Bas-les-masques : Ricchetti Ceramiche

ricchetti-investissement-actions-italieSouvenez-vous, ami(e) lecteur(trice) : la crise de la zone euro, début 2012, avait été pour nous l’occasion de lancer une traque à l’Italienne  et nous avions, durant le mois de janvier de cette année-là, procédé à 3 achats d’actions de sociétés issue de la botte transalpine.

Sur ce blog, nous avons déjà démasqué Benetton qui a généré une plus-value « express » de 53 % en un mois à peine. Aujourd’hui, c’est le producteur de carrelage Ricchetti que nous vous présentons.

Ici aussi, la ligne a été vendue avec une plus-value, de 83,5 % cette fois. En réalité, nous l’avons cédée pour une simple raison : la structure bilantaire ne répondait plus à notre critère de solvabilité, celle-ci étant passée largement sous les 40 %  que nous exigeons de nos entreprises. Malgré cette dégradation, l’opération se solde par un bénéfice : la preuve, une fois de plus, que si l’acquisition se fait en prenant des marges de sécurité considérables, il y a moyen, même si les choses « ne tournent pas bien », de préserver son capital.

Vous trouverez donc ci-dessous l’analyse que nous avions mise à disposition de nos abonnés au moment de notre achat ainsi que les news de suivi qui ont émaillé nos lettres mensuelles tout au long de la période durant laquelle nous avons conservé l’action.

Excellente lecture !

 

Gruppo Ceramiche Ricchetti SpA

(Milan, Ticker: RIC.MI / ISIN : IT0003690283)

*** Eligible au PEA ***

I. Introduction

Ricchetti est une entreprise industrielle italienne fondée en 1954 et spécialisée dans la production et la commercialisation de tuiles en céramique (carrelage). L’entreprise emploie plus de 1 600 employés et est implantée dans de nombreux pays, avec ses 10 usines et ses 34 showrooms : Italie, Suède, Finlande, Allemagne, Danemark, France, Etats-Unis, Portugal, Royaume-Uni, …

L’entreprise gère en propre, selon les pays, des enseignes et des marques dont : Bellegroove au Royaume-Uni, CC Höganäs en Suède, Ceramiche Ricchetti, Cerdisa Ceramiche di Sassuolo, Cisa Ceramiche et Cinca en Italie, Hoganas Ceramiques en France, Klingenberg en Allemagne, Evers au Danemark et Pukkila dans les pays scandinaves.

Nous avons acheté des titres pour une demi-portion (1,66% du portefeuille) le 9 janvier 2012 à un prix de revient net de frais de 0,171 EUR par action. Les comptes utilisés dans la présente analyse sont les derniers comptes consolidés arrêtés au 30 septembre 2011.

II. La Valeur d’Actif Net Net (VANN)

Sur base des comptes arrêtés au 30 septembre 2011, la valeur d’actif net-net par action s’élève à -0,219 EUR. Nous n’avons donc aucune marge de sécurité sur la VANN.

III. La Valeur d’Actif Net Estate (VANE)

Nous avons repris les terrains et immeubles à leurs coûts historiques d’acquisition tels qu’ils apparaissent dans les comptes semestriels de juin 2011, auxquels nous avons ajouté la valeur comptable d’investissements immobiliers propres. Nous avons ajouté sur ces montants une marge de sécurité de 20%. Nous obtenons ainsi une VANE de 2,003 EUR par action. Nous avons donc acquis des titres avec une marge de sécurité de 91,4% sur la VANE.

IV. La Valeur de Mise en Liquidation Volontaire (VMLV)

Commençons par les actifs les plus liquides : l’actif circulant. Tout d’abord, son plus gros poste : les stocks. Ils représentent une valeur de 1,714 EUR par action. En considérant une demande sur le marché faible et une rotation des stocks en moyenne de plus de 2 ans (même si ce sont des produits non périssables, ils peuvent devenir obsolètes en fonction des modes), nous prenons une marge de sécurité importante, soit 30% et retenons uniquement 1,200 EUR par action.

Viennent ensuite les créances clients. Elles représentent au bilan 0,519 EUR par action. Le délai moyen de paiement s’est dégradé ces trois dernières années, passant d’une rotation moyenne de 79 jours à 86 jours sur l’exercice 2010. Par prudence, nous allons prendre une marge de sécurité de 20% sur ces créances pour prévenir d’une éventuelle défaillance de la part de clients du BTP frappés par la crise. Nous reprenons donc ces créances pour 0,415 EUR par action.

Le troisième poste de l’actif circulant le plus important est constitué des actifs disponibles à la vente pour 0,126 EUR par action. Comme nous savons que le groupe Ricchetti a vendu postérieurement aux chiffres du rapport trimestriel (30/09/2011), en date du 27 décembre, une usine non exploitée pour 13 M EUR, soit 0,159 EUR par action, nous reprenons ce dernier montant.

En ce qui concerne le cash, nous le reprenons tel quel, soit 0,051 EUR par action.

Les autres postes de l’actif circulant sont des crédits à courts termes accordés pour un montant total de 0,074 EUR par action. Par conservatisme, nous allons considérer que les débiteurs ne paieront jamais leurs dettes et nous allons donc reprendre ces données pour 0.

Passons maintenant à l’actif immobilisé. Les équipements, installations et autres outillages sont amortis à hauteur de 94%. Ce qui signifie que la valeur comptable nette représente 6% des coûts d’acquisition. Au vu de la performance de la société, nous estimons néanmoins que l’outil industriel n’a pas une grande valeur marchande et nous reprenons donc dans notre calcul de VMLV 5% de ce montant. Ce qui correspond à une valeur de 0,008 EUR par action.

Le poste significatif de l’actif durable que nous estimons maintenant est constitué des terrains, immeubles et investissements immobiliers. Nous reprenons notre calcul de la VANE, à savoir ces actifs au coût d’acquisition historique, sur lequel nous prenons une marge de 20%, soit 2,785 EUR par action.

Le poste suivant est composé d’actifs en construction, en cours d’élaboration pour 0,064 EUR par action. Nous pouvons considérer ces actifs comme ayant une valeur de marché proche de leur valeur de constitution et prenons une marge de 30%. Nous retenons ainsi cet actif pour 0,045 EUR par action.

Le solde du bilan est composé de crédits d’impôt différés, de crédits accordés à des tiers, d’actifs immatériels et de participations dans des entreprises, pour un total de 0,161 EUR par action. Pour accroître notre marge de sécurité, nous ne reprenons aucun de ces actifs dans notre calcul de la VMLV.

A tout cela, nous retranchons tout le passif du bilan, soit -2,709 par action.

