Les chroniques de l’investisseur chronique : quelques classes d’actifs

chronique investisseur

Ce texte fait partie de la série proposée par notre ami-chroniqueur Laurent Muller.

Même si nous ne partageons pas tout-à-fait les mêmes principes d’investissement, nous nous sommes trouvés énormément de points communs et les raisonnements développés par Laurent nous ont paru marqués par le sceau du bon sens.

Il nous a semblé intéressant de vous faire profiter de ces raisonnements et c’est la raison pour laquelle Laurent tiendra, sur ce blog et à intervalles réguliers, une chronique présentant ses principes d’investissement.

Ce sera l’occasion de débattre avec l’équipe des daubasses mais aussi avec vous, ami( e) lecteur(trice) des sujets qui seront développés par notre ami.

Je vous propose dans cet article un panorama de différentes classes d’actifs. L’objectif n’est pas d’être exhaustif mais d’exposer mon opinion sur quelques classes d’actifs usuelles. J’avais présenté mon opinion sur l’immobilier physique résidentiel et les actions dans cet article.

 

Or physique

L’or physique est un métal qui possède des propriétés physiques intéressantes :

  • L’or est malléable.
  • L’or est ductile.
  • L’or est conducteur.

Mais ces propriétés physiques justifient-elles d’un point de vue valeur le prix que nous devons payer pour acquérir ce métal ? L’attrait de l’or physique repose-t-il sur des bases solides ou sur une image exagérément positive ?

L’un des arguments souvent avancés pour la défense d’un investissement en or physique est de constituer une protection en cas de crise majeure. Imaginons qu’après l’effondrement hypothétique du système financier mondial, nous soyons réduits à la chasse dans les bois et à la cueillette pour nous nourrir. Quelle garantie avons-nous que notre or physique ne sera pas simplement pris de force par notre voisin armé jusqu’aux dents ? Ne vaut-il pas mieux investir dans des miradors, des armes et des stocks de nourriture pour être protégé contre le risque d’effondrement du système ?

Comme protection contre l’inflation, je privilégie d’autres supports plus dynamiques : l’immobilier ou les actions.

Or papier

L’or papier me semble présenter un désavantage majeur par rapport à l’or physique : en cas de retour à l’état nature, il semble douteux que nous en voyons la couleur.

Les avantages de l’or papier par rapport à l’or physique me semblent être les suivants :

  • La protection contre le risque de vol.
  • Une fiscalité plus avantageuse (au moins dans certains pays).

Si je devais faire un arbitrage entre l’or physique et l’or papier, j’opterais donc pour l’or physique.

SICAV

Les SICAV présentent plusieurs désavantages par rapport à un investissement en actions en direct, à mon sens :

  • Des frais plus importants (droit d’entrée, de sortie, de performance, etc…).
  • Le coût de l’intermédiaire.
  • L’intérêt du gestionnaire n’est pas nécessairement aligné à celui de l’investisseur. Il s’expose au risque d’être mal conseillé.
  • L’investisseur individuel n’est pas nécessairement prêt à assumer les risques pris par le gestionnaire.
  • En raison de la profondeur de marché, le gestionnaire n’a pas accès à des actions faiblement liquides ce qui induit une réduction des opportunités.
  • La performance du fonds est liée au comportement des autres investisseurs du fonds : le meilleur gestionnaire peut être contraint de vendre contre son gré au mauvais moment, si les investisseurs décident de vendre sous l’effet de la panique lors d’une chute des titres du portefeuille, accentuant la contre-performance.

Je préfère aux SICAV l’investissement en actions en direct.

Obligations

Les obligations ont une performance historique inférieure à celle des actions, comme le montrent par exemple les études de Jérémy Siegel. Ce support expose l’investisseur au risque de faillite de l’entreprise.

L’une des caractéristiques intéressantes des obligations est la régularité du rendement, par rapport aux actions (le paiement d’un dividende peut être stoppé, par exemple). Pour cette raison, je n’exclue pas, à terme, d’investir sur ce type de support (par exemple, si mes revenus salariés devaient décroître, le cas échéant).

Monétaire

Les placements monétaires ont un rendement inférieur à celui des obligations ou des actions, comme le montrent les études de Jérémy Siegel.

Un placement monétaire peut être un outil intéressant en cas de déflation. J’ai également déjà utilisé ce support en position d’attente.

Matières premières

J’ai un a priori positif sur le marché des matières premières sans avoir approfondi la question à ce stade. Mon approche consisterait à construire un modèle de valorisation des matières premières et de comparer prix à la valeur pour me positionner à l’achat quand le premier me semble très inférieur au second.

Produits dérivés

J’ai un avis mitigé sur les produits dérivés. Les produits dérivés pour les investisseurs individuels (turbo, warrants, etc…) me semblent s’adresser à un public de joueurs de casino (levier très important, notamment, et coût du facteur temps).

Par contre, les produits dérivés me semblent également ouvrir des possibilités que l’investissement en actions ne permettrait pas ou pas de manière aussi directe, par exemple, couvrir un risque de change, etc… De ce fait, ce type de support me semble intéressant.

Immobilier papier

Je préfèrerais l’immobilier papier (décoté) à l’immobilier physique si mon banquier était prêt à me faire un emprunt dans les conditions de celui d’un emprunt immobilier physique (y compris en réduisant le montant du crédit pour tenir compte du levier indirect). Ce n’est malheureusement pas possible en pratique.

Immobilier commercial ou de bureau

Je n’exclue pas d’investir à terme dans l’immobilier commercial ou de bureau, qui me semblent une alternative intéressante à l’immobilier résidentiel, car ce type d’investissement permet de réduire le coût en temps de la gestion, par rapport à l’immobilier locatif résidentiel.

Conclusions

Cet article n’a pas vocation à lister de manière exhaustive toutes les classes d’actifs mais décrit simplement mes idées sur certaines classes d’actifs usuelles. N’hésitez pas à le compléter, en postant en commentaires les supports d’investissement que vous utilisez en précisant leurs avantages et inconvénients.

