Ancien édito : la psychologie de l’investisseur

vacances boursièresEn cette période de douceur estivale, l’équipe des daubasses prend un peu de repos bien mérité.

Certes, entre barbecues et farniente, nous poursuivons notre traque incessante des plus belles daubasses.

Pour la partie rédactionnelle du blog, tout comme les années précédentes, nous avons plongé en apnée dans nos archives afin de vous proposer, cher(e) lecteur(trice), quelques anciens éditos de notre lettre mensuelle tels que nos abonnés ont pu les découvrir à l’époque.

C’est l’édito de la lettre d’août 2012 que vous allez retrouver ci-dessous, là où il est question, une fois de plus, de process et de finance comportementale.

Excellente lecture !

La psychologie de l’investisseur

 

Nous vous avons déjà parlé de nombreuses fois de Monsieur le Marché. Cet être à l’humeur exubérante, tantôt euphorique, tantôt dépressive, cher à Benjamin Graham pour représenter le marché dans son ensemble. Il peut prendre des facettes très différentes avec toujours autant d’appoint et répéter systématiquement les mêmes exagérations sur différents laps de temps. Ainsi les périodes de surévaluations succèdent aux périodes de sous-évaluations et vice-versa et bis repetita.

Tout ça, vous le savez déjà et nous en avons assez débattu en long et en large dans nos précédentes lettres et sur notre blog.

Nous souhaitons dans cette lettre estivale apporter une nouvelle approche à ce concept de marché lunatique. Il ne faut pas oublier que derrière chaque investisseur, chaque décision d’investissement, il y a toujours un Homme. Et cet homme, quel qu’il soit, est lui aussi sujet à des périodes euphoriques ou dépressives. Il nous semble essentiel de savoir quel profil d’investisseur nous sommes, comment nous réagissons face aux humeurs de Monsieur le Marché et quelles armes nous avons à disposition pour nous aider dans cette lutte pour le rendement.

Identifions aussi au préalable trois profils d’investisseur :

– le suiveur

– le colleur

– le contrarian

Nous illustrons nos propos avec des graphiques. En bleu, le marché. Quand la courbe est au-dessus de 0, nous sommes en phase de surévaluation (1 = surévaluation maximale, -1 = sous-évaluation maximale, 0 = valorisation rationnelle) et en dessous de 0, en phase de sous-valorisation. En rouge, nous avons l’attitude de l’investisseur (1 = l’investisseur est investi à 100%, il achète tout ce qu’il peut, -1 = l’investisseur vend toutes ses lignes, il est 100% cash). Quand la courbe franchit le 0 à la hausse l’investisseur devient acheteur et commence à vendre lorsque la courbe est en phase descendante.

Le suiveur

suiveur de conseil boursier

Le suiveur est le profil type de l’investisseur qui lit la presse financière spécialisée et qui suit le conseil des autres sans faire ses devoirs. Il achète et vend davantage en fonction des modes que de ses propres calculs financiers ou de ses convictions. Résultats, il commence à acheter quand le marché commence à devenir surévalué, donc trop tard, et vend quand tout le monde a déjà commencé à vendre. En résumé, il a toujours un temps de retard sur le marché. Difficile de s’identifier comme ayant le profil de suiveur, mais il nous semble important de dissocier « l’humeur du marché » à un moment donné et l’ambiance afférente avec ses décisions d’achat / vente. Le symptôme typique du suiveur, c’est qu’il crie sur tous les toits que l’on ne l’y reprendra plus et que la prochaine fois il anticipera la vague de hausse et vendra avant que les marchés s’effondrent. Vous connaissez la suite…

Le colleur

colleur en bourse

Le colleur est un investisseur relativement averti qui a peut-être été un « suiveur » peu performant. Il sait par expérience qu’il est difficile de prévoir le marché. Alors il a mis en place une tactique simple, qui ne demande aucune anticipation mais qui nécessite une certaine rigueur d’esprit. En fait, il a mis en place une règle et ne doit jamais y déroger au risque de faire capoter toute sa stratégie. Comme il ne sait pas quand le marché est cher ou bon marché, il décide d’acheter « le marché » dans son ensemble. Par exemple avec un tracker. Pour le marché français, ce pourrait être un tracker CAC 40. Ainsi, il achète un panier de valeurs représentatives du marché à fréquence répétée. Ainsi, il lisse son prix de revient, il achète au plus bas comme au plus haut avec des frais de courtage réduits. Bien entendu, il ne pourra jamais battre le marché sur le long terme, mais il ne pourra néanmoins pas non plus sous-performer significativement le marché. C’est une stratégie qui présente de nombreux atouts : simplicité, peu de temps consacré et une liberté de pensée sur la valorisation des marchés.

Le contrarian

investisseur contrarian1

Psychologiquement, c’est le profil d’investisseur le plus complexe… mais qui présente un potentiel de rendement élevé. En effet, sur le schéma il est capable d’acheter quand le marché est au plus bas et de vendre quand le marché est plus haut. Bien-entendu, c’est une vision utopique. Il est impossible de systématiquement, quelle que soit la période de marché, réussir une telle prouesse. Le but est davantage de s’en rapprocher et de développer des outils pour y parvenir.

La notion de valorisation de marché est peu évidente et nul ne peut dire à un moment donné que le marché a atteint un sommet ou un creux. Aussi, nous pensons que l’investisseur qui veut tendre vers ce profil d’investisseur doit faire fi de tout le contexte de marché. C’est ici que la bataille psychologique commence.

Au sein du club des Daubasses, c’est vers ce profil d’investisseur que nous essayons de nous approcher. Et au fur et à mesure de notre expérience commune, nous avons appris à utiliser nos propres outils pour nos décisions d’achat / vente. Ainsi, nous basons nos décisions d’investissement uniquement sur des conditions financières en valorisant les patrimoines des sociétés et en les rapprochant des valorisations offertes sur le marché. Nous laissons parler les ratios. Seule une approche construite sur un process clair et sans aucune dérogation exceptionnelle peut permettre à l’investisseur de passer un peu plus entre les mailles du filet du retour à la moyenne et un rendement moyen proche du rendement du marché.

Il est aisé d’acheter quand tout le monde achète, mais beaucoup plus compliqué de se porter acquéreurs d’actions quand la presse, vos amis, votre famille vous rabâchent à longueur de journée que « les actions… c’est risqué », qu’il ne faut pas investir en ce moment. Dans ces moments-là, nous prenons du recul, nous nous concertons, regardons les chiffres et prenons notre décision. A froid.

Chaque investisseur, avec son bagage, ses objectifs, se construit son propre process d’aide à la décision. Sans ce garde-fou, nous pensons effectivement qu’il est difficile de ne pas virer maniaco-dépressif à l’image de Monsieur le Marché.

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