Qui peut battre la performance des Daubasses ? Nos abonnés ! (1ère partie)

 

Depuis le 24 avril 2009, nous avons échangé plus de 6500 mails avec nos abonnés et lecteurs. Nous n’avions jamais imaginé au départ que la rencontre avec d’autres investisseurs puissent prendre une part aussi importante dans l’aventure « Daubasse ». Une manière d’investir finalement et quoi qu’on en dise plutôt « marginale ».

En fait, si nous sommes parvenus à créer des relations privilégiées basées sur le dialogue et l’échange, nous le devons sans doute à la ligne que nous avons choisie au départ, une ligne logique et de bon sens. Nous n’avons jamais voulu poser une relation maître – élève, voire investisseur « sachant » vs investisseur « ignorant » entre nos abonnés et nous et ceci tout simplement parce que nous ne savions pas plus qu’eux si la méthode que nous avions décidé d’appliquer avec nos propres deniers et en direct sur notre blog porterait ses fruits.benjamin graham

Le seul maître que nous connaissions était simplement Benjamin Graham. Nous tenons à dire que nous n’avons pas inventé le fil à couper le beurre. Nous nous sommes contentés de bien comprendre la théorie de Benjamin Graham, de l’ajuster avec les critères qui nous semblaient les mieux adaptés à nos personnalités, d’écrire le process que nous allions appliquer et qui a fait l’objet de très nombreux articles sur notre blog et ensuite d’appliquer ce process à la lettre.

Bien entendu, comme nous aimons aussi la créativité, nous avons aussi inventé quelques appellations « 100% Daubasse » comme la VLMV (pour Valeur en cas de Mise en Liquidation Volontaire), VANE (pour Valeur d’Actif Net Estate) ou VANTRe (pour Valeur d’Actif Net Tangible REntable).

Nous pensions aussi que toute personne dotée qu’un QI moyen était capable de comprendre la théorie de Benjamin Graham en lisant L’investisseur intelligent et en essayant de comprendre la comptabilité basique avec l’un ou l’autre bouquin comme, par exemple,  L’interprétation des Etats financiers de Benjamin Graham et Sprencer Meredith … ou encore en lisant la cinquantaine d’articles dans lesquels nous expliquons chaque point qui permet d’appliquer le process que nous nous sommes choisi avec des exemples concrets ainsi que les réponses que nous avons tenté d’apporter à nos questionnements.

En effet, pour déterminer un prix d’achat ou de vente par rapport aux actifs de la société, une décote sur la valeur net-net ou net-estate, il suffit de faire des additions, des multiplications, des soustractions ou des divisions en allant chercher quelques chiffres dans les postes du bilan.

Cinq ans et demi plus tard, nous n’avons pas changé d’un iota et nous pensons toujours que chaque investisseur décidé à appliquer la méthode d’investissement de Benjamin Graham doit d’abord faire l’effort de la comprendre, seul comme un grand, avec tous les outils à sa disposition.

Tout simplement parce qu’il doit l’adapter à sa personnalité d’investisseur, à l’ensemble de son patrimoine mais aussi aux sommes d’argent qu’il a décidé d’investir sur les Daubasses, à la fiscalité de son pays et à un tas d’éléments strictement personnelles. C’est pour cette raison que  « nous ne conseillons rien, nous expliquons juste ce que nous faisons, pourquoi nous le faisons, mais en aucun cas ce que vous devez faire ». Cette maxime que nous répétons à l’envi surprend parfois les nouveaux abonnés. Pourtant, une fois qu’on a compris notre ligne de conduite et admit le fait que nous fournissons principalement un travail de recherche et des analyses pour expliquer dans le détail pourquoi telle ou telle société correspond entièrement à nos critères, nous pouvons aller plus loin dans l’échange et le dialogue, d’investisseur à investisseur.

L’entretien qui va suivre va précisément vous amener au cœur de ce sujet et il constitue l’illustration de l’indépendance d’esprit de nos abonnés, au travail personnel qu’ils ont fourni à tous les niveaux et enfin à la performance qu’ils ont pu dégager.

Cette interview est pour nous un hommage à tous les investisseurs qui ont suivi notre aventure en restant eux-mêmes mais aussi une manière de montrer à tous ceux qui le liront comment fonctionne la « famille Daubasse ».

C’est, enfin, une possible réflexion et des pistes à exploiter pour affiner votre process ou le personnaliser davantage.

Daniel nous a contacté le 20 Août 2009** à 16H50 avec ce mail :

« J’ai envie de tenter l’expérience. Merci à vous de me communiquer un moyen de payer l’abonnement d’un an si j’ai bien compris.   Daniel »

 

** à l’époque l’abonnement consistait à des listes de « Daubasses », nous ne proposions pas de lettre, et donc pas la moindre analyse.

