Ancien edito : une approche festive et carnavalesque de l’investissement

joyeux noel et bonne année boursière 2016En cette période de trêve des confiseurs, l’équipe des daubasses prend un peu de repos bien mérité.

Entre pralines, foie gras et dindes, le tout copieusement arrosé d’Orval et autres nectars houblonnés, nous poursuivons notre traque incessante des plus belles daubasses.

Néanmoins, pour la partie rédactionnelle du blog, tout comme les années précédentes, nous avons plongé en apnée dans nos archives afin de vous proposer, cher(e) lecteur(trice), quelques anciens éditos de notre lettre mensuelle tels que nos abonnés ont pu les découvrir à l’époque.

C’est l’édito de la lettre « carnavalesque » de mars 2013 que vous allez retrouver ci-dessous.

Excellente lecture !

Approche carnavalesque

L’équipe des Daubasses profite d’une petite excursion européenne pour vous rapporter ses bons plans. En plein hiver, c’est la région de la Hesse et plus précisément dans la région de Rheingau, que nous avons notre lieu de villégiature. Peu connue au niveau européen, cette région allemande est réputée dans le pays comme destination touristique. Tout d’abord pour sa douceur de vivre. A quelques encablures de la financière et internationale Francfort, Rheingau est réputée pour sa bonhommie. En effet, il s’agit d’une des plus grandes régions viticoles allemandes. Les Riesling et autres Pinots Noirs (Spätburgunder, en allemand) n’ont rien à envier aux crûs français d’Alsace et de Bourgogne. Sans oublier le fameux « Sekt », un mousseux local tout à fait honnête qui vaut bien des crémants que nous pouvons trouver outre-Rhin. Le tout à des rapports qualité/prix intéressants.

Pour ne rien gâcher à cet aspect gastronomique, Wiesbaden, la capitale du Land (l’équivalent français administratif de la Région, mais avec une autonomie de gestion et de décision politique largement plus développée) est un haut lieu de détente avec ses sources thermales centenaires. Les nantis ne sont pas trompés, l’ancienne ville du Kaiser détient la densité de millionnaires la plus importante d’Allemagne. L’architecture vaut également le détour avec ses splendides bâtiments et ses grands boulevards pour la plupart pétions qui, ra-conte-t-on, ont été érigés dans le but de ressembler à Paris. C’est une impression d’espace, de grandeurs et de quiétude qui imprègne le promeneur rêveur. Ok, vous devez vous demander où nous voulons en venir. Quels rapports donc avec l’investissement avec cette balade en Allemagne ?

Tout d’abord, cette petite excursion se veut salvatrice pour tous ceux qui pensent qu’il faut absolument parcourir 10 000 km en avion pour se dépayser et découvrir de nouveaux lieux exceptionnels. Qui irait en plein hiver passer une semaine aux bords du Rhin, à Eltville ou Wiesbaden ? Bon, ok… Venons-en aux faits.

Cette période de l’année est en fait un peu « magique » en Allemagne. Il y a les allemands qui détestent et ceux qui adorent. Personne ne reste indifférent à cette période de Carnaval (Karneval), principalement fêtée dans l’Ouest de l’Allemagne (Cologne, Francfort, Mayence, Constance, …). Du même tonneau que toutes les fêtes carnavalesques à cette époque à travers l’Europe. Pendant plusieurs jours, les allemands fêtent la fin de l’hiver et se déguisent, font la fête, boivent (un peu..), les « carnavélistes » prennent possession des hôtels de villes et de tous les lieux de décisions politiques pendant plusieurs jours. Et surtout, il y a les fameuses parades.

C’est un événement étonnant pour le touriste qui ne connaît pas cette tradition. Par exemple, à Wiesbaden, une parade avec de nombreux chars défile pendant plusieurs heures. Environ 4 heures. Sur ces chars, des gens déguisés, plus ou moins masqués, bombardent littéralement une foule en furie sur les abords des rues, de toutes sortes de confiseries, chocolats, ballons, bières, bouteilles de vins (!), …

