Les chroniques de l’investisseur chronique : le risque

rp_chronique-investisseur-300x188.jpgCe texte fait partie de la série proposée par notre ami-chroniqueur Laurent Muller.

Même si nous ne partageons pas tout-à-fait les mêmes principes d’investissement, nous nous sommes trouvés énormément de points communs et les raisonnements développés parLaurent nous ont paru marqués par le sceau du bon sens.

Le risque. Ce simple mot évoque l’effroi. Quel gentleman pourrait ne pas chercher à l’éviter à tout prix ?

Cet article a pour but de présenter mes opinions sur le risque.

Pourquoi le risque est-il perçu de manière négative ? Principalement parce qu’il est associé à une issue incertaine qui peut être négative. Et qui pourrait raisonnablement souhaiter une situation future défavorable ? Pour ma part, je considère le risque comme un concept intrinsèquement neutre, ni positif ni négatif, caractérisé par les éléments suivants :

  • Une issue incertaine.
  • Une fréquence de survenue d’évènements.
  • Les évènements peuvent avoir une ampleur plus ou moins grande, positive ou négative.

La notion complémentaire au risque, qui me semble lui donner une coloration, est celle d’espérance mathématique. Cette dernière permet également de quantifier le risque comme produit entre une fréquence et son impact.

 

Le risque d’un placement non risqué

L’un des types de placement perçu comme non risqué par le public est le placement sur livret, comme cet argent ne peut pas être perdu.

Malheureusement, dans ce calcul, l’inflation n’est pas prise en compte.

L’espérance mathématique d’un tel placement tourne autour de 0.

Le placement sans risque par excellence n’est donc pas sans risque puisqu’il nous expose au risque d’inflation.

 

Le risque de confier la gestion de son argent à des tiers

Confier son argent à une personne qui n’a pas le même intérêt que vous à bien le gérer, me semble induire un risque significatif. J’y ai d’ailleurs été exposé lors de mes premiers placements en bourse, en achetant des SICAV mais j’en suis revenu.

Ce risque me semble généralement sous-évalué : les investisseurs débutants et moi en premier, pensent que des professionnels seront mieux à même qu’eux-mêmes de gérer leur argent.

Cela dit, il est probablement encore plus risqué d’investir sur un support sans avoir des idées globalement rationnelles et fondées.

Les salariés et leur retraite

Personnellement, j’ai tendance à considérer que mes cotisations retraite de salarié ne me rapporteront strictement rien (ou au moins, qu’il ne faut pas compter sur cette source de revenus à la retraite).

Cette contrainte peu engageante assumée peut ouvrir à d’autres possibilités pour faire face à cette situation, comme l’investissement ou l’entrepreneuriat, et être in fine motrice.

Il est par ailleurs amusant de constater que le salarié (en France, en particulier) est pieds et poings liés, n’ayant pas l’option de ne pas cotiser ni celle de gérer lui-même les sommes capitalisées, la société le protégeant contre lui-même… Personnellement, je préfèrerais gérer moi-même cet argent et avoir la possibilité de ne pas cotiser, si bon me semble.

Le risque d’un placement en actions

Il est généralement admis qu’un placement en actions est risqué. Certes la volatilité y est plus grande que sur d’autres supports et il est possible d’avoir une performance négative sur ce type de placement donc de perdre de l’argent.

De mon point de vue, le risque d’un placement en actions est relatif :

  • Les marchés dans leur ensemble ont une espérance mathématique positive, grâce notamment au versement des dividendes.
  • Les actions protègent indirectement contre l’inflation (au moins lorsque l’entreprise peut répercuter l’augmentation du prix des matières premières sur les produits qu’elle vend)
  • Avec un investissement valeur (acheter à un prix très inférieur à une valeur estimée), il est également possible d’augmenter l’espérance mathématique.
  • La performance historique d’un placement en actions donc l’espérance mathématique est plus forte que celle d’autres supports : immobilier, monétaire, métaux précieux ou obligations, par exemple.

Actions – Blue chips ou small/mid caps ?

Je vais être délibérément caricatural. Imaginons que la valeur d’une entreprise soit proportionnelle à sa taille et que son prix soit égal à sa valeur.

Avec ces hypothèses, certes fantaisistes, laquelle de la blue chip rassurance ou de la small/mid caps a l’upside le plus important ? Laquelle est la plus risquée, toute chose égale par ailleurs ?

Le risque de faillite d’une entreprise

Le risque de faillite me semble un cas intéressant car il effraie nombre d’investisseurs et permet d’induire des divergences prix / valeur importantes. Je pense que le risque de faillite est généralement très exagéré. Finalement, le risque maximal que court l’investisseur est celui de perdre tout l’argent investi dans cette action. La faillite d’une entreprise (hors effet de levier) ne peut pas vous placer dans une situation de surendettement. En se diversifiant, l’investisseur peut se prémunir contre ce risque.

Le risque de surendettement

L’un des risques qui me semble souvent négligé et auquel je suis particulièrement sensible parce qu’il peut nous faire changer de condition est celui de surendettement. Il faut à mon sens respecter le principe d’un endettement inférieur au patrimoine net (si possible liquide), sauf sur des périodes courtes, pour qui accepte ce niveau de risque pour accélérer le processus de capitalisation, par exemple en phase d’accumulation d’un patrimoine initial.

Faire l’acquisition d’un bien immobilier sans disposer des fonds correspondants me semble très risqué.

Le risque de change

Le risque de change donne une coloration a priori négative à ce phénomène comme le risque est perçu négativement. Personnellement, je parlerais plutôt, pour contrebalancer, d’opportunité de change. En effet, l’évolution des monnaies peut jouer à notre avantage ou à notre désavantage. De plus, les variations de mes placements ayant des amplitudes plus importantes que l’évolution des monnaies correspondantes, cette dernière représente une composante mineure de la variation.

Investir dans une monnaie étrangère permet également une asymétrie des positions: si la paire JPY/EUR perd 50 %; mon capital placé en JPY a évolué de – 50 % en EUR; en revanche, si la paire EUR/JPY perd 50 %, mon capital placé en JPY a évolué de + 100 % en EUR.

Une stratégie intéressante atypique, pour qui pourrait la mettre en œuvre, serait de placer la moitié de son argent dans une monnaie et l’autre moitié dans une seconde et habiter dans le pays dont la monnaie est la plus faiblement valorisée.

Risque d’impayé de ses locataires

Lorsque j’ai découvert que les assurances permettant de couvrir contre les risques locatifs (GRL / GLI) de ses locataires s’élevaient à 2,5 % du loyer, il m’est apparu que la peur du locataire qui ne paie pas est exagérée, comme celle de faillite d’une entreprise.

Le risque de ne rien risquer

Nul doute à mon sens qu’il est risqué de ne rien risquer. La vie est par nature un risque. En respectant quelques règles de bon sens, il est possible de faire jouer le risque en sa faveur :

  • Risquer lorsque l’espérance mathématique est (fortement) positive.
  • Diversifier.

 

  • Ne pas avoir peur de perdre les montants investis (considérer que son épargne est « perdue »).