Portefeuille au 25 Juillet 2014 : 5 ans 243 jours

Portefeuille : VL 7,6125 € (Frais de courtage et de change inclus)
Rendement Total : 653,46%

Potentiel Estimé VANT / Cours 87,79%

Rendement Annualisé : 42,80%
Rendement 2014 : 9,61%

Rendement 2013 : 20,74%
Rendement 2012 : 24,19%
Rendement 2011 : -15,65%
Rendement 2010 : 38,07%
Rendement 2009 : 308,74%

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Le Woodstock de la Daubasse…

période estivaleEn cette période estivale, nous avons répondu positivement  à l’invitation de notre ami, Michel Melinot qui nous a demandé d’écrire un petit texte, sur le thème de l’indépendance financière. C’est donc très simplement en vous racontant la rencontre des 4 « Daubasses » qui a eu lieu le samedi 19 juillet 2014 toute la journée et une partie de la nuit, que nous allons tenter d’illustrer le sujet. Chaque jour de l’année, sur notre forum privé, nous échangeons entre 50 et 150 messages. Mais rien ne peut remplacer le bonheur de nous rencontrer une, voire deux fois par an physiquement chez l’un d’entre nous.

Ce texte participe donc à l’événement « Une journée en indépendance financière » lancé par Michel Mélinot du blog Véritable Indépendance.

Samedi 19 Juillet 2014

6H30

C’est moi qui reçoit l’équipe des daubasses dans ma petite maison de la banlieue de Charleroi, en Belgique. Et le buzzer horripilant de mon réveil est là pour me le rappeler…

analyste financier chinois

En filant vers la salle de bain, Hanzu le chien de ma fille, un shar-pei  sable, allongé sur son « Memory Foam » comme le dernier empereur, me lance un œil droit interrogateur juste avant que ne chante Jérémie, le coq de notre voisin ! Je savais qu’il savait déjà que ce n’était pas une journée comme les autres car jamais je ne me lève avant 7 heures.

Après un petit coup de « Braunne » au « Semsodyme dents sensibles », j’enchaîne avec une petite crotte de gel « Nirvana peau irritable » et met en branle mon « Jupette proglide plus », l’exterminateur de pilosité faciale le plus cruel que je connaisse : chaque poil est coupé en quatre … logique puisqu’il dispose de quatre lames.

Une fois ma tronche de bébé retrouvée, j’enclenche le mélangeur suédois de ma douche et empoigne le flacon de « Love Silk Glow » pour une peau douce et lumineuse comme la soie (c’est ce qui est écrit en doré sur le côté pile).

Je file ensuite dans mon dressing pour enfiler mon jeans Lewis et ma chemise « Hugo Bosse » gris perle que je mets à chaque rencontre Daubasses (j’aime montrer que je Bossse) et fini par chausser mes mocassins espagnols en vachette bleu (comme dans les pubs « Milka », en plus bleu) achetés par ma fille lors d’un séjour à Salamanque.

attention, ceci n'est pas un conseiller financier

En repartant vers la cuisine pour me préparer un petit déjeuner rapide, Hanzu me jette un oeil gauche réprobateur : je sais qu’il sait déjà qu’il n’aura pas droit à sa petite croute de pain presque complet puisqu’il ne se lève jamais avant 7H 30.

Café à la turque, pain grillé  enseveli sous une fine tranche de saumon fumé écossais, rafraichi avec un jet de citron, une larme d’huile d’olive toscane première pression à froid et quelques grains de poivre verts concassés au moulin électrique sont prêts en 10 minutes à peine. Je savoure sur ma terrasse en écoutant le chant des oiseaux, l’oeil enivré par la palette de couleurs offerte par les 80 espèces de fleurs et de plantes du jardin déjà baigné d’une belle lumière d’été et d’un soleil sérieux.

vancances boursières

La journée promettait d’être belle, la météo annonçait 24°C.

 

7H

Je monte dans ma vielle Toyota noire qui a vu défiler 294 mille kilomètres de bitume et file vers le marché de Chapelle à 15 minutes de chez moi, puis direction la ferme à Bon-Villers pour les légumes.

Sur la route je repasse en mémoire le menu que je me propose de préparer pour mes amis et pointe les achats : Apéritif : un petit cristal de Roederer, tapenade sur des toasts… J’ai déjà tout… En entrée, sushi (acheter de la dorade, du concombre). Soupe de poissons : bouillabaisse spéciale du Pays Noir (il me faut carottes, poireaux, fenouil, oignons, ail, congres, racasses, saint-pierre, langoustines, encre de seiche, … j’ai tout le reste). Pour le barbuc : des saint jacques, des gambas et du thon rouge, tomates-cerise, mozzarella di bufala, un ananas d’Hawaï, des pousses d’épinards….Le reste j’ai !

investir dans les produits agricoles

On zappe malheureusement la superbe palette de « fromages qui puent de Franck » puisque le Français du groupe n’habite plus Paris.  Dessert : une petite « Basraï » flambée au vieux rhum made in Venezuela, « glace à la vanille bourbon home made » … acheter les bananes… Rien d’autres… Ah oui, le pousse café : Orval à volonté, six bacs dans la cave ! On est paré mon capitaine !

7H15

A cette heure-là, on peut encore se parquer facilement. Je descends la volée d’escaliers qui mène à la place, ma liste bien collée dans mon lobe frontal  et à portée de main.

Le marché est désert. Je file chez Rodrigo le poissonnier. Son camion-étal est magnifique, d’un bleu azur, rempli de glace pilée et de beaux poissons entiers, en filet ou en tranche.

Je lui annonce d’emblée que je suis pressé. Il n’a pas de congre. Je remplace par de la lotte, je paie, prends mes sacs et file à l’autres bout de la place chez le « Roi du Salami », Antonio et Cecilia, qui vend des produits italiens de première bourre. C’est Cecilia qui me sert. Je passe la commande, elle m’invite à déguster un pecorino sardo au poivre, maturation moyenne. Une merveille ! J’ajoute à la commande 1 kilo d’olives cassées (j’adore ces olives brutes que je prépare moi-même à l’ail ou au citron, au fenouil ou à l’origan)

7H40

En route pour la ferme, je passe en revue l’ordre du jour. En fait, nous nous sommes rendu compte que nous ne parlons  jamais d’investissement quand on se rencontre « physiquement » ou alors dans la dernière demi-heure.  Pour pallier à cet inqualifiable manque de rigueur, nous nous sommes obligés, depuis 3 ans, à établir un ordre du jour.

Bien sûr, il n’est pas toujours respecté (en réalité, c’est plutôt « jamais »), nous sommes quand même tous des latins. En réalité, tout dépend de la vitesse à laquelle se vide les bacs d’Orval.

En mach 3, comprenez trois bac enfilés, la concentration devient difficile.