Les échanges que nous avons eus avec Daniel depuis presque 5 ans sont assez fabuleux et variés. Nous pouvons discuter de sociétés correspondant à nos critères comme de sociétés ne correspondant pas à nos critères mais aussi  d’une trouvaille de Daubasse qui nous a tout bonnement échappé et que Daniel a repéré.

Ensuite, il y a les infos sur ces sociétés où Daniel nous demande si nous sommes déjà au courant et nous fait immédiatement partager son analyse des faits ! Puis est venu le moment – depuis 2 ans environ – en plus de tous cela, où Daniel a commencé à nous communiquer sa performance en nous expliquant petit à petit les différences dans l’application de SON process. En gros, il nous a expliqué de quelle manière il a généré une performance supérieure au portefeuille Daubasse depuis au moins 2 ans.

C’est bien de cela qu’il est question dans cette interview. Comment générer une performance supérieure aux Daubasses avec un process inspiré de Benjamin Graham personnalisé et qui présente un nombre de différences par rapport au « process des « Daubasses »

L’Equipe des daubasses selon Benjamin Graham : Daniel, Bonjour. C’est un véritable plaisir pour nous de faire connaître à nos lecteurs un investisseur de votre trempe. Nous aurions aimé discuter tous les quatre avec vous en tête à tête autour de quelques Orval, mais ce n’est malheureusement pas possible. Nous avons donc choisi une interview par mail certes moins conviviale mais qui sera néanmoins percutante.

Daniel : Bonjour les amis. Au cours de cette interview, je serais amené à vous expliquer ce qui me différencie et donc ces différences peuvent apparaître comme critiques. Je tiens à préciser que chaque individu agit en fonction de sa personnalité et que ce serait une erreur que les gestionnaires modifient leur process car l’essentiel de mes activités boursières est fondée sur le process du site. Si les analyses et les achats étaient modifiés, je devrais modifier ma méthode car il est essentiel de construire un pourcentage important de son portefeuille sur des fondations solides et donc peu de risque. A chacun ensuite de moduler selon son tempérament et de gérer selon le risque qu’il peut supporter et dans mon esprit, le risque veut dire clairement quelle est la perte que vous pouvez supporter.

EDBG : Pourriez-vous vous présentez brièvement en tant qu’investisseur ?

D : J’ai toujours été un investisseur mais dans un domaine très différent de la bourse (immobilier), ce qui implique que le risque fait partie de ma vie. En 2007, lorsque j’ai cessé l’une de mes activités, j’ai disposé d’un capital à placer et me suis tourné vers les actions. Je précise que ma formation financière était nulle pour ce genre d’investissement et qu’actuellement je comprends les bases mais que je reste sur des fondamentaux simples parce que de tempérament je n’aime pas la complexité.

Je terminerai en précisant que gagner est important mais l’essentiel est de se confronter au jeu des marchés, ce qui me permet une agréable occupation.

EDBG : Pourriez-vous expliquer comment vous investissiez avant de faire partie de la famille « Daubasse » ?

: Considérant que le vent de folie de l’époque était exagéré pour des entreprises de qualité (mon raisonnement étant qu’une action vaut mieux que de la liquidité et oui à ce point), je me suis donc constitué progressivement un portefeuille sans aucun discernement sur base de conseils d’analystes, de lettres de placements et de choix personnels.

Evidemment, j’ai  beaucoup gagné, les cours étant au plus bas. Le bénéfice est resté potentiel, je n’ai rien vendu.

Par la suite, ce potentiel a disparu et je suis passé en pertes potentielles importantes. En 2009, j’avais donc un portefeuille d’une cinquantaine d’actions (une majorité en perte) et j’ai découvert le site des daubasses, ai décidé de m’y abonner sans plus de conviction que pour les autres lettres.

Cette expérience de pertes potentielles a été vitale. Elle m’a fait découvrir plusieurs  choses :

–           L’argent investi doit pouvoir y rester suffisamment longtemps pour que les pertes demeurent potentielles.

–           Perdre doit être accepté par l’investisseur

–           Acheter une action implique de connaître le mieux possible la société, ses comptes, son management, son bizness.

–           Suivre le troupeau est une erreur, mais ignorer les tendances de marché n’est pas mieux.

EDBG : Qu’est-ce qui vous a poussé à tenter l’expérience d’un abonnement ? En remettant les chose dans leur contexte du moment puisque nous proposions juste à nos abonnés des listes de sociétés correspondant à nos critères, en gros des listes « Daubasses » brutes de décoffrage et peu « sexy » mais qui étaient dans la ligne que nous avons tenté d’expliquer en introduction. A savoir responsabiliser au maximum l’investisseur en lui ayant fourni les outils pour comprendre ce que nous faisions et en lui laissant poser ses choix.

