Rapport de gestion – juin

Au cours de ces années, ami(e) lecteur( trice), nous avons toujours eu la volonté de vous proposer notre parcours sur les traces de Benjamin Graham avec autant de transparence que possible.

De plus, régulièrement, nous avons alimenté vos réflexions par des statistiques issues des constatations que nous avons faites du portefeuille de notre club d’investissement. Ces statistiques nous ont permis d’améliorer notre propre process mais aussi, nous l’espérons, le vôtre.

C’est un peu dans cette double optique de transparence et d’observation statistique que nous vous proposons, chaque mois, ce que nous pourrions pompeusement appeler un « rapport de gestion », rapport dans lequel nous retracerons les grandes lignes de l’évolution de notre portefeuille. L’idée principale sera de vous proposer un maximum de réflexions sur le sujet.

Bien évidemment, ce rapport ne fera, en principe, pas mention de sociétés individuelles, ce privilège étant réservé à nos abonnés.

Rapport de gestion – Juin 2016

 

La VL de notre portefeuille est de 8.0260€, en progression de +0.86% sur le mois de juin. Sur l’année 2016, après les 6 premiers mois de l’année, notre performance est de +1.87%.

Au cours du mois de juin, notre portefeuille a bénéficié d’un change défavorable de -0.92%. Sur l’année 2016, après 6 mois, notre portefeuille a subi un change défavorable de -2.15%

Notre benchmark, le tracker MSCI World dividendes réinvestis, a reculé sur le mois de juin de -1.14%. Et sur l’année 2016, sa performance est négative à -2.65%.

Evolution du portefeuille du club dinvestissement

L’évènement du mois, vous l’aurez deviné, a été le Brexit …

Nous n’allons pas ajouter une analyse détaillée au déluge d’analyses et de délires qui a sévit et sévit d’ailleurs toujours.

Tout au plus allons nous nous contenter d’un simple constat … celui portant sur le fait que les prédictions à l’aide de marc de café, de boule de cristal, de foie de poulet ou encore de sondages reste une spécialité de fête foraine. Nous avons même pu lire quelques jours avant le résultat que les marchés savaient déjà, eux, puisqu’il montaient !

Nous sommes à peu près certains que ce pauvre journaliste avait une connaissance limitée des marchés. Car il est bien connu que si l’on veux gagner un peu d’argent sur les marchés, il faut le plus souvent faire l’inverse de ce qu’ils semblent suggérer… et ce Brexit n’échappe pas à cette règle informelle !

Si nous nous en tenons au marché, et à nos observations sur le mois de juin, nous ne voyons pas la moindre trace de cataclysme boursier à l’échelle mondiale, comme annoncé. Notre benchmark, qui est un tracker Monde libellé en euros, est en recul de seulement 1.14%.

Nous pouvons juste dire qu’effectivement il y a eu un creux de marché les 24 et 27 juin, d’une dizaine de pourcents, plus particulièrement sur les indices européens, et ensuite une remontée de plus de 7-8% sur les 3 derniers jours du mois.

Le principal impact sur notre portefeuille est lié au change Euro/GBP puisque le poids des sociétés britanniques représentaient 14.30% du portefeuille en euros avant le Brexit.

La livre sterling ayant baissé de +/- 9% face à l’Euro, notre portefeuille a été impacté de -1.12% sur le mois de juin, ce qui n’est jamais amusant mais pas dramatique non plus.

Ce mois-ci, nous devons une nouvelle fois notre performance à nos minières or ainsi qu’à quelques boost individuels comme ce retailer britannique en restructuration ou encore un promoteur immobilier brésilien.

« Et pour la suite, vous en pensez quoi ? »

Fidèles aux enseignements value de nos maîtres Benjamin Graham et Walter Schloss, nous avons catégoriquement refusé toute participation à l’institut des hautes études futurologiques de Francfort, nous considérant ignares en la matière et le claironnant sans la moindre honte ou remord.

Car nous ne savons toujours pas si le prochain cataclysme sera pour la semaine prochaine ou pour la prochaine décennie. Nous nous contentons simplement d’acheter et de détenir en portefeuille des actifs tangibles soldés par le marché, pour généralement de bonnes raisons à court terme, mais qui valent souvent bien plus à moyen terme. Et nous n’avons pas d’autres idées plus pertinentes que celles-là, en matière d’investissement.

Mouvements mensuels

Nous avons effectué 4 mouvements au mois de juin : 1 vente et 3 achats.

