Qui peut battre la performance des Daubasses ? Nos abonnés ! (2e partie)

Nous poursuivons l’entretien « à bâtons rompus » et sans concession que nous avons eu avec notre ami-abonné Daniel.  Vous pouvez relire la première partie ici.

Equipe des Daubasses selon Benjamin Graham : Nous avons eu dans l’équipe de très nombreuses discussions sur l’importance des liquidités et nous sommes arrivés à la conclusion que disposer de plus en plus de liquidité dans un marché haussier est une des composantes de la réussite à long terme des plus grands investisseurs (cfr Warren Buffett dans cet article). Et pourtant, ce point est souvent négligé par de nombreux investisseurs.  Il est aussi difficile à réaliser car cela demande beaucoup de discipline.

Pourriez-vous nous donner votre point de vue sur l’importance que vous attachez aux liquidités puisque vous dites maintenir vos liquidités à 25% de votre portefeuille d’autant que cela ne semble pas vous déranger d’être encore plus liquide puisque vous dites qu’actuellement votre portefeuille détient 36% de liquidité.

Daniel : Il s’agit simplement de l’expérience vécue. Quand j’ai commencé, au moment où j’ai perdu de gros montants potentiellement, si je n’avais pas disposé de liquidités suffisantes mes pertes seraient sûrement devenues réelles. Il est indispensable d’acheter au meilleur prix et donc quand le marché s’affole, sauf cas d’exception comme une daubasse au fond du panier et prometteuse : quand le cours redémarre, en veillant à ce que le prix moyen reste correct.

Lorsqu’une action entre dans mon portefeuille, je préfère prendre un petit montant parce que je pars du principe que, malgré toutes nos analyses, nous ne connaissons pas vraiment la société. Je considère que la connaissance ne s’acquière que sur la durée en portefeuille et non en Watch List. Je ne suis pas de la même manière une société en liste d’attente et une société en portefeuille, l’humain est ainsi.

Exemple : J’ai participé à un concours boursier et mes achats virtuels ont été exceptionnels de rendement mais en réel, je n’aurais pas acheté ces banques en détresse.

Exemple d’achat en marché baissier : Il y a quelques années, j’ai acheté Gamesa en chute, au départ à un cours d’environ 6 euros. J’ai effectué ensuite  5 renforcements, les quatre premiers peu importants, parce qu’il est difficile de prévoir le point bas (le cours continuait sa chute). Le dernier renforcement, j’ai doublé ma position à un cours d’environ 1 euro, ce qui a donné un gros investissement (6 %) avec un prix moyen de 3 euros avec une perte virtuelle énorme à ce cours. J’ai ensuite revendu en trois fois, la première fois, la moitié de ma position à un cours  d’environ 6,5 euros, ensuite un quart de position à 7 euros et le solde dernièrement à 7,5 euros.

Si le cours retombe à 5 euros, je recommence, je connais bien la société.

En conclusion, les liquidités permettent d’éviter les pertes car elles autorisent les meilleurs achats. Il est cynique de l’écrire mais le meilleur moment pour l’investisseur est un marché baissier.

Je dois préciser que, pour chaque action, je me sers des graphiques, sans être un grand spécialiste de l’analyse technique, les tendances sont assez simples à déterminer.

Un dernier commentaire, la perte virtuelle est supportable si vous êtes en capacité financière d’attendre, l’exemple Gamesa est significatif d’une opération qui a duré plusieurs années avec une décision difficile de renforcement au moment où la perte potentielle était énorme.

J’ai conduit la même opération avec Yingli, mais en vendant plus rapidement et en me contentant de récupérer la perte virtuelle, parce que la société est chinoise et trop cyclique.

Les deux situations étaient très différentes, Gamesa a toujours été considéré comme un bon investissement et Yingli comme un achat non réfléchi.

EDBG : Dans votre process, vous dites que vous tenez compte des devises, que vous avez un a priori favorable sur l’Italie et la Grande-Bretagne. Ce que nous ne comprenons pas trop dans vos propos c’est que depuis 2008, notre process nous dirige toujours sur des entreprises de secteurs en difficulté et souvent établies dans des pays qui rencontrent des problèmes. Nous avons aussi remarqué que si le problème est triple (entreprise à problème dans un secteur à problème et un pays à problème), les prix et les actifs sont encore meilleurs marché.

En résumé, si le problème est triple, le phénomène de braderie est alors total.  Par exemple : 2008-2009, USA, subprime avec des sociétés des secteurs techno et « immo » touchés de plein fouet … ensuite lent basculement vers l’Europe, endettement pharaonique des états avec des belles opportunités dans les pays en mauvaise posture comme l’Italie mais aussi la France ! Pour notre part, nous nous laissons passivement porter par notre process, et investissons là où  les occasions apparaissent au lieu d’orienter nos investissements sur des considérations macroéconomiques.

Nous avons le sentiment que cela ne se passe pas exactement comme cela pour vous qui semblez plus « interventionniste », ce qui nous amène à vous poser deux questions supplémentaire : de quelle manière tenez-vous compte des devises et des pays ? Et comment ou sur quel critères construisez-vous un a priori favorable ou défavorable sur telle devise ou tel pays ?

: La répartition par devises est vraiment accessoire, car si je trouve une action intéressante, il est évident que la devise ne me retient pas. Cependant, je gère mon portefeuille par devises et il est étonnant de constater qu’en certaines périodes, un marché peut être plus haussier que d’autres. Ca été le cas en 2013 pour la Grande-Bretagne, j’ai constaté à plusieurs reprises que l’ensemble des valeurs en GBP que je détenais performait mieux d’où l’a priori favorable, cela s’est produit ensuite pour le marché italien et en début d’année 2014, le rendement en GBP était plutôt négatif. Évidemment, j’intègre aussi le sentiment de marché, je suis un adepte de Bfm TV et il faut bien constater que des idioties influencent les cours. Je suis de près l’indice Vix, ainsi que le comportement des robots. Lorsque je dispose de liquidités plus importantes, je peux convertir aussi en dollars et GBP des montants importants (intéressant à partir de 25 000 euros). L’une des banques que j’utilise autorise la détention de comptes épargne dans les monnaies de votre choix, ce qui n’est pas le cas de tous les courtiers et entraîne donc des frais de change superflus.

Je dois préciser que les monnaies les plus utilisées étant l’euro, le dollar US, la livre sterling et le dollar canadien, j’observe les cours de change et il arrive qu’une partie de mes liquidités soient dans une autre monnaie (Exemple : dollar US quand l’euro est au-dessus de 1,40)

EDBG : Vous explicitez vraiment bien votre manière de faire avec des exemples et ce qui très intéressant, c’est que vous vendez une partie de votre position, tout en laissant filer une autre partie, mais en sécurisant, si cela revenait en arrière………Par exemple au sujet de Barratt notre constructeur britannique favori, vous nous dites ceci :

« Je n’ai pas vendu lorsque le stop a été atteint. J’ai ensuite vendu  la moitié de ma position à 324 et le solde à 424. »

A 324 Gbp, nous pouvons dire que vous avez « suivi » le cours un peu après la VANT. Mais pourquoi avoir vendu le solde à  424 et pas à 524, ou à 592 Gbp ? A quel moment ou à quel niveau de cours et pourquoi prenez-vous la décision de vendre…?

D :  Barrat est un exemple particulier parce que je connais bien le secteur. Je n’ai pas vendu au stop considérant le cours trop bas, j’avais donné lors d’un échange avec vous une limite à 400. Mais ce cours  n’a pas été atteint rapidement et j’ai donc sécurisé à 324. Il faut rappeler que je suis de très près les graphiques de cours de chaque action. Si vous examinez ce graphique vous verrez que d’avril 2013 à novembre 2013, le cours est resté dans la fourchette d’environ 330. J’ai pensé que le sommet était peut être celui-là et j’ai donc sécurisé mais en gardant la moitié, toujours selon le principe  que le solde ne me coutait plus rien.

Au cours de 424, (cfr graphique), il me semblait évident qu’il y aurait une pause à la hausse, ce qui s’est avéré exact, d’autant que les rumeurs de bulle immobilière britannique étaient évoquées et pouvaient avoir une incidence sur le cours. J’ai donc vendu le solde, mais suivrait de loin le cours.

investir avec l'analyse technique

Suivre des sociétés vendues est important parce que vous les connaissez bien et c’est un acquis à ne pas négliger. Il est dommage lorsque la société est vendue de laisser se perdre les connaissances que l’on en a.

EDBG : vous faites le constat suivant sur une partie de votre process : « Je suis bien conscient que cet ensemble est assez intuitif et donc aléatoire »

La partie intuitive de votre gestion semble extrêmement bien fonctionner dans un marché haussier.  Pensez-vous que cette partie intuitive puisse procurer aussi de la réussite dans un marché baissier ?  Pensez-vous pouvoir changer, voire modifier vos perceptions et donc la partie hors process dans des conditions de marché différentes ? Avez-vous déjà une idée de ce qui pourrait ne plus fonctionner de votre intuition dans un marché baissier et ce que vous pourriez mettre en place de différent ?

