Finance comportementale (6e partie) : La manière de présenter les choses et les limites de notre cerveau (3e partie)

Conceptual image - meditations over the financeCe texte fait partie de la série « finance comportementale » et constitue  la suite logique de l’article de la semaine dernière.

Les limites de notre cerveau

En fait, le cerveau humain est encore aujourd’hui la partie la moins explorée de notre corps car d’une grande complexité. Pour bien comprendre notre psychologie, il faudrait en savoir encore beaucoup plus à ce sujet que nous n’en savons aujourd’hui.

Le petit résumé que nous pouvons faire dans cet article, qui mériterait à lui seul d’autres explications et un autre texte, est donc ceci :

Notre cerveau traite de l’information sans arrêt. Au niveau neurologique il établit des liens entres les différentes impulsions qu’il reçoit et filtre les informations. Quand ces informations sont nombreuses ou émise dans certaines conditions émotionnelles, notre cerveau  contextualise l’information en faisant un tri rapide sur ce qui lui semble évident et en fait donc une interprétation. Interprétation qui n’est bien sûr pas toujours rationnelle puisque toutes les informations n’ont pas été prises en compte. Mais nous ne nous en rendons parfois même pas compte.

Un exemple très facile à comprendre est le fait que nous pensons être capables de téléphoner en conduisant une voiture. Et nous en sommes capables, vu qu’une majorité de conducteurs téléphone ou répond au téléphone au volant. Mais que ce passe-t-il réellement ? Dès que nous commençons à parler dans le téléphone ou à écouter, notre cerveau met au premier plan et donc se concentre sur les nouvelles impulsions émises par la conversation et relègue au second plan la conduite du véhicule. En fait, nous ne sommes pas vraiment conscients de l’existence de deux plans qui ont des niveaux de concentrations différents car la conduite est une chose routinière que nous pensons être capables de combiner. D’où un manque de réflexes devant une situation dangereuse survenant sur la route.

Voici deux tests élaborés par les psychologues Daniel Simons, Christopher Chabris et Daniel Levin.

Le premier est un test qui met en évidence ce que les auteurs ont défini comme « cécité attentionnelle ». Le test est simple. On demande à des personnes de compter les échanges de ballon de basket (les passes) que font deux équipes de trois personnes avec deux ballons. A la fin du test, presque toutes les personnes répondent correctement sur le nombre de passes. On leur demande ensuite s’ils ont remarqué quelque chose d’étrange dans la vidéo. Et là, surprise, beaucoup de personnes n’ont rien remarqué. Mais en fait pendant que les passes se déroulaient, un homme déguisé en gorille a traversé le champ. Daniel Simons et Christopher Chabris expliquent donc que : La cécité attentionnelle définit cette tendance parfois spectaculaire que nous avons à ignorer ce qui se trouve sous nos yeux lorsque notre attention est concentrée sur autre chose.

 

 

Le second test met en évidence ce que les auteurs appellent cette fois la « cécité au changement ». Le test est également très simple. Un acteur demande son chemin à des passants dans la rue. Tandis que le passant commence à expliquer le chemin, deux ouvriers tenant un panneau passent entre l’acteur et le passant. Lors du passage un second acteur caché par le panneau prend la place du premier tandis que le premier acteur repart avec le panneau. Le passant se retrouve donc avec une autre personne devant lui avec des changements parfois étonnants : une personne d’un autre sexe ou d’une autre couleur de peau (!). Et la majorité des passants expliquant le chemin ne remarque même pas que la personne qu’ils ont devant eux est différente. Ce second test ayant été imaginé par Daniel Simons et Daniel Levin.

 

Ces deux tests montrent donc que si notre cerveau est concentré sur un sujet de la scène, il est incapable de traiter de l’ensemble de la scène. La perception que nous nous faisons da la réalité est donc incomplète voir erronée.

Voyons maintenant un autre exemple dans lequel notre cerveau interprète selon le contexte avec ceci :

 

finance comportementale

Si on vous demande de lire ces trois « éléments » dans ce contexte, Il y a de forte chance que vous lisiez « ABC ».

la psychologie en bourse

Si l’on vous demande de lire la partie horizontale de ces 5 éléments, vous direz alors « A 13 B ». Et pourtant, la partie horizontale du second exemple est identique au premier exemple.

Cela démontre que dans le premier exemple la lecture de l’élément central, soit « B », est interprété en fonction de l’élément qui le précède soit la lettre « A » et l’élément suivant, soit la lettre « C ».

Dans le second exemple, ce que nous venons à l’instant d’interpréter comme un « B », devient  soudainement un « 13 », pour la simple raison qu’au dessus du « B », nous avons détecté les chiffres « 12 » et en-dessous le chiffre « 14 ». La suite logique du « 12 » et juste avant le « 14 » est donc 13. Nous interprétons dans ce cas la partie centrale en fonction d’une suite chiffrée. Alors que bien entendu le point central est graphiquement identique dans les deux cas. Notre cerveau a donc transformé cet élément qui était auparavant une lettre en un chiffre.

Cela signifie donc que par un mécanisme d’adaptation notre cerveau contextualise l’information et oriente notre interprétation.

Voyons maintenant ceci. Que signifie ce mot :  « plrbomèe » ?

Pas grand-chose, direz-vous. Certain diront même peut-être que c’est un mot d’une langue étrangère et en aucun cas du français (et nous vous assurons aussi que ce n’est pas du wallon !).

Ce que signifie ce mot est expliqué dans ces deux phrases : « sleon une édtue de l’Uvinertisé de Cmabrigde, l’odrre des ltteers dnas un mot n’a pas d’ipmrotncae, la suele coshe ipmrotnate est que la pmeirère et la drenèire lteetrs sinoet à la bnnoe pclae. Le rsete peut êrte dnas un dsérorde ttoal et vuos puoevz tujoruos lrie snas plrbomèe. »

Si vous n’avez pas été en mesure de comprendre ce que signifie : « porblmèe », soit « problème » dans la première question, alors que vous avez su lire le dernier mot de la seconde phrase donnant soit disant l’explication, c’est tout simplement parce que le même mot n’était dans aucun contexte dans la question et dans un contexte dans l’explication.

Cela signifie donc une nouvelle fois que même la simple lecture d’un mot est induite par le contexte dans lequel il est inscrit.investissement value

Revenons à l’investissement à la lumière de ce que nous venons d’apprendre sur les limites de notre cerveau et les interprétations de ce que nous faisons à partir de finalement quelques détails

Commençons par quelques constats généraux

Si vous présentez à des investisseurs le rendement moyen des actions sur une durée de 30 ans, ils trouveront ces rendements intéressants.

Si par contre, vous détaillez le rendement de chaque année sur 30 ans, ils seront effrayés par les  fluctuations et préféreront minimiser le poids des actions dans leurs portefeuille, voire carrément ne pas investir en actions. Même si le rendement final sur 30 ans est exactement identique.

Leur décision d’investir ou pas est donc basée sur la présentation qu’on leur fait. C’est aussi pour cette même raison que ceux qui vous vendent des produits financiers vous parleront de la performance à long terme des actions de manière générale.

Une étude de Thaler aux Etats-Unis montre que si l’on demande aux épargnants quelle part d’actions ils veulent investir dans leur fonds de pension, ils répondront maximum 49%. Si on leur suggère d’y ajouter des actions de l’entreprise pour laquelle il travaille, ils peuvent monter jusqu’a 71%.

Nous sommes ici dans un effet de contexte. Quand on parle des actions en général, il y a comme un manque de repères. Par contre si vous travaillez dans la société, le contexte apparait. Ce ne sont plus des actions mais la société dans laquelle vous travaillez. Vous n’avez pas plus d’informations financières que pour des sociétés que vous ne connaissez pas, mais votre cerveau focalise sur les quelques détails qui vous font subjectivement vous sentir en confiance.

Comment pouvons-nous transformer nos handicaps psychologiques issus de notre nature profonde en avantages pour faire de nous des investisseurs de bon sens ?

Nous pourrions ajouter dans ce 6ième chapitre comment contrer de manière optimale le fonctionnement défaillant de notre cerveau dans certaines conditions.

La réponse est bien entendue dans le fait d’appliquer un process d’investissement et ce, quelle que soit la stratégie.investir en actions en bourse

Un process, c’est bien entendu un nombre de points précis à analyser et qui doivent être chiffrés. Nous ne parlons pas nécessairement de l’avantage de notre process Daubasse mais de n’importe quel proces. Et par rapport à ce que nous venons de tenter de vous expliquer sur le fonctionnement de notre cerveau, il nous paraît impératif que celui-ci soit  chiffré pour que les repères soient fixes et que vous puissiez les répéter et en aucun cas que vous soyez à la merci d’un contexte sur lequel focaliserait votre cerveau en ne voyant pas autre chose ou en transformant au gré du contexte les paramètres.

Prenons plusieurs exemples qui pourraient induire en erreur. Disons que vous essayez d’investir dans la valeur mais que vous n’avez pas pris la peine de construire un process chiffré qui vous permette de déterminer quand acheter, de combien est la décote sur la valeur calculée, la solvabilité et autres points chiffrés et précis vous permettant d’investir avec des critères identiques, sur des sociétés différentes.

Le premier contexte c’est le marché. Vous pourriez faire varier vos critères naturellement selon que le marché est euphorique ou que le marché est désespéré.

Dans un marché euphorique, vous aurez tendance à élargir vos critères : si la décote est moindre, voire minuscule, votre cerveau pourrait vous amener à croire que de toute manière c’est ainsi, les décotes ne sont plus aussi importantes; si la solvabilité est limite, comme tout va bien, pas la peine d’être aussi exigeant sur cette société, votre cerveau vous pousse à vous adapter. En plus, les profits sont en croissance et la société dégage un free cash-flow qui augmente. La courbe est bien là. Un petit graphique confirme que « c’est beau ». La trajectoire est tellement belle que votre cerveau ne verra pas la moindre raison à ce qu’elle ne se poursuive pas de manière linéaire. Ensuite, on actualise à 12% (le rendement attendu), et là on s’aperçoit que la marge de sécurité est de 10%. « Oui mais les taux sont quand même bas et ne vont pas remonter de sitôt ». Finalement, 12% n’est pas adapté au contexte… 8% c’est encore très prudent. « Avec 8%, il y a quand même 40% de décote ». Voilà, là c’est intéressant.

