Finance comportementale (6e partie) : La manière de présenter les choses et les limites de notre cerveau (3e partie)

Conceptual image - meditations over the financeCe texte fait partie de la série « finance comportementale » et constitue  la suite logique de l’article de la semaine dernière.

Les limites de notre cerveau

En fait, le cerveau humain est encore aujourd’hui la partie la moins explorée de notre corps car d’une grande complexité. Pour bien comprendre notre psychologie, il faudrait en savoir encore beaucoup plus à ce sujet que nous n’en savons aujourd’hui.

Le petit résumé que nous pouvons faire dans cet article, qui mériterait à lui seul d’autres explications et un autre texte, est donc ceci :

Notre cerveau traite de l’information sans arrêt. Au niveau neurologique il établit des liens entres les différentes impulsions qu’il reçoit et filtre les informations. Quand ces informations sont nombreuses ou émise dans certaines conditions émotionnelles, notre cerveau  contextualise l’information en faisant un tri rapide sur ce qui lui semble évident et en fait donc une interprétation. Interprétation qui n’est bien sûr pas toujours rationnelle puisque toutes les informations n’ont pas été prises en compte. Mais nous ne nous en rendons parfois même pas compte.

Un exemple très facile à comprendre est le fait que nous pensons être capables de téléphoner en conduisant une voiture. Et nous en sommes capables, vu qu’une majorité de conducteurs téléphone ou répond au téléphone au volant. Mais que ce passe-t-il réellement ? Dès que nous commençons à parler dans le téléphone ou à écouter, notre cerveau met au premier plan et donc se concentre sur les nouvelles impulsions émises par la conversation et relègue au second plan la conduite du véhicule. En fait, nous ne sommes pas vraiment conscients de l’existence de deux plans qui ont des niveaux de concentrations différents car la conduite est une chose routinière que nous pensons être capables de combiner. D’où un manque de réflexes devant une situation dangereuse survenant sur la route.

Voici deux tests élaborés par les psychologues Daniel Simons, Christopher Chabris et Daniel Levin.

Le premier est un test qui met en évidence ce que les auteurs ont défini comme « cécité attentionnelle ». Le test est simple. On demande à des personnes de compter les échanges de ballon de basket (les passes) que font deux équipes de trois personnes avec deux ballons. A la fin du test, presque toutes les personnes répondent correctement sur le nombre de passes. On leur demande ensuite s’ils ont remarqué quelque chose d’étrange dans la vidéo. Et là, surprise, beaucoup de personnes n’ont rien remarqué. Mais en fait pendant que les passes se déroulaient, un homme déguisé en gorille a traversé le champ. Daniel Simons et Christopher Chabris expliquent donc que : La cécité attentionnelle définit cette tendance parfois spectaculaire que nous avons à ignorer ce qui se trouve sous nos yeux lorsque notre attention est concentrée sur autre chose.

 

 

Le second test met en évidence ce que les auteurs appellent cette fois la « cécité au changement ». Le test est également très simple. Un acteur demande son chemin à des passants dans la rue. Tandis que le passant commence à expliquer le chemin, deux ouvriers tenant un panneau passent entre l’acteur et le passant. Lors du passage un second acteur caché par le panneau prend la place du premier tandis que le premier acteur repart avec le panneau. Le passant se retrouve donc avec une autre personne devant lui avec des changements parfois étonnants : une personne d’un autre sexe ou d’une autre couleur de peau (!). Et la majorité des passants expliquant le chemin ne remarque même pas que la personne qu’ils ont devant eux est différente. Ce second test ayant été imaginé par Daniel Simons et Daniel Levin.

 

Ces deux tests montrent donc que si notre cerveau est concentré sur un sujet de la scène, il est incapable de traiter de l’ensemble de la scène. La perception que nous nous faisons da la réalité est donc incomplète voir erronée.

