Petit retour sur les « diversifications dans la valeur »

Au mois de décembre, nous vous avions dévoilé, ami(e) lecteur(trice), le nom d’une société vendue par notre club d’investissement. Il s’agissait de First Farms, une entreprise danoise qui détient et gère des exploitations agricoles en Roumanie et Slovaquie.

A l’époque, nous avions expliqué que le club avait vendu cette ligne parce qu’elle ne répondait plus aux critères de « diversification value » que nous nous imposons.

diversifier ses investissements

Dans cette partie « diversification value », nous intégrons des sociétés qui ne répondent pas à nos critères habituels de valorisation : ce ne sont ni des VANE ni des VANN.

Ces compagnies nous semblent intéressantes parce qu’elles nous permettent de nous exposer sur des zones géographiques ou des segments sur lesquels nous ne pouvons être exposés au travers de nos « daubasses » traditionnelles.

Ceci ne nous empêche pas de rester intraitables avec notre exigence de marge de sécurité par rapport à une valeur patrimoniale tangible.

Parmi les sociétés qui composent en ce moment cette partie du portefeuille, on trouve pêle-mêle 7 holdings ou fonds fermés nous permettant d’être exposés aux émergents, 4 holdings qui nous permettent d’être investis sur des big caps européennes, 3 mines d’or, une mine d’argent, une société productrice de « soft commodities » et un conglomérat actif dans les énergies fossiles et l’agriculture.

Nous pensons que ces diversifications pourraient être de quelques intérêts pour le chasseur de daubasses.

Tout d’abord, elles pourraient nous apporter une certaine décorrélation par rapport à nos lignes « deep value » traditionnelle.  Non pas que l’intrépide équipe des daubasses craignent la volatilité ni qu’elle soit finalement convaincue par les théories de gestion de portefeuille qui accorde tant d’importance au ratio de Sharpe.

(NDLR : Le ratio de Sharpe prend en compte le profil de risque d’un portefeuille par rapport à son rendement espéré … ce qui pourrait effectivement nous convaincre si ce n’est que le risque est mesuré par l’écart-type du portefeuille, c’est-à-dire sa volatilité.  Et vous qui nous connaissez, cher(e) lecteur(trice), vous vous doutez bien que la volatilité n’a jamais été, dans notre esprit, un indicateur de vrai risque.)

Revenons à nos diversifications : la décorrélation que pourrait nous apporter ces diversifications nous semble surtout intéressante parce que nous aurions là une classe d’actif qui se comporterait différemment des sociétés « daubasses » et qui nous permettrait, peut-être, si les daubasses présentent des décotes historiques, de réaliser nos diversifications avec plus-value et de pouvoir réinvestir le produit de la vente sur nos chères daubasses bien décotées comme on les aime.

decorrelation or actions immobilier

L’autre intérêt de ces diversifications, c’est qu’elles nous permettent de rester investis même lorsque le marché ne nous propose plus d’occasions à foison à prix bradé.  Mr Market peut rester béatement optimiste même lorsque les grosses opportunités ont disparu. Nous pourrions alors être tentés de « brader » nos exigences en termes de décote et de solvabilité pour, malgré tout, continuer à participer à la fête…

Tututututut … rien de tout ça chez nous : il n’est pas question d’accepter d’acheter avec une décote de seulement 10 % sur la VANE ou des sociétés surendettées. Par contre, grâce à cet autre axe d’investissement, nous pouvons rester sur le marché tout en maintenant notre philosophie d’investissement parfaitement « value ».

En effet, une condition reste incontournable pour que les valeureux boursicoteurs qui animent ce blog daignent accorder un regard à ce type de placement : il faut qu’au moment de notre achat, le cours de l’heureuse élue soit largement décoté par rapport à sa valeur intrinsèque. L’obtention d’un bon prix reste donc un élément indispensable pour intégrer le portefeuille du club des daubasses. Effectivement, l’ensemble des membres de l’équipe est intransigeant sur ce point : pas question de déroger à la règle d’airain qui veut que nous restions, envers et contre tout, des investisseurs « deep value » purs et durs.

investissement en actionsEt, pour le moment, il semble que cela « marche » : du 13 décembre 2013 (date à laquelle le dernier achat  a été réalisé) au 14/02/2014, la section  « diversification » a clairement pris le relais de nos traditionnelles « daubasses » pour nous apporter ce petit supplément de rendement que nous aimons. En effet, sur la période, elle a généré un rendement de 17,68 % alors que le reste de notre portefeuille affichait vaillamment 8,54 %… et que notre benchmark, le tracker msci world en euros dividendes inclus, se contentait d’un raisonnable 4,48 %.

Malgré ce succès que notre réalisme légendaire nous fera qualifier de court terme, il n’est pas question de nous engouffrer dans ce « créneau » toutes voiles dehors : cette partie pèse aujourd’hui 20 % de notre portefeuille mais l’essentiel du portefeuille restera bel et bien constitué de « bonnes vieilles daubasses » bien répugnantes. Nous remarquons aussi que la « montée en puissance » de notre section « diversification » ne date pas d’hier et qu’elle s’est faite de manière lente et régulière : elle fut initiée dès juin 2010 avec des émissions d’options put sur BP et a été confirmée ensuite par un investissement sur Ukraine Opportunity en février 2011.

Pour faire contrepoids à la (relative) tolérance en termes de prix mentionnée ci-dessus, il nous apparaît aussi indispensable que la direction fasse preuve d’un peu plus de compétences, voire de beaucoup plus de compétences, que le management d’une daubasse. C’est la raison pour laquelle nous évaluons, à la grosse louche, la capacité du management à créer de la valeur sur ces supports même si, reconnaissons-le honteux et confus, nous étions peu exigeants sur ce point lors de nos premières diversifications.