Dans un marché pessimiste, vous aurez tendance à resserrer vos critères. Si la décote est importante, votre cerveau vous poussera à croire que ce n’est pas suffisant, que de toute manière la situation va s’empirer et qu’il faut être vraiment exigeant. Même si la solvabilité est très correcte, en la remettant dans le contexte du marché, vous la jugerez limite, voir insuffisante. Vous détectez tout de suite que les profits ont diminué. Et que les Cash-Flow ont fondu. Un graphique le confirme même visuellement : attention danger ! Pas question de projection, une moyenne n’a même pas de sens car ce qui se passera devant ne sera pas le même que ce qui s’est passé dans le passé. Vous décidez qu’il n’y aura pas la moindre croissance dans le futur. Et pas question d’actualiser à 12%. Il faut tenir compte du risque. Actualiser à 17% est cohérent. Voilà, le résultat est claire : la société cote 20% au-dessus de la valeur que vous veniez de calculer. Pour espérer une décote de 20% sur cette valeur, la société doit encore perdre 40% au minimum…

Une vidéo envoyée par notre ami Michael du groupe « Valeur et Conviction » expliquait lors du Krach de 2008-2009 que les journaux de 20 heures des grandes chaines françaises relatant ce krach parlaient en continu de désastre, de peur, de fin du capitalisme… Et qu’au-delà du blabla, très souvent sans grande substance, c’est sur ces mots que restait fixé le téléspectateur. Le cerveau, une fois de plus, faisait le tri en ne retenant que ce qui semblait être le plus important. C’était l’époque où il avait lancé la première discussion net-net sur le forum « Valeur et Conviction », avec… LNC. « LNC » pour Les Nouveaux Constructeurs, cette société de promotion immobilière qui cotait sous la valeur de ses actifs courants moins l’ensemble de ces dettes. Louis P avait tout de suite bien accroché. Puis les autres se sont accrochés aux locomotives. Nous voulions, à l’occasion de cet article, rendre hommage à son « cerveau futé » qui nous a conduits directement vers une des plus belles expériences d’investissement. Merci Michael !

Revenons à nos deux exemples qui peuvent paraître caricaturaux et pourtant, nous pensons malgré tout qu’ils démontrent une certaine logique. Cette propension naturelle que nous avons à nous adapter aux situations, la manière dont notre cerveau nous fait agir en contextualisant une partie de la réalité alors que nous ne nous rendons même pas compte que nous sommes loin d’avoir compris l’ensemble de la situation que nous avons en face de nous.

Ce que les psychologues appellent « contexte », pour un investisseur cela s’appelle « le marché ». Et ce qui est le plus « pervers », c’est qu’une grande majorité d’investisseurs sait qu’il ne faut pas se faire influencer par le marché. Sans process chiffré, nous ne pensons pas que l’investisseur résiste vraiment à son instinct qui le conduit à adapter ses critères aux contextes. En tout cas, s’adapter au contexte, c’est le chemin que lui fera emprunter naturellement son cerveau avec des arguments en apparence logiques.

Un process, quel qu’il soit, vous « imperméabilise » au contexte du marché. C’est en quelque sorte une main courante qui guide votre cerveau vers chaque étape de l’analyse. Si vous avez décidé, dans votre process, de faire varier votre taux d’actualisation, vous savez dans quelles conditions, suivant quels critères et de combien. Tout cela est donc écrit et chiffré et n’est pas variable selon la perception que votre cerveau a du contexte.

Un second point de contexte qui pourrait fausser vos analyses, n’est autre que votre environnement extérieur. C’est un peu l’idée comparable à la conduite en voiture tout en téléphonant. Vous pensez être capable de mener une analyse à bien tandis qu’un autre sujet vous préoccupe nettement plus et votre cerveau range alors votre analyse au second plan sans que vous ne vous en rendiez tout à fait compte. Les motifs peuvent être graves, douloureux, farfelus, déprimants, enivrants, suicidaires, énervants, décevants, encombrants, délétères, excitants, préoccupants, joyeux, passionnants… En gros, tout ce qui traverse nos vies et qui peut aimanter notre cerveau et parasiter une analyse. Un process bien défini et chiffré vous permettra une nouvelle fois d’éviter la manipulation de votre cerveau qui devra se plier aux différentes étapes que vous avez préalablement construites.

Enfin, il faut éviter de démarrer une analyse avec un point « obsessionnel », voire un point d’ancrage. Du style, « je suis persuadé que cette société possède une barrière contre la concurrence » et, à partir de là, ne chercher dans l’analyse que les points qui confirment votre postulat de départ. Autre exemple, vous recherchez des sociétés de croissance et toutes vos analyses sont axées sur ce point et bien entendu les seuls éléments qui vont vous permettre de dire que dans le futur cette croissance va perdurer. Dans ces deux exemples, c’est vous qui installez votre cerveau dans la posture de réceptivité du point central que vous avez fixé. Comme nous savons désormais que notre cerveau a du mal à percevoir une situation dans son ensemble, il est clair que sans process, vous ne détecterez que les points de confirmation de votre postulat de départ.

 

Terminons ce sixième épisode avec le process des « Daubasses »

Nous n’allons bien entendu pas vous déballer une nouvelle fois le process complet des daubasses, que vous pouvez lire en détails sur ce blog gratuitement, mais juste pointer quelques détails qui nous semblent les plus importants.

Tout d’abord, vous aurez très bien compris que le process des Daubasses ne permet pas à notre cerveau de contextualiser, que le marché soit euphorique ou pessimiste n’a pas la moindre importance. Au contraire, notre process nous force à vendre dans un marché euphorique puisque forcément les cours de pas mal de sociétés atteignent leur Valeur d’Actif Net Tangible (notre seuil de vente) … si tout va bien. Grâce à cette approche, nous disposons donc théoriquement toujours de liquidités dans les moments d’euphorie du marché. Dans un même temps, il freinera aussi les achats, puisque les cibles seront moins nombreuses et nous obligera à la prudence puisque les décotes sont moins importantes.

Dans un marché pessimiste, vous avez des liquidités à disposition et c’est le nerf de la guerre (petit parenthèse, si votre process ne vous fait pas produire des liquidités au bon moment posez-vous quelques questions car vous ne disposerez pas de la capacité d’acheter les véritables occasions quand cela se présentera). Les occasions sont variées et nombreuses et vous n’avez que l’embarras du choix. Notre méthode  nous fait donc toujours dépenser un maximum au bon moment.

Dans le process des Daubasses, tous les points sont chiffrés. Dans nos analyses écrites, nous avons trois axes principaux :

Reprendre chaque point du bilan, pour voir s’il n’y a pas de problème supplémentaire, qui modifierait les chiffres de départs, voire également augmenter encore plus les marges de sécurité, si un déséquilibre quelconque est repéré : litige juridique, explications détaillés de certains postes du bilan manquant, …

Contrôler les options distribuées à la direction et leur prix d’exercice. Si le prix d’exercice est inférieur à la Valeur d’Actif Net Tangible de la société, elles seront déduites de la VANT.

3° Contrôler si la société possède un ou des baux locatifs et donc des loyers qui ne sont pas inscrits dans le bilan puisqu’à honorer dans le futur. Si c’est le cas, nous soustrayons l’ensemble des loyers futurs de la Valeur d’Actif Tangible de la Société. Il en est de même avec toutes dettes non inscrites au bilan : le hors-bilan que nous retraitons au besoin.

Comme vous l’avez déjà compris, cher(e) lecteur(trice), on ne peut pas être fondamentalement optimiste sur une société estampillée « Daubasse » car les chiffres (entendez par, très souvent, « les pertes ») sont là et reflètent les véritables problèmes de la société. Par contre, au lieu d’essayer de comprendre comment la société va s’en sortir, notre process nous demande surtout d’aller voir si elle ne va pas s’enfoncer un peu plus. La seule véritable chose « amusante », c’est le cours d’une Daubasse. Les cours proposés par des milliers de cerveaux concentrés sur les profits, les perspectives, la croissance… Et la proposition est souvent excellente et encore plus excellente quand le marché est pessimiste.

L’air de rien, un process basé sur la valeur patrimoniale d’une société vous met en dehors de tout contexte puisque le contexte du marché est basé sur d’autres critères.

En conclusion, nous revenons une dernière fois sur l’importance du chiffre dans un process. Des critères, voire même un critère, que vous ne pouvez pas chiffrer augmentera de manière exponentielle la part du hasard de votre investissement. Car ce critère laissera libre cours à votre cerveau de focaliser sur un point ou des points qui pourraient vous induire en erreur. Tout en ne vous permettant pas de répéter à l’identique la même évaluation et vous priver ainsi de l’avantage statistique d’une bonne méthode d’investissement.

 

Portefeuille au 28 Mars 2014 : 5 ans 124 jours

  • Portefeuille : VL 7,4951 € (Frais de courtage et de change inclus)
  • Rendement Total : 641,84%
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  • Potentiel Estimé VANT / Cours 91,84%
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  • Rendement Annualisé : 45,51%
  • Rendement 2014 : 7,92%
  • Rendement 2013 : 20,74%
  • Rendement 2012 : 24,19%
  • Rendement 2011 : -15,65%
  • Rendement 2010 : 38,07%
  • Rendement 2009 : 308,74%
  • Taux de Rotation Annualisé : 18,75%
  • Effet Devise Total : -1,86%

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  • Tracker ETF Lyxor MSCI World : VL 125,0472 € (Frais de courtage inclus et dividende réinvesti)
  • Rendement Total : 86,50%
  • Rendement Annualisé : 12,37%
  • Rendement 2014 : 1,34%
  • Rendement 2013 : 20,16%
  • Rendement 2012 : 11,20%
  • Rendement 2011 : -8,22%
  • Rendement 2010 : 18,76%
  • Rendement 2009 : 30,34%

 

* Nous rappelons que ce portefeuille est un investissement réel et que nos abonnés ont accès à l’ensemble des extraits de compte de notre club d’investissement qui démontre la réalité des rendements affichés, nets de taxes boursières et d’impôts sous fiscalité belge

 

 

Performance mensuelle du portefeuille depuis sa création

 

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Détails du Portefeuille

 

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Finance comportementale (6e partie) : La manière de présenter les choses et les limites de notre cerveau (2e partie)

Conceptual image - meditations over the financeCe texte fait partie de la série « finance comportementale » et constitue  la suite logique de l’article de la semaine dernière.

Nous revenons dans cette deuxième partie sur les probabilités posées par le second exemple pour illustrer la difficulté d’admettre que du point de vue des probabilités les solutions sont identiques.

Cette réponse dérange quelque part et surtout de manière émotionnelle !

Cela permet aussi de vous montrer comme nous le faisons assez souvent la cuisine « Daubasse » et plus précisément, le fait que nous ne nous concentrons pas seulement sur la recherche de sociétés décotées et bon marché ou sur l’analyse de ces sociétés mais aussi sur des sujets qui peuvent sembler à première vue périphérique comme la psychologie de l’investisseur alors qu’il nous semble qu’ils sont d’une importance majeure lors de prise de décisions et d’application du strict process.

Rappelez-vous cette phrase énigmatique de Benjamin Graham : « Le pire ennemi de l’investisseur c’est lui-même ». Très peu d’investisseur prennent cette phrase et l’idée sous-jacente qu’elle véhicule au sérieux. Et pourtant, c’est un des leviers les plus importants de la réussite ! Car vous pouvez avoir fait tout un travail de compréhension comptable, mis au point un process qui vous donne un avantage statistique évident, si vous ne parvenez pas à appliquer ce process le moment venu à cause de vos émotions, tout ce travail réalisé en amont ne sert strictement à rien.C’est pour cette raison qu’il nous semble indispensable de bien comprendre « l’ennemi » qui est en chacun de nous afin de pouvoir le contrer lorsque nous investissons car « investir », ce n’est pas seulement acheter, vendre et analyser des sociétés.