A l’ordre du jour de cette rencontre, il y aura donc notre test habituel sur la valeur, en Chine continentale, Hong Kong, Macao et Taiwan.

Ensuite petit break avec ce que nous appelons le Woodstock de la Daubasse.

Enfin, on doit évoquer la production de notre dernier film et la pertinence de nos investissements directs, rien à voir avec la gestion Daubasses !

7H45

Germaine, la femme du fermier n’est pas en forme. Je l’observe jeter ses poireaux et ses carottes dans ma caisse comme si elle jetait des ballots de paille dans le fenil à la fourche. Je n’insiste pas. Je paie, charge dans le coffre et démarre vers la maison.

 

8H05

La maison  est toujours plongée dans un silence ingrat, personne à l’horizon et même Hanzu semble être reparti pour une grasse matinée, vraiment indigne du dernier empereur. Je déballe et range mes marchandises. Me fais couler un petit expresso, bien serré, que je sirote debout sur la terrasse

8H30

Allez hop au fourneau ! Je lance la bouillabaisse du Pays Noir que je colorerai en fin de cuisson avec un peu d’encre sèche de seiche.

en cuisine

Pendant que la souplette bavarde à gros bouillon et laisse échapper son fumet marin, je commence à préparer les sushis. Je lave plusieurs fois le riz japonais avant de lancer la cuisson.

crash boursier ... heu non, culinaire

C’est la première chose importante si l’on veut réussir ses sushis. Ce que j’aime le plus dans la préparation des sushis, c’est la découpe, le geste de la découpe… C’est d’ailleurs ce qui m’a donné l’envie de faire des sushis, la poésie du geste de la découpe des maîtres-sushi. Et notamment les tranches de poisson cru, taillées légèrement en oblique avec une précision chirurgicale et une chorégraphie des doigts… Du grand art… J’en suis encore très loin !

En roulant l’avant dernier sushi dans son algue avec  la petite natte de bois, j’ai soudain une angoisse existentielle : je me demande si tout le monde aime la dorade crue ! J’aurais dû en faire seulement aux concombres mais voilà : je n’ai plus le moindre morceau de concombre.

Je cherche désespérément un ingrédient qui pourrait plaire si l’on est allergique au poisson cru. C’est un peu confus que je me résigne à  débiter quelques saucisses « zwam red devils », laissées de côté dès l’élimination des Diables Rouges de la coupe du monde avec le plus de poésie possible.

10H30

Le repas est prêt. Ma fille et mon beau fils débarquent pour me donner un coup de main. Ils me disent en chœur « ça sent le cochon ici ». Je suis obligé de leur expliquer que c’est un menu « poissons » mais qu’en flambant les bananes, je me suis grillé un partie des poils de l’avant-bras. Rien de grave …juste le démarrage de flamme qui lèche quelques secondes et fait rôtir le poil comme du nylon. Ce n’est pas la première fois.

feu sur les bourses mondiales

On déguste trois expressos sur la terrasse avant que ma fille ne s’occupe de dresser la table et mon beau fils le barbecue. Les 3 autres daubasses seront là dans moins d’une demi-heure.  Avant de filer une seconde fois sous la douche (mon odeur est barbare), je demande à ma fille si elle peut filmer la réunion.

11H18

Les daubasses sonnent à la porte. Ils sont là tous les trois. Depuis que Franck avait essayé de nous habituer à des retards variant entre 30 minutes et 4 heures lors de nos réunions précédentes, nous avions décidé, voici un an, que les 3 invités devaient se présenter ensemble chez celui qui reçoit. Ce qui permet d’entamer directement les discussions à quatre et surtout de ne pas clôturer la rencontre à 6 heures du matin : la volatilité a ses limites.

Pierre : « Souriez vous êtes filmés les gars ! C’est pour la journée de l’indépendance financière ! Et pas de tronches de nerd s’il vous plait ! »

Louis P :  « Je pensais que c’était un texte qu’il fallait envoyer »

Louis A : « Je trouve que c’est original, un film »

Franck :  « Il faudra envoyer sans son »

Louis P :  « Oui un film muet en noir et blanc, avec  des moustaches et des chapeaux boules, et des commentaires qui apparaissent entre les images. Il va falloir être expressif. »

Franck :  « un « power point » animé quoi ! »

Pierre : « Je me suis dit que je n’aurais peut-être pas le temps d’écrire le texte demain, si ma gueule de bois est aussi large qu’un baobab ! Et si le texte doit être rentré à minuit maximum… »

L’apéritif  démarre sur des chapeaux de roues, les sujets  s’enfilent comme des perles sur la terrasse ensoleillée. La future nouvelle voiture d’occasion de Franck, une grosse allemande avec du gros rabais. Les poulets « cous nus » de Louis P et son projet d’autarcie… Et puis l’art de soigner « nature » de Louis A …que Franck chambre un peu puisque la première potion magique sensée faire émerger nos esprits d’un trop plein de mousse d’Orval, l’année passée, nous avait tous mis à quatre pattes dans les parterres pour faire ressortir de la bière par tous les trous. Franck était tellement loin qu’il disait que même ses oreilles lâchaient de la mousse.

Louis A : « Tu n’as toujours pas compris Franck que la première tisane c’était pour éliminer. Et la seconde, pour vous sentir léger. Un process en deux temps ! »

Franck :  « Ce que je n’ai toujours pas compris c’est que je suis resté sourd trois jours »

Louis A : « Rien avoir avec l’Orval ou mes prescriptions, tu as des problèmes d’oreille interne. Je te concocte une solution au jus de betterave macéré dans de l’oseille et du romarin, si tu veux. Fait quand même gaffe car ça peut empirer avec l’âge. »

Pierre : « A table les gars, sinon on ne va pas tenir la route, on a déjà sifflé 3 bouteilles »

13H28

Je demande si tout le monde aime les sushis au poisson cru et tout le monde répond par l’affirmative. Je n’ai pas d’autre solution que de me servir les sushis « zwam red devils », cela m’apprendra à avoir des angoisses existentielles.

réunion d'investisseurs

Tout le monde trouve les sushis accompagnés d’un riesling grand cru excellents. Les miens sont profondément immondes. Mais je reste stoïque.

14H19

Après un petit break au cours duquel Louis P. nous explique la nouvelle recette de pâté de canard à la crème de cassis qu’il a mis au point avec les 12 premiers canards qu’il a élevés à l’herbe folle des Ardennes, je sers ma fameuse bouillabaisse Pays Noir.

bouillabaisse du pays noirLa mine des trois daubasses semble soudain s’assombrir.

