Ancien édito : investir au bon moment

vacances boursières

En cette période de douceur estivale, l’équipe des daubasses prend
un peu de repos bien mérité.

Certes, entre barbecues et farniente, nous poursuivons notre traque incessante des plus belles daubasses.

Pour la partie rédactionnelle du blog, tout comme les années précédentes, nous avons plongé en apnée dans nos archives afin de vous proposer, cher(e) lecteur(trice), quelques anciens éditos de notre lettre mensuelle tels que nos abonnés ont pu les découvrir à l’époque.

C’est l’édito de la lettre de février 2013 que vous allez retrouver ci-dessous.

Excellente lecture !

Investir au bon moment

A chaque édito, on commence par la proposition d’un titre. Moment toujours difficile! Franck pointe que cela sent le racolage, le presque « bois de Boulogne », en talon aiguille et guêpière ajustée! Cela commence mal!

Les autres Daubasses hibernent aux chaud de plus-values qui ne cessent de gonfler, tout comme leurs ronflements, entre deux battements de paupières indifférents. Ils ressemblent à des ours hibernant. Et pourtant sur le marché, la mode de ce début 2013 est délibérément tauromachique, brutal, avec muleta verte, banderilles en plastique et sirop de sang à la menthe poivrée! Le taureau est vraiment insolent… Le matador confiant…

Il faut donc développer pour convaincre. Et ce n’est jamais facile chez les Daubasses de convaincre : des éditos de trois, quatre pages ont étés plusieurs fois flambés au Zippo, ces derniers temps! Tout ceci pour vous dire que la concession est le cadet de leurs soucis, on devrait presque dire de nos soucis, sauf pour celui qui écrit l’édito !

Bon, reprenons, sur « Investir au bon moment sur le bon secteur » qui est au final le simple fruit d’une observation. C’est la première fois que nous observons les sociétés d’un secteur approcher leur VANT en choeur dans notre portefeuille. Il s’agit des promoteurs immobiliers représentés par l’Anglaise Barrat Developement PLC, L’Américaine AV Homes et de l’Allemande Adler Real Estate, du « ABAAAA » selon la notation de l’agence Daubasse, en 2008 pour les deux premières et en 2009 pour la dernière.

Nos amis investisseurs dans la valeur « Buffettienne » de l’époque, qualifiaient nos choix de véritable hérésie, d’inconscience, de paraplégie de nos lobes frontal, occipital, pariétal, temporal et ils ajoutaient même du cervelet et de la zone cortical du lobe frontal, celle qui vous permet de détecter le goût et l’odeur. En un mot, un manque de discernement complet!

Nous n’allons pas blâmer nos amis, plus avant cher(e) abonné(e), car rappelez-vous de cette terrible année 2007-2008, le début de la crise, une crise immobilière liée aux crédits pourris, les fameuses subprimes. Monsieur le marché n’a pas hésité à parler d’un nouveau 1929, quatre-vingt ans plus tard.

Et tous les acteurs se sont mis à échafauder des scénarios de plus en plus sombres. Sur le secteur immobilier, rien ne serait plus jamais pareil et que 20-30 ans seraient nécessaires pour retrouver les prix du sommet. Sur le marché, qui allait certainement aboutir à un Euro Stoxx 50 à 0,5 points et 1.5 points pour le S&P 500. Sur notre système, nous étions partis pour vivre la fin du capitalisme!

En gros, qu’est-ce que l’Equipe des Daubasses pouvait argumenter à l’époque, hormis la simpliste idée de bonnes affaires, de décotes sur la VANN, la VANE et une belle solvabilité, sur nos trois immobilières! Du vrai pipo pour tous les spécialistes, les aficionados du décryptage de l’actualité, du complot final, de l’Apocalypse selon Saint-Nouriel Roubiniol…!

Et pourtant, acheter Barrat Developpement à 50.08 pences, AV Homes (à l’époque nommé Avatar Holding, renforcé 2 fois) à 2.60$ (premier achat) ou encore Adler Real Estate à 0.68€, ne nous a pas paru déraisonnable. Au contraire, il y avait belle décote et bonne solvabilité.

Cinq ans plus tard, nos trois immobilières sont de multiple baggers et vont sans doute sortir sous peu de notre portefeuille dès qu’elles auront atteint et dépassé leur Valeur d’Actif Net Tangible.

Ce qui nous fait tout bizarre, c’est que nos même amis, ceux qui avaient jugé notre manque de discernement sur ces investissements immobiliers en 2008, semblent à présent s’intéresser au secteur… précisément au moment où nous apprêtons à en sortir, en argumentant que c’est nettement moins risqué dans un climat qui s’améliore, avec des perspectives toutes autres…

Nous n’allons donc pas nous plaindre si ce marché est prêt à nous acheter les trois entreprises précédemment citées à leurs VANT respectives et peut-être même au-delà : pour Barrat Developpement de 203 pences, pour AV Homes de 17.16$ et pour Adler Real Estate à 1.65€.