Voyons maintenant un autre exemple dans lequel notre cerveau interprète selon le contexte avec ceci :

 

finance comportementale

Si on vous demande de lire ces trois « éléments » dans ce contexte, Il y a de forte chance que vous lisiez « ABC ».

la psychologie en bourse

Si l’on vous demande de lire la partie horizontale de ces 5 éléments, vous direz alors « A 13 B ». Et pourtant, la partie horizontale du second exemple est identique au premier exemple.

Cela démontre que dans le premier exemple la lecture de l’élément central, soit « B », est interprété en fonction de l’élément qui le précède soit la lettre « A » et l’élément suivant, soit la lettre « C ».

Dans le second exemple, ce que nous venons à l’instant d’interpréter comme un « B », devient  soudainement un « 13 », pour la simple raison qu’au dessus du « B », nous avons détecté les chiffres « 12 » et en-dessous le chiffre « 14 ». La suite logique du « 12 » et juste avant le « 14 » est donc 13. Nous interprétons dans ce cas la partie centrale en fonction d’une suite chiffrée. Alors que bien entendu le point central est graphiquement identique dans les deux cas. Notre cerveau a donc transformé cet élément qui était auparavant une lettre en un chiffre.

Cela signifie donc que par un mécanisme d’adaptation notre cerveau contextualise l’information et oriente notre interprétation.

Voyons maintenant ceci. Que signifie ce mot :  « plrbomèe » ?

Pas grand-chose, direz-vous. Certain diront même peut-être que c’est un mot d’une langue étrangère et en aucun cas du français (et nous vous assurons aussi que ce n’est pas du wallon !).

Ce que signifie ce mot est expliqué dans ces deux phrases : « sleon une édtue de l’Uvinertisé de Cmabrigde, l’odrre des ltteers dnas un mot n’a pas d’ipmrotncae, la suele coshe ipmrotnate est que la pmeirère et la drenèire lteetrs sinoet à la bnnoe pclae. Le rsete peut êrte dnas un dsérorde ttoal et vuos puoevz tujoruos lrie snas plrbomèe. »

Si vous n’avez pas été en mesure de comprendre ce que signifie : « porblmèe », soit « problème » dans la première question, alors que vous avez su lire le dernier mot de la seconde phrase donnant soit disant l’explication, c’est tout simplement parce que le même mot n’était dans aucun contexte dans la question et dans un contexte dans l’explication.

Cela signifie donc une nouvelle fois que même la simple lecture d’un mot est induite par le contexte dans lequel il est inscrit.investissement value

Revenons à l’investissement à la lumière de ce que nous venons d’apprendre sur les limites de notre cerveau et les interprétations de ce que nous faisons à partir de finalement quelques détails

Commençons par quelques constats généraux

Si vous présentez à des investisseurs le rendement moyen des actions sur une durée de 30 ans, ils trouveront ces rendements intéressants.

Si par contre, vous détaillez le rendement de chaque année sur 30 ans, ils seront effrayés par les  fluctuations et préféreront minimiser le poids des actions dans leurs portefeuille, voire carrément ne pas investir en actions. Même si le rendement final sur 30 ans est exactement identique.

Leur décision d’investir ou pas est donc basée sur la présentation qu’on leur fait. C’est aussi pour cette même raison que ceux qui vous vendent des produits financiers vous parleront de la performance à long terme des actions de manière générale.

Une étude de Thaler aux Etats-Unis montre que si l’on demande aux épargnants quelle part d’actions ils veulent investir dans leur fonds de pension, ils répondront maximum 49%. Si on leur suggère d’y ajouter des actions de l’entreprise pour laquelle il travaille, ils peuvent monter jusqu’a 71%.

Nous sommes ici dans un effet de contexte. Quand on parle des actions en général, il y a comme un manque de repères. Par contre si vous travaillez dans la société, le contexte apparait. Ce ne sont plus des actions mais la société dans laquelle vous travaillez. Vous n’avez pas plus d’informations financières que pour des sociétés que vous ne connaissez pas, mais votre cerveau focalise sur les quelques détails qui vous font subjectivement vous sentir en confiance.