Dans le cas de First Farms et pour les raisons évoqués dans les différents articles que nous lui avons consacrée, nous avons eu la conviction que ce n’était pas le cas et nous avons donc balancé notre ligne sur le marché sans aucun état d’âme. D’autant que nous avons pu, dans le courant de cette semaine, nous exposer à nouveau au secteur agricole avec une nouvelle acquisition (Holding n°17 de notre portefeuille), une société dont la qualité des gestionnaires, dans ce cas-ci,  n’est plus à démontrer.

 

Portefeuille au 21 Février 2014 : 5 ans 89 jours

  • Portefeuille : VL 7,5639 € (Frais de courtage et de change inclus)
  • Rendement Total : 648,65%
  • .
  • Potentiel Estimé VANT / Cours 105,91%
  • .
  • Rendement Annualisé : 46,74%
  • Rendement 2014 : 8,91%
  • Rendement 2013 : 20,74%
  • Rendement 2012 : 24,19%
  • Rendement 2011 : -15,65%
  • Rendement 2010 : 38,07%
  • Rendement 2009 : 308,74%
  • Taux de Rotation Annualisé : 18,75%
  • Effet Devise Total : -1,78%

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  • Tracker ETF Lyxor MSCI World : VL 124,7182 € (Frais de courtage inclus et dividende réinvesti)
  • Rendement Total : 86,01%
  • Rendement Annualisé : 12,55%
  • Rendement 2014 : 1,08%
  • Rendement 2013 : 20,16%
  • Rendement 2012 : 11,20%
  • Rendement 2011 : -8,22%
  • Rendement 2010 : 18,76%
  • Rendement 2009 : 30,34%

 

* Nous rappelons que ce portefeuille est un investissement réel et que nos abonnés ont accès a l’ensemble des extraits de compte de notre club d’investissement qui démontrent la réalité des rendements affichés, nets de taxes boursières et d’impôts sous fiscalité belge

 

 

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La vie au quotidien : un process comme un autre

Vous le savez cher(e) lecteur(trice), nous sommes dans notre approche d’investissement des adeptes du respect d’un process car nous pensons qu’il permet de contrer de nombreux biais psychologiques de l’investisseur. Ce concept carré, presque obtus diront certains, de notre philosophie concernant la gestion de nos actifs peut parfois paraître quelque peu cloisonné. L’application de ce processus est l’aboutissement d’une volonté d’amélioration, le souhait de structurer une idée, et découper le tout en mots, en phrases, en outils, en limites n’a pour objet que de nous permettre d’obtenir un rendement optimisé. Ce désir de vouloir trouver une technique n’est pas nouveau.

Benjamin FranklinEn effet, à la lecture de l’ouvrage autobiographique de Benjamin Franklin Avis nécessaire à ceux qui veulent devenir riches sous-titré Mémoires et propos au fondement de l’Amérique marchande, nous apprenons que l’un des plus illustres personnages de notre histoire contemporaine a tenté de « processer » sa vie dans un objectif de performance optimale. Nous trouvons le parallèle avec un process quel qu’il soit, comme celui que nous appliquons par exemple pour nos investissements, enrichissant et surprenant. Nous vous invitons à prendre connaissance par la suite de l’origine de sa mise en place, son « cahier des charges » et comment il a pu être mis en application par l’un des pères fondateurs de l’Amérique capitaliste moderne. Libre à vous d’en tirer les enseignements que vous souhaitez, nous n’avons aucun avis sur l’intérêt d’appliquer un tel « process de vie » pour un individu. Cet exemple se veut purement démonstratif et nous a paru intéressant scientifiquement parlant, si nous pouvons d’ailleurs nous permettre de le qualifier de scientifique, une expérience de vie empirique.

 

L’expérience

Franklin est déjà un imprimeur renommé quand il a décidé de se lancer dans ce nouveau projet « parvenir à la perfection morale ». Il « désirait passer [sa] vie sans aucune faute aucune dans aucun temps ». Ainsi, pour éviter les fautes qu’il a l’impression de sans cesse répéter, il souhaite mettre en place une méthode. Franklin a alors répertorié les concepts, idées, en définissant les termes et en essayant de les traduire dans un maximum de mots concrets. Ainsi, il définit 13 vertus essentielles avec leurs préceptes :

1. La sobriété. Ne mangez pas jusqu’à être appesanti ; ne buvez pas jusqu’à ce que votre tête soit affecté.process de vie, process d'investissement

2. Silence. Ne dites que ce qui peut être utile aux autres et à vous-mêmes. Évitez les conversations frivoles.

3. Ordre. Que chaque chose ait chez vous sa place, et chaque partie de vos affaires son temps.

4. Résolution. Soyez résolu de faire ce que vous devez et faites, sans y manquer, ce que vous avez résolu.

5. Economie. Ne faites aucune dépense que pour le bien des autres ou pour le vôtre, c’est-à-dire ne dépensez rien mal à propos.

6. Application. Ne perdez point de temps, soyez toujours occupé à quelque chose d’utile, abstenez vous de toute action qui ne l’est pas.

7. Sincérité. N’usez d’aucun déguisement nuisible ; que vos pensées soient innocentes et justes, et conformez-vous-y quand vous parlez.

8. Justice. Ne nuisez à personne, soit en lui faisant du tort, soit en négligeant de lui faire le bien auquel vous oblige votre devoir.

