Question des lecteurs : la réalité de notre performance

performance-boursiereCet article est la suite de celui de la semaine dernière dans lequel nous répondions aux questionnements de Nizar et Paul, deux de nos lecteurs, quant à la facilité de suivre notre process et la réalité de notre performance.  Après avoir traité du process, voyons ce que nous voudrions précisez, par rapport à la  lecture par Nizar et Paul de notre performance, .

Il nous semble donc qu’ils tentent à leur manière de nous dire que notre performance n’est pas réelle, voire n’est pas aussi importante qu’elle ne l’est, certes avec beaucoup de tact et d’amabilité, ce qui est tout à leur honneur.

Comme vous l’avez sans doute compris en parcourant notre blog, nous acceptons absolument la critique et quand elle pousse à la réflexion, nous voulons en faire quelque chose de positif, ce qui est bien entendu le cas ici.

Nous devons donc essayer de comprendre les arguments qui permettent à ces deux aimables lecteurs de ne pas accepter la réalité de notre performance du 24 novembre 2008 à aujourd’hui.

Nizar a donc choisi de remettre en cause notre performance à l’aide du process et Paul voudrait « normaliser » la performance en nous faisant démarrer en Janvier 2010 et pas en Novembre 2008.

A leur décharge, nous comprenons que plus notre histoire est longue, plus elle est difficile à cerner et peut-être à comprendre.

Quand nous avons décidé d’ouvrir un blog pour partager notre expérience d’investissement, nous nous sommes mis la barre très haut : pour montrer ce que nous faisions de manière intelligible à tous les investisseurs intéressés, la transparence doit être totale et l’honnêteté intellectuelle entière. Pourriez-vous trouvez un site ou un blog qui affiche sa performance semaine après semaine depuis presque 8 ans ? Qu’elle soit bonne ou mauvaise ? Pourriez-vous trouvez un blog ou un site d’investisseurs qui revient systématiquement sur ces pertes et donc ses erreurs et qui tente systématiquement d’exposer ses réflexions, pour essayer qu’elles ne se reproduisent pas ? Pourriez-vous trouvez un blog ou un site qui met à la disposition de ses abonnés tous les extraits de compte fournis par son courtier, achat après achat et vente après vente depuis 2008 ?

Si nous avions donc appliqué le process sans rigueur au début comme le suggère Nazir et avec de la rigueur ensuite, parce que les sommes en jeu étaient différentes, nous n’existerions plus depuis longtemps et tous les éléments de preuve sont sur notre blog, disponibles et lisibles par tous.

Paul, pensez-vous vraiment que la performance de 308% de 2009 est tellement un hasard qu’elle ne doit pas entrer en ligne de compte ? Pourquoi par exemple n’avez-vous pas retiré aussi la pire performance soit le -15% de 2011 ? Et puis en retirant les trois meilleures performances, le 308% de 2009 et le 38% de 2010 et le 24% de 2012, vous auriez pu arriver à la conclusion que notre portefeuille sous-performait franchement le marché !

La performance de 308% de 2009 n’est pas plus le fait du hasard que les performances médiocres de 5% et 7% de 2014 et 2015. La performance découle du marché : plus le nombre d’occasions est élevé et plus les prix sont bradés, plus la performance est importante. A l’inverse, moins il y a d’occasions sur le marché et moins les prix sont bradés, plus la performance est médiocre… et il faut ajouter à cela le temps de réalisation soit le laps de temps entre l’achat et la vente selon le process. Là aussi, les variations sont de taille, selon le type de marché et selon la société. Nous prenons donc dans le cadre de notre process, tout ce que nous offre le marché. Rien de plus et rien de moins.

Nous ne pouvons donc pas accepter que vous « normalisiez » notre performance à votre gré. Depuis 2008 notre performance est bien de 31% annualisé et c’est le fruit de la stricte application de notre process sur cette période. Et si un autre investisseur a démarré en 2011 en appliquant un process similaire au nôtre, il est évident qu’il n’obtiendra pas le même rendement annualisé puisqu’il est dans une séquence de marché différente.

En conclusion : Contrairement à d’autres, nous ne vendons pas de la performance. Depuis le début nous expliquons ce que nous faisons, pourquoi nous le faisons mais jamais ce que vous devez faire. Un investisseur qui nous lit adhère ou pas à l’idée de valeur chère à Benjamin Graham, idée  que nous avons aménagé à notre sauce au fil des années et qu’il est aussi possible d’aménager à une autre sauce, … la votre !

Nous avons souvent répété que la performance que nous affichons nous appartient et ne vous est pas de grande utilité. L’important étant de comprendre et de mettre en pratique un process.