Voici donc le problème posé dans l’épisode précédent et la discussion que nous avons eu entre nous.

« Deux ans plus tard, c’est une épidémie de grippe aviaire qui touche la même région. Les autorités sont prises de court et 60 000 personnes pourraient trouver la mort à terme, si un traitement médicamenteux n’est pas distribué gratuitement et dans l’urgence. Seul deux laboratoires américains ont la capacité de produire le médicament en 3 jours. Il s’agit de Pfizer avec son traitement C et de Bristol Myers Squib avec son traitement D. Une nouvelle fois, les autorités hésitent entre les deux médicaments et par rapport aux statistiques qu’elles présentent car ces deux médicaments sont mieux que rien, mais loin d’être le remède qui sauvera toutes les vies. Quel médicament choisiriez-vous si vous deviez prendre la décision à la place des autorités ?

Le médicament C de Pfizer qui annonce clairement que selon l’historique de ces statistiques, 40 000 personnes pourraient décéder.

Le médicament D de Bristol Myers Squib  qui annonce également avec sobriété que les statistiques de son produit sont les suivantes : 66,66% de probabilité que toutes les personnes décèdent mais 33,33% de chance qu’elles survivent toutes. »

Souvenez-vous : dans l’article précédent, nous avions expliqué que, statistiquement, les deux alternatives aboutissaient au même résultat …

gérer ses émotion en investissant
gérer ses émotion en investissant

 

Louis P

oui Pierre mais sans vouloir avoir l’air « spépieux », je pense quand même que, suivant les deux formulations, on arrive à des résultats différents.

Avec le C, on est certain d’avoir des survivants et des morts
Avec le D, on est certain d’avoir 100 % de survivants ou 100 % de morts mais pas un « mélange » des deux.

Autrement dit, sur un plan purement statistique, pour le malade, peu importe le médicament choisi : il a autant de (mal)chance de mourir avec le C ou le D.

Par contre, en terme de résultat, pour l’autorité qui doit décider, le résultat final sera différent suivant le médicament choisi : 40 000 morts avec le médicament C d’une part ou, avec le D, 60 000 morts ou 60 000 survivants.

finance comportementaleLouis A

Allons, Louis, tu te laisses emporter par ton émotionnel! Ressaisi-toi, que diable!

Pierre

Pas le moindre problème, sur le fait que tu veuilles devenir notre « enculeur de mouche » préféré en ne reconnaissant pas ton émotivité…….. je blague bien entendu.

Revenons sur tes propositions, je suppose que tu as remarqué que le problème A et B est identique sauf qu’il y a 600 personnes et pas 60 000 personnes

Le médicament A : pourrait sauver d’après les statistiques a disposition 200 personnes.
Le médicament B : présente les statistiques suivante 33.33% de probabilité que les 600 personnes survivent, mais 66.66% qu’elles décèdent toutes.

Juste pour dire que c’est deux fois le même exemple avec la seule différence que c’est inversé

Problème deux voilà ta formulation

Avec le C, on est certain d’avoir des survivants et des morts
Avec le D, on est certain d’avoir 100 % de survivants ou 100 % de morts mais pas un « mélange » des deux.

Première chose qui me dérange dans ta formule c’est que tu commence par ont est certain……..dans les deux cas….Alors que justement avec la probabilité on est certain de rien……!!!!!

Si j’admets que l’ont est certain, pour aller dans ton sens……

Je suis d’accord avec le point C on est certain d’avoir une part de survivants et de morts selon les probabilités

Dans le point D ce n’est pas aussi simple que tu le proposes, car on est certain d’avoir 100% de survivants avec une probabilité que cela se réalise de 33.33% et on est certain de 100% de mort avec une probabilité de 66.66% que cela se réalise. c’est donc de mon point de vue fondamentalement différent de ce que tu proposes et pourtant tu soulignes bien c’est soit ça OU

Si l’on reprend les propositions…..En premier point, soit C, et que l’on se place devant celui qui analyse pour prendre une décision…..il sait que les chance sont de 2 sur 3 pour qu’il y ait des morts et de 1 sur 3 pour qu’il y ait des vivants……Il y aura donc bien des morts et des vivants dans une proportion probable de 66.66% de morts et de 33.33% de vivants…

Si l’on analyse la seconde proposition : C’est tout ou rien puisque soit tout le monde vit ou tout le monde meurt. Mais les probabilités ou tout le monde meurt, c’est 66.66% et celle ou tout le monde vit c’est 33.33%.

Bien sûr entièrement d’accord avec toi que si l’on raisonne sur la réalisation induite par les probabilités, ce résultat sera différent dans les deux cas. Seul problème, c’est que l’on ne sait pas le résultat final quand on doit prendre la décision. Et donc, si l’on s’en tient aux seules probabilités, à mon sens les deux solutions proposée sont pareilles. Dans les deux cas, nous avons 66.66% de morts possible avec dans le premier cas 40 000 morts si cela ce réalise et dans le second cas 60 000 morts si cela se réalise.

Au niveau « vivant », c’est la même chose : nous avons 33.33% de vivant possible avec, dans le premier cas, 20 000 vivants si cela se réalise et dans le second 60 000 vivants si cela se réalise.

De mon point de vue cela me semble assez clair. Mais si ce ne l’est pas pour toi, je te propose de demander l’avis de notre ami-chroniqueur Laurent, de lui demander son avis sur une question de logique avec ces sacrés probabilités. Je suis curieux de voir comment il verrait les choses avec son esprit de « matheux ».

Je te propose toutefois de ne pas lui poser la question comme je vous l’ai posée, pour ne pas jouer sur l’aspect psychologique mais de juste lui demander, si c’est deux proposition lui semble égales d’un point de vue des probabilités et d’expliquer pourquoiles difficultés d'un choix

Voilà les deux propositions et la question

60 000 personnes sont menacées par un virus mortel. Est-ce que, d’après toi, ces deux propositions sont identiques du seul point de vue des probabilités ou sont-elles différentes et pourquoi ?

Le médicament C de Pfizer  qui annonce clairement que selon l’historique de ses statistiques, 40 000 personnes pourraient décéder.

Le médicament D de Bristol Myers Squib  qui annonce également avec sobriété que les statistiques de son produit sont les suivante 66.66% de probabilité que toutes les personnes décèdent mais 33.33% de chance qu’elles survivent toutes.

Louis P.

Ceci dit, en relisant et relisant encore tes interventions, je commence à me demander si tu n’as pas raison : statistiquement, le résultat serait le même … même si concrètement, il ne l’est pas. Peut-être que je suis tout de même influencé par mes seules émotions finalement en ne me concentrant pas uniquement sur la statistique mais en considérant aussi le résultat final.

 

Franck

En ce qui me concerne, les propositions sont identiques. Ton cerveau Louis… Tu es conditionné.

Louis P

Dans une proposition, il y aura à coup sûr des morts ET des vivants et dans l’autre, il y aura soit uniquement des vivants, soit uniquement des morts : reconnais que, concrètement, ce n’est pas la même chose.

Par contre, statistiquement, oui, c’est vrai, chacun a une chance égale de survivre ou de mourir quel que soit le traitement.

acheter des actions en bourseLouis A .

Je vais me chercher une aspirine…!

Pierre

Voyons ce que dit Laurent……..Mais je pense Louis P. que notre discussion illustre bien, si les probabilités sont bien égales, ce qui me semble être le cas, qu’ ont ne peut pas s’empêcher voire difficilement s’empêcher, de passer sur l’émotif en raisonnant avec les morts et les vivants…..Et émotif, même si l’on sait que l’on est dans un problème de probabilité….Ce que Louis A avait déjà bien illustré avec sa réponse………C’est à mon avis cela le plus intéressant……..si on transpose sur l’investissement.

Bien que le choix soit sans doute un peu moins émotionnel car avec l’exemple, il s’agit de vie humaine, tandis qu’en investissement il ne s’agit de perdre ou de gagner que quelques euros.

Louis P.

En réalité, j’ai posé le débat parce que la réponse ne me semblait pas aussi claire et limpide que ça et je pense que notre discussion a permis de bien poser ces arguments.

Et oui, je suis d’accord : si mettre toutes les émotions de côtés quand il s’agit d’euros est déjà très difficile, l’exercice est encore plus périlleux quand on parle de personnes et de leur vie.

Voilà j’ai posé la question à Laurent .

60 000 personnes sont menacées par un virus mortel……..Est-ce que d’après toi ces deux propositions sont identiques du seul point de vue des probabilités ou différentes……Et pourquoi ?

Le médicament C de Pfizer qui annonce clairement que selon l’historique de ces statistiques, 40 000 personnes pourraient décéder.

Le médicament D de Bristol Myers Squib qui annonce également avec sobriété que les statistiques de son produit sont les suivante 66.66% de probabilité que toutes les personnes décèdent, mais 33.33% de chance qu’elles survivent toutes.

 

Laurent

Bonsoir Louis,

Avant de m’attaquer à la résolution du problème, je dois préciser quelques points et poser des hypothèses, pour bien cerner le sujet de l’étude:
1/ L’historique des statistiques est fiable, pour l’un et/ou pour l’autre des vaccins (les statistiques passées préjugent bien des statistiques futures).
2/ Le choix entre les deux vaccins est mutuellement exclusif et réalisé par un décideur unique pour l’ensemble des personnes menacées.
3/ Le décideur peut indifféremment appartenir ou non au groupe des personnes menacées.
4/ Il n’y a pas d’hypothèse sur la constitution du groupe des 60 000 personnes menacées (par exemple, elles pourraient se trouver dans un même lieu et ne sont pas nécessairement équiréparties dans la population mondiale).
5/ Toutes les personnes menacées (et uniquement celles-là) seront infectées par le virus et mourront, si elles ne prennent pas de vaccin.
6/ Pour chacun des deux vaccins, il est possible de le distribuer à l’ensemble des personnes menacées avant que ces personnes ne soient infectées.

finance comportementaleEspérons que le décideur aura besoin de moins de temps que moi pour prendre une décision avisée !

Reformulation des deux propositions pour lever les ambiguïtés des assertions initiales

Vaccin C: Chaque personne du groupe des 60 000 personnes menacées ayant pris ce vaccin a une probabilité de deux tiers de décéder et d’un tiers de survivre.

Vaccin D: Un groupe de 60 000 personnes menacées par le virus et vaccinées par ce vaccin a une probabilité de deux tiers d’être entièrement décimé et une probabilité d’un tiers que tous ses individus survivent.

Similitude entre les deux propositions

Du point de vue d’un individu, la probabilité de décès (ou l’espérance mathématique) est la même pour les deux vaccins, soit 2/3.

Différence entre les deux propositions

Ce qui varie entre les deux propositions, c’est la dispersion des résultats et la corrélation entre la mort/la survie des individus constituant le groupe des personnes menacées. Pour le vaccin C, il y a décorrélation complète du sort des individus alors que pour le vaccin D, il y a corrélation complète. Ainsi, il n’est pas possible d’avoir 200 individus vivants et 59800 morts, avec le vaccin D, alors que cette dispersion des résultats est tout à fait possible pour le vaccin C.

