Bas les masques : Gefran

Il nous arrive de proposer à nos abonnés l’analyse de l’une ou l’autre société que nous mettons en observation dans nos watch-list sans passer directement à l’achat.

Ainsi, nos abonnés peuvent, tout comme nous, suivre les fluctuations des cours de la société et, éventuellement, passer à l’achat sans attendre nos « alertes ».

Et parfois, nous-mêmes ne passons jamais à l’achat et regardons simplement le cours de l’action s’envoler en espérant juste qu’une bonne partie de nos abonnés ait pu profiter de l’aubaine que nous leur avions proposée.

C’est exactement ce qui est arrivé avec la société Gefran que nous avions présentée lors de notre lettre de novembre 2013.  Moins de 5 mois plus tard, le cours avait gagné 35 % et dépassait largement sa VANT.

Nous vous proposons donc, aujourd’hui, ami(e) lecteur(trice), l’analyse que nous avions à l’époque proposée à nos abonnés.  Nous vous en souhaitons une bonne lecture.

 

Gefran SpA

 

(Milan, Ticker: GE.MI / ISIN : IT0003203947)

*** Eligible au PEA ***

I. Introduction

Gefran est une entreprise italienne qui emploie près de 900 personnes. Elle a été fondée dans les années 60 par la famille Franceschetti qui détient la majorité du capital.valoriser l'immobilier d'une société cotée en bourse

Le siège de la société se situe à Provaglio d’Iseo, en Lombardie.

L’entreprise est un acteur important du secteur de l’automatisation et des composants de systèmes de contrôle de processus industriels. En fait, pour résumer, elle offre des solutions (produits et services) aux principaux producteurs de machines-outils.  Son activité est composée de sous-secteurs : les capteurs,les composants, l’automatisation et le contrôle de mouvement.

10% de ses effectifs sont dédiés au développement de nouvelles technologies.

gefran

Ses principaux clients sont Schindler, Köne, Otis, Fiat, Volkswagen, Procter &Gamble, Henkel, Nike, Unilever, … Son chiffre d’affaires s’est réparti de la façon suivante en 2012 : 32% en Italie, 27% en Asie, 26% en Europe (hors Italie), 9% en Amérique du Nord et 6% dans le reste du monde.

L’analyse actuelle est réalisée sur la base d’un capital composé de 14.400.000 actions ordinaires et à partir des comptes trimestriels arrêtés au 31 mars 2013, et en partie des données des comptes annuelles 2012 quand l’information n’était pas assez détaillée dans les comptes trimestriels. Nous n’avons pas trouvé de quelconque plan de dilution via des plans d’attribution d’options ou d’actions.

Le cours de référence est le cours de clôture du vendredi 1er novembre 2013, soit 3,22 EUR.

II. La Valeur d’Actif Net Net (VANN)

La société possède un actif courant d’une valeur de 6,48 EUR par action et l’ensemble de ses dettes représente 5,94 EUR par action. Sa valeur d’actif net-net est donc de 0,54 EUR par action. Il n’y a donc aucune décote sur la VANN.

siège slovaque d'une société cotéeIII. La Valeur d’Actif Net Estate (VANE)

La valeur d’acquisition historique des bâtiments industriels et des terrains est de 2,70 EUR. Nous prenons notre habituelle marge de sécurité de 20% sur cette valeur d’acquisition historique, à laquelle nous « ajoutons » la VANN et obtenons une VANE de 2,70 EUR par action.

IV. La Valeur de Mise en Liquidation Volontaire (VMLV)

Dans cette évaluation, nous essayons d’estimer la valeur de la société si elle était mise volontairement en liquidation. C’est-à-dire dans une position confortable de réalisation de l’ensemble de ses actifs.

Tout d’abord, commençons par l’actif courant, avec les stocks pour une valeur de 1,84 EUR par action. La rotation moyenne des stocks sur les 3 dernières années a été de 129 jours et de 118 jours sur l’exercice 2012. Sans plus de détails sur la composition de ces stocks, nous prenons une marge de sécurité de 30%. Ainsi, la valeur retenue pour ces stocks est de 1,29 EUR par action.

Nous avons ensuite des créances clients inscrites au bilan pour une valeur de 2,91 EUR par action. La société a été payée en moyenne en 123 jours sur les 3 dernières années et en 118 jours en 2012. Ces délais relativement importants nous poussent à la prudence. Nous décidons ainsi de prendre une marge de sécurité de 20%, et de considérer pour ces créances un montant de 2,33 EUR par action.

investir dans l'automatisation

Le troisième poste est composé de la trésorerie. Elle représente 1,35 EUR par action et n’appelle aucun commentaire. Nous la reprenons telle quelle.

Les autres créances vis-à-vis de tiers, notamment l’Etat, représentent 0,37 EUR par action. Par prudence et pour augmenter notre marge de sécurité dans notre calcul de la VMLV, nous n’allons pas les valoriser.

En ce qui concerne les actifs non courants, comme nous l’avons vu dans le calcul de la VANE, l’entreprise possède de l’immobilier. Après notre marge de 20%sur la valeur d’acquisition historique, ces actifs représentent l’équivalent de 2,16 EUR par action.