Nous avons donc démontré avec cette expérience qui dure depuis plus 7 ans qu’il est possible de démarrer avec une petite somme, mais aussi de gérer des sommes plus importantes ; que définir un process et l’appliquer ensuite à la lettre n’est pas facile mais reste la chose la plus importante pour l’investisseur. Nous avons aussi démontré que lorsque la situation est exceptionnellement favorable notre process générera une performance hors norme, dans une situation moins favorable, il surperformera nettement le marché et dans une situation défavorable, il fera grosso modo jeu égal. Ce qui à plus long terme devrait vous permettre de battre le marché et vous placer dans les 5% d’investisseurs qui sont capables d’un tel exploit.

Nous avons enfin, grâce à l’historique de nos opérations, une vision précise de l’avantage statistique de notre process année par année, investissement par investissement, nous permettant toujours de mieux comprendre ce que nous faisons et comme depuis le début, ce qui nous permet d’avancer, nous le partageons avec nos abonnés.

Pour terminer, l’intervention de Yannick dans cette même file de commentaire, illustre vraiment bien le rapport que nous entretenons avec d’autres investisseurs et abonnés à notre lettre et les raisons de leur adhésion aux enseignements de Benjamin Graham que nous avons seulement illustrés dans la réalité.

 

Question des lecteurs : la pertinence de notre process

investir-avec-un-petit-capitalNous remercions tout d’abord Nizar, Paul et Yannick pour leurs réflexions que nous vous invitons à relire ici et auxquels nous allons tenter d’apporter quelques réponses supplémentaires.

Nous commencerons par la pertinence de notre process mis en question par Nizar avec comme principal argument les petites sommes engagées en 2008 qui nous auraient permis de « faire n’importe quoi » et donc, quel que soit le process, de ne pas subir de pression psychologique. Ce qui amène Nizar  à penser que la pertinence de notre process n’est pas vraiment significative et ne protège d’aucun biais. Et enfin de nous donner un exemple sur le fait qu’il est plus facile quand on investit de perdre 10€ que 1000€ quand on gagne 1000€ par mois et que l’on a 1000€ d’économie.

Tout ceci semble logique à première vue et pourtant, s’il y a bien une chose que nous avons retenue et surtout compris de la psychologie cognitive, c’est l’importance du contexte de la situation qui est le principal rouage biaisant le jugement humain et l’amenant à une réaction inappropriée.

L’exemple de Nizar est donc problématique car il ne tient pas compte du contexte. Et en dehors d’un contexte, on invente la réaction, voire on projette ce qu’on imagine.

Si nous avions eu l’occasion de bavarder avec Nizar en vrai de ce sujet, nous aurions par exemple pu lui demander quelle logique il voyait au fait qu’un investisseur qui gagne 1000€ par mois et possède 1000€ d’économie n’investisse que 10€ ?

Avec un rendement de 15% l’an soit un investissement qui double tout les 5 ans, il aura fallu a notre investisseur 30 ans pour doubler son épargne, oui 30 ans pour passer de 1000€ a 2000€, avec 10€ et « rien à foutre de perdre » en plus, donc libéré de tout poids psychologique. En fait quand on gagne 1000€ par mois et qu’on a 1000€ d’épargne, il est plus logique de vouloir risquer plus, pour gagner sérieusement. C’est donc plutôt 500€ que 10€ que l’on pourrait risquer.

« Coucou, les Daubasses, faudrait voir à réduire l’Orval, votre lecteur vous parle de la facilité de perdre 10€ au lieu de 1000€ avec un salaire de 1000 € et une épargne de 1000 € et vous partez d’en d’autres considérations, plus que mousseuses »

Ce que nous avons voulu montrer, ami( e) lecteur (trice), c’est que le postulat de départ pouvait être bien différent sans le moindre contexte. Et nous n’avons pas évoqué le risque au hasard précisément parce que c’est un point de contexte important. Nous allons donc de ce pas traiter du contexte spécifique à notre aventure Daubasse.

En réalité, même si nous n’avons pas la prétention d’avoir tout lu et encore moins tout compris de la psychologie cognitive, nous pouvons vous assurer que nous n’avons jamais lu la moindre étude sur l’intensité de la douleur d’une perte par rapport à la somme investie. Si vous avez une étude à ce sujet, nous sommes preneurs et la rendrons publique sur notre blog.

Mais pour l’instant nous savons donc que la douleur d’une perte est ressentie 3-4 fois plus douloureusement que la joie d’un gain et aussi que cette importance d’intensité du ressenti d’une perte génère des biais psychologiques amenant à des prises de décisions peu pertinentes.

