette valeur.

III. La Valeur d’Actif Net Estate (VANE)

Parmi les pistes envisagées par la direction pour améliorer sa rentabilité figure la vente ou la mise en location d’une partie de son patrimoine immobilier de manière à réduire les charges fixes et diminuer son endettement.

bâtiments Scott's Gold Liquid

Les bâtiments sont situés à Denver. Ils ont une contenance de +/- 25 000 m² et il y a également des terrains pour 8 ha dont 3 disponibles à la vente.

Si nous valorisons ces bâtiments sur base de notre méthode habituelle, nous obtenons une valeur d’acquisition de 1,62 euros par action de laquelle nous déduisons notre traditionnelle marge de sécurité de 20 %. Nous reprenons donc les immeubles pour une valeur de 1,30 usd par action et établissons la VANE à 0,9889 usd par action. Notre marge de sécurité par rapport à cette valeur s’élève donc à 68,3 %.

IV. La Valeur en cas de Mise en Liquidation Volontaire (VMLV)

Nous revenons tout d’abord sur l’actif courant. Sa principale composante est constituée par les stocks qui représentent 0,20 usd par action. Nous constatons la prudence de la direction qui a acté des réductions de valeur sur ceux-ci équivalentes à 16 % de leur valeur d’acquisition. Ils sont composés pour moitié de matières premières et pour moitié de produits finis. Malgré les réductions de valeur déjà actées, nous pensons qu’il convient avec ce type de biens de faire preuve d’une prudence de Sioux et réduisons la valeur reprise aux comptes de 20 % supplémentaires pour les produits finis et 10 % pour les matières premières. Nous réduisons donc la valeur de la VANE de 0,04 usd.produits de consommation

Concernant les encours des clients qui représentent 0,03 usd par action, nous constatons également des provisions pour créances douteuses équivalentes à 15 % de leur valeur brute. Nous pensons ici que, compte tenu du type de clientèle, la prudence de la direction est suffisante et nous reprenons donc les créances telles qu’elles.

Nous constatons également que la société pratique le factoring : elle vend une partie de ses créances sur lesquelles elle conserve un solde équivalent à 30 % du montant initial de la facture. Nous pensons que ce montant pourrait être plus risqué que les créances « ordinaires » d’autant que nous ne constatons pas de provision pour créances douteuses sur ce poste. Nous décidons donc d’appliquer une marge de sécurité de 15 % sur ce solde, soit 0,01 usd par action.

Parmi les actifs fixes, nous avons vu que le plat de résistance est constitué de l’immobilier. Lors de notre calcul traditionnel de la VANE, nous avions évalué celui-ci à 1,62 euros par action. Cependant, la direction, toujours prudente et pessimiste (grande qualité pour un chasseur de daubasses) leur donne un « juste prix » de 1,07 usd. C’est cette valeur que nous décidons de reprendre.

Hors bilan, la société a été assignée en justice par un consommateur qui pourrait avoir contracté une leucémie suite à l’utilisation de produits au benzène. Il est impossible pour la direction de prédire le montant du risque à laquelle elle est exposée mais estime que sa responsabilité n’est, en principe, pas mise en cause. Il s’agit ici d’une source d’incertitude non chiffrable mais à notre avis supportable en raison de l’ampleur de notre marge de sécurité.

Nous tenons également compte de la dilution potentielle issue de l’exercice possible de stock-options sous la valeur d’actif net tangible de la société. Nous évaluons cet impact à 0,04 usd par action.

Compte tenu de ce qui précède, nous établissons la Valeur en cas de Mise en Liquidation Volontaire de Scott’s Liquid Gold à 0,349 sud. Nous avons donc obtenu une petite marge de sécurité sur cette valeur de 10 %.

V. La Valeur de la Capacité Bénéficiaire (VCB)

Il nous est impossible de déterminer une quelconque capacité bénéficiaire pour cette société : au cours des 10 dernières années, une seule année s’est soldée par un bénéfice et c’était … il y a 8 ans. Nous notons malgré tout que le 1er trimestre 2010 s’est soldé par un résultat positif pour la première fois depuis très longtemps. La « recovery » tant attendue par les actionnaires de longue date serait-elle en route ?

VI. Conclusionsanalyse produit

A notre coût d’achat de 0,313 usd, nous avons obtenu :

– une marge de sécurité de 68 % sur sa VANE

– une marge de sécurité de 10 % sur sa VMLV

Disons le d’emblée, Scott’s Liquid Gold constitue bel et bien une daubasse dans toute sa splendeur.

Néanmoins, nous pensons que le collatéral dont nous disposons est assez solide et surtout, qu’il pourrait nous réserver de bonnes surprises :

– vente avec plus-value de l’immobilier (et ristourne d’une partie du cash aux actionnaires après remboursement des dettes bancaires)

– meilleure valorisation des incorporelles qui sont indéniablement présentes au sein de la société : savoir-faire de fabrication, licences de production détenues et réseau de clients, tout cela doit bien valoir quelque chose.

Et puis, peut-être qu’après avoir dormi sur ses lauriers depuis 10 ans, la direction s’est-elle enfin réveillée afin de créer de la valeur « actionnaire » ?

