Ancien Edito : comme dans un autre monde …

vacances boursièresEn cette période de douceur estivale, l’équipe des daubasses prend un peu de repos bien mérité.

Certes, entre barbecues et farniente, nous poursuivons notre traque incessante des plus belles daubasses.

Pour la partie rédactionnelle du blog, tout comme les années précédentes, nous avons plongé en apnée dans nos archives afin de vous proposer, cher(e) lecteur(trice), quelques anciens éditos de notre lettre mensuelle tels que nos abonnés ont pu les découvrir à l’époque.

Ces archives nous semblent intéressantes parce qu’elles nous permettent de nous rappeler notre état d’esprit de l’époque et de l’analyser avec un recul suffisant.

Cette fois, c’est l’édito de la lettre de juillet 2012 que nous vous proposons, édito dans lequel nous philosophions à propos de l’ingratitude de l’investissement en daubasses.

Un peu comme dans autre monde …

 

Nous vous proposons dans cet édito de début de grandes vacances, quelques réflexions légères, qu’il vous sera sans doute possible de méditer un peu, en bord de mer, étendu nonchalamment sur le sable à faire le plein de soleil. Et cela nous semble aussi possible d’y réfléchir si vous sirotez tranquillement un petit cocktail. Sauf évidemment, s’il y a des jolies filles dans les environs !

Première réflexion : Un peu comme dans un autre monde

En investissant dans les « Daubasses », nous avons parfois l’impression de ne pas être tout à fait dans le même monde d’investissement que les autres investisseurs. Et nous nous sommes demandé si finalement c’était juste une impression ou un fait bien réel.

Grâce à internet, toutes les informations circulent à grande vitesse, qu’elles aient trait aux sociétés, à la macro économie, à la politique, … Nous nous en abreuvons tout comme les autres investisseurs. On pourrait même dire qu’il n’est pas possible d’y échapper. Nous ne sommes donc pas vraiment dans un autre monde à ce niveau.

Que faisons-nous de ces informations et dans quelle mesure influencent-elles nos décisions d’investissement ? Finalement, nous n’en faisons pas grand-chose et on peut également dire qu’elles n’influencent que très peu, pour ne pas dire presque pas, nos décisions d’investissements. Et pourtant, nous les lisons comme tous les investisseurs. Objectivement cela signifie que nous perdons un peu de notre temps à nous informer de choses qui ne nous sont pratiquement d’aucune utilité.

Seules des informations chiffrées et qui pourraient modifier la valeur patrimoniale des sociétés que nous possédons en portefeuille, nous sont réellement utiles. Peut-on parler de 1% du flot informatif ? Peut-être moins. Et c’est un peu là que tout en étant dans le même monde que les autres investisseurs, du moins sur la forme, nous sommes en quelques sortes dans un autre monde. Car une très grande majorité des investisseurs prennent toutes leurs décisions d’investissement en fonction des nouvelles sur les sociétés et plus particulièrement sur tout ce qui a une relation aux profits futurs, mais sont également conditionnés par la macro économie ainsi que par la politique.

Notre idée d’être un peu dans un autre monde est donc bien réelle, dans le sens où nous sommes finalement presqu’hermétique à ce qui s’y passe. Pour la simple raison que seuls les chiffres du bilan de la société nous dictent la marche à suivre et rien d’autre.

Prenons les trois phases de marché et comparons nos réactions ou nos aspirations à la majorité des investisseurs.

Le point mort – Marché plat – où l’incertitude règne.

Nous recherchons des valeurs décotées et comme il y en a très peu, nos listes s’allongent. Nous espérons que le marché va finir par baisser, pour que notre travail de recherche porte ses fruits.

La majorité des investisseurs attendent que cela se clarifie. Ils ont surtout peur que cela reparte à la baisse, et espèrent surtout un marché clairement haussier.

La marche arrière – Marché baissier.