Parallèlement à la psychologie cognitive, nous avons toujours éprouvé de l’intérêt pour le hasard et le risque. Et nous avons fort récemment trouvé la lumière que nous cherchions avec les explications du plus grand spécialiste contemporain du risque : Nassim Nicholas Taleb.  Nous ne tarissons pas d’éloges sur son ouvrage « Antifragile: Les bienfaits du désordre » qui rend limpide l’asymétrie d’un investissement. C’est à la page 213 que Taleb évoque le  premier cas d’asymétrie, il nous explique que  » l’essentiel c’est que nous n’avons pas besoin de savoir ce qui se passe quand nous achetons a un prix bas – quand l’asymétrie joue en notre faveur. Mais cette propriété va bien au delà de l’achat bon marché : il ne nous est pas nécessaire de comprendre les choses quand nous avons un avantage, même léger. Et l’avantage tient à de plus grand profit quand on a raison, ce qui ne vous oblige pas à avoir raison trop souvent. »

Ce que nous essayons rapidement d’expliquer, c’est donc le contexte et dans ce contexte figure donc en bonne place le risque ou plutôt votre propre perception du risque qui va déterminer les sommes que vous êtes disposés à investir.

En 2008, quand nous décidons d’investir sur les net-net que nous qualifions avec humour de Daubasses et bien sûr sans avoir lu la moindre ligne de « l’Antifragile… » de Taleb, nous comprenons qu’en diversifiant le risque de perte est limité car les pertes, voire les faillites (nous sommes persuadés qu’il y aura des faillites et des investissements qui tomberont à 0€) seront compensés par au moins quelques gros gagnants.

En 2008, avant de commencer le portefeuille de notre club, nous comprenons bien que les chances de perte sont faibles mais nous n’avons pas la moindre idée des gains.

Notre réelle compréhension de l’asymétrie de notre process est assez faible et largement insuffisante, nous l’avouons, même si nous avons été capables de poser une réflexion logique mais aussi incomplète. C’est le premier élément du contexte qui va jouer dans la décision de la somme à investir dans ce projet de portefeuille « Daubasse ».

Le second point du contexte, c’est que les deux principaux « fondateurs » du club qui ont eu l’idée du portefeuille « Daubasses », étaient, avant 2008, des investisseurs dans la valeur qui ont voulu mettre en pratique les enseignements de  Warren Buffett …et qui ont subi de grosses pertes sur leur patrimoine investi en actions.

Et comme ils essayaient d’être des élèves appliqués, ils étaient « full invest », soit investis à quasiment 100% en 2008 (« Warren Buffett. L’effet boule de neige » la biographie de Warren Buffett n’existant pas encore pour mieux comprendre que, ce que faisait réellement Buffett, était loin du « full invest »). Les sommes que nous allons devoir dégager, pour investir dans le portefeuille Daubasses, nous obligeront donc à acter des pertes, alors que selon Buffett, à long terme, on a plus de chance d’être gagnant. C’est le second point du contexte.

Le troisième élément du contexte qui va jouer sur la décision, c’est le contexte général de 2008 : à l’époque, les deux « hits » ont pour titre « la fin du capitalisme c’est pour tout de suite » et  « 1929 sera dépassé ».  Ces rengaines tournent en boucle à longueur de mois. A moins de vivre dans un caisson à 200 mètres de profondeur, en Mer du Nord, nous devons avouer également en toute humilité que nous avons été influencés par la névrose ambiante et donc, …  sur les sommes à investir dans notre projet de portefeuille net-net.

Après ces trois points importants de contexte vient donc le moment de passer à l’action sur les sommes à engager. Depuis 2005, nous faisons partie d’un groupe d’une vingtaine d’investisseurs échangeant des idées d’investissement au sein d’un forum privé. Ce groupe s’appelait « Valeur et conviction ». La plupart des participants étaient aussi membres de Boursorama et se connaissait pour certains depuis 2001-2002; échangeant sur le forum « analyse fondamentale », puis « SICAV »… avant donc de migrer vers ce fameux forum privé. Le dénominateur commun de ce groupe était donc l’investissement dans la valeur. La majorité des membres de ce groupe avait au moins 10 ans de pratique dans l’investissement parfois beaucoup plus, une expérience multiple et variée, certains membres était dans l’analyse fondamentale poussée « à la Buffett »,  d’autres véritables spécialistes des fonds de placements collectifs, d’autres encore avaient des approches personnels assez originales.

La première fois que nous avons commencé à discuter des net-net, c’est donc sur ce forum privé : un des membres nous parle du promoteur immobilier Les Nouveaux Constructeurs qui restera notre première « Daubasses », la société qui nous a permis de mieux comprendre ce que Benjamin Graham expliquait dans « L’investisseur intelligent. Un livre de conseils pratiques« .