 

NEWS PUBLIEES DANS LES DIFFERENTES LETTRES MENSUELLES

 

Mai 2011 : Le 29 Mars 2011, le rapport annuel de Scott Liquid Gold est disponible et nous découvrons un chiffre d’affaires en très légère augmentation, dû à un changement de stratégie sur la vente : la société abandonne la commercialisation directe aux particuliers pour se consacrer seulement aux détaillants. Au niveau de la valeur patrimoniale, pas de changement notable à signaler.

Juin 2011 : Le 10 mai 2011, nous pouvons prendre connaissance du rapport trimestriel de Scott Liquid clôturé au 31 Mars 2011. Les ventes réalisées sur les trois premiers mois de l’année ont augmenté de 7.5%. Ce qui laisse sans doute augurer que la décision de ne plus vendre au détail et de se concentrer sur les grossistes pourrait porter ses fruits à l’avenir. La société enregistre même un petit profit de 1 cent $ par action au cours de ce trimestre.

Au niveau de la valeur patrimoniale de la société, nous notons une légère amélioration de la VANT. Nous notons toutefois que le délai moyen de paiement des créances est en augmentation à 26 jours, contre 18 jours en moyenne sur les trois derniers exercices. Mais bon, rien de très surprenant avec ces ventes réorientées sur les grossistes qui exigent des délais de paiement plus long qu’au détail.

investir sociétés bien de consommation US

Août 2011 : Nous apprenons en ce mois de juillet que le conseil d’administration de la société s’étoffe d’un septième membre, Monsieur Neri… qui est en fait un membre indépendant comme l’exige le règlement du Nasdaq.

D’autre part, de nouveaux statuts de la société ont été rédigés concernant les réunions d’actionnaires. Il n’y a rien de transcendant pour que nous en parlions dans cette news. Toutefois, notre première impression sur les points abordés est une certaine lourdeur bureaucratique pour qu’un actionnaire puisse s’exprimer lors d’une assemblée générale.

investissement immobilierSeptembre 2011 : Les résultats semestriels publiés au 12 août de notre « marchand de savon » et produits d’entretien sont très stables et en légère amélioration. La situation patrimoniale n’a pas beaucoup changé depuis le mois de mars. Par contre, nous notons des ventes en progression d’un peu plus de 10% sur les six premiers mois de l’année, comparé à l’année précédente. Et cerise sur le gâteau, la société sort de ces 6 premiers mois avec un petit profit de 0,02$ par action, alors que sur la même période l’année passée, elle accusait une perte de 0,02$.

Nous ne désespérons donc pas de voir le cours de la société atteindre un jour sa valeur d’actif net tangible et réaliser ainsi ce que nous considérons comme son potentiel à 1,0322$ par action alors que le cours est aujourd’hui à 0,31$, soit 232%.

Décembre 2011 : Avec le rapport du 30 novembre de notre « marchand de savon », nous pouvons dire que les bonnes nouvelles s’enchaînent. La valeur de l’actif net tangible est en augmentation de 4% pour s’établir à 0.7724$. Ceci est dû à un bond du chiffre d’affaire sur les 9 premiers mois de l’année, comparé à l’année 2010, de 13%. Le revenu opérationnel se chiffre à 0.02$ par action, alors qu’un an plutôt sur la même période il était négatif à -0.03$ par action. Les profits nets sont également positifs.

Rappelez-vous les news précédentes, dans lesquelles la direction nous expliquait qu’elle allait laisser tomber la vente au particulier pour se concentrer sur les grossistes. Il semble donc que ce qui a été dit se traduit dans le bilan. Vous avez certainement remarqué dans ces news que nous ne sommes jamais tendres avec les directions de nos « daubasses », mais il est forcé de constater que la direction de Scott Liquid Gold est parvenue à traduire ses décisions dans le bilan, ce que nous apprécions à sa juste valeur.

Cela dit, le potentiel de la société reste important avec 330%, ce qui nous réjouit également.

Mars 2012 : Nous observons un changement dans la direction de la société. En effet, mon-sieur Barry J. Levine a été nommé au poste de Chief Financial Officer et Chief Operating Officer de la Société, le 27 février 2012.

Mai 2012 : Le rapport annuel de notre « machand de savonée » préféré, nous apprend que la valeur patrimoniale est stable. La société affiche toujours une valeur d’actif Net Estate de 0.98$ par action, supérieur à la valeur d’actif Net Tangible de 0.68$ par action. Ceci est évidemment dû à son parc immobilier qui apparaît au bilan à une valeur bien inférieure à sa valeur d’acquisition, car amorti sur plusieurs décennies (la société ayant été fondée en 1954). Cette valeur d’acquisition est d’ailleurs, avant notre soustraction de notre marge de sécurité de 20%, de 1.60$ par action. Nous disposons donc sur cette société d’un collatéral des plus solides.

Ce qui est par contre un peu décevant, c’est que la société parvient à augmenter son chiffre d’affaires de 9%, mais également et dans une mesure égale ses dépenses, ce qui au final de l’année 2011 génère une perte de 0.06$ par action, soit à peu près égal à 2010, qui était de 0.05$.