Comme pour tout investisseur, le recul de l’ensemble du portefeuille est difficile à subir. Mais au lieu d’être focalisés sur les cours qui fondent, nous sommes focalisés sur ce que nous pouvons acheter, sur ce que le marché nous offre. Et nous devenons de plus en plus « radins », nous voulons encore moins cher et encore.

La majorité des investisseurs sont comme tétanisés par les baisses et à chaque nouveau jour dans le rouge, la douleur due aux pertes s’intensifie. Et puis, ils commencent à vendre, par petits morceaux, en espérant que le marché va se reprendre… Puis ils se disent qu’ils auraient dû tout larguer dès la vente des premiers petits morceaux… Mais comme cela baisse encore, ils commencent alors à larguer à n’importe quel prix…

La marche avant – Marché haussier.

Nous devenons presque spectateurs des effets positifs de notre travail qui se transforme en plus-value dès le début du marché haussier et cela nous réjouit. Mais d’un autre côté, les marchés haussiers nous énervent car les recherches ne débouchent sur aucune trouvaille. Et nos listes se réduisent en peau de chagrin.

La majorité des investisseurs, encore « traumatisés » par la baisse, ratent au mieux les premières marches, car ils veulent voir de leurs propres yeux, du vert et des courbes ascendantes. Les plus traumatisés ratent parfois la moitié des marches de l’escalier en direction des étages supérieurs.

Deuxième réflexion : Investir en « Daubasses » peut-il améliorer votre vie sociale ?

A notre connaissance, nous n’avons jamais rencontré la moindre Daubasse ayant créé un objet dont tout le monde se sert, un produit « buzz », une belle nouveauté dont tout le monde parle.

Dans une réunion, il est plus aisé d’intercaler dans une conversation vantant les qualités d’un I-Phone, que vous êtes actionnaire d’Apple et que vous avez eu l’occasion d’entendre de vos propres oreilles Steve Job lors de l’assemblée générale 2009 à laquelle vous avez assisté. Aussitôt, vous risquez de piquer tellement la curiosité de vos interlocuteurs, interlocutrices, qu’ils vont peut-être se mettre à vous poser des questions. C’est rehaussant.

Si vous êtes actionnaires de Scott Liquid Gold, notre marchand de savon liquide préféré, vous aurez par contre toutes les peines du monde à le glisser dans la conversation, à moins que vous ne soyez entouré d’une horde d’aides ménagères… Et encore, comme vous n’avez pas la moindre idée de la qualité des savons de Scott Liquid Gold, vous n’avez même pas l’opportunité de parler du brillant du sol après nettoyage, ni de la fraîcheur persistante du produit à base de lavande…Vous êtes cuit et réduit au silence. Pas la peine d’essayer de dire que vous avez assisté à l’assemblée générale… Tout le monde s’en contrefiche.

Lors d’un repas gastronomique, où la conversation tourne à un certain moment sur le vin, les grands crus classés par exemple, vous n’aurez aucun mal à glisser que vous êtes propriétaire d’un petit morceau du Château Yquem et de Cheval Blanc, et vous piquerez une nouvelle fois la curiosité de vos interlocuteurs qui vous croiront à moitié dans un premier temps, avant que vous ne leur expliquiez que vous êtes actionnaire de LVMH, qui possède ces châteaux Bordelais de grand Prestige…..Si vous enchaînez ensuite sur leurs propriétés en Australie, au Chili, en Nouvelle Zélande, vous pouvez alors monopoliser pratiquement la parole…

Si en revanche vous êtes actionnaire de la « Daubasse » Cottin et Frères, l’une de nos dernières acquisitions, dont nous vous reparlons plus loin dans cette lettre, il vous sera impossible de briller… Dire que vous avez fait une bonne affaire en achetant l’action parce qu’ils ont vendu du vin frelaté (mélange de gros rouge qui tâche, à des crus classés) déclenchera sans doute rire et quolibet… Et vous êtes en plus grillé pour tenter de glisser un avis qui sera pris au sérieux sur la qualité du vin que vous buvez, puisqu’en ayant avoué être actionnaire de Cottin, vous serez associé à un buveur de gros rouge qui tache !!!