Nous pouvons donc dire que les discussions et débats ont été nombreux et enflammés mais c’est à ce moment-là qu’est née l’idée de portefeuille Daubasses.

Nous étions donc un peu plus de 20 membres en dehors des deux membres qui ont eu l’idée du portefeuille et du club et 1 seul membre a répondu présent et nous a proposé de participer au portefeuille avec 1000€, les deux membres fondateurs ont complété le « budget » avec  7000€ chacun pour arriver à la somme de départ de 15 000€.

Ainsi, seuls trois membres du groupe Valeur et convictions se sont lancés dans l’aventure en 2008, c’était donc environ 15% des personnes rapporté aux 20 membres du groupe.

On peut bien sûr trouver que c’est très peu a posteriori mais en 2008 et sans avoir la moindre idée du futur, c’est énorme et nous pouvons même dire sans risque d’erreur aujourd’hui que sur le continent européen, nous étions probablement les seuls …

La question que nous posons à Nizar, notre aimable lecteur, c’est pourquoi si c’était si facile et si évident en 2008 d’investir dans les sociétés net-net dont le gros des explications avait été fournies par Benjamin Graham depuis plusieurs décennies et était donc accessible aux plus grand nombre, plusieurs milliers d’investisseurs ne l’on pas fait et avec les mêmes  sommes qu’il qualifie de « très faibles » ?

La seule explication que nous trouvons, c’est que le risque de l’époque, soit en 2008, était jugé par presque l’ensemble du marché et des investisseurs comme très élevé. Ensuite si cette idée semble une évidence, c’est parce qu’elle a réussi, c’est, comme d’habitude, regarder dans le rétroviseur sans tenir compte de la réalité de 2008, de son contexte et de son manque d’évidence de l’époque.

Nous voudrions encore ajouter avant de passer à la performance proprement dite, deux choses, concernant les sommes modestes engagée.

Tout d’abord, investir seulement 15 000€ au lieu de 100 000€ par exemple nous semble être un handicap supplémentaire, contrairement à ce que Nizar semble penser. Ce handicap provient simplement du fait qu’une sous-capitalisation génère plus de contrainte et de frais. Dès le départ, nous avions décidé, dans notre process, d’une diversification par laquelle chaque société représenterait au maximum 3.33% du portefeuille.

Avec 15 000€ de capital de départ, 30 sociétés ont donc été achetées et l’investissement initial de 500€ par société a généré 4.81% de frais boursiers. Donc le 24 novembre 2008, quand nous avons clôturé nos 30 premiers achats, nous avions un total 722.56€ de frais et une perte globale de -4.81% dès le départ ! Imaginez un aller et retour comme celui qui a eu lieu deux semaines plus tard, le 10 décembre, quand le dernier bilan du marchand de chaussettes Kindy ne correspondait plus au process et donc à nos critères, c’est à nouveau 4.81% de frais de transaction que nous avons déboursés en vendant la société. Nous devons avouer que nous ne voyons pas vraiment l’avantage d’avoir investi seulement 15 000€ quand les frais sont presque de  10% pour un aller-retour.

Ensuite, une sous-capitalisation comme la nôtre ne nous a pas permis la moindre flexibilité : notre process nous oblige à investir au maximum 3.33% sur une société mais il nous est tout a fait possible d’investir 3 fois 1.11% du portefeuille, soit les 3.33% en trois fois.

Si 3.33% représente 500€ et que vos frais sont déjà de 4.81% à l’achat, 1.11% du portefeuille c’est 166.50€. Tout investisseur comprend facilement qu’il est impossible pour un portefeuille sous capitalisé comme nous l’étions en 2008 de ramasser le couteau qui tombe, de renforcer une société dont le cours a, par exemple, été divisé par 2.

Pour avoir donc vécu le départ de notre portefeuille sous capitalisé, nous arrivons au constat pratiquement inverse à celui de Nizar : Il faut faire plus d’effort d’un point de vue psychologique pour appliquer strictement le process quand on gère un petit portefeuille. Aujourd’hui, par exemple, les 3.33% du portefeuille valent 11 946€, investir 1.11% au départ, c’est +/-3 900€, les frais sont souvent inférieurs à 1% de cette somme et nous pouvons renforcer « tranquille » quand le cours d’une de nos lignes baisse de 50% et que la société correspond toujours à notre process.

La semaine prochaine, nous aborderons le 2e volet des remarques de nos lecteurs, à savoir notre performance.

Rapport de gestion – août 2016

Au cours de ces années, ami(e) lecteur(trice), nous avons toujours eu la volonté de vous proposer notre parcours sur les traces de Benjamin Graham avec autant de transparence que possible.