Gefran possède d’autres actifs durables tels que des machines, des équipements et du mobilier acquis pour une valeur de 3,84 EUR par action et amortis à hauteur de 3,18 EUR par action (soit 83%), ce qui représente une valeur nette comptable de 0,66 EUR par action. Comme nous avons vu que l’entreprise est capable de générer des bénéfices, même si ces actifs sont très spécialisés et ont une valeur marchande que nous estimons faible, nous allons reprendre 20% de leur valeur amortie, soit 0,13 EUR par action.

Toujours à l’actif, figurent des investissements dans des autres entreprises. Nous allons reprendre ces montants pour 50% de la valeur comptable, soit 0,11 EUR par action Nous trouvons également dans le bilan des taxes payées en avances pour 0,39 EUR par action que nous reprenons telles quelles.

Enfin, les actifs intangibles et les survaleurs d’acquisitions (également appelés Goodwill dans la littérature anglo-saxonne) représentent 0,85 EUR par action. Fidèles à notre approche patrimoniale qui ne considère que les actifs tangibles, nous les considérons comme sans valeur dans notre présent calcul.

Le total du passif (le total de ce que doit la société) représente 5,94 EUR par action.

En hors bilan, nous n’avons trouvé aucun engagement liés à des contrats de location, de garanties ou autres cautions.

Pour résumer, nous obtenons en cas de mise en liquidation volontaire, la valeur suivante (en EUR par action) :

Actif courant

+ Stock : 1,29
+ Poste client : 2,33
+ Trésorerie : 1,35
+ Autres créances : 0

Actif immobilisé

+ Immobilier : 2,16
+ Equipements et matériels : 0,13
+ Taxes payées en avances : 0,39
+ Actifs intangibles : 0

Passif

– Total passif : -5,94

Nous obtenons donc une VMLV de 1,71 EUR par action.

 

V. La Valeur de la Capacité Bénéficiaire (VCB)

Sur les 5 derniers exercices, la société a généré à quatre reprises des résultats opérationnels positifs.

Ainsi, après prise en compte d’une imposition forfaitaire de 35%, d’un taux d’actualisation de 12%, nous obtenons une VCB de 2,68 EUR par action.

A noter que la VCB est pénalisée par une forte perte de – 11,53 M EUR en 2011.

 

VI. Conclusions

Au cours actuel de 3,22 EUR, le titre Gefran ne présente pas de décote sur nos différentes valorisations.

Le potentiel sur la Valeur d’Actif Net Tangible (VANT) est de : +17%

Notre calcul de solvabilité maison ressort à : 52%

actions technologiques

Nous vous présenterons pour chaque analyse désormais le ratio technologique.

Il s’agit en fait d’un ratio qui va nous permettre d’évaluer à la grosse louche le savoir-faire technique d’une Daubasse et ainsi de pouvoir la comparer avec une autre. Ce qui facilitera nos décisions d’investissement si nous hésitons sur plusieurs cibles à l’achat.

Ce ratio est calculé de la manière suivante :

Dépenses de Recherche & Développement des 5 dernières années/capitalisation boursière

Ratio technologique de Gefran  =  65%

Clairement, à ce niveau de prix, nous ne sommes pas acheteurs, surtout à la suite du récent rebond, car il ne présente pas suffisamment de décote et son potentiel (+17%) est largement en dessous du potentiel moyen de notre portefeuille (environ +105%).

Nous gardons cependant cette valeur dans notre liste de surveillance car l’entreprise technologique a de nombreux atouts et nous pourrions lâcher quelques cartouches si son cours chute.

En effet, sur les 5 dernières années, l’entreprise a investi 47 M EUR dans l’augmentation de ses  moyens productifs, le renouvellement de ses machines et le déploiement de nouveaux sites de production. Ce montant est supérieur à la capitalisation actuelle. Si nous ajoutons à cela le fait que valorisation de la société représente 83% de ses dépenses en R&D des 5 dernières années, nous pensons que Gefran doit posséder un certain savoir-faire technique.

Notons par ailleurs que depuis plusieurs semaines l’entreprise rachète ses propres titres sur le marché. Nous ne prenons pas cet indicateur comme un indicateur fort d’achat, mais au moins, cela démontre du sentiment de sous-évaluation de Gefran par les marchés de la famille aux commandes de la société depuis 50 ans.

Pour ne rien gâcher, Gefran a distribué un dividende de 0,12 EUR, soit un rendement actuel (si le dividende est maintenu) de l’ordre de 3,7% brut. Avec les rachats actuels de titres, ce sont des signes positifs de la part du management d’une volonté de créer de la valeur pour l’actionnaire.

Enfin, dernier point mineur mais pas moins agréable. L’entreprise italienne publie de nombreux rapports en italien et en anglais, très rapidement à l’issue de la date des clôtures comptables en quantité et en qualité. Pour une entreprise de cette taille, c’est un fait suffisamment rare et tellement plaisant que nous ne pouvons qu’apprécier.

 

2 réflexions au sujet de « Bas les masques : Gefran »

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