Les enfants sont les premiers concernés par cet évènement. Equipés d’un énorme sac, c’est à celui qui récupérera le plus de bonbons, chocolats, … En tant que chasseurs d’opportunités, pour nous, ce concept ne nous a pas laissé indifférent : récupérer toutes ces bonnes choses caloriques… gratuitement ! Quel Bonheur. Bien entendu, les enfants ne sont pas les seuls à s’adonner aux joies de la collecte de tous ces cadeaux. Lors des « largages » en plein air des présents, la foule se jette systématiquement vers les chars les bras en l’air pour tenter de capter en plein vol le maximum de choses. A ce moment critique, pour vous assurer de récupérer le maximum de confiseries, vous devez alors jouer des coudes, être plus grand que les autres, chasser ces « saloperies » de gosses qui trainent dans vos pattes, … Bref, vous êtes en concurrence directe avec une multitude de personnes, elles aussi, comme vous, avides de ces précieux présents gratuits.

Et là, au milieu de cette marée humaine, nous voyons un petit garçon qui n’est pas avec les autres. Mais que fait-il ? Pourquoi ne se rue-t-il pas vers les chars comme les autres enfants lors des envois de marchandises ? En fait, ce gamin, bien plus malin que les autres, ne se bat pas avec difficulté avec les enfants plus grands que lui, plus vifs et plus forts qui attrapent en plein vols les bonbons. Simplement, il récupère par terre tout ce que les gens n’ont pas réussi à attraper directement dans les airs. Son sac est plein de bonbons, son sourire grand jusqu’aux oreilles. En quelques minutes, il abat le travail équivalent à celui de plusieurs heures des autres enfants ! En fait, ce gamin a mis en place une stratégie qui lui permet de récupérer bien plus de confiseries que les autres enfants, avec beaucoup moins d’efforts. C’est peut-être une méthode moins « festive », mais pour le moins efficace et le résultat est là.

Ce comportement nous a rappelé celui de Warren Buffet comme expliqué dans sa biographie « L’effet boule de neige ». Alors qu’il n’était encore qu’un enfant, Warren adorait aller aux champs de course avec son copain Russ dans les années 40 à Ohama :

« Warren et Russ étaient trop jeunes pour parier, mais ils comprirent rapidement comment gagner de l’argent. Parmi les mégots de cigarette, les trainées de bière, les vieux programmes, et les restes de hot-dog, dans la crasse et la sciure des gradins d’Ak-Sar-Ben, des milliers de tickets abandonnés s’étalaient. Les garçons se transformaient en véritables chiens truffiers à la recherche de ces tickets.

« On appelle cela « faire les poubelles ». Au début de la saison des courses, beaucoup de gens viennent qui n’ont jamais vu une course sauf au cinéma. Et ils pensent que si leur cheval arrive en deuxième ou troisième position, ils n’ont rien gagné, parce qu’on accorde toute l’importance au gagnant. Ils jettent alors leurs billets d’entrée et leurs tickets de pari. Autre occasion où on peut se faire beaucoup d’argent : lorsqu’a lieu une course contestée. Une petite lumière s’allume pour dire «contesté » ou « protestations ». Alors, certaines personnes jettent leurs tickets. Entre temps, il suffisait pour nous de les récupérer. Nous ne les regardions même pas, nous ramassions tout ce qu’on trouvait. Le soir venu, on les examinait. C’était horrible, les gens crachaient par terre. Mais nous nous amusions beaucoup. Si je trouvais des tickets gagnants, ma tante Alice, qui ne s’intéressait pas du tout aux courses, les empochaient pour nous parce qu’ils ne donnaient pas d’argents aux enfants. »

Penser différemment, sortir des sentiers battus, paraître parfois étrange aux yeux des autres, … Autant de points dans lesquels l’équipe des Daubasse se reconnaît. Nous jouons sur notre différence, notre process original pour aller là où peu d’investisseurs vont. Notre but étant d’obtenir ainsi des rendements (bien) supérieurs à ce que la moyenne obtiendra.

Nous aurions peut-être dû prendre les coordonnées de ce bambin…

Ce mois-ci, nous vous emmenons également hors des sentiers battus avec une analyse d’un holding actifs en Indonésie et aux Philippines, dont nous avons acheté quelques titres pour notre portefeuille. Des pays d’Asie en pleine croissance bien loin des querelles sur les 0,3% ou 0,5% que nous cherchons à atteindre dans certains pays du vieux continent. Nous gardons néanmoins le cap « PEA » avec l’analyse d’une entreprise familiale française.