 

Conclusion

Je conclurai cette chronique en disant que le risque fait partie intégrante de la vie. Ce qui est perçu comme fortement risqué ne l’est pas nécessairement et réciproquement.

Je considère, au risque de faire dresser des cheveux sur certaines têtes, que je gère mon argent en « bon père de famille actif » et que mes investissements ne sont globalement pas très risqués.

N’hésitez pas à donner votre avis en commentaire.

 

Portefeuille au 29 Janvier 2016 : 7 ans 66 jours

Portefeuille : VL 7,6228 € (Frais de courtage et de change inclus)
Rendement Total : 654,49%

Potentiel Estimé VANT / Cours 124,59%

Rendement Annualisé : 32,49%
Rendement 2016 : -3,24%

Rendement 2015 : 7,56%
Rendement 2014 : 5,46%
Rendement 2013 : 20,74%
Rendement 2012 : 24,19%
Rendement 2011 : -15,65%
Rendement 2010 : 38,07%
Rendement 2009 : 308,74% Continuer la lecture de Portefeuille au 29 Janvier 2016 : 7 ans 66 jours

Antifragile de Nassim Nicholas Taleb (2e partie)

Antifragile-talebCet article constitue le 2e d’une série consacrée à l’ouvrage de Nassim Nicholas Taleb, Antifragile: Les bienfaits du désordre.Vous pourrez relire la première partie ici.

« Je veux vivre joyeusement dans un monde que je ne comprend pas »…

… ainsi commence le paragraphe « l’antidote au Cygne Noir » par Nassim Taleb. Mais, bien entendu, avant d’en arriver à l’antidote, il brosse un portrait rapide de ce qu’est un cygne noir, de ses conséquences, de la perception que l’on en a et de ce que certains font pour faire comme si cela n’existait pas. Ou encore mieux, comme si c’était prévisible … après coup bien sûr. Le tout dans le pur style Taleb qui égrène, l’air de rien, un contre-académisme caustique et sans concession.

Taleb définit donc les cygnes noirs comme des évènements imprévisibles et irréguliers qui se produisent à grande échelle et qui ont d’énormes conséquences. Mais il va plus loin en affirmant que l’essentiel de l’histoire est dû à des cygnes noirs alors que nous nous préoccupons de développer des modèles et des théories pour mieux comprendre l’ordinaire, qui sont incapables de suivre la trace de ces chocs et encore moins de mesurer leurs éventualités.

« Les Cygnes Noirs détournent nos cerveaux, en nous donnant l’impression des les avoir « pour ainsi dire » ou « quasiment » prévus, parce que l’on peut les expliquer rétrospectivement. Nous ne nous rendons pas compte du rôle que jouent ces cygnes noirs dans la vie parce que nous avons l’illusion qu’ils sont prévisibles« . Et Taleb de poursuivre en expliquant que nos vies sont beaucoup plus « labyrinthiques » que notre mémoire nous le suggère et que notre esprit nous fait envisager l’histoire de manière tellement linéaire, que nous sous-estimons toujours le hasard. Mais quand nous en prenons conscience, nous le redoutons vraiment au point de réagir avec excès. « A cause de cette crainte et d’une soif d’ordre, certains systèmes humains, en perturbant la logique invisible ou guère visible des choses, tendent à s’exposer au tort que peuvent leur causer les Cygnes Noirs et n’en tirent presque jamais de profit. C’est un pseudo ordre que l’on obtient quand on recherche l’ordre ; on n’obtient qu’une certaine mesure d’ordre et de contrôle quand on englobe le hasard. »

En fait, Taleb nous explique que les systèmes complexes sont remplis d’interdépendances, difficiles à discerner et de réactions non linéaires. Et d’insister sur ce qu’il entend par « non linéaire » avec deux exemples : « Lorsque l’on double la dose d’un traitement médical ou le nombre de salariés dans une usine, on n’obtient pas le double de l’effet initial mais plutôt beaucoup plus ou beaucoup moins« . Et si l’on devait tracer l’effet de ce doublement sur un graphique, ce ne serait pas à l’aide d’une droite linéaire mais d’une courbe.

Donc, quand des systèmes complexes sont conçus par l’homme, ils produisent aussi des réactions en cascade et de plus en plus rapides, qui diminuent, voire rendent impossible la prévisibilité et déclenchent des évènements démesurés. Et paradoxalement, la technologie d’aujourd’hui rend les choses encore moins prévisibles pour des raisons en rapport avec la croissance de l’artificielle qui s’éloigne des modèles ancestraux et naturels et perd de la robustesse. Taleb pense que nous sommes victimes d’une nouvelle maladie qu’il nomme « néomanie », qui nous ferait penser que nous instaurons du progrès alors que ce sont des systèmes vulnérables sujets aux cygnes noirs.

« Un aspect fâcheux au problème du Cygne Noir, le point central sur lequel on fait l’impasse, est que l’on ne peut tout simplement pas évaluer les chances que les évènements rares se produisent » et de citer l’exemple que l’on comprend beaucoup moins un évènement qui se produit tous les 100 ans que tous les 5 ans car les erreurs de modélisation augmentent quand les probabilités sont faibles. En fait, plus un évènement est rare, plus il est difficile à appréhender et moins nous en savons sur sa fréquence.

Et pourtant, s’amuse Taleb, plus l’évènement est rare, plus ces « scientifiques » s’appliquent à faire des prédictions, des modélisations avec des Power Point remplis d’équations quand ils font une conférence et affiche en plus une confiance en eux.

Pour Taleb, le seul et le meilleur expert en évènements rares, c’est la nature qui gère les cygnes noirs depuis des milliards d’années sans avoir besoin d’être très instruite en matière de commandement et de contrôle par un directeur d’étude nommé par un comité de recherche d’une université prestigieuse. Et il conclut ce paragraphe de cette manière : « L’antifragilité n’est pas que l’antidote au Cygne Noir : le fait de la comprendre nous rend moins craintifs intellectuellement en acceptant que ces évènements jouent un rôle nécessaire à l’histoire, à la technologie, au savoir et à tout ce que vous voudrez. »

Ce que nous apprécions le plus dans ce prologue de l’antifragile, c’est le fait que Nicholas Nassim Taleb nous explique que peu de personnes sont capables de tirer profit des Cygnes noirs parce qu’elles redoutent le hasard et sont bloquées intellectuellement par le désordre qu’ils provoquent. Et pourtant, en 2008, Taleb n’avait sans doute pas encore écrit une seule ligne de ce livre et l’équipe des Daubasses ramassait des net-nets à la pelle comme on ramasse des feuilles mortes en automne, en nous basant sur la réflexion la plus puissante de tous les temps produite par Benjamin Graham. Et cette réflexion a été écrite a l’occasion d’un autre cygne noir : 1929.

Cela nous permet en conclusion de nous poser une question et d’essayer de formuler une réponse.

Pourquoi, au lieu d’être figé par le désordre de 2008, les écrits de Benjamin Graham nous ont permis de profiter de ce Cygne Noir ?