En hors-bilan, nous n’avons rien trouvé.

Pour résumer :

+ stocks = 1,200

+ créances clients = 0,415

+ actifs disponibles à la vente = 0,159

+ cash = 0,051

+ équipements = 0,008

+ terrains et bâtiments = 2,003

+ actifs en construction = 0,045

– passif = -2,709

= 1,172 EUR par action

Nous avons donc acquis des titres Ricchetti avec une marge de sécurité de 85,4% sur la VMLV.

V. La Valeur de la Capacité Bénéficiaire (VCB)

Les résultats opérationnels moyens sur les 5 dernières années ressortent à 1,64 M EUR, desquels nous déduisons un taux d’imposition moyen de 58,46% (taux moyen constaté sur les 5 derniers exercices) et nous obtenons une rentabilité nette moyenne par action de 0,032 EUR. Malheureusement, la dette financière nette que nous ajoutons à la VCB nous donne une valeur négative.

Nous ne pouvons donc calculer de VCB pour cette action.

VI. La Valeur d’Actif Net Tangible (VANTRe)

Le retour sur capitaux investis (ROCI) est de 0,90% en moyenne sur les 5 dernières années. Ce niveau très faible et en deçà de notre critère de 7% ne nous permet pas de calculer une valeur de VANTRe pour Ricchetti.

VII. Conclusions

Nous avons acquis des titres Ricchetti avec une marge de sécurité de :

91,4% sur la VANE

85,4% sur la VMLV

Nous calculons pour le groupe Ricchetti une Valeur d’Actif Net Tangible (VANT) de 1,925 EUR par action. En sachant que c’est cette valeur représente notre cours cible de vente, à un cours actuel de 0,169 EUR, le potentiel sur cette valeur est supérieur à +1000%. Pour être exact, le potentiel est de 1136%, soit un multiple de x12 par rapport à notre prix d’achat.

La question essentielle est : « est-un objectif délirant ? ». Nous ne le pensons pas. Car la valeur de VANE (= actif courant + 80% des immeubles et terrains à leurs coûts historiques + 80% des investissements immobiliers – ensemble du passif) représente 2,003 EUR par action. Elle est donc supérieure à la VANT. Et nous savons par définition que l’actif circulant est un actif facilement réalisable et que les biens immobiliers sont des actifs tangibles qui se déprécient peu dans le temps, voire qui ont plutôt tendance à s’apprécier sur le long terme (nous vous rappelons que la société a été constituée il y a plus de 50 ans et que la valorisation des immeubles et des terrains à leurs valeurs d’acquisition historique nous semble relativement conservatrice, sans parler de notre décote de 20%).

Deuxième argument : le cours de l’action est au plus bas de plus de 12 ans. Malgré l’augmentation du nombre d’action en circulation (+40% sur la période), le cours a été divisé par 30. Nous pensons en fait que le marché fait un amalgame. L’Italie est en crise, alors le marché met toutes les valeurs italiennes dans le même sac. Certes Ricchetti est une entreprise industrielle, certes c’est une entreprise italienne, certes le secteur subit de plein fouet la crise. Mais nous pensons aussi que l’importance du volume à l’export (qui représente 80 % chez Ricchetti) peut représenter un amortisseur intéressant en cas de dépression prolongée dans “la botte”. Nous nuançons tout de même notre enthousiasme, car même si l’entreprise respecte notre exigence en termes de ratio de solvabilité (40%), nous tenons à préciser que celui-ci se situe dans le bas de la fourchette.

Avec l’action Ricchetti, nous pensons que le potentiel de perte est bien réel mais en contrepartie, elle recèle un potentiel de gain vraiment très important.

Par ailleurs, l’acquisition de cette daubasse éligible au PEA nous permet d’augmenter le potentiel moyen théorique de notre portefeuille.

NEWS PUBLIEES AU FIL DES LETTRES MENSUELLES

 

2012 Avril

Le groupe a diffusé ses résultats au 31/12/2011. L’EBITDA redevient positif à 3,7 M EUR, mais après les amortissements, les frais financiers et les impôts, le groupe affiche une perte de 5,5 M EUR. Une perte tout de même divisée par 3 par rapport à l’exercice 2010. Pour ce qui est du bilan, le ratio de solvabilité ressort à 44,8%, la VANT par action est de 1,871 EUR, soit un potentiel de +859% par rapport au cours de clôture du 30 mars 2012 à 0,195 EUR. Le ratio net estate atteint le niveau record pour une entreprise occidentale dans notre portefeuille à 0,0855. Nous attendrons le rapport annuel en anglais pour plus de détails sur les perspectives 2012.

 

2012 Juin

Malgré une activité stable à 48,3 M EUR, l’Ebitda est réduit de moitié à 0,7 M EUR et après amortissements et impôts, la perte trimestrielle atteint 2,7 M EUR. Tout comme Panaria, c’est la vieille Europe (Italie, France et Danemark en tête) qui pénalise l’activité. Alors que les marché émergents sont plutôt dynamiques mais encore insignifiants dans le portefeuille du groupe.

Des nouvelles peu réjouissantes, mais les fonds propres représentent encore plus de 10x la valeur boursière du titre. Nous pensons que c’est un argument suffisant pour garder ce titre en portefeuille. Cette décote nous permet d’attendre un retour à meilleur fortune. Néanmoins, nous restons vigilants sur une dette qui s’accroît et une rentabilité en déclin.

 

2012 Septembre

Le S1 2012 n’est pas du meilleur tonneau avec un CA en baisse de 1,2% par rapport au S1 2011 à 99,4 M EUR. C’est une baisse limitée, mais la perte atteint 6,9 M EUR.

C’est désastreux nous direz-vous. Effectivement. Mais d’un point de vue patrimonial, nous sommes rassurés par le fait que le groupe a généré un EBITDA positif et que ce sont les amortissements qui ont généré une perte opérationnelle. Enfin, les capitaux propres du groupe s’élèvent à plus de 160 M EUR au 30/06/2012.

 

2012 Décembre

Pour les 3 premiers trimestres 2012, la société publie un déficit de 9,4 M EUR vs. 3,9 M EUR sur la même période en 2011. A niveau d’activité constante, cette dégradation s’explique par plusieurs points : un renchérissement des matières premières, une hausse de la charge de la dette et enfin, un effet défavorable de comparaison sur l’impôt (positif sur la période en 2011).

Le titre n’est pas dénué de risque avec un bilan de plus en plus fragile. Mais en contrepartie, le potentiel théorique est en conséquence puisque nous l’estimons supérieur à x10, notamment grâce à la valeur des terrains et de l’immobilier.