9. Modération. Evitez les extrêmes ; gardez vous de vous ressentir des torts autant que vous croyez qu’ils le méritent.

10. Propreté. Ne souffrez aucune malpropreté sur votre corps, sur vos habits et dans votre maison.

11. Tranquillité. Ne vous laissez troubler ni par des bagatelles, ni par des accidents ordinaires ou inévitables.

12. Chasteté. Livrez-vous rarement aux plaisirs de l’amour, n’en usez que pour votre santé ou pour avoir des descendants, jamais au point de vous abrutir ou de perdre vos forces et jusqu’à nuire au repos et à la réputation de vous ou des autres.

13.  Humilité. Imitez Jésus et Socrate.

 

Une fois les différentes habitudes listées et les moyens identifiés, Franklin a décidé de ne pas s’approprier toutes ses vertus en une fois. Son process était de s’accaparer une vertu une par une pour que son attention quotidienne soit focalisée sur une seule. Et ainsi l’assimiler au mieux, avant d’essayer de devenir vertueux dans le domaine suivant. Pratiquement, il a ainsi établi des fiches hebdomadaires avec en en-têtes les jours de la semaine « lundi, mardi, … » et en ligne les 13 vertus en s’attachant à privilégier chaque semaine son attention plutôt sur une vertu. Ainsi, en fin de chaque journée, il marquait la fiche d’un point à chaque fois qu’il fautait en face de la vertu en question. Et il considérait qu’une vertu était assimilée uniquement lorsque la semaine échue, il ne constatait plus de marques dans la vertu correspondante. Le chemin était ardu et pour se motiver au quotidien ou lors de la revue journalière, il s’auto-stimulait à travers des citations ou des prières qu’il avait lui-même rédigé. En voici quelques exemples.

Epigraphe de Cicéron : « Ô philosophie, guide de la vie ! Source des vertus et fléau des vices ! Un seul jour employé au bien et suivant les préceptes est préférable à l’immortalité passée dans le vice ».

Ou encore, un proverbe de Salomon : « La longueur des jours est dans sa main droite et dans sa gauche la richesse et les honneurs, ses voies sont des voies de douceur et tous ses sentiers sont ceux de la paix ».

Bien que n’étant pas un homme de foi ou un pratiquant d’une quelconque religion, Franklin considérait tout de même Dieu comme source de sagesse. Il rédigea ainsi la courte prière suivante :

« Ô bonté puissante !

Père bienfaisant ! Guide miséricordieux !

Augmente en moi la sagesse, pour que je puisse connaitre mes vrais intérêts,

Fortifie ma résolution pour exécuter ce qu’elle prescrit,

Agrée mes bons offices à l’égard de tes autres enfants,

Comme le seul acte de reconnaissance qui soit en mon pouvoir pour tes faveurs continuelles envers moi. »

De tout ce travail, il a ainsi pu établi une journée type :

Plan pour l’emploi des 24 heures du jour naturel

Question du matin. « Quel bien dois-je faire aujourd’hui ».

Créneau 5h – 8h : Me lever, me laver et invoquer la puissante bonté, régler les affaires et prendre les résolutions du jour, continuer les études actuelles, déjeuner.

Créneau 8h – 12h : Travail.

Créneau 12h – 14h : Lecture ou examens de mes comptes et diner.

Créneau 14h – 18h : Travail.

Créneau 18h – 22h : Ranger tout à sa place, souper, musique, récréation, conversation, examen du jour.

Question du soir. « Quel bien ai-je fait aujourd’hui ».

Créneau 22h – 5h : Sommeil.

 

Benjamin Franklin a pu observer les points suivants. Tout d’abord, il fut étonné de la multitude de défauts dont il était rempli. Il observait des progrès très faibles qui l’ont presque poussé à abandonner. Pour synthétiser – les plus curieux d’entre vous auront le loisir de lire l’ouvrage complet -, Franklin a réussi à modeler quelques traits de sa personnalité. Mais il a surtout constaté que certaines vertus ne seraient jamais siennes. Et il en a conclu qu’il ne pourrait être parfait au sens où il avait défini lui-même les 13 vertus, qu’il ne pouvait ainsi modifier seulement quelques traits de sa personnalité et qu’il devait s’en accommoder ainsi, tout en ayant conscience de ses limites afin d’en minimiser les impacts négatifs dans sa vie quotidienne.

Cette expérience de vie eut néanmoins l’avantage de se questionner sur les fondements philosophiques des actes et sentiments qui permettent l’épanouissement d’un homme. Franklin désirait même rédiger un livre qu’il aurait intitulé L’Art de la vertu afin de fournir à tout homme les moyens et la manière d’acquérir la vertu. Et comme il l’a lui-même expliqué, celui qui s’essaie à perfectionner son écriture dans le sillage des plus belles écritures, même s’il n’atteint pas la perfection, il rend son écriture plus nettement lisible. Pour le paraphraser, nous pourrions dire que le travail d’amélioration vers un objectif peut paraitre ambitieux. Il permet néanmoins de s’améliorer et contrairement à celui qui se sera contenté de penser à s’améliorer, le fait de faire et de commencer une entreprise est toujours profitable.

 

Apports de Franklin pour la définition d’un process et sa mise en application

réflexion investissement boursierLes leçons que nous pouvons tirer de cette expérience à titre d’individu (ou d’entité) qui a la volonté d’améliorer un système dans un but précis sont tout d’abord qu’une rigidité extrême n’est pas tenable dans le temps. Un process, quel qu’il soit, doit pouvoir s’accommoder dans sa mise en œuvre d’une certaine souplesse. Ou autrement dit, pour chaque individu (ou entité), le process doit être adapté à ce que nous pouvons appeler les us et coutumes. Si les contraintes du process sont trop fortes, en décalage avec les habitudes de vie ou trop éloignés des fonctionnements historiques classiques d’une organisation, il aura du mal à être adopté et sera difficilement durable, pérenne.