De plus, régulièrement, nous avons alimenté vos réflexions par des statistiques issues des constatations que nous avons faites du portefeuille de notre club d’investissement. Ces statistiques nous ont permis d’améliorer notre propre process mais aussi, nous l’espérons, le vôtre.

C’est un peu dans cette double optique de transparence et d’observation statistique que nous vous proposons, chaque mois,  un extrait « rapport de gestion » publié dans nos lettres mensuelles, extrait dans lequel nous retraçons les grandes lignes de l’évolution de notre portefeuille. L’idée principale sera de vous proposer un maximum de réflexions sur le sujet.

Bien évidemment, ce rapport ne fera, en principe, pas mention de sociétés individuelles, ce privilège étant réservé à nos abonnés.

RAPPORT DE GESTION – AOÛT 2016

 

Petit à petit, dans la douceur estivale, les vacances ont pris fin. Les exploits olympiques des Teddy Riner, Penny Oleksiak, Nafissatou Thiam ou Fabian Cancellara ne sont déjà plus qu’un doux souvenir.

Voici donc le retour à la réalité … et à l’actualité financière. Qui, finalement, nous revient avec exactement le même thème qu’il y a deux mois, à savoir : les interventions des banques centrales sur les marchés.

Les agitations de ces dernières semblent, globalement, tarder à montrer leurs effets dans l’économie réelle comme nous pouvons, par exemple, le constater avec le tableau ci-dessous reprenant l’évolution des bénéfices réalisés par les entreprises du S&P500 et qui démontrent un tassement certain des profits réalisés par les 500 plus grosses sociétés américaines cotées.

benefice-des-societes-du-sp500

Néanmoins, ces politiques (très) accommodantes auront un impact à court et à long terme sur la marche d’un grand nombre d’entreprises. Ainsi, nous apprenons que Munich Re va stocker, dans ses propres coffres, de l’argent liquide ou que certaines grosses sociétés se voient appliquer d’ores et déjà un taux négatif sur leurs dépôts bancaires.

Comme dans chaque situation macro-économique, il y a des gagnants et des perdants. Les perdants ont souvent été cités dans la presse financière : ce sont les assureurs (surtout les branches « vie » qui doivent octroyer un taux garanti) et les banques qui ont quelques difficultés à maintenir leurs marges bénéficiaires. Mais il y a aussi des gagnants.  Nous pensons par exemple aux fabricants de coffre-fort qui voient leur demande exploser ou aux consultants informatiques qui sont appelés par les institutions financières pour adapter leurs systèmes au nouvel environnement.

Et puis, il y a les investisseurs évidemment …

« Les investisseurs ? Comment cela ? »

Eh bien, ami( e) lecteur(trice), à partir du moment où on considère que l’application d’un taux d’intérêt sur un capital est destiné à compenser l’inflation et l’incertitude du futur, on peut aussi considérer que les taux négatifs signifient que d’une part, il n’y a plus d’inflation et d’autre part que le futur est plus certain que le présent …

« Et ensuite … ? »

Un futur sans inflation et sans incertitude, n’est-ce pas le rêve de tout investisseur ?

« Vous vous moquez de moi là ? »

Pas vraiment cher( e) lecteur (trice), il s’agit surtout pour nous de démontrer le caractère très particulier de la situation que nous vivons.

En attendant, ces taux négatifs ont au moins un avantage pour certaines sociétés de notre portefeuille : il rend plus intéressant certains actifs ne produisant pas de flux de trésorerie puisqu’ils sont moins pénalisés que les actifs en produisant, la baisse des taux ramenant le montant des flux à portion congrue.

C’est ainsi que depuis le début de cette année, tant l’or que le pétrole ont gagné 25 %, surperformant une bonne partie des autres classes d’actifs.

Et pendant ce temps-là, la VL de notre portefeuille a progressé de 6,11 % pour s’établir à 8,36 + 1,17 % sur le mois d’août).

evolution-du-portefeuille

Au cours du mois écoulé, le portefeuille a subi un change défavorable de -0.17 %. Depuis le début de l’année, il a également subi un change défavorable de -3.12 %.

Notre benchmark, le tracker MSCI World dividende réinvesti a progressé sur le mois d’août de +0.26 %. Sur l’année 2016, sa performance est de +1.02 %.

Mouvements mensuels

Nous avons effectué 2 mouvements sur le mois d’Août : une vente et un achat

La vente de Vianini Industria, le 3 août 2016, a été pénible et stressante.