 

2013 Février

Notre fabriquant de céramiques italien a vu le cours de son action croître de 16% depuis le début de l’année. Certainement un rattrapage du marché sur cette valeur massacrée. Car nous n’avons trouvé aucune nouvelle à nous mettre sous la dent.

 

2013 Avril

Nous avons la chance d’avoir en portefeuille deux entreprises italiennes actives dans le même secteur : la céramique. En fait, même si le métier et la nationalité sont identiques, les deux sociétés sont bien différentes. Panaria se développe en Amérique du Nord et profite à plein du boom de l’immobilier qui est réapparu aux Etats-Unis. Elle est exposé également à l’Asie, l’Afrique et l’Australie. Le tout avec des produits axé sur le haut de gamme. Et puis, nous avons Ceramiche Ricchetti dont l’activité est essentiellement basée en Italie et sur le reste de l’Europe avec des produits plus standards. Qu’en est-il au niveau financier ?

Au niveau résultats, si l’on retraite de l’impact du tremblement de terre en 2012 et des réductions de valeur, le résultat opérationnel ressort à l’équilibre pour Panaria. Pour son concurrent, le résultat opérationnel ressort fortement déficitaire à 9,3 M EUR.

Regardons maintenant les bilans et nos principaux ratios.

Tout d’abord, les solvabilités sont très proches et à la limite de notre seuil de 40%, à respectivement 43% et 42% pour Panaria et Richetti. Le marché ne se trompe pas trop sur les ratios de rentabilité, puisque Panaria cote désormais au dessus de sa VANE et présente selon notre calcul de la VANT un potentiel de « seulement » 135% quand Richetti présente un potentiel de 862% sur sa VANE du fait de terrains et immeubles acquis depuis plusieurs dizaines d’années.

En ayant les deux entreprises en portefeuille, nous pouvons jouer sur les deux tableaux : la rentabilité et l’approche purement patrimoniale.

 

2013 Juin

Malgré une activité en retrait de 2,6% à 47 M EUR, un EBITDA de 1M EUR et une perte nette de 4,1 M EUR sur le premier trimestre, il semblerait que le marché croit à nouveau dans les perspectives de l’entreprise, puisque le titre reprend +13% sur le mois.

 

2013 Septembre

Bilan à mi-année : activité en baisse, EBITDA négatif, pertes de 6,9 M euros et dégradation de l’endettement net à hauteur de 100,9 M euros (+4,6 M euros versus 31 décembre 2012). Cher( e) abonné(e), en bonne daubasse, nous sommes persuadés que vous avez trouvé la raison de ce ralentissement de l’entreprise de céramique italienne ? Hé oui, la crise ! Encore cette fichue crise qui vient embêter les entreprises… Avec une entreprise qui n’arrive à dégager des avantages concurrentiels pour renouer avec la rentabilité à moyen terme, cela ne rassure pas l’investisseur. Mais quand il s’agit d’une daubasse, il ne faut pas s’attendre à un management exceptionnel. Regardons du côté du patrimoine. Même si la VANT se dégrade de 4%, elle représente un potentiel de +902% à 1,74 euros par action. Un niveau qui s’explique par la valeur des terrains et immeubles qui avec une décote de 80% de leurs coûts d’acquisition représentent à eux seuls 2,1 euros par action. Nous restons donc propriétaires de cette entreprise non pas pour sa capacité bénéficiaire, mais uniquement pour son patrimoine.

 

2013 Novembre

Sur le mois écoulé, le titre progresse de près de 20% alors qu’aucune annonce particulière n’a émané de la société.

 

2013 Décembre

La publications des données comptables au 30 septembre apporte son lot de mauvaises nouvelles. L’activité est en baisse (2,4%) à 140,8 M EUR, mais surtout la rentabilité est en baisse avec un EBIT de l’ordre de 8,5 M EUR. Pire, les faibles liquidités de l’entreprise l’ont obligé à reporter nombre de ses échéances bancaires. Même si le Conseil d’Administration estime que ces événements ne sont pas en mesure de remettre en cause l’activité, il n’en est pas moins critique de devoir rééchelonner les remboursements auprès des banques. La situation de l’endettement reste limite puisqu’il atteint encore 97 M EUR. La priorité est donnée au déstockage et à la réduction des effectifs. Au niveau de l’activité, l’entreprise se veut prudente pour la fin de l’année, car elle ne voit pas de retournements de situation positif à court terme sur le marché de la céramique.

Notre ratio de solvabilité maison ressort tout juste au dessus de notre limite minimum de 40%, à 40,6%. Nous serons vigilants sur ce point dans les prochains mois du fait de la situation tendue de la trésorerie. Au niveau du bilan, la VANT ressort à 1,527 EUR et la VANE à 1,694 EUR. Par rapport au dernier cours de 0,191 EUR, le potentiel sur la VANE est donc de +787%.

 

2014 Février

Pas de nouvelles particulières, mais le titre se réveille un peu ce mois-ci avec un sursaut de 16%. Le marché aurait-il ouvert les yeux sur ce dossier ?

 

2014 Avril

Les résultats 2013 se soldent par une perte importante de 19,7 M EUR, du fait d’un marché toujours tendu. Ce qui n’a pas empêché le cours de s’envoler de +60% sur le mois de mars. Est-ce que le marché s’est focalisé sur la valeur patrimoniale de la société plutôt que sur sa profitabilité ? Nous n’en savons rien, mais il est vrai que le bilan de Ricchetti est solide en termes d’actifs : une VANT de 1,40 EUR, inférieure à la VANE de 1,61 EUR par action. Ce qui représente un potentiel de +330%.

Attention néanmoins, nous plaçons la société sous surveillance, car sa solvabilité vient de passer sous le seuil des 40% que nous exigeons, en passant à 39,2% avec les données comptables du 31/12/2013. Si nous ne percevons pas d’amélioration qui permettraient de considérer cet événement comme épisodique lors des prochaines publications, nous prendrons les mesures qui s’imposent : un largage en bonne et due forme.

 

2014 Juin

Le premier trimestre 2014 est en légère amélioration. Le niveau d’activité est semblable au premier trimestre 2013 à 47,2 M EUR, mais l’EBITDA ressort enfin en positif à 0,3 M EUR. Après les amortissements et les frais financiers, la perte atteint tout de même -2,1 M EUR.

La VANE présente encore un beau potentiel de +396% à 1,56 EUR. Mais nous constatons que la solvabilité se dégrade à nouveau à 38,6%.