Le second enseignement de cette aventure humaine que nous retenons semble être le fait que dès sa mise en place, les bornes comme les critères doivent être sélectionnés de façons telles qu’ils sont en accord avec les objectifs souhaités. Ils doivent ni être trop ambitieux, dans quel cas ils seraient trop restrictifs et limitatifs, ni trop expansifs au risque de devenir inefficaces dans leurs résultats.

Enfin, les citations, remarques ou autres pamphlets d’illustres individus dans le domaine que nous cherchons à améliorer peuvent être une idée à reprendre. Lors des moments de doute des bien-fondés du process ou simplement de lassitude, ils peuvent permettre de rappeler l’objectif du process et, de par l’image que l’individu cité reflète, que cet objectif est non seulement atteignable, mais louable.

Nous ne pouvons que vous conseiller la lecture de ce livre traduit dans un français d’une intelligence rare pour vivre, par procuration, au-delà de cette expérience qui n’est qu’une des facettes de la personnalité de Benjamin Franklin, une aventure humaine palpitante.

Portefeuille au 14 Février 2014 : 5 ans 82 jours

  • Portefeuille : VL 7,4561 € (Frais de courtage et de change inclus)
  • Rendement Total : 637,98%
  • .
  • Potentiel Estimé VANT / Cours 107,25%
  • .
  • Rendement Annualisé : 46,57%
  • Rendement 2014 : 7,36%
  • Rendement 2013 : 20,74%
  • Rendement 2012 : 24,19%
  • Rendement 2011 : -15,65%
  • Rendement 2010 : 38,07%
  • Rendement 2009 : 308,74%
  • Taux de Rotation Annualisé : 18,75%
  • Effet Devise Total : -1,47%

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  • Tracker ETF Lyxor MSCI World : VL 123,9264 € (Frais de courtage inclus et dividende réinvesti)
  • Rendement Total : 84,83%
  • Rendement Annualisé : 12,47%
  • Rendement 2014 : 0,43%
  • Rendement 2013 : 20,16%
  • Rendement 2012 : 11,20%
  • Rendement 2011 : -8,22%
  • Rendement 2010 : 18,76%
  • Rendement 2009 : 30,34%

 

* Nous rappelons que ce portefeuille est un investissement réel et que nos abonnés ont accès à l’ensemble des extraits de compte de notre club d’investissement qui démontrent la réalité des rendements affichés, nets de taxes boursières et d’impôts sous fiscalité belge

 

 

Performance mensuelle du portefeuille depuis sa création

 

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Détails du Portefeuille

 

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L’option « options », c’est bon …

Nous voulons revenir, ami(e) lecteur(trice), sur le sujet des options et de la manière dont nous les utilisons, c’est-à-dire sans levier. Dans cet article, nous avions décrit en détail la technique des options, leurs mécanismes et la manière dont nous comptions les utiliser.

Et donc, oui, comme vous l’avez compris, pour nous, l’option … « options » fait bel et bien partie de l’arsenal dont dispose le « bon père de famille » pour gérer son patrimoine. Cette approche se rapproche un peu de celle d’une compagnie d’assurance : nous assurons à notre contrepartie un prix soit à la vente (émission d’option put), soit à l’achat (émission d’options call) en échange de l’encaissement d’une prime. Il va sans dire que les prix que nous assurons à notre contrepartie sont des prix qui correspondent, selon notre estimation, soit à des bons prix d’achat, soit à des bons prix de vente … pour nous.

investir en options en bourse

Si nous revenons sur cette technique, c’est parce que nous venons de vendre une de nos plus grosses lignes dont le rendement a été considérablement dopé au travers de cette méthode. La société en question, c’est Hutchinson, une techno dont vous pourrez lire l’analyse, déjà ancienne, à la fin de cet article.

L’achat d’un premier lot d’actions de cette entreprise date du 30 août 2010. A cette époque, nous calculons une VANE pour 11,63 usd par titre.

L’achat de ce premier lot nous coûte, taxes sur les opérations de bourse, frais de change et de courtage inclus, 1 435.03 euros pour 600 actions (ou 3,04 usd par action).

Mais le même jour, nous émettons des options put à un prix d’exercice de 2,50 usd c’est-à-dire que nous nous engageons, vis-à-vis de notre contrepartie, à acheter des actions Hutchinson à un prix ferme de 2,50 usd à l’échéance de l’option et ce, même si le cours est nettement plus bas à ce moment. Nous encaissons en échange de cette assurance une prime de 139,45 euros.

A cette date, le montant total investi en Hutchinson est donc de 1 435,03  – 139,45 soit 1 295,58 euros.options sur actions

A l’échéance des options, le cours d’Hutchinson est supérieur à 2,50 usd. Nous conservons simplement la prime préalablement encaissées  et sommes libérés de nos obligations.

Le 1er mars 2011, nous lançons une nouvelle émission de 800 options au même prix d’exercice de 2,50 usd et venant à échéance le 19 août.  Pour cette émission, nous encaissons 217,35 euros

A l’échéance, le cours de l’action est largement inférieur au 2,50 usd (autour de 2,15 usd) et nous sommes obligés d’acquérir nos 800 actions à ce prix assuré de 2,50 usd. Nous décaissons donc la somme de 1 407.35 euros.

A ce stade, nous avons donc décaissé pour nos 1 400 actions la somme de 2 485,58 euros ( 1 435,03 – 139,45 – 217,35 + 1 407,35).