D : Je pense être mieux préparé à un marché baissier qu’antérieurement, mais je crois aussi que le portefeuille du site daubasses sera plus résistant globalement en pourcentage de rendement, par contre, je pense qu’au niveau du bénéfice réalisé le processus du groupe sera pénalisant.

Un mot d’explication : J’ai décidé de mon process en cas de marché baissier, je me renforcerai sur les actions jugées les plus intéressantes et là, la capacité de résistance est importante, notamment le ratio de solvabilité. Ce renforcement se fera par petites touches (point bas ?). Le renforcement pourra être important si le cours devient « ridicule », si le cas se présente, je ne tiendrai pas compte de mes pourcentages, mais déciderai au cas par cas.

Secondement, je prendrai mon bénéfice sur l’ensemble des sociétés ou le bénéfice potentiel est situé à partir de 70 %, pas de manière aveugle, parce certaines actions peuvent être contrariantes. Je considère que le bénéfice potentiel est sans intérêt, il n’existe pas, Seuls les pertes réalisées et le bénéfice réalisé ont une existence matérielle.

C’est la raison pour laquelle je comptabilise le réalisé. Prévoyant un tassement du marché, j’ai commencé la vente depuis plusieurs semaines et au 11 avril, le réalisé représente 108 % du bénéfice potentiel (calculé hors liquidités : départ 1er janvier 2014).

Se libérer du stop, permet la vente après le stop mais aussi avant celui-ci si retournement général ou individuel et autorise des allers retours comme mentionné antérieurement.

Et donc, je crois que lors d’un marché baissier mon rendement pourrait être inférieur mais que le réalisé sera supérieur. Mais ai-je raison ?

Il peut être intéressant de vous signaler que depuis le 1er janvier 2014, j’ai passé 53 ordres d’achats et ventes (15 avril 2014) qui ont été effectifs.

EDBG : Sur le renforcement d’une position. Vous savez que plus les marchés grimpent, plus nous devenons prudents et préférons ouvrir une nouvelle ligne qui pèse 1% voire 1,5% plutôt que directement 3,33% en nous disant que cela nous permettra de renforcer sur baisse des cours; en gros tout l’inverse du dicton :  ne jamais essayer de rattraper un couteau qui tombe. De quelle manière renforcez-vous une position ?

D : J’ai déjà répondu partiellement à cette question, Je renforce une position en fonction de l’évolution des news, de mon opinion et d’un potentiel supérieur à 100 %.

Nos amis sont très prudents,  leurs analyses le sont aussi, les décotes d’actifs sont élevées, j’en tiens compte  ce qui me conduit à me renforcer sur des sociétés là où nos amis ne bougent pas. Je pense notamment à Renewable Energy.

Dans ce domaine, je ne me souviens pas d’un échec (sauf nos chinois), par contre, je me souviens de ne pas m’être renforcé et de le regretter.

EDBG : De quelle manière agissez-vous, par exemple, face une tromperie de la direction dans le bilan, comme ce fut le cas pour nos chinoises, voire pour quelques autres sociétés ?

D : La tromperie de la direction est intolérable et implique un abandon du suivi de la société, bien que dans certaines situations où l’on est déjà engagé,  il faut bien  gérer afin de récupérer au mieux.

EDBG : Concernant la Chine, faites-vous un distinguo comme nous le faisons entre la Chine continentale « communiste » et la Chine en zone spéciale « capitaliste » comme Hong-Kong, Taïwan  et Macao ?

D : Je vous suis sur ce sujet, mais je pense aussi que sur des moyennes et big caps, (ou l’orgueil chinois intervient) ce verrou devra sauter. La Chine deviendra forcément plus sérieuse, mais dans quel délai ?

EDBG : Vous êtes-vous fixé un objectif de rendement annuel moyen à long terme ? Si oui, quelles sont vos aspirations ?

D : Une réponse facile mais qui correspond à ma situation personnelle évidemment, gagner est agréable, mais la motivation principale n’est pas celle-là. J’ai trouvé une occupation agréable que je considère comme un défi intellectuel, puis je battre le marché ? Cette occupation permet aussi de se connaître, mais surtout et c’est le plus important d’admettre que l’on se trompe et à partir de cela, de se corriger mais aussi d’entendre d’autres opinions sans les rejeter.

EDBG : Avez-vous d’autres points que nous n’avons pas abordés et qui font partie de votre style de gestion personnelle ?

D : Après quelques années d’abonnement au site, je me suis senti mal à l’aise quant au processus que je dénomme, sans doute à tort, trop mécanique et ne tenant compte pratiquement que d’éléments tangibles.

Je me forge donc une opinion intégrant ces éléments matériels mais en y ajoutant un sentiment personnel résultant d’un suivi long de la société  et d’une spéculation évidente. Je pondère aussi la grande prudence de nos amis en achetant aussi des sociétés non en portefeuille daubasses, mais analysées par eux.

Mais, paradoxalement, ayant compris  que je suis loin d’être infaillible, j’achète toutes les valeurs (sauf mes quelques modifications ; holdings, pays, etc…) achetées par le site, même lorsque je n’ai pas du tout envie d’acheter et que je les interroge en contestant, parce que plusieurs de ces achats à contre cœur se sont révélés de superbes opérations.

Mais lorsque j’achète ce genre d’actions, j’oublie mes réticences et si le cours chute, je me renforce, sauf perte de valeur.

Je me souviens d’une société ou j’ai écrit : « mais je serais mort depuis 50 ans, le jour où cette direction se mettra au boulot et fera remonter le cours » et aujourd’hui la direction s’est réveillée.

Je considère prendre plus de risques. L’épreuve finale sera le rendement obtenu lors d’un marché fortement baissier.

Je précise aussi que le bénéfice potentiel n’existe pas. Lorsqu’un bénéfice potentiel dépasse sept ou huit mille euros, je suis de très près la société et si ma conviction est un retournement de tendance, je ne m’occupe pas du stop et encaisse le bénéfice, quitte à revenir sur la valeur à un prix d’achat supérieur au prix initial : évidemment il doit demeurer un potentiel important et une conviction.

Une dernière remarque : contrairement à nos amis, lorsque la société se révèle pourrie (perte presque totale), c’est arrivé trois ou quatre fois, je ne vends pas et  conserve précieusement pour justifier d’une perte si les plus-values deviennent taxables.

EDBG : Vous nous reprochez gentiment notre approche trop « mécanique ». Tout l’intérêt de cette discussion, c’est nos différences d’approche dans un process globalement identique et donc nous ne pouvons pas considérer que vous jugiez notre process trop mécanique à tort puisque vous ne vous y sentez pas à l’aise. Si notre process vous semble trop mécanique, c’est donc qu’il l’est pour vous.

Vous nous donnez aussi l’occasion de focaliser sur des détails expliquant pourquoi notre process est mécanique, borné et extrêmement rigide.

Tout d’abord, nous devons le dire, nous ne nous faisons pas confiance en tant qu’investisseur pour agir de manière complètement intuitive même sur une partie de notre process.

Plus nous essayons de comprendre la psychologie de l’investisseur, plus cela nous conforte dans ce sens. Vous avez certainement lu les articles dans lesquels nous essayons de mettre en lumière tout une série de réflexes psychologiques qui sont ancrés en nous et qui nous font commettre un tas d’erreur et parfois même sans en avoir la moindre conscience. Car la logique de la vie est tout à fait différente de la logique de l’investisseur.

Second point, nous sommes 4 individualités pour « gérer » le portefeuille du club et aucun d’entre nous n’a le droit de prendre une décision seul. Chacun peut faire autant de propositions qu’il en a envie mais pour qu’une décision d’investissement soit entérinée, il faut l’accord de 3 membres sur les 4. Et pour convaincre une majorité de l’équipe, il est nécessaire d’argumenter. Chaque membre a bien entendu des intuitions sur telle ou telle société, sur tel ou tel pourcentage de départ ou de renforcement mais il ne peut les formuler qu’à l’intérieur du process et arguments à la clé.

Vous comprendrez donc que cette gestion collective a ses avantages et ses inconvénients par rapport à une gestion personnelle.

En gros, une gestion personnelle est nettement plus flexible que notre gestion collective. D’une autre côté, le cadre du process et l’obligation d’arguments pour soutenir des intuitions individuelles permet de gommer au maximum l’impression, le sentiment, la conviction…

En fait, nous tentons d’éliminer tout ce qui est du domaine de la perception qui selon nous peut être parasité par un plusieurs facteurs internes à la société mais également externes.

En résumé, nous investissons dans des actifs tangibles et nous voulons également que toutes les décisions d’investissement à l’intérieur de notre process soient activées par des arguments tangibles.