Le 8 juin, nous décidons de vendre la société anglaise Norcon Plc après l’annonce d’un retrait de la cote et d’un rachat partiel des actions en circulation par les actionnaires majoritaires. Pour remettre les choses dans leur contexte, voici une partie de l’email que nous avions envoyé à nos abonnés juste après avoir procédé à l’opération  :

La direction a proposé de retirer la société de la cote après avoir soupesé les avantages et les inconvénients d’être une société cotée pour les actionnaires historiques. Ces derniers ont alors proposé de racheter 8 millions d’actions à un prix de 19 Gbx. Et cette résolution sera soumise à un vote à l’assemblée générale extraordinaire convoquée le 29 juin prochain.

Pourquoi avons-nous vendu à 18.62Gbx et pas simplement attendu le vote de la résolution pour apporter nos actions à l’offre de 19 Gbx ? Tout simplement parce que nous avons identifié 2 risques potentiels.

Le premier, c’est qu’avec une somme de 8 millions de rachat d’actions à 19 Gbx, tout le monde ne sera pas servi.

Deuxièmement, le 23 juin aura lieu le référendum pour le Brexit. Sans en connaître l’issue, une chute sévère de la livre sterling reste de l’ordre du possible. De 18.62 Gbx à 19 Gbx il y a exactement 2% de différence que nous comparons à une possible perte de change et / ou le fait de se retrouver avec des actions non cotées en portefeuille.

Nous avons donc tout naturellement jugé que nous avions beaucoup plus à perdre qu’à gagner en conservant.

L’explication de cette vente n’est pas destinée à dire que nous sommes les plus forts et avons pris la meilleure décision. Mais plutôt à vous expliquer la difficulté de prendre une décision rationnelle, car oui, cher(e) lecteur(trice), il y avait plusieurs éléments qui interféraient et poussaient à garder la société en portefeuille jusqu’au 29 juin.

Le premier élément faisant partie des vents « contre-rationnels », c’est à l’annonce de la nouvelle et plus précisément le prix d’achat proposé par les actionnaires majoritaires, soit 19 Gbx. Avec une valeur d’actif net tangible de 27 Gbx, le prix proposé ressemble vraiment à une proposition malhonnête qui nous énerve au plus haut point pour nous qui suivons la valeur depuis presque 3 ans et avons tenté de relater, au travers des news de suivi de nos lettres mensuelles, les haut et les bas, du début de la restructuration de fin 2013 à la sortie de l’ornière à partir d’octobre 2015.

La frustration engendrée par le prix proposé vient du fait que nous pensons que votre prise de risque n’a pas été récompensée comme il se doit, car nous avons certes un investissement gagnant mais, en fait, nous aurions dû avoir un nouveau bagger. Comme nous n’avons pas le moindre pouvoir pour changer les choses, nous allons devoir composer avec la réalité et cette réalité nous propose 19 Gbx par action après une assemblée générale extraordinaire qui aura lieu le 29 juin.

Le second élément, c’est que le manque à gagner entre la proposition et la VANT nous pousse à attendre le 29 juin et les 19 Gbx proposés, car une vente dans cette attente nous fera encore perdre un peu, puisque non seulement le cours est sous 19 Gbx mais il y aura en plus le « spread », différentiel de prix entre les offres de vente et d’achat, qui nous grignotera encore quelques pences. Et puis il y a les frais, plus réduits quand on apporte ses actions à une offre de rachat. Et donc encore quelques pences d’ envolés si l’on vend avant…

Le troisième et dernier élément des vents contraires, c’est que notre portefeuille n’a pas le moindre besoin de liquidités supplémentaires, vendre donc sous 19 Gbx ne fait pas sens.

Est-ce que ces trois points vous semblent rationnels ? Bien entendu qu’ils sont rationnels et c’est cela le piège qui se déroule devant vous.

Et c’est pour cette raison qu’il faut toujours terminer par quelques questions sur le risque et les probabilités de réalisation dans un contexte plus large pour tenir compte de tout les éléments : qu’est-ce que je gagne et qu’est-ce que je perd si cela se passe d’une manière favorable, qu’est-ce que je gagne ou je perd si cela se passe de manière défavorable ? Qu’elles sont les probabilités les plus élevées : un scénario positif ou négatif ?

La décision doit donc reposer sur tous les éléments à prendre en compte et la situation doit être jugée seulement a l’aulne du risque et des probabilités. Et la seule décision rationnelle est celle où vous prenez le moins de risques possible et où les probabilités sont réellement en votre faveur.

Il est alors facile de comprendre dans le cas de Norcon Plc que le gain de 2% sur le cours en plus de la plus-value face à la perte possible, présente une asymétrie en notre défaveur, puisque notre gain est limité à 2% et notre perte inconnue, mais a de très fortes probabilités d’être supérieur à 2% si Brexit et si nous ne parvenons pas à vendre nos actions (scénario à deux composantes le plus défavorable).

Voici donc le cheminement de notre prise de décision sur ce cas précis. Nous avions acheté la société Norcon Plc le 9 juillet 2013 pour la somme de 4 252.03€ frais inclus et nous avons revendu la société le 8 juin 2016 et encaissé net de frais 6 797.75€, soit une plus value de 59.87% en 1065 jours (soit 3 ans moins 1 mois).