Septembre 2012 : En consultant le rapport du deuxième trimestre 2012, nous observons une certaine stabilité de la situation patrimoniale de la société, avec toutefois un léger biais négatif. La valeur Net Estate de la société s’établit à 0.9617$. Sur les 6 premiers mois de l’année, les ventes sont en très léger recul de 1.40%, ce qui en soi, n’est pas bien grave. Par contre le coût des produits a augmenté de 6%, le coût des ventes de 4.4% et le coût administratif de 11%. Au final, la perte générée sur 6 mois est de 0.04$, alors que sur la même période un an plus tôt, la société générait des profits de 0.01$. Si nous pouvons comprendre que le coût des produits est difficile à maîtriser pour une société de la taille de Scott Liquid Gold, dont la capitalisation boursière est d’un peu moins de 2 millions de dollars, les coûts administratifs et liés à la vente sont par contre des paramètres qui peuvent être contrôlés entièrement par la direction de la société. Hors dans l’analyse de la direction, sur ces résultats, on préfère nous parler de la consommation en berne et de petits problèmes de distribution.

Ce qui reste toutefois très intéressant avec Scott Liquid Gold, c’est l’immobilier qu’elle possède pour une valeur d’acquisition de 1.5988$, alors que le cours de la société est de 0.18$. Ce qui permet de faire preuve de patience.

 

Timothy Stabosz
Timothy Stabosz

Décembre 2012 : Commençons par la plus ou moins bonne nouvelle que nous pourrions intituler « Quand les actionnaires décident de secouer le cocotier fourni d’une Daubasse, il est est possible qu’il pleuve des noix de coco remplies de Dollars ». En effet, notre marchand de savon préféré a décidé de vendre son immobilier pour une valeur de 9.5 millions ou 0.87$ par action, soit environ 3x le cours actuel. Mais un actionnaire détenant 7% se la société, du nom de… Timothy Stabosz (encore lui !!! voir la net estate 3, toujours masquée pour nos aimables lecteurs mais bien évidemment connue de nos abonnés) a déposé une lettre à la SEC pour demander officiellement une réunion des actionnaires et de la direction afin de discuter de ce qui sera fait avec les liquidités de cette vente. Monsieur Stabosz présenté comme un investisseur « deep value », inspiré de Graham and Dodd et donc un chasseur de Daubasse, argumente cette demande par le fait qu’une direction ayant détruit de la valeur pendant les 15 dernières années, n’est peut-être pas complètement en mesure de gérer autant de cash ! Et votre Equipe préférée est entièrement d’accord avec ce collègue chasseur. Ce qui aurait pu être une très bonne nouvelle et qui s’est donc transformé en plus ou moins bonne nouvelle, c’est le prix auquel va être vendu l’immobilier de notre savonneur, 0.87$ par action, alors que le prix d’acquisition des immeubles est de 1.5988$. En gros, ils larguent à moitié prix. Et en plus ils vont devoir relouer leur propre bâtiment, ce qui pourrait expliquer le prix de vente très faible, s’ils ont négocié au rabais, un contrat de lease à long terme avec le nouvel acquéreur. Ce qui n’est pas, vous en conviendrez, en faveur de l’actionnaire, puisque la direction, non satisfaite d’avoir détruit de la valeur, brade cette fois la valeur patrimoniale de la société… C’est à notre avis pour cette raison que Timothy Stabosz serait partisan de demander un dividende exceptionnel, pour être certain de rentrer dans ses frais, avant que la direction ne fasse une méga fiesta et ne dilapide les liquidités… Et nous l’espérons également, car sans cet immobilier, et une fois le dividende exceptionnel distribué ou le cash évaporé, Scott Liquid Gold ne sera plus une Net Estate… Voyons voir comment tout cela se terminera. Mais il semble de moins en moins probable que nous fassions gros profit sur cette société, qui sur le papier a encore un potentiel de 236% au cours actuel de 0.28$, alors que nous l’avons achetée le 14 avril 2010 au prix de 0.2888$ par action, frais inclus.

La seconde nouvelle, c’est que le rapport trimestriel de fin septembre traduit une nouvelle détérioration de la valeur patrimoniale de la société, avec une baisse de la valeur d’actif net tangible à 0.5989$. Les délais de paiement des factures par les clients étant passé de 19 jours en moyenne sur les 3 dernières année à 27 jours dans ce dernier bilan, nous avons effectué un redressement de 0.018$, sur la valeur Net Estate de la société, qui s’établit par conséquent à 0.9413$.

La cause de cette détérioration se trouve dans le compte de résultats où les ventes sur les 9 premiers mois de l’année sont en recul de –3%, par rapport à la même période un an plutôt. Tandis que l’ensemble des coûts a grimpé de 5%, avec la médaille d’or aux frais d’administration qui ont grimpé de 10%. C’est là que l’on se rend compte que la direction ne parvient pas et n’a surtout pas trop la volonté de sortir du cercle vicieux dans lequel elle se trouve, si elle n’entreprend rien pour agir sur les coûts sur lesquels elle peut agir. Résultat final de ces neuf premier mois, une perte de -0.08$ en place et lieu d’un profit de 0.02$ l’année passée sur la même période.

actionnaires activistes

Janvier 2013 : Nous vous informions le mois passé qu’un actionnaire détenant 7% de la société, du nom de Timothy Stabosz, avait déposé une lettre à la SEC pour demander officiellement une réunion des actionnaires et de la direction afin de discuter de ce qui sera fait avec les liquidités résultant de la vente immobilière de la société. Il juge la direction incapable de gérer ce cash afin de créer de la valeur pour l’actionnaire, alors qu’elle en détruit depuis 10 ans.