Nous ne disons en aucun cas que c’est bien ou mieux qu’une gestion plus flexible mais c’est ce que nous avons trouvé de mieux pour notre gestion collective à quatre.

D : Un mot  est excessif, il s’agit de « borné », j’ai toujours bien compris qu’un groupe devait se fixer des règles et s’y tenir, ce qui évidemment est plus facile pour moi, puisque Daniel ne doit que se convaincre.

EDBG : Merci Daniel pour ce partage d’expérience …

 

Portefeuille au 25 Avril 2014 : 5 ans 152 jours

  • Portefeuille : VL 7,3275 € (Frais de courtage et de change inclus)
  • Rendement Total : 625,26%
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  • Potentiel Estimé VANT / Cours 93,32%
  • .
  • Rendement Annualisé : 44,14%
  • Rendement 2014 : 5,51%
  • Rendement 2013 : 20,74%
  • Rendement 2012 : 24,19%
  • Rendement 2011 : -15,65%
  • Rendement 2010 : 38,07%
  • Rendement 2009 : 308,74%
  • Taux de Rotation Annualisé : 18,75%
  • Effet Devise Total : -2,49%

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  • Tracker ETF Lyxor MSCI World : VL 124,6873 € (Frais de courtage inclus et dividende réinvesti)
  • Rendement Total : 85,96%
  • Rendement Annualisé : 12,13%
  • Rendement 2014 : 1,05%
  • Rendement 2013 : 20,16%
  • Rendement 2012 : 11,20%
  • Rendement 2011 : -8,22%
  • Rendement 2010 : 18,76%
  • Rendement 2009 : 30,34%

 

* Nous rappelons que ce portefeuille est un investissement réel et que nos abonnés ont accès à l’ensemble des extraits de compte de notre club d’investissement qui démontrent la réalité des rendements affichés, nets de taxes boursières et d’impôts sous fiscalité belge

 

Mouvement(s) Hebdomadaire(s)

Achat : –

Renforcement : –

Vente : –

 

Performance mensuelle du portefeuille depuis sa création

 

4-Portefeuille-devenir rentier-berkshire-top invest

 

Détails du Portefeuille

 

1-Portefeuille-valeurs-décotées-net-net-Buffett-Graham

2-Portefeuille-Schloss-value-netcav-Indépendance financière

3-Portefeuille-affaire-gagner en bourse-s'enrichir

 

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Qui peut battre la performance des Daubasses ? Nos abonnés ! (1ère partie)

 

Depuis le 24 avril 2009, nous avons échangé plus de 6500 mails avec nos abonnés et lecteurs. Nous n’avions jamais imaginé au départ que la rencontre avec d’autres investisseurs puissent prendre une part aussi importante dans l’aventure « Daubasse ». Une manière d’investir finalement et quoi qu’on en dise plutôt « marginale ».

En fait, si nous sommes parvenus à créer des relations privilégiées basées sur le dialogue et l’échange, nous le devons sans doute à la ligne que nous avons choisie au départ, une ligne logique et de bon sens. Nous n’avons jamais voulu poser une relation maître – élève, voire investisseur « sachant » vs investisseur « ignorant » entre nos abonnés et nous et ceci tout simplement parce que nous ne savions pas plus qu’eux si la méthode que nous avions décidé d’appliquer avec nos propres deniers et en direct sur notre blog porterait ses fruits.benjamin graham

Le seul maître que nous connaissions était simplement Benjamin Graham. Nous tenons à dire que nous n’avons pas inventé le fil à couper le beurre. Nous nous sommes contentés de bien comprendre la théorie de Benjamin Graham, de l’ajuster avec les critères qui nous semblaient les mieux adaptés à nos personnalités, d’écrire le process que nous allions appliquer et qui a fait l’objet de très nombreux articles sur notre blog et ensuite d’appliquer ce process à la lettre.

Bien entendu, comme nous aimons aussi la créativité, nous avons aussi inventé quelques appellations « 100% Daubasse » comme la VLMV (pour Valeur en cas de Mise en Liquidation Volontaire), VANE (pour Valeur d’Actif Net Estate) ou VANTRe (pour Valeur d’Actif Net Tangible REntable).

Nous pensions aussi que toute personne dotée qu’un QI moyen était capable de comprendre la théorie de Benjamin Graham en lisant L’investisseur intelligent et en essayant de comprendre la comptabilité basique avec l’un ou l’autre bouquin comme, par exemple,  L’interprétation des Etats financiers de Benjamin Graham et Sprencer Meredith … ou encore en lisant la cinquantaine d’articles dans lesquels nous expliquons chaque point qui permet d’appliquer le process que nous nous sommes choisi avec des exemples concrets ainsi que les réponses que nous avons tenté d’apporter à nos questionnements.

En effet, pour déterminer un prix d’achat ou de vente par rapport aux actifs de la société, une décote sur la valeur net-net ou net-estate, il suffit de faire des additions, des multiplications, des soustractions ou des divisions en allant chercher quelques chiffres dans les postes du bilan.

Cinq ans et demi plus tard, nous n’avons pas changé d’un iota et nous pensons toujours que chaque investisseur décidé à appliquer la méthode d’investissement de Benjamin Graham doit d’abord faire l’effort de la comprendre, seul comme un grand, avec tous les outils à sa disposition.

Tout simplement parce qu’il doit l’adapter à sa personnalité d’investisseur, à l’ensemble de son patrimoine mais aussi aux sommes d’argent qu’il a décidé d’investir sur les Daubasses, à la fiscalité de son pays et à un tas d’éléments strictement personnelles. C’est pour cette raison que  « nous ne conseillons rien, nous expliquons juste ce que nous faisons, pourquoi nous le faisons, mais en aucun cas ce que vous devez faire ». Cette maxime que nous répétons à l’envi surprend parfois les nouveaux abonnés. Pourtant, une fois qu’on a compris notre ligne de conduite et admit le fait que nous fournissons principalement un travail de recherche et des analyses pour expliquer dans le détail pourquoi telle ou telle société correspond entièrement à nos critères, nous pouvons aller plus loin dans l’échange et le dialogue, d’investisseur à investisseur.

L’entretien qui va suivre va précisément vous amener au cœur de ce sujet et il constitue l’illustration de l’indépendance d’esprit de nos abonnés, au travail personnel qu’ils ont fourni à tous les niveaux et enfin à la performance qu’ils ont pu dégager.

Cette interview est pour nous un hommage à tous les investisseurs qui ont suivi notre aventure en restant eux-mêmes mais aussi une manière de montrer à tous ceux qui le liront comment fonctionne la « famille Daubasse ».

C’est, enfin, une possible réflexion et des pistes à exploiter pour affiner votre process ou le personnaliser davantage.

Daniel nous a contacté le 20 Août 2009** à 16H50 avec ce mail :

« J’ai envie de tenter l’expérience. Merci à vous de me communiquer un moyen de payer l’abonnement d’un an si j’ai bien compris.   Daniel »

 

** à l’époque l’abonnement consistait à des listes de « Daubasses », nous ne proposions pas de lettre, et donc pas la moindre analyse.

Les échanges que nous avons eus avec Daniel depuis presque 5 ans sont assez fabuleux et variés. Nous pouvons discuter de sociétés correspondant à nos critères comme de sociétés ne correspondant pas à nos critères mais aussi  d’une trouvaille de Daubasse qui nous a tout bonnement échappé et que Daniel a repéré.

Ensuite, il y a les infos sur ces sociétés où Daniel nous demande si nous sommes déjà au courant et nous fait immédiatement partager son analyse des faits ! Puis est venu le moment – depuis 2 ans environ – en plus de tous cela, où Daniel a commencé à nous communiquer sa performance en nous expliquant petit à petit les différences dans l’application de SON process. En gros, il nous a expliqué de quelle manière il a généré une performance supérieure au portefeuille Daubasse depuis au moins 2 ans.

C’est bien de cela qu’il est question dans cette interview. Comment générer une performance supérieure aux Daubasses avec un process inspiré de Benjamin Graham personnalisé et qui présente un nombre de différences par rapport au « process des « Daubasses »

L’Equipe des daubasses selon Benjamin Graham : Daniel, Bonjour. C’est un véritable plaisir pour nous de faire connaître à nos lecteurs un investisseur de votre trempe. Nous aurions aimé discuter tous les quatre avec vous en tête à tête autour de quelques Orval, mais ce n’est malheureusement pas possible. Nous avons donc choisi une interview par mail certes moins conviviale mais qui sera néanmoins percutante.

