Finance comportementale (10e partie) : le biais d’ancrage ! Un méta biais ?

finance comportementaleCe texte fait partie de la série « finance comportementale ».

Ce dixième chapitre nous a vraiment surpris. Comme vous le savez maintenant, cher(e) lecteur(trice),nous ne nous contentons pas de décrire le ou les biais psychologiques qui nous font commettre des erreurs d’investissement, nous essayons autant que faire se peut de comprendre les mécanismes mentaux qui agissent en nous et génèrent ces biais. Dans notre travail de recherche sur le biais d’ancrage, nous sommes parvenus à descendre sur 3 niveaux.

le prix d'achat d'une actionLe premier, soit la description avec des exemples simples de biais d’ancrage, nous a fait dire « bon OK, on n’est pas trop concerné ».

Le second niveau, qui nous explique que les gens intelligents sont plus enclins au biais d’ancrage nous a fait réagir par un « ce n’est pas possible, même eux ! ».

Dans le troisième niveau, nous n’imaginions pas une seule seconde psychologie de l'investisseur en bourseque nous allions retomber sur la parabole de l’évangile selon Saint Mathieu chapitre 7 verset 3-5, que tout le monde connait et qui interroge de cette manière : « Pourquoi vois-tu la paille qui est dans l’œil de ton frère, et n’aperçois-tu pas la poutre qui est dans ton œil ? » Qui, expliqué par des psychologues des universités de James Madison et de Toronto, nous apprend que l’on trouve dans chaque cerveau humain une « tâche aveugle de polarisation ». En deux mots : ce qui permet de voir ce qui ne fonctionne pas chez les autres mais ne permet pas d’agir sur ce qui ne fonctionne pas chez soi ! C’est à la fois le chapitre le plus passionnant et le plus inquiétant que nous avons rencontré dans notre recherche concernant les défaillances de notre cerveau.

Comme d’habitude, l’équipe des Daubasses a été testée sur son biais d’ancrage dans le décorum de l’histoire pour enfant : le grand méchant loup et les trois petits cochons visant principalement à rester sur une ligne qui nous est chère : faire les choses avec un maximum de sérieux sans se prendre au sérieux !

finance comportementale

1° Qu’est-ce que le biais d’ancrage ?

Nous n’échappons pas à nos amis Tversky et Kahneman qui nous expliquent qu’aussi bien les enfants que les adultes se basent sur une quantité d’informations ou une seule information qui peuvent être pertinentes ou non. Par la suite, ils l’ajusteront en considérant les particularités des nouveaux évènements. Cependant, l’ajustement est en général insuffisant car la plupart des gens éprouveront des difficultés à faire évoluer leur première impression.

psychologie de l'investisseur en bourseSelon Tversky et Kahneman, le biais d’ancrage et d’ajustement réside dans l’évaluation d’évènements conjonctifs et disjonctifs. Une série d’évènements conjonctifs est définie par le fait que l’apparition d’un évènement dépend de l’occurrence (apparition) de l’évènement le précédant et détermine l’apparition de l’évènement suivant. Par exemple, afin qu’un nouveau produit de consommation ait du succès, il faut que chaque évènement du projet se réalise favorablement. Chaque évènement a alors une probabilité de succès qui lui est propre. Plus le nombre d’évènements est important, plus la probabilité globale de succès de la série diminue. Elle peut donc être très petite même si la probabilité de chaque évènement est très élevée.

Or, en général, les individus n’identifient pas le caractère conjonctif le prix d'achat d'une actiondes évènements et se basent, par conséquent, sur la probabilité individuelle de chaque évènement (ancre). Ceci entraîne une surestimation de la probabilité globale de succès. De la même manière, lorsqu’un évènement vient perturber la réalisation d’un projet (évaluation du risque d’échec), il s’agit d’évènements disjonctifs. Par exemple, dans le corps humain, si un des organes ne fonctionne pas correctement, tout le corps en sera affecté. La probabilité totale de l’échec du projet peut être importante si le nombre d’évènements est important même quand la probabilité d’échec de chacun est très faible. Cependant, les individus ont tendance à sous-estimer la probabilité totale de l’échec du projet car ils s’ancrent sur la probabilité d’échec d’une seule composante.

