Ancien edito : une approche festive et carnavalesque de l’investissement

joyeux noel et bonne année boursière 2016En cette période de trêve des confiseurs, l’équipe des daubasses prend un peu de repos bien mérité.

Entre pralines, foie gras et dindes, le tout copieusement arrosé d’Orval et autres nectars houblonnés, nous poursuivons notre traque incessante des plus belles daubasses.

Néanmoins, pour la partie rédactionnelle du blog, tout comme les années précédentes, nous avons plongé en apnée dans nos archives afin de vous proposer, cher(e) lecteur(trice), quelques anciens éditos de notre lettre mensuelle tels que nos abonnés ont pu les découvrir à l’époque.

C’est l’édito de la lettre « carnavalesque » de mars 2013 que vous allez retrouver ci-dessous.

Excellente lecture !

Approche carnavalesque

L’équipe des Daubasses profite d’une petite excursion européenne pour vous rapporter ses bons plans. En plein hiver, c’est la région de la Hesse et plus précisément dans la région de Rheingau, que nous avons notre lieu de villégiature. Peu connue au niveau européen, cette région allemande est réputée dans le pays comme destination touristique. Tout d’abord pour sa douceur de vivre. A quelques encablures de la financière et internationale Francfort, Rheingau est réputée pour sa bonhommie. En effet, il s’agit d’une des plus grandes régions viticoles allemandes. Les Riesling et autres Pinots Noirs (Spätburgunder, en allemand) n’ont rien à envier aux crûs français d’Alsace et de Bourgogne. Sans oublier le fameux « Sekt », un mousseux local tout à fait honnête qui vaut bien des crémants que nous pouvons trouver outre-Rhin. Le tout à des rapports qualité/prix intéressants.

Pour ne rien gâcher à cet aspect gastronomique, Wiesbaden, la capitale du Land (l’équivalent français administratif de la Région, mais avec une autonomie de gestion et de décision politique largement plus développée) est un haut lieu de détente avec ses sources thermales centenaires. Les nantis ne sont pas trompés, l’ancienne ville du Kaiser détient la densité de millionnaires la plus importante d’Allemagne. L’architecture vaut également le détour avec ses splendides bâtiments et ses grands boulevards pour la plupart pétions qui, ra-conte-t-on, ont été érigés dans le but de ressembler à Paris. C’est une impression d’espace, de grandeurs et de quiétude qui imprègne le promeneur rêveur. Ok, vous devez vous demander où nous voulons en venir. Quels rapports donc avec l’investissement avec cette balade en Allemagne ?

Tout d’abord, cette petite excursion se veut salvatrice pour tous ceux qui pensent qu’il faut absolument parcourir 10 000 km en avion pour se dépayser et découvrir de nouveaux lieux exceptionnels. Qui irait en plein hiver passer une semaine aux bords du Rhin, à Eltville ou Wiesbaden ? Bon, ok… Venons-en aux faits.

Cette période de l’année est en fait un peu « magique » en Allemagne. Il y a les allemands qui détestent et ceux qui adorent. Personne ne reste indifférent à cette période de Carnaval (Karneval), principalement fêtée dans l’Ouest de l’Allemagne (Cologne, Francfort, Mayence, Constance, …). Du même tonneau que toutes les fêtes carnavalesques à cette époque à travers l’Europe. Pendant plusieurs jours, les allemands fêtent la fin de l’hiver et se déguisent, font la fête, boivent (un peu..), les « carnavélistes » prennent possession des hôtels de villes et de tous les lieux de décisions politiques pendant plusieurs jours. Et surtout, il y a les fameuses parades.

C’est un événement étonnant pour le touriste qui ne connaît pas cette tradition. Par exemple, à Wiesbaden, une parade avec de nombreux chars défile pendant plusieurs heures. Environ 4 heures. Sur ces chars, des gens déguisés, plus ou moins masqués, bombardent littéralement une foule en furie sur les abords des rues, de toutes sortes de confiseries, chocolats, ballons, bières, bouteilles de vins (!), …