 

 

Portefeuille au 24 décembre 2015 : 7 ans 30 jours

Portefeuille : VL 7,8439 € (Frais de courtage et de change inclus)
Rendement Total : 676,37%

Potentiel Estimé VANT / Cours 113,60%

Rendement Annualisé : 33,55%
Rendement 2015 : 7,10%

Rendement 2014 : 5,46%
Rendement 2013 : 20,74%
Rendement 2012 : 24,19%
Rendement 2011 : -15,65%
Rendement 2010 : 38,07%
Rendement 2009 : 308,74% Continuer la lecture de Portefeuille au 24 décembre 2015 : 7 ans 30 jours

Les chroniques de l’investisseur chronique : analyse graphique

chronique investisseurCe texte fait partie de la série proposée par notre ami-chroniqueur Laurent Muller.

Même si nous ne partageons pas tout-à-fait les mêmes principes d’investissement, nous nous sommes trouvés énormément de points communs et les raisonnements développés parLaurent nous ont paru marqués par le sceau du bon sens.

 

Mon processus de sélection d’actions est constitué de deux étapes principales :

  • Un screener maison me permet d’effectuer un premier filtrage de sociétés potentiellement intéressantes.
  • Une analyse fine des entreprises des sociétés préfiltrées me permet d’arrêter mon choix.

 

Pour déterminer de manière synthétique si une entreprise est potentiellement intéressante, à l’achat, je vous propose aujourd’hui une méthode d’analyse graphique valeur permettant de visualiser les principaux paramètres intéressants.

 

Graphique synthétique valeur

analyse graphique d'une action 1

  • Pour les actifs, un niveau de liquidités, stocks et encours clients élevé représente un point positif.
  • Pour les passifs, des dettes faibles représentent un point positif.
  • Plus la capitalisation boursière est faible en rapport des actifs liquides moins les dettes, plus la marge de sécurité est importante.
  • Des immobilisations corporelles (y compris amorties) importantes peuvent représenter un collatéral intéressant.
  • Un chiffre d’affaire de l’ordre de grandeur du total du bilan est un point positif.

 

Exemple d’une société peu intéressante pour l’actionnaire

analyse graphique d'un investissement en bourse 2

    • Les immobilisations incorporelles, par nature intangibles, représentent une part importante des actifs.
  • Le ratio actifs liquides – dettes est très fortement négatif.

 

 

D’un point de vue valeur, le collatéral ne semble pas suffisant pour justifier l’investissement.

Exemple de société intéressante

analyse graphique d'une action intéressante pour l'actionnaire 3

  • Les actifs nets liquides représentent trois fois la capitalisation boursière.
  • Le niveau d’endettement est faible.
  • Le chiffre d’affaire est du même ordre de grandeur que le total du bilan.
  • La capitalisation boursière ne représente que 10 % du total du bilan.

D’un point de vue valeur, l’actionnaire a une marge de sécurité importante.

 

Conclusion

Une représentation graphique valeur des données du bilan et du compte de résultats permet d’exprimer, de manière synthétique, l’intérêt potentiel que peut avoir une action.

Mon screener d’actions maison me fournit directement cette représentation graphique (en format texte), que je complète d’une analyse détaillée pour arrêter mon choix. Utilisez-vous également des méthodes de représentation graphique pour vos décisions d’investissement ?

 

Portefeuille au 18 Décembre 2015 : 7 ans 24 jours

Portefeuille : VL 7,8252 € (Frais de courtage et de change inclus)
Rendement Total : 674,51%

Potentiel Estimé VANT / Cours 114,17%

Rendement Annualisé : 33,59%
Rendement 2015 : 6,84%

Rendement 2014 : 5,46%
Rendement 2013 : 20,74%
Rendement 2012 : 24,19%
Rendement 2011 : -15,65%
Rendement 2010 : 38,07%
Rendement 2009 : 308,74% Continuer la lecture de Portefeuille au 18 Décembre 2015 : 7 ans 24 jours

Antifragile de Nassim Nicholas Taleb (introduction)

Antifragile-talebVoici quelques semaines, nous ne connaissions Nassim Nicholas Taleb que de nom et comme l’auteur du retentissant « Cygne noir ».