Conclusion

En conclusion, je ferais un parallèle avec les actions pour illustrer la différence entre les deux propositions. Imaginons une situation dans laquelle un investisseur peut acheter 60 000 actions, qui, chacune, peut faire x 10 avec une probabilité d’un tiers ou une faillite (x 0) avec une probabilité de 2/3, avec une décorrélation totale de la performance entre les différentes actions. Imaginons maintenant une situation dans laquelle un investisseur peut acheter 60 000 actions dont les performances sont corrélées: 2/3 de chance de faire faillite et 1/3 de chance de faire x 10.

Je ne me risquerais pas à effectuer le deuxième investissement sur l’ensemble de mon capital du fait de la concentration (par contre, je pourrais le faire sur une fraction réduite de mon capital – disons 7 %). Je n’aurais pas de problème à effectuer le premier investissement sur l’ensemble de mon capital, du fait de la diversification. De même, j’ai une préférence personnelle pour le vaccin C, pour lequel la probabilité de survie de l’espèce dans son ensemble est bien plus grande (si l’on considère que le groupe de personnes menacées par le virus n’est pas constitué de 60 000 individus mais de l’ensemble de la population mondiale) !

Merci de m’avoir posé ce petit problème sympathique, qui m’a bien diverti.

Cordialement, Laurent

actions en bourse

Louis P.

on dirait que Laurent pose un raisonnement qui ressemble un peu au mien. C’est grave docteur ? 🙂

Pierre

Je pense que nous avions tous plus ou moins compris le problème sans le décomposer de manière aussi mathématique que Laurent.

La réponse de Laurent me semble quand même assez claire sur les probabilités que pose le problème :

Du point de vue d’un individu, la probabilité de décès (ou l’espérance mathématique) est la même pour les deux vaccins, soit 2/3.

Qu’il y ait ensuite des résultats différents à cause de la dispersion et de la corrélation mort / vivant est un autre point que Laurent souligne mais il ne semble pas dire que cela remet en cause la probabilité de décès que pose le problème. Qui est égal pour les deux vaccins.

Tu avais effectivement souligné que les réponses alternatives étaient différentes… Et je pense que ce « bazar » est bien plus pervers que je ne l’avais même imaginé car avec l’explication de Laurent on voit que même un point de vue purement mathématique doit admettre que la probabilité de décès ou l’espérance mathématique du problème posé par les deux vaccins est égal…mais que le résultat peut être bien différent.

Laurent pose alors un choix purement mathématique avec une transposition sur l’investissement et choisi une solution la C…..Puis reviens au médicament, en disant qu’il a une préférence personnelle pour le vaccin C, moins binaire quant à la probabilité de survie de l’espèce dans son ensemble ! Son choix se pose donc par rapport à son point de vue mathématique. Et il s’est finalement mis dans la posture du comme si on lui avait posé la question de départ que je vous ai posée ! On voit alors bien que si l’on doit faire un choix, c’est à partir d’un point de vue que l’on doit le faire.

Et ce point de vue, selon qu’il soit plus mathématique ou émotionnel fera varier la réponse … même si on pose au départ comme Franck ou toi l’avez fait que les probabilités sont identiques. Et évidement, plus le problème est posé émotionnellement, plus les mots joueront de l’importance. Et même quand Laurent choisis le C, en sachant tout le problème de départ et en ayant posé un point de vue très mathématique, il choisit la solution la moins binaire car émotionnellement, c’est ce qui lui a paru le plus acceptable pour la vie humaine en jeu dans le problème.

Le plus pervers, c’est donc que finalement personne n’est capable de dire « on en a rien à foutre du choix  puisque les deux vaccins posent une probabilité identique quand il s’agit de vie humaine…….voir quand le problème est de nature émotionnel. »

Louis P.

oui, Laurent nous a offert une approche froide et calculatrice du problème … pour finalement choisir une approche « humaine » sous couvert de l’autorité que lui donne son approche de matheux. Très intéressant comme approche.

Ceci dit, le fait qu’il reste une petite part d’émotion dans notre approche du problème me semble finalement quelque chose de positif et démontre, après tout, que nous ne sommes pas des machines. Est-ce que cette petite partie « humaine » de notre cerveau n’est finalement pas un petit plus, même en investissement, à condition qu’elle soit maîtrisée et que nous en soyons conscients ?

Louis A.

C’est justement ce qui nous différencie des robots…Quant à savoir si elle représente un petit plus dans le domaine de l’investissement, ou plutôt un inconvénient, là est tout le débat! Perso, je ne pense pas que ça soit un plus…

Pierre

Oui Louis P., à mon avis un robot aurait dit égal et point barre…..Un homme tentera de choisir le résultat probable qui lui semblera le moins douloureux émotionnellement, voire qui lui semblera donner une chance…..Finalement comme tu le disais dans ta réponse…

actions obligations or immobilierOui Louis A, je pense comme toi, c’est que le côté émotionnel nous désert quand il s’agit d’investir. Et on remarque que le process est finalement un sorte de programmation de robot si l’on a fixé la solvabilité minimale acceptable à 40% et que nous trouvons une société à 39.99%, c’est : « ne correspond pas au critère »… Si c’est 40.01%, c’est : « correspond au critère »  et pourtant il y a une infime différence entre les deux qui émotionnellement nous ferait dire que c’est finalement presque la même chose  si nous jugeons que la société est intéressante sur d’autres points !

Bien sûr, tout peut toujours se discuter et l’exemple est ici « à la limite » mais une chose est certaine, c’est que le process / robot, ne discute sur rien : c’est blanc ou noir……!

Nous laissons, cher( e) lecteur(trice), le dernier mot à Laurent qui revient expliciter sa première réponse de manière brillante et nous propose plusieurs extensions pleine de sérieux et d’humour……..Merci Laurent.

Laurent

Voici quelques explications et développements sur ma position précédemment exposée.

Point de vue de l’individu
Pour un individu totalement égocentrique, il n’y a en effet pas de différence entre les deux vaccins. Qu’il prenne un vaccin ou l’autre, le résultat pour lui sera le même.

Point de vue du groupe
Par contre, ce qui change (par exemple, si la population n’est pas constituée de 60 000 personnes mais de l’ensemble des êtres humains), c’est la probabilité de survie de l’ « espèce » dans son ensemble ou d’un groupe particulier (donc le bien commun). Si, toute chose égale par ailleurs (ce qui est le cas ici), il est possible d’avoir une probabilité supérieure de survie de l’ « espèce », il me semble qu’un choix rationnel pour un décideur serait d’opter pour la probabilité supérieure de survie de l’espèce dans son ensemble. Je ne dirais donc pas que, dans mon cas, sauf erreur de ma part, le choix du vaccin C ait été motivé par une composante émotionnelle.

Préservation de la diversité
Ma préférence pour le vaccin C est en réalité essentiellement valide pour une population possiblement « concentrée » (c’est à dire partageant des caractéristiques communes non nécessairement reproductibles en considérant uniquement le groupe des survivants). Si les 60 000 personnes menacées par le virus étaient équiréparties dans la population mondiale (c’est à dire « diluées »), par exemple, je n’aurais pas de préférence entre les vaccins C et D (la perte que représenterait le groupe, le cas échéant, n’aurait pas d’influence sur la diversité, d’un point de vue global). Ma préférence pour le vaccin C résulte donc de l’hypothèse que les 60 000 personnes constituaient une population possiblement « concentrée » (ses membres partagent en tous cas la menace d’être infectés par le virus, ce qui implique un lien entre eux).

Pour illustrer mon point par un exemple similaire plus parlant, je considérerais pour ma part plus rationnel qu’un animal de chaque espèce soit éliminé plutôt que l’ensemble de tous les ours (en prenant comme hypothèse qu’il y a autant d’ours que de nombre d’espèces et que chaque espèce compte au moins 1000 individus), s’il fallait faire un arbitrage entre ces deux choix. Cette préférence ne me semble pas relever de l’émotionnel.

Groupe ayant un trait fortement négatif
Cette problématique de la préservation de la diversité pose d’ailleurs une autre question en ce sens que la caractéristique commune du groupe n’est pas nécessairement positive. Par exemple, le virus pourrait ne menacer qu’un groupe ayant une caractéristique commune fortement négative (un virus qui toucherait uniquement la population des personnes ayant été condamnées dans les 6 derniers mois pour meurtre avec préméditation, en imaginant par exemple que toutes ces personnes soient regroupées dans une même prison sans gardien dans laquelle le virus contagieux se serait déclaré). Dans ce cas, le choix d’un décideur hors du groupe pourrait être de maximiser la probabilité de disparition du groupe dans son ensemble et de ce fait privilégier délibérément l’option du vaccin D. Mais faire le choix d’une probabilité plus grande de la disparition du groupe poserait également des problèmes éthiques à mon avis insurmontables:
* en vertu de quoi le décideur pourrait-il choisir cette option ?
* le décideur ne se rendrait-il pas coupable en prenant une telle option de manière délibérée ?
* il semble impossible d’établir de manière objective qu’un groupe d’individu a une valeur négative
* etc…

Un groupe d’individu partageant un trait fortement négatif génère également du positif. En supprimant l’ensemble des loups, c’est l’écosystème qui est déséquilibré et les lapins pullulent, ce qui cause également des désastres car l’équilibre proie/prédateur est rompu. La disparition des criminels et criminels en devenir aurait pour conséquence directe la mise au chômage de bataillons de juges, d’avocats et autres gardiens de prison, ce qui serait au moins pour eux et à court terme une conséquence dramatique. Les criminels peuvent se repentir et pourquoi ne pas générer dans le futur un bien supérieur au mal qu’ils ont causé.

En conclusion, même si la caractéristique d’un groupe pourrait sembler essentiellement négative, choisir une option privilégiant la disparition de ce groupe pose a minima des problèmes forts de définition, d’éthique et d’objectivité.

Equilibre entre le bien individuel et le bien collectif
Un autre aspect intéressant de la problématique, de mon point de vue, serait de se demander à partir de quel déséquilibre de probabilité, le décideur devant choisir le vaccin privilégierait la probabilité de survie de l’espèce dans son ensemble au détriment de la probabilité de survie des individus. Par exemple, si le vaccin D2 correspondait à une probabilité de survie de 50 % et que l’ensemble de la population mondiale était menacée, quel vaccin serait le meilleur pour le décideur sachant que du point de vue individuel, le vaccin D2 serait objectivement la meilleure option pour lui, mais que, du point collectif, le vaccin C serait objectivement la meilleure option. Et pour pousser encore plus loin la question: quels seraient les pourcentages (ou plus exactement les couples de pourcentages) correspondant à un équilibre optimal entre l’intérêt de l’individu et celui du groupe ?