Comment pouvons-nous transformer nos handicaps psychologiques issus de notre nature profonde en avantages pour faire de nous des investisseurs de bon sens ?

Nous pourrions ajouter dans ce 6ième chapitre comment contrer de manière optimale le fonctionnement défaillant de notre cerveau dans certaines conditions.

La réponse est bien entendue dans le fait d’appliquer un process d’investissement et ce, quelle que soit la stratégie.investir en actions en bourse

Un process, c’est bien entendu un nombre de points précis à analyser et qui doivent être chiffrés. Nous ne parlons pas nécessairement de l’avantage de notre process Daubasse mais de n’importe quel proces. Et par rapport à ce que nous venons de tenter de vous expliquer sur le fonctionnement de notre cerveau, il nous paraît impératif que celui-ci soit  chiffré pour que les repères soient fixes et que vous puissiez les répéter et en aucun cas que vous soyez à la merci d’un contexte sur lequel focaliserait votre cerveau en ne voyant pas autre chose ou en transformant au gré du contexte les paramètres.

Prenons plusieurs exemples qui pourraient induire en erreur. Disons que vous essayez d’investir dans la valeur mais que vous n’avez pas pris la peine de construire un process chiffré qui vous permette de déterminer quand acheter, de combien est la décote sur la valeur calculée, la solvabilité et autres points chiffrés et précis vous permettant d’investir avec des critères identiques, sur des sociétés différentes.

Le premier contexte c’est le marché. Vous pourriez faire varier vos critères naturellement selon que le marché est euphorique ou que le marché est désespéré.

Dans un marché euphorique, vous aurez tendance à élargir vos critères : si la décote est moindre, voire minuscule, votre cerveau pourrait vous amener à croire que de toute manière c’est ainsi, les décotes ne sont plus aussi importantes; si la solvabilité est limite, comme tout va bien, pas la peine d’être aussi exigeant sur cette société, votre cerveau vous pousse à vous adapter. En plus, les profits sont en croissance et la société dégage un free cash-flow qui augmente. La courbe est bien là. Un petit graphique confirme que « c’est beau ». La trajectoire est tellement belle que votre cerveau ne verra pas la moindre raison à ce qu’elle ne se poursuive pas de manière linéaire. Ensuite, on actualise à 12% (le rendement attendu), et là on s’aperçoit que la marge de sécurité est de 10%. « Oui mais les taux sont quand même bas et ne vont pas remonter de sitôt ». Finalement, 12% n’est pas adapté au contexte… 8% c’est encore très prudent. « Avec 8%, il y a quand même 40% de décote ». Voilà, là c’est intéressant.

Dans un marché pessimiste, vous aurez tendance à resserrer vos critères. Si la décote est importante, votre cerveau vous poussera à croire que ce n’est pas suffisant, que de toute manière la situation va s’empirer et qu’il faut être vraiment exigeant. Même si la solvabilité est très correcte, en la remettant dans le contexte du marché, vous la jugerez limite, voir insuffisante. Vous détectez tout de suite que les profits ont diminué. Et que les Cash-Flow ont fondu. Un graphique le confirme même visuellement : attention danger ! Pas question de projection, une moyenne n’a même pas de sens car ce qui se passera devant ne sera pas le même que ce qui s’est passé dans le passé. Vous décidez qu’il n’y aura pas la moindre croissance dans le futur. Et pas question d’actualiser à 12%. Il faut tenir compte du risque. Actualiser à 17% est cohérent. Voilà, le résultat est claire : la société cote 20% au-dessus de la valeur que vous veniez de calculer. Pour espérer une décote de 20% sur cette valeur, la société doit encore perdre 40% au minimum…

