Flash-back estival : notre état d’esprit lors du point culminant de la crise de la dette en décembre 2011

vacances boursières

En cette période de douceur estivale, l’équipe des daubasses prend vancances boursièresun peu de repos bien mérité.

Certes, entre barbecue et farniente, nous poursuivons notre traque incessante des plus belles daubasses.

Pour la partie rédactionnelle du blog, tout comme l’année dernière, nous avons plongé en apnée dans nos archives afin de vous proposer, cher( e) lecteur(trice), quelques anciens éditos de notre lettre mensuelle tels que nos abonnés ont pu les découvrir à l’époque.

Ces archives nous semblent intéressantes parce qu’elles nous permettent de nous rappeler de notre état d’esprit de l’époque et de l’analyser avec un recul suffisant.

Aujourd’hui, c’est l’édito de notre lettre du mois de décembre 2011 que nous vous proposons. Souvenez-vous … Après la crise des subprimes 2008-2009, c’est la crise des dettes publiques et de l’euro qui frappe les marchés. Quelques jours avant la publication de cet édito, le CAC touchait un plus bas, à 2 793 points. Comme tout cela paraît lointain !

Résister dans la tempête…

Ce mois de novembre chahuté (avec un CAC qui perd 13 % avant d’en regagner 11%) nous incite à revenir une nouvelle fois sur l’importance de la psychologie de l’investisseur qui reste, pour la majorité des spécialistes qui se sont penchés sur la question, la clé principale de la réussite.

Si nous pensons que le moment est opportun, c’est parce que nous sommes bien en plein cœur d’une nouvelle tempête boursière. Et que c’est bien à ce moment précis qu’il est nécessaire de déployer les bons réflexes psychologiques et les réflexions adéquates.

Beaucoup de « faiseurs » d’opinion dans la presse financières ou ailleurs vous parleront de ce qu’il aurait fallu faire en plein cœur de la tempête, au sortir de la tempête, quand tout est redevenu calme et quand finalement, cela n’a plus la moindre importance, sauf pour la prochaine tempête.

Ce nouvel édito a donc pour but de vous faire partager notre état psychologique d’investisseur, de tenter de vous expliquer au mieux les mécanismes qui pourraient vous faire réagir autrement et de faire émerger les points clés qui vous permettront de vous comporter de manière différente de la majorité des investisseurs.

Pour bien comprendre l’effort psychologique à produire pour rester dans le bon sens, il est impératif de comprendre ce que produit en nous une « tempête boursière ».

Une « tempête boursière » commence toujours brutalement, les cours des sociétés commencent à baisser. C’est finalement tellement surprenant que, dans un premier temps, on n’y croit pas. On pense que c’est juste un mouvement de volatilité car la nouvelle sur laquelle le marché semble avoir réagi est d’une banalité consternante. Parfois, même des nouvelles plus mauvaises, survenues auparavant n’ont pas provoqué la moindre réaction des marchés. Et puis souvent après ce brusque mouvement de baisse, il y a un petit mouvement de rattrapage à la hausse qui vient renforcer votre idée de volatilité et du « c’est passager ». Ce n’est qu’ensuite que les cours commencent à baisser sérieusement et cela va souvent assez vite. En accompagnant la baisse des cours de vos sociétés, les mauvaises nouvelles se relaient. Et là aussi il y a une gradation dans le sens où ces nouvelles semblent être de pire en pire. A un certain moment, tout ce que vous pouvez lire sur la situation est négatif et même, souvent, dramatisé à l’extrême.

Ce type de situation produit sur tout investisseur – et nous disons bien tout type d’investisseur qu’il soit fort psychologiquement ou pas – de la peur et même une certaine forme de douleur. Douleur de la perte que l’on vient de subir et peur de perdre plus encore, si l’on renforce par exemple ou agit sur les marchés.

Et le réflexe naturel engendré par cette peur et cette douleur conjuguées, c’est évidemment de ne rien faire, la majorité des intervenants est tétanisée et laisse « passer la tempête » avant d’agir de nouveau sur les marchés.

Par contre, une minorité d’investisseurs « de bons sens » va comprendre que c’est le moment de ramasser des occasions et ce, même si elle éprouve également peur et douleur.