Voyons maintenant quelques exemples simples :

L’élève qui arrive en retard le jour de la rentrée des classes a toutes les chances d’être catalogué comme « jamais ponctuel » par la suite, même si d’autres élèves accumulent plus d’arrivées en retard les autres jours que l’élève qui est arrivé en retard le seul premier jour. Le professeur restera ancré sur le retard du premier jour et jugera plus sévèrement la ponctualité de cet élève que des autres.

Le biais d’ancrage est important avec les nombres, c’est la raison pour laquelle les vendeurs – quand ils le peuvent – n’annoncent pas tout de suite le prix d’un produit qui focaliserait l’attention du client et risquerait de l’ancrer sur le prix, le rendant distrait voire imperméable aux autres arguments du vendeur. C’est pour cette raison que les vendeurs préfèrent toujours, avant d’annoncer le prix, vanter toutes les qualités du produit en préparant le client à l’achat d’un produit de grande qualité, qui sera, logiquement, cher.

investir en actions avec un club d'investissement belgeJames Montier, un investisseur value de grand talent, s’est également intéressé à la finance comportementale et au biais d’ancrage lié au chiffre. Nous avons donc trouvé un test que James Montier a proposé à un groupe de personnes. Il leur a posé les questions suivantes :

 

1° Écrivez les 4 derniers chiffres de votre portable

2° Est-ce que le nombre de physiciens à Londres est inférieur ou supérieur à ce chiffre ?

3° Quelle est votre estimation du nombre de physiciens à Londres ?

L’idée est de voir si la réponse à la première question a créé une « ancre » et a influencé la réponse à la troisième question.

 

Les résultats ont confirmé cette hypothèse : les personnes avec les quatre derniers chiffres de leur téléphone au-dessus de 7 000 ont répondu environ 8 000 physiciens. Ceux avec les derniers chiffres de leur numéro de téléphone sous 3 000 ont répondu environ 4 000.

finance comportementale

Avouons qu’avec ces trois exemples de biais d’ancrage, on est en droit de ne pas se sentir trop concerné. On pourra jugé le cas du professeur, un cas isolé, celui du rapport vendeur / client intéressant, bien que si le client a fixé un prix maximum à l’avance et s’y tient, le vendeur peut toujours parler. Pour ce qui est du test de James Montier, nous l’avons même trouvé surréaliste car c’est un peu du style « quel est l’âge du capitaine si l’on sait qu’il mange de la choucroute durant la saison d’hiver, 2 fois par mois depuis 25 ans ? » et nous pourrions en déduire qu’il a 50 ans… Difficile de faire le rapport entre son numéro de téléphone et le nombre de physiciens à Londres. Et pourtant, certain le font. Mais il nous semble aisé de s’extraire des gens interrogés qui font preuve de ce genre de biais d’ancrage.

la psychologie de l'investisseur en bourse2° Même les gens intelligents n’échappent pas aux biais d’ancrage.

Depuis plus de cinq décennies, Daniel Kahneman, prix Nobel et professeur de psychologie à Princeton, mais aussi Amos Tversky, Frederick Shane et Emily Pronin ont mené des expériences désarmantes de simplicité et leurs analyses de ces tests ont profondément changé la façon dont nous percevons notre manière de penser. Alors que les philosophes, économistes et spécialistes des sciences sociales avaient pris pendant des siècles pratiquement pour argent comptant le mythe prométhéen de l’être humain rationnel, ces spécialistes de la psychologie cognitive ont démontré que nous ne sommes pas aussi rationnels que nous aimons le croire.

ancre bourse actionsEn fait ces psychologues nous expliquent que lorsque les gens sont confrontés à une situation incertaine, ils n’évaluent pas attentivement les informations, n’ont pas le réflexes de raisonner en termes de probabilités, voire encore, emploient des statistiques qui ne sont pas pertinentes pour prendre une décision. Au lieu de cela, leur décision dépend d’une longue liste de raccourcis mentaux qui les conduisent souvent à prendre des décisions aberrantes. Ces raccourcis ne sont pas un moyen plus rapide de faire le calcul mais sont un moyen de passer outre du calcul purement et simplement. Interrogé sur le prix de la batte de baseball et de la balle de baseball, nous oublions nos leçons arithmétiques et nous donnons une réponse qui nécessite le moins d’effort mental (vous allez comprendre pourquoi nous parlons de baseball dans l’expérience que nous vous présenteront la semaine prochaine).