 

2014 Septembre

Pour la première moitié de l’exercice 2014, le niveau d’activité est comparable à la même période de 2013. Même si ce sont de nouveau des pertes qui sont publiées, elles sont moins importantes à -4,8 M EUR vs. -6,4 M EUR en 2013. La bonne nouvelle provient surtout du résultat opérationnel qui passe dans le vert à +1,5 M EUR vs. -0,3 M EUR sur l’exercice précédent. Ces résultats incluent des éléments non récurrents, dont : -1,1 M EUR liés à la réduction du personnel (les effectifs sont en baisse de 89 personnes depuis le début de l’année) et -0,2 M EUR de dépréciation d’actifs financiers. Le semestre est marqué par des efforts de restructuration qui se traduisent par le licenciement de salariés. En même temps, l’entreprise continue d’investir dans l’avenir via un nouveau procédé innovant de production de feuilles de céramique subventionné, dans un premier temps, à hauteur de 2,6 M EUR par le gouvernement. Cette technologie, dont les coûts de mise en production sont estimés à 9 M EUR, sont destinés à horizon 3 ans à réduire les coûts énergétiques et de matières premières de 1 EUR par mètre carré de céramique produit. Enfin, le futur proche n’est pas mis sur la touche non plus avec la mise en exploitation en septembre d’une nouvelle usine qui produira des grandes tailles et qui devrait améliorer la productivité du Groupe. Au niveau du bilan, les décotes restent importantes sur la VANT (1,37 EUR, en baisse de -2,3% par rapport à la fin du premier trimestre) et surtout sur la VANE (1,54 EUR, soit un potentiel de +415%). Nous restons néanmoins vigilants, car la solvabilité est toujours limite à 38% et la société est placée sous surveillance.

 

2014 Décembre

Encore un trimestre difficile pour notre spécialiste de la céramique italienne. Malgré une activité qui se maintient, sur 9 mois (139,3 M EUR vs 140,8, soit -1,1%) et un EBITDA positif à 0,5 M EUR vs. -3,5 M EUR en septembre 2013, les pertes continuent de se creuser et atteignent -9,2 M EUR. Malgré des efforts de déstockage, de réduction du personnel (1 287 vs. 1 415 au 31 décembre 2013), la société a continué à investir. Et sa situation financière a continué à se dégrader. Le ratio de solvabilité ressort ainsi à 37,15%, comparé à 38,05% au 30 juin 2014. La société est déjà en surveillance et si la solvabilité continue sa lente dégradation, nous connaissons déjà l’issue de cette histoire. L’avenir proche nous dira si les restructurations en cours permettront à la société de redresser la barre.

 

2015 Avril

Rapide rappel historique. En avril 2014, nous avions placé la société sous surveillance, car suite à la publication des résultats 2013, nous calculions notre traditionnel ratio de solvabilité maison et nous constations qu’il était passé sous notre seuil minimal de 40%. Précisément, à 39%. Puis, de nouveau, à la publication des résultats semestriels nous avons vérifié de nouveau. La solvabilité s’était encore détériorée, puisqu’elle était désormais à 38%. Les comptes 2014 ayant été publiés fin mars, nous avons mis à jours les données du 31 décembre 2014 et avons fait tourner la moulinette. Résultat, la solvabilité se détériore à nouveau puisqu’elle est de 35%. Sanction directe. Suivant notre process, sous avons laissé la chance à notre carreleur italien de redresser la barre pendant tout un exercice. Et nous avons donc décidé de vendre le titre et réalisons au passage un rendement de +84% en un peu plus de 3 ans, comme nous vous l’avons communiqué par email. Une histoire qui finit mal, … mais pas sans quelques sous supplémentaires dans notre poche.

 

 

Portefeuille au 25 Septembre : 6 ans 305 jours

Portefeuille : VL 7,8329 € (Frais de courtage et de change inclus)
Rendement Total : 675,27%

Potentiel Estimé VANT / Cours 102,88%

Rendement Annualisé : 34,92%
Rendement 2015 : 6,94%

Rendement 2014 : 5,46%
Rendement 2013 : 20,74%
Rendement 2012 : 24,19%
Rendement 2011 : -15,65%
Rendement 2010 : 38,07%
Rendement 2009 : 308,74% Continuer la lecture de Portefeuille au 25 Septembre : 6 ans 305 jours

Les chroniques de l’investisseur chronique : les conseils en investissement

rp_chronique-investisseur-300x188.jpgCe texte fait partie de la série proposée par notre ami-chroniqueur Laurent Muller.

Même si nous ne partageons pas tout-à-fait les mêmes principes d’investissement, nous nous sommes trouvés énormément de points communs et les raisonnements développés parLaurent nous ont paru marqués par le sceau du bon sens.

Il nous a semblé intéressant de vous faire profiter de ces raisonnements et c’est la raison pour laquelle Laurent tiendra, sur ce blog et à intervalles réguliers, une chronique présentant ses principes d’investissement.

Ce sera l’occasion de débattre avec l’équipe des daubasses mais aussi avec vous, ami( e) lecteur(trice) des sujets qui seront développés par notre ami.

 

Lorsque j’ai débuté mes investissements en actions, j’ai acheté des SICAV actions en pensant que ce support me permettrait à la fois de diversifier mon placement, ce qui est correct, et de bénéficier de l’expertise d’un professionnel. Depuis, j’ai perdu un peu de ma naïveté sur les professionnels ou les personnes donnant des conseils car même si leurs compétences et leur expérience sont bien meilleures que les miennes, leur intérêt ne rencontre généralement pas le mien. Je vais volontairement grossir le trait dans cet article, ne prenez pas tous mes propos au pied de la lettre. En réalité, je ne pense pas que les banquiers et les gestionnaires de fonds soient nécessairement de mauvais conseils mais cet article a plutôt pour but d’inciter à la prudence.

 

Le banquier

Si j’étais banquier, je ne vous conseillerais que les produits financiers de ma banque, sur lesquels j’aurais un intéressement. Les meilleurs conseils que je pourrais vous donner seraient ceux qui me rapporteraient la commission la plus élevée. Grand seigneur, à commission équivalente, je vous conseillerais objectivement le produit qui me semblerait le mieux correspondre à vos attentes.

Si je devais aujourd’hui choisir un banquier, je commencerais par établir les caractéristiques d’un produit financier difficile à obtenir et auquel je serais prêt à souscrire (par exemple, un crédit lombard « amélioré » ou un crédit immobilier avec un taux difficile à obtenir). J’observerais alors l’aptitude des banquiers à répondre à mon besoin spécifique.