Intrigués par le titre de son dernier livre : « Antifragile: Les bienfaits du désordre », et plus particulièrement sur le mot antifragile qui n’existe pas dans le dictionnaire, nous avons tout d’abord cherché à en savoir un peu plus.

Le déclic qui nous a fait passer de la curiosité à la décision d’acheter ce livre de 650 pages tient en trois phrases de l’auteur : « Il est difficile de faire comprendre à des intellectuels la supériorité intellectuelle de la pratique. » ; « Le monde est divisé entre ceux qui aiment et ceux qui n’aiment pas la volatilité. » et « Ne demandez jamais à quelqu’un son avis, ses prévisions ou ses recommandations. Demandez-lui simplement ce qu’il a – ou n’a pas – dans son portefeuille d’actions. ».

Après les vingt premières pages, nous avons compris que nous avions en face de nous un personnage décalé comme nous les aimons tant, du style de Walter Schloss ou de Martin Withman, pour n’en citer que deux.

Et nous avons parfois eu l’impression au cours de ces 650 pages qu’il éclairait plus encore la théorie de Benjamin Graham que Graham n’était parvenu à le faire lui même dans son  « L’investisseur intelligent » (rappelons-nous que Benjamin Graham a mis au point sa théorie après le Krach de 1929, un cygne noir), qu’il expliquait avec une précision scientifique, la force et la mise en pratique de  cette théorie, par Walter Schloss sur du très long terme et presqu’accessoirement et par extension de notre process « Daubasse », de sa mise en pratique et de ses résultats, même si Nassim Nicholas Taleb déborde largement du seul sujet « investissement », pour l’enrichir avec de la philosophie, des mathématiques, de la physique, de la science, de la psychologie, de la vie de tous les jours, le tout ficelé par force d’exemples pratiques et une érudition phénoménale.

Ce qui nous a éblouis, c’est le fait que Nassim Nicholas Taleb part de la pratique et de l’observation de la pratique pour en faire de la théorie et pas l’inverse comme souvent.

Ce qui est détonnant, c’est qu’il va à l’encontre de nombreuses règles établies et donc à contre courant du monde scientifique, politique et bien entendu des économistes ou des zinzins. On le surnommait à une époque le « Dissident de Wall Street ». Ce qui est aussi amusant c’est qu’il fut un ami du mathématicien Benoît Mandelbrot et du psychologue Daniel Kahneman spécialiste de la psychologie cognitive et prix Nobel d’économie dont nous vous avons parlé abondamment dans nos articles sur la finance comportementale (lui aussi échafaudant sa théorie à partir d’expériences réelles).

Nassim Nicholas Taleb est de notre point de vue un véritable OVNI et à la fin des ces 650 pages « Antifragile », il nous a semblé obligatoire de vous en parler, de vous le faire découvrir et de vous donner notre point de vue sur de très nombreux passages de son livre, qui vous permettront une fois de plus de scanner l’homme ou la femme, puis l’investisseur qui est en vous, et de comprendre votre process ou de mieux comprendre encore notre process.

Nassim Nicholas Taleb est né en 1960 à Amium au Liban. Il est scolarisé chez les jésuites français à Beyrouth avant d’étudier la philosophie et les mathématiques pour approfondir sa connaissance des lois du hasard.

Il possède un MBA de la Wharton School université de Pennsylvanie et un doctorat de l’université de Paris Dauphine.

Spécialisé dans les risques d’évènements rares et imprévus, il a travaillé pendant 20 ans comme courtier sur la bourse de New-York et de Londres. Il a créé en 1999 le fonds Empirica LLC (du nom du philosophe médecin sceptique et empirique grec Sextus Empiricus) consacrée aux opérations de trading. Il en fait aussi son laboratoire de recherche sur le risque.

La performance de son fonds a été de 60% en 2000, suivie par des perte en 2001 et 2002 et des résultats positifs à 1 chiffre en 2003 et 2004. En 2007, gravement malade, il revend son fonds, pour se consacrer à l’écriture et à l’enseignement.

Dans son activité d’opérateur de marché d’options, Taleb dit avoir une approche non mathématique du risque et de l’incertain et dit n’avoir aucune confiance dans les modèles financiers utilisés par les universitaires.