Nous pensons que la seule chose qui a compté dans les écrits de Benjamin Graham qui nous a permis d’échafauder notre process, c’est le bon sens… Dans la folie d’un cygne noir, avant, pendant et après, le bon sens disparait progressivement sans que l’on comprenne vraiment ce qui se passe, où cela va s’arrêter et les conséquences réelles… La simplicité chiffrée exprimant le bon sens, blanc sur noir, apparait alors comme un point lumineux, une évidence. Et sans être des génies, nous l’avons souvent répété, nous avions compris dès 2008 qu’il y avait aussi dans notre méthode une dose de hasard : le fait que nous achetions des actifs à bas prix ne garantissait rien, même si les probabilités de perte étaient réduites… Quand nous relisons nos articles de 2008 qui traduisent certaines de nos réflexions avant de démarrer, c’est ce qui apparait.

Extrait de Antifragile: Les bienfaits du désordre, page 17 – 18

PS : A chaque article sur le livre de Nassim Nicholas Taleb : « Antifragile : les bienfaits du désordre », nous espérons vous démontrer que c’est un livre important pour tout investisseur et que son achat nous semble être un excellent investissement.

 

 

Portefeuille au 22 janvier 2016 : 7 ans 59 jours

Portefeuille : VL 7,4609 € (Frais de courtage et de change inclus)
Rendement Total : 638,46%

Potentiel Estimé VANT / Cours 132,28%

Rendement Annualisé : 32,19%
Rendement 2016 : -5,30%

Rendement 2015 : 7,56%
Rendement 2014 : 5,46%
Rendement 2013 : 20,74%
Rendement 2012 : 24,19%
Rendement 2011 : -15,65%
Rendement 2010 : 38,07%
Rendement 2009 : 308,74% Continuer la lecture de Portefeuille au 22 janvier 2016 : 7 ans 59 jours

Bas les masques : Zoom Telephonics

analyse financiere de zoom telephonicsAcheter des actifs fortement décotés peut, pour qui se montre patient, générer des rendements importants et ce d’autant plus lorsque la société détient des actifs cachés. Nous avons souvent apporté la preuve de ce phénomène durant les 7 années d’existence de notre portefeuille et la société que nous vous présentons en constitue une autre.

La société en question, c’est Zoom Telephonics, les actifs cachés, c’est le savoir-faire technologique et la preuve, c’est la multiplication par 8 de notre investissement initial en un peu plus de deux ans : en effet, le 12 juin 2015, nous avons vendu pour 1,04 USD / unité, des actions achetées deux ans plus tôt au cours 0,1478 USD.

Fidèles à nos habitudes, nous vous présentons donc l’analyse que nous avions proposée à nos abonnés au moment de notre achat ainsi que les « news de suivi » qui ont été publiées au fil des différentes lettres mensuelles.

Bonne lecture !

 

Zoom Telephonics, Inc.

(OTC, Ticker: ZMTP / ISIN : US98978K1079)

 

I. Introduction

Zoom Telephonics est une spin-off de la société Zoom Technologies qui en 1999 est rachetée par une société chinoise. A cette époque, la société Zoom Telephonics, entité de la société Zoom Technologies, reprend sa liberté en devenant une société bien distincte qui fera son entrée en bourse cette année-là. Mais la société ne commence pas sa vie à cette date puisqu’elle existe depuis 1977 et son siège est situé a Boston, Massachusetts.

C’est une société technologique qui fabrique et commercialise des produits à haut débit pour la téléphonie fixe et mobile, des modems dial-up, des produits Wifi et Bluetooth compatibles sans fil et divers autres produits liés à la télécommunication.investir dans la nouvelle économie

Le segment modems dial-up représente 34% des ventes, tandis que l’ensemble des autres produits représentent 66% des ventes.

Si les produits de Zoom Telephonics sont fabriqués en Asie, son chiffre d’affaire est réalisé aux USA pour 91%, en Angleterre pour 5% et dans le reste du monde pour 4%.

Ses 3 principaux clients représentent 64% de son chiffre d’affaire.

Au niveau démêlé en justice, la direction informe les actionnaires qu’une plainte a été déposée par la société Telecom Innovation LLC, contre Zoom Telephonics ainsi que plus de 23 autres sociétés dont Dell, producteurs de modem dial-up et de télécopieurs. Un seul produit de Zoom Telephonics est visé par la plainte: c’est le modem modèle 3095 qui selon la direction est produit sous licence Conexant. La direction n’est pas en mesure d’évaluer les coûts d’un jugement négatif, mais vu que la société n’est pas la seule visée et qu’un seul de ces modèles est attaqué, elle n’a pas l’air de prendre cette plainte trop au sérieux. C’est en tout cas notre sentiment à la lecture du bref communiqué.

Zoom Telephonics est dirigée par Franck Manning, co-fondateur et CEO de la société, et son frère Terry Manning, directeur marketing. A eux deux, les frères Manning possèdent 24% des actions de la société et les 4 principaux directeurs en possèdent 26%. Ce qui nous fait penser que la société possède un poids familial non négligeable et que la direction est bien impliquée dans la société.

Nous vous présentons cette analyse à partir du rapport trimestriel clôturé au 30 septembre 2012. Le 2 avril 2013, nous avons acheté 4 000 actions Zoom Technology au cours de 0,1478 USD.

II. La Valeur d’Actif Net Net (VANN)

La société possède un actif courant d’une valeur de 0.78$ et a des dettes de 0.33$. Sa valeur d’actif net-net est donc de 0.45$ par action.

III. La Valeur d’Actif Net Estate (VANE)

La société n’étant pas propriétaire de ses bâtiments, il n’y a par conséquent pas de valeur Net-Estate.

IV. La Valeur de Mise en Liquidation Volontaire (VMLV)

Voyons maintenant de quoi est composé le bilan. Dans les actifs courant, les liquidités ou assimilables sont composées de 0.03$ de cash et de 0.01$ , représentant 80 000 actions de Zoom Technologies, qui peuvent être vendues à tout moment sur le marché.

Vu la volatilité possible, nous amputons de 50% la valeur actuelle de ces actions et retenons 0.00$ de cash possible. Les liquidités s’élèvent donc à 0.035$.

Le compte clients vaut 0.27$. Nous observons que la durée des paiements des factures est en augmentation de 7 jours par rapport à la moyenne des 3 derniers bilans, passant de 38 à 45 jours. Nous remarquons également que la direction, assez prudente, a provisionné 0.03$ en cas de mauvais paiements.

Si nous tenons compte de la relative concentration des 3 clients principaux de la société (qui pèsent 64% des ventes), nous allons par prudence prendre une marge de sécurité de 20% sur les comptes clients, ce qui représente en gros la perte d’un de leurs trois meilleurs clients. Nous retenons donc pour ce compte clients une valeur de 0.2160$.

actions high techLe stock vaut 0.45$. Si nous tentons de décortiquer ce stock, le post le plus important de l’actif circulant, nous observons tout d’abord que le taux de rotations du dernier bilan s’est réduit de 4 jours, puisque la moyenne des 3 derniers bilans est de 105 jours et la moyenne de ce dernier bilans est de 101 jours, ce qui est un bon point.