« Investir au bon moment sur le bon secteur », vous l’aurez compris, cher(e) lecteur(trice), n’est en aucun cas du ressort du « feeling » de l’investisseur, pas plus que de sa profonde « conviction ». C’est en fait la méthode « Daubasse », décote sur les actif Net-Net ou Net-Estate, solvabilité supérieur à 40%, et appliquée strictement, qui fait qu’en tant qu’investisseur vous vous trouvez au bon moment et en pleine tourmente, sur le bon secteur, le bon continent, la société ou les sociétés les plus solides.

Nous avions déjà évoqué le phénomène sur notre blog quand nous avions observé qu’investis à 80% sur des société américaines et 20% sur des sociétés européennes au début de l’aventure, en 2008, nous étions passés progressivement, et au gré des occasions dictées par notre process, à 40% de sociétés américaines et à 40% de sociétés européennes. Un rééquilibrage dicté seulement par les occasions trouvées.

Et c’est ce que nous observons aujourd’hui sur les secteurs, notre méthode nous menant droit sur le cataclysme, la fin probable, le pire, le sans espoir… Et nous sommes entrés sur le secteur sinistré des papetiers comme Crown Van Gelder. Plus récemment, sur des acteurs du solaire en berne final, comme PV Crystalox et REC. Et encore plus récemment, sur des acteurs technos très mal barrés…

Mais vous avez sans doute compris que le cataclysme, la fin probable, le pire, le sans espoir est synonyme de belles occasions, de baggers, et au final de grandes satisfactions d’investissement.

Il vous suffit d’avoir ou d’acquérir la volonté de vous laisser conduire par l’exigence des paramètres de Ben Graham : marge de sécurité, peu d’endettement et quelques autres détails facile à compiler… Du véritable noir sur blanc que nous essayons d’appliquer au mieux depuis plus de 4 ans et qui vous placera sans discontinuer au chœur de la tempête et des vraies occasions!

Dans cette lettre, nous vous présentons une occasion sortant des sentiers battus, sur de l’immobilier européen, sans doute un dernier «bon coup»! (NDLR : il s’agit de AXA Property Trust démasquée récemment sur ce blog) Et une superbe techno, qui n’a jamais fait le moindre profit, dans une niche technologique qui nous semble pouvoir littéralement exploser dans le futur, même si nous n’en sommes pas certains à 100%! (NDLR  : Semileds également démasquée)

Cela dit, vous êtes comme d’habitude les seuls juges. Excellente lecture à tous.

Portefeuille au 28 Août 2015 : 6 ans 277 jours

Portefeuille : VL 7,9539 € (Frais de courtage et de change inclus)
Rendement Total : 687,25%

Potentiel Estimé VANT / Cours 100,10%

Rendement Annualisé : 35,68%
Rendement 2015 : 8,60%

Rendement 2014 : 5,46%
Rendement 2013 : 20,74%
Rendement 2012 : 24,19%
Rendement 2011 : -15,65%
Rendement 2010 : 38,07%
Rendement 2009 : 308,74% Continuer la lecture de Portefeuille au 28 Août 2015 : 6 ans 277 jours

Ancien Edito : clap de fin …

vacances boursières

En cette période de douceur estivale, l’équipe des daubasses prend
un peu de repos bien mérité.

Certes, entre barbecues et farniente, nous poursuivons notre traque incessante des plus belles daubasses.

Pour la partie rédactionnelle du blog, tout comme les années précédentes, nous avons plongé en apnée dans nos archives afin de vous proposer, cher(e) lecteur(trice), quelques anciens éditos de notre lettre mensuelle tels que nos abonnés ont pu les découvrir à l’époque.

C’est l’édito de la lettre de décembre 2012 que vous allez retrouver ci-dessous.  Celui-ci a été publié quelques jours avant la date fatidique de fin du monde, telle qu’annoncée par les Mayas.

Excellente lecture !

Clap de fin…

C’est avec un pincement au coeur que nous prenons notre plume pour rédiger cet édito qui est celui de notre dernière lettre mensuelle.

Pourtant, nous avons encore un tas de choses à vous raconter et un grand nombre de réflexions à partager. Nous avons pris beaucoup de plaisir à échanger avec vous, que ce soit sur notre blog, par mail privé ou, tout simplement, au travers de nos lettres et articles.

Mais voilà, toutes les bonnes choses ont une fin et cette lettre ne fait pas exception.

Quoi ! Vous stoppez tout ?

Hélas, cher(e) lecteur(trice), trois fois hélas …

Mais, mon abonnement ? J’ai payé pour un an, moi !

Vous pensez bien que, là où nous allons tous, le prix d’un abonnement à une lettre financière n’a plus grande importance.