Investir en Daubasses ne vous offre donc pas la possibilité de vous conduire en propriétaire de la société, concept si cher à Warren Buffett, seulement parce que personne ne voudrait être propriétaire d’entités aussi obscures, voire aussi ringardes, voire aussi minables.

En société, tout le monde se moque que Scott Liquid Gold pourrait voir son cours multiplier par trois en 2 ans, alors que LVMH offrira si tout va bien 15% sur la même période… plus un beau dividende, n’oublions pas !!!

Investir en Daubasses ne peut donc pas vous permettre de briller ne fut-ce qu’un peu ou de temps en temps en société.

Troisième réflexion : quel rôle économique peut jouer un investisseur en Daubasses ?

La mode actuelle est de montrer du doigt et désigner comme coupables ceux qui gagnent de l’argent avec de l’argent, et ceci de bas en haut de l’échelle. Nous avons récemment réfléchi, chez les daubasses, à la possibilité d’investissement en direct dans des startups. En gros, à effectuer une injection directe de capital dans des sociétés qui démarrent, permettant à leur fondateur de développer leurs produits plus rapidement. Produits innovants peut-être amenés à améliorer le quotidien, produits découverte, … Un article de notre blog a d’ailleurs été écrit sur le crowdfunding et vous pourrez en lire tous les détails ici.

Notre discussion, sur un rôle direct dans l’économie, ne nous a pas du tout été dicté par un sentiment de culpabilité, dû à la mode actuelle, puisque nous vous expliquions dans la première réflexion, que nous étions plutôt hermétiques au monde de l’investissement en général et que ce monde ne nous influençait pratiquement pas, mais juste par une possible idée de diversification pouvant peut-être combiner investissement et rôle direct dans l’économie.

Cette idée nous a tous séduit et nous l’avons retournée dans tous les sens, pour tenter d’y trouver un angle valeur. Un angle tangible, borné, où nous pouvons dire là nous achetons et là nous n’en voulons pas parce qu’il n’y a pas assez de décote.

Mais évidemment, nous ne sommes pas parvenus à trouver cet angle valeur, car tout simplement, il n’existe pas lorsqu’une société démarre.

En fait, profiter d’anomalies de marché, comme nous le faisons avec nos investissements dans des Daubasses, ce n’est pas de l’investissement économique, car nous ne finançons rien du tout. C’est juste de la spéculation, tout comme le fait Warren Buffett. Et nous n’en rougirons nullement. Au contraire, nous sommes plutôt assez satisfaits et même fiers de nos résultats.

S’il est donc clair qu’investir dans les « Daubasses » ne joue aucun rôle économique. Nous pensons néanmoins que nous avons deux sources à connotation morale qui peuvent apporter certaines satisfactions.

Quand nous achetons une Daubasse, nous soulageons un investisseur qui veut se débarrasser des ses titres et qui ne croyait même plus trouver un acheteur devant lui à ce prix. C’est donc un acte altruiste dans toute sa splendeur.

Quand nous vendons une Daubasse, nous offrons en plus un peu de rêve à un acheteur qui pense que vu la multiplication du cours, cela ne peut qu’allez plus haut encore, plus loin, toujours plus haut. C’est donc tenter d’apporter un peu de bonheur et d’espoir dans ce monde de brutes qu’est l’investissement.

En espérant que ces réflexions ne vous causeront pas de migraine sur le bord de la plage, nous souhaitons à tous nos abonnés de superbes vacances.