D : Abonné sans aucune conviction, mais cependant attiré par le discours et les small caps. Simplement en me disant pourquoi pas ?

J’ai donc commencé à ajouter des daubasses à mon portefeuille.

Pendant une longue période j’ai suivi strictement la politique du site, en achetant les mêmes volumes et en vendant aux mêmes moments. En reproduisant la technique que j’utilisai pour d’autres lettres.

Mais les résultats ont été différents (quand une action fait X 10)  et par conséquent, je me suis intéressé sérieusement à la technique et donc à l’analyse des comptes. Parce que, bien sûr, au départ je ne comprenais pas grand-chose.  J’ai ensuite décidé de changer de portefeuille et j’ai progressivement vendu sur base de remontées mes anciennes actions et me suis concentré sur les daubasses.

Je contactai régulièrement le site et les réponses reçues m’ont toujours fait comprendre que je devais faire mes devoirs et aussi que je devais prendre moins de risques.

J’ai pu maîtriser une tendance aux achats compulsifs.

EDBG : Quand nous sommes passés à la lettre mensuelle, qui, de notre point de vue est entièrement restée dans cette ligne de départ, y avez-vous trouvé un plus qualitatif ? Sur le fait que nous expliquions un peu plus le canevas d’une analyse, pourquoi une société correspondait à nos critères ainsi que les pièges que nous identifions et les raisons qui pourraient expliquer le désamour du marché ?

D : Une grande amélioration en ce qui me concerne. Les deux analyses présentées m’ont permis de savoir ce qu’il fallait examiner.

Le plus important, ce sont les news qui ont provoqué mes modifications de process.

Je place les analyses en dernière position parce j’ai modifié mon process et qu’étant en confiance totale avec les gestionnaires, j’achète en général avant la publication de l’analyse. Etant évident que ce système implique une relation de plusieurs années ayant démontré que les analyses sont excellentes puisque la Chine est éliminée et que j’ajoute personnellement les restrictions évoquées ci- après.

En précisant également qu’il faut au moins  détenir une trentaine de daubasses ce que je dépasse largement.

Par contre, la plupart des sociétés analysées mais non achetées par le site, sont souvent achetées par moi. (Selon le cours et le contenu de l’analyse)

Lorsque je ne suis pas un achat, les raisons sont les suivantes :

  • Cours plus élevé que l’achat du site
  • Holdings : je suis plus exigeant, mais je suis sur certains (Asie). La holding est un ensemble de sociétés, les suivre toutes n’est pas simple, certaines ne sont pas cotées, il y a aussi souvent une décote quasi permanente et je ne m’attends pas à voir une holding multiplier son cours par 5 ou 10. 
  • Mines d’or : je suis plus exigeant aussi mais ai aussi suivi sur certaines.
  • Pays : plus exigeant sur les pays de l’est et aussi l’inde.
  • Pas d’options

Les news étant donc, à mes yeux, l’apport le plus important des lettres mensuelles, l’idéal d’ailleurs serait qu’elles soient regroupées dans un ordre chronologique par société.

(NDLR : depuis notre sondage envoyée à nos abonnés il y a quelques jours, c’est une nouvelle fonction que nous avons ajoutée car nos abonnés nous ont sollicité de nouveau service. Toutes les news mensuelles des sociétés depuis le débuts des lettres mensuelles ont été synthétisés et classées par société.)

 

EDBG : Nous avons décidé de souscrire à cette dernière proposition car votre réflexion est pertinente. D’ailleurs, d’autres abonnés ayant répondu à un récent sondage vous ont rejoint sur cette idée : il est vrai que le suivi des sociétés dans les news, parfois sur plusieurs années, permet de détecter les améliorations tangibles inscrites dans le bilan. Elles informent également sur la stagnation ou encore la détérioration. Il peut bien entendu avoir des surprises à tous les niveaux mais nous pensons que certains signes d’amélioration peuvent être exploités, en renforcement par exemple si les décotes sont toujours suffisantes.

Ce n’est pas toujours le cas mais c’est possible. Les Daubasses ont, par exemple, réalisé un tel renforcement sur AV Homes dont le bilan s’est amélioré bien avant le début de la reprise immobilière aux USA. Par contre, nous avons été trop exigeants sur Adler Real Estate, une  foncière allemande que nous voulions pourtant aussi renforcer.

D’autre exemple nous viennent à l’esprit avec le parfumeur Parlux  qui avait perdu un contrat avec une marque de luxe qui pesait sur son chiffre d’affaires … un an plus tard, avec de nouveau contrat, il y avait des signes positifs au niveau du bilan … bien avant que le cours ne s’envole. TransWorld avait un business tellement out que nous n’avons jamais renforcé mais il est apparu à un certain moment que la direction faisait un travail extraordinaire, palpable dans le bilan, bien avant la première hausse de 100% du cours !