A bientôt …phénomène d'ancrage

 

 

Portefeuille au 24 Avril 2015 : 6 ans 151 jours

Portefeuille : VL 8,4759 € (Frais de courtage et de change inclus)
Rendement Total : 738,92%

Potentiel Estimé VANT / Cours 93,33%

Rendement Annualisé : 39,30%
Rendement 2015 : 15,72%

Rendement 2014 : 5,46%
Rendement 2013 : 20,74%
Rendement 2012 : 24,19%
Rendement 2011 : -15,65%
Rendement 2010 : 38,07%
Rendement 2009 : 308,74% Continuer la lecture de Portefeuille au 24 Avril 2015 : 6 ans 151 jours

Hyduke ou comment faire un bagger dans l’industrie parapétrolière pendant la descente aux enfers de l’or noir …

investir dans l'industrie parapétrolière et du gaz naturel en actionsNotre philosophie d’investissement a pour particularité d’être relativement décorélée des évènements macroéconomiques et parfois, cela va même jusqu’à nous surprendre nous-mêmes.

Prenons un exemple … Hyduke.

Cette société canadienne fournit des équipements de forage et d’entretien des puits pour l’industrie gazière et pétrolière.

Le 16 avril 2014, nous achetons des actions de cette société à un coût de revient, frais de courtage et taxe sur les opérations de bourses inclus, de 0,395 CAD.  Nos abonnés sont évidemment immédiatement avertis par mail de cette opération.

Quels inconscients nous étions … entre le 17 avril 2014 et le 12 janvier 2015, les cours du pétrole baissèrent de 56 % et ceux du gaz naturel faisaient à peine mieux en perdant 39 % !

Pourquoi indiquons le 12 janvier 2015 ?

Eh bien, ami(e) lecteur(trice), tout simplement parce c’est la date à laquelle nous avons revendu nos actions Hyduke …

« Ah, oui, je suppose que vous avez décidé de « prendre votre perte », complètement dégoûtés par la baisse continue du cours ? »

Heu … pas exactement, cher(e) lecteur(trice), pour tout vous dire, le cours de l’action a atteint notre objectif de vente et nous avons plus que doublé notre investissement en moins de 9 mois : 106,5 % exactement en tenant compte du change et des différents frais et taxes.

Le cours de l’action était tellement massacré par le marché au moment où nous l’avions achetées (suite, entre autres, à des mauvais résultats comptables portant sur l’année précédente) que la marge de sécurité que nous avons pu obtenir envisageait les pires catastrophes et donc, y compris un effondrement des prix des deux matières premières dans lesquelles les clients d’Hyduke sont actifs.

Et comme le pire ne s’est pas produit, le meilleur est arrivée …

En réalité, avec Hyduke, nous voyons toutes les contradictions de l’investissement « deep value » : on peut investir dans l’industrie pétrolière juste avant le krach du pétrole … et malgré tout doubler son investissement.  Mais l’inverse est vrai aussi : on peut se situer en plein dans un marché haussier et voir la valeur de marché de son portefeuille sous performer pendant plusieurs mois.

Avec cet exemple, nous avons une nouvelle fois la  preuve que l’approche « daubasses » n’a que faire des conditions de marché : en se concentrant sur le prix payé pour les actifs acquis, en veillant à obtenir une marge de sécurité la plus élevée possible, on finit toujours par obtenir du rendement et nous n’avons pas besoin de QE « interplanétaires » pour l’obtenir.

Ci-dessous, vous trouverez l’analyse que nous avions mis à disposition de nos abonnés au moment de l’acquisition de nos actions et, à sa suite, les diverses « news de suivi » publiées dans les lettres mensuelles qui ont suivi l’achat.  Nous vous en souhaitons bonne lecture.

 

 

Hyduke Energy Services Inc.

(Toronto, Ticker: HYD.TO / ISIN : CA4489431003)

 

I. Introduction

Hyduke est un fournisseur canadien d’équipement de forage et d’entretien des puits. Elle fabrique des plates-formes terrestres de forage, des pompes, des treuils, des grues, … Elle fournit aussi des équipements « clés en main » et des services après-vente.

La société existe depuis 1972 et est active pratiquement partout dans le monde : Amérique du Nord et du Sud, Russie, Afrique du Nord, Moyen-Orient, Australie et Asie du Sud-Est. 45 % de ses clients sont situés hors Canada.

Une forte diminution du chiffre d’affaires et du taux de marge brute a mis la société dans le rouge en 2013 nous offrant une « fenêtre de tir ».