La direction nous explique ensuite que le stock est géré en FIFO (premier rentré – premier sorti), ce qui nous semble assez sensé pour du matériel technologique qui peut rapidement devenir obsolète, ce qui représente un second bon point. De plus, le prix du stock est comptabilisé aux coûts les plus bas, ce qui nous semble assez conservateur, et représente un troisième bon point.

Enfin, la ventilation du stock est composée de 32% de produits de base, 4% de produits en cours d’assemblage et de 64% de produits finis. Malgré l’accumulation de trois bons points, et la rotation de 101 jours (en gros 3 mois), nous jugeons qu’il est nécessaire de rester très prudent avec le stock d’une société technologique. Nous prenons donc une marge de sécurité supplémentaire de 20% sur la valeur du stock en cas de mise en liquidation volontaire, ce qui nous donne une valeur du stock de 0.36$.

Dans les actifs à long terme, nous ne trouvons que de l’équipement qui figure au bilan pour 0.004$. Et nous observons que rapporté au cout d’acquisition, cette somme représente 6%. Nous décidons donc de la reprendre intégralement, soit 0.004$.

Actif courant

Liquidités : 0.035 $
Compte client : 0.2160 $
Stocks : 0.36$

Actif immobilisé

Equipements : 0.004$

Nous avons donc un actif total de 0.6150$

Hors bilan, nous avons trouvé des leases avec un contrat intéressant, où la société Zoom Telephonic peut se désengager dans les trois mois suivant le renon. La société annonce donc le prix de sa location de 2012 à 2014, soit sur 3 ans: 0.09$.

Au niveau des stocks options, les prix d’exercice dépassant la VANT de 0.4555 $, nous n’en tenons donc pas compte

Si nous soustrayons les dettes de 0.33$ et les locations de 0.09$ de l’actif total, nous trouvons une valeur de mise en liquidation volontaire de 0.1950$.

V. La Valeur de la Capacité Bénéficiaire (VCB)

La société n’ayant pas enregistré de profits à ce jour, il est impossible de calculer la VCB.

VI. Conclusions

A un cours de 0.19$, nous disposons d’une marge de sécurité de

57% sur la valeur net-net

2.56% sur la VLMV

Nous comprenons relativement bien pourquoi Zoom Telephonics a rejoint la grande équipe des Daubasses. En fait, son segment modems dial-up, qui pèse 34% de ses ventes, est en perte de vitesse, car ce type de modem est dépassé, et ceci dans le monde entier et bien entendu aux USA également. De nos jours, ce sont les modems à large bande (type ADSL) qui sont utilisés, ainsi que d’autres types de modem que la société fabrique aussi.

Dans le bilan cela se traduit par une baisse des ventes de -28% sur les modems dial-up, tandis que les autres produits, dont des modems à large bande ont des ventes en hausse de 15%.

Notre société est donc face à deux canaux de vente, un qui se tarit petit à petit et va finir par s’assécher, celui des modems dial-up, et l’autre qui s’élargit et dont le débit augmente, celui des autres produits dont les modems à large bande ADSL.

Nous sommes donc dans une situation d’équilibre que le marché n’apprécie pas, puisque ce marché ne semble pas trop convaincu de la capacité de la société à négocier ce changement, qui nous semble pour notre part relativement bien négocié pour le moment au niveau des ventes, en progression du second canal de vente.

Et ce qui nous conforte dans cette idée que la société veut proposer des produits innovants comme elle parvient déjà à en proposer aujourd’hui, c’est sa R&D. Car sur la période qui court de 2009 à 2012, soit sur 4 ans, la société a dépensé 0.68$ en R&D, ce qui signifie par an un budget R&D moyen de 0.17$ par action, soit en gros son cours actuel.

Si en général, nous considérons la R&D comme une cerise sur le gâteau (ce qu’elle est dans ce cas-ci aussi), nous pensons aussi de manière réaliste (traduite dans le bilan) que la R&D a déjà porté ses fruits.

Et pourquoi ne parvient-elle pas à dégager des profits nous direz-vous ? En fait sur les 4 dernières années, seul en 2010 la société a dégagé un petit profit. Sur les dernier 4 ans, la société a accumulé 0.55$ de pertes par action. Si elle n’avait donc pas été obligée, pour sa survie, de dépenser 0.68$ en R&D, elle aurait dégagé un profit de 0.14$ par action sur 4 ans, ou 0.03$ en moyenne.

Dernier point, les ventes sur les 9 premiers mois 2012 sont en augmentation de 24% par rapport aux 9 premiers mois de 2011. Et si l’on se reporte aux ventes comparées à 2009, en annualisant les ventes de 2012, ces ventes ont augmenté de 49%.

Si cet investissement n’est pas dénué de risque, nous pensons avoir décelé plusieurs points de dynamique, nous permettant de penser que la société est capable d’augmenter ses ventes dans le futur et ainsi de sortir de sa décote, pour atteindre au moins sa VANT de 0.45550 $ et donc réaliser son potentiel de 139%, au cours actuel. Bien entendu, nous aurions aimé un collatéral un peu plus solide comme un immeuble de bureau, qui aurait pu nous assurer une assise plus stable.

Dernier élément: quand nous avons trouvé cette société et que nous l’avons rajoutée dans notre watching list, la liquidité était acceptable. Mais aujourd’hui cette liquidité s’est réduite, ce qui peut rendre la constitution d’une ligne plus difficile.

 

NEWS DE SUIVI

2013 Mai

Le bilan annuel de Zoom Telephonics nous semble en demi-teinte. D’une part, la valeur de l’actif net-tangible est en recul d’une dizaine de pourcents et vaut aujourd’hui 0.4161$. Et la valeur netnet de la société également en recul, vaut désormais 0.4066$. Nous trouvons l’explication de ce recul dans le compte des résultats. Si les ventes ont bien augmenté de 15% en 2012, comparé à 2011, le coût des produits a également augmenté de 18%. Les frais liés à la vente sont en recul de 5%, mais les frais d’administration sont en progression de 6.8%. Note positive, les frais de R&D sont également en progression de 15% et par action, ces frais s’élevant à 0.17$. Au final, la société fait une perte de 0.11$, comparé à une perte de 0.15$ en 2011. Une pure techno comme nous les aimons.

L’inconvénient de cette société est sans conteste sa liquidité réduite. Nous ne sommes pas parvenus à acheter la quantité que nous voulions pour notre portefeuille. D’autre part, après un bond d’un peu plus de 100% depuis notre achat, le potentiel estimé s’est épuisé rapidement et d’autant plus que la VANT a maigri quelque peu. Le potentiel est aujourd’hui de 39%.

2013 Juin

Le bilan du premier trimestre de Zoom, n’est pas brillant. La valeur patrimoniale (VANT) de la société a baissé de 10%, passant de 0.41 USD à 0.37 USD. La valeur Netnet est de 0.3642 USD.

En cause principale d’abord, une baisse du chiffre d’affaire de 29% comparé au même trimestre 2012. Et ensuite, un change défavorable venant alourdir l’ardoise de 0.01 USD par action, alors qu’un an plus tôt sur la même période, ce change était favorable. La perte est, sur le trimestre, de 0.05USD alors qu’un an plus tôt elle était de 0.02 USD.

