5 réflexions au sujet de « Portefeuille au 17 Juin 2016 : 7 ans 206 jours »

  1. J’ai lu avec intérêt vos différents articles notamment ceux sur la finance comportementale et la psychologie cognitive adaptée à l’économie.

    Je tiens à saluer l’excellent travail d’analyse réalisé avec patience, passion sincère (ça se sent dans l’écriture), compétence et intelligence.

    Désolé, je flatte l’ego mais je le pense vraiment.

    Par contre, j’ai hésité à critiquer sur un point : les performances boursières de votre portefeuille.

    Le taux de rendement, sur une période d’investissement de 7 ans et 6 mois, est certes exceptionnel à première vue.

    Cependant, puisque vous disposez d’une honnêteté intellectuelle et d’une franche transparence , ce qui est tout à votre honneur, la valeur initiale du portefeuille, très faible pour un portefeuille commun de plusieurs investisseurs, n’est pas suffisamment significative pour faire une confirmation quelle qu’en soit la nature sur la pertinence de la méthode « value » ou la méthodologie d’un respect strict des protocoles/process en bourse.

    Avec un faible montant investi, puisque vous êtes un passionné de la finance comportementale, les investisseurs n’ont aucune pression psychologique (le niveau de stress est faible) ce qui facilite le passage à l’acte d’achat de valeurs mobilières alors que si le montant investi initialement aurait été élevé, en tout cas significatif (plus de 100 000 euros à plusieurs)….la pression aurait été bien plus élevée…ce qui aurait eu un impact sur vos prises de décisions même avec l’établissement et le suivi d’un process rigoureux (le process implique toujours un arbitrage humain en dernier ressort, donc une prise de décision humaine avec tous les biais cognitifs que cela implique, en tout cas, dans votre situation, je crois que vous n’utilisez pas de robot investisseur…).

    Pour donner un exemple flagrant, investir avec 10 euros, on est plus détendus naturellement qu’en investissant avec 1000 euros si l’on gagne 1000 euros par mois avec pour toute économie 1000 euros….

    Ceci dit, en termes de bourse, je ne suis pas un spécialiste ni un investisseur mais il m’arrive de m’intéresser à ce domaine intéressant.

    En espérant ne pas avoir été trop critique.

    1. Bonjour Nizar,

      La somme était (peut-être) relativement modeste à nos débuts mais la somme gérée par le club est à présent de +/- 350 000 euros et nous continuons à appliquer strictement notre process.

      On ne peut évidemment pas refaire l’histoire mais nous ne pensons pas que nous aurions agi différemment si nous avions débuté avec 150 000 euros plutôt que 15 000.

      Certains présentent un portefeuille fictif, d’autres justifient leur approche par des back test, les gérants professionnels gèrent l’argent des autres alors que nous, nous présentons un portefeuille réel constitué avec notre propre argent : finalement, qui, parmi ces 4 catégories d’investisseurs est soumis à la plus grosse pression psychologique ?

  2. Bonjour Nizar,

    J’ajoute mon avis s’il peut servir :

    Après grosso modo une année d’étude des différentes possibilités d’investissement de mon argent (« en trop »), j’ai choisi de suivre l’approche des Daubasses.

    Peu importe la notion de « bon ou mauvais choix » dans l’absolu, c’est un choix que j’ai fait après mûres réflexions et donc en connaissance de cause.
    Ceci, associé au fait que j’utilise de l’argent « en trop » pour reprendre le terme précédent, fait que finalement j’investis en toute confiance.

    1) Parler d’argent « en trop » n’est pas pédant c’est pour insister sur le fait que c’est de l’argent dont je n’ai pas besoin à court et moyen terme. Donc j’ai accepté l’idée de perdre cet argent intellectuellement et émotionnellement (9750€ investis pour l’instant).
    2) J’investis en toute confiance n’ont pas parce que je fais confiance au « club des 4 » mais parce qu’après avoir travaillé le sujet pendant des mois, j’ai confiance en moi, en mon choix. Je travaille cette confiance quotidiennement.

    La méthode me va bien et j’espère que j’irai bien à la méthode.

    Impossible de dire si je tiendrai sur le long terme (1an et demi de portefeuille) mais peu importe pour l’instant .

    Yannick

  3. Bonjour à tous,

    Ma lecture critique de l’historique de performance, tout à fait remarquable au demeurant, viens compléter l’analyse de Nizar: la performance annualisé de 31% est très largement dépendante de la première année à plus de 300%. Ainsi, si elle est bien représentative de la performance réelle du portefeuille, elle ne me semble pas représenter les performances « normales » de la méthode. Elle incorpore un effet d’aubaine, dont a très bien profité l’équipe, mais difficilement reproductible en dehors d’un stress majeur des marchés.

    Ainsi, si cette année là est exclue, le rendement annualisé est de l’ordre de 12%, tout à fait honorable, mais très notablement différend.

    Une grande partie de la valeur ajoutée se situe beaucoup dans l’achat contrarian au son du canon. Et sa principale vertu est de ne pas laisser de place à l’arbitraire.

    Bonne journée

    1. Oui Paul, forcément, si on retire la meilleure année de performance, la performance moyenne sera inférieure … comme avec le portefeuille de n’importe qui 🙂

      Remarquez tout de même que si vous exceptez la performance de 2009, nous faisons toujours mieux que l’indice avec une plus-value de 200 % vs 182 % pour l’indice.

      De plus, ce rendement est net de tout frais et de toute taxe. Les frais de courtage, la taxe belge sur les opérations de bourse (0,27 % à l’achat et à la vente, soit une « pénalité » de 0,54 % par rapport à notre indice de référence), la retenue à la source sur les dividendes encaissés (27 %) : tous ces éléments sont intégralement repris en compte dans le calcul de notre rendement afin de bien « coller » avec le vrai rendement obtenu par un investisseur individuel résident belge.

      Vous constatez que la performance provient surtout d’une période « pas normale » à savoir l’année 2009. C’est exact, nous l’avions forcément remarqué et tout le monde peut le constater dans le tableau que nous affichons semaine après semaine depuis bientôt 8 ans. Mais la comparaison avec l’indice reste valable : dans cette période « pas normal », l’indice a généré un rendement de 30 % et nous l’avons largement surperformé ! La constatation que vous faites peut se faire à tous les niveaux de l’investissement et pas seulement avec « nos » daubasses : il y a des périodes où les small cap surperforment les big caps et vice-versa, il y a des périodes où c’est le style « croissance » qui apporte des performances, d’autres où il vaut mieux être « value », …

      Peu importe votre style d’investissement, ce qui compte, c’est qu’il corresponde à votre tempérament, qu’il soit rationnel et qu’il apporte une rentabilité supérieure sur le long terme. A l’heure actuelle, nous pensons que notre approche répond exactement à ces 3 critères.

      Ce qui compte pour nous, c’est de dégager de la surperformance à long terme. Qu’est-ce qui est préférable ? Dégager un rendement de 8 % chaque année pendant 10 ans … ou dégager un rendement moyen de 30 % par an sur 10 ans mais avec des grosses fluctuations de rentabilité d’une année à l’autre ? C’est à chacun de répondre à cette question en fonction de ses objectifs et de son tempérament. Pour notre part, nous avons choisi.

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