La direction ne nous explique pas réellement les raisons de cette baisse du volume d’activité si ce n’est par le fait que les clients de la société ont eux-mêmes connu une année 2013 difficile. Il est possible que les faibles prix du gaz naturel en Amérique du Nord aient entraîné l’arrêt de programmes d’exploration, jugés non rentables à ces niveaux.

Néanmoins, en juin 2013, il y a eu plusieurs grosses modifications dans la composition du conseil d’administration d’Hyduke et la direction s’est lancée dans une restructuration importante : fermeture de 3 divisions non rentables (une fermeture est effective depuis fin 2013 et les deux autres le seront en 2014), réduction des frais généraux et recentrage des activités sur son marché national.

matériel de forage

Le 16 avril, nous avons acquis 10 000 actions Hyduke à un prix de revient, frais de courtage et taxes de bourse inclus, de 0,395 CAD.

Les valorisations qui suivent ont été réalisées sur base des comptes arrêtés à fin 2013.

II. La Valeur d’Actif Net Net (VANN)

L’actif courant s’élève à 1,25 CAD. Nous amputons ce montant du total du passif, soit 0,72 CAD, mais aussi d’un « redressement automatique » du poste de stock en raison d’un ralentissement important dans sa vitesse de rotation. Le montant de ce redressement s’élève à 0,09 CAD. En fonction de ces éléments, nous établissons la VANN de Hyduke à 0,44 CAD.

 

III. La Valeur d’Actif Net Estate (VANE)

La société est propriétaire de terrains et constructions acquis pour un coût total de 0,43 CAD par action. Après application de notre traditionnelle marge de sécurité de 20 % et ajout à la VANN, nous obtenons une VANE de 0,79 CAD.

IV. La Valeur en cas de Mise en Liquidation Volontaire (VLMV)

Nous revenons à l’actif courant et à son poste principal qui est constitué des créances. Celles-ci sont payées en moyenne à 76 jours, montant qui nous semble relativement élevé mais qui se situe dans la moyenne des 3 derniers exercices comptables. 44 % des créances est due par seulement 2 clients. En outre, une créance qui représente 0,12 CAD est contestée, quant à l’ampleur de son montant, par le débiteur. Néanmoins, nous constatons que la direction a déjà acté des provisions pour créances douteuses pour un montant qui représente 0,07 CAD par action, soit 12 % de leur montant brut. Tenant compte de cela, nous pensons qu’en prenant une marge de sécurité supplémentaire de 30 %, nous nous montrons suffisamment prudents. Nous amputons donc la valeur de la VANE de 0,14 CAD supplémentaires.

Les stocks tournent en moyenne à 85 jours, en forte augmentation par rapport à la moyenne des 3 derniers exercices comptables. Nous ne connaissons pas le montant total des réductions de valeur actées par la direction mais nous savons qu’il y en a bel et bien (0,003 CAD sur l’année 2013). La grosse majorité de l’inventaire est composée de produits finis ou semis finis.

Malgré la réduction de valeur automatique adoptée lors de l’établissement de la VANN, nous pensons qu’une marge de sécurité supplémentaire doit être adoptée sur ce poste. Nous réduisons donc sa valeur de 35 % supplémentaire, soit 0,18 CAD.

Parmi les actifs fixes, outre les immeubles repris dans le calcul de la VANE, nous tenons compte des installations de production pour 5 % de leur coût d’acquisition, soit 0,03 CAD.

Pas mal de hors bilan dans cette société, notamment des risques de pénalités pour des retards de livraison, pénalités non provisionnées dans les comptes et qui s’élèveront au maximum à 0,13 CAD. Même si la société estime que la plus grande partie de cette somme ne sera pas due, nous prenons en compte 70 % de cette somme, soit 0,09 CAD.

Il existe des stock-options mais leur prix d’exercice est supérieur tant au cours actuel qu’à la VLMV de la société et nous n’en tenons donc pas compte.

En fonction de ce qui précède, nous établissions la Valeur d’Hyduke, dans le scenario d’une Mise en Liquidation Volontaire, à 0,37 CAD.

V. La Valeur de la Capacité Bénéficiaire (VCB)

Si la société a bel et bien généré des profits au cours des 5 derniers exercices, les pertes l’emportent sur la période. Il n’y a donc pas de VCB à calculer.

VI. Conclusions

A notre coût de revient de 0,395 CAD, nous pouvons obtenir une marge de :

10 % sur la VANN

50 % sur la VANE

Le potentiel cours/VANT s’établit à 165 % et la solvabilité est confortable à 63 %.