Par la suite, nous renforçons encore à deux reprises, fidèles à nos habitudes et allant à l’encontre de l’adage boursier voulant qu’on ne rattrape pas un couteau qui tombe.

Et donc nous prenons des bonnes « louchées » d’Hutchinson le 13 octobre 2011 (1 500 actions au cours de 1,83 usd, débours total de 2 020,94 euros) et le 3 juillet 2012 ( 1 500 actions au cours de 1,53 usd, débours total de 1 888,14 euros).

Au total donc, nous avons dépensé 6 394,66 euros pour acquérir nos 4 400 actions ( 1 435,03 – 139,45 – 217,35 + 1 407,35 + 2 020,94 + 1 888,14).

Un an plus tard, changement de tendance : la société a détruit une partie de sa valeur et notre objectif de cours diminue. A cette époque, la VANT (et donc notre objectif de vente) se situe aux alentours de 6,94 usd.

Le 13 juillet, nous émettons des options call sur la moitié de notre position, soit 2 200 options. Ces options sont à échéance décembre 2013 et présentent un prix d’exercice de 7,50 usd. Cela signifie que nous garantissons à notre contrepartie de lui vendre, à l’échéance, 2 200 actions Hutchinson à un prix de 7,50 usd et ce, quel que soit le cours de l’action à ce moment-là. Comme ce prix d’exercice est supérieur à notre objectif de cours du moment (6,94 usd), nous ne serions pas trop attristé si nous devons vendre. En contrepartie de cette assurance, nous encaissons une prime de 461,36 euros.

Le 9 août, le cours de l’action est en chute libre … et le prix de l’option que nous avions émise itou … Nous décidons alors de racheter notre engagement au prix du marché et nous payons 123,90 euros pour cela. Nos actions Hutchinson sont libérées de tout engagement et nous avons réalisé dans l’opération un bénéfice de 337,46 euros (461,36 – 123,90).

Stabilisation du cours début septembre et la prime d’option call remonte. Le 10 septembre, nous émettons à nouveau 2 200 options call mais à un prix d’exercice de 5 usd cette fois. En échange de cet engagement, nous encaissons 787,66 euros.

Au cours du mois de janvier écoulé, le titre continue son yoyo infernal et il reprend 20% sur le mois. Les chiffres du premier trimestre sont publiés. Le chiffre d’affaires est en forte croissance par rapport à l’année précédente (c’est sans doute ce qui a boosté le cours) mais ces bonnes ventes ne se traduisent pas dans les résultats qui sont en chute libre à cause notamment de dépréciations d’actifs et de pertes de change. Au niveau du bilan, la VANT chute à 4,27 USD, soit en dessous du prix d’exercice des options que nous avions émises.

Nous décidons donc de vendre notre position. Mais n’oublions pas que la moitié de cette position est précisément bloquée en garantie de nos engagements d’options call. Qu’à cela ne tienne : nous rachetons notre position pour 234,40 euros et, grâce à la diminution de leur valeur temps, nous faisons à nouveau un bénéfice sur cette opération, de 553,26 euros exactement (787,66 – 234,40).

L’ensemble de la position étant libérée, nous la vendons et encaissons 12 965,52 euros. En tenant compte des gains sur les opérations d’options call, la recette totale est donc de 13 856,24 (12 965,52 + 553,26 + 337,46) et la plus-value totale de 116,68 % faisant d’Hutchinson le 36e « bagger » de l’histoire de notre club.

marchés financiers

Les conclusions de cette aventure ?  Elles sont au nombre de deux :

–          Oui, les émissions d’options, utilisées à bon escient et sans levier permettent de doper le rendement d’une position. Dans le cas d’Hutchinson, si nous n’avions pas travaillé avec des options, le rendement total de l’opération aurait été de seulement 92 % (et nous ne pourrions afficher fièrement un nouveau « bagger » à notre palmarès).

–          Et non, tenter de rattraper un couteau qui tombe, dans le cadre de notre stratégie, ce n’est pas « mal ».  Ce qui compte, c’est de vérifier que nous avons toujours des collatéraux tangibles en garantie de nos investissements … si c’est le cas, il ne nous semble pas que le  risque de se couper soit supérieur à celui d’explosion d’une fusée en pleine phase ascensionnelle.

Comme à chaque fois, nos fidèles abonnés ont été tenus au courant en temps réel de chacune des opérations décrites ci-dessus.

Pour conclure, nous vous présentons l’analyse de la société que nous leur avions proposée au moment de notre premier achat. Attention, cette analyse date de 3 ans et demi et n’est plus d’actualité.

 

Analyse de la société

Hutchinson Technology Inc.

(Ticker: Nasdaq:HTCH)

hutchinson technology

 I.             Introduction

Comme son nom l’indique, Hutchinson est une société technologique créée en 1965.

Elle fabrique deux produits:

1.  Des têtes de lecture pour disques durs (utilisés dans l’informatique, le multimédia, etc). Ils sont leaders dans la fabrication des suspensions utilisées pour tenir la tête de lecture à une distance de quelques microns par rapport aux disques. Ils fournissent cette pièce essentielle aux grands fabriquant de disques durs (comme par exemple la société Seagate qui fait partie de leurs clients).

2. Un appareil de mesure médical (InSpectra) qui mesure en temps réel la quantité d’oxygène des organes, grâce à un unique petit capteur très discret (le patient ne le sens quasiment pas) qui fonctionne par spectroscopie à infrarouge.

inspectra hutchinson

Le segment des têtes de lecture est très cyclique car dépendant de la demande des consommateurs finaux d’ordinateurs et de produits électroniques.