 

Votre voisin ou la presse financière

Si j’étais votre voisin ou la presse financière, je vous suggérerais d’acheter une action que j’ai déjà en portefeuille car si je parvenais à convaincre un nombre suffisant de personnes d’acheter la même action que moi, je pourrais certainement la revendre à un prix supérieur à mon prix d’achat.

Si je voulais aujourd’hui acquérir des connaissances dans le domaine de l’investissement actions, je préfèrerais lire des livres sur l’investissement valeur, dont l’auteur n’aurait pas d’intérêt à me donner un conseil plutôt qu’un autre.

 

Le courtier

Si j’étais courtier, je conseillerais à mes clients d’investir en utilisant des techniques d’analyse graphique sur l’horizon temps le plus court possible et acceptable pour mon interlocuteur, l’idéal étant bien évidemment d’arriver à convaincre mon interlocuteur d’investir en « day trading », le Graal du courtier.

La fréquence des transactions de mes clients serait le meilleur moyen pour moi de gagner de l’argent sur les frais de courtage que je facturerais, érodant progressivement mais sûrement leur patrimoine à mon profit.

Si je devais aujourd’hui choisir un courtier, je chercherais à minimiser les frais de courtage, étant entendu que les droits de garde devraient être nuls. Mes courtiers sont actuellement les suivants :

  • Fortuneo sur marché Français
  • Interactive Broker sur marché US

 

Le gérant de SICAV actions

Si j’étais gérant d’une SICAV actions, mon premier objectif serait de conserver mon poste. Il me semblerait alors important de pouvoir justifier tout investissement tournant de manière défavorable. Logiquement, acheter des blue chips connues de tous ayant une bonne notation Standard & Poors me semblerait une bonne option. Qui aurait pu prévoir qu’IBM, une entreprise d’avenir bien notée, pouvait chuter de 50 %, répondrais-je à mes clients insatisfaits ? Remplacez IBM par CONN dans cette phrase et le scénario tourne tout de suite à votre désavantage : ni les clients ni votre hiérarchie ne comprendraient alors votre choix.

Les fonds ont encore bien d’autres désavantages :

  • Frais d’entrée, de gestion, de performance, etc…
  • Vu le montant des actifs des fonds, des problématiques de profondeur de marché empêchent les gérants d’entrer sur de petites ou moyennes valeurs.
  • Dans les fonds ouverts, les vendeurs obligent le gestionnaire de fonds à vendre au mauvais moment, en cas de chute des cours, grevant la performance des investisseurs restants.
  • La distribution des fonds en fonction de leur performance est une gaussienne dont la performance moyenne est décalée de quelques pourcents en négatif par rapport à celle de l’indice de référence. Autant acheter un fonds indiciel !

 

Si je devais aujourd’hui acheter une SICAV, mon approche consisterait à observer les fonds que je retrouve au capital des entreprises dont j’achète les actions. J’ai par exemple noté que ces fonds se retrouvent assez fréquemment au capital d’entreprises de mon portefeuille :

  • Financière de l’échiquier
  • Amiral Gestion
  • Bestinver
  • Tocqueville finance

Avant d’investir dans un fonds, j’évaluerais les actions présentes dans ces fonds, j’étudierais si le montant des frais associés ne dégrade pas trop la performance et j’observerais si les gérants ont eux-mêmes investi tout leur patrimoine dans les fonds qu’ils gèrent.

 

Conclusion

Dans le domaine de l’investissement, l’important est de bien comprendre l’intérêt de la personne qui vous donne un conseil ou gère votre argent. Si l’investisseur dispose du temps nécessaire, il vaut généralement mieux qu’il gère son argent directement, en comprenant ce qu’il fait, plutôt que de le laisser gérer par d’autres, même s’ils ont plus de connaissances et d’expertise dans le domaine que vous.

Quelles sources utilisez-vous pour obtenir des conseils ?

Bas les masques : HKScan Corporation

hkscanLa société que nous vous présentons dans ce « bas les masques » n’a, en réalité, pas été achetée pour notre portefeuille mais nous l’avions proposée à nos abonnés dans la lettre du mois de novembre à titre d’idée d’investissement.

Ceux d’entre eux qui sont passés à l’achat n’en ont d’ailleurs pas eu à se mordre les doigts (contrairement à nous qui, « après coup », ne pouvons que regretter notre passivité). En effet, il était possible de réaliser, au travers d’un investissement dans ce titre, une plus-value de plus de 65 % en 4 mois.

Vous trouverez ci-dessous l’analyse de cette société – il s’agit de HKScan – telle qu’elle avait été proposée à l’époque à nos abonnés ainsi que, les « news de suivi » qui avait émaillé les différentes lettres mensuelles.

Excellente lecture !

 

 

HKScan Corporation

(Nasdaq OMX Nordic, Ticker: HKSAV / ISIN : FI0009006308)

*** Eligible PEA ***

 

I. Introduction

HKScan Corporation est une société finlandaise qui emploie 7 700 personnes. La société localisée à Turku depuis 1975 est active dans le secteur de l’industrie agro-alimentaire. Plus pré-cisément, elle produit et commercialise de la viande de porc, de boeuf, de volaille et des produits transformés à destination des particuliers (grande distribution), des restaurants et hôtels, ainsi que du secteur industriel et pour l’exportation. Elle a généré en 2013 un chiffre d’affaires supérieur à 2 milliards d’euros.

Le business est divisé en cinq secteurs (données en % au 30 juin 2014) :

– la Finlande (38%), qui exploite des marques HK et Karinen ;

– la Suède (44), qui exploite les marques Scan and Parsons ;

– le Danemark (10%), qui exploite la marque Rose ;

– les pays baltes (8%), qui exploitent les marques Rakvere et Tallegg ;

– la Pologne, qui exploite la marque Sokolow

Les activités de la société en Finlande, Suède, Danemark et aux pays baltes sont réalisées au travers de filiales en propriété exclusive, alors que le segment d’affaires de la Pologne se compose de 50% de détention indirecte de la Société dans Sokolow SA.

Ce qui nous a mis HKScan dans le viseur s’explique par la valorisation de la société au plus bas depuis plus de 10 ans, alors que les bénéfices sont toujours au rendez-vous. Également, hormis la Pologne qui connaît une forte croissance depuis de nombreuses années, le groupe est exposé au marché scandinave. Une zone géographique du monde qui « marche bien ». Le cours a récemment souffert de plusieurs éléments. D’abord une demande plutôt faible en volume dans la distribution qui a été accentuée par les restrictions à l’exportation vers la Russie. Avec pour conséquences des résultats dans le rouge, sauvés par la cession de la filiale Sokolow en juin.

