Les chroniques de l’investisseur chronique : résidence principale ou investissement ?

chronique investisseurCe texte fait partie de la série proposée par notre ami-chroniqueur Laurent Muller.

Même si nous ne partageons pas tout-à-fait les mêmes principes d’investissement, nous nous sommes trouvés énormément de points communs et les raisonnements développés par Laurent nous ont paru marqués par le sceau du bon sens.

Il nous a semblé intéressant de vous faire profiter de ces raisonnements et c’est la raison pour laquelle Laurent tiendra, sur ce blog et à intervalles réguliers, une chronique présentant ses principes d’investissement.

Ce sera l’occasion de débattre avec l’équipe des daubasses mais aussi avec vous, ami( e) lecteur(trice) des sujets qui seront développés par notre ami.

 

L’achat d’une résidence principale ne me semble pas nécessairement la meilleure option, d’un point de vue strictement financier, car il donne l’impression à l’acheteur de faire un investissement qui lui permettra d’épargner les mensualités de son crédit. Mais, il se coupe la possibilité d’effectuer des investissements sur des supports à rendement plus élevé en immobilisant le capital.

L’objet de cet article n’est pas principalement de discuter de l’arbitrage entre l’achat d’une résidence principale et la location mais plutôt d’évaluer un scénario classique d’achat de résidence principale et différents scénario d’investissement.

Cette étude ne tiendra que très partiellement compte de la question de la fiscalité (ne maîtrisant pas la fiscalité des résidents français et celle-ci étant par nature propre à chaque situation). Elle ne tiendra pas non plus compte de l’évolution des prix des biens immobiliers (à la hausse comme à la baisse) ni de l’inflation (qui n’a pas en réalité un impact significatif sauf pour le scénario 3, car c’est le seul scénario dans lequel l’investisseur n’est pas propriétaire d’un bien immobilier).

Certaines hypothèses pourraient sembler erronées ou irréalistes :

  • Un rendement sur placement actions de 16 % (il s’agit cependant de ma performance personnelle en bourse depuis 2007, sans prétendre d’ailleurs pouvoir la reproduire dans le futur).
  • Un rendement sur placement actions de 8 % (je pense pouvoir atteindre ce niveau de performance dans le futur).
  • Un rendement brut de 12 % pour un investissement locatif (il s’agit du rendement de mon bien immobilier).

Scénario 1 : Achat d’une résidence principale

Prix de la maison: 250 000 euros.

Frais de notaire: 20 000 euros (financé par apport personnel).

Emprunt à 100 % du prix (hors frais de notaire).

Mensualités (emprunt sur 10 ans à 2,45 % TEG, assurance à 0,25 %): 2 403 euros / mois (assurance comprise).

Travaux: 1 000 euros / an.

Taxe foncière: 1 000 euros / an.
Capitalisation au bout des 10 ans: 230 000 euros (250 000 euros pour la maison – 20 000 euros de taxe foncière et de travaux).


Scénario 2: Location d’un bien équivalent, investissement du capital en actions et investissement locatif immobilier (mêmes conditions de crédit)

Coût de la location d’un bien équivalent à la maison de 250 000 euros: 1 000 euros / mois (je prends ici comme hypothèse un ratio « équilibré » de 250 entre prix et loyer, sachant que pour ma résidence principale dont je suis locataire ce ratio est situé autour de 400 et pour mon investissement locatif, il est situé autour de 100).

Prix de l’investissement locatif: 250 000 euros (attention, il ne s’agit pas du même bien que la résidence principale achetée dans le premier scenario, mais d’un bien optimisé pour le rendement locatif, au même prix, comme un immeuble de rapport d’appartements de petites surfaces ou la rénovation d’appartements achetés à bas prix).

Frais de notaire: 20 000 euros (financé par apport personnel).

Financement par crédit amortissable de 250 000 euros.

Taux d’intérêt: 2,45 % TEG + assurance à 0,25 %.

Mensualités (emprunt sur 10 ans à 2,45 % TEG, assurance à 0,25 %): 2 403 euros / mois (assurance comprise).

Rendement brut: 12 %

Rendement net: 6 % en tenant compte de l’impôt sur le revenu, des cotisations sociales, de la taxe foncière, des travaux, des assurances, etc…

Loyers: 1 250 euros / mois.

Montant à investir par mois en actions : 250 euros (=2 403 – 1 000 + 1 250 -2 403).

  • Taux de 8% / an: 43 000 euros à l’échéance.
  • Taux de 16 % / an: 64 000 euros à l’échéance.

Capitalisation au bout des 10 ans (taux de placement à 8 %): 293 000 euros (250 000 euros +43 000 euros).

Capitalisation au bout des 10 ans (taux de placement à 16 %): 314 000 euros (250 000 euros + 64 000 euros).


Scénario 3: Location d’un bien équivalent, investissement du capital en actions

Dans cette option, les frais de notaire de 20 000 euros et le différentiel entre mensualités du crédit et loyers (soit 1 403 euros) sont investis en actions.

Capitalisation au bout des 10 ans (taux de placement à 8 %): 287 000 euros.

Capitalisation au bout des 10 ans (taux de placement à 16 %): 447 000 euros.

Attention, dans ce scenario, il n’a pas été tenu compte de l’inflation, qui l’impacte défavorablement.


Scénario 4: Location d’un bien équivalent, investissement du capital en actions et investissement locatif immobilier (crédit in fine à 110 %)

Cette option (qui n’est pas nécessairement réaliste en pratique) montre l’intérêt du crédit in fine et de l’emprunt à 110 % couplé à un investissement en actions réussi, s’il est possible d’obtenir ces conditions.

Coût de la location d’un bien équivalent à la maison de 250 000 euros: 1 000 euros / mois.

Placement des 20 000 euros (correspondant aux frais de notaire) et du différentiel entre mensualités du crédit et coût de la location (= 1 403 euros/mois = 2 403 euros/mois – 1 000 euros/mois) en actions:

  • Taux de 8% / an: 287 000 euros à l’échéance.
  • Taux de 16 % / an: 447 000 euros à l’échéance.

Prix de l’investissement locatif: 250 000 euros + 20 000 euros de frais de notaire.

Financement par crédit in fine de 270 000 euros

Taux d’intérêt: 2,95 % TEG + assurance à 0,25 % (le taux d’intérêt d’un crédit in fine proposé par un banquier pour m’acheter un bien immobilier était de 0,5 % supérieur à celui d’un crédit classique).

Rendement brut: 12 %

Rendement net: 6 % en tenant compte de l’impôt sur le revenu, des cotisations sociales, de la taxe foncière, des travaux, des assurances, etc…

Epargne annuelle: 250 000 * (6 %-2,95%-0,25%)= 7 000 euros

  • Placement de cette épargne à 8 % / an: 101 000 euros
  • Placement de cette épargne à 16 % / an: 149 000 euros

Capitalisation au bout des 10 ans (taux de placement à 8 %): 368 000 euros (287 000 euros + 101 000 euros -20 000 euros)

Capitalisation au bout des 10 ans (taux de placement à 16 %): 576 000 euros (447 000 euros + 149 000 euros – 20 000 euros)

 

Conclusions

L’achat d’une résidence principale ne semble pas nécessairement une bonne option, d’un point de vue strictement financier (ce qui me semble conclusion contre-intuitive intéressante) :

  • L’investissement dans une résidence principale est tentant car le propriétaire a l’impression de ne pas payer de loyers et de ne plus avoir à en payer, une fois le bien acquis. En réalité, il ne tient pas compte du coût de l’immobilisation du capital et du fait que ses loyers seront inférieurs aux mensualités du crédit. Le rendement de la mise en location d’une résidence principale est généralement inférieur au rendement que pourrait avoir un investissement locatif d’un prix équivalent. De plus, cette différence est encore plus accentuée quand il est possible de louer sa résidence principale avec un prix / loyer élevé et de louer un bien immobilier locatif équivalent avec un prix / loyer faible.
  • Les écarts s’accroissent encore après la période de 10 ans, même si le propriétaire ne doit plus payer de loyer, en raison du capital accumulé qui peut continuer à croître exponentiellement !
  • Une erreur supplémentaire serait de mettre un apport plus important, ou de rembourser par anticipation.
  • Un crédit in fine et un emprunt à 110 % couplés à un investissement en actions réussi permettent d’optimiser la croissance du capital.
  • L’achat de sa résidence principale est d’autant moins intéressant que les possibilités de placement par ailleurs ont une rentabilité élevée.