Le 31 août 2010, nous avons acheté des actions à un cours hors frais de 2,9875 usd et émis des options put. Frais inclus et si nos options sont exercées, notre prix de revient total serait alors de 2,61 usd.

 

II.           La Valeur d’Actif Net Net (VANN)

Nous avons acquis un actif courant de 11,19 usd par action duquel nous avons déduit des dettes pour un montant de 10,18 usd. La VANN d’Hutchinson s’élève donc à 1,01 usd par action et nous n’avons aucune marge de sécurité sur cette valeur.

 

III.          La Valeur d’Actif Net Estate (VANE)

investir dans des sociétés en valorisant l'immobilierLa société détient des immeubles acquis pour un prix de 9,02 usd par action. Nous déduisons une marge de sécurité de 20 % sur cette valeur et l’ajoutons à la VANN.

Nous avons donc obtenu une VANE de 11,63 usd, ce qui, à notre coût d’achat théorique de 2,61 usd, nous procurerait une marge de sécurité de 78 %.

 

IV.         La Valeur de Mise en Liquidation Volontaire (VMLV)

Nous revenons tout d’abord sur l’actif courant. Outre des liquidités pour un montant de 2,14 usd par action, la société détient aussi toute une série de placements de trésorerie sous forme de dettes publiques et de papier commercial et ce pour une valeur totale inscrite au bilan de 4,57 usd. Fidèle à notre (excessive ?) prudence de sioux, nous prenons une marge de sécurité de 10 % sur ce poste et amputons la VANE de 0,46 usd.

Les créances commerciales sont honorées en moyenne à 57 jours, en ligne avec le délai moyen des trois derniers exercices. La direction a constitué des provisions pour créances douteuses équivalentes à 0,6 % du montant total. Bien que le délai moyen de paiement nous semble très correct, nous trouvons ces provisions un peu faiblardes malgré tout et prenons une marge de sécurité supplémentaire sur les créances de 10 %. Nous réduisons donc la VANE de 0,19 usd.

Les stocks nous semblent eux aussi correctement gérés : un article reste en moyenne 43 jours en stock, ce qui nous semble peu pour une société de production et en ligne avec les trois derniers exercices comptables. Ils sont constitués à 40 % de matières premières. Nous décidons d’amputer la valeur de ces matières premières d’une marge de sécurité de 10 % et celle des produits finis d’une marge de sécurité de 25 %. Nous réduisons donc la VANE de 1,41 usd.

Au niveau de l’actif fixe, nous avons déjà abordé les immeubles au niveau du calcul de la VANE. Ceux-ci consistent en immeubles de bureau, centres de recherche et de formation et usines de production, tous situés dans le Wisconsin. Il faut y ajouter une nouvelle usine de production en construction en Thaïlande. Nous maintenons telle quelle la valorisation reprise dans le calcul de la VANE.

Nous reprenons également les équipements pour 5 % de leur valeur d’acquisition, soit 1,49 usd par action.

En matière de dilution, nous avons déjà tenu compte des stocks options potentiellement exerçables dans nos calculs « par action ». Dans le cadre du calcul de la VLMV, nous nous devons aussi de tenir compte du prêt convertible contracté par la société. Certes, la parité de conversion se situe à 6 usd, soit nettement au-dessus du cours actuel… mais bien en dessous de la VMLV. Autrement dit, en cas de mise en liquidation, les détenteurs du prêt auraient intérêt à demander sa conversion.
Cette conversion coûterait en dilution 2,74 usd aux actionnaires ordinaires.

Compte tenu de ce qui précède, nous avons donc établi la valeur de Hutchinson en cas de mise en liquidation volontaire à 8,32 usd, ce qui nous octroie ainsi une marge de sécurité de 68 % sur cette valeur.

 

V.          La Valeur de la Capacité Bénéficiaire (VCB)

Les pertes d’exploitation de ces deux dernières années sont telles qu’il nous est impossible de calculer une quelconque VCB.

 

VI.         Conclusions

A notre coût d’achat théorique de 2,61 usd, nous avons donc obtenu :

– une marge de sécurité de 78 % sur la VANE

– une marge de sécurité de 68 % sur la VMLV

En principe, ces marges de sécurité devraient apparaître comme nettement insuffisantes pour tout investisseur qui se respecte : si les pertes de l’année 2009 venaient à se reproduire en 2010, 80 % de la VMLV s’envolerait en fumée.

achat d'actions en bourse

Néanmoins, même si nous devons humblement reconnaître ne pas tout comprendre des produits d’Hutchinson, nous avons une assez bonne conviction (à défaut de conviction absolue, impossible à obtenir avec des daubasses) que la recovery n’est pas si éloignée que cela.

– nous apprécions l’honnêteté de la direction qui explique les mauvais résultats des deux dernières années non seulement par la mauvaise conjoncture mais aussi par des pertes de marché : une prise de conscience d’un problème constitue un premier pas dans la bonne direction ;

– certaines opérations de production ont été centralisées sur un seul site et un des sites de production a d’ailleurs été fermé ;

– une restructuration a été engagée et le taux d’emploi a été fortement diminué : les primes de licenciement ont représenté 1,17 usd en 2009 ;

– des actifs de production ont été dépréciés suite à ces restructurations et cela a engendré une perte supplémentaire de 2,86 usd par action.

Des deux derniers points, nous pouvons conclure que 60 % de la perte 2009 est due à des évènements exceptionnels.

Grâce à cette restructuration, la direction estime qu’elle a abaissé ses coûts structurels de production de 7,39 usd par action, soit un montant plus ou moins égal à la perte de 2009.