Portefeuille au 24 Juillet 2015 : 6 ans 242 jours

Portefeuille : VL 8,0301 € (Frais de courtage et de change inclus)
Rendement Total : 694,80%

Potentiel Estimé VANT / Cours 100,91%

Rendement Annualisé : 36,48%
Rendement 2015 : 9,64%

Rendement 2014 : 5,46%
Rendement 2013 : 20,74%
Rendement 2012 : 24,19%
Rendement 2011 : -15,65%
Rendement 2010 : 38,07%
Rendement 2009 : 308,74% Continuer la lecture de Portefeuille au 24 Juillet 2015 : 6 ans 242 jours

Apprendre de ses erreurs et s’adapter : le cas d’Albemarle & Bond Plc

Comme vous le savez, ami(e) lecteur(trice), chez les daubasses, on explique tout, on prône la transparence totale.

Et donc, si nous aimons particulièrement exposer nos réussites les plus flamboyantes,  flattant ainsi nos petits egos, nous vous présentons aussi, avec nettement moins de fierté et un petit goût d’amertume, nos « casseroles ».

Ce n’est évidemment pas de gaîté de cœur que nous évoquons cette erreur et cet échec qui a pesé sur la performance 2014 de notre portefeuille et n’y voyez pas là une quelconque tendance masochiste mais juste notre pragmatisme qui nous susurre à l’oreille qu’il est important de comprendre ce que nous n’avons pas compris et ce que nous avons mal fait : nous voulons que cela nous serve à l’avenir.

Nous vous avions déjà parlé de la société en question à l’occasion d’un de nos « bas-les masques » (et le fait de revenir sur le sujet nous fait douter sur l’absence totale de tendance au masochisme dans notre chef à moins que ce ne soit notre obstination à tenter de ne pas répéter les erreurs du passé). Elle s’appelle Albemarle & Bond et c’est une sorte de prêteur sur gage britannique qui octroie des prêts à des particuliers en échange de bijoux déposés en garantie.

L’analyse que nous en avions réalisée nous avait laissé tellement confiants qu’après un premier achat le 19 décembre 2013, nous avions procédé à deux renforcements et ce, très rapidement, au fur et à mesure que le cours de l’action baissait, le 2 janvier 2014 et le 28 janvier 2014 exactement.

Et pourtant, le 15 avril de cette année, suite à la faillite de la société, notre courtier effaçait du compte titre de notre club d’investissement cette erreur qui est, à ce jour, la plus sonnante et trébuchante en euros.

Il faut dire que nous ne nous faisions plus d’illusion depuis quelques temps déjà : en effet, depuis la suspension de sa cotation qui remontait à plusieurs mois et au vu des maigres informations que nous avons pu obtenir après l’arrêt de cette cotation, nous avions déjà repris la société pour une valeur de 0€ dans notre portefeuille.

Comme toujours, nous avons tenté de comprendre notre erreur et mais, cette fois, nous ne parvenons pas à la cerner réellement car il s’agit plutôt de l’aveuglement collectif assez incompréhensible de 4 investisseurs dotés d’une certaine expérience.

Nous avions pensé à un certain moment que nous nous étions laissés emporter par la solidité apparente du collatéral sous forme de stock de bijoux et d’or que nous jugions nettement plus solide que des vêtements ou du carrelage.

Mais quand nous relisons l’analyse que nous avions rédigée au moment de notre premier achat (et dont vous pourrez prendre connaissance en intégralité ci-dessous), nous formulons clairement l’idée que, dans le cadre d’une mise en liquidation volontaire, ce stock ne pourra pas être réalisé au cours de l’or du moment.

Voici donc ce que nous écrivions : Les stocks, qui constituent le second poste de l’actif courant, sont essentiellement composés de bijoux soit qui proviennent de créances non honorées (pour 68 % du total) soit qui ont été acheté en vue de revente. Le niveau des cours de l’or est, aujourd’hui, plus ou moins au même niveau que ce qu’il était à la clôture de l’exercice. Néanmoins, vu les circonstances dans lesquelles se trouve la société, on peut penser qu’elle ne pourra pas écouler ses inventaires à un prix satisfaisant. Pour cette raison et malgré le fait que la joaillerie ne soit pas vraiment un secteur dans lequel l’obsolescence est « galopante », nous décidons de prendre une marge de sécurité de 40 % sur la valeur reprise aux livres. Nous amputons donc cette ligne du bilan de 15 GBp.