D’après ce que nous avons compris de l’activité de la société, il semble que celle-ci soit victime des faibles prix du gaz naturel en Amérique du Nord, faiblesse des prix à laquelle s’est, sans doute, ajoutée la faiblesse de l’ancienne direction.

Il nous semble donc qu’un investissement sur Hyduke soit surtout un investissement sur une société cyclique, dont la rentabilité est partiellement liée au cours d’une commodity et qui est en phase de restructuration. La remontée progressive des cours du gaz depuis la mi 2012 devrait permettre la réouverture de certaines opérations d’exploration et doper ainsi le carnet de commandes d’Hyduke.

Ajoutons que la société détient bel et bien un savoir-faire et que les dépenses en recherche et développement sont bien présentes … même si les données dans le rapport financier ne nous permettent pas de les déterminer avec précision. Tout au plus, savons-nous qu’une partie est « activée » sous forme d’immobilisation incorporelles (ce montant a représenté la somme dérisoire de 0,02 CAD au cours des 5 dernières années) et qu’une autre partie, d’un montant « inconnu » est considérée comme des frais généraux.

Reste à voir si la nouvelle direction réussira son opération « terminator » sur les frais généraux …

 

NEWS DE SUIVI

2014 Juin

La société signe un premier trimestre acceptable, avec un très léger recul de sa valeur patrimoniale à 0.96 CAD. Sa valeur net-estate est de 0.74 CAD. Sur les 3 premiers mois de l’année, les revenus ont progressé de 3% par rapport au trimestre précédent en raison d’une augmentation de l’activité de forage et d’entretien des puits dans l’Ouest canadien, et une augmentation de la demande pour les fournitures et services. La marge brute a augmenté de 32% par rapport au trimestre précédent et résulte de marges plus élevées réalisées sur un important contrat d’approvisionnement. Au final, la société signe une perte de 0.10 CAD par action au lieu de 3.20 CAD un an plus tôt sur la même période. Les pertes ont donc été divisées par 30.

Le rapport nous explique que durant le trimestre, deux unités de fabrication ont été fermées, pour rationaliser les coûts en augmentation.

Et surtout qu’un nouveau directeur a été nommé et a pris ses fonctions le 1er mai 2014. Il s’agit de monsieur Patrick Ross, qui était auparavant le directeur intérimaire.

Nous aimons particulièrement le ton ferme et précis du rapport qui place beaucoup d’espoir dans le redressement de la société par la nouvelle direction. Même si nous aimerions voir dans les prochains trimestres se confirmer les faits par d’autres chiffres positifs, force est de constater qu’une certaine dynamique est déjà en place.

2014 Juillet

 

La société annonce qu’elle est parvenue à faire un placement privé avec la société PI Financial Corp pour 3.8 millions de CAD à un prix de 0.62 CAD par ac-tion. Soit une émission d’actions de 6.129.032. D’après nos calculs, nous pouvons affirmer que les actionnaires de Hyduke vont subir une dilution de 6.74% sur la valeur patrimoniale de la société fixée par le dernier bilan. La VANT de la société passe de 0.96 CAD à 0.90 CAD et la valeur net-estate de 0.74 CAD à 0.72 CAD.

La direction annonce qu’elle a procédé à ce placement privé pour soutenir son programme de croissance et pour réduire son endettement. A ce prix de 0.62 CAD, nous aurions également aimé participer à ce placement privé et pouvoir bénéficier d’une prime de 29% par rapport au cours actuel de 0.80 CAD.

2014 Septembre

 

La valeur patrimoniale de la société, sur le premier semestre, est en très léger recul à 0.85 CAD. Nous notons un allongement de la durée de rotation des stocks de 121 jours, contre une moyenne de 73 jours sur les 3 derniers bilans. Ce qui nous amène à un retraitement de la valeur Net Net et Net Estate qui ressortent respectivement à 0.37 CAD et à 0.63 CAD. Au niveau des comptes de résultat, le chiffre d’affaires est en recul de 15%. Les frais fixes sont en hausse de 7%. Au final, la perte est de 0.063 CAD par action alors qu’un an plus tôt sur la même période, elle était de 0.065 CAD par action.

2014 Octobre

 

La société annonce qu’elle va se séparer d’une filiale détenue à 100% soit Hyduke Machining Solutions Inc. Selon la direction, cette vente devrait générer un profit de 1.5 millions de CAD et devrait servir à financer le fond de roulement et les éventuels futurs besoin en capitaux. Cette transaction devrait normalement se clôturer avant la fin de l’année 2014.