Nous venons donc de compiler toutes les news en les classant par société pour permettre à tous nos abonnés d’avoir une vision panoramique sur plusieurs trimestres, voire sur plusieurs années.

Ces fiches sont donc à disposition de nos abonnés dans la zone premium. Merci pour cette idée. Et merci également aux autres abonnés qui nous ont suggéré la même idée.

: Très bonne amélioration qui répond à une constatation simple ; les news de chaque société en portefeuille depuis un certain temps permettent de se faire une opinion, évidemment toujours faillible. Je crois aussi qu’une interaction avec vos abonnés et non sur le site public serait utile.

EDBG : Qu’est-ce que vous faites précisément avec le travail de recherche que nous vous proposons depuis le départ, avec les listes, et jusqu’à aujourd’hui avec les analyses ?

D : Je tiens sur Yahoo, une liste avec toutes les sociétés daubasses analysées que je n’ai pu acheter ou pas voulu acheter (une dizaine), je pense aussi créer une liste avec toutes les daubasses vendues, parce que une partie de l’évolution de mon process résulte de la constatation que la vente au stop n’est pas optimale et qu’en outre, certaines daubasses rechutent et méritent d’être rachetées.

Exemple : j’ai racheté French Connection au plus bas (+ de 100 %)

Les analyses sont conservées et relues avant tout renforcement, ainsi que les news publiées ainsi que le dernier stop du portefeuille daubasse.

EDBG : Qu’est-ce qui a radicalement changé dans votre manière d’investir depuis que vous êtes entré dans la famille Daubasse par rapport à ce que vous faisiez avant ?

D : Tout achat, autre que daubasses du site,  implique une analyse de l’ensemble de la société mais avec des critères moins sévères.

Aucun achat n’est spontané et me demandes plusieurs jours d’analyse et réflexion.

Mon portefeuille actuel comporte 78 actions : il me reste 3 actions de mon portefeuille initial dont une est bénéficiaire et j’ai environ 8 actions Small caps choisies personnellement, les daubasses en cours, une daubasse non vendue au stop, une ancienne daubasse rachetée, cinq sociétés analysées non achetées par le site et deux « coups de poker »

J’ai aussi un gros investissement sur une société minière que je considère comme décotée et qui aujourd’hui fait chuter lourdement mon rendement

Au total une vingtaine de sociétés ne sont pas des daubasses figurant dans le portefeuille du site.

Succinctement voici mes critères principaux pour mes autres achats, critères qui ne sont pas tous requis pour un achat (les critères essentiels sont soulignés) :

tous requis pour un achat (les critères essentiels sont soulignés) :

  • Pas de dettes
  • Du cash, beaucoup si pertes
  • Une valeur supérieure au cours      (-30 %)
  • Un bizness novateur, ou une      position dominante, un secteur que je connais (par ex : techno, immo)
  • Une clientèle diverse de      préférence internationale
  • Un passé sérieux (anciens      comptes et comportements)
  • Si techno : recherche et      développements
  • De l’immobilier en propre
  • Une direction actionnaire et qui      se soucie des actionnaires (les anglais sont bons en général sur ce point)
  • Achats d’initiés
  • Eviter les marchés OTC
  • Un cours qui a souffert
  • Pas de conflit, plaintes,      litiges ou autres

 

Avec le soutien du site, il est évidemment facile de gérer 80 sociétés puisque la majorité sont achetées sans analyse préalable.

Je considère que les critères très stricts éliminent pratiquement le risque, par conséquent, j’inclus dans mon portefeuille une diversification de risque plus élevé.

EDBG : Pourriez-vous nous indiquer quels sont les critères de notre process dont vous tenez également compte ?

D : Je suis les critères  mais  je tiens à préciser que je ne maîtrise pas encore entièrement l’ensemble des critères.  Je viens encore de commander un bouquin sur ces sujets.

La seule différence matérielle existante est le pourcentage de 3,33 % relatif à la diversification. Je n’avais pas réalisé pendant plus d’un an que  les achats avaient cette limite et n’en ai jamais tenu compte.(NDLR : un de nos critères consiste effectivement  à ne jamais investir plus de 3,33 % du total du portefeuille sur une seule ligne)

Je fonctionne différemment et par montant.