Vous avez perdu la tête ? Vous avez trop chassé la daubasse et vous faites un « burn-out » ?

Si ce n’était que cela mais c’est bien pire, bien plus grave !

David Rosenberg avait raison !

Nouriel Roubini avait raison !

Olivier Delamarche avait raison !

Philippulus(1) avait raison !

Après plus de 4 ans d’existence, notre club d’investissement va disparaître, c’est la fin de 4 passionnantes années de chasse à la daubasses et d’un an et demi de lettres mensuelles. Nous n’aurons plus de débats acharnés, arrosés à l’Orval, sur les vertus de telle ou telle action … (c’est surtout l’Orval qui va nous manquer pour tout vous dire).

L’Hindenburg Omen(2) était là, bien visible depuis des siècles, nous allons tous mourir dans d’horrrrrribles souffrances, les Mayas l’ont annoncé : ce 21 décembre, c’est LA FIN DU MONDE.

Les amis, vous êtes bien raisonnables là ?

Vous n’allez quand même pas nous dire que vous y croyez à ce genre de prophétie. Dans votre dernière lettre mensuelle, vous disiez qu’il était impossible de prévoir la macro économie avec précision même à un horizon de quatre ou cinq ans et aujourd’hui, vous nous expliquez que vous accordez foi à des prédictions vieilles de plusieurs siècles ?

Heuuuu … Hum, comment dire …

En plus, vous savez combien il y en a eu des prévisions de fin du monde non avérées ?

Ben … heu … non

Des dizaines …

Il y a eu Charles Russell au 19e siècle, il y a eu les témoins de Jéhovah qui l’annoncent avec la régularité d’un métronome depuis plus de 80 ans, il y a eu David Koresh dans les années 90 de même que Harold Camping qui l’a annoncé à plusieurs reprises et la dernière fois, c’était pour … 2011.

Allons les gars des daubasses, ressaisissez-vous !

Vous pensez que nous avons été un peu … disons … excessifs ?

C’est le moins que l’on puisse dire …

Hum … effectivement, cher(e) lecteur(trice), il semble bien que nous ayons sombré dans le marasme ambiant.

Peter Diamandis, un éminent chercheur et entrepreneur américain l’explique dans son livre « Abundance: The future is better than you think ».

Les médias nous abreuvent « jusqu’à plus soif » d’informations négatives qui nous font sombrer dans la sinistrose. Pourquoi ? Parce que, naturellement, c’est vers ces informations négatives que nos esprits portent leur attention. Chaque seconde, nous sommes soumis à trop de données pour que nos cerveaux puissent les analyser et comme rien n’est plus important pour nous que la survie, ce sont les informations avertissant d’un danger que nous retenons en priorité.

Selon Diamandis, ce serait dû à une zone du lobe temporal de notre cerveau qui trie toutes les informations que nous recevons en recherchant tout ce qui pourrait nous porter atteinte.

C’est la raison pour laquelle, parmi toutes les données que nous recevons, notre instinct de survie nous fera retenir en priorité les mauvaises et c’est aussi pourquoi nous sommes généralement conditionnés à être plus pessimistes qu’optimistes.

Nous-mêmes dans nos investissements en daubasses avons tendance à envisager le « pire » avant de prendre la décision d’acheter, parce que si le pire est dans les cours, l’affaire ne peut être que bonne … mais peut-être aussi parce que notre lobe temporal nous y incite.

Ce n’est peut-être pas un hasard finalement si des prophètes de malheur rencontrent autant de succès parmi les médias et ce, même parmi des gestionnaires qui n’ont jamais rien prouvé en terme de capacité à créer de la valeur pour leurs clients.

En bref, si nous sommes heureusement conditionnés pour anticiper les dangers, nous ne devons pas laisser notre instinct animal prendre le dessus sur notre raison et nous vous remercions, ami(e) abonné(e) de nous avoir rappelé à l’ordre.

Alors, finalement, ce n’est pas votre dernière lettre ?

Bien sûr que non ! Les frères Böhm prétendent que les Mayas anticipent en réalité la fin du monde pour 2116 … de quoi nous laisser le temps d’écrire encore quelques lettres mensuelles …

———————————

(1) Clin d’oeil à l’attention des « tintinophiles »

(2) L’Hinderburg Omen est un indicateur technique annonciateur de crash, pas très fiable en réalité puisque s’il s’est bien configuré avant les grandes corrections boursières des dernières années, il a aussi donné un nombre deux fois supérieurs de « faux signaux ».