Franck : « Qu’est-ce que c’est ? »

Louis P : « Sans vouloir te vexer Pierre, cela ressemble à de l’eau de vaisselle après un repas de 50 convives »

Louis A : « Oui là, il y a un truc vert, j’ai l’impression de reconnaître un bout d’éponge « scotjex » prix rouge de chez Colruyt »

Pierre : « Vous êtes durs les gars, j’ai essayé de vous faire une bouillabaisse Pays Noir avec un peu d’encre de seiche. De l’original…Mais c’est vrai qu’elle a une sale gueule ! On peut zapper, si vous voulez »

Franck : « Heu … oui si cela ne te dérange pas je zappe »

Les deux Louis ont fait échos à Franck avec soulagement.

Pierre :  « Pas grave, cela plaira à Hanzu….Et mon beau-fils va lancer le barbuc  »

Louis P : « On pourrait préparer le test VICC »

Franck : «  Excellente idée, j’adore notre dernier concept « Value » »

Louis A : « Vous êtes certain qu’on doit filmer ? Car c’est certain que l’on sera copié sur ce coup-là »

Louis P : « Je pense quand même que ce sera difficile à copier d’autant plus qu’il y a une interaction avec un vrai Chinois »

Louis A : «  Ok les gars mais ne venez pas me dire par la suite que les Chinois étudient notre blog jour et nuit en faisant grimper le CPU de notre serveur »

Franck : « On aura qu’à bloquer l’accès depuis la Chine et la Mongolie, on l’a déjà fait après tout ! »

Louis A : « Oui Franck, mais n’oublie pas que les chinois sont partout ! Et que derrière ton PC, personne ne voit ton cerveau « bridé », prêt à tout pomper »

14H30

Les préparatifs du test « Value VICC » démarre. Je vais chercher la malle au grenier. Il s’agit donc de transformer la pelouse en Mer de Chine et de recomposer la Chine continentale et les trois entités insulaires que sont Hong Kong, Macao et Taiwan avec des signes distinctifs.

carte de l'investisseur en chine

Franck, s’occupe de la Chine et étend un vieux drap blanc le long d’un parterre de tagettes. Il y a la place au milieu pour un vieux marteau rouillé, un portrait de Mao de Warhol tiré à l’imprimante et une faucille dont le manche est en mauvais état.

Louis P s’occupe de Hong Kong en installant un essuie de bain bleu juste devant le drap blanc. Il superpose ensuite des pacs de lait et de cacao pour simuler trois gratte-ciel.

A droite de Hong Kong, Louis A s’occupe de Taiwan avec un autre essuie de bain de couleur verte. Il dispose un clavier d’ordinateur et 4 veilles souris en plein milieu de l’île rebelle.

De mon côté, à gauche de Hong Kong, j’installe un petit essuie de vaisselle troué et y dépose un Monopoly et un  jeu de l’oie, c’est Macao !

15H15

Nous repassons à table pour engouffrer le barbecue, tout le monde semble affamé.  Les brochètes de gambas à l’ananas et les Saint-Jacques aux tomates-cerises rencontrent cette fois un franc succès. Les steaks de thon rouge, un peu moins.  On arrose le tout avec un Montrachet côte de Baune très frais.

investir dans la valeur des saucisses

Louis P nous parle de sa production pharaonique d’épinards du Caucase et de la serre portable qui permet à ses plants de tomate de s’exprimer pleinement malgré le climat ardennais hostile qui convient plus aux sangliers qu’aux pomodoros.

Franck est impatient de savoir ce que donnera le Test VICC qui oriente depuis trois ans les investissements du portefeuille du club.

 16H08

Nous sirotons tous les quatre un petit expresso avant de lancer le test VICC.

concentration avant mise en fonction de notre screener actionsLe shar-pei est une race de chien chinois qui remonte à plus de 2000 ans. En 200 après Jésus-Christ, on retrouve pour la première fois des statuettes de la dynastie Han le représentant. Certains historiens affirment qu’il serait originaire de la province de Guangdong en Chine continentale.

Qui est donc mieux placé que Hanzu, le shar-pei de ma fille pour nous donner son sentiment sur la valeur de ces entités ? Le test VICC (pour Valeur de l’Instinct Canin Chinois) peut commencer.

Ma fille va donc chercher Hanzu qui est resté enfermé dans le salon pour son heure habituelle de concentration. Ce qui lui permettra de traquer la valeur là où elle se trouve vraiment.

Hanzu déboule sur la terrasse, commence par humer l’air encore empli des odeurs de poissons grillés. Ce chien ne mange en fait que du poisson et des légumes, aucune viande. Ses menus préférés sont de la sardine portugaise aux carottes et du colin d ‘Alaska aux courgettes.

screener sur les actions asiatiques

Il s’attarde près de nous pour voir si nous ne lui avons pas réservé un morceau de poisson. Comme ce n’est pas le cas, il s’élance dans la mer de Chine au galop et semble ne pas hésiter un instant en s’empallant comme un tsunami à quatre pattes sur les gratte-ciel de Hong Kong. Il piétine les pacs de laits et transperce de ses crocs acérés le trente-huitième étage d’un immeuble cossu représenté par un petit pac de cacao écolier.

Franck : « Je vous l’avais dit les gars : Hong-Kong ! Nos quatre derniers achats …Ce chien est magnifique. Quel flair ! »

Louis A : «  Attend ce n’est pas fini »

Effectivement, Hanzu prend brutalement Hong Kong dans sa gueule et traverse la Mer de Chine vers Macao qu’il dépasse, en secouant Hong Kong de toutes ses forces. Il s’allonge ensuite sous un érable japonais et essaie de littéralement dévorer Hong- Kong. Ma fille nous demande d’arrêter le test car un morceau d’Hong Kong dans l’estomac signifierait les urgences vétérinaires.

Il aime tellement Hong Kong que l’on doit s’y mettre à trois pour extirper de sa puissante machoire l’essuie de bain bleu.