Vous nous direz certainement qu’à ce stade la chanson des « bonnes occasions » est bien connues, mais que cela ne garantit pas forcément de ramasser des occasions si le marché va encore plus bas. Et là dans cette réplique, on comprend mieux que le réflexe de peur naturelle a aussi sa logique et une logique puissante.

Et tout le problème qui se pose à l’investisseur, c’est d’opposer à la logique puissante du réflexe naturel de peur, une logique encore plus puissante qui deviendra son assise psychologique pour agir.

Nous avons, investisseurs dans la valeur selon Benjamin Graham, investisseurs en « Daubasse » pour faire plus court, la chance d’avoir des chiffres reposant sur du tangible, des actifs réels, du concret. Et c’est bien à partir de cette assise robuste et puissante que nous pouvons agir avec bon sens, en pleine tempête.

Vous savez tous que nous n’investissons jamais, si le marché ne nous propose pas un rabais de 30% sur la Valeur d’Actif Net Tangible, c’est le minimum du minimum et vous savez aussi que nous posons d’autres conditions, la plus importante de ces conditions étant la solvabilité. Nous avons donc une assise très solide, où nous savons exactement à partir de quel prix nous sommes intéressés.

Pour bien comprendre la chance que nous avons de ne vouloir acheter que des actifs tangibles au rabais, nous revenons sur une étude de Loïc Abadie du 15 mai 2011 dans laquelle il avait calculé que la Valeur des Actifs Net Tangible du CAC40 était de 1553 points. Vous conviendrez avec nous qu’acheter le CAC40, c’est acheter 40 sociétés dont les activités sont bien réparties dans le monde et qui dispose, pour la plupart, d’avantages concurrentiels non négligeables.

Mais quels repères financiers peut avoir un investisseur qui ne base pas sa stratégie sur du concret, quand l’ensemble des 40 sociétés perdent 30% et que les nouvelles économiques sont de plus en plus négatives, voir même alarmistes. A moins de s’appeler Waren Buffett, c’est extrêmement difficile, voire impossible. Ceci débouche sur de la peur, combiné à la douleur d’avoir déjà perdu 30% et cela vous tétanise inévitablement parce que vous n’avez pas d’assise concrète. On comprend également qu’une chute de 30%, avec par exemple une CAC40 passant de 4 000 points à 2 800 points n’est pas nécessairement un gage de bonnes affaires pour l’investisseur qui achète des actifs comme nous le faisons et qui ne s’intéresserait finalement à ce panier d’actions diversifiés qu’à 1 087 points, soit 30% sous les 1 553 points marquant la Valeur des Actifs Net Tangible de la société.

Certains détracteurs pourraient nous dire que les « big caps », c’est-à-dire les grosses sociétés en permanence sous les projecteurs, ne cotent jamais à leur Valeur d’Actif Net Tangible à moins d’être en route pour la faillite. Ce raisonnement ne nous paraît pas tout-à-fait adéquat : Loïc Abadie, dans son étude, relève qu’en 2010, 5 sociétés sur les 40 sociétés du CAC cotaient sous leur valeur d’actif net tangible. Et nous nous rappelons que ce fut également le cas de géants comme McDonald au moment du problème de la vache folle ou de Philip Morris au moment des procès.

Revenons cette fois au portefeuille « Daubasse ». Depuis le début de l’année, au 25 novembre 2011, nous avons perdu 18%. Et c’est effectivement douloureux. Mais avec une Valeur d’Actif Net Tangible rapportée à la part du portefeuille de 13.79 euros, nous avons été capables de maîtriser nos émotions quand nous avons vu les cours rapportés à la part passer de 5.49 euros à 4.46 euros. Et nous avons alors, au lieu de nous laisser tétaniser par la peur, commencé à rechercher intensivement les occasions dans le but d’augmenter encore l’écart entre les cours et la Valeur d’Actif Net Tangible globale du portefeuille, comme c’est le cas dans chaque tempête boursière.

A 4.46 euros la part, nous estimons donc le potentiel du portefeuille à +209% (pour atteindre la Valeur d’Actif Net Tangible de 13.79 euros par part).