Portefeuille au 21 Août 2015 : 6 ans 270 jours

Portefeuille : VL 8,0070 € (Frais de courtage et de change inclus)
Rendement Total : 692,51%

Potentiel Estimé VANT / Cours 98,16%

Rendement Annualisé : 35,94%
Rendement 2015 : 9,32%

Rendement 2014 : 5,46%
Rendement 2013 : 20,74%
Rendement 2012 : 24,19%
Rendement 2011 : -15,65%
Rendement 2010 : 38,07%
Rendement 2009 : 308,74% Continuer la lecture de Portefeuille au 21 Août 2015 : 6 ans 270 jours

Ancien édito : le monde selon Mad Max, ce n’est pas encore pour tout de suite

vacances boursièresEn cette période de douceur estivale, l’équipe des daubasses prend un peu de repos bien mérité.

Certes, entre barbecues et farniente, nous poursuivons notre traque incessante des plus belles daubasses.

Pour la partie rédactionnelle du blog, tout comme les années précédentes, nous avons plongé en apnée dans nos archives afin de vous proposer, cher(e) lecteur(trice), quelques anciens éditos de notre lettre mensuelle tels que nos abonnés ont pu les découvrir à l’époque.

C’est l’édito de la lettre de novembre  2012 que vous allez retrouver ci-dessous, là où il est question de l’intérêt – ou non – de s’intéresser à la macro-économie dans le cadre de notre philosophie d’investissement.

Excellente lecture !

 

Flash-Back …

Souvenez-vous, cher(e) abonné(e), nous sommes en 2005. Quelle était l’expression « à la mode » à cette époque ? Quelle était la phrase magique « tendance » dans les salons et les cocktails dinatoires ? Oui, c’est vrai, ça paraît loin tout ça et pourtant, ça ne fait que 7 années : du très long terme en spéculation mais tout au plus du moyen terme en investissement.

Le mot que tout le monde avait à la bouche à l’époque, c’était « peak oil ».

peak oil

Que disait-on ?

Que le pétrole était une matière première en voie d’épuisement. Que bientôt il deviendrait impayable. Qu’il fallait absolument se tourner soit vers les producteurs de pétrole, soit vers les énergies alternatives.

Le cours de Solarworld (producteur allemand de panneaux solaires) multipliait par 3,5 au cours de cette année-là, celui de Petrochina s’appréciait de 53 % et celui de Canadian Ressources (sables bitumeux) doublait.

Jim Rogers était adulé et les fonds à thématique énergétique poussaient comme des champignons.

C’est tout juste si les plus pessimistes n’annonçaient pas que faute de pétrole, nous allions tous mourir dans d’horribles souffrances…

Pire : certains parmi les membres de l’équipe des daubasses étaient également atteints par cette fièvre du « peak everythink », se forgeant même quelques convictions sur les cours du gaz naturel en le comparant avec ceux du pétrole ou même, en installant quelques panneaux solaires sur le toit de leur maison familiale afin de « survivre le jour où tout s’écroulera », le jour où, tout comme dans « Mad Max », nous serions tous réduits à l’état de bandes errantes prêtes à s’entredéchirer pour quelques litres d’essence.

Novembre 2012 …

Voici les titres de quelques articles que nous avons lus ces dernières semaines :

« Le peak oil, c’est fini »

« Ce peak oil qui n’en finit pas de ne pas arriver »

« L’avenir radieux d’une super puissance pétrolière » (en parlant des Etats-Unis)

Ça et là, nous apprenons que grâce aux nouvelles techniques de forage, entre autre la “fracturation hydraulique”, les énergies fossiles restent, plus que jamais, accessibles et disponibles. Les USA, entre autres, disposeraient de réserves de pétrole supérieures à l’Arabie Saoudite, l’Iran et l’Irak réunis.

Dès 2020, certains experts voient le pays de l’Oncle Sam produire plus de pétrole que l’Arabie Saoudite aujourd’hui.

Les premiers effets de ces techniques se sont d’ailleurs déjà fait sentir précisément sur le gaz naturel : les prix de cette énergie sont en effet au plancher depuis des années (du moins en Amérique du Nord), précisément à une époque où elle aurait déjà dû servir d’alternative au pétrole rare.

Bref, il semblerait bien que la hausse des prix du pétrole … ait reporté le « peak energy » à une date ultérieure, les coûts de développement des nouvelles technologies étant précisément rentabilisés par cette hausse des prix. Sans vouloir prendre position sur le bien-fondé écologique et économique des nouvelles techniques d’extraction, c’est en tout cas un évènement qui remet certaines certitudes en question.

La conclusion de tout ceci …

Nous pensons que les conclusions que l’on tirait il y a 7 ans quant aux supports idéaux en matière d’investissement ne sont, au moins partiellement, plus d’application aujourd’hui : Solarworld a perdu 98 % par rapport à son plus haut, Petrochina 47 % et Canadian Ressources 43 %. Quant au cours du pétrole proprement dit, s’il a pris 40 % en 7 années, cela semble peu pour une période « planche à billet » qui aurait dû être bien plus porteuse pour un actif aussi tangible et indispensable à nos modes de vie.