2014 Décembre

 

Le bilan clôturé en septembre est de relativement bonne facture pour notre société de services pétroliers et gaziers OVNI. La VANT s’établit à 0.83 CAD, en très léger recul. Quant à la valeur net estate, elle est de 0.64 CAD. Les revenus, sur le seul trimestre, sont en hausse de 9%. Mais la société affiche au final une perte de 0.06CAD. La direction semble positive sur la restructuration en cours. Et explique que la société va se concentrer sur 3 segments principaux:

– Approvisionnement et de distribution industrielle spécialisée dans l’industrie de la plate-forme de forage.

– Fabrication et assemblage de composantes de plate-forme et du matériel de forage

– Service et entretient des machines dans le domaine pétrolier.

Nous apprenons enfin que la société vient de racheter un concurrent, Thunder & Lightning Welding Ltd. Le communiqué nous explique que cela va permettre à Hyduke d’augmenter ses parts de marché, sa capacité de production et surtout de bénéficier du personnel de cette société ayant une haute expertise dans tous les segments sur lesquels s’est reconcentré Hyduke. Cette acquisition a eu lieu avec du cash.

Nous avons décidé dans un premier temps d’attendre, pour voir ce que cette acquisition apporte comme modification au bilan de Hyduke, en espérant surtout qu’elle ne pèsera pas négativement sur la valeur patrimoniale de la société. Et aussi qu’elle n’aura pas été acquise à prix trop élevé, ce qui serait assez étonnant, vu la sinistrose du secteur…

Affaire à suivre de près…

Portefeuille au 17 Avril 2015 : 6 ans 144 jours

Portefeuille : VL 8,4604 € (Frais de courtage et de change inclus)
Rendement Total : 737,39%

Potentiel Estimé VANT / Cours 91,74%

Rendement Annualisé : 39,40%
Rendement 2015 : 15,51%

Rendement 2014 : 5,46%
Rendement 2013 : 20,74%
Rendement 2012 : 24,19%
Rendement 2011 : -15,65%
Rendement 2010 : 38,07%
Rendement 2009 : 308,74% Continuer la lecture de Portefeuille au 17 Avril 2015 : 6 ans 144 jours

Les chroniques de l’investisseur chronique : comment j’ai été éduqué financièrement …

chronique investisseurCe texte fait partie de la série proposée par notre ami-chroniqueur Laurent Muller.

Même si nous ne partageons pas tout-à-fait les mêmes principes d’investissement, nous nous sommes trouvés énormément de points communs et les raisonnements développés par Laurent nous ont paru marqués par le sceau du bon sens.

Il nous a semblé intéressant de vous faire profiter de ces raisonnements et c’est la raison pour laquelle Laurent tiendra, sur ce blog et à intervalles réguliers, une chronique présentant ses principes d’investissement.

Ce sera l’occasion de débattre avec l’équipe des daubasses mais aussi avec vous, ami( e) lecteur(trice) des sujets qui seront développés par notre ami.

En lisant une file de discussion sur un forum qui soulevait la question de la transmission à ses enfants, j’ai été frappé du nombre de messages focalisés sur le don d’argent ou de biens à ses enfants. De mon point de vue, avant de vouloir transmettre un patrimoine, déjà faut-il apprendre à ses enfants à le gérer de manière globalement rationnelle. Pour moi, la transmission de valeurs me semble plus importante que la transmission de biens : apprendre à pêcher plutôt que de donner du poisson, comme le dit le dicton populaire. Cette question de l’éducation financière m’intéresse particulièrement pour mes enfants : comment les éduquer financièrement afin qu’ils deviennent autonomes et sachent gérer leurs actifs ?

N’ayant pas de recul sur cette question (mes enfants étant en bas âge), je me suis intéressé à la manière dont j’ai acquis dans mon enfance les fondations sur lesquelles je bâtis aujourd’hui.

Les LEGO ou la (re)création de la monnaie

Enfant, mon frère et moi jouions aux LEGO, ce qui est assez banal. Chacun avait ses boîtes et ses pièces, que nous gardions précieusement, chacun de son côté.

Pour échanger nos pièces, nous utilisions dans un premier temps le troc, c’est-à-dire l’échange de pièces ou de groupes de pièces.