Pour ma part, je suis heureux locataire de ma résidence principale. Si j’achète un jour une résidence principale, ce ne sera vraisemblablement pas pour des raisons financières mais plutôt pour des questions de confort, de liberté dans l’aménagement de mon intérieur ou des raisons affectives.

N’hésitez pas à intervenir en commentaire de manière constructive, notamment pour proposer votre schéma idéal d’allocation d’actifs d’un point de vue strictement financier, ou simplement pour exprimer votre accord ou désaccord de manière argumentée. Je vous exposerai dans mon prochain article mon allocation d’actifs qui s’écarte du deuxième scénario exposé (notamment pour respecter un principe qui m’est cher : l’endettement doit être inférieur aux capitaux propres).

Portefeuille au 27 Juin 2014 : 5 ans 215 jours

  • Portefeuille : VL 7,5724 € (Frais de courtage et de change inclus)
  • Rendement Total : 649,50%
  • .
  • Potentiel Estimé VANT / Cours 84,02%
  • .
  • Rendement Annualisé : 43,36%
  • Rendement 2014 : 9,03%
  • Rendement 2013 : 20,74%
  • Rendement 2012 : 24,19%
  • Rendement 2011 : -15,65%
  • Rendement 2010 : 38,07%
  • Rendement 2009 : 308,74%
  • Taux de Rotation Annualisé : 18,75%
  • Effet Devise Total : -0,90%

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  • Tracker ETF Lyxor MSCI World : VL 132,3481 € (Frais de courtage inclus et dividende réinvesti)
  • Rendement Total : 97,39%
  • Rendement Annualisé : 12,93%
  • Rendement 2014 : 7,26%
  • Rendement 2013 : 20,16%
  • Rendement 2012 : 11,20%
  • Rendement 2011 : -8,22%
  • Rendement 2010 : 18,76%
  • Rendement 2009 : 30,34%

* Nous rappelons que ce portefeuille est un investissement réel et que nos abonnés ont accès à l’ensemble des extraits de compte de notre club d’investissement qui démontrent la réalité des rendements affichés, nets de taxes boursières et d’impôts sous fiscalité belge

Mouvement(s) Hebdomadaire


Achat : –
Renforcement : –
Vente : de la société Alco Strore avec une perte de – 15.94%

Performance mensuelle du portefeuille depuis sa création

4-Portefeuille-devenir rentier-berkshire-top invest

Détails du Portefeuille

1-Portefeuille-valeurs-décotées-net-net-Buffett-Graham

2-Portefeuille-Schloss-value-netcav-Indépendance financière

3-Portefeuille-affaire-gagner en bourse-s'enrichir

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Haute tension sur le Vietnam et l’Ukraine

En un peu moins de trois mois, nous avons dû « larguer » hâtivement deux de nos meilleurs fonds cotés émergents. Ukraine Opportunity investi en Ukraine et Vietnam Holding Ltd investi au Vietnam.

Ces décisions ont été prises en dehors de notre process chiffré et donc principalement par l’expérience que nous avons des émergents, mais également grâce à l’information de plusieurs de nos abonnés vivant en Asie, en ce qui concerne le fond vietnamien. Nous sommes dans les deux cas sortis gagnant avec +19.48% pour le fonds ukrainien et +84.11% sur le fond vietnamien. Ce qui ne nous semble pas le plus important, même si des investissements qui se terminent en plus-value font toujours plaisir. Nous allons donc vous expliquer pourquoi nous avons vendu alors que, logiquement, nous achetons toujours au son du canon et vendons au son du violon, pourquoi en fait cette métaphore est vraie sauf quand elle cesse d’être une métaphore et que ce sont de véritables canons qui commencent à gronder…

C’est en 2011, à dix mois d’intervalle, que nous avons investi sur les deux fonds. Le 3 février sur le fond ukrainien et le 4 novembre sur le fond vietnamien. Après l’engouement émergent qui a trouvé son apogée et sa vitesse maximum de 2005 à 2007, de nombreux investisseurs se sont littéralement fait laminer. De 2007 à 2009, l’indice ukrainien a perdu plus de 80% de sa valeur, tandis que l’indice VN de la bourse d’Ho Chi Minh perdait sur la même période 80% de sa valeur. Tout ceci pour vous expliquer que lorsque l’Equipe des Daubasses a décidé d’investir sur ces deux pays émergents, après la crise des subprimes, et quand la crise de l’endettement des états se profilait, seule une petite poignée d’investisseurs s’intéressait encore aux émergents. La grosse majorité ne voulait plus en entendre parler, ne voulant pas ajouter au risque émergent un risque subprime + dette des états globalisés (nous reviendrons sur cette perception erronée plus loin). Ce qui nous intéresse avec ces fonds cotés, c’est que nous pouvons voir la différence entre les actifs qu’ils possèdent, la NAV (pour Net Asset Value) et le cours. Nous achetons donc nos deux fonds avec une décote de plus de 50% par rapport au cours sur leur NAV respective, nous offrant une forte marge de sécurité, couplée à un potentiel très intéressant.

investir dans les pays émergents

En investissant sur le fonds ukrainien, nous savions dès le départ que ce sera un investissement à long terme, qui dépend de la santé des économies occidentales, européennes et US surtout, et de l’appétit des investisseurs concernant ces deux zones. Pour le fonds vietnamien, nous pensions plutôt à moyen terme, voire court terme, la croissance servir de driver, avec la dynamique de la zone. La croissance étant tirée par la principale locomotive du coin : la Chine.

Nous disions donc un peu plus haut que les investisseurs occidentaux avaient eu un jugement erroné par rapport à la crise des subprimes et donc ne voulaient plus entendre parler des émergents en 2011. Mais ce que beaucoup d’investisseurs n’ont pas vraiment compris, c’est qu’à notre connaissance, dans les pays émergents de l’Est par exemple, aucune banque n’avait de subprimes en caisse. Pourquoi investir dans des subprimes quand la croissance du pays apporte de bien plus larges profits…

Ce que nous avions donc compris en 2011 en investissant sur ces deux fonds, c’est qu’une fois la crise des subprimes derrière les pays développés, tous ces pays émergents valaient la peine que l’on s’y intéresse, car il ne resterait plus qu’à attendre la prochaine ruée des pays développés, une fois les économies remises sur pied. Car vous l’aurez compris, dans le schéma que nous avons tenté d’expliquer au mieux, ce sont les liquidités investies sur les émergents qui créent la dynamique.

A propos de notre fonds ukrainien, nous avons souvent, dans nos lettres mensuelles, exprimé nos doutes sur les qualités l’équipe de gestions. Mais cela nous importait finalement peu, puisque tout le monde fait de l’argent sur les émergents quand les liquidités affluent et que ce soit vous, nous ou Fabien Pictet,le gérant d’Ukraine Opportunity n’avait finalement pas grande importance.