Nous constatons aussi que la direction ne se contente pas de désinvestir et de (malheureusement) licencier. Elle s’est aussi lancée dans la construction d’une usine de production en Thaïlande et a lancé le second segment « biométrie » appelé à connaître une croissance intéressante à l’avenir (l’appareil InSpectra dont nous faisions mention dans l’introduction).

L’efficacité de ces mesures semble se confirmer car en 2010, malgré une nouvelle baisse (attendue par la direction) des ventes, les pertes se sont fortement comprimées. De plus, les ventes de la division Biométrie, bien que toujours assez marginales, ont connu une jolie croissance.

Néanmoins, un défaut sur certains produits du segment « têtes de lecture » va entraîner une diminution des ventes au cours du quatrième trimestre (ce qui explique probablement que le cours reste sous pression). De nouveaux frais de restructurations et les coûts de démarrage de l’usine thaïlandaise pèseront fortement sur les résultats du quatrième trimestre.

Enfin, vous connaissez, cher(e) lecteur(trice), notre goût immodéré pour les cerises (celles qui sont sur le gâteau). Dans le cas de Hutchinson, comme pour beaucoup de nos Daubasses technos d’ailleurs, cette cerise réside dans le know how de l’entreprise.

Ainsi, les frais de R&D engagés par Hutchinson se sont élevés au cours des 5 dernières années à 7,80 usd par action (trois fois notre cours d’achat théorique) et comme vous le savez, nous pensons que ces dépenses engagées doivent bien avoir une valeur, valeur non apparente dans les comptes de la société.

 

Portefeuille au 7 Février 2014 : 5 ans 75 jours

  • Portefeuille : VL 7,3096 € (Frais de courtage et de change inclus)
  • Rendement Total : 623,48%
  • .
  • Potentiel Estimé VANT / Cours 111,23%
  • .
  • Rendement Annualisé : 46,22%
  • Rendement 2014 : 5,25%
  • Rendement 2013 : 20,74%
  • Rendement 2012 : 24,19%
  • Rendement 2011 : -15,65%
  • Rendement 2010 : 38,07%
  • Rendement 2009 : 308,74%
  • Taux de Rotation Annualisé : 18,75%
  • Effet Devise Total : -0,84%

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  • Tracker ETF Lyxor MSCI World : VL 121,4996 € (Frais de courtage inclus et dividende réinvesti)
  • Rendement Total : 81,21%
  • Rendement Annualisé : 12,09%
  • Rendement 2014 : -1,53%
  • Rendement 2013 : 20,16%
  • Rendement 2012 : 11,20%
  • Rendement 2011 : -8,22%
  • Rendement 2010 : 18,76%
  • Rendement 2009 : 30,34%

 

 

* Nous rappelons que ce portefeuille est un investissement réel et que nos abonnés ont accès à l’ensemble des extraits de compte de notre club d’investissement qui démontrent la réalité des rendements affichés, nets de taxes boursières et d’impôts sous fiscalité belge

 

 

Performance mensuelle du portefeuille depuis sa création

 

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Les chroniques de l’investisseur chronique : pourquoi je préfère les actions à l’immobilier ?

chronique investisseurCe texte fait partie de la série proposée par notre ami-chroniqueur Laurent Muller.

Même si nous ne partageons pas tout-à-fait les mêmes principes d’investissement, nous nous sommes trouvés énormément de points communs et les raisonnements développés par Laurent nous ont paru marqués par le sceau du bon sens.

Il nous a semblé intéressant de vous faire profiter de ces raisonnements et c’est la raison pour laquelle Laurent tiendra, sur ce blog et à intervalles réguliers, une chronique présentant ses principes d’investissement.

Ce sera l’occasion de débattre avec l’équipe des daubasses mais aussi avec vous, ami( e) lecteur(trice) des sujets qui seront développés par notre ami.

 

Je vais essayer d’expliquer dans cet article pourquoi je préfère intrinsèquement les actions à l’immobilier résidentiel (résidence principale ou investissement locatif non meublé en direct). A ceux qui pourraient penser que je suis complaisant vis-à-vis de l’investissement en actions, je précise que mon patrimoine est actuellement équiréparti entre immobilier et actions.

 

Actions

Les actions permettent de diversifier son patrimoine à la fois de manière sectorielle et géographique. L’immobilier physique induit par nature la concentration sur un faible nombre de biens représentant une fraction importante de son patrimoine. La concentration n’est pas nécessairement une mauvaise chose théoriquement, de mon point de vue (les actionnaires d’Apple entrés en 2003 ne me contrediront pas), si l’on maîtrise tous les paramètres, ce qui n’arrive probablement jamais en pratique.

Une action est par nature dynamique. La valeur d’une entreprise peut croître ou décroître. L’entreprise est constituée d’être humains : c’est un organisme vivant, pour le meilleur ou pour le pire !

L’immobilier semble en haut de cycle (d’après les courbes de Jacques Friggit rapportant les prix de l’immobilier au revenu moyen par ménage). Les actions semblent également globalement surévaluées par rapport à l’économie réelle (bien que sur le marché français, nous nous trouvons toujours à – 30 % du dernier maximum relatif de 2007 pour le CAC40).

Les actions sont plus liquides que l’immobilier. Les frais de transaction sont faibles (0,2 % pour une opération d’achat/vente chez l’un de mes courtiers, sans droits de gardes). Les transactions peuvent être exécutées instantanément, dans la limite de la profondeur de marché. Les frais de transaction d’un bien immobilier (frais d’agence, frais de notaire, etc…) sont élevés (généralement supérieurs 15 %) et les délais d’une vente ou d’un achat se comptent en mois. Pour les deux types d’actifs, l’investissement peut être bloqué sur une période longue si le prix descend en-dessous de la valeur du bien acheté, afin de ne pas vendre à perte.