Daniel : Bonjour les amis. Au cours de cette interview, je serais amené à vous expliquer ce qui me différencie et donc ces différences peuvent apparaître comme critiques. Je tiens à préciser que chaque individu agit en fonction de sa personnalité et que ce serait une erreur que les gestionnaires modifient leur process car l’essentiel de mes activités boursières est fondée sur le process du site. Si les analyses et les achats étaient modifiés, je devrais modifier ma méthode car il est essentiel de construire un pourcentage important de son portefeuille sur des fondations solides et donc peu de risque. A chacun ensuite de moduler selon son tempérament et de gérer selon le risque qu’il peut supporter et dans mon esprit, le risque veut dire clairement quelle est la perte que vous pouvez supporter.

EDBG : Pourriez-vous vous présentez brièvement en tant qu’investisseur ?

D : J’ai toujours été un investisseur mais dans un domaine très différent de la bourse (immobilier), ce qui implique que le risque fait partie de ma vie. En 2007, lorsque j’ai cessé l’une de mes activités, j’ai disposé d’un capital à placer et me suis tourné vers les actions. Je précise que ma formation financière était nulle pour ce genre d’investissement et qu’actuellement je comprends les bases mais que je reste sur des fondamentaux simples parce que de tempérament je n’aime pas la complexité.

Je terminerai en précisant que gagner est important mais l’essentiel est de se confronter au jeu des marchés, ce qui me permet une agréable occupation.

EDBG : Pourriez-vous expliquer comment vous investissiez avant de faire partie de la famille « Daubasse » ?

: Considérant que le vent de folie de l’époque était exagéré pour des entreprises de qualité (mon raisonnement étant qu’une action vaut mieux que de la liquidité et oui à ce point), je me suis donc constitué progressivement un portefeuille sans aucun discernement sur base de conseils d’analystes, de lettres de placements et de choix personnels.

Evidemment, j’ai  beaucoup gagné, les cours étant au plus bas. Le bénéfice est resté potentiel, je n’ai rien vendu.

Par la suite, ce potentiel a disparu et je suis passé en pertes potentielles importantes. En 2009, j’avais donc un portefeuille d’une cinquantaine d’actions (une majorité en perte) et j’ai découvert le site des daubasses, ai décidé de m’y abonner sans plus de conviction que pour les autres lettres.

Cette expérience de pertes potentielles a été vitale. Elle m’a fait découvrir plusieurs  choses :

–           L’argent investi doit pouvoir y rester suffisamment longtemps pour que les pertes demeurent potentielles.

–           Perdre doit être accepté par l’investisseur

–           Acheter une action implique de connaître le mieux possible la société, ses comptes, son management, son bizness.

–           Suivre le troupeau est une erreur, mais ignorer les tendances de marché n’est pas mieux.

EDBG : Qu’est-ce qui vous a poussé à tenter l’expérience d’un abonnement ? En remettant les chose dans leur contexte du moment puisque nous proposions juste à nos abonnés des listes de sociétés correspondant à nos critères, en gros des listes « Daubasses » brutes de décoffrage et peu « sexy » mais qui étaient dans la ligne que nous avons tenté d’expliquer en introduction. A savoir responsabiliser au maximum l’investisseur en lui ayant fourni les outils pour comprendre ce que nous faisions et en lui laissant poser ses choix.

D : Abonné sans aucune conviction, mais cependant attiré par le discours et les small caps. Simplement en me disant pourquoi pas ?

J’ai donc commencé à ajouter des daubasses à mon portefeuille.

Pendant une longue période j’ai suivi strictement la politique du site, en achetant les mêmes volumes et en vendant aux mêmes moments. En reproduisant la technique que j’utilisai pour d’autres lettres.

Mais les résultats ont été différents (quand une action fait X 10)  et par conséquent, je me suis intéressé sérieusement à la technique et donc à l’analyse des comptes. Parce que, bien sûr, au départ je ne comprenais pas grand-chose.  J’ai ensuite décidé de changer de portefeuille et j’ai progressivement vendu sur base de remontées mes anciennes actions et me suis concentré sur les daubasses.

Je contactai régulièrement le site et les réponses reçues m’ont toujours fait comprendre que je devais faire mes devoirs et aussi que je devais prendre moins de risques.

J’ai pu maîtriser une tendance aux achats compulsifs.

EDBG : Quand nous sommes passés à la lettre mensuelle, qui, de notre point de vue est entièrement restée dans cette ligne de départ, y avez-vous trouvé un plus qualitatif ? Sur le fait que nous expliquions un peu plus le canevas d’une analyse, pourquoi une société correspondait à nos critères ainsi que les pièges que nous identifions et les raisons qui pourraient expliquer le désamour du marché ?

D : Une grande amélioration en ce qui me concerne. Les deux analyses présentées m’ont permis de savoir ce qu’il fallait examiner.

Le plus important, ce sont les news qui ont provoqué mes modifications de process.

Je place les analyses en dernière position parce j’ai modifié mon process et qu’étant en confiance totale avec les gestionnaires, j’achète en général avant la publication de l’analyse. Etant évident que ce système implique une relation de plusieurs années ayant démontré que les analyses sont excellentes puisque la Chine est éliminée et que j’ajoute personnellement les restrictions évoquées ci- après.

En précisant également qu’il faut au moins  détenir une trentaine de daubasses ce que je dépasse largement.

Par contre, la plupart des sociétés analysées mais non achetées par le site, sont souvent achetées par moi. (Selon le cours et le contenu de l’analyse)

Lorsque je ne suis pas un achat, les raisons sont les suivantes :

  • Cours plus élevé que l’achat du site
  • Holdings : je suis plus exigeant, mais je suis sur certains (Asie). La holding est un ensemble de sociétés, les suivre toutes n’est pas simple, certaines ne sont pas cotées, il y a aussi souvent une décote quasi permanente et je ne m’attends pas à voir une holding multiplier son cours par 5 ou 10. 
  • Mines d’or : je suis plus exigeant aussi mais ai aussi suivi sur certaines.
  • Pays : plus exigeant sur les pays de l’est et aussi l’inde.
  • Pas d’options

Les news étant donc, à mes yeux, l’apport le plus important des lettres mensuelles, l’idéal d’ailleurs serait qu’elles soient regroupées dans un ordre chronologique par société.

(NDLR : depuis notre sondage envoyée à nos abonnés il y a quelques jours, c’est une nouvelle fonction que nous avons ajoutée car nos abonnés nous ont sollicité de nouveau service. Toutes les news mensuelles des sociétés depuis le débuts des lettres mensuelles ont été synthétisés et classées par société.)

 

EDBG : Nous avons décidé de souscrire à cette dernière proposition car votre réflexion est pertinente. D’ailleurs, d’autres abonnés ayant répondu à un récent sondage vous ont rejoint sur cette idée : il est vrai que le suivi des sociétés dans les news, parfois sur plusieurs années, permet de détecter les améliorations tangibles inscrites dans le bilan. Elles informent également sur la stagnation ou encore la détérioration. Il peut bien entendu avoir des surprises à tous les niveaux mais nous pensons que certains signes d’amélioration peuvent être exploités, en renforcement par exemple si les décotes sont toujours suffisantes.

Ce n’est pas toujours le cas mais c’est possible. Les Daubasses ont, par exemple, réalisé un tel renforcement sur AV Homes dont le bilan s’est amélioré bien avant le début de la reprise immobilière aux USA. Par contre, nous avons été trop exigeants sur Adler Real Estate, une  foncière allemande que nous voulions pourtant aussi renforcer.

D’autre exemple nous viennent à l’esprit avec le parfumeur Parlux  qui avait perdu un contrat avec une marque de luxe qui pesait sur son chiffre d’affaires … un an plus tard, avec de nouveau contrat, il y avait des signes positifs au niveau du bilan … bien avant que le cours ne s’envole. TransWorld avait un business tellement out que nous n’avons jamais renforcé mais il est apparu à un certain moment que la direction faisait un travail extraordinaire, palpable dans le bilan, bien avant la première hausse de 100% du cours !

Nous venons donc de compiler toutes les news en les classant par société pour permettre à tous nos abonnés d’avoir une vision panoramique sur plusieurs trimestres, voire sur plusieurs années.

Ces fiches sont donc à disposition de nos abonnés dans la zone premium. Merci pour cette idée. Et merci également aux autres abonnés qui nous ont suggéré la même idée.

: Très bonne amélioration qui répond à une constatation simple ; les news de chaque société en portefeuille depuis un certain temps permettent de se faire une opinion, évidemment toujours faillible. Je crois aussi qu’une interaction avec vos abonnés et non sur le site public serait utile.

EDBG : Qu’est-ce que vous faites précisément avec le travail de recherche que nous vous proposons depuis le départ, avec les listes, et jusqu’à aujourd’hui avec les analyses ?

D : Je tiens sur Yahoo, une liste avec toutes les sociétés daubasses analysées que je n’ai pu acheter ou pas voulu acheter (une dizaine), je pense aussi créer une liste avec toutes les daubasses vendues, parce que une partie de l’évolution de mon process résulte de la constatation que la vente au stop n’est pas optimale et qu’en outre, certaines daubasses rechutent et méritent d’être rachetées.