La conclusion ? Pour nous elle est simple et limpide et conforte notre approche : les projections macro-économiques ne sont que peu utiles à l’investisseur « value » et le temps qu’il consacre à l’économie générale, à défaut d’être considérée comme un aimable loisir, serait bien plus efficacement utilisé à approfondir l’analyse de ses sociétés.

C’est en tout cas ce que, pour notre part, nous continuerons à faire, convaincus plus que jamais par les vertus de l’approche « bottom up ». Nous vous le prouvons dès cette lettre mensuelle en vous présentant les deux sociétés que nous avons achetées récemment … et qui ne sont en rien liées à aucun « peak » que ce soit.

 

 

Portefeuille au 14 Août 2015 : 6 ans et 263 jours

Portefeuille : VL 8,1383 € (Frais de courtage et de change inclus)
Rendement Total : 705,50%

Potentiel Estimé VANT / Cours 95,07%

Rendement Annualisé : 36,38%
Rendement 2015 : 11,11%

Rendement 2014 : 5,46%
Rendement 2013 : 20,74%
Rendement 2012 : 24,19%
Rendement 2011 : -15,65%
Rendement 2010 : 38,07%
Rendement 2009 : 308,74% Continuer la lecture de Portefeuille au 14 Août 2015 : 6 ans et 263 jours

Question des lecteurs : Avez-vous vu cette analyse de Tecumseh ? Tout est négatif. Vous en pensez quoi ?

Dans notre planning de publication, nous devions publier cette article sur notre blog le 11 novembre 2015.

Pourquoi  le 11 novembre ? Tout simplement parce qu’il ne semblait pas avoir urgence … mais voilà,  depuis 2 jours, la société qui faisait l’objet de cet article, Tecumseh Product Company,  fait l’objet d’une OPA de la part de Mueller industries et de Atlas Holding.

Nous avions acheté un premier lot de cette société le 9 octobre 2014 à 3.45$ frais inclus et avons plus ou moins doublé la position le 19 décembre 2014 pour obtenir un prix moyen de 3.89$ par action. La dernière valeur d’actif net tangible estimée à l’aide du dernier bilan était de 6.79$.

Mueller industries et Atlas Holding ont donc proposé de racheter les actions Tecumseh au prix de 5$ par action, ce nous permet d’encaisser une plus-value de plus ou moins 45% en euros (28% sur l’investissement et la différence en gain de change) sur à peine 10 mois.

Il n’y a rien d’exceptionnel à ce rendement même si nous le jugeons excellent et n’allons pas bouder notre plaisir… ni celui de certains de nos abonnés qui, ayant acheté moins cher que nous, ont même produit un bagger avec cet investissement ( cours multiplié au minimum par 2).

Tous ceci pour remettre l’article qui suis dans son contexte même si ce n’est pas le sujet de cet échange : en réalité, nous proposons a notre « interlocuteur – abonné » une réflexion entre d’une part, l’analyse d’un employé de la société Tecumseh qui, en principe, connait  les produits et les problèmes de la société qui l’occupe pour conclure son analyse par un tonitruant « vendez en vitesse ! » et d’autre part, l’approche des daubasses qui se concentre sur les actifs et « achète en vitesse » dans le cadre d’un portefeuille diversifié.

Dans un premier temps, l’analyse de l’employé de Tecumseh, paraîtra infiniment plus intelligente et fine que notre analyse détaillée des actifs… Et pourtant, à la fin, il y a un perdant et un gagnant. Et si nous sortons gagnant ici, c’est seulement parce que Mueller industries et Atlas Holding ont jugé qu’ils pouvaient faire quelque chose avec ces actifs et en offrir 5$.

Donc, en avril dernier, nous recevions un mail d’un de nos fidèles abonnés qui disait ceci :

« Chères Daubasses,

Voici le lien d’une analyse que je viens de découvrir sur Seeking Alpha qui semble condenser toutes les mauvaises nouvelles portant sur Tecumseh que vous avez achetée en octobre 2014 et renforcée fin 2014. Qu’en pensez-vous ? »

Avant de vous relater la réponse que nous avons faite à notre ami et pour une meilleure compréhension, voici les gros titres de cette analyse :

– L’incapacité de Tecumseh à élaborer un plan de restructuration en temps opportun pose des questions importantes et surtout structurelles

– La société a perdu un temps précieux tout en ignorant l’innovation de la concurrence et ne possède pas les compétences nécessaires pour faire face à cette concurrence

– La stratégie de restructuration : une perte de temps et d’effort

– La gamme de produit : faible aujourd’hui, faible demain (il s’en suit une description détaillée des produits, le tout comparé aux produits de deux sociétés concurrentes)

– Le problème de fond (pas assez de R&D et une dizaine d’arguments supplémentaires)

– Conclusion : laissez quelqu’un d’autre prendre le risque

 

Voici la réponse que nous avions faite à l’époque :

Cher abonné,

Nous venons de lire cet article, qui n’a pas grand sens de notre point de vue, même si sur une première impression, il semble juste et imparable.