Nous apprenions peu après la publication de la lettre précédente, que Timothy Stabosz proposait à la direction, une fois les prêts de la société remboursés (prêts garantis avec l’immobilier de la société), soit de racheter leurs propres actions, soit de verser un dividende de 0.50$… (cours actuel 0.28$), soit un mixte des deux. La direction a rejeté l’idée et nous n’avons rien trouvé de nouveau sur le sujet depuis.

Février 2013 : Rien de nouveau pour l’instant sur la « Saga » Timothy Stabosz vs la direction de Scott Liquid Gold, qui a rejeté la proposition d’un dividende après la vente de l’immobilier de la société.

Mars 2013 : La société a finalisé la vente de son patrimoine immobilier et a loué à l’acheteur un entrepôt, un espace de fabrication et des bureaux, le tout pour la somme de 177 060$ par an. Le prix de la location sera augmenté de 3% par an. Et si les charges dépassent 5%, Scott Liquid Gold devra à nouveau débourser ! Le bail est de 3 ans et pourra être renouvelé.

Pour nous faire une idée sur ce deal, nous avons aussi consulté le « Bizzjournal » qui relate des propos de l’acheteur, la société Havana Gold. En fait, l’ensemble des bâtiments étaient en vente depuis juin 2011 pour 11 millions USD. Mais comme les autres parties du bâtiment n’étaient pas louées (environ 80%), aucun acheteur n’avait voulu débourser le prix. Au prix de 9 millions déboursés par Havana Gold, la direction de la société explique qu’elle considère avoir fait une bonne affaire, le bâtiment étant en bon état et pense aussi pouvoir développer un projet sur la partie du terrain qui n’est pas construite.

Ceci confirme évidemment que les membres de la direction de Scott Liquid ne sont vraiment pas des « foudres de guerre », puisqu’ils ne sont pas parvenus à louer la partie du bâtiment qu’ils n’occupaient pas. Pour le deal, en soit, si l’acheteur a fait une bonne affaire, on peut légitiment penser que le vendeur en a fait une mauvaise. Pour en être vraiment certain, il faudrait voir si le prix locatif est dans la moyenne du marché, ce qui signifierait que la direction de Scott Liquid Gold, n’a pas été en position de négocier un loyer à bon prix. Mais évidemment, nous n’avons pas les moyens de vérifier.

Timothy Stabosz, l’actionnaire rebelle, a été prié de ne pas interférer dans la transaction en cours (entretemps finalisée). En dehors de cela, pas de nouvelle de son action, où il essayait d’obliger la direction à distribuer un dividende extraordinaire avec le fruit de cette vente.

Mai 2013 : Le rapport annuel de la société est bien décevant. Malgré la vente de l’immobilier de la société, la VANT est en recul et vaut aujourd’hui 0.5580$. Si l’on s’en tient à la présentation du bilan, la valeur net-net est négative et avec la vente de l’immobilier, il n’y a plus la moindre valeur net-estate. Mais en fait, le produit de la vente de l’immobilier est toujours enregistré dans les actifs à long terme pour une valeur de 0.81$ par action, sous la rubrique Held for Sale. Bien sûr, nous pouvons penser que dans le bilan suivant cette somme sera transférée dans la rubrique cash de l’actif à court terme. Scott Liquid deviendra alors une net-net, avec comme principal collatéral son cash.

Nous ne pouvons donc pas considérer cette situation comme très « rose », bien qu’en l’absence d’une quelconque distribution, dont nous n’avons plus entendu parler, c’est peut-être le moment ou jamais pour la direction de prouver aux actionnaires qu’elle a quelque chose dans le ventre. Bien que ce soit assez difficile à croire, à l’aulne du compte de résultat annuel où les ventes ont progressé de 2.7%, pendant que le coût des produits a progressé de 6%. Si les frais liés à la vente sont en réduction de 4.5%, ce qui reste incompréhensible, c’est l’augmentation des frais administratifs de 20.44% qui ne nous font pas penser que nous avons à la tête de cette société une direction responsable. Résultat des courses annuelles: une perte de 0.13$, soit le double de la perte de 2011, qui était de 0.06$.

Juin 2013 : Après 2 mois de repos, ce mois de mai voit le retour du chasseur « de direction de bras cassés » Timothy Stabosz, qui revient à la charge lors de l’assemblée générale annuelle. Nous rappelons, pour ceux qui n’auraient pas tout suivi, que Timothy Stabosz est un actionnaire de Scott Liquid Gold et qu’il détient 7.2% des actions en circulation. Depuis qu’il a pris connaissance de la vente immobilière de la société qui a eu lieu voici deux mois, Tim a demandé à la direction, la distribution d’un dividende spécial arguant que celle-ci n’avait jusqu’a présent fait que détruire de la valeur sur les 15 dernières années. Bien entendu, la direction a refusé toutes les propositions.

Cette fois, la nouvelle charge de monsieur Stabosz en vue de l’assemblée générale annuelle est claire, directe et sans le moindre ménagement. Il a d’ailleurs déposé, pour l’ordre du jour de cette assemblée, un document à la SEC. Pour ceux d’entre vous qui veulent lire l’intégralité de ce document, en voici l’URL : http://www.sec.gov/Archives/edgar/data/88000/000116289313000003/slgd13d6.txt

Nous vous passons les griefs pointés vers le PDG actuel, le fils de l’ancien PDG et sa collusion avec un conseil d’administration trié sur le volet.