Et comme vous le savez, ami(e) lecteur(trice), si nous ne disons pas ce que vous devez faire, nous disons ce que nous faisons et pourquoi nous le faisons… mais nous faisons aussi ce que nous disons. Ainsi, au cours du mois écoulé, nous avons mis ces préceptes en pratique à plusieurs reprises.

Tout d’abord, en augmentant encore la « force de frappe » de notre club par des apports représentant 11 000 euros supplémentaires

Ensuite, par de nouveaux achats comme les sociétés Books a Million, Renawable Energy Corporation et ADD Vantage que nous vous présentons dans la présente lettre, ou celui de Les Nouveaux Constructeurs et Vietnam Holding nous vous avions présentées dans les lettres de septembre et novembre. Nous avons également augmenté notre position dans le promoteur immobilier américain Avatar Holding.

Enfin, nous avons réellement dû vaincre la peur et la douleur pour doubler notre position en PV Crystalox Solar tant la chute du cours par rapport à sa valeur à la casse nous a semblé hors de toute proportion.

Nous pouvons donc affirmer, en guise de conclusion, que nous sommes de sacrés « veinards » d’avoir choisi une stratégie d’investissement qui nous offre sur un plateau d’argent la possibilité d’acquérir relativement facilement un avantage psychologique de taille par rapport aux autres acteurs du marché. Le seul véritable effort qui doit aussi être un effort permanent, c’est l’application de notre stratégie sans déroger à la moindre règle mise en place.

Nous vous souhaitons d’excellentes fêtes de fin d’année!

 

2 réflexions au sujet de « Flash-back estival : notre état d’esprit lors du point culminant de la crise de la dette en décembre 2011 »

  1. Bonjour l’équipe Daubasse,

    Suite à votre article très intéressant, je me pose la question suivante: si le principal ennemi de l’investisseur est lui-même et la façon dont il déploie sa stratégie d’investissement, alors pourquoi les différents actuels du marché n’appliquent pas tous ces préceptes?

    En tant que débutant dans ce type d’investissement disposant de peu de moyens (en temps et argent), je me force à appliquer vos conseils en complément d’outils d’analyse financière pour évaluer les sociétés.
    Je formule l’hypothèse que des acteurs plus gros sur le marché disposent davantage de moyens et sont donc plus aptes à opérer une stratégie similaire à la vôtre par rapport à mes faibles moyens.

    Pouvez-vous donc m’éclairer sur les raisons qui ne conduisent pas forcément ces gros acteurs à agir selon les préceptes évoqués svp?

    Merci par avance

    1. Bonjour Mickael,

      Chacun des intervenants sur un marché opère en fonction d’approches et d’objectifs qui lui sont propres. Ce sont ces objectifs et ces approches différentes qui font le marché.

      Prenons le cas de PV Crystalox : lorsque nous l’avons acheté notre premier lot à 7,83 GBp, nous avons eu raison puisque nous avons réalisé un rendement appréciable à ce PRU. Mais celui qui, au même moment et en vertu de la stratégie du « couteau qui tombe », décidait de vendre l’action a découvert avait, lui aussi, tout-à-fait raison puisqu’avant de devenir un « bagger », le cours de l’action a encore perdu 50 %.

      Ce n’est qu’un petit exemple pour expliquer que des intervenants sur un marché peuvent réagir de manière opposée en ayant tous raison (ou, au contraire, en ayant tous tort).

      Il n’y a pas qu’une seule approche de l’investissement qui fonctionne mais une multitude. Nous pensons juste que celle que nous utilisons est celle qui présente, pour un investisseur particulier, selon nous, une des meilleures combinaisons « rendement-simplicité-fiabilité-rationalité ».

      Ajoutons à cela d’autres éléments comme, par exemple, « l’impératif institutionnel » qui oblige une grande partie des gérants de fonds à maîtriser la volatilité de leurs en-cours ou certains investisseurs à considérer comme intolérables la douleur d’une moins-value qu’elle soit latente ou réalisée et vous aurez une partie des raisons qui font justement que le marché existe, que des prix peuvent se former et que ces prix peuvent s’avérer inefficients.

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