Louis P : « Oui on arrête c’est de toute façon très clair, c’est Hong Kong sans discussion possible. Et il n’a pas hésité. »

Franck : « L’année passée c’était nettement plus difficile à interpréter ». Vous vous rappelez ? »

Louis A. : « Oui, il  avait carrément fait la sieste entre Taiwan et Macao. Et on a dû mesurer comme à la pétanque. Taiwan l’a remporté d’un bon centimètre devant  Macao et Hong Kong. Et il y avait matière à interprétation puisque lors de la mesure, il battait de la queue et cela oscillait sans cesse entre Taiwan et Macao. Nous avons même décidé de modifier le process et d’exclure tout ce qui était mobile. »

Franck : «  Au début je n’y croyais pas trop mais c’est vrai qu’en 2012 quand il a pissé sur la Chine continentale, je me suis posé quelques questions. Il a finalement été plus lucide que nous ! Quel instinct, je n’en reviens toujours pas ! Et aujourd’hui Hong Kong ! Il nous confirme vraiment que notre dernier achat d’un holding immobilier sur la presqu’île est judicieux. Vous avez vu comme il aimait les grattes ciels ? ».

Louis P : « Effectivement, et je me demande quand est-ce qu’il reviendra nous indiquer que la Chine continentale vaut le coup »

Pierre : « Peut-être jamais car j’ai lu que dans les années 60, la race a failli disparaître, il ne restait que quelques centaines d’exemplaires et ce sont des éleveurs de Hong-Kong, Macao et Taiwan qui ont sauvé la race shar-pei. »

Louis A : «  Donc il pourrait quand même avoir un biais psychologique négatif sur la Chine continentale … »

Pierre : « C’est possible, il faudra sans doute imaginer un test l’année prochaine pour en avoir le cœur net. Qu’est-ce que vous diriez d’une petite Orval avant le dessert pour fêter cette confirmation dans la valeur ? »

« Yesss » …ont répondu en chœur les Daubasses.

club d'investissement

Tout le problème, c’est que la petite Orval s’est transformée en 7 Orval coup sur coup … multipliées par  4, cela faisait 28 Orval ! L’excitation sur la méthode VICC ne faiblissait pas.

18H40

Nous étions donc déjà en Mach 2 quand j’ai servi le dessert que tout le monde a apprécié.

Louis P : « Vraiment excellent Pierre »

« Oui super » ont relayé Franck et Louis A.

Louis P : « Cela dit et même si je pourrais te paraître mal poli, j’ai encore faim. A mon avis, les Orval mon ouvert l’appétit. Et quand je mange du poisson, j’ai toujours la sensation 30 minutes plus tard de ne rien avoir mangé. »

Louis A : «  Moi aussi »

Pierre : « Pas de problème, on va commander des pizzas au feu de bois »

Franck : « extra…finalement quand est-ce que l’on discute de notre film porno ? »

Louis A : « Franck, merde ! Tu boussilles notre com ! On avait dit qu’on ferait un article pour le blog. On ne peut pas en parler ici. Et en plus tu déconnes :  ce n’est pas un film porno … à moins qu’on coupe… »

Louis P. : « Oui coupe, on arrête de filmer ! De toute façon, cela va dégénérer, on est déjà  à notre deuxième bac d’Orval »

Franck : «  Oui Florine on coupe »

Louis A : « On coupe, je n’ai pas envie que l’on voit Franck faire du break dance et se fouler le doigt comme il y a deux ans et Louis P commencer à tailler la haie du voisin pour nous faire comprendre en détail ce que signifie « culture sous mulch ». On coupe Florine, il faut que l’on soigne notre image »

Pierre : « Et finalement l’indépendance financière c’est quoi pour vous ? Laisse encore tourner ».

Louis P : « Je dirais que c’est le bonheur de vivre »

Franck : « Extra Louis P, je suis de ton avis ».

Louis A : « Oui, je ne vois rien d’autre comme définition  et nous venons de le montrer ».

Pierre : « c’est beau … On coupe cette fois ! »

« COUPEZ » ont hurlé en chœur les Daubasses.

Portefeuille au 18 Juillet : 5 ans 236 jours

Portefeuille : VL 7,6140 € (Frais de courtage et de change inclus)
Rendement Total : 653,61%

Potentiel Estimé VANT / Cours = 87,49%

Rendement Annualisé : 42,98%
Rendement 2014 : 9,63%

Rendement 2013 : 20,74%
Rendement 2012 : 24,19%
Rendement 2011 : -15,65%
Rendement 2010 : 38,07%
Rendement 2009 : 308,74%

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Bas les masques : Gefran

Il nous arrive de proposer à nos abonnés l’analyse de l’une ou l’autre société que nous mettons en observation dans nos watch-list sans passer directement à l’achat.

Ainsi, nos abonnés peuvent, tout comme nous, suivre les fluctuations des cours de la société et, éventuellement, passer à l’achat sans attendre nos « alertes ».

Et parfois, nous-mêmes ne passons jamais à l’achat et regardons simplement le cours de l’action s’envoler en espérant juste qu’une bonne partie de nos abonnés ait pu profiter de l’aubaine que nous leur avions proposée.

C’est exactement ce qui est arrivé avec la société Gefran que nous avions présentée lors de notre lettre de novembre 2013.  Moins de 5 mois plus tard, le cours avait gagné 35 % et dépassait largement sa VANT.

Nous vous proposons donc, aujourd’hui, ami(e) lecteur(trice), l’analyse que nous avions à l’époque proposée à nos abonnés.  Nous vous en souhaitons une bonne lecture.

 

Gefran SpA

 

(Milan, Ticker: GE.MI / ISIN : IT0003203947)

*** Eligible au PEA ***

I. Introduction

Gefran est une entreprise italienne qui emploie près de 900 personnes. Elle a été fondée dans les années 60 par la famille Franceschetti qui détient la majorité du capital.valoriser l'immobilier d'une société cotée en bourse

Le siège de la société se situe à Provaglio d’Iseo, en Lombardie.

L’entreprise est un acteur important du secteur de l’automatisation et des composants de systèmes de contrôle de processus industriels. En fait, pour résumer, elle offre des solutions (produits et services) aux principaux producteurs de machines-outils.  Son activité est composée de sous-secteurs : les capteurs,les composants, l’automatisation et le contrôle de mouvement.

10% de ses effectifs sont dédiés au développement de nouvelles technologies.

gefran

Ses principaux clients sont Schindler, Köne, Otis, Fiat, Volkswagen, Procter &Gamble, Henkel, Nike, Unilever, … Son chiffre d’affaires s’est réparti de la façon suivante en 2012 : 32% en Italie, 27% en Asie, 26% en Europe (hors Italie), 9% en Amérique du Nord et 6% dans le reste du monde.