Si notre perception est juste, vous comprendrez de nouveau assez facilement qu’un pays émergent dont la stabilité législative, politique et sociale va en s’améliorant ou en se maintenant, sera capable d’attirer les capitaux étrangers en investissements directs, ainsi que les investissements boursiers des fonds, à un certain moment, même si ce moment peut-être long. Par contre, un pays émergent comme c’est le cas en ce moment sur l’Ukraine et le Vietnam, où l’instabilité législative, politique et sociale fait rage et en plus où ont commencé à parler la violence et les armes, ne pourra pas attirer le moindre investissement à moyen et long terme.

investir dans un pays en guerre

Si nous avons pu finalement sortir gagnants de nos deux fonds, c’est aussi principalement parce qu’il n’y avait pas grand monde pour se précipiter vers la sortie, puisque le bal n’avait même pas encore commencé. Mais nous ne voulions pas non plus risquer de reperdre l’entièreté de nos gains. Alors que les perspectives à moyen et long terme nous semblaient complètement fermées sur l’Ukraine et que les perspectives à court et moyen terme, semblaient également nettement plus incertaines sur le Vietnam. Et également par le fait que nous avons pu bénéficier de certaines informations qui ont été relayées par nos médias occidentaux avec retard, voire pas relayées du tout. Par exemple, dans la presse roumaine, pays voisin de l’Ukraine, l’information que 40 000 soldats russes étaient massés à la frontière entre la Russie et l’Ukraine, à l’Est, était divulguée au moins trois jours avant que l’on en parle ici. Sans compter des informations que nous n’avons lues nulle part, sur les menaces proférées par les Russes aux Roumains qui, nous vous le rappelons, hébergent sur leur sol plusieurs bases américaines de l’OTAN, mais aussi les missiles à tête nucléaire pointés vers la Russie. Ou encore des manœuvres à l’extrême limite de la provocation de l’armée de l’air russe sur les côtes roumaines et bulgares. Pour le Vietnam, ce sont plusieurs de nos abonnés vivant en Asie, dont le Vietnam-même, qui nous ont informés des menaces de l’armée chinoise amassant aussi des troupes à la frontière vietnamienne, mais également de l’extrême violence de la population vietnamienne envers les expatriés chinois.

Nous vous proposons ci-dessous l’analyse de Vietnam Holding telle que nous l’avions mise à disposition de nos abonnés, dans notre lettre de novembre 2011.

Bonne lecture !

 

investir au Vietnam, pays-frontière

Vietnam Holding est donc un fonds fermé fermé dont le siège social est aux Iles Cayman. Ce fond se négocie en USD sur la place de Londres ainsi que sur la place de Francfort.

N’hésitez pas à relire l’article que nous avons publié sur notre site qui explique tout le bien que nous pensons des fonds fermés.

Dans la présente analyse, nous prenons les comptes au 30/09/2011. Nous avons acquis des titres le vendredi 4 novembre 2011 à un prix de revient de 0,753 USD par titre.

I. Historique

Tout d’abord, un petit historique. En comparaison avec le marché boursier vietnamien, le fond fermé a fait légèrement mieux en termes de rendement…

Les statuts interdisent au fonds d’investir dans les secteurs non-éthiques : le tabac, les jeux d’argent, la défense, l’alcool et le nucléaire. Les secteurs de prédilection du fonds sont l’agribusiness et la consommation interne. En fait, le management s’oriente vers ces deux domaines car il estime que c’est le meilleur moyen de profiter de la croissance du pays, à savoir son agriculture et sa population : jeune (moyenne d’âge de 27 ans) et importante (88 millions).

En raison de la décote du cours par rapport à la valeur de l’actif net, le management profite des « soldes » et rachète régulièrement des titres du fonds fermé sur le marché. Depuis novembre 2010, ce ne sont pas moins de 343 138 titres qui ont été rachetés. Le genre de petit geste que l’équipe des Daubasses apprécie. C’est un excellent moyen de jouer l’avantage du fonds fermé, à savoir le déséquilibre qui peut exister entre le prix (= le cours) et la valeur d’actif net du fonds. A noter que la liquidité du titre est bonne, fait rare pour être signalé. Ce qui permet par ailleurs ces nombreux rachats.

II. Le marché

Dans un marché asiatique en plein boom, l’économie vietnamienne n’est pas en reste, avec une croissance annuelle moyenne de +7% ces 10 dernières années.

Selon Bloomberg, au 31 août 2011, le multiple des bénéfices (PE) du marché vietnamien est inférieur à 10. Alors qu’il est de 14 pour la Chine et de 15 en Inde. En termes de PE, le marché est donc plutôt bon marché. Nous ne disons pas que le marché vietnamien présente actuellement une opportunité exceptionnelle, mais simplement que c’est un marché en croissance beaucoup moins cher que ses voisins.

Cette décote peut s’expliquer par le fait que c’est un marché, comme pour l’Ukraine et l’Europe de l’Est en général, qui fonctionne fortement par adjonction de capitaux étrangers. Et comme ils se sont faits un peu plus rares depuis la crise financière de 2008, les cours ont eu tendance à être fortement chahutés.

 

économie Vietnam en Asie Sud Est

III. Le portefeuille

C’est la partie la plus intéressante : les actifs sont constitués à 100% d’actions cotées. Les 10 premières lignes représentent plus de 73% du portefeuille. Ce qui signifie qu’à notre cours d’achat de 0,753 USD, nous avons obtenu toutes les sociétés cotées avec une décote de 35% sur leurs cours car la valeur de l’actif net du fonds fermé est de 1,156 USD par titre. A priori, une bien belle affaire. Mais quelles sont donc les plus grosses participations ?

15,7% du portefeuille : Vinamilk

C’est le plus gros producteur de lait vietnamien. Ces 4 dernières années son activité a crû d’environ 30% par an avec une marge nette proche de 20%. Le ROE dépasse largement les +30% et l’entreprise est valorisée environ 10x ses profits (PE = 10).

14,2% du portefeuille : AnGiang Plant Protection

Ce titre cote sur le marché de gré à gré vietnamien. La société est active dans la production et la distribution de produits phytosanitaires, donc liée directement au dynamisme et à la modernisation de l’agriculture. Elle est très présente dans la région rizicole du delta du Mékong. Elle est leader de son marché avec 25% des parts de marché et, signe de la qualité de son service, elle est le distributeur exclusif du laboratoire suisse Norvatis dans le pays.

Au niveau des chiffres, l’activité croît de plus de 20 % annuel ces 5 dernières années pour une marge nette avoisinant les 10% et un ROE supérieur à 30%. Le tout pour un PE 2011 attendu inférieur à 8.

8,0% du portefeuille : Hau Giang Pharma

Cette société pharmaceutique est la plus grande de son secteur au Vietnam. L’entreprise est complètement intégrée, de la conception à la distribution, et profite à plein pot de la demande croissante en herbes médicinales.

Son activité a crû fortement (jusqu’à 45% en 2007), pour revenir à des niveaux plus « standards », de 10% en 2010 et 2011. La marge nette historique avoisine les 20% et le ROE flirte avec les +30% en moyenne annuelle ces 5 dernières années.

5,7% du portefeuille : Petrovietnam Fertiliser

La société produit des engrais azotés et fournit 40% du marché. Le Vietnam est un marché désormais mature et les prochaines capacités de production de l’entreprise lui permettront d’atteindre de nouveaux marchés comme le Cambodge.

L’activité est stagnante, mais devrait repartir à la hausse avec la conquête de nouveaux marchés. Le ROE est proche de +30% et le PE inférieur à 6.

Toutes ces sociétés sont d’anciennes compagnies d’Etat qui se sont ouvertes à l’économie de marché et ont proposé des titres au public à la bourse. C’est pourquoi l’Etat vietnamien détient encore une majeure partie du capital des entreprises. Nous vous proposons à la suite de cette analyse ce que nous en pensons.

IV. Les frais de gestion

L’équipe de gestion est rémunérée, quelle que soit la performance, sur 2% annuel de l’actif net sous gestion. Le calcul est fait mensuellement et versé le mois suivant.

Il existe également une clause de surperformance : 20% de la hausse annuelle si l’actif net progresse de plus de 5% annualisé, avec un « high water mark ». C’est une clause qui oblige le management du fonds à d’abord solder les pertes anciennes avant de prélever ses frais de gestions sur les plus-values récentes. Comme le fond perd plus 40% depuis sa création, nous sommes donc tranquilles de ce côté-là puisqu’il faudra revenir au cours d’introduction, soit 2,00 USD (soit une hausse de +165% par rapport à notre prix d’achat), avant de payer des frais de surperformance.

V. Conclusion

consommation au VietnamVietnam Holdings est un fonds fermé, de fortes convictions composé à 100% d’actions, pur player du marché vietnamien. Il est intéressant actuellement car son marché est moins cher que ses copains émergents (Chine et Inde) et sa décote de 35%, sans aucune revalorisation de ses participations, laisse présager d’un potentiel de +53% par simple retour à la normale de son cours vers la valeur de son actif à 1,137 USD par titre. La croissance du marché nous est of-offerte.

Un pari que les investisseurs sensibles à la croissance des pays émergents tenteront selon leurs sensibilités.