2013 Août

Le bilan du deuxième trimestre nous apprend que la situation patrimoniale est stable avec un biais positif. La valeur netnet de la société s’établit à 0.3664$ après un léger redressement, pour allongement de paiement des clients, le délai moyen sur 3 exercices étant de 49 jours alors qu’avec ce bilan nous constatons qu’il est passé à 59 jours. La valeur d’actif net tangible est de 0.3757$ par action.

Si l’on se penche sur le compte de résultat à 6 mois, nous observons une baisse du chiffre d’affaire de 25% et une baisse des coûts des produits de 32%. Dans un même temps, les frais fixes liés à la vente et à l’administration, sont également en baisse de 19%. Le budget R&D a été raboté de 19% et donc sur ses six premier mois la perte est de 0.04$ par action au lieu de 0.05$ par action sur la même période un an plus tôt. Nous pouvons donc déjà dire, à première vue, que la direction a pris des mesures assez fortes pour contrer l’hémorragie des ventes…

Ce qui se précise encore plus clairement, si l’on se penche cette fois sur les résultats du seul trimestre, où nous constatons toujours une baisse du chiffre d’affaire de 22% mais également une baisse du coût des produits de 33%. Les frais fixes baissent quant ’à eux de 6% tandis que la R&D en prend cette fois un coup avec une baisse de 34%. Au final, la société dégage un petit profit de 0.01$ par action alors qu’elle enregistrait une perte de 0.03$ un an plutôt sur la même période.

Nous pensons quand même que ce compte de résultats nous montre d’une part que la direction est capable de prendre des mesures que nous jugeons positives, pour réduire les coûts, bien que d’un autre côté, une techno comme Zoom Telephonics a un besoin vital de R&D pour améliorer ses produits existants et surtout pour innover. Ce qui signifie de notre point de vue que tailler dans la R&D c’est un peu commencer à scier la branche sur laquelle on est assis. L’affaire est donc à suivre.

Autre nouvelle sur la société : une augmentation de capital est prévue, avec distribution préalable de droits de participation RTS. Cette nouvelle nous a dans un premier temps permis d’être enthousiaste, sur le fait qu’elle nous donnerait la possibilité d’étoffer notre ligne à bon prix. Mais nous avons vite déchanté quand nous avons appris que le droit de participation vous permettait d’acheter une action à 0.28$… alors que notre prix de revient frais inclus des 4000 actions que nous possédons en portefeuille est de 0.1478$… En plus, avec une VANT de 0.3757$, un achat à 0.28$ l’action offre un potentiel bien maigre de 37% ! La date de cotation de ces droits RTS et le nombre d’actions émises n’est pas encore connu au moment où nous rédigeons ces news. Nous n’avons pas encore pris la moindre décision sur ce que nous allons faire et attendons plus d’informations.

2013 Novembre

Nous ne disposons pas, au moment où nous écrivons ces news, de la Sec Filing du troisième trimestre, mais seulement d’un compte rendu détaillé des résultats de la société sur le site « Market Wired ». Nous constatons une baisse de la valeur patrimoniale de la société de 2.76% à 0.3653$. La valeur netnet s’établit à 0.3581$. Sur les neuf premiers mois de l’année, les ventes sont en recul de 25%. Le coût des produits est également en recul de 30%. Quant aux coûts fixes hors R&D, ils sont en recul de 8%, tandis que la R&D a fondu de 18%, tout ceci par rapport à la même période un an plus tôt. Résultat des courses: la société limite ses pertes à 0.07$ par action, perte égale à la même période un an plus tôt.

Nous revérifierons tous ces chiffre dès que la Sec Filing disponible.

La direction nous explique que ces résultats décevants sont générés par la baisse des modems dialup aux USA et à l’étranger (ces modems étant concurrencés par les modems par câble). Une évidence grosse comme une maison Pour ceux qui ne sont pas spécialistes du sujet, on comprend facilement que le modem qui « fait comme un téléphone » est voué à disparaître. Nous apprenons aussi et heureusement, que la société travaille sur de nouveaux produits, mais que l’un d’entre-eux, le Zoom Guard, a pris du retard. La société semble satisfaite de la réduction des coûts que nous venons de vous décrire, mais cela ne nous semble pas suffisant à ce stade, même si c’est effectivement positif. Le plus inquiétant reste, de notre point de vue, la réduction de la R&D car sans recherche et découverte de nouveaux produits, Zoom Telephonics finira « moribonde ». Toute l’incertitude liée à une daubasse est donc bien présente.

2014 Février

Un changement de direction est annoncé chez Zoom. Pour une daubasse, c’est toujours une excellente nouvelle.

2014 Mars

Nous ne disposons pas encore du rapport annuel édité par la SEC, mais du bilan présenté par Market Wired. La valeur d’actif net tangible de la société est en recul de 11%, à 0.3241$. La valeur netnet est aussi en recul à 0.3171$. Durant l’année 2013, la société a vu son chiffre d’affaire fondre de 24%. Le coup des produits a heureusement fondu lui aussi de 54%. .Au niveau des frais fixes, nous notons une diminution de 11%. Moins réjouissant à première vue, la R&D a diminué également de 20%, mais nous apprenons dans les explications qui précèdent les chiffres que cette réduction de la R&D est principalement due à une réduction des frais de consultance et de certification, la recherche et développement en elle-même n’est donc pas remise en cause. La société signe donc en 2013 une perte de 0.14$ par action, alors qu’en 2012 la perte était de 0.11$ par action.

La Direction justifie cette perte par une baisse des ventes de leurs modems téléphoniques. On savait que ce serait inévitable. Par contre, la Direction prétend restée concentrée sur le lancement de leurs nouveaux produits, et notamment de deux types de modems ainsi que des capteurs pour la sécurité d’habitations individuelles. Ils se disent enfin optimistes, car ils disposeraient d’une belle force marketing et de nombreux canaux de vente.

Nous ne demandons qu’à croire cette nouvelle direction, puisque nous avions appris le mois passé que l’ancienne direction avait été virée. Mais vous savez bien que si nous aimons les mots qui expliquent la dynamique, nous préférons toujours la preuve chiffrée que cette dynamique est au moins enclenchée.

2014 Juin

Paradoxalement, la société signe un beau trimestre au niveau compte des résultats, presque à l’équilibre, mais réduit sa valeur patrimoniale à cause de l’augmentation de son endettement et annonce de probables besoins de liquidité dans les 12 prochain mois. La VANT ressort à 0.29$ alors qu’elle était à 0.36$ fin 2013. La VANE s’établit à 0.28$. L’endettement de la société a bondi de 28% par rapport à décembre 2013, mais la solvabilité reste dans les clous avec 58.58%. Sur les trois premiers mois de l’année, les ventes sont en croissance de 12%. Ce qui est assez plaisant, ce sont la diminution des coûts fixes de 16% et l’augmentation de la R&D de 19%. Au final, la perte est de 0.005$ par action alors qu’elle était de 0.05$ un an plus tôt sur la même période. La perte a donc été divisée par 10. Nous notons aussi qu’un million d’actions supplémentaire ont été émises sur les 3 premier mois de l’année, ce qui est évidement dilutif.