Dans un deuxième temps, nous avons (re)découvert le principe de la monnaie : les pièces translucides, plus rares que les autres, constituaient la monnaie dont la forme et la couleur déterminaient le prix. Plus une pièce de « monnaie » était rare (nouvelle couleur ou forme, au gré de la sortie des séries de boîtes), plus son prix était élevé. Au bas de l’échelle : le carré rouge. En-haut, les disques de couleur, à leur sortie !

Jouir dans l’attente

Mon père m’a suffisamment souvent répété le principe de la jouissance dans l’attente, qu’il s’appliquait à lui-même, pour que je vous en parle aujourd’hui.

Si je voulais dessiner la courbe de plaisir de la possession d’un objet par rapport au temps, à partir de l’idée d’achat, elle serait globalement croissante avec une accélération forte suivie d’un maximum au moment de l’achat ou dans les quelques semaines / mois suivants, pour ensuite décroître fortement jusqu’à tomber à 0 quelques mois ou quelques années plus tard. Pour un même objet, plus la période d’attente avant l’achat est longue et plus le plaisir au moment de l’achat est grand.

En conclusion, mieux vaut retarder la date de ses achats et rêver dans l’attente pour augmenter le plaisir !

 

Vivre en-dessous de ses moyens

Un principe de base dont j’ai fait l’expérience est de vivre en-dessous de ses moyens, sans se priver, mais en se maîtrisant, contre les sirènes de la société de consommation. Mes parents m’ont donné l’exemple, en dépensant moins que ce qu’ils gagnaient et en investissant le différentiel.

Jeux de société

Une tradition familiale était de jouer chaque dimanche à des jeux de société (de réflexion). Je pense que ces séances ludiques ont été bénéfiques, notamment pour l’apprentissage du calcul, du raisonnement, de la gestion, de la compétition et de l’optimisation, le tout dans un climat mêlant le plaisir à la convivialité.

J’ai décrit dans cet article la proximité qui existe à mon sens entre le jeu de société d’une part et l’investissement d’autre part.

Le livret A et les taux d’intérêt

Dès mon plus jeune âge, mes parents m’ont ouvert un compte courant et un livret A, sur lequel je déposais l’argent que je recevais ou en retirais pour pouvoir effectuer des achats. Les guichetières du village devaient être bien amusées de voir un jeune garçon haut comme trois pommes déposer ou retirer de l’argent !

J’ai donc pu observer très tôt le bénéfice de l’épargne via les taux d’intérêts. Sans effort, l’investisseur reçoit chaque année une somme d’argent supplémentaire venant s’ajouter à son compte, s’il ne dépense pas son argent en cours d’année. Il me restait encore à assimiler le principe de l’inflation venant inexorablement ronger les liquidités épargnées…

Je dessinais également à cette époque des courbes de progression de mon modeste patrimoine et faisais des projections anticipatives qui me motivaient à épargner.

Emprunt

Pour acheter un instrument de musique coûtant plusieurs milliers d’euros, j’ai dû contracter un emprunt auprès de mon père (sans intérêts) qui absorbait cependant mes revenus ultérieurs, c’est-à-dire l’argent que je recevais à mon anniversaire ou à Noël, pendant deux ou trois ans. Je pense que cette expérience m’a amené à la conclusion un peu extrême qu’il ne faut rien acheter à crédit, y compris sa résidence principale. Je suis revenu (un peu tardivement je vous l’accorde) sur l’idée que l’endettement est le mal absolu, comme je l’ai expliqué dans cet article.

Console Nintendo

Lorsque mon père raconte comment il m’a éduqué financièrement, une étape décisive de son point de vue concerne l’achat d’une console Nintendo NES. Comme je gérais moi-même mon argent de poche et devais acheter l’objet convoité avec cet argent, mon père m’a soufflé une idée, qui m’a immédiatement séduite : acheter une console d’occasion, significativement moins chère qu’une console neuve (d’autant que plusieurs jeux étaient habituellement fournis avec l’appareil vendu d’occasion).

Mon père s’est prêté au jeu. Pour avoir un avantage concurrentiel, il allait chercher le journal des petites annonces à l’imprimerie, à l’aube, avant qu’il ne soit distribué. Nous décortiquions alors le journal à son retour, à la recherche de bonnes affaires.

De cette manière, nous avons réussi à acheter une console et une dizaine de jeux à un prix raisonnable, profitant du prix de gros.