Investir dans ancien pays communiste : risque ou opportunité ?

Le fond fermé présenté est composé à 100% d’actions de sociétés vietnamiennes dans laquelle l’Etat détient une part significative du capital des sociétés du fait du passé communiste du pays. Nous avons donc mené, au sein de notre Equipe, une réflexion à bâtons rompus avant d’y investir un kopec.

La présence de l’Etat dans le capital de toutes les sociétés, est-ce positif ? Est-ce que les entreprises des pays ex-communistes de l’Europe de l’est, par exemple, avaient performé lors de leur libéralisation en terme de part de marché et de croissance / rentabilité ? Ou au contraire, peuvent-elles péricliter du fait de la concurrence internationale ?

Voici donc un petit extrait, spécialement pour vous, cher lecteur, de la discussion que nous avons eue au sein de l’Equipe avant d’investir sur ce fond, où l’un d’entre nous a été témoin de la transition économique d’un pays passant d’une économie communiste à une économie de marché  :

« En fait, à partir du moment où ces sociétés d’états ont vendu des parts au privé (qui peut-être au demeurant des Vietnamiens, c’est même encore mieux) et sont cotées en bourse… c’est extrêmement positif ! Car au-delà de l’aspect qui nous intéresse, soit l’investissement, il y a entre ces sociétés une lutte économique acerbe qui dévie automatiquement sur le politique et le pouvoir. Elles sont donc prêtes à affronter toutes les multinationales du monde, qui ne sont admises à entrer dans le pays seulement quand les entreprises autochtones fonctionnent à plein régime. C’est un peu difficile à comprendre si l’on ne l’a pas vécu comme moi ce type de transition d’un régime communiste à un régime capitaliste.

Le gars avec qui j’étais associé pour le chocolat en Roumanie travaillait aussi pour une société de boissons gazeuses qui appartenait aux oncles de sa femme, deux frères. La société s’appelait European Drinks. Et évidemment, avant qu’ils ne s’emparent de la société, c’était une société d’Etat et ces gars ont dès lors fait partie de la Securitate. Donc, d’une certaine manière, de l’ancien pouvoir communiste. Par contre, ils sont parvenus à s’imposer comme leader de marché en Roumanie, devant devinez qui… Coca-cola lui-même ! L’entreprise exportait également, dans les pays voisins, de l’eau gazeuse.

Maintenant, il y a aussi plein de cas de figure où les gars n’en ont rien à cirer de la société, ce qui compte pour eux, c’est de la rafistoler léger et surtout de la revendre à gros prix à une multinationale US, Asiatique ou Européenne… pour passer à la caisse ! L’exemple qui me vient à l’esprit en Roumanie, c’est le joueur de foot Hagi, capitaine de l’équipe nationale qui a joué à Barcelone et qui était multi millionnaire. En fait il voulait acheter un hôtel sur la Mer Noire, la Côte d’Azur roumaine. Et évidemment, il était crédible au niveau pognon. Mais les gens du pouvoir qui devaient se partager les hôtels du littoral roumain ne lui ont jamais permis d’acheter. Ils se sont partagés le patrimoine, ce qui a pris de longues années, vu les luttes entre partis, avec dans l’idée de revendre ce qu’ils ont construit à des groupes comme le Hilton, Sheraton et autres. Ils ont fini par revendre à notre ami Hagi le footballeur… mais plus de 10 ans se sont écoulés !

Voilà, évidemment, je n’ai aucune idée de l’avancement de la situation au Vietnam, mais partout dans les pays communistes, les gens anciennement au pouvoir doivent s’enrichir et le seul moyen c’est de prendre la tête d’une société, voire d’être actionnaire dans un tas de sociétés. Ce qui débouche sur le pouvoir politique…

Le seul pays faisant exception à ce que je viens d’expliquer en deux mots dans ce bloc de l’Est Européen, c’est la Russie. Avec leurs sociétés très stratégiques de matière première (en fait leur seul arme géopolitique leur permettant de jouer un rôle à l’échelle mondiale). Là, dans ces sociétés, l’actionnaire n’a pas grande chance de s’enrichir. Mais c’est une exception.

Ce qui est intéressant à mon sens avec le Vietnam, c’est que le pays ne dépend pas forcément ni des investissements européens, ni des investissements américains, comme à l’Est… qui ne repartira qu’après les problèmes Euro et US réglés. Le Vietnam, pays asiatique, peut compter sur tous les pays riches de la zone qui ne sont pas du tout dans le même pétrin, comme la Chine, voire même le Japon avec des puissances d’investissement gigantesques qui n’ont rien à envier aux Européens ou Américains. Ces pays peuvent donc inonder de liquidités le marché vietnamien. A mon avis, ces émergents d’Asie repartiront les premiers ! ».

Portefeuille au 20 juin 2014 : 5 ans 208 jours

  • Portefeuille : VL 7,6033 € (Frais de courtage et de change inclus)
  • Rendement Total : 652,55%
  • .
  • Potentiel Estimé VANT / Cours 86,76%
  • .
  • Rendement Annualisé : 43,65%
  • Rendement 2014 : 9,48%
  • Rendement 2013 : 20,74%
  • Rendement 2012 : 24,19%
  • Rendement 2011 : -15,65%
  • Rendement 2010 : 38,07%
  • Rendement 2009 : 308,74%
  • Taux de Rotation Annualisé : 18,75%
  • Effet Devise Total : -0,88%

.

  • Tracker ETF Lyxor MSCI World : VL 132,5949 € (Frais de courtage inclus et dividende réinvesti)
  • Rendement Total : 97,76%
  • Rendement Annualisé : 13,02%
  • Rendement 2014 : 7,46%
  • Rendement 2013 : 20,16%
  • Rendement 2012 : 11,20%
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* Nous rappelons que ce portefeuille est un investissement réel et que nos abonnés ont accès à l’ensemble des extraits de compte de notre club d’investissement qui démontrent la réalité des rendements affichés, nets de taxes boursières et d’impôts sous fiscalité belge

Mouvement(s) Hebdomadaire

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Vente : d’une option Put sur une société US échéance 20 décembre 2014

Performance mensuelle du portefeuille depuis sa création

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Détails du Portefeuille

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Quel oubli impardonnable !

Quel monumental impair ! Quelle erreur grandissime ! Quelle « boulette » inexcusable !

Oui, ami(e) lecteur (trice), nous vous avons parlé de Walter Schloss, de Warren Buffet, de Christopher Brown, de Martin Whitman, de Seth Klarman ou de Scott Barbee. Notre ami Ben nous a présenté « Beating the Street » de Peter Lynch. Nous avons publié une interview de François Badelon.

Bref, nous vous avons présenté tous les investisseurs passés ou présents qui nous inspirent, qui nous ont permis de développer notre style et même, osons l’exprimer, que nous admirons (sur ce dernier point, nous tentons de nous soigner afin d’éviter toute « gouroutisation » et il semble que l’ensemble de l’équipe soit en bonne voie de guérison).

correction boursièreMais il est un investisseur que nous avons toujours injustement snobé … oui, sur ce blog intitulé « Les daubasses selon Benjamin Graham », nous ne vous avons jamais parlé de … Benjamin Graham. Le seul, l’unique, l’original …

Pour sa pénitence, l’ensemble des membres de l’équipe s’engagent à éviter toute consommation d’Orval pendant un mois … heu … non … pendant une semaine, faut pas exagérer non plus. Et de surcroît, chacun d’entre nous s’obligera à dénicher et à investir dans une société cotant au moins à 30 fois sa Valeur d’Actif Net Tangible. Et évidemment, nous allons de ce pas, remédier à cette omission …

 

Benjamin Graham est né le 8 mai 1894 à Londres de parents juifs. Lorsqu’il a un an, sa famille émigre à New York. Son père, importateur de porcelaine, voulait ouvrir une succursale aux Etats-Unis mais il décède très tôt. Sa famille (sa mère et ses deux frères) vit alors dans une relative précarité : la petite entreprise familiale fait faillite et la « matriarche » achève de consumer le patrimoine familial lors de la crise de 1907.