Une vidéo envoyée par notre ami Michael du groupe « Valeur et Conviction » expliquait lors du Krach de 2008-2009 que les journaux de 20 heures des grandes chaines françaises relatant ce krach parlaient en continu de désastre, de peur, de fin du capitalisme… Et qu’au-delà du blabla, très souvent sans grande substance, c’est sur ces mots que restait fixé le téléspectateur. Le cerveau, une fois de plus, faisait le tri en ne retenant que ce qui semblait être le plus important. C’était l’époque où il avait lancé la première discussion net-net sur le forum « Valeur et Conviction », avec… LNC. « LNC » pour Les Nouveaux Constructeurs, cette société de promotion immobilière qui cotait sous la valeur de ses actifs courants moins l’ensemble de ces dettes. Louis P avait tout de suite bien accroché. Puis les autres se sont accrochés aux locomotives. Nous voulions, à l’occasion de cet article, rendre hommage à son « cerveau futé » qui nous a conduits directement vers une des plus belles expériences d’investissement. Merci Michael !

Revenons à nos deux exemples qui peuvent paraître caricaturaux et pourtant, nous pensons malgré tout qu’ils démontrent une certaine logique. Cette propension naturelle que nous avons à nous adapter aux situations, la manière dont notre cerveau nous fait agir en contextualisant une partie de la réalité alors que nous ne nous rendons même pas compte que nous sommes loin d’avoir compris l’ensemble de la situation que nous avons en face de nous.

Ce que les psychologues appellent « contexte », pour un investisseur cela s’appelle « le marché ». Et ce qui est le plus « pervers », c’est qu’une grande majorité d’investisseurs sait qu’il ne faut pas se faire influencer par le marché. Sans process chiffré, nous ne pensons pas que l’investisseur résiste vraiment à son instinct qui le conduit à adapter ses critères aux contextes. En tout cas, s’adapter au contexte, c’est le chemin que lui fera emprunter naturellement son cerveau avec des arguments en apparence logiques.

Un process, quel qu’il soit, vous « imperméabilise » au contexte du marché. C’est en quelque sorte une main courante qui guide votre cerveau vers chaque étape de l’analyse. Si vous avez décidé, dans votre process, de faire varier votre taux d’actualisation, vous savez dans quelles conditions, suivant quels critères et de combien. Tout cela est donc écrit et chiffré et n’est pas variable selon la perception que votre cerveau a du contexte.

Un second point de contexte qui pourrait fausser vos analyses, n’est autre que votre environnement extérieur. C’est un peu l’idée comparable à la conduite en voiture tout en téléphonant. Vous pensez être capable de mener une analyse à bien tandis qu’un autre sujet vous préoccupe nettement plus et votre cerveau range alors votre analyse au second plan sans que vous ne vous en rendiez tout à fait compte. Les motifs peuvent être graves, douloureux, farfelus, déprimants, enivrants, suicidaires, énervants, décevants, encombrants, délétères, excitants, préoccupants, joyeux, passionnants… En gros, tout ce qui traverse nos vies et qui peut aimanter notre cerveau et parasiter une analyse. Un process bien défini et chiffré vous permettra une nouvelle fois d’éviter la manipulation de votre cerveau qui devra se plier aux différentes étapes que vous avez préalablement construites.

Enfin, il faut éviter de démarrer une analyse avec un point « obsessionnel », voire un point d’ancrage. Du style, « je suis persuadé que cette société possède une barrière contre la concurrence » et, à partir de là, ne chercher dans l’analyse que les points qui confirment votre postulat de départ. Autre exemple, vous recherchez des sociétés de croissance et toutes vos analyses sont axées sur ce point et bien entendu les seuls éléments qui vont vous permettre de dire que dans le futur cette croissance va perdurer. Dans ces deux exemples, c’est vous qui installez votre cerveau dans la posture de réceptivité du point central que vous avez fixé. Comme nous savons désormais que notre cerveau a du mal à percevoir une situation dans son ensemble, il est clair que sans process, vous ne détecterez que les points de confirmation de votre postulat de départ.