La présente analyse a été effectuée avec les chiffres des comptes semestriels arrêtés au 30 juin 2014. Le cours de référence de la présente analyse est le cours de clôture du mercredi 31 octobre 2014, soit 3,39 EUR.

II. La Valeur d’Actif Net Net (VANN)

La société possède un actif courant d’une valeur de 5,38 EUR par action et l’ensemble des dettes représente 8,33 EUR. La valeur d’actif net-net est donc négative à -2,95 EUR par action.

III. La Valeur d’Actif Net Estate (VANE)

La société détient des terrains, des biens immobiliers industriels et tertiaires acquis historiquement pour un coût de 493,0 M EUR. Ces actifs sont déjà amortis pour moitié, et sachant que les bâtiments sont amortis entre 25 et 50 ans et au vu de l’ancienneté de la société (1975), nous pensons que notre valorisation est conservatrice.

Ces sites, terrains et bâtiments, acquis pour un montant de 493,0 M EUR représentent 8,96 EUR par action. Nous prenons une marge de sécurité de 20% sur ce montant (soit 7,17 EUR), y ajoutons la VANN et obtenons une VANE de 4,22 EUR par action.

IV. La Valeur de Mise en Liquidation Volontaire (VMLV)

Dans cette évaluation, nous essayons d’estimer la valeur de la société si elle était mise volontairement en liquidation. C’est-à-dire dans une position confortable de réalisation de l’ensemble de ses actifs.

Nous commençons par les actifs les plus liquides : les actifs courants.

En premier lieu, les créances clients. Elles sont inscrites au bilan pour une valeur de 2,59 EUR par action. La société a été payée en moyenne à 30 jours sur les 3 dernières années et à 27 jours sur le dernier exercice. Ce sont des paiements relativement rapides. Nous décidons donc de prendre une marge limitée de 10% sur ce montant et nous obtenons une valeur pour ces créances de 2,33 EUR.

Passons aux stocks. Ils sont comptabilisés pour une valeur de 2,56 EUR par action dans les comptes. La rotation moyenne des stocks sur les 3 dernières années a été de 36 jours et de 30 jours pour le dernier exercice. Autant dire : très court. Ce qui est plutôt bon signe pour des produits périssables comme la viande et les produits agroalimentaires en général. Au 30 juin 2014, la moitié des stocks est constituée de matières premières brute, et l’autre moitié de pro-duits finis ou semi-finis. Les stocks sont la plupart du temps conservés congelés. Nous pensons que le risque sur ce stock est relativement faible, la filière étant courte, et prenons une marge de sécurité de 20%. Ainsi, la valeur définitive retenue pour ces stocks est de 2,05 EUR par action.

Enfin, le dernier élément de l’actif courant, la trésorerie et les équivalents de trésorerie, correspondant à un montant par action de 0,24 EUR. Nous reprenons ce montant tel quel.

Nous pouvons passer aux actifs non courants. Comme nous l’avons vu plus haut dans le calcul de la VANE, la société possède de l’immobilier et du foncier. En prenant une marge de sécurité de 20% sur les valeurs historiques d’acquisition, nous obtenions un montant de 7,17 EUR par action.

En ce qui concerne les machines, équipements et le mobilier acquis pour une valeur de 13,06 EUR par action, ils sont amortis à plus de 70%. Le Groupe semble être opérationnel avec ses outils actuels de production, mais il nous est impossible d’en estimer une valeur certaine. Aussi, arbitrairement, nous prenons la décision de reprendre 10% de la valeur amortie de ces immobilisations (ce qui correspond à une marge de sécurité de 90%), soit 0,42 EUR par action.

Nous constatons la présence de nombreux intangibles dans les comptes, qui s’explique par l’histoire d’acquisition de la société. Nous retrouvons donc des Goodwill – ou encore « Survaleurs » dans la littérature francophone – mais aussi des droits de propriété intellectuelle et des dépenses de R&D qui sont immobilisées au bilan. Ces actifs intangibles représentent 2,68 EUR par action. Comme à notre habitude, dans notre approche patrimoniale basée sur la matérialité des actifs, nous allons considérer que ces intangibles ont une valeur nulle.

Le Groupe HKScan détient également des participations dans de nombreuses sociétés sur tous les territoires où il est actif : Finlande, Suède, Danemark et Allemagne. Ces participations sont comptabilisées dans les comptes à la valeur d’acquisition historique déduite des dividendes reçus, augmentées des bénéfices cumulés. Ces participations représentent 0,74 EUR par action et il est difficile pour nous de dire si cette valeur est prudente. Par conservatisme, nous coupons la poire en deux, et prenons une marge de sécurité de 50% en retenant 0,37 EUR par action.

Enfin, nous terminons sur les actifs de long terme avec « les autres actifs non courants ». Nous n’avons aucun détail sur cet élément du bilan dans le rapport semestriel. Par prudence, nous décidons de ne prendre que 30% de ce montant (ou encore une marge de sécurité de 70%) et considérons donc un montant de 0,19 EUR par action.

Le total du passif (le total de ce que doit la société) représente 8,33 EUR par action.

En hors bilan, nous prenons note d’un potentiel risque judiciaire lié à la faillite de la société Oy Primula Ab. La plainte porte sur un montant maximal de 16,3 M EUR. HKScan n’a provisionné aucun montant, car elle estime l’action en justice sans fondements. Par prudence, nous allons retrancher l’entièreté de ce montant dans notre calcul, soit -0,33 EUR par action.

Nous constatons également l’existence de leases pour les bâtiments que HKScan utilise pour un montant résiduel de 43 M EUR. Nous reprenons ses engagements pour un montant réduit de moitié, du fait de leur potentielle négociabilité dans le cadre d’une mise en liquidation volontaire de l’entreprise, soit -0,39 EUR par action

Nous n’avons pas trouvé d’autres éléments d’engagements hors-bilan, tels que des plans d’attributions d’actions ou d’option.

Pour résumer, en cas de mise en liquidation volontaire de la société, nous obtenons la valeur suivante (en EUR par action) :

Actif courant:

+ Créances clients : 2,33

+ Stock : 2,05

+ Trésorerie et équivalents : 0,24

Actif immobilisé:

+ Immeubles et terrains : 7,17

+ Equipements et matériels : 0,42

+ Intangibles : 0

+ Participations : 0,37

+ Autres actifs non courants : 0,19

Passif:

– Total passif : -8,33

Hors-bilan:

– Risque judiciaire : -0,33

– Leases : -0,39

Ce qui nous donne donc une VMLV de 3,72 EUR par action.