Exemple : j’ai racheté French Connection au plus bas (+ de 100 %)

Les analyses sont conservées et relues avant tout renforcement, ainsi que les news publiées ainsi que le dernier stop du portefeuille daubasse.

EDBG : Qu’est-ce qui a radicalement changé dans votre manière d’investir depuis que vous êtes entré dans la famille Daubasse par rapport à ce que vous faisiez avant ?

D : Tout achat, autre que daubasses du site,  implique une analyse de l’ensemble de la société mais avec des critères moins sévères.

Aucun achat n’est spontané et me demandes plusieurs jours d’analyse et réflexion.

Mon portefeuille actuel comporte 78 actions : il me reste 3 actions de mon portefeuille initial dont une est bénéficiaire et j’ai environ 8 actions Small caps choisies personnellement, les daubasses en cours, une daubasse non vendue au stop, une ancienne daubasse rachetée, cinq sociétés analysées non achetées par le site et deux « coups de poker »

J’ai aussi un gros investissement sur une société minière que je considère comme décotée et qui aujourd’hui fait chuter lourdement mon rendement

Au total une vingtaine de sociétés ne sont pas des daubasses figurant dans le portefeuille du site.

Succinctement voici mes critères principaux pour mes autres achats, critères qui ne sont pas tous requis pour un achat (les critères essentiels sont soulignés) :

tous requis pour un achat (les critères essentiels sont soulignés) :

  • Pas de dettes
  • Du cash, beaucoup si pertes
  • Une valeur supérieure au cours      (-30 %)
  • Un bizness novateur, ou une      position dominante, un secteur que je connais (par ex : techno, immo)
  • Une clientèle diverse de      préférence internationale
  • Un passé sérieux (anciens      comptes et comportements)
  • Si techno : recherche et      développements
  • De l’immobilier en propre
  • Une direction actionnaire et qui      se soucie des actionnaires (les anglais sont bons en général sur ce point)
  • Achats d’initiés
  • Eviter les marchés OTC
  • Un cours qui a souffert
  • Pas de conflit, plaintes,      litiges ou autres

 

Avec le soutien du site, il est évidemment facile de gérer 80 sociétés puisque la majorité sont achetées sans analyse préalable.

Je considère que les critères très stricts éliminent pratiquement le risque, par conséquent, j’inclus dans mon portefeuille une diversification de risque plus élevé.

EDBG : Pourriez-vous nous indiquer quels sont les critères de notre process dont vous tenez également compte ?

D : Je suis les critères  mais  je tiens à préciser que je ne maîtrise pas encore entièrement l’ensemble des critères.  Je viens encore de commander un bouquin sur ces sujets.

La seule différence matérielle existante est le pourcentage de 3,33 % relatif à la diversification. Je n’avais pas réalisé pendant plus d’un an que  les achats avaient cette limite et n’en ai jamais tenu compte.(NDLR : un de nos critères consiste effectivement  à ne jamais investir plus de 3,33 % du total du portefeuille sur une seule ligne)

Je fonctionne différemment et par montant.

 

  1. J’ai besoin de « jouer » une part de risque : sur quelques sociétés à haut risque, je fixe un montant maximal que je considère peu élevé et qui représente un tiers de pourcent du montant total de mon portefeuille. Il s’agit souvent de sociétés analysées par l’équipe des daubasses mais sur lesquelles elle n’a pas investi (ex : CSF Group).
  2. Les daubasses : je prends les mêmes montants sur environ 50 % des situations. Pour le solde, je prends des montants inférieurs parce qu’il m’est apparu que le timing d’achat pouvait être meilleur. Sauf si je flashe directement,  je prends plus, mais c’est rare ; un seul cas : Benetton. La pondération normale est d’environ  deux pourcent pour une daubasse jugée correcte.
  3. Pour une daubasse prometteuse, je monte au-delà trois pourcent.
  4. La limite maximale pour une daubasse exceptionnelle est de six pourcent. (Exemple : Barrat). Mais jusqu’à présent je n’ai  pu mettre en pratique jusqu’à ce niveau (pour les daubasses).

En résumé, je respecte tous les critères sauf la pondération.

Ces montants ont été déterminés évidemment en fonction du total investi et de la liquidité en réserve, liquidité que je maintiens à 25 % du montant du portefeuille. (Rachats sur cas de catastrophe des marchés), mais pour le moment le pourcentage est de 36 % parce que j’ai encaissé 61 % du rendement de l’année 2014.

Quant au nombre d’actions, je pense que 80 actions est un maximum.

Par contre, je tiens compte des devises et des pays. J’ai actuellement un a priori favorable pour la Grande Bretagne et l’Italie.

Je rachète aussi à un cours inférieur dès 15 % de chute par rapport au cours d’achat selon la société bien sûr et aussi plus rarement à un cours supérieur selon mon sentiment relatif au news et selon mon opinion forgée.

Lorsque vous détenez une action depuis une année, vous vous forgez une opinion qui peut toujours être prise en défaut évidemment.

Après avoir suivi quelques actions vendues au stop (notamment Conns), j’ai décidé de changer ma méthode, de vendre parfois avant le stop ou de ne pas vendre au stop. Si je ne vends pas au stop, je me fixe un objectif de cours, cet objectif atteint et si je considère qu’il demeure un potentiel de hausse, je vends une partie  pour prendre le bénéfice et conserve une partie de ma position dont le coût d’achat est inférieur au bénéfice encaissé.

Par exemple : Amtech (achat au cours 3,68 $), vente de la moitié de la position au environ de 10 $ et non 6,6 $ comme le site, il me reste une position dont le prix d’achat est inférieur au bénéfice encaissé). Je pense que le cours pourrait atteindre 20 $ (cours actuel 12,7 $), mais franchement, je suis de loin, considérant l’essentiel de l’opération réalisée et je ne vendrai le solde qu’en cas de retournement durable et sous 10 $ ; sinon j’attends considérant que le solde actuel ne me coûte rien et donc, pour moi, je ne prends aucun risque.

En relisant l’analyse d’Amtech, vous comprendrez qu’il y a daubasses et daubasses. Certaines sont réellement des « accidents de parcours » et peuvent repartir de l’avant alors que d’autres sont vraiment des « mauvaises sociétés » qui n’ont comme seul intérêt de coter sous son patrimoine tangible. Je suis bien conscient que cet ensemble est assez intuitif et donc aléatoire.

Deux exemples peuvent être éclairants.

Si l’ensemble du portefeuille daubasses résiste bien aux fluctuations de marché irrationnelles, la daubasse individuelle peut être très cyclique.

Par exemple, Hutchinson a été achetée trois fois et vendue trois fois, la première fois un montant moyen, après une hausse moyenne, j’ai estimé la tendance baissière et ait vendu, la seconde fois, j’ai acheté un gros volume à un prix très bas (1,98). Après un certain temps, le bénéfice a atteint 15000 euros, et le cours a  entamé une baisse que j’ai jugé durable (analyse de graphique notamment), j’ai donc vendu avec un bénéfice de 10 000 euros. J’ai ensuite racheté un petit volume à 3 dollars et vendu avec nos amis sans bénéfice.

Plusieurs observations sur cet achat, la valeur de la société était en baisse régulière, et le business (production de tête de lecture de HDD) me laissait sceptique. La société interrogée maintenait qu’il n’y avait aucun problème de volume, or la technologie actuelle évolue à une vitesse phénoménale et les disques SSD en sont déjà à la deuxième génération et n’ont pas de tête de lecture. Le plus inquiétant était que cette société n’avait pas de nouveaux produits.

J’avais la conviction que le stop initial ne serait pas atteint et qu’il fallait prendre son bénéfice.

Un autre exemple, c’est Barrat que j’ai achetée autour de 50 pence pour un volume correct, et ensuite sur conviction relative aux news racheté à 100 pence ce qui a donné un prix moyen de 80. Connaissant bien le marché immobilier britannique et voyant les news élogieuses, je n’ai pas vendu lorsque le stop a été atteint. J’ai ensuite vendu la moitié de ma position à 324 et le solde à 424.

J’avais donc ici la conviction que le stop serait largement dépassé (désendettement, meilleure société immobilière, etc….)

Je ne réussis pas toujours : Scott liquid : les commentaires étaient négatifs et j’ai vendu à 0,45.

EDBG : Vous classez les daubasses en « correcte, prometteuse ou exceptionnelle ».  Or, nous avons presqu’envie de vous dire  avec un trait d’humour que nous n’avons jamais rencontré la moindre Daubasse qui soit « correcte, prometteuse ou exceptionnelle ». Les Daubasses que nous rencontrons, sont toujours et sans exception « assez  merdiques », « très merdiques » ou « ultra merdiques » ! Êtes-vous certains que vous êtes bien abonnés ? 😉

Plus sérieusement, nous comprenons que vous pilotez une partie de votre diversification au « feeling » et c’est un choix qui se respecte puisque c’est le vôtre. Pourriez-vous préciser à partir de quels critères vous rangez une Daubasse dans la catégorie « correcte », dans la catégorie « prometteuse » et dans la catégorie « exceptionnelle » ?