Les enfants sont les premiers concernés par cet évènement. Equipés d’un énorme sac, c’est à celui qui récupérera le plus de bonbons, chocolats, … En tant que chasseurs d’opportunités, pour nous, ce concept ne nous a pas laissé indifférent : récupérer toutes ces bonnes choses caloriques… gratuitement ! Quel Bonheur. Bien entendu, les enfants ne sont pas les seuls à s’adonner aux joies de la collecte de tous ces cadeaux. Lors des « largages » en plein air des présents, la foule se jette systématiquement vers les chars les bras en l’air pour tenter de capter en plein vol le maximum de choses. A ce moment critique, pour vous assurer de récupérer le maximum de confiseries, vous devez alors jouer des coudes, être plus grand que les autres, chasser ces « saloperies » de gosses qui trainent dans vos pattes, … Bref, vous êtes en concurrence directe avec une multitude de personnes, elles aussi, comme vous, avides de ces précieux présents gratuits.

Et là, au milieu de cette marée humaine, nous voyons un petit garçon qui n’est pas avec les autres. Mais que fait-il ? Pourquoi ne se rue-t-il pas vers les chars comme les autres enfants lors des envois de marchandises ? En fait, ce gamin, bien plus malin que les autres, ne se bat pas avec difficulté avec les enfants plus grands que lui, plus vifs et plus forts qui attrapent en plein vols les bonbons. Simplement, il récupère par terre tout ce que les gens n’ont pas réussi à attraper directement dans les airs. Son sac est plein de bonbons, son sourire grand jusqu’aux oreilles. En quelques minutes, il abat le travail équivalent à celui de plusieurs heures des autres enfants ! En fait, ce gamin a mis en place une stratégie qui lui permet de récupérer bien plus de confiseries que les autres enfants, avec beaucoup moins d’efforts. C’est peut-être une méthode moins « festive », mais pour le moins efficace et le résultat est là.

Ce comportement nous a rappelé celui de Warren Buffet comme expliqué dans sa biographie « L’effet boule de neige ». Alors qu’il n’était encore qu’un enfant, Warren adorait aller aux champs de course avec son copain Russ dans les années 40 à Ohama :

« Warren et Russ étaient trop jeunes pour parier, mais ils comprirent rapidement comment gagner de l’argent. Parmi les mégots de cigarette, les trainées de bière, les vieux programmes, et les restes de hot-dog, dans la crasse et la sciure des gradins d’Ak-Sar-Ben, des milliers de tickets abandonnés s’étalaient. Les garçons se transformaient en véritables chiens truffiers à la recherche de ces tickets.

« On appelle cela « faire les poubelles ». Au début de la saison des courses, beaucoup de gens viennent qui n’ont jamais vu une course sauf au cinéma. Et ils pensent que si leur cheval arrive en deuxième ou troisième position, ils n’ont rien gagné, parce qu’on accorde toute l’importance au gagnant. Ils jettent alors leurs billets d’entrée et leurs tickets de pari. Autre occasion où on peut se faire beaucoup d’argent : lorsqu’a lieu une course contestée. Une petite lumière s’allume pour dire «contesté » ou « protestations ». Alors, certaines personnes jettent leurs tickets. Entre temps, il suffisait pour nous de les récupérer. Nous ne les regardions même pas, nous ramassions tout ce qu’on trouvait. Le soir venu, on les examinait. C’était horrible, les gens crachaient par terre. Mais nous nous amusions beaucoup. Si je trouvais des tickets gagnants, ma tante Alice, qui ne s’intéressait pas du tout aux courses, les empochaient pour nous parce qu’ils ne donnaient pas d’argents aux enfants. »

Penser différemment, sortir des sentiers battus, paraître parfois étrange aux yeux des autres, … Autant de points dans lesquels l’équipe des Daubasse se reconnaît. Nous jouons sur notre différence, notre process original pour aller là où peu d’investisseurs vont. Notre but étant d’obtenir ainsi des rendements (bien) supérieurs à ce que la moyenne obtiendra.

Nous aurions peut-être dû prendre les coordonnées de ce bambin…

Ce mois-ci, nous vous emmenons également hors des sentiers battus avec une analyse d’un holding actifs en Indonésie et aux Philippines, dont nous avons acheté quelques titres pour notre portefeuille. Des pays d’Asie en pleine croissance bien loin des querelles sur les 0,3% ou 0,5% que nous cherchons à atteindre dans certains pays du vieux continent. Nous gardons néanmoins le cap « PEA » avec l’analyse d’une entreprise familiale française.

 

 

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