Dans la pratique, il explique ce que nous savons depuis notre analyse, à savoir que Tecumseh est une Daubasse, et, à ce titre, a sans doute une direction de Daubasse (bien que ce soit difficile à évaluer sur une période aussi courte sans plusieurs éléments déroulés dans le temps : ce n’est pas sur un problème qui surgit dans l’entreprise et que l’investisseur voudrait voir résoudre rapidement que l’on peut poser un jugement définitif. C’est plus compliqué que cela et nous savons aussi qu’une direction n’est pas éternelle).

La société a un problème de produits face à la concurrence (oui, comme presque toutes les daubasses sur lesquelles nous avons investi).

C’est en fait le cas typique d’une société qui cote sous ses fonds propres à un certain moment et ce genre d’article-analyse, nous en avons vu pléthore depuis 2008, y compris sur nos plus beaux baggers. Nous ne les avons plus tous en mémoire, mais si vous pouvez retrouver ce qui se disait sur Seeking Alpha par exemple à propos Trans World Entertainment, vendeur de cassettes VHS, en 2008-2009 voire 2010, vous pourrez vous en convaincre seul. Et pourtant, cette société est toujours présente dans notre portefeuille à un cours près de 6 fois supérieur à notre coût d’achat.

Quand nous disons que cette analyse ne fait pas grand sens pour nous, cela ne veut pas dire que les arguments avancés sont faux. Ce qui ne fait pas sens, c’est seulement la projection future générée par ces arguments. Si vous relisez les intitulés des différents points de l’analyse, tous ces intitulés suggèrent que le futur de la société sera forcément négatif et les développements qui suivent étayent cette perception négative.

Il est donc clair qu’aucun investisseur qui se focalise sur le futur avec les arguments négatifs du présent n’investira pas sur ce genre de société. Une majorité d’investisseurs recherchera donc des arguments positifs du présent, qu’il projettera dans le futur. Du style Free cash-flow passés, croissance et produits prometteurs.

Dans les deux cas, nous avons donc une approche futurologique de l’investissement sur base du passé et du présent, ce qui explique selon nous que 95% des investisseurs génèrent des performances désastreuses. Puisque qu’il est impossible de prévoir le futur d’une entité complexe comme l’est une société commerciale.

Notre approche de l’investissement se limite au présent et à 3 points principaux.

  • Qu’est-ce que nous achetons au présent et combien nous payons pour les actifs les plus tangibles que possède la société.  

 

  • Quelle est la solidité de la société par rapport à son seul endettement

 

  • Quelle est l’asymétrie de cet investissement dans le cadre de notre portefeuille

 

Ce qui nous intéresse donc au moment de l’achat de Tecumseh, c’est le prix que nous payons pour ses actifs. Et si nous avons déboursé 3.90$ pour, par exemple, un parc immobilier de 5.77$ au coût d’acquisition, ou encore 2.31$ de cash. Et si l’actif courant couvre la totalité de la dette, nous considérons donc en gros que nous avons reçu gratuitement, tout l’immobilier de la société !

Il est important de comprendre que ce qui intéresse l’acheteur de Daubasses, ce sont en priorité les actifs et que si l’ont peut acheter les actifs à prix décotés, c’est que les nouvelles ne sont pas bonnes … que ces mauvaises nouvelles soient détaillées à n’en plus finir ou résumées à 20 lignes seulement ou condensées dans les chiffres du bilan revient à peu de choses près au même.

Ceci dit, acheter des actifs à très bon prix ne garantit en rien la réussite de l’investissement, même si vous possédez une marge de sécurité importante. Et nous n’avons donc pas la moindre idée si investir dans Tecumseh sera une réussite ou un échec… Par contre, nous pouvons affirmer sans ambages que l’asymétrie est intéressante.

Quand nous observons la perte que Tecumseh pourrait nous occasionner par une faillite (hypothèse possible) soit 1.62% de la valeur actuelle de notre portefeuille et que nous comparions à son potentiel de gain possible (168%, la VANT du dernier bilan), nous pensons que le ratio risque /  potentiel, est intéressant.

Et nous sommes donc prêts à assumer le risque de tous les problèmes évoqués par cet article. D’autant plus que nous n’achetons que des sociétés qui ont une Valeur de Mise en Liquidation Volontaire (VMLV que nous calculons pour chacune des sociétés que nous achetons) positive. Un élément supplémentaire de couverture, au cas où, tout se passerait mal.