D : Excellente question, qui me fait réaliser une différence fondamentale entre nous, aucune de vos sociétés ne m’apparaît « merdique » ou « extra merdique ». Pour moi, ce sont des entreprises en difficulté, mais qui ont le bonheur d’être solvables et donc une possibilité matérielle de se redresser et d’apporter de la valeur à leurs actionnaires. Et de là, toute l’importance du suivi (news) qui permettent de juger du comportement de la direction.

Parce que l’élément essentiel est celui-là et donc vos news permettent une approche en ce sens, mais aussi je regarde le site de la société (mise à jour, informations, etc…) et aussi j’utilise les news de Google finance ou MSN, Financial Time, Seeking Alpha, des blogs  et aussi désormais des screeners tels que Finviz ou Stockpédia (payant).

Les catégories, une chose difficile à définir clairement, parce très intuitif et donc trompeur, mais une daubasse en portefeuille depuis 2008, avec un site non mis à jour, des informations peu fréquentes (ex : Traiton). Dans ce cas, j’hésite même à acheter, et j’attends un cours très bas (30 pourcents inférieur à votre prix d’achat)

Une daubasse normale l’est au moment de votre achat, mais je n’ai pas l’analyse donc, j’ai tendance à pondérer, et lors de la publication de l’analyse, j’ai une opinion favorable ou pas, selon tous vos critères, je suis très attaché à la recherche et développement, la valeur de liquidation, la réduction du déficit.

Nous avons, par exemple, un fabricant de meubles dont la direction me laisse sceptique.

La daubasse devient prometteuse s’il n’y a pas de perte de valeur, redressement des comptes, restructuration, déclarations et aussi achats d’initiés.

Un moment sur Crystalox (NDLR : un fabricant de silicium  que nous avons détenu en portefeuille et qui fera l’objet d’un prochain « bas les masques ») : voilà une daubasse qui nous a versé une somme importante ce qui démontre bien l’esprit anglo-saxon du souci de l’actionnaire, le secteur se redresse, la direction me semble active, j’ai déjà beaucoup de liquidités et nous ne trouvons que peu de daubasses. J’ai donc vendu la moitié de ma position en même temps que le site  et conservé le solde. J’estime que le cours pourrait en deux ans atteindre 60 pence, si … j’ai raison.

PS : Il s’agit d’une société que je ne voulais pas acheter, pour laquelle j’ai pensé : « mais pourquoi acheter cela ? ». J’ai acheté et ensuite, sur chute du cours, je me suis renforcé plus que le site, parce que j’ai changé d’avis, estimant le creux du secteur atteint (j’ai également acheté Yingli et Gamesa à des cours ridicules).

J’ai la conviction qu’il faut intégrer tous les éléments, y compris l’irrationnel des marchés.

Un autre exemple, nous détenons une société active dans le cuivre, qui me semble bien gérée, mais qui doit encaisser le contexte actuel, mais que je suis de très près, parce qu’au premier signal de reprise du marché, je doublerai ma position si les conditions évoquées antérieurement sont respectées (potentiel, etc….)

C’est donc une daubasse prometteuse.

 

==> la deuxième partie de l’interview

 

 

Portefeuille au 18 Avril 2014 : 5 ans 145 jours

  • Portefeuille : VL 7,3213 € (Frais de courtage et de change inclus)
  • Rendement Total : 624,64%
  • .
  • Potentiel Estimé VANT / Cours 92,16%
  • .
  • Rendement Annualisé : 44,31%
  • Rendement 2014 : 5,42%
  • Rendement 2013 : 20,74%
  • Rendement 2012 : 24,19%
  • Rendement 2011 : -15,65%
  • Rendement 2010 : 38,07%
  • Rendement 2009 : 308,74%
  • Taux de Rotation Annualisé : 18,75%
  • Effet Devise Total : -2,37%

.

  • Tracker ETF Lyxor MSCI World : VL 124,8107 € (Frais de courtage inclus et dividende réinvesti)
  • Rendement Total : 86,15%
  • Rendement Annualisé : 12,19%
  • Rendement 2014 : 1,15%
  • Rendement 2013 : 20,16%
  • Rendement 2012 : 11,20%
  • Rendement 2011 : -8,22%
  • Rendement 2010 : 18,76%
  • Rendement 2009 : 30,34%

* Nous rappelons que ce portefeuille est un investissement réel et que nos abonnés ont accès à l’ensemble des extraits de compte de notre club d’investissement qui démontrent la réalité des rendements affichés, nets de taxes boursières et d’impôts sous fiscalité belge

 

Performance mensuelle du portefeuille depuis sa création

 

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Détails du Portefeuille

 

1-Portefeuille-valeurs-décotées-net-net-Buffett-Graham

2-Portefeuille-Schloss-value-netcav-Indépendance financière

3-Portefeuille-affaire-gagner en bourse-s'enrichir

 

 

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Bas les masques : FFP

La société que nous démasquons aujourd’hui n’est pas une daubasse à proprement parler mais bien ce que nous considérons comme une diversification dans la valeur. Il s’agit de la holding FFP.

actifs cachésEn réalité, un investissement dans cette société se justifiait à l’époque, parce qu’il nous permettait d’investir dans une série de « big cap » françaises mais avec une splendide cerise sur le gâteau considérée comme tout à fait gratuite par le marché : le constructeur automobile Peugeot.

Le 24 février dernier, nous avons vendu nos actions.  En effet, lors du dernier pointage, nous nous sommes rendus compte que la décote « hors Peugeot » avait été ramenée à 10 % mais qu’en plus, il était question que la famille Peugeot (et donc en partie FFP) participe à l’augmentation de capital prévue dans le constructeur automobile aux côté de l’Etat français et du Chinois DongFeng.

En tenant compte de cette opération, nous avons considéré ne plus avoir de marge de sécurité « hors Peugeot » et avons donc décidé de vendre cette ligne, achetée le 15 mai 2012, après de bons et loyaux services : la plus-value s’établit à près de 70 % en moins de 2 ans, un résultat très satisfaisant pour un investissement « non daubasse » mais surtout une situation qui pouvait se résumer par « pile je gagne et face, je ne perds pas ».

Bien évidemment, nos abonnés ont été tenus au courant en temps presque réel de ces opérations.

Vous trouverez ci-dessous l’analyse que nous leur avions proposée dans notre lettre de juin 2012.

Excellente lecture !

FFP SA.

(Paris, Ticker: FFP.PA / ISIN : FR0000064784)

*Eligible au PEA*

Introduction

PeugeotFFP (Société Foncière, Financière et de Participations) est une société holding créée en 1929. Elle devient le premier actionnaire du constructeur automobile Peugeot en 1966.

Outre cette participation qui constitue un bon tiers de son portefeuille, l’entreprise détient toute une série de participations dans des sociétés cotées et non cotées.

Elle est toujours propriété et dirigée par la famille Peugeot.

Nous classons FFP comme diversification « value » dans une holding décotée mais aussi comme investissement « daubasse » de par la nature de sa principale ligne, Peugeot, complètement massacrée par le marché.

Comme pour les autres holdings que nous vous avons déjà présentées, nous allons tenter de valoriser FFP en fonction des valeurs de marché de ses principales participations calculées le 31 mai.

Ce calcul reste une évaluation approximative notamment en raison d’opérations menées après la clôture au 31/12 et pour laquelle nous ne disposons pas de suffisamment d’informations pour établir avec précision leur impact sur les comptes de FFP.

Néanmoins, nous avons tenté d’en tenir compte.

1. PSA Peugeot Citroën : c’est le plat de résistance et le principal poste du portefeuille de FFP. Au cours actuel de 7,98 euros, Peugeot « pèse » 21,39 euros par action FFP. On ne présente plus ce constructeur automobile présent essentiellement en Europe (pour ¾ de ses ventes) mais aussi sur le reste de la planète.

ceci nest pas un conseil boursier

Rappelons au passage que Peugeot détient aussi une participation majoritaire dans Faurecia, l’un des plus gros équipementiers automobiles mondiaux.

Nous relevons deux points au sujet de Peugeot : d’abord l’énorme crainte que la société inspire au marché. Pour le calcul de la valeur intrinsèque de FFP, nous avons valorisé le constructeur sur base de son cours de bourse mais celui-ci est largement inférieur à la valeur d’actif net tangible de la société.

chaîne de montage PeugeotSi nous avions décidé de reprendre Peugeot sur base de cette dernière, cette seule participation vaudrait 57 euros dans les comptes de notre holding.