 

  1. J’ai besoin de « jouer » une part de risque : sur quelques sociétés à haut risque, je fixe un montant maximal que je considère peu élevé et qui représente un tiers de pourcent du montant total de mon portefeuille. Il s’agit souvent de sociétés analysées par l’équipe des daubasses mais sur lesquelles elle n’a pas investi (ex : CSF Group).
  2. Les daubasses : je prends les mêmes montants sur environ 50 % des situations. Pour le solde, je prends des montants inférieurs parce qu’il m’est apparu que le timing d’achat pouvait être meilleur. Sauf si je flashe directement,  je prends plus, mais c’est rare ; un seul cas : Benetton. La pondération normale est d’environ  deux pourcent pour une daubasse jugée correcte.
  3. Pour une daubasse prometteuse, je monte au-delà trois pourcent.
  4. La limite maximale pour une daubasse exceptionnelle est de six pourcent. (Exemple : Barrat). Mais jusqu’à présent je n’ai  pu mettre en pratique jusqu’à ce niveau (pour les daubasses).

En résumé, je respecte tous les critères sauf la pondération.

Ces montants ont été déterminés évidemment en fonction du total investi et de la liquidité en réserve, liquidité que je maintiens à 25 % du montant du portefeuille. (Rachats sur cas de catastrophe des marchés), mais pour le moment le pourcentage est de 36 % parce que j’ai encaissé 61 % du rendement de l’année 2014.

Quant au nombre d’actions, je pense que 80 actions est un maximum.

Par contre, je tiens compte des devises et des pays. J’ai actuellement un a priori favorable pour la Grande Bretagne et l’Italie.

Je rachète aussi à un cours inférieur dès 15 % de chute par rapport au cours d’achat selon la société bien sûr et aussi plus rarement à un cours supérieur selon mon sentiment relatif au news et selon mon opinion forgée.

Lorsque vous détenez une action depuis une année, vous vous forgez une opinion qui peut toujours être prise en défaut évidemment.

Après avoir suivi quelques actions vendues au stop (notamment Conns), j’ai décidé de changer ma méthode, de vendre parfois avant le stop ou de ne pas vendre au stop. Si je ne vends pas au stop, je me fixe un objectif de cours, cet objectif atteint et si je considère qu’il demeure un potentiel de hausse, je vends une partie  pour prendre le bénéfice et conserve une partie de ma position dont le coût d’achat est inférieur au bénéfice encaissé.

Par exemple : Amtech (achat au cours 3,68 $), vente de la moitié de la position au environ de 10 $ et non 6,6 $ comme le site, il me reste une position dont le prix d’achat est inférieur au bénéfice encaissé). Je pense que le cours pourrait atteindre 20 $ (cours actuel 12,7 $), mais franchement, je suis de loin, considérant l’essentiel de l’opération réalisée et je ne vendrai le solde qu’en cas de retournement durable et sous 10 $ ; sinon j’attends considérant que le solde actuel ne me coûte rien et donc, pour moi, je ne prends aucun risque.

En relisant l’analyse d’Amtech, vous comprendrez qu’il y a daubasses et daubasses. Certaines sont réellement des « accidents de parcours » et peuvent repartir de l’avant alors que d’autres sont vraiment des « mauvaises sociétés » qui n’ont comme seul intérêt de coter sous son patrimoine tangible. Je suis bien conscient que cet ensemble est assez intuitif et donc aléatoire.

Deux exemples peuvent être éclairants.

Si l’ensemble du portefeuille daubasses résiste bien aux fluctuations de marché irrationnelles, la daubasse individuelle peut être très cyclique.

Par exemple, Hutchinson a été achetée trois fois et vendue trois fois, la première fois un montant moyen, après une hausse moyenne, j’ai estimé la tendance baissière et ait vendu, la seconde fois, j’ai acheté un gros volume à un prix très bas (1,98). Après un certain temps, le bénéfice a atteint 15000 euros, et le cours a  entamé une baisse que j’ai jugé durable (analyse de graphique notamment), j’ai donc vendu avec un bénéfice de 10 000 euros. J’ai ensuite racheté un petit volume à 3 dollars et vendu avec nos amis sans bénéfice.

Plusieurs observations sur cet achat, la valeur de la société était en baisse régulière, et le business (production de tête de lecture de HDD) me laissait sceptique. La société interrogée maintenait qu’il n’y avait aucun problème de volume, or la technologie actuelle évolue à une vitesse phénoménale et les disques SSD en sont déjà à la deuxième génération et n’ont pas de tête de lecture. Le plus inquiétant était que cette société n’avait pas de nouveaux produits.

J’avais la conviction que le stop initial ne serait pas atteint et qu’il fallait prendre son bénéfice.

Un autre exemple, c’est Barrat que j’ai achetée autour de 50 pence pour un volume correct, et ensuite sur conviction relative aux news racheté à 100 pence ce qui a donné un prix moyen de 80. Connaissant bien le marché immobilier britannique et voyant les news élogieuses, je n’ai pas vendu lorsque le stop a été atteint. J’ai ensuite vendu la moitié de ma position à 324 et le solde à 424.

J’avais donc ici la conviction que le stop serait largement dépassé (désendettement, meilleure société immobilière, etc….)