Nous pourrions presque dire que tout cela n’est pas mal du tout, pour une société qui compte 27 engagés dont 9 dans la R&D. Mais des problèmes de liquidités sont redoutés par la direction dans les 12 prochains mois, puisque les Free Cash-flow restent malgré tout négatifs. La direction nous explique qu’elle a une ligne de crédit de 1.25 millions de $ mais que cela ne sera peut-être pas suffisant.

Zoom Telephonics reste donc une small cap très fragile dont la capitalisation boursière est à ce moment inférieure à 5 millions de $. Nous l’avions achetée avant de prendre la décision de ne plus investir que sur des sociétés dont la capitalisation est supérieure à 5 millions de $.

2014 Août

Le rapport des 6 premiers mois de l’année 2014, clôturé au 30 juin, ne nous montre pas grand changement au niveau de la valeur patrimoniale de la société qui s’élève à 0.28$. la valeur net net est de 0.27$. Nous notons toutefois une augmentation des stocks de 42% et une rotation de ceux-ci de 110 jours au lieu de 90 jours en moyenne sur les 3 derniers exercices. Selon notre process, nous avons retraité la valeur net-net en soustrayant 0.003 $ par action. Au niveau compte de résultats, sur 6 mois, le chiffre d’affaires est en baisse de 0.5%. Le coût des produits est également en baisse de 0.5%. Nous notons aussi deux points positifs dans ce bilan, les coûts fixes en baisse de 19% et la R&D en hausse de 27%.

Au final, la perte est de 0.02$ par action, moitié moindre que sur les 6 premiers mois de 2013 où la perte s’élevait à 0.04$ par action.

La direction, par la voix de son CEO Frank Maning, nous explique que la perte est principalement due à une augmentation des dépenses en R&D. Concernant l’augmentation du stock, deux raisons sont avancées. Tout d’abord, les soldes où les détaillants préfèrent vendre leur stock et donc ne pas acheter de nouveaux produits. Ensuite, une hausse intentionnelle du stock pour prévenir une possible grève des dockers qui pourrait bloquer les approvisionnements.

Nous trouvons que la communication est très largement au-dessus de la moyenne chez Zoom, ce que nous jugeons positif.

2014 Décembre

Le bilan du troisième trimestre de Zoom est de bonne facture. La valeur patrimoniale est en très légère hausse et s’établit à 0.28$. Les ventes sur le trimestre sont en hausse de 34%. Et les coûts fixes liés à l’administration sont en baisse de 18%. C’est un signe extrêmement positif qui se répète depuis plusieurs trimestres, et sur les 9 premiers mois de l’année la baisse est de 22%. Les frais lié à la vente qui sont en recul de 10%. Seuls les frais de R&D sont en progression de 17% sur le trimestre et de 24% sur les 9 premier mois. Pour une techno, c’est quand-même les seules dépenses positives, et plus encore pour une techno net-net. L’ebitda de la société est pour la première fois dans le vert, à 0.01$ par action, et le résultat final est également positif pour la première fois à 0.002$ par action. Cela nous semble une excellente nouvelle, doublée d’une dynamique positive qui se dessine clairement, d’autant plus que tout cela a été annoncé par la direction en 2013. Et comme nous l’avons souvent expliqué, nous aimons que les paroles soient traduites en chiffres pour la confirmer, ce qui est de notre point de vue le cas ici et maintenant. Bien sûr, à ce stade, le cours a bondit à 0.20$ et le potentiel s’est réduit à 40%. Nous ne pouvons pas affirmer que le risque sur cette société a disparu, mais il est clair qu’il a commencé à se réduire, tout comme le potentiel malheureusement.

2015 Mars

Nous sommes en mesure de vous commenter les résultats annuels de la société grâce à Market Wired, car le 10K de la SEC n’est pas encore disponible. Nous reviendrons éventuellement sur ce rapport annuel si des différences ou des informations supplémentaires apparaissaient. L’année 2014 est positive pour la société avec une valeur patrimoniale de 0.27$ par action et une valeur net net de 0.26 $. C’est évidemment dans le compte de résultat que nous trouvons les éléments positifs avec des ventes en hausse de 6% sur l’année, comparé à 2013. Nous notons aussi une baisse des frais fixes de 14% et une hausse de la R&D de 23%. La société dégage donc un profit net de 0.02$ au lieu d’une perte de -0.14$ en 2013.

« Nous sommes encouragés par nos résultats d’exploitation », a déclaré Frank Manning, le CEO de Zoom. « Nous avons travaillé dur pour augmenter nos ventes, améliorer les marges et réduire les dépenses. En 2015, nous espérons améliorer significativement les résultats principalement par de nouveaux produits dans les modems câble, les modems cellulaires, les routeurs et les capteurs sans fil, connectés à Internet. »

Tout ceci est donc encourageant pour l’avenir et comme nous finissons par connaître le sérieux de monsieur Manning, nous pensons que ce ne sont pas des mots vains, puisque cela fait plusieurs trimestres que les preuves chiffrées sont bien présentes.

2015 Juin

Le premier trimestre clôturé au 31 mars, ne dévoile pas grand changement au niveau patrimonial. La VANT est toujours de 0.27$ par action. Le chiffre d’affaires de la société est en recul de 3%. Grâce aux coûts des produits en recul de 5% et aux coûts fixes en recul de 15%, la société génère un revenu opérationnel positif alors qu’il était négatif voici un an. Le profit net est également très légèrement positif.

Le CEO Franck Manning décrit la situation : « Nous sommes encouragés par l’amélioration de notre résultat d’exploitation. Nous avons fait un bon travail de réduction de nos dépenses, et nous allons poursuivre nos efforts visant à accroître les revenus et les profits. En 2015, nous espérons améliorer significativement les résultats grâce à de nouveaux lancements de produits et à la croissance des ventes de modems câble, les modems cellulaires et les routeurs. »

En gros, le CEO nous semble coller à son bilan sans la moindre information supplémentaire.

En fait la véritable information est tombée le 18 mai et cette information a fait bondir le cours de 80%, à 0.36$ en 2 jours. Ensuite la société a pris 20% par jour pendant plusieurs jours, pour atteindre un cours de 0.53$ au moment ou nous rédigeons ces news. La société vient de signer un contrat de licence exclusive avec Motorola Mobility LLC pour lui fournir tous ses produits à partir du 1er janvier 2016 jusqu’au 31 décembre 2020. C’est donc le fameux « quelque chose de bien » cher à Walter Schloss qui est arrivé à Zoom Telephonics. Et les chances que notre investissement soit gagnant viennent d’être multipliées par 10!

Mail du 12/06/2015

C’est un « 8-bagger » que nous avons réalisé aujourd’hui avec la vente de Zoom Telephonics.

Cette minuscule société était tellement discrète que nous avions presque oublié son existence au sein de notre portefeuille.