Il semble donc bien que nous n’ayons pas surestimé la solidité de ces actifs composés d’or puisque nous prenons une marge de sécurité de 40%, alors qu’en général, nous prenons plutôt ne marge de sécurité comprise entre 20% et 25%.

Dans cette même analyse, nous arrivons à la conclusion qu’en cas de Mise en liquidation Volontaire, cette valeur serait négative : « En tenant compte de tous ces éléments, nous obtenons, dans le scenario d’une mise en liquation volontaire, une valeur négative pour Albemarle, de 8,2 GBp. »

C’est cette conclusion qui nous interpelle le plus. Nous écrivons clairement qu’en cas de mise en liquidation volontaire, aucun actionnaire ne retrouvera le moindre penny !

Et pourtant, nous allons renforcer la société à 2 reprises et atteindre notre pourcentage maximum par position soit 3.33%. Nous nous rappelons aussi comme parfois que l’un ou l’autre d’entre nous était un peu moins enthousiaste, tout en donnant aussi son accord, mais aucun d’entre nous n’a pointé du doigt cette VLMV (Valeur en cas de Mise en Liquidation Volontaire) négative qui aurait dû modérer notre enthousiasme et empêcher au moins les deux renforcements.

Après ce constat, nous avons inscrit dans notre process qu’une VLMV négative ne nous autorisait plus à investir sur une société.

Mais il est difficile de comprendre pourquoi nous agissons de cette manière alors que, nous avions écrit noir sur blanc les éléments précis qui auraient dû nous faire agir a minima avec plus de prudence.

Ce dit, cette mésaventure nous rappelle toute l’humilité que nous devons avons avoir avec le marché : quand nous acceptons des plus-values de +200%, voire 300% et plus, il nous faut aussi accepter son pendant : des pertes. Pertes que nous tentons et continuerons à tenter de minimiser au sein de notre process.

Voici donc l’analyse que nous avions mise à disposition de nos abonnés au moment de l’achat de notre première « louche ». Nous vous en souhaitons une bonne lecture.

 

Albemarle & Bond

(London Stock Exchange, Ticker: ABM.L / ISIN : GB0000343110)

albemarle & bond

I. Introduction

Albemarle Bond est une société britannique qui déroule ses activités autour de quatre axes complémentaires.

Le premier axe est celui des prêts sur gage. Albemarle est une sorte de « Mont-de-Piété ».

La société octroi des prêts, au travers de ses 200 et quelques comptoirs, en prenant en gage des bijoux en métaux précieux. 75 % des prêts sont honorés et les clients d’Albemarle peuvent ainsi récupérer leur bien. Dans la négative, Albemarle vend les bijoux, se rembourse et restitue le surplus de la vente au client. Plus de la moitié des résultats bruts d’exploitation proviennent de ce segment.

Un autre département de l’entreprise est constitué par les activités d’achat d’or. Cette activité est cependant en déclin en raison de la diminution des quantités d’or physique en circulation.

L’activité « joaillerie » est essentiellement approvisionnée par les bijoux en gage sur les prêts non honorés.

L’entreprise octroie aussi des prêts non gagés par des collatéraux physiques. Cette activité est encore marginale mais il entre dans l’intention de la direction de la développer.

En raison de la chute des cours du métal jaune, l’Ebitda de la société s’est dégradé et Albemarle ne respecte plus ses « covenants », c’est-à-dire les critères financiers convenus avec les organismes qui lui ont consenti les avances nécessaires au financement de ses activités. Les banques qui avaient elles-mêmes prêté à Albemarle ont dénoncé les crédits bien que ceux-ci aient été conclus à long terme, les transformant d’autorité en prêt à court terme.