Je ne réussis pas toujours : Scott liquid : les commentaires étaient négatifs et j’ai vendu à 0,45.

EDBG : Vous classez les daubasses en « correcte, prometteuse ou exceptionnelle ».  Or, nous avons presqu’envie de vous dire  avec un trait d’humour que nous n’avons jamais rencontré la moindre Daubasse qui soit « correcte, prometteuse ou exceptionnelle ». Les Daubasses que nous rencontrons, sont toujours et sans exception « assez  merdiques », « très merdiques » ou « ultra merdiques » ! Êtes-vous certains que vous êtes bien abonnés ? 😉

Plus sérieusement, nous comprenons que vous pilotez une partie de votre diversification au « feeling » et c’est un choix qui se respecte puisque c’est le vôtre. Pourriez-vous préciser à partir de quels critères vous rangez une Daubasse dans la catégorie « correcte », dans la catégorie « prometteuse » et dans la catégorie « exceptionnelle » ?

D : Excellente question, qui me fait réaliser une différence fondamentale entre nous, aucune de vos sociétés ne m’apparaît « merdique » ou « extra merdique ». Pour moi, ce sont des entreprises en difficulté, mais qui ont le bonheur d’être solvables et donc une possibilité matérielle de se redresser et d’apporter de la valeur à leurs actionnaires. Et de là, toute l’importance du suivi (news) qui permettent de juger du comportement de la direction.

Parce que l’élément essentiel est celui-là et donc vos news permettent une approche en ce sens, mais aussi je regarde le site de la société (mise à jour, informations, etc…) et aussi j’utilise les news de Google finance ou MSN, Financial Time, Seeking Alpha, des blogs  et aussi désormais des screeners tels que Finviz ou Stockpédia (payant).

Les catégories, une chose difficile à définir clairement, parce très intuitif et donc trompeur, mais une daubasse en portefeuille depuis 2008, avec un site non mis à jour, des informations peu fréquentes (ex : Traiton). Dans ce cas, j’hésite même à acheter, et j’attends un cours très bas (30 pourcents inférieur à votre prix d’achat)

Une daubasse normale l’est au moment de votre achat, mais je n’ai pas l’analyse donc, j’ai tendance à pondérer, et lors de la publication de l’analyse, j’ai une opinion favorable ou pas, selon tous vos critères, je suis très attaché à la recherche et développement, la valeur de liquidation, la réduction du déficit.

Nous avons, par exemple, un fabricant de meubles dont la direction me laisse sceptique.

La daubasse devient prometteuse s’il n’y a pas de perte de valeur, redressement des comptes, restructuration, déclarations et aussi achats d’initiés.

Un moment sur Crystalox (NDLR : un fabricant de silicium  que nous avons détenu en portefeuille et qui fera l’objet d’un prochain « bas les masques ») : voilà une daubasse qui nous a versé une somme importante ce qui démontre bien l’esprit anglo-saxon du souci de l’actionnaire, le secteur se redresse, la direction me semble active, j’ai déjà beaucoup de liquidités et nous ne trouvons que peu de daubasses. J’ai donc vendu la moitié de ma position en même temps que le site  et conservé le solde. J’estime que le cours pourrait en deux ans atteindre 60 pence, si … j’ai raison.

PS : Il s’agit d’une société que je ne voulais pas acheter, pour laquelle j’ai pensé : « mais pourquoi acheter cela ? ». J’ai acheté et ensuite, sur chute du cours, je me suis renforcé plus que le site, parce que j’ai changé d’avis, estimant le creux du secteur atteint (j’ai également acheté Yingli et Gamesa à des cours ridicules).

J’ai la conviction qu’il faut intégrer tous les éléments, y compris l’irrationnel des marchés.

Un autre exemple, nous détenons une société active dans le cuivre, qui me semble bien gérée, mais qui doit encaisser le contexte actuel, mais que je suis de très près, parce qu’au premier signal de reprise du marché, je doublerai ma position si les conditions évoquées antérieurement sont respectées (potentiel, etc….)

C’est donc une daubasse prometteuse.

 

==> la deuxième partie de l’interview

 

 

12 réflexions au sujet de « Qui peut battre la performance des Daubasses ? Nos abonnés ! (1ère partie) »

  1. Bonjour à tous,

    cet article me laisse un peu perplexe…

    Certes, les Daubasses ont fait montre de pédagogie et d’humilité sans faille, accordant beaucoup de temps à leurs abonnés et invités. Mais ce n’est pas ce travail qui me paraît le plus impressionnant. En effet, et c’est pourquoi je resterai un fidèle abonné (malgré des divergences profondes sur de plus en plus d’achats récents), je considère que le plus difficile parmi tout ce qu’ils font est l’application sans concession d’une stratégie basée sur le bon sens, des critères précis, et la réflexion à froid.