Polyglotte, il maîtrise parfaitement le français, l’anglais et l’arabe classique. Il parle l’italien et l’espagnol. Il lit les textes en grec, latin, araméen, hébreu ancien et en écriture cananéenne.

Nassim Nicholas Taleb est aujourd’hui professeur d’ingénierie du risque à l’Institut polytechnique de l’université de New York et conseillé scientifique du fonds de son ami Mark Spitznagel  « Universa Investments LP » qui a travaillé à ses côtés dans Empirica LLC.

Voici un premier extrait de son livre « Antifragile »

Comment aimer le vent ?

Le vent éteint la bougie et anime le feu.

Il en est ainsi du hasard, de l’incertitude, du désordre : on veut en tirer profit et non pas s’en abriter. On veut être le feu et l’on désir le vent. Voilà qui résume la position ambitieuse de l’auteur à l’égard de l’incertitude.

Nous ne voulons pas seulement survivre à l’incertitude, nous contenter d’en réchapper. Nous voulons survivre à l’incertitude mais aussi, comme certaines classes de Romains pugnaces et stoïques, avoir le dernier mot. Notre mission consiste à savoir comment apprivoiser, et même dominer, et conquérir l’invisible, l’obscur et l’inexplicable. ….Comment ?

L’Antifragile

Certains objets tirent profit des chocs ; ils prospèrent et se développent quand ils sont exposés à la volatilité, au hasard, au désordre et aux stress, et ils aiment l’aventure, le risque, et l’incertitude. Toujours est-il que, malgré l’ubiquité du phénomène, il n’existe pas de mot pour désigner l’exact opposé de fragile. Appelons-le  » antifragile ».

L’antifragilité dépasse la résistance et la solidité. Ce qui est résistant supporte les chocs et reste pareil ; ce qui est antifragile s’améliore. Cette qualité est propre à tout ce qui s’est modifié avec le temps : l’évolution, la culture, les idées, les révolutions, les systèmes politiques, l’innovation technologique, les réussites culturelles et économiques, la survie en commun, les bonnes recettes de cuisine, l’essor des villes, des cultures, des systèmes judiciaires, des forêts équatoriales, de la résistance aux bactéries… jusqu’a notre propre existence en tant qu’espèce sur cette planète. Et l’antifragile détermine la frontière entre le vivant et le biologique, notamment entre le corps humain et ce qui est inerte, un objet matériel tel que l’agrafeuse de votre bureau.

L’antifragile aime le hasard et l’incertitude, ce qui signifie aussi, foncièrement, qu’il aime les erreurs, une certaine catégorie d’erreurs. L’antifragilité a la rare vertu de nous permettre d’affronter l’inconnu, de faire les choses sans les comprendre, et de bien les faire. Qu’on me permette d’être plus brutal : nous sommes bien meilleurs dans ce que nous faisons que dans ce que nous pensons, grâce a l’antifragilité. Je préfèrerais être bête et antifragile qu’extrêmement intelligent et fragile, à n’importe quel moment.

Nous remarquons sans peine autour de nous que certaines choses apprécient une dose de stress et de volatilité : les systèmes économiques, notre corps, notre alimentation (le diabète et la maladie d’Alzheimer semblent dériver en grande partie d’un défaut de hasard dans l’alimentation et de l’abscence d’une privation contraignante de temps à autres) notre psychisme. Il existe même des contrats financiers antifragiles : ils sont explicitement conçus pour bénéficier de la volatilité des marchés.

L’antifragilité nous fait mieux comprendre la fragilité. De même qu’on ne peut améliorer la santé sans réduire les maladies, ni accroître la richesse sans diminuer d’abord les pertes, de même, l’antifragilité et la fragilité sont divers degré d’un même spectre.

Non prédiction

En saisissant les mécanisme de l’antifragilité, on peut établir un vaste guide systématique de la prise de décision non prévisionnelle dans l’incertitude en affaire, en politique, en médecine et dans la vie en général – partout ou l’inconnu l’emporte, dans toutes situations où il y a une part de hasard, d’imprévisibilité ou d’opacité, ou dont la compréhension est incomplète.