L’autre impact de la baisse des cours de l’or réside dans la perte de valeur des stocks de bijoux achetés. Enfin, la direction explique qu’elle est confrontée à une concurrence plus forte dans le domaine du prêt sur gage et, qu’en conséquence, l’entreprise perd des parts de marché.

Ajoutons à ces évènements des frais de restructuration avec la fermeture de plusieurs boutiques non rentables, le licenciement du CEO et des honoraires de consultance et vous aurez là toutes les raisons de l’effondrement du bénéfice annuel (clôturé le 30/06).

Les banques ont donné à Albemarle jusqu’au 3 février 2014 pour proposer une solution pour assainir durablement la société.

Toutes ces nouvelles, couplées à l’annonce de la suppression du dividende et des prévisions d’Ebitda négatifs pour l’avenir en raison de la faiblesse persistante de l’or, ont, très logiquement, mis le cours de l’action sous pression.

Le 20 décembre, nous avons acheté 11 900 actions Albemarle Bond à un coût, frais de courtage et taxes de bourse incluses, de 21,16 GBp.

Nous travaillons donc avec les comptes annuels arrêtés au 30/06/2013.

II. La Valeur d’Actif Net Net (VANN)

Nous relevons un actif courant de 172 GBp par action, duquel nous retirons les dettes pour 116 GBp par action. La VANN s’établit donc à 55,80 GBp.

III. La Valeur d’Actif Net Estate (VANE)

La société détient très peu d’immobilier en propre : à peine 0,5 GBp. Ce montant est trop symbolique pour que nous nous y attardions.

IV. La Valeur en cas de Mise en Liquidation Volontaire (VLMV)

Il nous semble indispensable de calculer cette valeur avec un maximum de prudence vu le contexte de crise de liquidité que rencontre Albemarle.

albemarle & bond 3

Fidèles à nos habitudes, nous commençons par les postes de l’actif courant et le plus important, les créances des clients. Celles-ci sont payées en moyenne à 217 jours, en hausse par rapport à la moyenne de 190 jours des années précédentes. Ceci dit, l’importance de ces en-cours est à relativiser puisque le prêt fait partie intégrante de l’activité d’Albemarle. Ce qui nous importe, c’est de savoir si ces prêts seront honorés et, dans la négative, si la société disposent de garanties suffisantes avec les bijoux déposés en gage.

Comme signalé plus haut, la direction nous explique que 75 % des prêts sont remboursés à l’échéance et que seuls 25 % font l’objet d’un remboursement par l’intermédiaire de la vente des gages. Le risque de perte nous semble donc relativement limité puisqu’il ne porte que sur 25 % de l’encours et qu’on peut penser qu’une bonne partie de ces 25 % sont couverts. En estimant que la chute de l’or a fait baisser la valeur des covenants de 50 %, nous pouvons donc penser que le risque sur ce poste est de 50 % de 25 %. C’est la marge de sécurité que nous décidons de prendre et nous réduisons donc la VANN d’un montant de 15 GBp.

Les stocks, qui constituent le second poste de l’actif courant, sont essentiellement composés de bijoux soit qui proviennent de créances non honorées (pour 68 % du total) soit qui ont été acheté en vue de revente. Le niveau des cours de l’or est, aujourd’hui, plus ou moins au même niveau que ce qu’il était à la clôture de l’exercice. Néanmoins, vu les circonstances dans lesquelles se trouve la société, on peut penser qu’elle ne pourra pas écouler ses inventaires à un prix satisfaisant. Pour cette raison et malgré le fait que la joaillerie ne soit pas vraiment un secteur dans lequel l’obsolescence est « galopante », nous décidons de prendre une marge de sécurité de 40 % sur la valeur reprise aux livres. Nous amputons donc cette ligne du bilan de 15 GBp.