Le coût en temps de la gestion d’un portefeuille d’actions est fixe, quel que soit le montant investi (hors problématiques spécifiques liées à la profondeur de marché, par exemple). Pour l’immobilier, il existe une relation grosso modo linéaire entre le patrimoine investi et le temps de gestion (pour des biens de même surface situés au même endroit).

Les actions ont une performance historique supérieure à celle de l’immobilier, notamment d’après Robert Shiller, professeur d’économie à Yale, prix Nobel d’économie 2013 et spécialiste de l’immobilier.

Les actions sont plus volatiles que l’immobilier. En considérant la volatilité comme une mesure du risque, les investissements en actions sont plus risqués. De mon point de vue, il est plus facile de construire un modèle de valorisation d’un bien immobilier, en le considérant uniquement sous l’aspect financier, comme je l’ai montré dans mes précédents articles, que celui d’une action. Mais cela ne joue pas nécessairement en défaveur des actions: comme la valeur de l’action est obscurcie, les inefficiences de marché y sont plus accentuées, provoquant des écarts prix / valeur plus importants, pour qui sait évaluer la valeur d’une société de manière conservatrice et a le profil psychologique adéquat.

La fiscalité est pour moi plus avantageuse sur les actions (mais je suis non-résident et connais mal la fiscalité française sur les actions).

Il existe des risques systémiques sur les actifs déposés dans des banques.

 

Immobilier résidentiel

Un bien immobilier est par nature statique. L’investisseur achète des murs. L’amplitude des écarts de prix à la hausse comme à la baisse est moins forte que celle des actions.

Un bien immobilier subit l’usure du temps.

L’immobilier est le seul moyen que je connaisse permettant d’utiliser un effet de levier sur son patrimoine, dans des conditions de crédit intéressantes pour l’investisseur individuel, notamment sur le taux. Il existe d’autres possibilités de crédit (comme le crédit lombard par exemple) mais qui ne s’effectuent pas dans des conditions aussi bonnes que celles d’un emprunt immobilier. Ce point positif justifie à lui seul l’investissement immobilier et c’est pour cette raison (couplée à la possibilité d’un rendement brut supérieur à 10 %) que j’investis dans ce secteur.

Un bien immobilier peut avoir une valeur affective. Pouvoir aménager son habitat à sa convenance, en fonction de ses goûts et du niveau de confort souhaité n’est pas à négliger.

L’immobilier nous ancre à un endroit, limitant notre mobilité (opportunités professionnelles plus difficiles à concrétiser, problèmes de voisinage plus accentués car inscrits dans la durée, etc…).

Les besoins immobiliers, en terme de surfaces et de caractéristiques, varient fortement au cours de la vie : étudiant, couple sans enfant, couple avec enfant, couple avec enfants envolés du nid, troisième âge. Acheter un bien immobilier fixe la surface pour une période longue.

Les locataires peuvent être contraints de déménager.

L’investissement immobilier (hors résidence principale) a l’avantage de pouvoir être payé par le locataire (hors vacances locatives, et apport personnel du crédit). Il permet également de générer un revenu stable contrairement aux actions.

 

Conclusion

Les actions me semblent intrinsèquement mieux correspondre à mes attentes d’investisseur que l’immobilier résidentiel. L’immobilier résidentiel a, quant à lui, l’avantage de permettre d’utiliser l’effet de levier dans des conditions de crédit satisfaisantes pour le particulier et de générer un revenu assez stable pour un investissement locatif.

Si vous deviez effectuer un choix binaire entre ces deux supports, par ailleurs pas nécessairement opposés, lequel aurait votre préférence et pour quelle raison ?

D’autres classes d’actifs ont-elles votre préférence et pour quelles raisons (obligations, REIT, SIIC, SCPI, OPCI, métaux précieux, produits dérivés, matières premières, fonds, monétaires, bureaux, immobilier meublé, commerces, etc…) ?

Portefeuille au 31 Janvier 2014 : 5 ans 68 jours

  • Portefeuille : VL 7,2764 € (Frais de courtage et de change inclus)
  • Rendement Total : 620,20%
  • .
  • Potentiel Estimé VANT / Cours 112,75%
  • .
  • Rendement Annualisé : 46,30%
  • Rendement 2014 : 4,77%
  • Rendement 2013 : 20,74%
  • Rendement 2012 : 24,19%
  • Rendement 2011 : -15,65%
  • Rendement 2010 : 38,07%
  • Rendement 2009 : 308,74%
  • Taux de Rotation Annualisé : 18,75%
  • Effet Devise Total : -0,59%

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  • Tracker ETF Lyxor MSCI World : VL 121,6847 € (Frais de courtage inclus et dividende réinvesti)
  • Rendement Total : 81,48%
  • Rendement Annualisé : 12,17%
  • Rendement 2014 : -1,38%
  • Rendement 2013 : 20,16%
  • Rendement 2012 : 11,20%
  • Rendement 2011 : -8,22%
  • Rendement 2010 : 18,76%
  • Rendement 2009 : 30,34%

 

* Nous rappelons que ce portefeuille est un investissement réel et que nos abonnés ont accès a l’ensemble des extraits de compte de notre club d’investissement qui démontrent la réalité des rendements affichés, nets de taxes boursières et d’impôts sous fiscalité belge

 

 

Performance mensuelle du portefeuille depuis sa création

 

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