Heureusement, la famille est recueillie par un oncle de Graham relativement prospère, ingénieur et consultant auprès de grosses sociétés. Celui-ci aura une influence importante sur la personnalité du futur « père de tous les investisseurs value ».

Malgré sa petite taille et son apparence chétive, Graham excellait dans les épreuves sportives : il remporta d’ailleurs une course-relais dans laquelle il faisait équipe … avec Jérôme Newman, son futur associé, et le frère de celui-ci.

Doué comme son oncle pour les mathématiques, le jeune Ben excelle dans ses études et ce, malgré le fait qu’il exerce divers petits boulots à temps plein pour subvenir aux besoins de sa famille. Il lisait indistinctement en français, en grec et en latin.

Il est diplômé de l’université de Columbia en 1914. Dans la foulée, il entre dans une société de courtage en bourse où il est coursier. Son premier succès boursier est obtenu très tôt, lorsqu’il achète des actions d’un conglomérat minier mis en liquidation : Graham avait calculé que la somme des différentes parties présentait une valeur bien supérieure au cours de bourse.

Six ans plus tard, il devient associé au sein du cabinet et obtient très vite un revenu annuel de 500 000 dollars, énorme pour l’époque.

Benjamin Graham avec, à gauche, son associé Jérôme Newman
Benjamin Graham avec, à gauche, son associé Jérôme Newman

En 1926, il crée un fonds d’investissement en s’associant avec Jérome Newman. Au cours des 30 années qui ont suivi, ce fonds a généré un rendement annuel moyen de 17 % : 1 000 dollars investis dans le fonds sont devenus, par le miracle des intérêts composés, 111 000 dollars.

En 1928, il commence à enseigner l’investissement dans la valeur à la Columbia Business School.

Le crash de 1929 lui fait perdre la plus grande partie de sa fortune personnelle mais sa société survit surtout grâce à l’aide de ses amis et la vente de certains biens personnels des associés. Son épouse fut même contrainte de dispenser des cours de danse pour arrondir les fins de mois de la famille. Benjamin Graham tire de précieux enseignements de ce krach et affine encore son approche « value ».

En 1934, Graham  écrivit son premier livre, « Security Analysis » en collaboration avec David Dodd. Ce livre est devenu une «bible» pour les investisseurs. Il explique comment un investisseur peut obtenir des rendements satisfaisants s’il est en mesure d’évaluer à peu près une entreprise sur base de ses états financiers.

benjamin grahamEn 1949 paraît « L’investisseur intelligent », « le meilleur livre jamais écrit sur l’investissement » selon Warren Buffet. Dans cet ouvrage, les lecteurs font la connaissance de Mr Market, de la marge de sécurité et de la différence entre investissement et spéculation. Il y classe les investisseurs en deux grandes classes : défensifs et entreprenants.

En 1968, commencent ce qu’on appellera « les réunions du Graham Group » : à l’initiative de Warren Buffet, une brochette de stars (ou de futures stars) de l’investissement se réunissent autour de Graham : lors de cette première réunion, on retrouve, entre autres, Walter Schloss et son fils, Tom Knapp et Ed Anderson de Tweedy-Browne, Bill Ruane qui fondera par la suite le célèbre fonds Sequoia, Charly Munger, futur co-dirigeant de Berkshire Hataway et, bien évidemment, Buffet himself.

Graham Group

Benjamin Graham voulait que les gens comprennent que l’investissement devait être traité de manière pragmatique. C’est la discipline dans l’approche qui doit rendre les « investisseurs intelligents ».

Il est un ardent défenseur de la systématisation de l’ensemble du processus d’évaluation des entreprises avec le but de trouver les meilleurs rapports « rendement potentiel/risque ».

Tout au long de sa carrière, « le maître de l’Oracle d’Omaha » a été très critique envers les sociétés qui négligeaient la qualité des informations financières. Il était aussi un grand partisan de la distribution de dividendes et se montrait sévère avec les conseillers financiers qui incitaient leurs clients à acheter des sociétés sur bases de leurs perspectives sans tenir compte du prix payé. Si tous ces éléments semblent une évidence aujourd’hui, il faut se situer dans le contexte de l’époque, une période au cours de laquelle personne ne s’exprimait sur l’investissement en actions.

Pour la petite histoire, il semble bien que Graham n’ait pas influencé Warren Buffett que dans son approche de l’investissement. Dans sa vie affective aussi … Ainsi, tout comme son élève, il finit pas vivre séparé de son épouse, sans jamais divorcer, avec une femme plus jeune, une française qui était l’ancienne petite amie de son fils décédé.

Benjamin Graham est décédé en 1976. Il avait 82 ans.

Il laissera au monde de l’investissement un cadre pour penser et il restera pour de nombreuses génération d’analystes financiers, une source d’inspiration intarissable.

 

Citations

« À la bourse tu as deux choix : t’enrichir lentement ou t’appauvrir rapidement. »

«Nous sommes convaincus que si l’investisseur intelligent s’efforce de faire du timing de marché, il finira dans la peau d’un spéculateur et aura des résultats de spéculateur. »

« L’investisseur intelligent est celui qui achète dans un marché baissier quand tout le monde vend et qui vend dans un marché haussier alors que tout le monde achète. »

« À court terme, la bourse est une machine à voter. À long terme, c’est une balance. »

« Même l’investisseur intelligent aura sans doute besoin d’une force considérable pour ne pas tomber dans le piège de suivre la foule. »

« S’il est pratiquement impossible de faire des prédictions valables sur les prix des actions, il est complètement impossible d’en faire pour les obligations. »

« Nous voyons deux sources essentielles de sous-évaluation pour un titre : des résultats courants décevants ou une impopularité prolongée. » 

« Tant qu’il n’y aura pas de tests objectifs, quantifiables et suffisamment fiables sur les compétences de gestion, le niveau de compétence des dirigeants d’entreprise restera difficile à évaluer. »

« Tout le monde sait que les fluctuations dans les prix des actions sont trop amples dans les deux directions, souvent dans le marché en général, mais toujours dans au moins quelques actions individuelles. »

« Inutile d’utiliser une balance pour savoir qu’un homme est obèse. »

 

Portefeuille au 13 Juin 2014 : 5 ans 201 jours

  • Portefeuille : VL 7,5739 € (Frais de courtage et de change inclus)
  • Rendement Total : 649,65%
  • .
  • Potentiel Estimé VANT / Cours 87,81%
  • .
  • Rendement Annualisé : 43,73%
  • Rendement 2014 : 9,05%
  • Rendement 2013 : 20,74%
  • Rendement 2012 : 24,19%
  • Rendement 2011 : -15,65%
  • Rendement 2010 : 38,07%
  • Rendement 2009 : 308,74%
  • Taux de Rotation Annualisé : 18,75%
  • Effet Devise Total : -0,46%

.

  • Tracker ETF Lyxor MSCI World : VL 132,4098 € (Frais de courtage inclus et dividende réinvesti)
  • Rendement Total : 97,48%
  • Rendement Annualisé : 13,04%
  • Rendement 2014 : 7,31%
  • Rendement 2013 : 20,16%
  • Rendement 2012 : 11,20%
  • Rendement 2011 : -8,22%
  • Rendement 2010 : 18,76%
  • Rendement 2009 : 30,34%

* Nous rappelons que ce portefeuille est un investissement réel et que nos abonnés ont accès à l’ensemble des extraits de compte de notre club d’investissement qui démontrent la réalité des rendements affichés, nets de taxes boursières et d’impôts sous fiscalité belge


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Bas les masques : Kinross Gold

Comme vous le savez, une petite partie de notre portefeuille est investie dans des mines de métaux précieux, des mines d’or essentiellement mais aussi une mine d’argent.

Ce segment représente environ 5 % du portefeuille.

Un investissement sur ce type d’entreprise se justifie, pour nous, essentiellement par la décorrélation qu’il peut offrir par rapport aux actions classiques mais évidemment, il ne peut se faire qu’en fonction de critère « value » très stricts également : sous-évaluation et solidité financière restent les maîtres-mots qui résonnent dans un petit coin de notre tête dans chaque projet d’investissement envisagé.