L’analyse actuelle est réalisée sur la base d’un capital composé de 14.400.000 actions ordinaires et à partir des comptes trimestriels arrêtés au 31 mars 2013, et en partie des données des comptes annuelles 2012 quand l’information n’était pas assez détaillée dans les comptes trimestriels. Nous n’avons pas trouvé de quelconque plan de dilution via des plans d’attribution d’options ou d’actions.

Le cours de référence est le cours de clôture du vendredi 1er novembre 2013, soit 3,22 EUR.

II. La Valeur d’Actif Net Net (VANN)

La société possède un actif courant d’une valeur de 6,48 EUR par action et l’ensemble de ses dettes représente 5,94 EUR par action. Sa valeur d’actif net-net est donc de 0,54 EUR par action. Il n’y a donc aucune décote sur la VANN.

siège slovaque d'une société cotéeIII. La Valeur d’Actif Net Estate (VANE)

La valeur d’acquisition historique des bâtiments industriels et des terrains est de 2,70 EUR. Nous prenons notre habituelle marge de sécurité de 20% sur cette valeur d’acquisition historique, à laquelle nous « ajoutons » la VANN et obtenons une VANE de 2,70 EUR par action.

IV. La Valeur de Mise en Liquidation Volontaire (VMLV)

Dans cette évaluation, nous essayons d’estimer la valeur de la société si elle était mise volontairement en liquidation. C’est-à-dire dans une position confortable de réalisation de l’ensemble de ses actifs.

Tout d’abord, commençons par l’actif courant, avec les stocks pour une valeur de 1,84 EUR par action. La rotation moyenne des stocks sur les 3 dernières années a été de 129 jours et de 118 jours sur l’exercice 2012. Sans plus de détails sur la composition de ces stocks, nous prenons une marge de sécurité de 30%. Ainsi, la valeur retenue pour ces stocks est de 1,29 EUR par action.

Nous avons ensuite des créances clients inscrites au bilan pour une valeur de 2,91 EUR par action. La société a été payée en moyenne en 123 jours sur les 3 dernières années et en 118 jours en 2012. Ces délais relativement importants nous poussent à la prudence. Nous décidons ainsi de prendre une marge de sécurité de 20%, et de considérer pour ces créances un montant de 2,33 EUR par action.

investir dans l'automatisation

Le troisième poste est composé de la trésorerie. Elle représente 1,35 EUR par action et n’appelle aucun commentaire. Nous la reprenons telle quelle.

Les autres créances vis-à-vis de tiers, notamment l’Etat, représentent 0,37 EUR par action. Par prudence et pour augmenter notre marge de sécurité dans notre calcul de la VMLV, nous n’allons pas les valoriser.

En ce qui concerne les actifs non courants, comme nous l’avons vu dans le calcul de la VANE, l’entreprise possède de l’immobilier. Après notre marge de 20%sur la valeur d’acquisition historique, ces actifs représentent l’équivalent de 2,16 EUR par action.

Gefran possède d’autres actifs durables tels que des machines, des équipements et du mobilier acquis pour une valeur de 3,84 EUR par action et amortis à hauteur de 3,18 EUR par action (soit 83%), ce qui représente une valeur nette comptable de 0,66 EUR par action. Comme nous avons vu que l’entreprise est capable de générer des bénéfices, même si ces actifs sont très spécialisés et ont une valeur marchande que nous estimons faible, nous allons reprendre 20% de leur valeur amortie, soit 0,13 EUR par action.

Toujours à l’actif, figurent des investissements dans des autres entreprises. Nous allons reprendre ces montants pour 50% de la valeur comptable, soit 0,11 EUR par action Nous trouvons également dans le bilan des taxes payées en avances pour 0,39 EUR par action que nous reprenons telles quelles.

Enfin, les actifs intangibles et les survaleurs d’acquisitions (également appelés Goodwill dans la littérature anglo-saxonne) représentent 0,85 EUR par action. Fidèles à notre approche patrimoniale qui ne considère que les actifs tangibles, nous les considérons comme sans valeur dans notre présent calcul.

Le total du passif (le total de ce que doit la société) représente 5,94 EUR par action.

En hors bilan, nous n’avons trouvé aucun engagement liés à des contrats de location, de garanties ou autres cautions.

Pour résumer, nous obtenons en cas de mise en liquidation volontaire, la valeur suivante (en EUR par action) :

Actif courant

+ Stock : 1,29
+ Poste client : 2,33
+ Trésorerie : 1,35
+ Autres créances : 0

Actif immobilisé

+ Immobilier : 2,16
+ Equipements et matériels : 0,13
+ Taxes payées en avances : 0,39
+ Actifs intangibles : 0

Passif

– Total passif : -5,94

Nous obtenons donc une VMLV de 1,71 EUR par action.

 

V. La Valeur de la Capacité Bénéficiaire (VCB)

Sur les 5 derniers exercices, la société a généré à quatre reprises des résultats opérationnels positifs.

Ainsi, après prise en compte d’une imposition forfaitaire de 35%, d’un taux d’actualisation de 12%, nous obtenons une VCB de 2,68 EUR par action.

A noter que la VCB est pénalisée par une forte perte de – 11,53 M EUR en 2011.

 

VI. Conclusions

Au cours actuel de 3,22 EUR, le titre Gefran ne présente pas de décote sur nos différentes valorisations.

Le potentiel sur la Valeur d’Actif Net Tangible (VANT) est de : +17%

Notre calcul de solvabilité maison ressort à : 52%

actions technologiques

Nous vous présenterons pour chaque analyse désormais le ratio technologique.

Il s’agit en fait d’un ratio qui va nous permettre d’évaluer à la grosse louche le savoir-faire technique d’une Daubasse et ainsi de pouvoir la comparer avec une autre. Ce qui facilitera nos décisions d’investissement si nous hésitons sur plusieurs cibles à l’achat.

Ce ratio est calculé de la manière suivante :

Dépenses de Recherche & Développement des 5 dernières années/capitalisation boursière

Ratio technologique de Gefran  =  65%

Clairement, à ce niveau de prix, nous ne sommes pas acheteurs, surtout à la suite du récent rebond, car il ne présente pas suffisamment de décote et son potentiel (+17%) est largement en dessous du potentiel moyen de notre portefeuille (environ +105%).

Nous gardons cependant cette valeur dans notre liste de surveillance car l’entreprise technologique a de nombreux atouts et nous pourrions lâcher quelques cartouches si son cours chute.