Dans les points les plus importants qui seront abordés, monsieur Stabosz va proposer de virer le conseil d’administration… Pas mal comme idée et également de voter contre la rémunération des dirigeants… Pas mal également… Cet investisseur est on ne peut plus sensé ! Ensuite et ce sera sans doute le point culminant de cette assemblée générale, monsieur Stabosz proposera purement et simplement de mettre en vente la société et demandera d’accepter toutes offres supérieures à 0.50$ ! Il part de l’idée qu’avec la vente de l’immobilier de la société, le bilan est cette fois sain et la société attractive pour être mise en vente et dira que si ce n’est pas fait aujourd’hui, la direction continuera à détruire de la valeur, comme elle l’a fait depuis 15 ans.

L’Equipe des Daubasses soutient complètement la démarche de Tim Stabosz et nous lui souhaitons toutes la réussite possible pour tenter de changer le dicton désagréable de notre compatriote, ce cher Albert : « Petit actionnaire minoritaire, petit c… ; gros actionnaire minoritaire, gros c… » ( Albert Frère)

Juillet 2013 : Il semblerait, d’après le compte rendu de l’assemblée générale, que Timothy Stabosz a perdu sur toute la ligne, aussi bien sur la proposition de vendre la société que de virer la direction. Il dit vouloir désormais intenter une action en justice, pour continuer à mettre la pression sur la direction, mais nous restons sceptiques…

 

Portefeuille au 8 Novembre 2013 : 4 ans 350 jours

  • Portefeuille : VL 6,9604 € (Frais de courtage et de change inclus)
  • Rendement Total : 588,92%
  • .
  • Potentiel Estimé VANT / Cours 111,07%
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  • Rendement Annualisé : 47,58%
  • Rendement 2013 : 21,00%
  • .
  • Rendement 2012 : 24,19%
  • Rendement 2011 : -15,65%
  • Rendement 2010 : 38,07%
  • Rendement 2009 : 308,74%
  • Taux de Rotation Annualisé : 18,75%
  • Effet Devise Total : 0,79%

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  • Tracker ETF Lyxor MSCI World : VL 122,9906 € (Frais de courtage inclus et dividende réinvesti)
  • Rendement Total : 83,43%
  • Rendement Annualisé : 13,01%
  • Rendement 2013 : 19,77%
  • Rendement 2012 : 11,20%
  • Rendement 2011 : -8,22%
  • Rendement 2010 : 18,76%
  • Rendement 2009 : 30,34%

 

* Nous rappelons que ce portefeuille est un investissement réel et que nos abonnés ont accès à l’ensemble des extraits de compte de notre club d’investissement qui démontrent la réalité des rendements affichés

 

 

Performance mensuelle du portefeuille depuis sa création

 

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Détails du Portefeuille

 

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Finance comportementale, 4e partie : l’inévitable troupeau dont nous faisons tous partie ! (2)

Conceptual image - meditations over the financeCe texte fait partie de la série « finance comportementale ».

Voici la 2e partie de la 4e partie (vous suivez ?)

La semaine dernière, nous vous avions expliqué toute la difficulté pour un individu de se dissocier du sentiment ambiant notamment au travers d’une expérience menée par le professeur Asch.

Quels enseignement pouvons-nous tirer de ces constats pour notre propre politique d’investissement ?

 

1° la vulnérabilité générale d’un individu à la pression d’un groupe d’individu

Personne n’échappe, même si cela reste à des degrés divers, à la pression d’un groupe d’individus.

– Soit l’individu met entièrement de côté sa propre perception pour adopter entièrement la perception du groupe. Dans le test de Asch, c’est 37% des cas. Ce qui nous semble quand même énorme.

– Soit l’individu affirme sa propre perception qui va à l’encontre du groupe, mais subit alors un déséquilibre psychologique, qui va le pousser à tenter de justifier sa position de manière la plus rationnelle possible, en évoquant par exemple un problème personnel d’acuité visuel, et ceci afin d’atténuer ce déséquilibre psychologique que sa position singulière a provoquée.

 

2° Le leurre du pluralisme des sources et sa force en tant que preuve

L’individu qui ne s’aligne pas sur le groupe, ne parvient pas à complètement intégrer la justesse de sa perception. Il doute. Solomon Ach nous explique le doute du sujet en ces termes : …. » il me semble que j’ai raison, mais ma raison me dit que j’ai tort, parce que je doute de pouvoir être le seul à avoir raison tandis que tant de gens se trompent. » Ce doute est fondé sur l’hypothèse logique suivante :

  • Un groupe constitue un pluralisme de sources de perception, ce qui octroie automatiquement plus de validité ou de crédibilité que l’unique perception d’un individu
  • L’individu ne voit pas ce que voit le groupe
  • L’individu ne peut donc prétendre avoir raison seul contre tout un groupe

investissement contrarian

Nous vous avons expliqué, que dans son expérience, le professeur Asch, contrairement à ce que l’individu testé croit, a dicté aux autres participants les réponses à apporter au test. Il n’y a donc pas six individus qui expriment leur perception, et donc pluralité, mais un leurre de pluralité pour l’individu testé, puisque c’est finalement le professeur Asch qui a dicté les réponses à l’ensemble du groupe.

