Les chroniques de l’investisseur chronique : les assurances

rp_chronique-investisseur-300x188.jpgCe texte fait partie de la série proposée par notre ami-chroniqueur Laurent Muller.

Même si nous ne partageons pas tout-à-fait les mêmes principes d’investissement, nous nous sommes trouvés énormément de points communs et les raisonnements développés parLaurent nous ont paru marqués par le sceau du bon sens.

Je vais décrire dans cet article mes idées sur le principe d’assurance. S’il y a bien une certitude, avec les assurances, c’est que nous passons par un intermédiaire qui va prélever sa part. Nous avons donc l’assurance que notre assurance va nous coûter de l’argent, au moins tant que le risque n’est pas survenu. Avons-nous l’assurance que nous serons remboursés de manière juste et diligente, en cas de sinistre ?

Avantages et inconvénients de l’assurance

Avantages :

  • Dans une situation dans laquelle le montant assuré induit un risque d’endettement ou de perte d’un montant significatif, une assurance prémunit contre ce risque.
  • Lisser une dépense apériodique, par nature non anticipable.
  • Mutualiser le risque sur un grand nombre de personnes.

Inconvénients :

    • Qu’est-ce qui nous garantit que l’assurance va effectivement nous rembourser, en cas de sinistre ? Il semble à l’inverse que pour des montants importants, l’assurance fera tout pour ne pas avoir à rembourser.
    • Risque de faillite de l’assurance elle-même si le risque assuré peut toucher un grand nombre d’assurés simultanément.
  • Coût de passage par un intermédiaire.
  • Consommation de cash-flow.

 

Assurance responsabilité civile, logement et PNO pour un investissement locatif

Ces assurances me semblent faire sens car elles permettent de prémunir l’assuré d’un risque de surendettement, même si sa fréquence est faible.

Assurance voiture

Mon assurance voiture est réduite à son strict minimum, c’est-à-dire à une assurance au tiers.

Le surcoût d’une assurance tous risques ne me semble pas justifié pour les raisons suivantes :

  • Je suis un conducteur prudent (respectant le code de la route et les limitations).
  • J’achète mes voitures d’occasion en-dessous de 10 000 euros.
  • Je peux faire face à une dépense imprévue de 10 000 euros avec mes liquidités.
  • Je roule peu.

Assurance pour un emprunt immobilier

Pour l’emprunt de mon investissement immobilier, j’aurais préféré ne pas devoir prendre d’assurance, mais elle m’a été imposée par ma banque. En effet, dans une configuration avec un endettement inférieur à mon patrimoine net (liquide) d’une part et un investissement locatif rationnel, j’aurais préféré m’assurer moi-même, comme je ne courais pas le risque de faillite.

En tous cas, j’ai limité l’assurance au minimum indispensable : assurance une tête (la mienne, pour que mon épouse puisse en bénéficier, le cas échéant).

Assurance loyers impayés pour un locataire

Le coût d’une assurance loyers impayés (GRL / GLI) est relativement faible : 2,5 % du loyer, charges comprises. Cette assurance me semble intéressante pour sécuriser un investissement locatif, en phase de remboursement de prêt, en admettant que l’assurance joue le jeu en cas de problème avec un locataire, en pratique, ce qui reste encore à prouver…

La loterie

Je considérais jusqu’à récemment le cas de la loterie d’un œil parfaitement sceptique : comme son espérance mathématique de gain est négative, je n’ai jamais joué à un jeu de hasard.

La loterie me semble maintenant un cas plus subtil que ce qui m’était initialement apparu.

Je distinguerais deux catégories de jeux selon le gain espéré :

  • Lorsqu’il ne permet pas de changer radicalement de vie (je situerais la limite par exemple à 2 millions d’euros), jouer me semble absurde.
  • Lorsqu’il permet de changer radicalement de vie, pour un coût n’ayant pas d’impact sur son budget (par exemple 5 euros par mois), la loterie introduit une possibilité qui n’existe pas par ailleurs (changement radical de niveau de vie), même si l’espérance mathématique est négative et que le joueur « perd de l’argent ». Si je ne participe pas moi-même à ce type de loterie, je ne considère plus pour ma part cet acte comme absurde, dans les conditions indiquées.

Me laisserais-je tenter par une loterie dans laquelle les joueurs pourraient remporter exactement la somme de 2 millions d’euros, afin de maximiser le nombre gagnants potentiels, tout en minimisant les frais de gestion qui rendent structurellement l’espérance mathématique de gain négative ?

Parler de loterie dans un article sur le principe d’assurance peut sembler hors sujet, de prime abord. Pourtant, je trouve des similitudes intéressantes entre la loterie et l’assurance :

  • Dans les deux cas, un phénomène apériodique est échangé contre un paiement anticipable, régulier (au moins dans le cas de l’assurance). Pour l’assurance, il faut payer pour que le phénomène apériodique négatif ne nous touche pas. Pour la loterie, il faut payer pour pouvoir bénéficier d’un phénomène apériodique ayant un impact positif.
  • La loterie, comme moyen de changement radical de vie, me semble symétrique aux assurances permettant de se couvrir contre des risques peu probables mais dont l’impact nous ferait également changer radicalement de vie, en négatif, si nous y étions exposés (assurance responsabilité civile, logement, PNO).

Conclusion

Comme vous l’aurez compris, je ne suis pas un inconditionnel du principe d’assurance. Je lui trouve des applications pratiques intéressantes. Pour un changement de vie radical positif, préférez-lui la loterie !

 

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