Positionnement du décideur
Il apparaît également, pour l’arbitrage entre les vaccins C et D2 (ou d’ailleurs C et D), que le point de vue du décideur et son niveau d’information a une incidence cruciale sur le choix du vaccin.
* Si le décideur est dans le groupe des personnes menacées et sait qu’il va être infecté (par exemple si le virus touche toute la population mondiale), il pourrait être tenté (à mon avis à tort, au moins à un pourcentage de 50 %) de choisir le vaccin D2. Difficile d’être juge et partie !
* Si le décideur est la seule personne dans le monde qui n’est pas menacée par le virus, il devrait rationnellement choisir la survie de l’espèce et donc le vaccin C.
* Si le décideur est la seule personne dans le monde qui a une chance de 1/x d’être infectée (toutes les autres menacées étant certaines d’être infectées), quel serait objectivement le meilleur choix ?
* Si le décideur ne sait pas que la population mondiale est menacée par le virus (et/ou s’il ne sait pas s’il est lui-même menacé), ce manque d’information pourrait rationnellement modifier son arbitrage.

Le niveau d’information du décideur et son appartenance au groupe des personnes menacées a une incidence importante sur l’arbitrage.

Panachage entre les vaccins
La possibilité éventuelle de panachage entre les vaccins C et D2 permet aussi de sortir du cadre binaire d’un choix mutuellement exclusif. Un panachage consisterait par exemple à distribuer le vaccin C à un sous-groupe de, par exemple, 30 000 personnes, pour garantir la survie de l’espèce et donner le vaccin D2 aux autres personnes. L’optimum consisterait à trouver le nombre de personnes permettant un bon équilibre entre la probabilité de survie de l’espèce et l’optimisation de la survie des individus.

Nombre de décideurs
Le nombre de décideurs a également une incidence sur la décision. Par exemple, dans le cas d’un virus dont on sait qu’il touchera l’ensemble de la population mondiale, et si chaque personne a la possibilité de choisir pour lui-même le vaccin C ou D2, j’opterais pour le vaccin D2 en pariant sur le fait qu’un nombre suffisant de personnes n’auraient pas correctement compris l’arbitrage s’offrant à eux et prendraient le vaccin C, garantissant donc à la fois la survie de l’espèce et optimisant ma probabilité de survie individuelle. Mais si les acteurs étaient tous rationnels, ils choisiraient le vaccin D2, mettant en péril l’humanité dans son ensemble. Paradoxalement, une erreur de jugement et l’irrationalité peuvent donc sauver l’humanité et optimiser les chances de survie de l’acteur rationnel. Heureusement que nous ne sommes pas tous des robots !

Une situation dans laquelle chaque personne devrait choisir le vaccin C ou D2 pour son voisin serait assez cocasse.

investisseur value intelligentLe dilemme du prisonnier ou l’Orval maléfique
Un autre type d’arbitrage intéressant entre l’intérêt collectif et l’intérêt individuel est le dilemme du prisonnier, qui met plutôt l’accent sur la question de la confiance en l’autre et permet de tester la solidité d’une amitié ! Imaginons 2 moines isolés dans leur cellule, privés de moyens de communication. Dans leur solitude s’offre à eux un breuvage intelligent, fantaisiste et mesquin que nous appellerons l’Orval maléfique, dont ils connaissent les effets:
1/ Si un seul moine boit l’Orval, elle le remercie en lui augmentant son espérance de vie de 6 mois. Mais, vexée par le comportement du second, elle diminue son espérance de vie de 9 ans 1/2 par vengeance.
2/ Si les deux moines boivent l’Orval, l’espérance de vie de chacun est diminuée de 4 ans 1/2. Après tout, lequel d’entre nous pourrait affirmer que boire une Orval est inoffensif ?
3/ Si aucun des deux moines ne boit son Orval, un ange passe.

La confiance a ses limites, même chez les moines: nul doute que certains pourraient être tentés par Satan et épancher leur soif en goûtant aux délices subtils de l’Orval maléfique. Restons sobres et ne succombons pas à la tentation, mes frères.

Conclusion

Je pense toujours que, rationnellement, le vaccin C est supérieur au vaccin D, lorsque le virus menace une population possiblement « concentrée » (et sans, je crois, tenir compte d’aspects émotionnels), dans les hypothèses énoncées dans mon premier article.
Pour une population parfaitement diluée de 60 000 individus menacés, les autres hypothèses restant inchangées, les deux vaccins me semblent équivalents et je n’aurais pas de préférence personnelle dans l’arbitrage entre l’un ou l’autre.

Cordialement, Laurent

 

A suivre …

Portefeuille au 21 Mars 2014 : 5 ans 117 jours

  • Portefeuille : VL 7,7047 € (Frais de courtage et de change inclus)
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Finance comportementale (6e partie) : La manière de présenter les choses et les limites de notre cerveau (1ere partie)

Ce texte fait partie de la série « finance comportementale »

Conceptual image - meditations over the financeDans cette sixième partie qui se déclinera … en trois parties, nous allons développer deux problèmes importants qui se posent de manière naturelle et frontale à tout investisseur. La première sera la fragilité de nos perceptions. Et rien qu’en évoquant le sujet on comprend déjà que cela peut faire problème pour l’investisseur. Le second point, lié étroitement au premier, sera la limite de notre cerveau, limite contre laquelle on ne peut finalement rien faire. Par contre, ne pas avoir conscience de cette limite, ne permet aucune action pour composer avec ce fait.

Nous verrons également en fin d’article, comme nous l’avons fait dans les épisodes précédents, comment un process d’investissement et plus particulièrement le process des Daubasses permet de contourner les pièges ouverts par notre propre nature humaine.

 

La fragilité de nos perceptions

Si vous posez une même question à une personne mais avec deux formulations différentes, il est fort probable que vous obtiendrez deux réponses différentes. Cela indique donc que les réponses dépendent très souvent de la formulation de la question. Mais également que si les réponses exigent une prise de décision, que cette décision sera également prise par rapport à la formulation et pas par rapport à une analyse objective de la question de départ. La capacité de notre cerveau à voir au-delà de la manière dont les choses nous sont présentées est donc limitée.

Deux tests ont été réalisés. Voici donc le premier :

Une grippe porcine contagieuse pour l’homme se déclare dans une région d’un pays émergent, 600 décès sont redoutés. Les autorités hésitent entre deux types de médicament à administrer. Quels médicaments administreriez vous, si vous étiez a la place des autorités de la région ?

Le médicament A  pourrait sauver, d’après les statistiques à disposition, 200 personnes.

Le médicament B  présente les statistiques suivantes : 33,33% de probabilité que les 600 personnes survivent, mais 66.66% qu’elles décèdent toutes.

72% des personnes interrogées ont répondu le médicament A

choix d'investissementVoici le second test :

Deux ans plus tard, c’est une épidémie de grippe aviaire qui touche la même région. Les autorités sont prises de court et 60 000 personnes pourraient trouver la mort à terme, si un traitement médicamenteux n’est pas distribué gratuitement et dans l’urgence. Seuls deux laboratoires américains ont la capacité de produire le médicament en 3 jours. Il s’agit de Pfizer avec son traitement C et de Bristol Myers Squib avec son traitement D. Une nouvelle fois, les autorités hésitent entre les deux médicaments et par rapport aux statistiques qu’elles présentent car ces deux médicaments sont mieux que rien, mais loin d’être le remède qui sauvera toutes les vies. Quel médicament choisiriez-vous si vous deviez prendre la décision à la place des autorités ?

Le médicament C de Pfizer qui annonce clairement que selon l’historique de ces statistiques, 40 000 personnes pourraient décéder.

Le médicament D de Bristol Myers Squib  qui annonce également avec sobriété que les statistiques de son produit sont les suivantes : 66,66% de probabilité que toutes les personnes décèdent, mais 33,33% de chance qu’elles survivent toutes.

78% des personnes interrogées choisissent le scénario D

En fait, si comme présenté dans les deux tests, le choix est uniquement basé sur les statistiques et donc les probabilités, les deux solutions ou les deux médicaments présentés sont absolument identiques. Statistiquement, le médicament A est égal au médicament B et dans le second test le médicament C est égal au médicament D. Dans le premier test, il est employé deux fois des termes que l’on juge positif comme « sauver » et « survivre » et une seul fois « décès ». Dans le second test, il est employé deux fois un terme négatif comme « décède » et une fois un terme positif comme « survive ».

Le piège est donc dans ces deux cas les mots employés. Les personnes interrogées ne font donc pas attention au conditionnel et au fait que rien n’est certain dans tout ce qui est avancé mais juste probable et de notre point de vue, si dans le premier test 72% répondent par le médicament A, c’est qu’ils ont focalisé sur les deux premier mots : « Pourrait sauver ». Tandis que dans le second test où 78% des personnes répondent le médicament D, c’est qu’ils se sont focalisés sur les deux derniers mots : « Survivent toutes ».

Bien entendu dans ces deux tests, vous pouviez finalement répondre n’importe quoi, puisque premièrement les deux réponses étaient identiques et deuxièmement n’avaient aucune conséquence puisqu’elles n’étaient pas réelles.

Ce test a aussi été proposé aux 3 membres des daubasses. Etant donné qu’ils savaient que ce test était destiné à un article sur la psychologie tout en ne sachant pas quels thèmes seraient développés, votre serviteur a donc tenté d’avancer le plus masqué possible en leur imposant une marche à suivre. D’abord choisir une des deux solutions et ensuite faire un commentaire, s’il le désirait. L’idée de cette marche à suivre était surtout de ne pas leur permettre de dire c’est identique et point. Mais de voir pour quelle raison ils choisissaient l’une ou l’autre réponse et si les mots qui avaient accroché les personnes du test allaient également les accrocher. Voici les réponses et quelques commentaires.

 

Franck

Ne suit pas le process fixé et écrit dans son premier mail : « Je ne suis pas sûr de comprendre, car les 2 réponses sont identiques ? »

Je demande qu’il m’envoie un second mail avec ces choix et me fasse un commentaire s’il le désire.

Son second mail :

« Médicament  A, car en terme de communication, c’est plus plaisant d’écrire « sauver » que « survivent » et « décède ».

Médicament  D : car les statistiques sur le décès ne sont pas sûr. »

 

Louis P

« 2/3 de morts assurés d’une part ou 2 chances sur trois que tout le monde meurent d’autre part. Je ne comprend pas bien ou tu veux en venir.

 

Je ne voudrais pas être a la place de celui qui prend la décision.
Disons que je prends B et D : je préfère donner une chance égale à tout le monde de s’en sortir que de n’octroyer qu’une chance certaine à un 1/3 de la population. » 

 

Louis A

« Je choisi le A, car d’après les statistiques, le B semble avoir des effets secondaires dévastateurs (probablement aussi pour les survivants s’ils y en a). Avec le médicament A, on pourrait en sauver 200, soit 1/3.

 

Sans hésiter la C, car on part de l’idée que 60.000 personnes pourraient décéder (avec beaucoup de chance il n’y aura aucun décès). Avec le médicament C, statistiquement, on est « certain » d’en sauver 20.000, voire plus si on a de la chance… Tandis qu’avec le médicament D, toutes pourraient mourir à cause du médicament lui-même (idem médicament B ci-dessus). »

gérer ses émotions en trading

Les réponses données par les 3 Daubasses sont intéressantes dans le sens où elles sont toutes les trois différentes et montrent bien la manière dont la présentation du texte fait poindre des émotions qui détachent finalement du raisonnement objectif posé par le problème.