Néanmoins, notre prudence de sioux nous recommande de ne pas anticiper outre mesure nos rêves et de ne pas les prendre pour des réalités … tant qu’ils ne sont pas devenus réalité.

Reconnaissons que la situation de Peugeot est difficile : active dans un secteur en crise avec un endettement très lourd à supporter, endettement un peu réduit grâce à la dernière augmentation de capital souscrite entre autre par General Motor et … FFP.

2. La 2e participation en importance est Zodiac, un des plus gros équipementiers aéronautiques au monde détenu à 5,8 % qui présente une croissance assez stable ces dernières années même si elle fut soutenue par quelques acquisitions. Au cours actuel de 78,83 euros, le poids de cette ligne est de 10,34 euros par action FFP.

3. En 2008, FFP a investi dans DKSH, une société suisse active dans les services de marketing et logistiques en Asie.

Lors de la récente introduction en bourse, FFP a cédé une partie de ses actions réalisant au passage une confortable plus-value multipliant par 3 son investissement de départ.

dksh

Elle a néanmoins conservé une participation de 6,9 % dans cette société qui nous semble un bon canal pour profiter de la hausse de la consommation en Asie. Au cours actuel de 48,50 CHF, cette ligne pèse environ 6,96 euros par action.

4. Un autre poids lourd mondial dans son secteur, SEB, spécialiste de l’électro-ménager, constitue une autre participation de choix grâce à une forte présence sur les marchés émergents (près de la moitié de ses ventes) et une croissance relativement régulière ces dernières années, à peine entachée par la crise de 2008-2009. Au cours actuel de 54,48 euros, SEB représente 5,48 euros par action FFP.orpea

5. Orpea est une participation récente pour notre holding et un bon moyen d’investir dans « l’or gris».

Il s’agit effectivement du premier exploitant européen de maisons de repos. Elle est active essentiellement en France avec quelques exploitations dans les pays limitrophes. Au cours actuel de 25,27 euros, cet investissement représente 3,83 euros par action.

6. Lisi est détenue par FFP grâce à deux biais différents : par une participation directe de 5,1 % mais aussi par une participation de 25,2 % dans la holding qui contrôle Lisi : CID.

Lisi produit des fixations à destination du secteur automobile et aéronautique et a entamé une diversification dans le domaine médical par la production en sous-traitance d’implants orthopédiques et dentaires. Les trois quarts des ventes sont réalisées en Europe.

Au cours actuel de 50,64, nous estimons que Lisi représente environ 4,20 euros par action FFP.

7. Grâce à l’apport d’immeubles qu’elle détenait, FFP est devenue actionnaire de l’Immobilière Dassault, une foncière active sur le marché parisien. Au cours actuel de 18,80 euros, elle représente 0,88 euros par action FFP.

8. Au travers d’une participation de 10 % dans le capital de LT, FFP est investie dans Ipsos, un spécialiste du marketing, des études de marché et des sondages.

Les ventes sont bien réparties au niveau mondial et la croissance est assez régulière même si elle se fait à coups d’acquisition et paiements de gros goodwill.

Au cours de 25,11 euros, cette petite ligne représente 0,77 euros par action.

9. Line Data Service est un groupe informatique dont la plus grande partie de la clientèle est active dans le secteur financier.

Les ventes sont réalisées pour ¾ en Europe. Au cours actuel de 13,98 euros, elle pèse 0,72 euros dans la valeur intrinsèque de FFP.

Néanmoins, cette société fait actuellement l’objet d’une offre publique de rachat partielle d’actions à 16 euros et FFP a fait savoir qu’elle comptait y apporter sa participation.

10. IDI est détenue à 10,1 %. Il s’agit d’une société de private equity fortement investie en France mais qui tend à se développer dans les pays émergents. Au cours de 21,30 euros, elle représente 0,60 euros par action.

11. FFP détient quelques participations non cotées que nous avons tenté de valoriser, de manière prudente, à 7,50 euros par action. On y trouve pêle-mêle :

– une participation de 5,1 % dans le capital SANEF qui gère des concessions sur des autoroutes françaises,

– une participation de 23 % dans Onet, un conglomérat actif, entre autres, dans les services de nettoyage pour les entreprises, la logistique aéroportuaire, la télésurveillance, la maintenance et la décontamination nucléaire.

– une participation de 72 % dans Château Guiraud, un domaine viticole

12. Nous relevons aussi que la holding détient toute une série de participation dans des fonds de capital investissement.

Les investissements sont effectués pour 40 % dans des fonds français et pour 45 % dans des fonds de pays émergents.

Au 31/12/2011, ces fonds représentaient une valeur de 4,53 euros par action FFP.

13. FFP détient également un immeuble qui sert de plate-forme logistique au groupe Peugeot et qui représente 0,68 euros par action.

14. Nous évaluons l’endettement actuel de FFP à 10,81 euros.

Compte tenu de ce qui suit et après déduction du dividende de 1,10 euros, nous établissons la valeur de marché de FFP au 31 mai 2012 à 55,97 euros.

Lorsque vous analysez le détail des participations de FFP, vous comprenez qu’un investissement dans cette holding n’est pas exactement équivalent à un investissement dans les autres holdings que nous vous avons présentées à ce jour.

Ceux-ci  détiennent des actions d’entreprises multinationales généralement « de qualité » et bien diversifiées tant sur le plan géographique que sectoriel.

Avec FFP, il faut avoir une conviction particulière sur le marché français mais aussi sur des secteurs aussi cycliques que l’automobile et le transport aérien (ces deux secteurs représentent 55 % de l’actif du groupe, sans compter la division aéroportuaire d’Onet).

Ceci pour vous expliquer pourquoi, comme nous vous l’annoncions en introduction, nous considérons plus notre achat FFP comme un investissement « daubasse » qu’une diversification « value ».

 « Ouais … mais, les amis, vous tentez tout de même un sacré pari sur une « non faillite » de Peugeot non ? »

Justement, cher(e) abonné(e), faites le calcul vous-même : la valeur de marché totale de FFP est de 55,97 euros, celle de la participation dans Peugeot de 21,39 euros. 55,97 – 21,39 = 34,58 euros … soit un cours sensiblement supérieur à notre cours d’achat de 28 euros (sur lequel nous avons déjà encaissé un dividende brut de 1,10 euro).

Donc, une marge de sécurité de près de 20 % après amputation de Peugeot…

Pour nous, FFP ressemble fortement à une situation « pile nous ne perdons rien » (en cas de faillite pure et simple de Peugeot) et « face nous gagnons beaucoup » (au cas où, par exemple, Peugeot se redresserait et verrait, par exemple, son cours rejoindre sa VANT et donc, porter la valeur de marché de FFP à 92 euros).

 

Portefeuille au 11 avril 2014 : 5 ans 138 jours

  • Portefeuille : VL 7,3531 € (Frais de courtage et de change inclus)
  • Rendement Total : 627,79%
  • .
  • Potentiel Estimé VANT / Cours 90,85%
  • .
  • Rendement Annualisé : 44,61%
  • Rendement 2014 : 5,87%
  • Rendement 2013 : 20,74%
  • Rendement 2012 : 24,19%
  • Rendement 2011 : -15,65%
  • Rendement 2010 : 38,07%
  • Rendement 2009 : 308,74%
  • Taux de Rotation Annualisé : 18,75%
  • Effet Devise Total : -2,89%

.

  • Tracker ETF Lyxor MSCI World : VL 122,2811 € (Frais de courtage inclus et dividende réinvesti)
  • Rendement Total : 82,37%
  • Rendement Annualisé : 11,81%
  • Rendement 2014 : -0,90%
  • Rendement 2013 : 20,16%
  • Rendement 2012 : 11,20%
  • Rendement 2011 : -8,22%
  • Rendement 2010 : 18,76%
  • Rendement 2009 : 30,34%

 

* Nous rappelons que ce portefeuille est un investissement réel et que nos abonnés ont accès à l’ensemble des extraits de compte de notre club d’investissement qui démontrent la réalité des rendements affichés, nets de taxes boursières et d’impôts sous fiscalité belge

 

Performance mensuelle du portefeuille depuis sa création

 

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Détails du Portefeuille

 

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Les Chroniques de l’investisseur chronique : l’effet de levier ?

chronique investisseurCe texte fait partie de la série proposée par notre ami-chroniqueur Laurent Muller.

Même si nous ne partageons pas tout-à-fait les mêmes principes d’investissement, nous nous sommes trouvés énormément de points communs et les raisonnements développés par Laurent nous ont paru marqués par le sceau du bon sens.

Il nous a semblé intéressant de vous faire profiter de ces raisonnements et c’est la raison pour laquelle Laurent tiendra, sur ce blog et à intervalles réguliers, une chronique présentant ses principes d’investissement.

Ce sera l’occasion de débattre avec l’équipe des daubasses mais aussi avec vous, ami( e) lecteur(trice) des sujets qui seront développés par notre ami.