Une fois ces actifs achetés, ce qui importe à l’investisseur de Daubasses, c’est de surveiller deux points. Tout d’abord chaque publication du bilan pour voir si la situation patrimoniale ne se détériore pas trop, voire pas trop vite pour sauvegarder un potentiel de gain suffisant et si par exemple la solvabilité reste dans les critères définis (en gros, si l’endettement de la société reste dans des limites acceptable).

Le second point à surveiller, c’est l’actualité de la société pour comprendre ce qui se traduit ou pas en chiffres, dans le bilan, des déclarations ou des décisions de la direction. Ce que vous retrouvez, cher abonné, tous les mois dans notre lettre mensuelle.

Tout autre travail est pour nous une perte de temps complète.

En fait, nous avons essayé de vous expliquer rapidement que tout ce que vous pourrez lire de négatif sur une société estampillée Daubasse n’a pas de sens tant que les chiffres du bilan restent dans les critères du process et assure un gain potentiel important. Nous reviendrons d’ailleurs dans l’une de nos lettres mensuelles sur l’avantage que peut vous procurer l’actualité  des sociétés détenues dans notre portefeuille et que nous épluchons chaque mois avec la plus grande attention.

Nous vous souhaitons un excellent week-end.

Pour la petite histoire, si, comme nous l’avons signalé ci-dessus, nous devrions sortir avec une plus-value satisfaisante d’environ 45 % (si aucune surenchère n’était proposée), il y avait moyen de faire mieux puisqu’il s’agit aussi d’un prix 83 % supérieur à celui auquel cotait la société le jour de la sortie de l’article si négatif de Seeking Alpha, il y a à peine 5 mois…

Portefeuille au 7 Août 2015 : 6 ans 256 jours

Portefeuille : VL 8,2573 € (Frais de courtage et de change inclus)
Rendement Total : 717,29%

Potentiel Estimé VANT / Cours 94,91%

Rendement Annualisé : 36,80%
Rendement 2015 : 12,74%

Rendement 2014 : 5,46%
Rendement 2013 : 20,74%
Rendement 2012 : 24,19%
Rendement 2011 : -15,65%
Rendement 2010 : 38,07%
Rendement 2009 : 308,74% Continuer la lecture de Portefeuille au 7 Août 2015 : 6 ans 256 jours

Ancien édito : la psychologie de l’investisseur

vacances boursièresEn cette période de douceur estivale, l’équipe des daubasses prend un peu de repos bien mérité.

Certes, entre barbecues et farniente, nous poursuivons notre traque incessante des plus belles daubasses.

Pour la partie rédactionnelle du blog, tout comme les années précédentes, nous avons plongé en apnée dans nos archives afin de vous proposer, cher(e) lecteur(trice), quelques anciens éditos de notre lettre mensuelle tels que nos abonnés ont pu les découvrir à l’époque.

C’est l’édito de la lettre d’août 2012 que vous allez retrouver ci-dessous, là où il est question, une fois de plus, de process et de finance comportementale.

Excellente lecture !

La psychologie de l’investisseur

 

Nous vous avons déjà parlé de nombreuses fois de Monsieur le Marché. Cet être à l’humeur exubérante, tantôt euphorique, tantôt dépressive, cher à Benjamin Graham pour représenter le marché dans son ensemble. Il peut prendre des facettes très différentes avec toujours autant d’appoint et répéter systématiquement les mêmes exagérations sur différents laps de temps. Ainsi les périodes de surévaluations succèdent aux périodes de sous-évaluations et vice-versa et bis repetita.

Tout ça, vous le savez déjà et nous en avons assez débattu en long et en large dans nos précédentes lettres et sur notre blog.

Nous souhaitons dans cette lettre estivale apporter une nouvelle approche à ce concept de marché lunatique. Il ne faut pas oublier que derrière chaque investisseur, chaque décision d’investissement, il y a toujours un Homme. Et cet homme, quel qu’il soit, est lui aussi sujet à des périodes euphoriques ou dépressives. Il nous semble essentiel de savoir quel profil d’investisseur nous sommes, comment nous réagissons face aux humeurs de Monsieur le Marché et quelles armes nous avons à disposition pour nous aider dans cette lutte pour le rendement.

Identifions aussi au préalable trois profils d’investisseur :

– le suiveur

– le colleur

– le contrarian

Nous illustrons nos propos avec des graphiques. En bleu, le marché. Quand la courbe est au-dessus de 0, nous sommes en phase de surévaluation (1 = surévaluation maximale, -1 = sous-évaluation maximale, 0 = valorisation rationnelle) et en dessous de 0, en phase de sous-valorisation. En rouge, nous avons l’attitude de l’investisseur (1 = l’investisseur est investi à 100%, il achète tout ce qu’il peut, -1 = l’investisseur vend toutes ses lignes, il est 100% cash). Quand la courbe franchit le 0 à la hausse l’investisseur devient acheteur et commence à vendre lorsque la courbe est en phase descendante.