Pénible car l’information sur le changement de statut de la société et l’offre de rachat, n’a pas été clairement communiquée tant et si bien que pas mal d’organismes financiers, dont celui avec lequel nous travaillons d’habitude, n’ont pas signalé à leurs clients l’opération de rachat lancée par la direction et ne semblaient d’ailleurs pas au courant…

Stressante parce que nous avions 3.33% du portefeuille en jeu, soit autour de 9 000€ investis et que nous ne voulions pas prendre de risque en conservant cette ligne : au cours des 2115 jours de détention soit 5 ans et 10 mois, la direction n’a pas créé la moindre valeur et nous n’avions pas la moindre information détaillée sur la nouvelle entité. Une nouvelle fois,  le risque de perte nous a semblé plus important que les gains potentiels et c’est avec un véritable soulagement que nous avons finalement « largué » cette société de notre portefeuille.

Nous avions acheté un premier lot d’actions de la société le 19 octobre 2010 et ensuite renforcé à trois reprises : le 12 décembre 2011, le 22 juillet 2013 et le 24 Mars 2014 pour un investissement total frais inclus de 9 604.19€. Et nous avons encaissé au cours de ces 5 ans et 10 mois un dividende net de double taxation de 335.72€ qui ajouté à la vente de nos 7 550 actions nous a permis d’encaisser 9 241.89 € et d’acter une perte de -3.77% après déduction des taxes, impôts et frais, sur cette « vraie » daubasse.

Les achats de sociétés actives de près ou de loin dans l’immobilier se sont faits rares ces derniers mois, en tous cas, bien plus rares qu’au lancement de notre club d’investissement. Nous pensions que, malgré quelques sociétés qui « traînaient » encore dans nos listes souvent bien au-dessus de nos critères, nous ne serions plus être en mesure d’acheter ce type d’entreprise avant longtemps. Et pourtant … le 16 août 2016, nous avons acheté des actions d’une REIT US pour 1% de notre portefeuille.

Cette foncière présente une décote d’un peu moins de 50 % sur sa valeur d’actif net tangible et une solvabilité de pratiquement 200%. Plusieurs éléments intéressants de notre point de vue en font une REIT hybride, une REIT sortant des sentiers battus … et comme nous  aimons toujours le « hors sentiers », nous sommes servis.

Le portefeuille en détail    

Durant le mois d’août,

Nous avons acheté pour la somme totale de 3 623.51 €

Nous avons vendu pour la somme totale de 9 604.19 €

Depuis le début de l’année 2016

Nous avons acheté pour la somme totale de 66 732.84€

Nous avons vendu pour la somme totale de 80 817.44€

La catégorie VANN pèse 20,99 %, la catégorie VANE 37,70 %, la catégorie RAPP 9,59 % et la diversification « Value » 11,77 %.  Au sein de cette dernière catégorie, on retrouve les mines d’or qui représentent 3,38 % du portefeuille. Le solde est constitué de holdings et de fonds fermés.

Les liquidités pèsent en fin de mois 19.94 % du portefeuille et sont en augmentation par rapport au mois de Juillet.

22 lignes sur un total de 59 sont composées de sociétés issues de l’Espace Economique Européen et donc, en principe, éligibles au PEA.

Voici à présent la performance par catégorie sur l’année 2016, au mois Août :

1°Diversification Value = +26.21 % (sur le mois =  – 6.77%)

2°Net Estate = +7.56 % (sur le mois =  +3.70 %)

3° Net Net = +6.37 % (sur le mois = +4.43 %)

4° RAPP = +2.18 % (sur le mois =  -0.13 %)

Au cours de ce mois, ce sont les « daubasses classiques », c’est-à-dire les « net net » et les « net estate », qui nous ont apporté le plus de satisfaction.

Net-Net

Cette catégorie nous a donc procuré un rendement de 4,43 % sur le seul mois d’août et 6,37 % depuis le début de l’année.

Net Estate

Globalement les « net estate » n’ont pas particulièrement brillé au cours de ce mois … et pourtant la catégorie gagne 3,70 % !  En réalité, elle profite presqu’exclusivement de la vente d’un actif avec plus-value réalisée par une de nos plus grosses positions.  Suite à cette annonce, la société en question a vu son cours s’apprécier de 84 %, portant à elle seule la rentabilité de l’ensemble des « net estate ».

RAPP

Un mois « plat » pour les sociétés achetées pour leur rentabilité bon marché avec un rendement de – 0,13 % (et + 2,18 % depuis le début de l’année).

Diversification Value

Après nous avoir apporté de belles satisfactions depuis le début de l’année, les actions de « diversification value » sont les mauvais élèves de cette veille de rentrée scolaire : – 6,77 % sur le mois. La cause principale en est évidemment la consolidation des cours de l’or durant ce mois qui ont entrainé dans un bel ensemble nos 3 mines d’or vers le bas : celles-ci subissent effectivement une baisse de leur cours comprise entre 11 et 18 %.