 

V. La Valeur de la Capacité Bénéficiaire (VCB)

Sur les 5 derniers exercices, la société a généré des résultats opérationnels positifs sur chaque exercice, d’un niveau annuel moyen de 43,3 M EUR annuel. Ainsi, après prise en compte d’une imposition forfaitaire de 35%, d’un taux d’actualisation de 12%, nous obtenons une valeur de 4,26 EUR par action à laquelle nous ajoutons la trésorerie nette (qui est en fait une dette nette, car la dette bancaire dépasse largement la trésorerie de l’entreprise) pour -3,39 EUR et nous obtenons une VCB de 0,87 EUR.

VI. Conclusions

Au cours actuel de 3,39 EUR, il est possible d’obtenir une décote de :

– 20% sur la VANE

– 9% sur la VMLV

Le potentiel sur la Valeur d’Actif Net Tangible (VANT = 5,37 EUR) est de : +58%

Notre calcul de solvabilité maison ressort à : 50%.

Ratio technologique = 28%, ce qui signifie que les dépenses en recherche et développement des cinq dernières années représentent 28% de la valeur boursière actuelle de la société.

Aujourd’hui, les décotes ne sont pas assez importantes pour que passions à l’achat sur le titre. Nous le gardons néanmoins dans le viseur, car nous estimons que le business est pérenne tout en étant rentable et qu’il serait peut être possible dans un marché plus volatil de pouvoir garnir notre panier. Surtout que la société est encore en pleine expansion sur son coeur de métier et dans ses zones géographiques de prédilection.

La société croit énormément dans la filière volaille qui est un secteur en forte croissance en Finlande (20 kg consommés par habitant en 2013). Elle envisage un gros investissement dans le pays, entre 35 et 65 M EUR, pour augmenter sa production, rationaliser, et développer de nouveaux produits. La croissance passera également par le marché baltique, avec un agrandissement du site estonien de Rakvere pour un investissement d’environ 20 M EUR concernant l’abattage et le découpe de boeuf et de porc, une usine de transformation de la viande et un centre logistique pour toutes les opérations estoniennes du Groupe.

Si nous pouvions obtenir un rabais suffisamment important, au moins 30% de marge de sécurité sur la VANE, nous réfléchirions fortement à l’opportunité de saisir une société nordique d’une qualité vraisemblablement élevée.

Mais après tout, si c’est à un prix Daubasse, nous nous moquons bien de savoir si qualité il y a, la marge de sécurité nous apportant une protection confortable contre tout mauvais jugement positif subjectif. C’est la force de l’approche Daubasse.

Enfin, pour les intéressés, à noter que la société étant finlandaise, le titre est éligible au PEA et distribue par ailleurs un dividende depuis plus de 10 ans. Le précèdent dividende (distribué en 2014 au titre des résultats de 2013) de 0,10 EUR procure un rendement brut de 2,95%.

 

NEWS DE SUIVI

 

2014 Décembre

Si, sur le 3ème trimestre, l’activité accuse une baisse de -5,5%, la marge opérationnelle progresse quelque peu à 1,5% et permet de dégager un EBIT de 7,3 M EUR, comparé à 7,0 M EUR sur la même période de l’exercice précédent.

Au niveau de la structure patrimoniale, la VANT ressort à 5,47 EUR par action, la solvabilité reste de bonne facture à 51% et le ratio VANE est de 0,82. Encore trop élevé pour répondre à notre critère de marge de sécurité au minimum de 30% et envisager un achat.

Les deux principaux investissements dont nous vous parlions dans l’analyse (cfr lettre d’octobre) suivent leurs cours (Finlande et Estonie). C’est pour cette raison que la société a procédé en début de mois à une émission obligataire de 100 M EUR à un taux annuel fixe de 3,625%.

2015 Janvier

Dans un souci de « rationaliser les opérations, se concentrer sur le coeur de métier, d’améliorer la productivité et de simplifier et clarifier la structure du Groupe », le PDG Hannu Kottonen a annoncé la vente de l’activité « oeuf » en Estonie (6,7 M EUR de CA) via son entreprise Oü Koks Munatootmine, en la cédant au danois Danish Dava Foods Holding A/S.

La société indique, par la même occasion, avoir réalisé une opération pour devenir un actionnaire minoritaire auprès d’une écloserie finlandaise. Par ailleurs, elle prévoit de nouveaux investissements dans une nouvelle unité de production en Finlande pour se développer dans le secteur de la volaille, l’une des priorités du Groupe afin de renforcer son leadership dans la protéine animale en Scandinavie.

2015 Février

Comme annoncé le mois dernier, le Groupe a restructuré son activité au Danemark. Résultat des courses, les effectifs sont réduits de 88 salariés. L’ensemble des coûts de rationalisation et de modernisation de l’outil industriel s’élèvent à 1,6 M EUR, et sont déjà comptabilisés sur le quatrième trimestre 2014, pour un gain estimé en année pleine de 5 M EUR. Les effets positifs devraient commencer à porter leurs fruits dès le second trimestre 2015.

2015 Mars

Le groupe agro-alimentaire finlandais délivre de bons résultats 2014. Malgré une activité en baisse de 6% par rapport à 2013, les restructurations opérationnelles coûteuses ont fini par payer. L’EBIT est multiplié par près de 5 à 55,5 M EUR. Et, double cerise sur le gâteau : 1) le management propose un dividende de 0,10 EUR par action, identique à l’exercice 2013, auquel il ajoute un dividende exceptionnel de 0,39 EUR. Et 2) pour 2015, l’équipe de direction prévoit encore une amélioration des bénéfices.

Pas de surprises, le titre a profité de ces bonnes nouvelles pour progresser de plus de +40% sur le mois de février.

La VANT au 31 décembre 2014 ressort à 5,47 EUR, au-delà du cours actuel de 5,65 EUR. Soit un gain de +67% en 4 mois depuis la publication de notre analyse dans la lettre de novembre 2014, qui prenait comme cours de référence le cours de clôture du 31 octobre, soit 3,39 EUR.

Le titre ayant dépassé sa VANT et donc l’objectif de vente théorique, nous décidons de ne plus suivre la valeur.

Portefeuille au 11 Septembre 2015 : 6 ans 291 jours

Portefeuille : VL 7,9105 € (Frais de courtage et de change inclus)
Rendement Total : 682,96%

Potentiel Estimé VANT / Cours 97,68%

Rendement Annualisé : 35,34%
Rendement 2015 : 8,00%

Rendement 2014 : 5,46%
Rendement 2013 : 20,74%
Rendement 2012 : 24,19%
Rendement 2011 : -15,65%
Rendement 2010 : 38,07%
Rendement 2009 : 308,74% Continuer la lecture de Portefeuille au 11 Septembre 2015 : 6 ans 291 jours

45 secondes de publicité, le mirage des lettres boursières payantes …

En matière de publicité, ami(e) lecteur (trice), nous devons avouer que nous sommes d’une « ringardise » hors norme.