Et donc, le 15 juillet, nous achetions 935 actions de la minière Kinross à un coût incluant les frais de courtage et les taxes sur les opérations de bourse de 4,87 usd et avons émettions 600 options put à un prix d’exercice de 4 usd, échéance janvier 2014 (pour un petit rappel sur la technique des opérations en options, c’est ici). En clair, nous nous engageons vis-à-vis de notre contrepartie à lui acheter en janvier 2014, 600 actions Kinross au cours de 4 usd et ce même si le cours de l’action est à ce moment, inférieur à 4 usd.

Kinross gold analyse

En échange de cette assurance, nous avons encaissé une prime de 0,35 usd par option émise. Nette de frais, cette opération nous procurera donc, en rémunération des capitaux bloqués en garantie d’un éventuel exercice des options, un rendement net de 8,1 % en 6 mois.

Le 18 septembre, nous émettions des options call sur cette position à échéance de février 2014 et un prix d’exercice de 6 usd. Ceci signifiait que nous nous engagions vis-à-vis de notre contrepartie à lui céder nos actions Kinross à l’échéance à un cours de 6 usd et ce, même si le cours de l’action est, à ce moment-là, supérieur au prix d’exercice … ce qui ne nous ferait pas vraiment « mal au ventre » étant donné que notre objectif de cours se situe à 6,64 USD. Si nous devons vendre à 6 usd, après avoir encaissé la prime des options de 0,48 usd, notre recette totale serait de 6,48 usd, soit très proche de notre objectif de cours.

Le 2 décembre, nous rachetions la position d’options put qui avaient été émises au moment de la constitution de la ligne d’action et encaissions un petit bénéfice : nous avions encaissé 190 usd lors de l’émission et déboursions 61 usd pour clôturer cette opération. En réalité, les résultats décevants affichés par la société au cours des trimestres qui ont suivi notre achat avait fait fondre la valorisation que nous avions calculée pour Kinross bien en deçà du prix d’exercice de 4 usd, prix qui, à ce moment-là, ne nous agréait plus du tout.

Le 24 février 2014, nous remettions le couvert avec une nouvelle opération d’options call : l’opération du 18 septembre se clôturait leur arrivée à échéance et, cette fois, c’est à échéance août 2014 et au prix d’exercice de 6 usd que nous que nous nous engagions vis-à-vis de notre contrepartie. Si nous devons vendre à 6 usd, après avoir encaissé la prime des options de 0,41 usd, notre recette totale serait de 6,41 usd, soit très proche du dernier objectif de cours calculé.

Evidemment, si le cours s’était envolé d’ici l’échéance nous n’aurions pas pu placer de stop suiveur et serions restés scotchés sur nos actions. Néanmoins, en échange de cet inconvénient, la prime que nous avions encaissé et qui permettait de générer un rendement supplémentaire net de frais d’environ 6 % sur 6 mois nous semblait une compensation suffisante.

investir dans l'or

Mais deux jours plus tard, nous prenions connaissance du rapport financier de Kinross et nous avons dû constater avec effroi que les réserves de métaux prouvées et probables avait fondu comme neige au soleil passant de 59,6 mio d’onces à 39,7 mio d’onces … ce qui, conjointement à la fonte du cash disponible nous donnait une juste valeur NEGATIVE !

Devant une telle destruction de valeur, nous n’avons pas hésité à prendre une double décision :

– tout d’abord nous avons racheté les options call qui avaient été émises il y a deux jours afin de libérer nos actions bloquées en garantie de nos obligations de vente. Ces options qui avaient été vendues à 0,41 usd ont été rachetées à 0,33 usd générant au passage un gain maigrichon.

– ensuite nous avons vendu nos actions sur le marché au cours de 5,16 usd.

Finalement, malgré cette destruction de valeur, nous nous en sommes plus ou moins bien sortis sur cette opération avec une légère plus-value : une preuve de plus que si on maximise la marge de sécurité au moment de l’achat, même si les choses « ne tournent pas bien » par la suite, il arrive qu’on puisse limiter les dégâts. C’est exactement ce qui s’est passé avec Kinross.

Vous trouverez ci-dessous l’analyse que nous avions mise à disposition de nos abonnés lors de la lettre d’août 2013 qui exposait nos motivations au moment de notre achat. Bonne lecture.

 

Kinross Gold Corporation

(NYSE, Ticker: KGC / ISIN : CA4969024047)

 

I. Introduction

Kinross est une société minière canadienne cotée en bourse de Toronto et sur le NYSE depuis 1993. Elle est active sur 9 pays : les Etats-Unis, le Canada, le Mexique, l’Equateur, le Brésil, le Chili, la Mauritanie, le Ghana et la Russie.

En valeur marchande, ses réserves se composent de 92 % d’or, 2 % d’argent et 6 % de cuivre.

Une des caractéristiques de Kinross, c’est que ses réserves prouvées et probables sont largement supérieures aux autres réserves en exploration ou en développement, ce qui nous semble assez positif car générant moins d’incertitude quant à la rentabilité future attendue.

Le 18 juillet 2013, nous avons acquis 935 actions Kinross à un coût de revient, frais de courtage inclus, de 4,87 usd. Parallèlement, nous avons émis 600 options put, échéance janvier 2014 et prix d’exercice de 4 usd. En échange de cet engagement d’achat et des 2 400 usd que nous bloquons en garantie, nous avons encaissé une prime, nette de frais, de 190,05 usd.

II. Valeur en cas de mise en liquidation volontaire

actions de mines d'or cotées en bourseNous allons commencer par valoriser tous les actifs non miniers.

Les liquidités, obligations à long terme détenues et placements de trésorerie représentent 1,32 usd par action et n’appellent aucun commentaire.

Parmi les créances, le poste principal est représenté par des taxes à récupérer. Les créances commerciales ne représentent qu’une toute petite partie de ce poste et sont payées en moyenne à 12 jours. Pour cette raison, nous ne prendrons que 10 % de marge de sécurité et tiendrons compte d’un montant de 0,18 usd par action.

55 % du stock est représenté par de l’or fini ou du minerai d’or. Nous partons de l’hypothèse que ces stocks ont été évalués en fonction du cours de l’or au 31/03 (date de clôture des comptes) de 1 595 usd l’once et appliquons une marge de sécurité en attribuant une valeur « standard » à l’or de 1 050 usd l’once. Nous appliquons ensuite une marge de sécurité supplémentaire de 10 %. En fonction de cela, la valeur que nous prenons en compte pour le stock d’or est donc de 0,36 usd par action. Nous prenons une marge de sécurité de 30 % sur le stock de fournitures et le reprenons pour 0,35 usd.

Dans l’actif fixe, nous repérons un poste d’actifs divers qui consiste en « stock à long terme » (que nous reprenons pour 50 % de sa valeur aux livres, soit 0,07 usd) et des créances à plus d’un an (marge de sécurité de 30 %, reprises pour 0,25 usd).

Nous relevons enfin une participation de 25 % dans la société Cerro Casale, participation que nous valorisons en prenant une marge de sécurité de 50 %, soit 0,23 usd.

L’ensemble du passif et des intérêts des minoritaires représente 3,93 usd par action.

En matière de dilution, il existe bien des emprunts convertibles mais nous n’en tenons pas compte : le prix d’exercice se situe vraiment beaucoup plus haut que le cours actuel.

Hors bilan, nous remarquons un litige important dans lequel la société est impliquée. Il s’agirait de fausses déclarations de son ancienne direction portant sur la quantité et la qualité des réserves de la mine africaine de Tasiast. Les demandeurs réclament 3,49 usd de dommages et intérêts.

En réalité, ce projet qui avait été présenté comme le 2e plus grand gisement africain, avait été acquis en 2010 pour 7,1 milliards de dollars mais, peu après l’acquisition, Kinross avait été contrainte d’acter une réduction de valeur de 3 milliards de dollars. Le CEO de l’époque, ainsi qu’une bonne partie du « top management », avaient été limogés. La nouvelle direction estime le total de l’or qui pourrait être extrait de Tasiast, à 1 millions d’once et les coûts d’extraction à 990 usd par once. Il est donc vrai qu’au cours actuel de l’or, ce projet a peu de chance d’être véritablement rentable. Mais en cas de hausse substantielle du métal jaune, l’effet de levier positif serait très appréciable.