Le cash représente 18 GBp par action et n’appelle, selon nous, aucun commentaire.

albemarle & bond 2Au niveau de l’actif fixe, peu de choses à relever : les boutiques sont louées et les seuls actifs sont les aménagements de celles-ci … aménagements difficilement réalisables pour la plupart. C’est la raison pour laquelle nous ne tenons compte que de 58 % de leur montant amorti, soit la somme symbolique de … 1 GBp.

Hors bilan, nous tenons compte des engagements de loyers futurs à payer pour 50 % de leur valeur, soit 35 Gbp.

En tenant compte de tous ces éléments, nous obtenons, dans le scenario d’une mise en liquation volontaire, une valeur négative pour Albemarle, de 8,2 GBp.

V. La Valeur de la Capacité Bénéficiaire (VCB)

Par le passé, Albemarle a généré de très beaux résultats opérationnels : 21 Gbp en moyenne au cours des 5 dernières années. En amputant ce montant de 35 % à titre d’impôt forfaitaire sur le résultat, en actualisant à 12 %, en ajoutant la trésorerie de l’actif et déduisant les dettes financières, nous obtenons une VCB de 32,17 GBp.

VI. Conclusions

A notre coût d’achat de 21,16 Gbp, nous avons obtenu une marge de sécurité de

62,1 % sur la VANN

34,2 % sur la VCB

Il est dommage que l’importance des baux commerciaux en regard avec les actifs disponibles ne nous permettent pas d’avoir tous nos apaisements quant à la bonne fin d’une liquidation volontaire.

Les deux points délicats avec Albemarle sont, selon nous, les suivants :

– Tout d’abord, parvenir à renouveler le business model de la société afin de lui permettre de générer, à nouveau, des résultats positifs même dans un environnement proposant des prix déprimés pour le métal jaune

– Ensuite, et c’est le plus urgent, parvenir à présenter à ses créanciers, un plan de restructuration crédible qui lui permette de poursuivre ses activités. Nous avons vu que, dans le cas d’un arrêt immédiat de celles-ci, il ne resterait vraisemblablement rien aux actionnaires.

Ce plan de restructuration peut prendre plusieurs formes : une augmentation de capital, une renégociation réussie des échéances de dettes ou une cession pure et simple. Ce dernier scénario semble, pour l’heure, tenir la corde. Rien ne dit qu’il se réalisera mais, s’il se réalise, nous espérons que la qualité de cette société permettra de réaliser une plus-value sympathique sur nos actions.

 

Portefeuille au 17 Juillet 2015 : 6 ans 235 jours

Portefeuille : VL 8,2002 € (Frais de courtage et de change inclus)
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Potentiel Estimé VANT / Cours 98,78%

Rendement Annualisé : 37,03%
Rendement 2015 : 11,96%

Rendement 2014 : 5,46%
Rendement 2013 : 20,74%
Rendement 2012 : 24,19%
Rendement 2011 : -15,65%
Rendement 2010 : 38,07%
Rendement 2009 : 308,74% Continuer la lecture de Portefeuille au 17 Juillet 2015 : 6 ans 235 jours

Les chroniques de l’investisseur chronique : acheter une voiture

rp_chronique-investisseur-300x188.jpgCe texte fait partie de la série proposée par notre ami-chroniqueur Laurent Muller.

Même si nous ne partageons pas tout-à-fait les mêmes principes d’investissement, nous nous sommes trouvés énormément de points communs et les raisonnements développés parLaurent nous ont paru marqués par le sceau du bon sens.

Il nous a semblé intéressant de vous faire profiter de ces raisonnements et c’est la raison pour laquelle Laurent tiendra, sur ce blog et à intervalles réguliers, une chronique présentant ses principes d’investissement.

Ce sera l’occasion de débattre avec l’équipe des daubasses mais aussi avec vous, ami( e) lecteur(trice) des sujets qui seront développés par notre ami.