Le suiveur

suiveur de conseil boursier

Le suiveur est le profil type de l’investisseur qui lit la presse financière spécialisée et qui suit le conseil des autres sans faire ses devoirs. Il achète et vend davantage en fonction des modes que de ses propres calculs financiers ou de ses convictions. Résultats, il commence à acheter quand le marché commence à devenir surévalué, donc trop tard, et vend quand tout le monde a déjà commencé à vendre. En résumé, il a toujours un temps de retard sur le marché. Difficile de s’identifier comme ayant le profil de suiveur, mais il nous semble important de dissocier « l’humeur du marché » à un moment donné et l’ambiance afférente avec ses décisions d’achat / vente. Le symptôme typique du suiveur, c’est qu’il crie sur tous les toits que l’on ne l’y reprendra plus et que la prochaine fois il anticipera la vague de hausse et vendra avant que les marchés s’effondrent. Vous connaissez la suite…

Le colleur

colleur en bourse

Le colleur est un investisseur relativement averti qui a peut-être été un « suiveur » peu performant. Il sait par expérience qu’il est difficile de prévoir le marché. Alors il a mis en place une tactique simple, qui ne demande aucune anticipation mais qui nécessite une certaine rigueur d’esprit. En fait, il a mis en place une règle et ne doit jamais y déroger au risque de faire capoter toute sa stratégie. Comme il ne sait pas quand le marché est cher ou bon marché, il décide d’acheter « le marché » dans son ensemble. Par exemple avec un tracker. Pour le marché français, ce pourrait être un tracker CAC 40. Ainsi, il achète un panier de valeurs représentatives du marché à fréquence répétée. Ainsi, il lisse son prix de revient, il achète au plus bas comme au plus haut avec des frais de courtage réduits. Bien entendu, il ne pourra jamais battre le marché sur le long terme, mais il ne pourra néanmoins pas non plus sous-performer significativement le marché. C’est une stratégie qui présente de nombreux atouts : simplicité, peu de temps consacré et une liberté de pensée sur la valorisation des marchés.

Le contrarian

investisseur contrarian1

Psychologiquement, c’est le profil d’investisseur le plus complexe… mais qui présente un potentiel de rendement élevé. En effet, sur le schéma il est capable d’acheter quand le marché est au plus bas et de vendre quand le marché est plus haut. Bien-entendu, c’est une vision utopique. Il est impossible de systématiquement, quelle que soit la période de marché, réussir une telle prouesse. Le but est davantage de s’en rapprocher et de développer des outils pour y parvenir.

La notion de valorisation de marché est peu évidente et nul ne peut dire à un moment donné que le marché a atteint un sommet ou un creux. Aussi, nous pensons que l’investisseur qui veut tendre vers ce profil d’investisseur doit faire fi de tout le contexte de marché. C’est ici que la bataille psychologique commence.

Au sein du club des Daubasses, c’est vers ce profil d’investisseur que nous essayons de nous approcher. Et au fur et à mesure de notre expérience commune, nous avons appris à utiliser nos propres outils pour nos décisions d’achat / vente. Ainsi, nous basons nos décisions d’investissement uniquement sur des conditions financières en valorisant les patrimoines des sociétés et en les rapprochant des valorisations offertes sur le marché. Nous laissons parler les ratios. Seule une approche construite sur un process clair et sans aucune dérogation exceptionnelle peut permettre à l’investisseur de passer un peu plus entre les mailles du filet du retour à la moyenne et un rendement moyen proche du rendement du marché.

Il est aisé d’acheter quand tout le monde achète, mais beaucoup plus compliqué de se porter acquéreurs d’actions quand la presse, vos amis, votre famille vous rabâchent à longueur de journée que « les actions… c’est risqué », qu’il ne faut pas investir en ce moment. Dans ces moments-là, nous prenons du recul, nous nous concertons, regardons les chiffres et prenons notre décision. A froid.

Chaque investisseur, avec son bagage, ses objectifs, se construit son propre process d’aide à la décision. Sans ce garde-fou, nous pensons effectivement qu’il est difficile de ne pas virer maniaco-dépressif à l’image de Monsieur le Marché.

Portefeuille au 31 Juillet 2015 : 6 ans 249 jours

Portefeuille : VL 8,0503 € (Frais de courtage et de change inclus)
Rendement Total : 696,79%

Potentiel Estimé VANT / Cours 100,45%

Rendement Annualisé : 36,41%
Rendement 2015 : 9,91%

Rendement 2014 : 5,46%
Rendement 2013 : 20,74%
Rendement 2012 : 24,19%
Rendement 2011 : -15,65%
Rendement 2010 : 38,07%
Rendement 2009 : 308,74% Continuer la lecture de Portefeuille au 31 Juillet 2015 : 6 ans 249 jours