Il est beaucoup plus facile de se rendre compte si quelque chose est fragile que de prévoir un évènement qui pourrait lui causer des dommages. On peut mesurer la fragilité ; le risque n’est pas mesurable (hormis par les casinos ou par des gens qui se qualifient « d’experts du risque »). Ceci fournit une solution à ce que j’ai appelé le problème du Cygne noir : L’impossibilité de calculer les risques d’évènements rares consécutifs et de prévoir leur apparition. La sensibilité aux dommages dus à la volatilité est résoluble, davantage en tout cas que la prévision de l’événement qui causerait les dommages. C’est pourquoi, nous nous proposons de renverser nos manières habituelles d’aborder la prédiction, les pronostics et la gestion du risque.

Dans tous les domaines d’application, nous proposons des règles pour passer du fragile à l’antifragile par une réduction de la fragilité ou une mise à profit de l’antifragilité. Et nous pouvons presque toujours déceler l’antifragilité (et la fragilité) en recourant à un simple test d’asymétrie : tout ce qui, à la suite d’événements fortuits (ou de certains chocs), comporte plus d’avantages que d’inconvénient est antifragile ; et fragile dans le cas contraire.

Extrait de Antifragile: Les bienfaits du désordre pages 13 – 15

Nous voyons donc qu’avec cette introduction tout le programme est déjà exposé en quelques mots, avec par exemple : En saisissant les mécanisme de l’antifragilité, on peut établir un vaste guide systématique de la prise de décision non prévisionnelle dans l’incertitude (…) Ou il y a une part de hasard, d’imprévisibilité ou d’opacité, ou dont la compréhension est incomplète.

Une société cotée en bourse ou pas est une entité complexe. Ce que l’on nomme complexe est défini par une composition d’interférences multiples. Ce qui est le cas d une société. Et c’est donc là qu’il est important de comprendre que le hasard, l’imprévisibilité, l’opacité et donc la compréhension incomplète sera au rendez-vous.

En comprenant donc ce que va nous expliquer Nassim Nicholas Taleb sur l’antifragilité, nous allons pouvoir comprendre définitivement, par exemple et entre autres, l’avantage ultime de la diversification, sur lequel les railleries aimables du type : on diversifie quand on n’y comprend rien, pourront être retournées comme une simple crêpe de la chandeleur… Ou encore du style : c’est quand on croit comprendre que l’on ne diversifie pas !

Une dernière petite idée de Nassim Nicholas Taleb à méditer sur le sujet avant le prochain épisode : « le vrai ou le faux n’a pas d’importance car c’est de la croyance, ce qui est réellement important ce sont les conséquences du vrai et du faux. »

La suite au prochain épisode.

A chaque article sur le livre de Nassim Nicholas Taleb : « Antifragile : les bienfaits du désordre », nous espérons vous démontrer que c’est un livre important pour tout investisseur et que son achat nous semble être un très bon investissement.

Portefeuille au 11 Décembre 2015 : 7ans 17 jours

Portefeuille : VL 7,8022 € (Frais de courtage et de change inclus)
Rendement Total : 672,24%

Potentiel Estimé VANT / Cours 113,61%

Rendement Annualisé : 33,64%
Rendement 2015 : 6,53%

Rendement 2014 : 5,46%
Rendement 2013 : 20,74%
Rendement 2012 : 24,19%
Rendement 2011 : -15,65%
Rendement 2010 : 38,07%
Rendement 2009 : 308,74% Continuer la lecture de Portefeuille au 11 Décembre 2015 : 7ans 17 jours

24 novembre 2008- 24 novembre 2015 : l’avantage statistique de notre process (3e partie – fin)

Cet article est le dernier d’une série de trois publiée à l’occasion du 7e anniversaire du portefeuille de notre club et de ce blog. Vous pourrez retrouver la 1ere partie ici et la 2e partie ici.

Troisième considération : les statistiques « évolutives » mêlant investissements réalisés et sociétés encore en portefeuille.

Nous mélangeons donc dans cette partie les investissements réalisés et les investissements encore en portefeuille. Pour deux raisons majeures : nous voulons comprendre le passé et le présent.

Nous voulons pouvoir être en mesure de comprendre rapidement nos erreurs ou voir précisément où se trouve le maillon faible de nos décisions à n’importe quel moment après trois semaines comme après 2 ans et demi.