    Or, je suis surpris de voir dans ce que je viens de lire les mots « analyse graphique » et « feeling ». En effet, cela me semble être tellement à l’opposé d’une stratégie rationnelle et stricte comme celle des Daubasses (et la mienne, par ailleurs), que j’en suis bouche bée. Je comprends tout-à-fait qu’on puisse ne pas adhérer à tous les critères des Daubasses (ce que je fais), ou en choisir d’autres (ce que je fais également), mais en faisant appel au « feeling » ou à l' »analyse graphique », il me semble que toute la philosophie et la compréhension de la stratégie grahamienne est écornée. Ne trouvez-vous pas ?

    Ensuite, je trouve le titre un peu pompeux dans le sens où il laisse croire que la stratégie de Daniel est meilleure que celle des Daubasses (ce qu’il n’a bien sûr pas dit). Pour ma part, j’ai également fait mieux que les Daubasses sur les deux dernières années, mais ce n’est qu’une question de hasard, et je n’en conclue rien quant aux stratégies.

    Il n’empêche, certains points sont très intéressants, comme le cas Hutchinson. Dans ce cas précis, on touche du doigt la question « Faut-il aveuglément obéir à sa stratégie ? ». Un début de réponse pourrait être que si la stratégie est baffouée de manière régulière, c’est qu’il faut la remodeler. Vous ne trouvez pas ?

    Bonne fin de week-end.

    1. Salut Boris,

      Ce qui nous plait dans l’approche de Daniel (mais aussi d’autres abonnés auxquels nous allons également donner la parole dans les prochaines semaines), c’est qu’il accommode nos ingrédients avec sa propre recette (comme tu le fais aussi en partie). Nous ne prétendons pas que l’approche de notre ami Daniel est la meilleure, pas plus que la tienne ou la nôtre. Ce qui compte c’est que celle de Daniel convienne à Daniel, que la tienne te convienne et que la nôtre nous convienne, chacun avec ses propres objectifs et ses propres contraintes.

    2. Bonjour !

      Honnêtement, je n’ai pas tout lu. C’est trop long. Mais il me semble que l’on souffre ici du biais du survivant.

      Je respecte tout à fait ce qui est fait sur ce site : tous les moyens sont bons, mais je me fait l’avocat du diable 🙂

      Après la crise des subprimes tous les marchés ont chuté. Investir à cette époque a forcément conduit à un gain aujourd’hui (surtout avec le krach à l’envers actuel).

      Je suis personnellement un partisan de l’analyse technique (dynamique, c’est-à-dire avec des indicateurs). Je ne vois pas pourquoi il faudrait se casser les méninges à analyser les fondamentaux alors qu’il suffit de regarder les graphiques ?

      D’ailleurs, l’analyse technique marche très bien sur le Forex.

      Sur les actions, étant donné le biais haussier de certaines, il suffit d’acheter et d’attendre. Bien sûr, il vaut mieux acheter sur des niveaux bas.

      Il me semble, maintenant que j’y pense, que l’analyse fondamentale est plus un outil réservé aux grands fonds qui allouent des dizaines de millions et ne peuvent pas appliquer le même money management que les « petits ». Ils sont obligés de justifier ainsi les investissements.

      Qu’en pensez vous ?

      1. Bonjour Michel,

        Vous ne nous verrez pas déblatérer l’analyse technique : toutes les approches de l’investissement nous semblent respectables. Mais l’approche fondamentale est celle qui convient à notre tempérament et à nos compétences. Bien sûr que la grosse majorité des investisseurs qui ont acheté des actions fin 2008 sont en boni aujourd’hui … mais nous, nous avons battu le marché 80 % du temps et l’avons surperformé en moyenne de 25 % par an. D’autres approches pouvaient effectivement donner des résultats semblables, voire supérieures … mais il nous semble que le plus grand nombre à offert des rendements inférieurs (puisque le portefeuille de notre club a justement « battu » cette moyenne représentée par le marché).

        Ceci dit, dire que l’analyse fondamentale est réservée aux grands fonds nous semblent justement une ineptie : tout le monde d’un peu au fait de l’analyse financière peut trouver le juste prix d’une société … mais les grands fonds sont obligés d’investir dans des big caps, là où, justement, le cours se rapproche le plus souvent de la juste valeur. Selon nous, ce sont les petits investisseurs qui ont le plus d’intérêt à pratiquer l’analyse fondamentale.