 

La réponse de Franck montre qu’il a compris tout de suite que les réponses étaient identiques. Donc, il part de manière objective. Quand il répond A, il souligne la manière de présenter et l’importance des mots employés, il semble donc comprendre l’importance de la présentation. Mais, bizarrement, quand il répond D, il revient à l’émotionnel avec les statistiques, au lieu répéter la même justification de réponse que pour A.

La réponse de Louis P montre encore mieux le glissement émotionnel amorcé par Franck. Louis  comprend également tout de suite que les réponses sont identiques. Mais avant de répondre aux questions proprement dites, il se met dans la position de celui qui aurait à prendre une décision assez grave, c’est à dire où des vies sont en jeu. Et répond alors de manière émotionnelle, en précisant que son choix est dicté par le fait de donner une chance égale à toutes les personnes menacées par ces épidémies.

La réponse de Louis A est complètement dans l’émotionnel. Louis n’a pas précisé comme Louis P qu’il ne serait pas à l’aise s’il devait prendre une décision dans le réel, mais les commentaires de ces deux réponses font comprendre qu’il s’est mit automatiquement dans la situation où il est question d’une grave décision à prendre. Comme il n’a pas évoqué  de manière claire comme Franck et Louis P que les réponses étaient identiques, on pourrait même croire qu’il n’a pas compris qu’il était question de statistiques. Mais c’est faux, car c’est le seul des trois qui ne lâche pas les statistiques d’une semelle dans la construction de son raisonnement qui vont l’amener à répondre aux questions. Et c’est donc l’illustration parfaite du fait finalement « pervers » qu’une fois focalisé sur l’émotionnel de la présentation et donc de la situation, il n’est plus possible, même en évoquant clairement le fait qu’il s’agit de statistiques, de revenir à une vision objective du problème posé.

Nous comprenons donc encore plus clairement avec ce petit test sur le Daubasses, que personne ne peut échapper au fonctionnement de son cerveau qui trie les informations et se concentre sur ce qui l’interpelle le plus au niveau émotionnel.

Faisons une petite incursion dans le domaine de l’investissement en prenant l’exemple d’un investisseur qui cherche et analyse des sociétés ayant des avantages concurrentiels, les fameux « moat ».

A la lumière de ce que nous venons d’expliquer, nous pensons que dès les premières preuves chiffrées ou autres qui laisseraient penser qu’une société a effectivement un avantage concurrentiel, il basculera inévitablement dans l’émotionnel dégagé par ces premiers éléments. Et il aura d’extrêmes difficultés à voir tous les points disant le contraire, voir même les points négatifs. Car son cerveau s’est inévitablement focalisé de manière émotionnelle sur les quelques éléments positifs qui semblent prouver que c’est bien ce qu’il cherche. Il continuera donc à chercher ce qui le conforte dans son idée de départ – le « moat » – et à négliger ou minimiser tous les autres éléments qui ne vont pas vraiment dans ce sens. D’où l’importance du process, quelle que soit la méthode. Un process, c’est bien au départ : un nombre de points précis à analyser ou à chiffrer, une marche à suivre écrite… Nous reviendrons à l’importance du process dans quelques lignes.

A suivre …

 

Portefeuille au 14 Mars 2014 : 5 ans 110 jours

  • Portefeuille : VL 7,6609 € (Frais de courtage et de change inclus)
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  • Rendement 2013 : 20,74%
  • Rendement 2012 : 24,19%
  • Rendement 2011 : -15,65%
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  • Tracker ETF Lyxor MSCI World : VL 121,6436 € (Frais de courtage inclus et dividende réinvesti)
  • Rendement Total : 81,42%
  • Rendement Annualisé : 11,88%
  • Rendement 2014 : -1,42%
  • Rendement 2013 : 20,16%
  • Rendement 2012 : 11,20%
  • Rendement 2011 : -8,22%
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Bas les masques : Cottin Frères

C’est une société française que nous proposons de démasquer aujourd’hui mais surtout, une daubasse qui a démontré … qu’elle était une véritable daubasse après coup.  Il s’agit de la société Cottin Frères, un producteur-négociant en vin qui s’est trouvé mêlé  à une histoire louche de vin frelaté.  Après coup, cette affaire s’est avérée avoir bel et bien un impact sur la vraie valeur de la société.

Néanmoins, malgré ce constat, nous nous en sortons avec une plus-value d’environ 30 % : une preuve de plus qu’une importante marge de sécurité au moment de l’achat d’une action peut préserver votre capital, au moins en partie, en cas de sous-estimation des problèmes.

Vous trouverez ci-dessous l’analyse que nous avons proposée à nos abonnés dans notre lettre de juillet 2012 et, à sa suite, la petite histoire « rock’n roll » de cette ligne de notre portefeuille au travers des différentes « news de suivi » que nous avions communiquées à nos abonnés.

Nous vous en souhaitons bonne lecture.

 

COTTIN FRERES

 

I.              Introduction

Une fois n’est pas coutume, nous allons vous présenter à nouveau une société que nous vous avons déjà proposée par le passé. Il s’agit de la société Cottin Frères.

L’analyse de cette société avait été mise à votre disposition dans la zone premium en novembre 2010. A peine un mois plus tard, l’entreprise vendait ses vignobles avec une confortable plus-value et le cours s’envolait. Et nous, pauvres « daubassiens » n’en avons même pas profité, ayant présenté la compagnie à nos abonnés sans en acheter pour notre club d’investissement.

investir dans les grands crus

Heureusement, Mr Market, dans sa grande générosité, nous offre une deuxième chance et nous avons pu acquérir, ce 14 juin, quelques actions pour un prix que nous pensons attractif : 3,07 euros frais de courtage inclus. Que s’est-il passé pour que nous puissions acheter cette société à un prix si bas ?

En réalité, Cottin Frères s’est retrouvée mêlée à une louche histoire de vins frelatés : la maison Labouré-Roi, une des principales marques commercialisée par Cottin, aurait créé des excédents en trichant sur les quantités de vin manquant naturellement dans les tonneaux pendant l’élevage et en comblant ces manques avec des vins de table. Des vins coupés auraient également été mis en bouteille, et des médailles qui n’existaient pas auraient été apposées sur des étiquettes pour des produits qui n’avaient pas obtenu de prix. Les deux frères Cottins (octogénaires) se sont retrouvés en garde à vue et le cours de l’action a logiquement dégringolé.

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Une véritable destruction de réputation et donc de valeur dans un secteur où la réputation et l’image de marque constituent l’une des principales richesses.

Nous vous proposons à présent de voir ce que nous avons acheté pour nos 3,07 euros par action.

 

II.            La Valeur d’Actif Net Net (VANN)

Nous relevons un actif courant de 13,39 euros par action, duquel nous déduisons les dettes qui représentent 9,47 euros par action. La VANN de Cottin s’éta-blit donc à 3,92 euros par action.

 

III.           La Valeur d’Actif Net Estate (VANE)

Malgré la vente de ses vignobles, la société détient toujours des immeubles, assez anciens si l’on en juge par le montant des amortissements actés et acquis pour un coût de 2,26 euros par action. Après déduction d’une marge de sécurité de 20 % et ajout de la VANN, nous obtenons une VANE de 5,73 euros par action.

 

IV.          La Valeur en cas de Mise en Liquidation Volontaire (VLMV)

Outre un montant symbolique de cash (0,21 euros par action), l’actif courant est essentiellement composé de créances et surtout de stock.

actions en bourse de viticulteursLes stocks représentent 6,99 euros par action. La rotation moyenne est de 253 jours, stable par rapport aux exercices précédents. Ils sont composés pour 17 % d’autres produits que le vin (produits secs et consommables dans les annexes). La direction a acté une réduction de valeur sur les inventaires représentant 7 % de leur valeur. Jusque-là, rien de particulier à soulever et nous aurions pu très bien nous arrêter là dans notre analyse si les frangins Cottin n’avaient pas joué aux apprentis chimistes.

Nous savons que Labouré-Roi n’est pas la seule marque commercialisée par Cottin mais c’est tout de même la marque principale. En raison de la perte de crédibilité qu’entraîne forcément cette affaire de mélange de piquette, de médaille en chocolat et « d’erreurs » d’étiquetage, nous sommes obligés de prendre une marge de sécurité grandissime sur ce poste. C’est la raison pour laquelle, outre une marge de sécurité classique de 20 % sur les stocks « secs », nous prendrons une marge de sécurité de 50 % sur le stock de vin. Au total, la marge de sécurité sera donc de 3,04 euros.

Les créances commerciales représentent 2,28 euros par action et sont acquittées en moyenne au bout de 47 jours, en gros progrès par rapport aux années précédentes. Pour ce poste, nous tiendrons compte d’une marge de sécurité de 10 %, soit 0,23 euros par action.

Parmi les actifs fixes et outre les immeubles abordés dans la VANE, nous reprenons des installations et aménagements divers pour 5 % de leur coût d’acquisition, soit 0,28 euros par actions, ainsi qu’une somme bloquée à titre de cautionnement pour 0,14 euros.

Dans ses derniers comptes annuels clôturés en septembre 2011, nous constatons que la direction avait déjà provisionné 250 000 euros pour tenir compte des irrégularités constatées et relatées ci-dessus. Ces montants représentent, d’après la direction, le montant qui serait réclamé dans le cadre de ce litige.

Pour notre part, nous sommes incapables de déterminer si cette provision sera ou non suffisante pour couvrir les coûts des opérations « piquettes » d’autant que les producteurs de vins de Bourgogne se sont portés parties civiles dans cette affaire.

En fonction de ce qui précède, nous établissons la valeur de Cottin en cas de mise en liquidation volontaire à 2,88 euros.

 

V.            La Valeur de la Capacité Bénéficiaire (VCB)

Au cours des 5 derniers exercices, la société n’a généré des profits d’exploitation qu’à deux reprises et est déficitaire sur la période. Nous ne pouvons donc calculer une quelconque capacité bénéficiaire.

 

VI.          Conclusions

A notre coût d’achat de 3,07 euros, nous avons obtenu une marge de sécurité de 46 % sur la VANE de la société et de 21,7 % sur sa VANN.vin frelaté

En réalité, ce dossier recèle de grandes incertitudes : quel sera, en euros, l’impact de la perte de la renommée de la société sur la valeur de son stock de vin ?

L’affaire nous rappelle un peu celle de BP lors de la marée noire au Mexique. Les coûts finaux pour la société étaient impossibles à évaluer mais nous avions fait le pari que le marché exagérait. Dans le cas présent, ces incertitudes nous ont imposés de ne pas « trop charger la barque » et, pour notre portefeuille, nous n’avons acquis qu’une position représentant +/- 0,5 % du total de notre portefeuille … pour suivre et pour voir.

Avec Cottin, comme le stock de vin n’est pas composé que de Labouré-Roi, nous pensons qu’il vaut encore « un petit quelque chose ».