Le suivi de cette société était uniquement rythmé par les rapports financiers avec des résultats en dents de scie et, surtout, une liquidité presque nulle au niveau des échanges boursiers … jusqu’à ce que la direction annonce avoir conclu, il y a quelques semaines, un gros contrat avec l’opérateur Motorola. Et le cours de s’envoler dans des volumes tout-à-fait exceptionnels …

La VANT une fois dépassée, nous avons bien évidemment appliqué notre technique du « stop suiveur », ce qui nous a permis de vendre, ce jour, au cours de 1,04 USD multipliant ainsi en un peu plus de deux ans, notre investissement par 8,53 (tenant compte du change, des frais de courtage et des taxes de bourse) !

La preuve une nouvelle fois qu’acheter des actifs fortement décotés peut, pour qui se montre patient, générer des rendements importants et ce d’autant plus que lorsque la société détient des actifs cachés (en l’occurrence, ici, un savoir-faire technologique).

Portefeuille au 15 Janvier 2016 : 7 ans et 52 jours

Portefeuille : VL 7,5902 € (Frais de courtage et de change inclus)
Rendement Total : 651,26%

Potentiel Estimé VANT / Cours 127,15%

Rendement Annualisé : 32,59%
Rendement 2016 : -3,66%

Rendement 2015 : 7,56%
Rendement 2014 : 5,46%
Rendement 2013 : 20,74%
Rendement 2012 : 24,19%
Rendement 2011 : -15,65%
Rendement 2010 : 38,07%
Rendement 2009 : 308,74%

Continuer la lecture de Portefeuille au 15 Janvier 2016 : 7 ans et 52 jours

Retrospective 2015 : sale temps pour les investisseurs « value »

performance value investingL’année 2015 s’est finalement avérée très difficile pour les investisseurs « dans la valeur ».

Alors que l’indice mondial MSCI, converti en euros et dividendes inclus, a généré une performance de 10,35 % cette année, bon nombre d’investisseurs dans la valeur que nous respectons ont sous-performé cet indice.

Jugez-en vous-mêmes :

– Le fonds Barrage Capital a généré, converti en euro, un rendement négatif de -7,2 %

– Le Aegis Fund de Scott Barbee a obtenu une performance en euro, également négative, de -14%

– Le Fairholme Fund de Bruce Berkowitz perd -0,68 % en euro

– Le screener « star » de Jae Jun du blog « Old School Value », le « NNWC » perd -3,40 %

Et les Daubasses dans tout cela ?

Si nous pouvons en 2015 placer notre performance au-dessus de celle de ces illustres investisseurs, nous n’en restons pas moins, tout comme ces derniers, largement sous l’indice mondial puisque notre portefeuille a généré un rendement de +7,56 %, en euros et en tenant compte des frais de courtage, retenues d’impôt à la source et taxes de bourse.

Comme vous le savez, nous achetons des actions de sociétés qui doivent impérativement « entrer » dans une des 4 catégories que nous avons définies, à savoir :

Les VANN (actions cotant sous la valeur de leur actif courant net de tout passif) ;

Les VANE (actions cotant sous la valeur de leur actif courant augmentée de la valeur de leur immobilier et net de tout passif) ;

Les RAPP (nouvelle catégorie initiée fin 2014 et correspondant à des sociétés achetées sous la valeur de leur rentabilité réelle) ;

Les diversifications value (qui consistent en un « bric à brac » de holdings, fonds fermés ou mines de métaux précieux décotés)

Au cours de cette année, nous avons calculé la rentabilité de chacune de ces classes d’actifs afin de déterminer les moteurs de performance et ceux de… contreperformance. En voici le détail pour l’année 2015 :

1° VANN : + 10.53%

2° RAPP : +8.52%

3° VANE : + 6.12%

4° Diversification Value : -22.67%

 

C’est une victoire sur le fil des VANN que nous devons acter en 2015 devant les RAPP qui prennent la seconde place, suivies des VANE.

Le fossé de performance est énorme avec la partie Diversification Value qui perd -22.67%. Cet écart ne vous étonnera pas quand nous vous aurons expliqué que, fin 2015, cette poche du portefeuille est composée à 19,4 % de mines de métaux précieux, pour 38,0 % de sociétés ayant leurs activités en Asie, pour 11,4 % de sociétés exposées aux énergies fossiles, 5,1 % sur la Turquie et 7,9 % aux matières premières agricoles, le solde étant investi dans des sociétés de la zone euro.

Le but de cette poche étant de décorréler la performance du portefeuille de celle du marché dans son ensemble, nous pourrions dire, en faisant preuve d’autodérision, que sa mission a été pleinement accomplie en 2015 !

Plus sérieusement, même si cette poche pénalise notre rendement global depuis sa création, si la « douleur » qu’elle engendre reste difficile à supporter, nous continuons à penser qu’elle pourra, dans certaines conditions de marché, remplir pleinement son rôle de « parachute » et nous permettre de surperformer le marché significativement. Nous nous sentons en tous cas, parfaitement protégés en cas d’aggravation des tensions au sein des pays producteurs de pétrole ou de graves crises des dettes souveraines (dont on ne parle d’ailleurs plus ces derniers temps).

Néanmoins, comme vous vous en doutez, le cœur de notre portefeuille reste et restera les « vraies » daubasses.

Au cours de 2015, les chasses mensuelles ont atteint des paroxysmes de frustrations. Le ratio de 10 « pierres » retournées pour 1 trouvaille qui nous semblait déjà assez lourd de 2008 à 2011, apparaît aujourd’hui comme l’âge d’or de la chasse à la Daubasse.

En effet, aujourd’hui on est plutôt dans 100 bilans de sociétés passés au crible pour 1 trouvaille correspondant à nos critères, voire très légèrement en dehors mais qui mérite d’entrer dans nos listes !

Néanmoins, la chasse de décembre restera une des meilleures chasses de l’année et le retour à la volatilité qui semble avoir débuté depuis quelques mois pourrait contribuer à regarnir notre portefeuille. Les presque 20 % de liquidités du portefeuille nous le permettent …

Portefeuille au 8 Janvier 2015 : 7 ans et 45 jours

Portefeuille : VL 7,7424 € (Frais de courtage et de change inclus)
Rendement Total : 666,32%

Potentiel Estimé VANT / Cours 118,49%

Rendement Annualisé : 33,08%
Rendement 2016 : -1,73%

Rendement 2015 : 7,56%
Rendement 2014 : 5,46%
Rendement 2013 : 20,74%
Rendement 2012 : 24,19%
Rendement 2011 : -15,65%
Rendement 2010 : 38,07%
Rendement 2009 : 308,74% Continuer la lecture de Portefeuille au 8 Janvier 2015 : 7 ans et 45 jours

Ancien édito : malgré Chypre !

joyeux noel et bonne année boursière 2016En cette période de trêve des confiseurs, l’équipe des daubasses prend un peu de repos bien mérité.

Entre pralines, foie gras et dindes, le tout copieusement arrosé d’Orval et autres nectars houblonnés, nous poursuivons notre traque incessante des plus belles daubasses.

Néanmoins, pour la partie rédactionnelle du blog, tout comme les années précédentes, nous avons plongé en apnée dans nos archives afin de vous proposer, cher(e) lecteur(trice), quelques anciens éditos de notre lettre mensuelle tels que nos abonnés ont pu les découvrir à l’époque.