Deux ans plus tard, lorsque j’ai voulu revendre cette console et les jeux pour acquérir un ordinateur, j’ai eu l’idée de revendre les jeux à l’unité et la console séparément, ce qui m’a permis de vendre l’ensemble à un prix supérieur à mon prix d’achat.

Toute ressemblance avec un investissement immobilier est purement fortuite.

Pas de limites pour toutes les dépenses éducatives

Mes parents n’ont jamais fixé de limites aux dépenses éducatives pour leurs enfants.

Les livres étaient gratuits (dans la mesure où nous en finissions la lecture), les affaires scolaires étaient payées (dans la mesure du raisonnable), point besoin de nous soucier de payer un logement ou de nous nourrir durant nos études supérieures, etc…

Mes parents nous ont également payé des séjours linguistiques à l’étranger et étaient prêts à payer le coût des formations que nous suivions sans réserves.

Ce climat était propice à l’apprentissage et ne fixait pas de limites à nos capacités.

Enfin, l’éducation était un sujet sérieux : examen du bulletin commenté par les parents, choix d’orientation rationnel et concerté, etc… Nous avions un pacte tacite : la liberté… si les résultats scolaires suivaient.

La bourse

Si j’ai commencé à investir dans les marchés actions, ce n’est pas tout à fait par hasard et je le dois là encore à mon père, qui investissait lui-même son épargne en actions. Ce domaine ne m’était donc pas tout à fait étranger quand j’ai commencé à placer mes économies : je connaissais l’existence de supports d’investissements plus performants (et plus volatils) que les livrets.

Apprendre à pêcher plutôt que donner du poisson

Mes parents n’ont commencé à transmettre à leurs enfants une partie de leur patrimoine qu’à partir du moment où nous étions tous à la fois financièrement autonomes et avions montré que nous étions capables de gérer notre argent sans le dilapider.

Ce n’est d’ailleurs qu’à ce moment qu’ils m’ont indiqué la valeur de leur patrimoine global.

Conclusion

En conclusion, mes bases financières semblent avoir été acquises à la fois par l’exemple de mes parents et leurs efforts, un certain goût pour les chiffres et un intérêt personnel pour ces questions.

N’hésitez pas à poster en commentaires les moyens que vous avez utilisés pour ouvrir vos enfants aux problématiques de l’épargne, de l’autonomie financière et de l’investissement. Vos contributions pourraient me donner des idées pour l’éducation financière de mes enfants.

Portefeuille au 10 avril 2015 : 6 ans 137 jours

Portefeuille : VL 8,3701 € (Frais de courtage et de change inclus)
Rendement Total : 728,45%

Potentiel Estimé VANT / Cours 94,07%

Rendement Annualisé : 39,31%
Rendement 2015 : 14,28%

Rendement 2014 : 5,46%
Rendement 2013 : 20,74%
Rendement 2012 : 24,19%
Rendement 2011 : -15,65%
Rendement 2010 : 38,07%
Rendement 2009 : 308,74% Continuer la lecture de Portefeuille au 10 avril 2015 : 6 ans 137 jours

Analyse d’une RAPP : Picanol, exemple d’un cas pratique

Après vous avoir détaillé la manière dont nous tentons d’évaluer la qualité d’une direction, nous vous proposons à présent l’exemple d’une analyse « RAPP » telle que nos abonnés ont pu en découvrir lors des différents achats que nous avons réalisés depuis le « lancement » de cette nouvelle catégorie d’investissement.

La société que nous allons vous présenter avait été analysée fin janvier et présentait, selon notre modèle de valorisation, une assez jolie décote.  Malheureusement,  le temps de rédiger l’analyse… et le cours s’envolait, nous laissant devant la frustration d’avoir « loupé » une très belle occasion d’acquérir une entreprise de qualité à bon prix… frustration d’autant plus forte que les occasions d’investir en actions de sociétés belges sont tellement rares…

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Portefeuille au 3 avril 2015 : 6 ans 130 jours

Portefeuille : VL 8,2436 € (Frais de courtage et de change inclus)
Rendement Total : 715,92%

Potentiel Estimé VANT / Cours 93,23%

Rendement Annualisé : 39,11%
Rendement 2015 : 12,55%

Rendement 2014 : 5,46%
Rendement 2013 : 20,74%
Rendement 2012 : 24,19%
Rendement 2011 : -15,65%
Rendement 2010 : 38,07%
Rendement 2009 : 308,74% Continuer la lecture de Portefeuille au 3 avril 2015 : 6 ans 130 jours