Nous devrions même dire que nous sommes « pré-publicitaires » comme d’autres hommes ont été « pré-historiques » puisque la forme de publicité qui nous plait le plus encore aujourd’hui est restée le bon vieux « bouche à oreille » d’antan… quoi que nous ne soyons pas contre le « bouche à clavier » du net… la preuve que tout homme, aussi primitif soit-il, est capable d’évolution.

Fin 2009, à l’époque où nous étions de simples « vendeurs de listes à 50 euros » qui offraient des multi baggers en rafale, un abonné nous envoyait le mail suivant « salut les daubasses, votre blog et ce que vous faites est formidable, surtout ne changez rien… Mais si je devais vous donner une note au niveau commercial, ce serait zéro ou presque. Sans rancune. »

En réalité, nous pensons que seuls nos abonnés et lecteurs ont le droit de nous juger et qu’ils sont les mieux placés pour expliquer ce que nous faisons, comment nous le faisons, pourquoi nous le faisons à d’autres investisseurs qui, à leur tour, prendront le temps de réfléchir et de voir si ce que nous proposons leur convient, en toute liberté. Nous croyons à la transmission des impressions vécues, ressenties, partagées en une longue chaine sans fin.

Chez les Daubasses, nous ne nous imaginons toujours pas chanter, l’air léger et guilleret, que « nous en avons des vraiment grosses et qu’elles peuvent faire vraiment plaisir» (nous parlons de performances boursières évidemment).

Tout comme nous ne nous voyons pas tourner un clip publicitaire sur une plage des Caraïbes, nous montrant « bronzés comme des noix », en « bermudas fleuris et ventres rebondis », passant nos après-midis à boire des cocktails exotiques (alors que nous avons une préférence marquée pour la bière) tout en gravant sur les palmiers des slogans du genre de celui-ci: « Daubasses. com, la fin de vos SSSoucis, pour 109€ SSSeulement ! ».

Remarquez, qu’en faisant quelques petites recherches sur la publicité dans l’histoire, il ne nous a pas déplu de trouver ces informations remontant aux années 60 et au début de la publicité télévisée en France : « … Lorsque la publicité arrive à la télévision française, en 68, la plus grande crainte est que les téléspectateurs soient manipulés… Le magazine 50 millions de consommateurs fait alors un travail important de revendications précises sur ce que doit être la pub. Pour eux, elle doit informer clairement sur le produit et sur ses propriétés, afin que le consommateur prenne une décision rationnelle d’achat. Dès 1973, une loi protège même les consommateurs en pénalisant fortement le mensonge publicitaire.

Des premiers contrôles des publicités, à partir de 1968, aux années 80, les contrôleurs font vérifier la qualité du produit et la manière dont on en parle. Les annonceurs doivent même fournir un dossier technique sur leurs produits. Une pub pour la glue qui montre un homme collé au plafond ? La Régie Française de Publicité fait faire le test dans la réalité (test réussi!) pour s’assurer que la glue permet bien de coller des gens au plafond. La recherche de la véracité est extrême. »

Si nous devions un jour faire un effort pour évoluer vers une démarche plus commerciale, et donc publicitaire, c’est sans doute vers cette idée de publicité des années 60 que nous ferions un petit pas… car nous agréons la dernière idée de « La recherche de la véracité extrême ». Et puis finalement, nous pourrions faire un saut de la préhistoire vers le 20ème siècle et réduire considérablement notre retard à seulement un peu plus d’un demi-siècle : nous aimons progresser.

Avouons quand même aujourd’hui que la publicité n’est plus informative, ni à la recherche de la véracité, mais plutôt esthétique, amusante ou idiote. Elle vous vend du rêve, de la promotion sociale, du « toujours mieux » à meilleur prix, même si cela coûte plus cher !

Mais nous ne regrettons rien. Dans «L’effet boule de neige», le grand Warren Buffett nous a mieux fait comprendre comment se situer en développant son idée de « carte de score intérieur ». En une question d’une simplicité de moine bouddhiste empreint de zénitude, il nous place devant un dilemme :

Que choisiriez- vous ?

  • Etre considéré par tous comme un excellent investisseur en sachant qu’en réalité vous êtes médiocre ?

ou

  • Passer pour un neuneu qui se contente de 4 ratios en sachant que vous êtes un excellent investisseur ?

Nous vous laissons, cher(e) lecteur(trice) le soin de répondre à cette question.

Notre réflexion sur l’investissement nous amène à penser que la part du hasard n’est pas à négliger et que chaque victoire ou chaque réussite devrait vous rendre modeste et humble, plutôt que « dikkenek » et « gros melon », double pléonasme volontaire pour mieux souligner que chaque victoire ou réussite présente son inévitable pendant d’échecs et de ratés dans l’investissement (sauf, bien sûr, si vous croyez encore au Père Nowel !).

Tout ceci pour en arriver à ce que nous rangerons dans la catégorie « anecdote qui fait plaisir », flattant au passage nos petits egos (oui, nous avons encore des efforts à faire pour améliorer notre carte de score intérieur).

En effet, le 25 mai 2015, un abonné nous écrit pour nous dire ceci :

« Bonjour l’équipe, êtes-vous au courant que l’on parle de vous dans un numéro hors série du magazine Capital d’avril 2015 ? … c’est vraiment mérité. Je vous attache un scan. »

article capital

Nous remercions cet abonné attentionné et attentif car sans lui nous n’aurions jamais su que l’on parlait de nous dans un magazine français mais aussi l’auteur de cet article qui semble avoir apprécié notre travail, notre honnêteté et notre sérieux… même quand c’est bon marché !

Finalement, le « bouche à clavier » a encore de beaux jours devant lui…

Portefeuille au 4 Septembre 2015 : 6 ans et 284 jours

Portefeuille : VL 7,9847 € (Frais de courtage et de change inclus)
Rendement Total : 690,30%

Potentiel Estimé VANT / Cours 97,37%

Rendement Annualisé : 35,64%
Rendement 2015 : 9,02%

Rendement 2014 : 5,46%
Rendement 2013 : 20,74%
Rendement 2012 : 24,19%
Rendement 2011 : -15,65%
Rendement 2010 : 38,07%
Rendement 2009 : 308,74% Continuer la lecture de Portefeuille au 4 Septembre 2015 : 6 ans et 284 jours