Nous aimons particulièrement cette partie des statistiques du portefeuille car c’est précisément la partie où nous allons montrer que nous ne sommes pas des super héros de l’investissement value, c’est aussi la partie que tous les sites commerciaux mettent au plus vite sous le tapis en vous parlant du long terme quand, à court terme, « l’affaire du siècle » s’avère être une cata !

Pas nous.

Car nous voulons aussi regarder en face nos idées d’investissement à court terme et à moyen terme même si leurs premiers mois, trimestres, voire années sont parfois décevants.

Nous voulons aussi mieux faire comprendre à tous ceux qui nous lisent que ce n’est pas parce qu’une affaire tourne mal à court terme qu’elle ira forcément mieux à long terme mais que tout est possible dans tous les sens, négatifs comme positifs.

Et qu’il faut être capable, si l’on veut s’améliorer en tant qu’investisseur, de prendre des multi baggers comme des faillites. Tout investisseur devrait comprendre et accepter ces réussites magistrale qui vous font penser plusieurs heure que vous êtes le roi mais aussi ces moments de solitude qui font mal et au cours desquels on pense qu’il n’existe pas de plus nul que soi.

Observons à présent ces statistiques regroupant investissements réalisés et encore en portefeuille …

En 2009, on remarque par exemple que les 5 sociétés encore en portefeuille et donc au cours du jour + dividende net inclus améliorent pour le moment le rapport gains/pertes des sociétés réalisées puisque ce rapport gains/pertes passe de 5.54 a 6.96. Sans pour autant augmenter le pourcentage de gains par rapport aux pertes.

2010 qui est une excellente année au cours de laquelle les investissements réalisés sont de 12 sur 16 soit 75% du total. Elle offre un rapport gains/ pertes de 7.24. Au niveau de la pondération des gains et des pertes, nous sommes sur du 50/50… comme dans notre exemple de départ du lancer de pièces de Samuelson. Nous nous sommes donc trompés 1 fois sur 2 puisque nous avons 6 positions réalisées en gain et 6 positions réalisées en perte. Ce qui fait la différence, c’est le gain moyen de 1 052.02€ contre une perte moyenne de -145.23€, le rapport est de 7.24. Et si l’on rapporte à l’exemple du lancer de pièces, une fois sur deux : pile je gagne 724€ face je perd 100€.

Nous voyons en plus que si l’on ajoute les 4 positions non clôturées au calcul au cours du 24/11/2015, nous augmentons encore le rapport gain- perte en le faisant grimper à 9.07.

En 2011, c’est le contraire mais les investissements non clôturés au nombre de 14 pèsent 39%. Nous avons fait 36 investissements sur l’année. Le rapport gains/ pertes de 5.17 des investissements réalisés passe à 4.19 quand on y ajoute les 14 investissements non clôturés.

En 2012, c’est pareil : sur les 40 investissements, 28 ont été réalisés et offre un rapport gains/pertes de 6.83. Les 12 sociétés encore en portefeuille représentant 30% des investissements de l’année font tomber le rapport gain perte à 4.83.

Jusque là, vous pourrez aussi remarquer que les investissements réalisés l’ont été entre 708 jours (2009) et 800 jours (2010). A partir de 2013, les investissements réalisés étant moins nombreux sous 40% du total des investissements de l’année, le temps moyen de réalisation varie entre 0 jours (2015) et 380 jours (2013).

C’est aussi à partir de 2013 que ces statistiques combinées sont plus fortement dépendantes de la fluctuation des cours car en 2013, 2014 et 2015, sur nos 84 investissements, 20 ont été réalisés, soit seulement 24%. Ce qui est donc le plus intéressant en attendant plus de réalisations, c’est de comprendre le déroulement du film !

Par exemple en 2013, nous avons 12 sociétés sur les 30 investissements de l’année qui ont été réalisées avec un rapport de gain / perte de 3.01 et un taux de réussite de 75% pour les sociétés en gain et 25% pour les sociétés en perte. Si nous ajoutons les 19 investissements encore en portefeuille, le rapport gains/ pertes tombe à 1.09 donc autour de l’équilibre et le taux de réussite des gains passe à 58.06% contre 41.94% du côté des pertes. Nous comprenons instantanément que nos investissements aurifères et matières premières sont pour l’instant la cause de la réduction conséquente de notre avantage statistique.