Les individus qui constituent ce groupe ne peuvent pas être considérés comme des sources autonomes mais comme de simples relais dépendant d’une source unique, dans ce cas, le professeur Asch qui dicte les réponses.

Ce modèle permet par exemple de comprendre dans la vie de tous les jours comment une information, qui semble relayée par de multiple chaînes de télévision et de nombreux journaux, et donc que nous pourrions considérée comme de multiple points de vue autonomes et convergents, est en fait délivrée par une seule agence de presse. Que toutes ces chaînes de télévision et tous ces journaux reprennent à leur compte. C’est donc un leurre complet et évident de pluralisme des sources. Et pourtant, c’est ce qu’il faut penser et croire, voire ce que certains considèrent comme politiquement correct. Et tous ceux qui essayeront de dire le contraire, car ils ont fait l’effort de s’informer par des sources réellement différentes, seront montrés du doigt ou jugés parfois avec sévérité  par le groupe.

Et dans l’investissement c’est pareil, puisque ce que nous appelons les « zinzins », formés des banques et assureurs, fonds de pensions et autres fonds d’investissement ont généralement la même source d’analyses ou de notation. Leurs convergences, sur un même support d’investissement, voir sur une société, n’est pas le résultat de leur point de vue ou d’analyse personnelle, mais de la source unique qui les informe. Il n’est donc pas étonnant que tous ces zinzins entraînent un marché, voire une société, dans un sens ou l’autre, relayé et parfois amplifié par d’autres types d’investisseurs, des investisseurs professionnels et des amateurs. En fait, le troupeau grossit de plus en plus.

 

3° Le groupe en tant qu’indicateur de normalité

L’individu a donc un profond désir d’accord avec le groupe, qui est considéré comme une référence de « normalité ». Un individu en désaccord avec le groupe sera considéré comme hors norme et son point de vue ne sera pas forcément légitimé. C’est donc une position inconfortable et déstabilisante. Tout le contraire d’un individu qui se conforme à la perception du groupe et qui confirme de facto sa « normalité », mais également la légitimité de son opinion ou de ces actions. Ce qui est rassurant et confortable.

investisseur original

Vous comprendrez sans doute mieux désormais pourquoi il n’est pas aisé pour un investisseur de sortir du troupeau. Car nous avions toujours pensé avant ces quelques recherches – et peut-être vous aussi ? – que suivre le troupeau était finalement un acte plutôt nonchalant émanent surtout d’un peu de paresse, voire d’un manque de repères… Mais avec l’enseignement que nous tirons de l’étude du docteur Asch, nous voyons qu’il y a aussi une sensibilité psychologique aux décisions du groupe véritablement ancrée dans notre nature. Et cette sensibilité peut créer doute et douleur.

En fait, toutes les étapes qui permettent à l’investisseur de s’extirper du troupeau demandent un  véritable effort : travail énorme de recherche, entêtement sur la logique de son process, discipline dans l’application, … C’est simple à énoncer mais beaucoup moins facile à mettre en pratique.

 

Comment pouvons-nous transformer nos handicaps psychologiques issus de notre nature profonde en avantages pour faire de nous des investisseurs de bon sens ?

Nous pensons cette fois que si le process reste le pilier incontournable de la réussite et doit guider un investisseur dans toutes ses décisions, cette quatrième partie devrait nous faire réfléchir à l’importance de la discipline. Cette discipline qui nous fait appliquer le process dans n’importe quelle situation, dans un marché baissier, comme dans un marché haussier. Alors que psychologiquement, nous savons désormais que nous sommes sensibles naturellement aux décision du groupe.

Si nous faisons un petit flash-back, avec notre propre expérience, en nous mettant sur le « grill » et que nous retournons en 2007-2008, un peu avant le début de l’aventure « Daubasses », nous pouvons vous relater les choses suivantes. Les quatre membres des Daubasses faisaient partie d’un groupe qui s’était rencontré sur Boursorama  appelé  » Valeur et Conviction ». Nous étions environ 12-15 membres à discuter sur un groupe de discussion Google. Nous étions tous à des degrés divers des « Fans de Buffett » et nous tentions d’appliquer au mieux les théories de Buffett entre 2004 et 2007… Lorsque 2-3 membres du groupe ont commencé à s’intéresser aux « Daubasses », certaines tensions se sont faites sentir Même si nous nous contentions surtout de comprendre au maximum la logique de cet manière d’investir et d’en parler avec le groupe, c’était rejeté par une majorité. Il y avait comme l’idée implicite d’une trahison à la ligne  Buffett. On ne pouvait pas réussir à générer du rendement à long terme avec des sociétés aussi « merdiques », en perte chronique, avec des directions de « branque », avec des produits d’une banalité crasse, … Sociétés qui étaient en plus des smalls caps hyper fragilisées par la crise qui ne pouvaient au final que faire faillite (sic).

Nous pouvons vous l’avouer aujourd’hui, c’est sans doute par le fait que nous étions au moins trois personnes à avoir enfoncé le clou, jusqu’a ce que sa tête n’apparaisse plus sur la planche, que nous sommes parvenus à résister à la pression de notre groupe d’amis de « V&C et à nous lancer dans l’aventure « Daubasses ». Nous ne pouvons évidement pas savoir ce qu’il se serait passé si un seul d’entre nous avait soutenu cette théorie… Mais il y a  gros à parier que l’histoire aurait été différente et cette aventure aurait très bien pu ne pas exister.