En effet, sur les 5 dernières années, l’entreprise a investi 47 M EUR dans l’augmentation de ses  moyens productifs, le renouvellement de ses machines et le déploiement de nouveaux sites de production. Ce montant est supérieur à la capitalisation actuelle. Si nous ajoutons à cela le fait que valorisation de la société représente 83% de ses dépenses en R&D des 5 dernières années, nous pensons que Gefran doit posséder un certain savoir-faire technique.

Notons par ailleurs que depuis plusieurs semaines l’entreprise rachète ses propres titres sur le marché. Nous ne prenons pas cet indicateur comme un indicateur fort d’achat, mais au moins, cela démontre du sentiment de sous-évaluation de Gefran par les marchés de la famille aux commandes de la société depuis 50 ans.

Pour ne rien gâcher, Gefran a distribué un dividende de 0,12 EUR, soit un rendement actuel (si le dividende est maintenu) de l’ordre de 3,7% brut. Avec les rachats actuels de titres, ce sont des signes positifs de la part du management d’une volonté de créer de la valeur pour l’actionnaire.

Enfin, dernier point mineur mais pas moins agréable. L’entreprise italienne publie de nombreux rapports en italien et en anglais, très rapidement à l’issue de la date des clôtures comptables en quantité et en qualité. Pour une entreprise de cette taille, c’est un fait suffisamment rare et tellement plaisant que nous ne pouvons qu’apprécier.

 

Portefeuille au 11 Juillet 2014 : 5 ans 229 jours

Portefeuille : VL 7,6240 € (Frais de courtage et de change inclus)
Rendement Total : 654,61%

Potentiel Estimé VANT / Cours 86,87%

Rendement Annualisé : 43,18%
Rendement 2014 : 9,78%

Rendement 2013 : 20,74%
Rendement 2012 : 24,19%
Rendement 2011 : -15,65%
Rendement 2010 : 38,07%
Rendement 2009 : 308,74% Continuer la lecture de Portefeuille au 11 Juillet 2014 : 5 ans 229 jours

Finance comportementale (7e partie) : Segmentation mentale, l’effet miroir, la ruine du joueur …

 

Conceptual image - meditations over the financeCe texte fait partie de la série « finance comportementale »

Dans cette septième partie, nous allons essayer de décrypter les raisons du comportement étrange des investisseurs face au risque.

La logique voudrait donc que nous prenions plus de risques lorsqu’il existe un potentiel de profit jugé important et, à l’inverse, que nous prenions moins de risques quand le potentiel de perte est jugé important. Il semblerait une nouvelle fois que les réflexes naturels de l’investisseur  soient tout le contraire de cette logique.

Lorsqu’un investisseur achète une action, il aura tendance à la vendre rapidement dès qu’elle aura grimpé au-dessus de son prix d’achat.

Plusieurs maximes boursières vont même dans ce sens, du style : « Un tiens vaut mieux que deux tu l’auras » ou encore « on ne s’appauvrit pas en prenant ces profits ».

A l’inverse, l’investisseur préfèrera garder en portefeuille une action en perte car il cultive l’espoir qu’elle remontera au-dessus de son prix d’achat et finira par procurer un profit.

Ce type de comportement a été observé aussi bien chez les investisseurs particuliers que chez les professionnels.

Terrence Odean

La première étude a été réalisée par Terrance Odean professeur de finance à l’Université de Californie (Berkeley) qui a observé aux USA les positions en actions de 10 000 comptes titres de particuliers entre 1987 et 1993. Il a étudié l’évolution des actions vendues et a noté que les investisseurs avaient vendu trop rapidement les actions bénéficiaires et avaient gardé trop longtemps les actions en perte.

La seconde étude sur les professionnels nous est présentée par les professeurs Daniel Kahneman (prix Nobel d’économie) et Amos Tversky (pionnier des sciences cognitives) de l’Université de Stanford.  Nous vous avions déjà présenté ces illustres penseurs dans la partie 3 de cette série dans laquelle ils nous expliquaient leur théorie des perspectives et également l’étude sur le fait que nous ressentions 3 fois plus de douleurs face à nos pertes que de joies face à nos gains.

Ils nous expliquent cette fois, ce qu’ils appellent «  l’effet de miroir« .

finance comportementale

Il s’agit d’un comportement propre aux investisseurs : selon les résultats empiriques d’une étude menée sur des professionnels, ils ont observé que la moitié de ces « zinzins » faisait état d’une aversion aux risques lorsqu’ils font référence aux gains qu’ils ont réalisés tout en présentant un certain appétit pour le risque lorsqu’ils ont enregistré des pertes. Cet effet de miroir est donc le reflet inversé d’une certaine logique pragmatique fondée sur le concept, bien connu, consistant à expliquer qu’il faut laisser courir ses gains et limiter ses pertes.

Daniel Kahneman et Amos Tversky expliquent ensuite que l’appétit du risque du côté des pertes de certains investisseurs présente des similitudes inquiétantes avec le concept de la « ruine du joueur » qui traduit un désir incontrôlable de récupérer en une seule mise l’argent perdu lors d’une série de pertes.

Vous aurez donc compris qu’en perdant l’avantage statistique du gain illimité et de la perte limitée et  en le remplaçant impulsivement par gain limité et perte importante, l’investisseur se donne peu de chances de réussir à dégager une performance acceptable à long terme.

Malgré des recherches intensives, nous ne sommes pas parvenus à trouver une explication satisfaisante pour comprendre la manière d’agir de l’investisseur face à sa perception du risque.

On peut bien évidement connecter cette perception du risque à l’aversion aux pertes de l’investisseur, voire à la difficulté qu’il éprouve à reconnaitre ses erreurs.

En gros l’investisseur, en gain, aurait peur de reperdre ce qu’il aurait gagner ce qui l’amènerait à être réfractaire à ce qu’il percevrait comme un risque et donc à vendre trop rapidement.

Mais, si ce raisonnement est peut-être une piste pour expliquer cette aversion en cas d’un investissement en gain, il nous semble peu convaincant quand on enjambe l’autre versant, celui de la perte. Ce qui n’est pas convaincant, de notre point de  vue, c’est le fait que la seule aversion aux pertes prendrait l’ascendant sur l’investisseur, le faisant  agir et réagir sur le seul mode de la peur : peur de perdre un gain et peur de perdre tout court, ce comportement générant ainsi une prise de risque impulsive.