2014 est pour le moment et statistiquement parlant notre moins bonne année et là, c’est un peu l’inverse de 2013. Les 8 sociétés réalisées génèrent un rapport gains/ pertes de 0.77, cela signifie donc que les gains moyens sont inférieurs aux pertes moyennes et très inférieures puisque dans la pondération les gains représentent 62.50% (5 gain/ 8) contre 37.50% pour les pertes (3 perte/8). Que se passe-t-il ? La faillite d’Albemarle&Bond renforcée deux fois au cours de 2014 pèse lourd dans cette partie des investissements réalisés. Sans Albemarle&Bond le rapport gains/pertes serait de 2.74… Mais il y a Albemarle ! Contrairement à 2013, les sociétés encore en portefeuille relèvent un peu le rapport gains/pertes en le remontant à 0.88 Nous sommes donc statistiquement en négatif.

Il faut noter aussi que 26% des investissements de 2014 on été réalisés et que 76% sont donc toujours en portefeuille.

L’année 2015 n’a pas encore vu de vente réalisée. Toutes les sociétés sont donc encore en portefeuille. Les statistiques au cours du jour sont plutôt bonnes puisque le rapport gains/pertes est de 1.41, même si l’objectif a atteindre reste impérativement 2. Et sur les 23 investissements réalisés cette année, 13 sont en gain et 10 sont en perte au cours du jour.

Epilogue et tableaux

Avant de vous laisser découvrir les différents tableaux et chiffres, nous voudrions clôturer ce texte anniversaire en vous indiquant l’URL d’une étude que nous avons présenté sur notre blog le mois passé et qui nous a permis de mieux comprendre la valeur ajoutée de notre travail.

Si nous avons bénéficié de notre propre travail et de sa valeur ajoutée en premier lieu, nous espérons aussi que nous avons apporté à tous nos abonnés et à tous nos lecteurs au cours de ces 7 années écoulées, quelques petites choses qui auront pu leur servir à devenir de meilleurs investisseurs. Si c’est le cas, cela sonne alors pour nous comme de la valeur ajoutée supplémentaire à notre travail.

Nous nous devons enfin rendre hommage à Nassim Nicholas Taleb qui nous a permis de mieux comprendre l’importance des probabilités et du hasard dans l’investissement Value enseigné par Benjamin Graham dont nous nous sommes inspirés et qui nous a permis d’apporter, peut-être, un éclairage inédit sur le sujet.

Nous lui laissons le dernier mot qui nous semble bien résumer ce que signifie investir dans des sociétés estampillée Daubasse.

« On croit que l’intelligence consiste à relever des faits saillants alors que, dans un monde complexe, il s’agit plutôt d’ignorer ce qui n’est pas pertinent. »

Nassim Nicholas Taleb

2009.1 

2009 .2

 

2009.3)

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2010.1

2010.2

2010.3

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2011 (1)

2011.2

2011.3

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2012.1

2012.2

2012.3

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2013.1 - Copie

2013.2 - Copie

2013.3

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2014.1

2014.2

2014.3

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2015.1Mouvements complets 2015 dans la zone Premium.

2015.2

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Voici donc notre navire et toutes ses barquettes… 7 ans plus tard.

« Ceux qui prédisent ou expriment une opinion sur un sujet qui ne les implique pas ont toujours quelque chose de faux. Ils ne sombrent pas avec le navire, ils regardent un bon film d’action. »

Nassim Nicholas Taleb

La prochaine mise à jour sera disponible dans la zone premium de notre site dans les premiers 15 jours de janvier 2016.

Portefeuille au 4 Décembre 2015 : 7 ans 10 jours

Portefeuille : VL 7,9398 € (Frais de courtage et de change inclus)
Rendement Total : 685,86%

Potentiel Estimé VANT / Cours 111,13%

Rendement Annualisé : 34,08%
Rendement 2015 : 8,40%

Rendement 2014 : 5,46%
Rendement 2013 : 20,74%
Rendement 2012 : 24,19%
Rendement 2011 : -15,65%
Rendement 2010 : 38,07%
Rendement 2009 : 308,74% Continuer la lecture de Portefeuille au 4 Décembre 2015 : 7 ans 10 jours