        Alors oui, nous sommes dans ce que vous appelez « le biais du survivant » … parce que justement nous achetons les sociétés qui ont le plus de chance de survivre … bien plus de chances que ce qu’en pense le marché …

      2. Bonjour,

        je ne souhaite pas polluer cette file avec une remarque désobligeante, mais je suis quand-même un peu moins conciliant que nos hôtes sur l’analyse graphique. Car considérer cette approche comme de l’investissement, en particulier en le couplant au Forex, me semble être indélicat vis-à-vis de ceux qui s’intéressent aux entreprises et à leurs business, par le biais de l’analyse fondamentale, justement.
        Je suis d’ailleurs curieux de savoir comment vous appréhendez les stratégies, les hommes ou les business de ces entreprises. Car pour investir, c’est bien de cela qu’il s’agit, n’est-ce pas ?

        1. Pour notre part, nous connaissons pas mal d’investisseurs « atéiste » qui obtiennent des résultats appréciables et même certains qui combinent AT et AF : dans ce dernier cas, l’AF leur indique « quoi acheter » et l’AT leur indique « quand acheter ». Les résultats obtenus en combinant ces deux approches sont tout à fait détonnants. Mais c’est vrai qu’en ce qui nous concerne, l’AT ne correspond pas exactement à notre tempérament.

  2. Je vous invite si l’envie vous en dit, de regarder les sociétés Alstom et CGG Veritas. Celles ci ont subi une forte décote de leur prix mais quid de leur valeur !! Merci pour votre partage, mon intérêt pour Graham grandi chaque jour !! J’adopte de plus en plus la philosophie des « Daubasses » bien loin des « stratégies » sexy de Wall street.

    Cordialement.

    1. Bonjour Perret,

      Merci pour vos encouragements, cela fait toujours plaisir.

      Ces deux sociétés ne manquent certainement pas de qualité mais elles cotent largement au-dessus de leurs actifs nets tangibles. Ce qui ne veut pas dire qu’il s’agisse là de mauvais investissement mais plutôt qu’ils ne correspondent pas à notre approche … hélas …

  3. Bonjour à l’équipe des daubasses,

    Après la rédaction de mon commentaire en date d’hier (23/04/14), je me suis lancé à analyser selon la « méthode Graham » les deux sociétés citées dans ce même commentaire. J’en suis arrivé à la même conclusion que vous, même si je suis tout novice dans ce genre d’exercice. Pour ainsi dire, c’est ma première analyse ! J’ai encore beaucoup de devoirs à faire.

    Mon premier sentiment à « l’application » de la méthode de Benjamin Graham est qu’elle apporte un cadre structurant limitant les erreurs de perception que le cerveau peut se faire d’une société. Elle évite aussi toute décision impulsive du fait du besoin d’effectuer une analyse préalable. En effet, en regardant Alstom au premier coup d’œil, on peut se dire que le titre est massacré et donc peut être une bonne affaire ! C’est du moins ce que m’a dit mon cerveau. Mais une fois la société passée à la moulinette de Graham, c’est à dire une analyse basée sur des données objectives, alors une vision beaucoup objective (selon les critères des daubasses) en ressort corrigeant la vision erronée de mon cerveau !
    Je ne peux m’empêcher de me demander pourquoi mon professeur d’économie ne m’apprend pas l’analyse d’une société selon Graham ! Quoi de plus important que d’enseigner un savoir à ses étudiants qui est directement applicables au terrain et qui permet d’allouer ses actifs de manière intelligente et autonome. Je n’ose vous demander si vous connaissez des établissements qui enseignent de manière sérieuse l’investissement dans la valeur selon Graham.

    Au plaisir de vous lire.

  4. Chères Daubasses,

    pourquoi avoir donné la parole a un de vos abonnés qui fait mieux que vous ? Votre tolérance n’est elle pas effectivement intolérable et pompeuse ? Comment n’avez-vous pas censuré le terme feeling et analyse graphique, pour qu’au moins votre abonné soit jugé sérieux ? Pourquoi, finalement êtes vous toujours aussi transparent et intransigeant avec les faits ? Quand est-ce que vous allez enfin devenir dogmatique avec votre méthode et rien que votre méthode, pour expliquer clairement qu’en dehors de votre méthode, il n’y a que vous qui déteniez LA vérité ? Comment avez vous osé une chose aussi inadmissible et a ce point incohérente : investir en 2008 ? Quand est-ce que vous allez faire acte de plus de pédagogie et enfin expliquer clairement que Benjamin Graham n’a que faire de la direction, de la stratégie et de l’activité d’une société ? Quant est-ce que vous allez devenir hautain et suffisant ? Pourquoi n’avez-vous pas encore compris que sortir du rang, c’est idiot ? Comment n’avez -vous jamais porté réflexion sur votre amabilité a toute épreuve qui a force d’être répétée a long terme, devient vraiment suspecte ? Quand est-ce que vous allez enfin ranger votre originalité au placard et copier un peu ce qui se fait sur la toile en matière d’investissement ?

    Surtout, ne perdez pas de temps a répondre a mes questions, mais surtout ne changez rien.

    Avec mes amitiés. Ben

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