C’est l’édito de la lettre d’avril 2013 que vous allez retrouver ci-dessous.

Excellente lecture !

Malgré Chypre…

Malgré la « crisette » chypriote, la « grande correction » que beaucoup attendent depuis des mois n’a pas encore eu lieu.

Quel que soit le critère choisi, on se rend compte que les prix payés pour acquérir « le marché » restent à des niveaux raisonnables, même si on ne peut plus parler de « prix cassés ».

Prenons l’indicateur de Morningstar qui établit la fair value de la bourse américaine selon la méthode de « l’actualisation des flux de trésorerie futurs » de chaque société.

valorisation du marché américain

Comme vous pouvez le constater, le graphique nous montre une légère surévaluation, phénomène qui n’est arrivé qu’à de rares occasions sur les douze dernières années.

« Mais les taux d’intérêt sont très bas, ce qui suppose une augmentation de la valeur d’actualisation des cash-flows futurs des sociétés prises en compte par Morningstar. Rien n’indique qu’ils se maintiendront à ce niveau au cours des années qui viennent. »

Absolument cher(e) abonné(e)… Mais prenons d’autres critères qui ne tiennent pas compte de ce contexte de taux, nous obtenons des résultats encore plus intrigants.

Voici par exemple un tableau qui reprend le rapport entre la capitalisation boursière d’un pays et son PIB. Dans la première colonne, le ratio moyen historique et dans la 2e colonne, le ratio actuel.

valorisation des marches d actions

Que constatons-nous ? Finalement, que seuls 3 marchés posent vraiment problème : les Etats-Unis, le Royaume-Unis et l’Allemagne. Vous noterez au passage, qu’outre les « pays daubasses de la zone euro », un certain nombre de marchés asiatiques présentent des valorisations encore relativement attrayantes, du moins globalement.

Mais c’est ici que les choses se corsent : les 3 pays « chers » représentent à eux trois, près de 50 % de la capitalisation boursière mondiale. Mais c’est aussi parmi ceux qui constituent notre terrain de chasse privilégié pour la chasse à la daubasse. Ils offrent en effet souvent une information financière fiable, les droits de propriété et des actionnaires y sont respectés et, last but not least, ils sont accessibles aux particuliers au départ de la plupart des courtiers en bourse classique.

Ce constat, nous le tirons également par notre expérience personnelle de chasseurs émérites : les opportunités correspondant à nos critères se font de plus en plus rare et nous atteignons un niveau de liquidité jamais atteint depuis nos débuts : 10,5 % du total, auquel il faut ajouter ce que nous recevrons probablement de notre apport à l’offre de rachat sur Elephant Capital, ainsi que ce que nous encaisserons vraisemblablement dans les semaines qui viennent sur plusieurs de nos participations qui arrivent à maturité et sur lesquelles nos plus-values sont déjà « actées » avec le placement de nos stop-loss. De quoi monter à un bon 13 % !

Nous continuons une traque acharnée pour découvrir les plus belles opportunités pour notre portefeuille et nous en trouvons !

Néanmoins, comme vous pouvez sans doute le constater, nous ne sommes pas passés récemment massivement à l’achat.

En effet, nous ne voulons pas reproduire nos erreurs de début 2011 (où vous remarquerez d’ailleurs que « l’indicateur de Morningstar » était plutôt en phase optimiste) : suite à une augmentation de capital et à la vente de l’une ou l’autre ligne, nous disposions de pas mal de liquidités et nous partions du principe qu’un investisseur value se devait d’être full invested : la hausse des marchés ne risquait-elle pas de se poursuivre, nous laissant sur le carreau et surtout sans opportunité(s) ?

Même si nous avions acheté en suivant à la lettre nos critères de décote et de solvabilité, nous nous sommes rendus compte que nous l’avions fait dans la précipitation et avec insuffisamment de réflexion, sans garder de cartouches. C’est effectivement à cette période que nous avons acheté d’obscures sociétés chinoises, renforcé d’autres chinoises déjà en portefeuille et acheté deux ou trois « Pink-Sheet » qui offraient une information financière très légère.

Aujourd’hui, nous sommes bien plus prudents : nous évitons évidemment les sociétés chinoises et n’achetons des sociétés cotées sur les marchés non-règlementés que si elles communiquent leurs données financières de manière régulière et claire.

Mais nous souhaitons aussi n’acquérir que des sociétés qui vont renforcer significativement le potentiel de notre portefeuille. Ainsi, comme vous pouvez le constater, le rapport cours/VANT pondéré de celui-ci est de 153 %. Ce qui signifie que, théoriquement, tout achat de sociétés présentant un potentiel inférieur fait baisser le potentiel du portefeuille.

C’est la raison pour laquelle nous n’avons, à ce jour, pas procédé à de nouvelles acquisitions. Nous continuons calmement à remplir notre watch list, nous analysons régulièrement l’une ou l’autre entreprise qui nous semble attrayante, mais nous ne passerons à l’achat que si nous trouvons des sociétés au rapport « rendement/risque » acceptable et avec un potentiel individuel qui ne pénaliserait pas le rendement global de notre portefeuille.

Ceci ne nous empêche pas de proposer à nos abonné(e)s nos meilleures opportunités du moment. Ainsi, dans cette lettre mensuelle, vous trouverez :

– Une techno qui répond parfaitement à nos critères d’investissement mais assez illiquide : nous aimerions une marge de sécurité supplémentaire pour compenser cette illiquidité

– Une autre techno assez décotée mais pas suffisamment pour répondre à nos critères et que nous plaçons sous surveillance

– Enfin une entreprise allemande qui répond parfaitement à nos critères et qui nous a réellement enthousiasmé. Nous avions rédigé l’analyse de celle-ci (nous n’écrivons pas seulement nos analyses dans le cadre des lettres mensuelles, en réalité, nous les écrivons avant tout pour nous-mêmes et nous obliger à traiter une société en profondeur avant de passer à l’achat) et, de manière unanime, comptions en acheter une belle portion… jusqu’à ce que nous nous rendions compte que l’action se négociait uniquement sur la bourse de Munich et non le Xetra. Notre courtier ne nous permet effectivement pas d’y opérer. Néanmoins, le travail étant réalisé, nous vous proposons cette analyse à titre de « bonus » pour les abonné(e)s qui, parmi vous, auraient la possibilité de l’acquérir.

 

Portefeuille au 31 décembre 2015 : 7 ans 37 jours

Portefeuille : VL 7,8783 € (Frais de courtage et de change inclus)
Rendement Total : 679,78%

Potentiel Estimé VANT / Cours 112,55%

Rendement Annualisé : 33,52%
Rendement 2015 : 7,56%

Rendement 2014 : 5,46%
Rendement 2013 : 20,74%
Rendement 2012 : 24,19%
Rendement 2011 : -15,65%
Rendement 2010 : 38,07%
Rendement 2009 : 308,74% Continuer la lecture de Portefeuille au 31 décembre 2015 : 7 ans 37 jours