Nous comprenons aussi pourquoi les « Cottins Brothers » ont revendu leur vigne il y a deux ans : la direction avait expliqué que l’entreprise était tout à fait capable de continuer à générer de jolis profits avec la seule activité négoce…

Forcément, s’ils pensaient transformer du vin de table en cru classé, les « frères Jésus » pouvaient arrêter de se fatiguer à travailler la vigne ! Avec la maison de négoce, on achète la piquette, on met la marque dessus et on passe à la caisse ! Presque trop simple …

N’empêche que nous avons l’impression que les actionnaires majoritaires, octogénaires rappelons le, après avoir été pris les doigts dans le pot à confiture, risquent bien de vouloir revendre leur petite affaire. Et nous espérons que ce sera à un prix correct pour nous.

NEWS DE SUIVI

 

Lettre de septembre  2012 :

A défaut de nouvelles financières et de nouvelles tout court sur la société des frères « Chipoteurs », nous vous proposons ci-dessous une petite recette tirée de leur site en petit moment de détente avec quelques ajouts humoristiques de notre cru!

Coq Au Vin

1 coq d’environ 3 kg coupé en morceaux

1 bouteille de vin rouge corsé (de préférence un Labourée-Roi Chambertin grand cru 2005 assemblé avec raffinement à un pinot Bulgare, grande cuvée Boyard 2003)

250 g de lardons

250 g de champignons de Paris

1 oignon émincé

2 carottes coupées en rondelles

2 gousses d’ail

1 bouquet garni

1 cuillère à soupe de grains de poivre

50 cl de fond de veau

5 cl de cognac

3 cuillères à soupe d’huile

1 cuillère à soupe bombée de farine

sel, poivre

Préparation : 30 minutes – Cuisson : 2H45

 

1 . La veille, mettez le coq à mariner : placez-le dans un grand saladier avec l’oi-gnon et les carottes.

Versez le vin, posez le bouquet garni et ajoutez les grains de poivres.

2 . Couvrez et laissez mariner une nuit au réfrigérateur.

3 . Le jour même : égouttez les morceaux de coq et les légumes, épongez-les bien avec du papier absorbant.

4 . Filtrez la marinade et réservez.

5 . Faites chauffez l’huile dans une cocotte, jetez-y les morceaux de coq et lais-sez-les bien dorer sur toutes les faces.

6 . Retirez-les de la cocotte une fois dorés, mettez les légumes à la place. Lais-sez-les revenir à feu doux 5 minutes.

Saupoudrez le tout de farine, remuez pour bien enrober les légumes.

7 . Remettez les morceaux de coq dans la cocotte, ajoutez les gousses d’ail écra-sées. Faites chauffer le cognac, versez-le et flambez.

8 . Mouillez le tout avec le vin de la marinade, ajoutez le fond de veau, salez et poivrez.

Portez à ébullition, puis couvrez et baissez le feu. Laissez mijoter 2 h 30 à feu doux.

9 . Emincez les champignons. Faites-les dorer dans une poêle avec les lardons pendant environ 5-10 minutes.

Rajoutez-les dans la cocotte 15 minutes avant de servir. Goûtez et rectifiez l’assaisonnement.

Servir avec un vin rouge (de préférence un Labourée-Roi du style Corton grand cru 2001 certifié non coupé, même s’il est mentionné qu’ils ont bien été tentés par un pinotage Sud-Africain, pour faire bondir les marges brutes de 25%)

cottin frères actions opa

 

Lettre de septembre 2013 :

La société Henri Maire et le groupe Cottin Frères ont conclu le 30 juillet 2013 un accord de principe visant à la cession de la totalité des fonds de commerce et des actifs d’exploitation détenus par les sociétés Labouré Roi et Nicolas Potel, filiales du groupe Cottin Frères, au profit d’Henri Maire.

Cette cession sera effective au plus tard le 30 septembre 2013, après réalisation d’opérations préalables (en ce compris un inventaire des stocks transmis) et son prix définitif sera connu à cette date. Une information complète sera alors donnée au marché. Dans l’attente, les cotations des titres Henri Maire et Cottin Frères sont suspendues.

Par ailleurs, considérant que la cession porte sur la totalité des fonds de commerce et des actifs d’exploitation des deux principales filiales de la société Cottin Frères, il est prévu qu’une offre publique soit mise en oeuvre, visant au rachat des titres des actionnaires minoritaires. Les modalités de cette offre publique seront précisées par la société Cottin Frères dans le cadre d’un prochain communiqué.

Nous espérons que les Frères Pinard, ne vont pas se laisser rouler dans les tanins par ce cher Henry et proposer aux minoritaires au moins la VANT de la société, soit 6.60 euros par action….

Dans le cas contraire, deux solutions seront possible à notre sens, soit nous « voyons rouge », soit votre équipe préférée est prête à lancer une class action, réclamant un hectolitre de vin de Bourgogne, en foudre, du non frelaté évidemment, par euro cent de différence entre la VANT et le prix proposé. Dans les deux cas cela risque de faire mal!

 

Lettre d’octobre 2013 :

Voici donc le dernier communique de la société :

Les groupes COTTIN FRERES et HENRI MAIRE ont conclu un protocole ayant pour objet la reprise de l’intégralité des activités opérationnelles du Groupe COTTIN, notamment les fonds de commerce de LABOURE ROI et NICOLAS POTEL, les différentes marques commerciales exploitées, les stocks de vin, les produits intermédiaires et finis, les matières sèches ainsi que les mobiliers d’exploitation. Seront également transférés les salariés attachés aux deux fonds cédés. L’opération s’assimile en la cession de la quasi-intégralité des actifs du groupe COTTIN FRERES à HENRI MAIRE, ainsi que de certains passifs marginaux limitatifs.

La date de réalisation des opérations de reprise est convenue pour le 30 septembre 2013 sous réserve notamment de la mainlevée de l’ensemble des suretés grevant actuellement les actifs.

Le prix pour les fonds et les stocks de NICOLAS POTEL et de LABOURE ROI est estimé à 11,0 m€ auquel il convient de rajouter les 1,9 m€ au titre des actifs immobiliers qui seront repris par une société civile immobilière (la SCI DU JURA). Il est rappelé qu’au 31 mars 2013 (comptes semestriels), le total des capitaux propres du groupe COTTIN FRERES s’établissait à 14,3 m€ et le total des actifs consolidés à 26,3 m€.

La valorisation définitive des actifs sera déterminée dans les quinze (15) jours suivant la date de réalisation après finalisation des opérations d’inventaire des éléments transférés.

Dans le cadre des accords avec le groupe COTTIN FRERES, le prix de cession des actifs repris par HENRI MAIRE doit être payé à concurrence de 6 m€ à la date de réalisation de la cession. Le solde, après ajustements résultant notamment aux opérations d’inventaire, sera payé à échéance du 6 janvier 2014.

Le prix de l’offre publique de retrait qui sera présentée d’ici la fin de l’année 2013 sera fixé sur la base de ce prix de cession définitif des actifs bruts et de l’arrêté des comptes de l’exercice social du Groupe COTTIN FRERES au 30 septembre 2013, en tenant compte notamment des dettes et des risques procéduraux à cette échéance. Il fera l’objet d’un communiqué ultérieur de la société COTTIN FRERES. Dans l’attente de la fixation du prix définitif de cession des actifs, la cotation du titre COTTIN FRERES reste suspendue jusqu’au 15 octobre 2013.

Voilà donc pour ce communiqué. Peut-on espérer la valeur des fonds propres annoncés, soit 6.36€ par action ou un prix entre les actifs et les fonds propres, ce qui donnerait une fourchette assez large comprise entre 6.35€ et 11.70€. Ou alors doit-on s’attendre à la seul valeur des fonds et des stocks de Nicolas Potel et de Labouré Roi, comme expliqué dans le début du quatrième paragraphe et qui serait alors de 5.73€ par action? Très difficile à dire et nous ne nous avancerons pas.

 

Lettre de novembre 2013 :

Nous avons droit à un autre communiqué de la société Cottin:

« En application du protocole de reprise de l’intégralité des activités opérationnelles du Groupe COTTIN FRERES au 30 septembre 2013, la valorisation défin-tive des actifs bruts cédés a été fixée après l’achèvement des opérations d’inventaire. Elle s’établit à 12,85 M€ sur lesquels le groupe HENRI MAIRE a déjà versé un montant de 6 M€ en numéraire, qui sera complété d’ici la fin de l’année 2013 par la signature de l’acte notarié et le paiement des actifs immobiliers par une société civile immobilière pour 1,9 M€, puis par le paiement du solde de 4,95 M€ par le groupe HENRI MAIRE le 6 janvier 2014.

Le prix de l’offre publique qui sera présentée d’ici la fin de l’année 2013 tiendra notamment compte du prix de cession définitif des actifs bruts, et de ses conséquences sur l’arrêté des comptes de l’exercice social du Groupe COTTIN FRERES achevé le 30 septembre 2013. Il est rappelé que le montant des capitaux propres consolidés du groupe COTTIN FRERES dans les comptes semestriels au 31 mars 2013 s’établissait à 14,3 M€, et que l’évaluation prendra également en considération la perte courante du 2ème semestre de l’exercice social, le prix de cession des actifs et l’estimation des dettes et risques procéduraux à la date de cession. Conformément à la réglementation, un expert indépendant attestera de l’équité de l’offre.

Le prix fixé pour l’offre fera l’objet d’un communiqué de la société COTTIN FRERES d’ici la fin du mois de novembre. Dans l’attente, la cotation du titre COTTIN FRERES reste suspendue. »

Une nouvelle fois, nous devons juste nous contenter d’une fourchette estimative de prix, 4.50€ si l’on prend une marge de sécurité de 20% sur les actifs bruts cédés, et 6€ si l’on prend les fonds propres semestriels dont on soustrait la perte semestrielle (13.9 millions d’€). C’est évidemment un exercice sans grand sens, puisqu’il reste un mois à attendre avant de connaître l’offre réelle et que de toute manière la cotation de la société est suspendue.

 

Lettre de janvier 2014 :

Deux abonnés ayant assisté a l’AG de Cottin, nous ont fait un petit compte-rendu et nous ont autorisé à en faire bénéficier toute la famille Daubasse. Nous vous avions déjà envoyé un petit mail avec les deux commentaires. Pour ceux qui aurait loupé ces mails, voici ce que nos deux amis nous relataient :

Bonjour l’équipe des daubasses.

Un petit mot pour vous dire que jéetais à l assemblée générale deCottin Freres hier.

Le prix de l offre n’ est pas connu mais il faut oublier une offre a 5eur et au de-la. Cela sera bien en deca, selon l’ avis de l’ expert indépendant.

En fait, il existe une grande inconnue sur le montant de l amende suite à l’ affaire des étiquettes truquées.

De grosses provisions ont été passées, ce qui a fait fondre l’ actif net.

De plus il semble que l’ acheteur ait négocie une décote sur la valeur des actifs, en raison de leur faible ou absence de rentabilité.

Comme le contraire d un goodwill quoi

Ceci légitime la décote sur actif que vous recherchez.

Au plaisir d échanger si besoin.

PS : Apparemment, il ne faut pas s’attendre à un résultat « bagger » avec cette position.

