Flash Back estival (2) : notre état d’esprit par rapport à l’Italie au moment de la crise de l’euro (février 2012)

vacances boursières

vancances boursièresEn cette période de douceur estivale, l’équipe des daubasses prend vancances boursièresun peu de repos bien mérité.

Certes, entre barbecues et farniente, nous poursuivons notre traque incessante des plus belles daubasses.

Pour la partie rédactionnelle du blog, tout comme l’année dernière, nous avons plongé en apnée dans nos archives afin de vous proposer, cher( e) lecteur(trice), quelques anciens éditos de notre lettre mensuelle tels que nos abonnés ont pu les découvrir à l’époque.

Ces archives nous semblent intéressantes parce qu’elles nous permettent de nous rappeler de notre état d’esprit de l’époque et de l’analyser avec un recul suffisant.

La semaine dernière, nous avions fait un retour en arrière au beau milieu de la crise de l’euro avec l’édito de la lettre de décembre 2011.  C’est toujours ce thème qui a servi de toile de fonds, deux mois plus tard, en février 2012.

Ah l’Italie !

Le lac de Garde, la Sicile et son Etna menaçant, le Dôme de Florence, le Gran Paradisio du Val d’Aoste, le Colisée de Rome, les merveilleux  Chianti et Lambrusco, la burrata et le seul véritable gelato

Ah l’Italie ! La Camorra, Silvio Berlusconi, sa dette publique et… ses daubasses.

« Vous êtes fous chez les Daubasses ? Investir dans un pays qui risque bien de se faire expulser de la zone euro ? »

Effectivement, cher(e) abonné(e), le débat fut long et passionné dans notre équipe : acheter une ou deux sociétés pour des positions pesant 2 ou 3 % du portefeuille, passe encore. Mais avant de porter le poids de la péninsule transalpine à 10 %, nous avons tout de même hésité.

Pour prendre notre décision, nous sommes une fois de plus revenu aux fondamentaux de l’investissement, au b.a.–ba du boursicotage.

Une action, c’est quoi ? C’est un titre de propriété qui nous donne droit, avec d’autres actionnaires, à une partie de l’actif net d’une entreprise ainsi qu’aux flux de trésorerie futurs qu’elle générera. Une évidence n’est-ce pas ? Mais une évidence qu’il convient de rappeler régulièrement.

Prenons le cas le plus grave : l’Italie fait défaut. Nous ne sommes pas des spécialistes en finances publiques et sommes incapables de vous dire si cet évènement arrivera ou non mais comme certains gourous « Pampers » envisagent cette possibilité parfois avec une délectation à peine voilée et tout-à-fait indécente, nous ne pouvons l’écarter d’un revers de la main. Donc si l’Italie fait défaut, est-ce que ses habitants et ses entreprises font faillite ? Et bien non… absolument pas. Un défaut de paiement d’un état n’entraîne pas automatiquement un défaut de paiement de l’ensemble de ses agents économiques.

Prenez l’Argentine par exemple. Fin 2001, elle connaissait une faillite retentissante. Certes, entre son plus haut de février 2000 et son plus bas de mai 2002, la bourse du pays du tango perdait près des 2/3 de sa valeur en monnaie locale et 5/6 en dollars, mais le patient n’était pas mort. Que du contraire ! 10 ans après, les cours des actions ont rebondi et se situent à présent, en monnaie locale, 5 fois plus haut que le sommet de 2000 et légèrement au-dessus de ce vieux niveau record en dollars… Notre bon vieux CAC ne peut pas en dire autant ! Un pays qui fait défaut, c’est sa monnaie qui se délite, ce sont les dettes souveraines qui ne sont pas honorées mais les biens tangibles, eux, continuent d’exister.

Nous irons même plus loin, nous allons imaginer non pas un défaut de l’Italie mais un éclatement de la zone euro et un retour aux monnaies nationales, c’est-à-dire à des monnaies dont la parité reflète la véritable productivité de chaque pays. Eh bien, nous osons penser qu’un tel évènement serait positif pour un pays comme l’Italie. Pourquoi ? Parce que l’Italie est un pays d’exportateurs : durant toutes les années 90 et jusqu’en 2004, sa balance commerciale (c’est-à-dire la différence entre ses exportations et ses importations) a été largement positive. Quant à sa balance courante (c’est-à-dire la différence entre ses flux financiers entrants et ses flux financiers sortants), elle fut positive jusqu’en 1999… année au début de laquelle les parités des monnaies par rapport à l’Euro ont été fixées.

Sans vouloir entrer dans la polémique du « pour » ou du « contre » l’Euro, nous ne pouvons que constater que, pour l’économie italienne du moins, son avènement n’a pas vraiment coïncidé avec une période de forte expansion de l’économie du pays de la Commedia dell’Arte. Et, par voie de conséquence, qu’un retour à la Lire n’aurait peut-être pas des effets aussi cataclysmiques qu’anticipé, du moins pour les entreprises qui exportent une part conséquente de leurs produits.

Même si nous ne basons jamais nos décisions d’investissement sur des éléments macro-économiques, nous pensons donc que les sociétés de la Péninsule Transalpine ont bien plus d’atouts pour résister à la crise actuelle des dettes souveraines que le marché pourrait le laisser penser :

1. Comme nous l’avions expliqué sur notre blog, l’Italie est l’un des pays de la zone euro qui présente un solde primaire (c’est-à-dire la différence entre les recettes et les dépenses de l’état, avant paiement des intérêts de la dette) parmi les plus élevés.

2. Les entreprises italiennes détiennent un grand portefeuille de marques qui sont souvent synonyme de « qualité » : Armani, Versace, Gucci, Ferrari, Maserati, Lancia, Lamborghini, Alfa Romeo, Prada, Barilla, Buitoni,… entre autres portent dans le monde la renommée du savoir-faire italien dans le domaine « du beau ».

3. L’Italie est la 4ème destination touristique mondiale. Ici aussi, un affaiblissement de sa devise ne devrait pas trop lui nuire.

4. La politique de réformes menée par le nouveau premier ministre « Super Mario » Monti qui allie à la fois rigueur mais aussi souci de relancer la croissance avec, entre autre, la libéralisation d’un grand nombre de secteurs jusqu’ici protégés, la réforme du marché du travail et la simplification des procédures administratives nous semble de bon alois.

Vous aurez compris, cher(e) abonné(e), que, nonobstant les incertitudes bien réelles planant sur la solvabilité du pays (mais ces incertitudes sont-elles finalement plus justifiées que pour une majorité de pays de la zone euro ?), nous avons donc décidé d’augmenter, avec prudence, le poids des sociétés italiennes dans notre portefeuille.

Comme vous l’avez appris en temps utiles, notre choix s’est porté tout d’abord pour un renforcement d’une ligne déjà existante dans un conglomérat tentaculaire mais nous avons voulu aller plus loin. Outre nos critères habituels de sous-évaluation et de solvabilité, nous avons recherché des sociétés qui réalisaient au moins la moitié de leurs ventes hors d’Italie. Et comme vous le savez, nous avons trouvé deux producteurs de matériaux de construction dont un, au potentiel théorique cours/VANT impressionnant (mais à la solvabilité tout de même un peu faiblarde), mais aussi la réputée Benetton. Ces sociétés sont venu garnir notre portefeuille et lui donner un petit air méditerranéen.

Dans cette lettre, vous allez pouvoir prendre connaissance des raisons qui nous ont poussés à effectuer ces achats. Nous vous souhaitons un excellent voyage dans le pays Capitale des Pâtes et de l’expresso, mais aussi du carrelage et de la mode.

 

 

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