La nouvelle direction estime que la plainte des anciens actionnaires est non fondée et nous partageons cette vision : nous avons là une erreur de gestion, voire des indélicatesses commises par des membres du personnel. Mais nous ne voyons pas comment la société peut être tenue personnellement comme responsable de cet état de fait. C’est la raison pour laquelle nous décidons de ne pas tenir compte de ce hors bilan dans notre évaluation.

En fonction de ce qui précède, nous estimons la valeur nette des actifs non miniers de Kinross à – 1,17 usd par action.

Passons à présent aux actifs miniers

Kinross détient des réserves d’or prouvées ou probables pour 59 599 milliers d’onces. Nous ne tenons pas compte des réserves d’argent et de cuivre car ces élément sont déjà pris en compte dans le calcul du coût de revient moyen d’extraction : en effet, les directions des sociétés minières considèrent souvent le produit de la vente de ces métaux « annexes » non comme des recettes mais plutôt comme des coûts négatifs. Nous ferons de mêmes pour l’évaluation des réserves.

investir dans les mines d'or

Pour valoriser ces réserves, nous tablons sur un cours moyen à long terme de l’or de 1 050 usd et sur un coût de production moyen de 800 usd. Ce dernier chiffre tient compte de celui publié lors des derniers comptes trimestriels de 729 usd par once, que nous avons arrondi vers le haut pour tenir compte de la baisse des cours de l’argent et de la hausse des coûts énergétiques.

Nous tenons compte également de 5 années d’investissement de maintient que nous valorisons à 0,96 usd par an et par action.

Selon nous, la valeur des réserves prouvées et probables de Kinross s’établit donc à :

(59 599 X (1 050 – 800) / 1 147 200 (nbre d’actions dilué) ) – (5 X 0,96) = 8,19 usd

Nous actualisons ce montant à 4 % par an sur une période de 5 années et obtenons pour les réserves prouvées et probable de Kinross un montant de 7,29 usd.

En fonction de ce qui précède, nous établissons la valeur de Kinross en cas de mise en liquidation volontaire à 6,12 usd par action.

Ce qui nous laisse, à notre coût d’achat de 4,87usd, une marge de sécurité de 20 %.

 

Portefeuille au 6 Juin 2014 : 5 ans 194 jours

  • Portefeuille : VL 7,4926 € (Frais de courtage et de change inclus)
  • Rendement Total : 641,60%
  • .
  • Potentiel Estimé VANT / Cours 88,59%
  • .
  • Rendement Annualisé : 43,63%
  • Rendement 2014 : 7,88%
  • Rendement 2013 : 20,74%
  • Rendement 2012 : 24,19%
  • Rendement 2011 : -15,65%
  • Rendement 2010 : 38,07%
  • Rendement 2009 : 308,74%
  • Taux de Rotation Annualisé : 18,75%
  • Effet Devise Total : -1,29%

.

  • Tracker ETF Lyxor MSCI World : VL 131,9368 € (Frais de courtage inclus et dividende réinvesti)
  • Rendement Total : 96,77%
  • Rendement Annualisé : 13,01%
  • Rendement 2014 : 6,93%
  • Rendement 2013 : 20,16%
  • Rendement 2012 : 11,20%
  • Rendement 2011 : -8,22%
  • Rendement 2010 : 18,76%
  • Rendement 2009 : 30,34%

* Nous rappelons que ce portefeuille est un investissement réel et que nos abonnés ont accès à l’ensemble des extraits de compte de notre club d’investissement qui démontrent la réalité des rendements affichés, nets de taxes boursières et d’impôts sous fiscalité belge

Mouvement(s) Hebdomadaire

Achat : –
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Vente : de la net-estate Plastivaloire avec une plus value de +14.08% en 829 jours

Performance mensuelle du portefeuille depuis sa création


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Détails du Portefeuille


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Les chroniques de l’investisseur chronique : Une approche de l’investissement en actions

chronique investisseurCe texte fait partie de la série proposée par notre ami-chroniqueur Laurent Muller.

Même si nous ne partageons pas tout-à-fait les mêmes principes d’investissement, nous nous sommes trouvés énormément de points communs et les raisonnements développés par Laurent nous ont paru marqués par le sceau du bon sens.

Il nous a semblé intéressant de vous faire profiter de ces raisonnements et c’est la raison pour laquelle Laurent tiendra, sur ce blog et à intervalles réguliers, une chronique présentant ses principes d’investissement.

Ce sera l’occasion de débattre avec l’équipe des daubasses mais aussi avec vous, ami( e) lecteur(trice) des sujets qui seront développés par notre ami.

 

J’ai listé dans cet article quelques règles que j’utilise pour mes investissements en actions. Je ne prétends pas que cette méthode soit la meilleure et n’engage que moi.

Une vision personnelle

Il faut se faire sa propre opinion sur l’entreprise cible. Ne pas suivre (aveuglément) l’opinion des autres.

Investir dans des entreprises qui gèrent leur argent de la même manière que soi. Découle de ce principe un endettement qui doit être inférieur aux capitaux propres, dans mon cas.

 

Une approche de la valorisation d’une action

Comment calculer la valeur d’une entreprise ? Chercher les invariants. Quels sont les chiffres d’une entreprise globalement stables, d’une année à l’autre ? Le bilan d’une entreprise est généralement assez stable d’une année à l’autre, sauf opérations spéciales sur le capital ou endettement par exemple. Le compte de résultats est trop volatil et correspond à une dérivée. C’est donc sur la base du bilan que je cherche la valeur de l’entreprise. Chercher des entreprises au bilan globalement stable (ou en progression), sur les 5 dernières années. Ne pas acheter des entreprises qui font systématiquement un déficit sur les 5 dernières années par exemple. Préférer des actions qui viennent de passer dans le rouge, il y a plus de chance que la tempête ne soit que passagère.

La valeur d’une entreprise doit être calculée de manière conservatrice. Quelle est la valeur qui reviendrait aux actionnaires, en cas de faillite ? Ne pas rêver, en cas de faillite, rien ne reviendra aux actionnaires, mais c’est simplement pour fixer les idées, théoriquement. Les daubasses expliquent plusieurs méthodes rationnelles pour y parvenir.

 

Déficits

Ne pas être effrayé par les déficits ponctuels. Vérifier tout de même le ratio déficit sur CA et déficit sur capitaux propres. S’inquiéter des déficits récurrents sur des périodes longues.

 

Niveau de chiffre d’affaire

Chercher des entreprises qui ont un CA globalement égal au bilan et qui ne varie pas trop (ou qui augmente) sur les 5 dernières années.

 

Capitalisation boursière

Une entreprise dont la capitalisation boursière vaut entre 5 et 10 % du total du bilan peut révéler une aberration du marché.

 

Rendement

Considérer le rendement (et non uniquement la plus-value), surtout si vous pouvez l’obtenir pour rien. Imaginons une entreprise qui payait régulièrement un dividende à un certain niveau. Lorsqu’une crise arrive, elle arrête le paiement de ce dividende. Une fois la crise terminée, elle paiera à nouveau un dividende grosso modo dans l’ordre de grandeur du dividende historique, ce qui serait alors un catalyseur de la hausse. Si, lors de la crise, j’identifie par exemple un rendement potentiel futur de, par exemple, 10 %, c’est un élément positif à prendre en compte, toute chose égale par ailleurs dans l’analyse valeur qui reste mon premier critère de choix.

 

Croissance

S’il est possible d’obtenir pour rien de la croissance potentielle, en plus de la valeur, c’est un élément positif, toute chose égale par ailleurs, au niveau de l’analyse valeur.

 

Manipulation des chiffres au bilan

Ne pas croire aveuglément les chiffres présentés au bilan: une entreprise a d’autant plus intérêt à manipuler les chiffres de son bilan qu’ils sont mauvais. Imaginons que l’entreprise ait un endettement x 10 par rapport à ses capitaux propres. Il est tentant de maquiller les chiffres en essayant de faire apparaître, mettons, un x 5. Mais quel serait l’intérêt pour une entreprise ayant un endettement de x 2 de maquiller ses dettes ?