 

Terminons ce sixième épisode avec le process des « Daubasses »

Nous n’allons bien entendu pas vous déballer une nouvelle fois le process complet des daubasses, que vous pouvez lire en détails sur ce blog gratuitement, mais juste pointer quelques détails qui nous semblent les plus importants.

Tout d’abord, vous aurez très bien compris que le process des Daubasses ne permet pas à notre cerveau de contextualiser, que le marché soit euphorique ou pessimiste n’a pas la moindre importance. Au contraire, notre process nous force à vendre dans un marché euphorique puisque forcément les cours de pas mal de sociétés atteignent leur Valeur d’Actif Net Tangible (notre seuil de vente) … si tout va bien. Grâce à cette approche, nous disposons donc théoriquement toujours de liquidités dans les moments d’euphorie du marché. Dans un même temps, il freinera aussi les achats, puisque les cibles seront moins nombreuses et nous obligera à la prudence puisque les décotes sont moins importantes.

Dans un marché pessimiste, vous avez des liquidités à disposition et c’est le nerf de la guerre (petit parenthèse, si votre process ne vous fait pas produire des liquidités au bon moment posez-vous quelques questions car vous ne disposerez pas de la capacité d’acheter les véritables occasions quand cela se présentera). Les occasions sont variées et nombreuses et vous n’avez que l’embarras du choix. Notre méthode  nous fait donc toujours dépenser un maximum au bon moment.

Dans le process des Daubasses, tous les points sont chiffrés. Dans nos analyses écrites, nous avons trois axes principaux :

Reprendre chaque point du bilan, pour voir s’il n’y a pas de problème supplémentaire, qui modifierait les chiffres de départs, voire également augmenter encore plus les marges de sécurité, si un déséquilibre quelconque est repéré : litige juridique, explications détaillés de certains postes du bilan manquant, …

Contrôler les options distribuées à la direction et leur prix d’exercice. Si le prix d’exercice est inférieur à la Valeur d’Actif Net Tangible de la société, elles seront déduites de la VANT.

3° Contrôler si la société possède un ou des baux locatifs et donc des loyers qui ne sont pas inscrits dans le bilan puisqu’à honorer dans le futur. Si c’est le cas, nous soustrayons l’ensemble des loyers futurs de la Valeur d’Actif Tangible de la Société. Il en est de même avec toutes dettes non inscrites au bilan : le hors-bilan que nous retraitons au besoin.

Comme vous l’avez déjà compris, cher(e) lecteur(trice), on ne peut pas être fondamentalement optimiste sur une société estampillée « Daubasse » car les chiffres (entendez par, très souvent, « les pertes ») sont là et reflètent les véritables problèmes de la société. Par contre, au lieu d’essayer de comprendre comment la société va s’en sortir, notre process nous demande surtout d’aller voir si elle ne va pas s’enfoncer un peu plus. La seule véritable chose « amusante », c’est le cours d’une Daubasse. Les cours proposés par des milliers de cerveaux concentrés sur les profits, les perspectives, la croissance… Et la proposition est souvent excellente et encore plus excellente quand le marché est pessimiste.

L’air de rien, un process basé sur la valeur patrimoniale d’une société vous met en dehors de tout contexte puisque le contexte du marché est basé sur d’autres critères.

En conclusion, nous revenons une dernière fois sur l’importance du chiffre dans un process. Des critères, voire même un critère, que vous ne pouvez pas chiffrer augmentera de manière exponentielle la part du hasard de votre investissement. Car ce critère laissera libre cours à votre cerveau de focaliser sur un point ou des points qui pourraient vous induire en erreur. Tout en ne vous permettant pas de répéter à l’identique la même évaluation et vous priver ainsi de l’avantage statistique d’une bonne méthode d’investissement.

 

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