 

 

Bas les masques – Matica Technologies

Investir dans des sociétés nettement sous-évaluées par rapport à leurs actifs tangibles permet souvent d’obtenir des rendements supérieurs. Cela, nous vous l’avons démontré tout au long des presque 8 années d’existence de ce blog. Mais investir dans une société dont la direction n’est pas intègre et se soucie peu des actionnaires minoritaires peut aussi amener à des déconvenues et cela, nous l’avons aussi montré à plusieurs reprises.

L’investissement que nous vous présentons aujourd’hui entre typiquement dans ce cas de figure. Au départ, nous étions assez enthousiastes à propos de cette société, mix de décote sur actif et d’un certain know how technologique.

Mais, au bout du compte, une sortie d’investissement presque « forcée » par la direction à un moment où il semblait que la société avait mangé son pain noir et qu’elle se préparait à entamer son redressement.

En effet, le 27/12/2013, nous procédions à l’acquisition d’actions Matica Technologies, une entreprise allemande spécialisée dans la conception de cartes sécurisées au prix de 1,12 euros

Après moultes péripéties qui ont émaillé la vie de cette société durant notre période de détention, nous revendions nos actions le 23 février de cette année en subissant une moins-value de 24,90 %, après prises en compte des taxes de bourse et frais de courtage.

En effet, ce jour-là, nous avions appris que le conseil d’administration de Matica Technologies avait décidé, unilatéralement, de transférer la cotation des actions sur un marché non réglementé. Ne pouvant définir à l’avance ce qu’il en serait encore de la liquidité de l’action ainsi que de la qualité des informations financières qui nous seraient fournies, nous n’avions hélas, pas d’autre choix que de vendre nos actions et de subir cette moins-value.

Ci-dessous, vous trouverez l’analyse qui avait été mise à disposition de nos abonnés au moment où nous avions procédé à l’achat ainsi que les news de suivi qui ont été publiées au cours de nos différentes lettres mensuelles.

Bonne lecture !

 

Matica Technologies

(Frankfurt Börse, Ticker: DS7.DE / ISIN : DE000A0JELZ5)

*** Eligible au PEA ***

Introduction

Matica Technologies est à l’origine une entreprise italienne fondée en 1992 à Milan. Elle est spécialisée dans la conception de cartes sécurisées de toutes sortes pour les banques, les gouvernements (passeports et cartes d’identité), contrôle d’accès, …

En 2007, la société fait l’acquisition de l’entreprise autrichienne Digicard et de la société italienne Fractalos Carte Lab. Elle prend le virage technologique de la carte électronique.

Enfin, en 2011, Matica devient le nouvel actionnaire majoritaire et en juillet 2013, l’entreprise change de nom en Matica Technologies. L’entreprise devient alors mondiale avec une présence en Italie, en Allemagne, en France, au Mexique, à Singapour, en Chine, aux Etats-Unis et aux Émirats Arabes Unis. Elle assiste ses clients grâce à son réseau mondial de revendeurs agréés, distributeurs et partenaires d’intégration.

Aujourd’hui, la société est installée dans la ville industrielle de Esslingen, près de Stuttgart dans le Land allemand de Bade-Wurtemberg. Elle emploie 69 personnes.

Nous identifions potentiellement 4 points qui peuvent expliquer le niveau raplapla du cours actuellement :

1 – Un actionnaire majoritaire sur une petite capitalisation, cela effraie toujours le chaland

2 – Une société active dans le secteur technologique. Les investisseurs y voient souvent des coûts et des bénéfices dans un hypothétique futur

3 – Deux importantes augmentations de capital durant les 2 dernières années (multiplication du nombre de titres par 3,17), qui a lessivé les actionnaires « accrochés » à la valeur

4 – Enfin, une liquidité plutôt faible : quelques dizaines de milliers d’euros échangés par mois

La présente analyse a été effectuée avec les chiffres des semestriels arrêtés au 30 juin 2013. Nous n’avons pas trouvé de plan d’options dans les bilans.

Nous avons acheté des titres le 24 décembre à un cours de 1,12 EUR par action.

La Valeur d’Actif Net Net (VANN)

La société possède un actif courant d’une valeur de 2,82 EUR par action et un passif total qui représente 1,14 EUR par action. Sa valeur d’actif net-net est donc de 1,68 EUR.

La Valeur d’Actif Net Estate (VANE)

La société ne détient pas de terrains ou de bâtiments en propre. Nous ne pou-vons donc pas calculer de VANE.