La voiture représente pour moi l’archétype du mauvais achat : prix élevé consommant sans cesse des liquidités pour une valeur souvent discutable. Je n’aurai pas l’indécence de parler ici d’investissement.

La Porsche, une mauvaise voiture

Acheter une Porsche pour déménager

Lors de mes études, j’ai eu la chance d’assister au déménagement d’un de mes camarades de promotion, arrivé en Porsche pour son installation. L’exigüité de la cabine de pilotage m’a paru suffisamment sous-optimale pour aujourd’hui pouvoir vous déconseiller vivement ce type d’usage que je qualifierais de loufoque.

Séduire une femme avec une Porsche

Arrivé dans votre monture flamboyante, après un dérapage contrôlé, vous tendez une main pleine d’espoir à la jeune femme qui vous sourit. Quand bien même la demoiselle convoitée serait réceptive à ce type d’arguments, ne serait-ce pas précisément là une preuve de son mauvais goût ?

La Porsche et l’arrivée d’un bébé

Lorsque deux amateurs de Porsche de sexe opposé se rencontrent, se marient et donnent naissance à un enfant, le véhicule exclusif fait alors une terrible crise de jalousie : il ne s’adapte pas facilement aux exigences du dernier né. Les prochains enfants rendront-ils le bolide plus accommodant ?

Une Porsche sur autoroute

C’est sur ce terrain que la Porsche doit donner son plein potentiel : le circuit, je veux dire… l’autoroute. Mais ne vous êtes-vous jamais imaginé aux commandes de la voiture de course, frustré de ne pouvoir qu’effleurer la pédale d’accélération pour respecter les limitations de vitesse. Excusez ma naïveté… A la fin du voyage, il n’y a que deux issues possibles : la crampe ou le PV.

Une Porsche pour partir en vacances

Vous avez enfin trouvé une utilité à la puissance phénoménale de votre véhicule : tracter une caravane pour partir en vacances. Je déconseille vivement cette pratique pour des raisons de sécurité : les crises de fou-rire que vous allez provoquer chez les autres conducteurs pourraient vous être fatales.

Le vrai record de la Porsche

S’il y a bien un record que la Porsche peut prétendre gagner haut la main, c’est celui de la vitesse de conversion du précieux liquide noirâtre malodorant en poussières de particules et gaz polluants. Deux pots d’échappement sont indispensables pour soutenir le rythme effréné des émissions de gaz.

La Porsche ou la vie

Si vous étiez voleur de voiture, préféreriez-vous chevaucher un cheval de grand prix ou un tas de ferraille ?

La Porsche ou la priorité

Il existe une règle que nul conducteur n’est censé ignoré : priorité à la voiture la moins reluisante.

La Porsche, voiture bélier

Un matin, alors que nous étions sur le chemin de l’école, à pied, avec mon garçon, nous avons manqué de nous faire écraser par une Porsche sortant de son garage en pente à vive allure. Décidément, tout est bon pour me faire taire !

Qu’est-ce qu’une voiture ?

Mesdames, Messieurs, au risque de vous surprendre, une voiture est un moyen de transport permettant de se déplacer d’un point A à un point B. Les caractéristiques importantes d’un véhicule sont les suivantes :

  • Le prix
  • Le nombre de kilomètres au compteur
  • Le nombre de places
  • La sécurité
  • La consommation
  • Le volume

Comment acheter une voiture ?

Une voiture neuve perdant au moins 20 % de son prix en sortant du garage, il me semble opportun d’acheter un véhicule d’occasion. Le prix maximum qu’il faut être prêt à payer pour acquérir ce mal nécessaire est de 10 000 euros, pour une voiture de 5 places minimum si vous avez une famille, autour de 40 000 km au compteur.

Conclusion

Je ne saurais trop vous conseiller de ne pas acheter de voiture. Le vélo et la marche à pied ont leurs avantages. Si ce mal est nécessaire, limitez les dégâts en achetant de manière rationnelle.

prix de revient d'une voiture