 

Ce message ne prétend pas avoir valeur universelle mais reflète simplement mon opinion à ce jour sur la question et a vocation à susciter un débat argumenté.

 

Introduction

Pendant de nombreuses années, j’ai considéré l’endettement et l’effet de levier comme le mal absolu et ne pouvais pas concevoir qu’une personne rationnelle pouvait acheter un bien à crédit. Pour moi, il fallait acheter avec ses liquidités ou ne pas acheter, y compris pour l’immobilier. Vous connaissez mon côté binaire et tranché. J’ai appris avec le temps à être plus mesuré, bien que je revienne de loin sur le sujet.

 

L’endettement – Un mal ?

Comme chacun sait, s’endetter pour acheter un bien a un coût. Lequel d’entre nous encouragerait un ami à contracter un crédit revolving ayant un TEG de 20 % pour acheter un téléviseur dernier cri ? Comment accepter le risque de surendettement associé ? Si je perds demain mon emploi, n’aurais-je pas le couteau sous la gorge ? L’endettement n’est-il pas caractéristique d’une personne vivant au-dessus de ses moyens ?

C’est principalement contre ces effets négatifs que mon opposition de principe s’élevait.

 

L’endettement – Un bien ?

J’ai reconsidéré ma position à la lumière des 2 éléments suivants:

  • Certains investissements permettent d’obtenir une rentabilité supérieure au taux du crédit.
  • Pour ne pas risquer le scénario du surendettement, il faut se placer dans une situation dans laquelle notre patrimoine net (si possible liquide) est supérieur à la dette.

En respectant ces deux règles, l’endettement apparaît sous un jour positif.

 

 

Le levier – Qu’est-ce que c’est ?

L’effet de levier lié à l’endettement est simplement un amplificateur: il accentue les situations positives comme les situations négatives. Plus l’endettement est fort, par rapport au patrimoine net, plus l’amplification est forte: c’est le niveau de levier. L’amplification a également un coût.

accéder à l'indépendance financière avec le levier de l'endettement

 

Niveau de levier direct

En fonction du type d’investissement réalisé, les conditions de crédit ne seront pas les mêmes.

Un emprunt pour acheter des actions (crédit lombard) se fera généralement dans des conditions assez défavorables comme indiqué dans la précédente chronique.

Si l’investisseur ne veut pas être forcé de vendre au mauvais moment et tenir compte de l’effet de levier indirect sur les actions, il ne faut pas, à mon avis, emprunter plus d’un quart de son patrimoine net pour acheter des actions.

Pour un emprunt immobilier, les conditions de crédit sont habituellement bien meilleures:

  • Le bien immobilier acheté suffit à garantir le crédit.
  • Si le marché immobilier baisse, votre banquier ne va pas exiger un appel de marges pour reconstituer la garantie.
  • Il est possible d’obtenir un taux fixe correct.
  • Les durées d’emprunt peuvent être longues.

Pour un emprunt immobilier, il semble raisonnable de ne pas emprunter plus de 100 % de son patrimoine net par ailleurs (sauf pour se constituer un patrimoine en partant de 0, comme expliqué ci-après).

 

Niveau de levier indirect sur les accéder à l'indépendance financière avec l'effet de levieractions

Le passif des entreprises est principalement constitué de dettes et de capitaux propres. En achetant une action, l’investisseur est exposé au levier de l’entreprise. Il s’agit donc d’un levier indirect. J’applique généralement aux entreprises les mêmes règles que je m’impose à moi-même, lors de ma sélection: l’endettement doit si possible être inférieur aux capitaux propres et les actifs circulant doivent permettre de rembourser immédiatement la dette, si nécessaire.

Je préfère éviter les produits à fort levier en bourse (warrants, turbos, options, etc…), sauf à se placer dans une situation dans laquelle le fort levier est atténué par un actif liquide sans levier (ce qui permet de faire descendre le levier global).

 

L’effet de levier – Attention aux effets secondaires !

Vous avez trouvé un investissement immobilier avec un rendement brut de 10 % et des crédits à 20 ans autour de 3 %. Partant d’un patrimoine net de 100 000 euros, vous empruntez 1 million d’euros, la marge bénéficiaire au-delà de l’autofinancement permettant de convaincre votre banquier du bien fondé de l’opération. Jusque là tout va très bien: gérant correctement vos biens, vous parvenez à maintenir ce niveau de revenu et bénéficiez à plein du différentiel entre revenus et taux du crédit.

Mais soudain, en raison d’un accident de la vie, de l’explosion d’une centrale nucléaire située à proximité ou à cause de la perte de l’attractivité économique de la région, rien ne va plus. Vous vous retrouvez surendetté alors que vous êtes un bon gérant, incapable de faire face à la situation. Ces risques sont peu probables, j’en conviens, mais leur sévérité est majeure, ce qui montre qu’un niveau de levier trop élevé vous expose à un risque de surendettement.

Il ne me semble pas nécessairement irrationnel de s’exposer à ce type de risques pour une période de temps très limitée (5 ou 10 ans ?) afin de se constituer rapidement un patrimoine en partant de 0. Par contre, il semble nécessaire de réduire la voilure (i.e. le niveau de levier) dès que possible, pour ne pas risquer de se brûler les ailes.

 

L’endettement et l’inflation

L’un des risques majeurs et sournois pour les personnes disposant d’un patrimoine est l’inflation. Placer son patrimoine dans l’immobilier ou en actions (lorsque les entreprises sont capables de répercuter auprès de leurs clients les hausses des coûts de leurs fournisseurs) est une bonne protection contre l’inflation. Un placement monétaire sera à l’inverse généralement dévoré par l’inflation.

L’endettement est un outil permettant non seulement de se protéger contre l’inflation mais même d’en bénéficier. En empruntant de la monnaie à taux fixe, qui subit l’inflation, et en achetant un bien l’en protégeant (immobilier / actions), l’investisseur en bénéficie.

Pour les personnes ayant atteint l’indépendance financière, cet outil peut être particulièrement puissant. Avec un crédit in fine à taux fixe à un taux raisonnable sur une période longue pour un montant globalement équivalent à son patrimoine net, acquérir des immeubles de rapport à forte rentabilité brute (supérieur à 10 %) permettra non seulement de protéger l’ensemble de son patrimoine contre l’inflation, afin d’éviter qu’il ne se réduise comme peau de chagrin, mais également de bénéficier de cet effet.

 

Conclusion

De mon côté, vivant mal le risque de surendettement, je n’abuse pas du levier et reste dans une configuration sereine dans laquelle l’endettement est inférieur au patrimoine net liquide, en investissant le montant du crédit dans l’immobilier, même si je préfère l’investissement en actions. En revanche, je ne crains pas le risque d’arriver à un patrimoine nul en cas d’évolution peu probable très défavorable de mon patrimoine (car mon niveau de vie ne changerait pas dans ce cas) et parce que l’espérance mathématique de mes investissements est positive.

Un levier autour d’un quart de mon patrimoine net pour acheter des actions pourrait également constituer un prolongement logique de ma stratégie (le risque de ne pas pouvoir faire face à une évolution défavorable du prix des actions est alors très atténué).

Pour prolonger la discussion, n’hésitez pas à indiquer en commentaire le niveau de levier qui vous semble raisonnable, en précisant les classes d’actifs correspondantes et vos raisons ((ndlr : nous avions abordé la manière dont Warren Buffett utilise du levier dans cet article)

 

Portefeuille au 4 Avril 2014 : 5 ans 131 jours

  • Portefeuille : VL 7,5113 € (Frais de courtage et de change inclus)
  • Rendement Total : 643,45%
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  • Potentiel Estimé VANT / Cours 87,80%
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  • Rendement Annualisé : 45,35%
  • Rendement 2014 : 8,15%
  • Rendement 2013 : 20,74%
  • Rendement 2012 : 24,19%
  • Rendement 2011 : -15,65%
  • Rendement 2010 : 38,07%
  • Rendement 2009 : 308,74%
  • Taux de Rotation Annualisé : 18,75%
  • Effet Devise Total : -1,68%

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  • Tracker ETF Lyxor MSCI World : VL 127,1141 € (Frais de courtage inclus et dividende réinvesti)
  • Rendement Total : 89,58%
  • Rendement Annualisé : 12,66%
  • Rendement 2014 : 3,02%
  • Rendement 2013 : 20,16%
  • Rendement 2012 : 11,20%
  • Rendement 2011 : -8,22%
  • Rendement 2010 : 18,76%
  • Rendement 2009 : 30,34%

 

* Nous rappelons que ce portefeuille est un investissement réel et que nos abonnés ont accès à l’ensemble des extraits de compte de notre club d’investissement qui démontrent la réalité des rendements affichés, nets de taxes boursières et d’impôts sous fiscalité belge

 

Performance mensuelle du portefeuille depuis sa création

 

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Détails du Portefeuille

 

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