Le lendemain, le 9 juin 2016, nous renforçons pour la troisième fois  notre promoteur immobilier brésilien.

Depuis notre premier investissement dans cette société, la présidente brésilienne Dilma Rousseff a été destituée pour corruption et remplacée par Michel Temer, contesté lui aussi. Même si ce dernier semble sur le papier plus business friendly, ce n’est pas un simple changement de personne à la tête de l’Etat qui sera en mesure de changer la situation difficile du Brésil en quelques mois. Les prochains JO qui débutent dans quelques jours vont sans doute amener de la devise et un peu d’air frais dans l’économie du pays, sans générer trop de dépenses puisque les infrastructures de la Coupe du Monde de football de 2014 vont servir une seconde fois.

Cet investissement renforcé à deux reprises et qui a atteint les 3% du portefeuille à l’achat reste un investissement risqué, principalement parce que le pays est émergent, l’état corrompu et mal géré. Ceci est compensé par le potentiel et le secteur immobilier qui offre des actifs tangibles en retour.

Toujours ce 9 juin 2016, nous achetons notre 7ème RAPP, une néerlandaise techno-industrielle.

Enfin, le 16 juin 2016, c’est une net-estate industrielle suisse que nous achetons.

Le portefeuille en détail

Sur le mois

Nous avons acheté pour la somme totale de 10 530.31 €

Nous avons vendu pour la somme totale de 6 797.75 €

Sur l’année 2016

Nous avons acheté pour la somme totale de 59 551.46€

Nous avons vendu pour la somme totale de 54 942.91€

En fin de mois, les liquidités pèsent 15.68% du portefeuille, et sont en diminution par rapport au mois précédent. D’autant plus que nous avons dû répondre pour la première fois à un retrait d’argent d’un membre de notre club. La date de référence pour la VL de ce mouvement a été fixée au 17 juin et la VL d’une part du portefeuille était à cette date de 8.0020€. Nous avons donc retourné à l’un de nos membres 7 001.75€, équivalent à 875 parts du club.

La catégorie VANN pèse 22,54 %, la catégorie VANE 40,85 %, la catégorie RAPP 8,81 % et la diversification « Value » 12,12 %.  Au sein de cette dernière catégorie, on retrouve les mines d’or qui représentent 3,64 % du portefeuille. Le solde est constitué de holdings et de fonds fermés.

Performance par catégorie sur l’année 2016, et en ce mois juin :

1° Diversification Value =  +24.73% (sur le mois =  +5.84%)

2° Net Net = +1.58% (sur le mois =  -0.32%)

3° Net Estate =  +1.46% (sur le mois =  -0.41)

4° RAPP =  +0.80% (sur le mois =  -0.05%)

Petite précision due a la chute de la livre sterling qui fausse quelque peu la lecture du suivi de la performance de ce mois de juin: quand nous présentons la performance par catégorie, le calcul est toujours en euros. Par contre, la performance individuelle des sociétés, sur le mois, est comptabilisée dans la devise, par facilité de calcul mais aussi par le fait que sur un mois la variation du change Euro / devise étrangère, est souvent insignifiante, voire n’a qu’une incidence limitée sur la performance de la société. Une société qui fait +19% dans la devise sur le mois, avec une différence de change de + ou – 0.65%, ne remet pas en cause la performance autour de 20% sur le mois. Mais si la différence de change est de -9%, comme c’est le cas avec la livre sterling, un performance de 19% est réduite à 10% en Euros et dans ce cas la différence de près de 50% due au change ne donne plus une valeur proche de la performance de la société sur le mois. Comme ce cas est plutôt rare, nous allons continuer à présenter la performance par catégorie en Euros et les performances individuelles en devise étrangère. Mais nous tenions quand-même à le préciser, pour ce que cela soit plus clair.

Net-Net

La dévaluation de la livre sterling a pas mal pesé sur la catégorie qui compte trois sociétés britanniques, pesant 23%. Malgré cela, sur le mois et converti en euro, le recul de cette catégorie reste inférieur à celui du marché dans son ensemble.

Net Estate

Les 4 sociétés anglaises de la catégorie net-estate pèsent 18%. Et ici aussi, cette catégorie présente un recul inférieur à celui de l’ensemble du marché.

RAPP

Il n’y a pas grande étincelle dans la catégorie Rapp qui est à l’équilibre, face à l’incertitude du moment. Il n’y a pas de société britannique dans la catégorie.

Diversification Value

Une seule société britannique dans cette catégorie et ce pour un poids assez léger (4 % du total de la catégorie). Nos minières aurifères continuent à rythmer le bal.

Excellentes vacances à tous.

été boursier

 

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