Ensuite, quand nous avons lancé le club d’investissement et investit dans nos 30 premières « Daubasses » fin 2008 et créé notre premier blog  que nous animions à deux et même armés de notre entêtement sur la logique de notre process, nous cherchions à trouver sur la toile d’autres investisseurs qui faisaient la même chose que nous, preuve évidente, malgré notre détermination que nous cherchions surtout à savoir si d’autres investisseurs que nous avaient eu cette même idée qui n’était en aucun cas originale, puisqu’elle datait de 1930 et était détaillée en noir sur blanc par Benjamin Graham. Nous subissions donc de manière plus vaste, la pression du groupe… Et nous avons finalement trouvé après de très nombreuses recherches un seul blog Américain démarré en 2005 (si nos souvenirs sont bons) et qui investissait exactement à la manière Benjamin Graham, sur des Net-Net, nos fameuses « Daubasses ». Nous n’étions finalement pas seuls, mais il n’y avait pas foule au portillon ! Ce qui nous a étonnés car la logique de Ben Graham nous semblaient pourtant tellement évidente.

Revenons à la discipline d’appliquer ce process dans un marché baissier. Avec le recul cela parait simple. Mais au moment précis, le 24 Novembre 2008, l’incertitude était grande et nous avons travaillé notre discipline avec quelques idées très simples.

1° Nous étions prêts à perdre au moins 50% de notre investissement de départ sur l’ensemble de notre portefeuille. Sans remettre en cause la logique de notre process

2° Nous étions prêts à attendre 5 ans pour que notre process génère un rendement au-dessus de la moyenne

3° Nous étions prêts a travailler pour améliorer ce process de l’intérieur, mais en aucun cas à en dépasser ses limites et encore moins à en sortir du moindre millimètre et ce quoi qu’il arrive

4° Nous étions enfin prêts à prendre le risque de passer premièrement pour des cons et deuxièmement à passer pour de vrais cons en expliquant dans la plus grande transparence ce que nous faisions… Et c’est donc pour cette raison que nous avons directement tout exposé sur un blog, tout notre process, tout notre portefeuille, et que nous étions décidés à exposer par la suite tous nos mouvements via nos relevés bancaires, tous nos déboires et toutes nos réussites. Même si nous étions conscients que cela n’intéresserait finalement pas grand monde, cela nous obligerait à tenir une sorte de journal de bord sans la moindre concession, pour nous et surtout pour nos investissements dans le portefeuille du club.

Nous pouvons dire qu’au début, il n’y a pas eu grand monde. Mais avec la semi-preuve de très court terme de fin 2009 que cela « ne marchait pas si mal que cela », de plus en plus d’investisseurs se sont intéressés aux Daubasses. Et cela nous a fait énormément plaisir de pouvoir dialoguer avec des investisseurs avec lequel nous pouvions partager un même process et une même logique.

Aujourd’hui, on pourrait presque dire que les « doutes » sur les Daubasse sont presque tombés et sont bien partis pour disparaître.  Nous en voulons pour preuve que  les sites et les blogs ont fleuri sur le sujet. De plus en plus d’investisseurs se sentent en confiance. Sans se rendre compte réellement que nous sommes dans un marché haussier. Et que dans un marché haussier, toutes les méthodes fonctionnent comme on le désir : elles génèrent des gains.

Et dans un marché haussier, on peut même se passer de méthode et cela marche. Taper sur 2-3 Daubasses et voir le miracle se produire : des gains.

Chacun fait évidement ce qu’il veut mais comme nous sommes habitués depuis maintenant 5 ans à expliquer ce que nous faisons et pourquoi nous le faisons, voici quelques réflexions que nous aimerions partager avec vous :

-Si investir en Daubasse vous semble facile et rend hyper confiant, il est grand temps que vous relisiez des articles de la presse financière en 2008.

– Si vous pensez qu’il suffit d’acheter une « Daubasse » pour faire un gain rapide, relisez bien nos analyses dans nos lettres, mais aussi sur ce blog…..Vous ne trouverez jamais une société sur laquelle nous n’émettons pas de doute dans la conclusion.

– Si vous pensez qu’il suffit d’acheter 4-5 Daubasses pour booster un portefeuille, n’oubliez pas que votre risque est important.

– Si vous imaginez qu’il n’est plus nécessaire de se casser la tête avec l’ensemble d’un process, une bonne diversification et de la discipline, mais qu’il n’y aurait plus finalement qu’ à foncer parce que cela marche quoi qu’on fasse, soyez prêt à vous sentir, à un moment ou à un autre, amèrement déçu.

Pourquoi pensons-nous qu’il est important de faire preuve de discipline dans un marché haussier ?excès de confiance en bourse

Tout simplement parce que la confiance en ce qu’on fait même si c’est n’importe quoi, se généralise. Tout simplement dans le cas plus spécifique des « Daubasses », parce que la pression psychologique d’être seul face à un immense groupe diminue : « Je ne suis plus seul ou a peu près seul. Je suis avec tout le monde dans le train de la hausse ! » C’est pour nous le piège le plus « pervers » du troupeau proposé aux investisseurs de Daubasses, qui, pourtant,  restent bien minoritaires à l’échelle de la planète « finance. » Si vous êtes seul dans un marché baissier, le groupe vous met la pression… Si vous êtes un peu plus dans un marché haussier, la pression diminue sur votre singularité… mais une autre pression qui vous pousse à  faire n’importe quoi pour participer à la fête augmente. En fait, la pression psychologique du groupe pour saper la discipline indispensable à l’application de votre process est palpable aussi bien dans un marché baissier qu’un marché haussier, même si les arguments sont différents.