 

Pink sheets

Ne pas acheter d’actions qui ont un prix inférieur à 1 euro (marché FR) ou 1 dollar (marché US), seuil psychologique. Les actions cotant en-dessous de ce prix correspondent généralement à des cas particuliers (par exemple marché OTC) et je préfère donc pour ma part m’abstenir d’acheter ces situations spéciales. Si une action achetée à un prix supérieur à 1 descend en-dessous de 1, ce n’est pas un motif suffisant pour vendre, cependant.

 

Effet de mode.

Est-ce que l’entreprise est victime d’un effet de mode négatif ? HAST:US et BAMM:US sont typiquement dans ce domaine, au 16/11/2013. Une entreprise du même secteur a fait faillite, rendez-vous compte ! En réalité, cette faillite était liée à la mauvaise gestion financière de l’entreprise et non à l’avènement du livre numérique. Qui profitera de cette faillite si ce ne sont les autres entreprises du secteur ? J’anticipe que le live numérique ne va pas se substituer le livre papier dans les 20 années à venir, par exemple. Certes, il le supplantera probablement à très long terme, mais je ne vois pas une transition rapide du papier vers numérique (qui est à ce stade plutôt un complément). Et HAST:US et BAMM:US peuvent également s’adapter à la nouvelle donne en trouvant d’autres produits à vendre ou d’autres business model.

 

Choix sectoriel

J’évite les secteurs moralement discutables comme les industries d’armement, Tepco au plus bas ou autre… J’évite généralement les secteurs à la mode ou qui font rêver : l’aéronautique, l’espace, les valeurs technologiques, les valeurs biotechnologiques, la pharmacie, le solaire, etc… Je préfère une entreprise bien obscure mais au business rodé, sans surprise (le problème des technologiques et pharmaceutiques est notamment que leur business model dépend d’innovations non prévisibles). Par exemple, je serais naturellement tenté d’acheter une entreprise dans le domaine du recyclage d’huile de vidange : elle a l’air sale, elle rebute et elle ne doit pas sentir bon mais elle cache sans doute un business solide bien rodé, bien huilé et sans surprises. J’évite les banques que je ne sais pas évaluer. Je pense que la valeur des banques découle fortement de leur image. Autrement dit, si Mr Market est dépressif sur une banque, il peut réellement la tuer, alors que dans d’autres domaines (industrie), il n’y a pas de rapport direct entre le cours d’une action et l’activité réelle sous-jacente (hors introduction en bourse ou augmentation de capital).

 

Analyse graphique

Le titre de cette rubrique est volontairement provocateur. Je ne me sens pas l’âme d’un analyste graphique.

Observer la courbe historique de prix des actions candidates – échelle de temps de 15 ans – (tenir compte des augmentations de capital, dans le raisonnement) :

  • Est-ce que l’entreprise se trouve au prix historique le plus bas ?
  • Est-ce que l’action a atteint plusieurs fois les niveaux de prix de notre objectif de vente ?
  • Est-ce que le ratio maximum sur minimum est important ?
  • Est-ce que la courbe a connu plusieurs cycles repassant par des extremums ou descend-elle de manière continue ? Une « belle » courbe est typiquement celle d’HAST:US au 16/11/2013 (un potentiel de x 4 semble possible).

 

Stop limite

A l’achat, ne pas acheter en plaçant un stop limite, mais acheter les lignes à la vente du carnet d’ordre quitte à pousser le titre violemment à la hausse (surtout sur les aberrations de marché). Le prix à payer pour l’opportunité manquée peut être important, dans le cas inverse. Ne pas optimiser ses entrées, vu le potentiel attendu.

Vendre sur base de stop au prix du potentiel estimé (ou alors placer un stop suiveur par exemple à 15 % sous le prix maximum de l’action pour suivre la tendance, si l’on pense au feeling qu’elle peut se prolonger).

 

Suivre les actions vendues

Surveiller les entreprises dont on a vendu les titres. Leur cours pourrait redescendre en-dessous du cours d’achat donc redevenir des opportunités.

 

Money management

Adopter des règles de money management : <Référence à l’article 06 sur les règles de money management>

 

Type d’ordre

Ne prendre que des positions longues (pas de vente à découvert). Se positionner à l’achat permet d’avoir un risque de perte limité (le montant investi, en cas de faillite), mais un potentiel de hausse illimité, sans coût lié au facteur temps. Ne pas acheter des actions avec un levier.

 

Savoir rester liquide

Si aucune opportunité n’est trouvée sur le marché, ne pas acheter. Cette décision peut être difficile à prendre. Acheter uniquement des entreprises respectant globalement les critères qualitatifs, quitte à attendre.

 

Liquidité

Ne pas investir dans des actions trop peu liquides, c’est-à-dire où le volume d’échange représente par exemple 1/10ème du montant que l’on souhaite investir. Essayer de ne pas multiplier ses lignes. J’ai un peu plus d’une dizaine de lignes, par soucis de diversification (si une action fait faillite, cet évènement ne m’affectera pas particulièrement).

 

Espérance mathématique

Croire en ses investissements, même si leur prix baisse, lorsque l’analyse indique une espérance mathématique positive. Sauf découverte théorique qui change fondamentalement la donne. Ne pas céder à la panique.

 

Eléments positifs divers

Voir d’un bon œil les rachats d’actions, une entreprise familiale, la présence de la Financière de l’Echiquier, de Bestinver, d’Amiral Gestion ou de Tocqueville au capital.

 

Objectif de vente

Lorsqu’une entreprise s’approche de l’objectif de vente, il n’est pas nécessaire d’atteindre strictement cet objectif s’il existe de meilleures opportunités sur le marché. En effet, le potentiel d’une action proche de son objectif est mécaniquement très inférieur au potentiel d’une nouvelle action achetée, vu l’écart entre le prix et la valeur. Faire tourner le portefeuille pour essayer de maximiser le potentiel.

 

Tensions entre prix et valeur

Prendre conscience de l’effet des exponentielles sur les marchés: voir par exemple un + 10 % sur une courbe, lorsqu’elle est proche des plus bas et le même + 10 % lorsqu’elle est proche des plus hauts (graphiquement et vraisemblablement psychologiquement pour certains acteurs du marché, il s’agit d’un bond énorme alors qu’il s’agit du même pourcentage de variation). Le prix d’une action est attaché à sa vraie valeur par un élastique : plus il est tendu et plus le potentiel et la force de retour vont être violents, dans les deux sens. A la baisse, l’élastique peut se rompre : c’est la faillite !

 

Contexte global des marchés

Considérer également des indicateurs globaux de marché: niveau du VIX, niveau de l’indice de référence par rapport à son dernier plus haut, niveau de l’indice de référence par rapport à son plus haut historique, etc… Utiliser ces indicateurs principalement pour détecter les moments où l’on trouvera le plus d’opportunités d’actions ayant une divergence entre prix et valeur importante et il vaudra mieux rester liquide.

 

Investir à long terme

Ne pas avoir besoin de l’argent investi dans les 20 prochaines années.

 

Portefeuille

Vérifier son portefeuille 15 minutes tous les jours, par exemple, après la clôture des marchés (suivre en particulier les actions qui s’approchent de leur potentiel, regarder les éléments exceptionnels éventuels : augmentation de capital, OPA, une suspension de cours, etc…). Vérifier une fois par an les éléments nouveaux (nouveaux rapports financiers) mais pas nécessairement immédiatement quand le rapport sort puisque nous nous basons sur des données a priori assez stables (invariants), d’une année sur l’autre, pour évaluer l’entreprise. Ce qui prend du temps, c’est plutôt d’identifier de nouvelles pépites et étudier les rapports annuels des entreprises sélectionnées / filtrage. Ce qui prend également du temps, c’est se construire un modèle théorique comme celui-ci. Faites vos devoirs avant d’acheter.

 

Conclusion

Comme j’estime ne pas être capable de prévoir le prix futur des actions, sur base des prix ou volumes passés, j’essaie d’identifier des divergences entre prix et valeur et me positionne à l’achat lorsque la divergence est importante pour avoir une marge de sécurité et une espérance mathématique positive pour mon investissement.

In fine, le non respect d’un critère n’est pas rédhibitoire, il faut à mon sens considérer un dossier dans sa globalité