Nous avons néanmoins trouvé un dernier élément qui pourrait pousser l’investisseur à aller contre la logique et le bon sens face au risque : il s’agit du phénomène de « segmentation mentale« .

psychologie de l'investissement en bourse

Dans la vie de tous les jours, quand nous sommes devant un problème composé de plusieurs situations différentes, nous sommes capables de séparer ces situations et de les régler individuellement jusqu’à ce que le problème soit réglé globalement. Dans ce cas, nous comprenons que l’ensemble du problème ne sera résolu que lorsque tous les « sous-problèmes » le seront également. Nous sommes donc capables de segmenter mentalement sans perdre de vue l’ensemble.

Mais il existe  également des situations pour lesquelles la segmentation mentale n’est pas reliée à un ensemble et est donc traitée par erreur comme une chose singulière et indépendante.

Prenons l’exemple du pécule de vacances. Certaines personnes utilisent spécifiquement leur pécule de vacances pour payer leurs vacances ou dépenser tout cet argent pendant les vacances. Ca semble tout-à-fait logique pensez-vous …

Mais l’est-ce réellement ?

Cette attitude nous fait penser que la personne qui pratique ainsi a  ouvert un « compte mental » : « argent à claquer pour les vacances »… sans se rendre compte que cet argent estampillé pécule de vacances est une partie de son salaire. Non pas versé chaque mois, mais à un moment différé.

Si l’on rebascule sur l’investissement en effectuant une translation de « segmentation mentale », on pourrait imaginer que pour chaque transaction, l’investisseur ouvre un « compte mental ». Et traite ce « compte mental » avec le biais d’ancrage du prix d’achat conduit par la peur du risque, en gain comme en perte, au lieu d’intégrer cet investissement dans un ensemble, celui de son portefeuille.

Nous pensons qu’à partir de cette hypothèse de « segmentation mentale », certaines stratégies d’investissement peuvent amplifier les réactions sans la logique que nous venons d’expliquer. Un portefeuille concentré par exemple, sans les compétences appropriées, vous amènera immanquablement à ouvrir un compte mental pour chaque position car l’investisseur aura beaucoup plus de difficultés à traiter ses 5 positions valant chacune 20% de son portefeuille avec une vue d’ensemble : une erreur sur une des 5 positions entrainerait une perte importante et douloureuse. Dans ce cas, la peur du risque peut donc pousser l’investisseur à agir sans logique, ni bon sens.

Cela nous amène finalement à nous pencher sur notre process et à voir comment il répond au problème que nous venons d’évoquer.

gérer son portefeuille d'actions globalementEn fait, nous avons posé la réflexion du risque avant même de réaliser nos premiers investissements.  La meilleure réponse que nous ayons trouvée, c’est la diversification avec l’idée d’une exposition maximale de 3.33% du total du portefeuille sur une seule société. Au départ, nous avons donc investi à parts égales sur 30 sociétés pour respecter cette règle. Dans cette idée de diversification, nous prenons également en compte  l’avantage statistique. La perte maximum est donc de 3.33%, le gain minimum est équivalent à la valeur d’actif net tangible de la société mais, grâce à notre suivi de la tendance haussière à l’aide de stop loss, ce gain est donc théoriquement illimité.

Nous voyons donc que si les règles sont respectées à la lettre, soit l’achat au minimum à 30% de la valeur net-net ou net estate et la vente fixée à la valeur d’actif net tangible, la peur et les réactions engendrées par cette peur sont éliminées.

La segmentation mentale qui nous pousserait à ouvrir un « compte mental » pour chaque société a donc été réfutée dès le départ même si nous n’avions pas la moindre connaissance de ce phénomène. Ainsi, nous nous sommes toujours intéressés à l’ensemble de notre portefeuille avec plusieurs indicateurs comme la VANT pondérée du portefeuille, la solvabilité pondérée du portefeuille, la valeur net-net et net estate pondérée du portefeuille.

Notre idée était donc de connaître à chaque instant chacun de ces indicateurs pris globalement. Nous pensions également qu’en cas de coup dur sur les marchés, connaitre la valeur des actifs nets tangibles pondérés du portefeuille, nous permettrait de rester serein face aux humeurs de Monsieur le Marché et aux fluctuations des cours. Par exemple, le 27 juin, la valeur d’une part du portefeuille était de 7.57€ et la valeur d’actif net tangible estimée et pondérée d’une part était de 13,93 €.

Enfin, la majorité de nos achats sont aussi dictés par le potentiel estimé de notre portefeuille. Au 27 juin, nous avons calculé un potentiel cours/VANT de 84 % : une société qui n’aurait pas un potentiel supérieur à ce potentiel global ne sera pas achetée même si elle présente les décotes exigées par notre process.

En conclusion, contrairement à la plupart des idées reçues, une fois notre process mis au point, nous n’avons jamais eu le sentiment de prendre plus de risques par rapport à d’autres méthodes d’investissement. Au contraire, en ayant une idée plus ou moins juste des actifs bien tangibles que nous détenons, nous pensons même que nous prenons bien moins de risques qu’un portefeuille qui serait composé de sociétés avec des Goodwill et des intangibles importants combinés à un endettement élevé et un prix du marché anticipant des perspectives de croissance futures.

Portefeuille au 4 Juillet 2014 : 5 ans 222 jours

Portefeuille : VL 7,6337 € (Frais de courtage et de change inclus)
Rendement Total : 655,56%
.
Potentiel Estimé VANT / Cours 85,45%
.
Rendement Annualisé : 43,39%
Rendement 2014 : 9,91%

Rendement 2013 : 20,74%
Rendement 2012 : 24,19%
Rendement 2011 : -15,65%
Rendement 2010 : 38,07%
Rendement 2009 : 308,74%

Taux de Rotation Annualisé : 18,75%
Effet Devise Total : -0,88%
.
Tracker ETF Lyxor MSCI World : VL 134,5898 € (Frais de courtage inclus et dividende réinvesti)
Rendement Total : 100,73%

Rendement Annualisé : 13,22%
Rendement 2014 : 9,08%

Rendement 2013 : 20,16%
Rendement 2012 : 11,20%
Rendement 2011 : -8,22%
Rendement 2010 : 18,76%
Rendement 2009 : 30,34%

* Nous rappelons que ce portefeuille est un investissement réel et que nos abonnés ont accès à l’ensemble des extraits de compte de notre club d’investissement qui démontrent la réalité des rendements affichés, nets de taxes boursières et d’impôts sous fiscalité felge

Mouvement(s) Hebdomadaire

Achat : –
Renforcement : –
Vente : –

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