Entendons nous bien sur le fait qu’il ne manque pas de Daubasses sur le marché même si elles sont plus difficiles à débusquer et présentent moins de potentiel :  nous en avons débusqué une dizaine lors de notre plus récente chasse d’octobre 2013. Nous pourrions être full invest et même refaire une augmentation de capital pour augmenter encore nos liquidités. Mais, selon nous,  ce ne serait pas faire preuve de discipline.

euphorie boursièreNous ne nous intéressons pas à la macroéconomie, vous le savez… Mais de manière très basique, nous ne pensons pas que la hausse actuelle des marchés repose sur une réalité économique très sérieuse, mais plutôt sur un déversement de monnaies orchestré par les trois plus grandes banques centrales du monde, la FED, la BOJ et la BCE. Notre analyse – qui n’en est pas une – s’arrête là et est suffisante pour faire preuve de discipline.

Nous sommes finalement certain d’une chose :  c’est que le groupe ou le marché mettra à l’épreuve votre discipline d’investisseur.  Mais nous n’avons malheureusement pas la moindre idée si ce marché haussier prendra fin lundi prochain ou dans 2 ans.

Voici quelques idées simples, que nous mettons en pratique depuis des mois pour faire preuve de discipline dans un marché haussier.

1° Nous n’avons pas peur de voir s’empiler nos liquidités et c’est notre process qui nous fournit ces liquidités avec de nombreuses sociétés qui atteigne leur Valeur d’Actif Net Tangible  (VANT) et que, donc, nous vendons

Pour ceux qui ont lu la biographie officielle de Warren Buffett, l’effet boule de neige, c’est une des bien rares idée qu’un investisseur particulier peut mettre en pratique : les liquidités. Buffett dispose en permanence de liquidités et toujours au bon moment… que ce soit dans sa période Daubasses, avec les liquidités de ces nouveaux clients et après, avec les dividendes, le levier d’endettement, les produits dérivés et diverses opérations, Warren Buffett dispose toujours de liquidités lors des baisses quand les occasions se présentent. La seule différence qu’il y a entre Buffett et un investisseur particulier, c’est que vous n’avez pas les même moyens que Buffett … Mais dans ce cas bien précis il vous est tout a fait possible de mettre en pratique cette idée avec vos moyens.

2° Dans un marché haussier, nous n’investissons que si la société propose un potentiel supérieur à celui de l’ensemble du portefeuille et ceci de manière systématique. Un potentiel supérieur à l’ensemble du portefeuille signifie aussi que la décote du cours par rapport à la valeur d’actif net tangible de la société visée est plus importante que la décote de la valeur d’actif net tangible de la moyenne du portefeuille.

3° Nous n’investissons que par « Little Touch« , soit très souvent 1% de notre portefeuille. Ce qui permet ensuite de faire ce qu’il est déconseillé dans tous les manuels, c’est-à-dire de tenter d’attraper le couteau qui tombe ou qui tombera en renforçant et quand nous renforçons dans un marché haussier une valeur qui tombe ce n’est que par 1% supplémentaire, voire moins

cycle d'un marché haussier

Pour conclure, n’oubliez pas que la pression psychologique dans un marché haussier, produite par Mister Market (ou encore appelé « le groupe »), c’est une petit voix suave qui vous répète inlassablement : « Pourquoi ne fais-tu rien ou pas grand-chose ? Tu ne vois pas que tout va au mieux ? Que tout monte, que c’est la fête, qu’il fait grand soleil et que tout le monde participe  à ce bel évènement sauf TOI…..? ».

 

Portefeuille au 1 Novembre 2013 : 4 ans 343 jours

  • Portefeuille : VL 6,8883 € (Frais de courtage et de change inclus)
  • Rendement Total : 581,78%
  • .
  • Potentiel Estimé VANT / Cours 110,86%
  • .
  • Rendement Annualisé : 47,49%
  • Rendement 2013 : 19,75%
  • .
  • Rendement 2012 : 24,19%
  • Rendement 2011 : -15,65%
  • Rendement 2010 : 38,07%
  • Rendement 2009 : 308,74%
  • Taux de Rotation Annualisé : 18,75%
  • Effet Devise Total : -0,14%

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  • Tracker ETF Lyxor MSCI World : VL 122,0240 € (Frais de courtage inclus et dividende réinvesti)
  • Rendement Total : 81,99%
  • Rendement Annualisé : 12,89%
  • Rendement 2013 : 18,83%
  • Rendement 2012 : 11,20%
  • Rendement 2011 : -8,22%
  • Rendement 2010 : 18,76%
  • Rendement 2009 : 30,34%

 

* Nous rappelons que ce portefeuille est un investissement réel et que nos abonnés ont accès a l’ensemble des extraits de compte de notre club d’investissement qui démontre la réalité des rendements affichés

 

 

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