————————————————————————————–

3.85€ et pas plus…c’est le résumé de l’ AG du 18 12 …bref, les deux frères Cottin nous ont dit que cela aurait pu être pire et qu’il faut se contenter de cela…( valo de l’actif net après perte de l’exercice, discount de l’acheteur…et la provision !

car en fait , le vrai point litigieux est que dans le prix de vente final, il y a près d’1.20€ qui représente le montant de la saisie conservatoire (2.7M€) qu’ a fait la justice au titre de l’affaire…

donc, « on » nous prive de cette somme, sans savoir si la société sera finalement condamnée ou pas en définitive…mais à l’issue d’une action en justice qui peut durer des années….

c’est pour cela notamment qu’il est prévu qu’un »reliquat » de la société reste en vie sous forme de coquille vide , le groupe LAC, pour potentiellement récupérer cet argent…ou devoir en payer plus, ce qui n’est pas totalement impossible selon les Cottin…

bref, les frères Cottin recommandent de sortir au prix de l’OPRA (ce qu’ils vont faire eux de toute façon) avec probablement une OP de retrait à suivre (si + 95% des actions apportées à l’offre)

l’OPRA devrait s’ouvrir au + tard fin janvier…

 

Lettre de février 2014

Mais que font les frères Cottin? Voici le communiqué laconique nous expliquant un nouveau report de l’annonce d’un prix :

La préparation du projet d’offre publique nécessitant un délai supplémentaire, le dépôt du projet d’offre publique prévu au plus tard le 7 janvier 2014 auprès de l’Autorité des Marchés Financiers sera finalement décalé de quelques jours et reste envisagé courant janvier. Dans l’attente, la cotation du titre COTTIN FRERES reste suspendue.

Vous avez dit « courant janvier », ils ont dit « courant janvier » et nous sommes début février…

Nous avons décidé chez les Daubasses de prendre la communication de Cottin en main. Après tout, nous sommes actionnaires. Cher(e) abonné(e), nous vous annonçons avec certitude que le prix de l’offre publique sera annoncé durant la prochaine semaine des quatre jeudis, soit le vendredi à 14h30 minutes GMT!

 

devenir riche avec le vinLettre de mars 2014

Game Over!!! L’offre proposée aux actionnaires est de 4.07€. Cette offre durera 21 jours.

D’après le fascicule de 52 pages, que nous n’avons pas lu dans son entièreté, les actionnaires seront prévenus de la date de début et de la date de fin de l’offre.

Ce n’est évidemment pas cher payé, mais on s’en doutait. Nous sortirons toutefois de cette position avec un peu plus de 25 % de plus-value.

Enfin, ce 7 mars 2014, nous avertissions nos abonnés que nous cédions nos titres sur le marché : au départ, notre intention était d’apporter nos titres à l’OPA mais il semblerait qu’en pareil cas, les résidents belges que nous sommes auraient dû s’acquitter d’un impôt français de 30 % sur la plus-value réalisée.

 

 

 

Portefeuille au 7 Mars 2014 : 5 ans 103 jours

  • Portefeuille : VL 7,7658 € (Frais de courtage et de change inclus)
  • Rendement Total : 668,63%
  • .
  • Potentiel Estimé VANT / Cours 98,42%
  • .
  • Rendement Annualisé : 47,09%
  • Rendement 2014 : 11,82%
  • Rendement 2013 : 20,74%
  • Rendement 2012 : 24,19%
  • Rendement 2011 : -15,65%
  • Rendement 2010 : 38,07%
  • Rendement 2009 : 308,74%
  • Taux de Rotation Annualisé : 18,75%
  • Effet Devise Total : -2,77%

.

  • Tracker ETF Lyxor MSCI World : VL 124,7387 € (Frais de courtage inclus et dividende réinvesti)
  • Rendement Total : 86,04%
  • Rendement Annualisé : 12,46%
  • Rendement 2014 : 1,09%
  • Rendement 2013 : 20,16%
  • Rendement 2012 : 11,20%
  • Rendement 2011 : -8,22%
  • Rendement 2010 : 18,76%
  • Rendement 2009 : 30,34%

 

* Nous rappelons que ce portefeuille est un investissement réel et que nos abonnés ont accès à l’ensemble des extraits de compte de notre club d’investissement qui démontrent la réalité des rendements affichés, nets de taxes boursières et d’impôts sous fiscalité belge

 

Performance mensuelle du portefeuille depuis sa création

 

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Détails du Portefeuille

 

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Les chroniques de l’investisseur chronique : le crédit lombard

chronique investisseurCe texte fait partie de la série proposée par notre ami-chroniqueur Laurent Muller.

Même si nous ne partageons pas tout-à-fait les mêmes principes d’investissement, nous nous sommes trouvés énormément de points communs et les raisonnements développés par Laurent nous ont paru marqués par le sceau du bon sens.

Il nous a semblé intéressant de vous faire profiter de ces raisonnements et c’est la raison pour laquelle Laurent tiendra, sur ce blog et à intervalles réguliers, une chronique présentant ses principes d’investissement.

Ce sera l’occasion de débattre avec l’équipe des daubasses mais aussi avec vous, ami( e) lecteur(trice) des sujets qui seront développés par notre ami.

L’investisseur en actions se heurte à des limites lorsqu’il souhaite obtenir un effet de levier direct, même modéré, sur son patrimoine. Les conditions de crédit pour acheter des actions sont en effet bien moins intéressantes que celles qu’il est possible d’obtenir pour un crédit immobilier.

 

Le crédit lombard

Le crédit lombard est une solution de crédit permettant d’acheter des actions. Les conditions qui m’ont généralement été proposées pour ce type de crédit sont les suivantes :

  • Taux variable.
  • Durée limitée : généralement 3 ans « renouvelables » (au bon vouloir du banquier !), dans les offres qui m’ont été faites et nantissement (i.e. blocage des fonds sur la durée du crédit) sur compte titres de 150 % à 200 % du montant emprunté (y inclus le montant prêté par la banque).
  • Appels de marge au cas où le capital nanti descendrait en-dessous du montant emprunté, pour reconstituer la garantie du banquier.
  • Taux autour de 1,5 % supérieur à celui d’un emprunt pour acquérir de l’immobilier physique.

Les 3 premières conditions sont pour moi rédhibitoires et la dernière, acceptable :

  • Vu les taux d’intérêt bas et le risque d’inflation, il me semble important de verrouiller le taux donc d’obtenir un taux fixe.
  • Etant un investisseur à long terme, une durée d’emprunt de 10 ans me semble être la durée minimale acceptable. Je n’ai par contre rien contre le nantissement d’un compte titres, n’ayant pas besoin de disposer des fonds pendant la durée du crédit.
  • Les appels de marge obligent l’investisseur à restituer la garantie au moment où il est le plus faible, en cas d’évolution défavorable des marchés, pour éviter que ne soient clôturées les positions au plus mauvais moment. Je ne suis pas prêt à assumer ce risque.

 

Un crédit lombard « amélioré »

Après avoir identifié les conditions qui étaient pour moi inacceptables, j’ai listé les conditions que j’étais prêt à accepter :

  • Montant du crédit de 20 % de mon patrimoine net.
  • Crédit in fine (remboursement du capital à la fin du crédit).
  • Taux fixe de 4,00 % TEG sur 10 ans (hors assurance).
  • Assurance une tête (obligatoire).
  • Collatéral : nantissement de 2 fois le montant emprunté (y inclus le montant emprunté) sur compte titres.
  • Gestion libre du capital nanti (en particulier, possibilité de placement sur support actions en direct).
  • Pas d’appels de marge (au cas où le capital nanti venait à descendre en-dessous du montant emprunté, la banque assume le risque ; en réalité, le montage n’est pas très risqué pour la banque vu que le montant de l’emprunt correspond à 20 % de mon patrimoine net).
  • Pas de possibilité de sortir sans frais le capital dépassant le montant initial nanti, le cas échéant.
  • Pas de possibilité de payer sans frais les intérêts annuels du crédit in fine avec le capital nanti.
  • Possibilité de remboursement anticipé avant 10 ans avec des frais correspondant à 1 semestre d’intérêts.
  • Les dividendes ne sont pas nantis.
  • Possibilité d’effectuer un remboursement partiel anticipé (et de diminuer le capital nanti en proportion).

 

De la théorie à la pratique

Comme je n’étais pas prêt à accepter les conditions d’un crédit lombard, même par défaut, j’ai pris mon bâton de pèlerin et rencontré une vingtaine de banquiers sur une période de deux ans. Je n’ai pas encore trouvé la perle rare, bien qu’une proposition proche m’ait été faite : toutes les conditions décrites étaient remplies mais le crédit était amortissable, plutôt qu’in fine. Vu mes engagements par ailleurs, je n’ai pas pu l’accepter, bien qu’elle me semblait par ailleurs très intéressante.

Cette initiative, à défaut d’aboutir pour le moment, m’a en tous cas déjà permis de trouver un banquier avec lequel je me sens en phase. Nul doute que je travaillerai un jour ou l’autre avec lui sur un dossier.

 

Conclusion

Je ne prétends pas que ces conditions de crédit puissent nécessairement être obtenues facilement (ne les ayant pas moi-même obtenues), mais cet article illustre bien quelques qualités nécessaires à l’investisseur : la connaissance du sujet, la ténacité et la discipline. Elles sont utiles dans les domaines de l’investissement que j’ai expérimentés jusque là :

  • La connaissance du sujet permet de déterminer les options qui sont à notre avantage.
  • La ténacité aide à évaluer un grand nombre d’options qui nous sont offertes jusqu’à en trouver certaines qui correspondent à nos critères, sans se décourager.
  • La discipline permet d’éviter de se laisser distraire de l’objectif.

Dans le prochain article, j’expliquerai mes idées sur l’effet de levier.

N’hésitez pas à votre tour à partager en commentaires les solutions que vous utilisez pour obtenir un levier direct pour l’achat d’actions.

 

Portefeuille au 28 février 2014 : 5 ans 96 jours

  • Portefeuille : VL 7,6858 € (Frais de courtage et de change inclus)
  • Rendement Total : 660,72%
  • .
  • Potentiel Estimé VANT / Cours 100,51%
  • .
  • Rendement Annualisé : 47,01%
  • Rendement 2014 : 10,67%
  • Rendement 2013 : 20,74%
  • Rendement 2012 : 24,19%
  • Rendement 2011 : -15,65%
  • Rendement 2010 : 38,07%
  • Rendement 2009 : 308,74%
  • Taux de Rotation Annualisé : 18,75%
  • Effet Devise Total : -1,69%

.

  • Tracker ETF Lyxor MSCI World : VL 125,2220 € (Frais de courtage inclus et dividende réinvesti)
  • Rendement Total : 86,76%
  • Rendement Annualisé : 12,59%
  • Rendement 2014 : 1,48%
  • Rendement 2013 : 20,16%
  • Rendement 2012 : 11,20%
  • Rendement 2011 : -8,22%
  • Rendement 2010 : 18,76%
  • Rendement 2009 : 30,34%

 

* Nous rappelons que ce portefeuille est un investissement réel et que nos abonnés ont accès à l’ensemble des extraits de compte de notre club d’investissement qui démontrent la réalité des rendements affichés, nets de taxes boursières et d’impôts sous fiscalité belge

 

Performance mensuelle du portefeuille depuis sa création

 

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Détails du Portefeuille

 

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