La Valeur de Mise en Liquidation Volontaire (VMLV)

Dans cette évaluation, nous estimons la valeur que les propriétaires (les actionnaires) pourraient obtenir si de la société décidait de se mettre volontairement en liquidation. C’est-à-dire réaliser l’ensemble de ses actifs sans un stress au niveau des ventes.

A noter que la structure du bilan de la société est relativement aisée à appréhender, puisque constituée uniquement de quelques catégories d’actifs.

Nous commençons notre évaluation par l’actif courant, composé des actifs les plus liquides. L’actif le plus important est constitué des stocks. Ils représentent pour une valeur comptable de 1,14 EUR par action. La rotation moyenne des stocks sur les 3 dernières années a été de 122 jours, et de 108 jours pour l’exercice actuel. Nous n’avons pas plus de précision sur ce stock, hormis le fait qu’une provision représentant 10% du stock a été comptabilisée. Nous prenons ainsi une marge de sécurité de 25% et retenons les stocks pour une valeur de 0,86 EUR par action.

Viennent ensuite les créances clients pour 0,89 EUR par action. La société a été payée en moyenne en 54 jours sur les 3 dernières années et en 63 jours sur le dernier exercice. Les clients paient donc relativement rapidement. Aussi, nous prendrons une marge de sécurité de 20% sur ce montant et nous obtenons alors une valeur pour ces créances de 0,71 EUR.

La trésorerie est le poste suivant. Elle représente 0,49 EUR par action. Nous la reprenons telle quelle.

Ensuite, nous valorisons des paiements en avance pour une valeur de 0,21 EUR par action que nous reprenons dans une approche conservatrice avec une marge de sécurité de 10 %, soit 0,19 EUR par action.

Enfin, le poste des actifs courants est composé des dépôts pour cautions et garanties à court terme pour un montant représentant 0,10 EUR par action. Ces sommes sont du cash bloqué qui n’appellent à aucun commentaire.

En ce qui concerne les actifs non courants, le poste le plus important est composé des dépôts pour cautions et garanties à long terme pour l’équivalent d’un montant représentant 1,20 EUR par action. Comme pour l’actif circulant, nous reprenons ce montant pour sa valeur comptable.

Le deuxième poste par son importance est composé des actifs immatériels pour 0,26 EUR par action. Fidèles à notre approche patrimoniale basée sur la tangibilité des actifs, nous décidons de considérer cette valeur comme nulle.

Le dernier poste significatif est celui des actifs immobilisés, soit les machines, équipements et mobilier. Il représente 0,07 EUR par action. Nous n’avons aucune compétence pour évaluer avec fiabilité ces actifs qui sont utilisés pour une activité technique bien précise. Nous décidons donc d’appliquer une marge de sécurité maximale de 80% et reprenons donc 0,01 EUR par action.

Enfin, en ce qui concerne les crédits d’impôts différés pour un montant non significatif (73.000 EUR ou 0,01 EUR par action), par conservatisme nous ne les prenons pas dans notre calcul de la VMLV.

Le total du passif (le total des engagements de la société) représente 1,14 EUR par action.

En hors bilan, nous avons trouvé ni litige, ni leasings ou autres garanties diverses.

Pour résumer, en cas de mise en liquidation volontaire de la société, nous obtenons la valeur suivante (en EUR par action) :

Actif courant

+ Stock : 0,86

+ Poste client : 0,71

+ Trésorerie : 0,49

+ Paiements en avance : 0,19

+ Dépôts pour cautions et garanties à court terme: 0,10

Actif immobilisé

+ Dépôts pour cautions et garanties à long terme : 1,20

+ Actifs immatériels : 0,01

+ Actifs différés d’impôts : 0

Passif

– Total passif : -1,14

Nous obtenons donc une VMLV de 2,42 EUR par action.

La Valeur de la Capacité Bénéficiaire (VCB)

Sur les 5 derniers exercices, la société a généré à 3 reprises des résultats opérationnels. Mais les pertes liées aux exercices 2010 et 2011 ne nous permettent pas de dégager des profits opérationnels positifs sur la période. Nous ne sommes donc pas en mesure de calculer une VCB pour Matica Technologies.

Conclusions

A notre cours d’achat de 1,12 EUR, nous avons acheté des titres Matica Technologies avec une décote de

33% sur la VANN

54% sur le VMLV

Le potentiel sur la Valeur d’Actif Net Tangible (VANT = 2,95 EUR) est de : +161%

Notre calcul de solvabilité maison ressort à : 83%

Ratio technologique = 0% (la société réalise bien des dépenses de recherche et développement, mais elles ne sont pas identifiées comme telles dans les comptes de résultats; l’entreprise précise qu’une partie de ses charges de personnels ainsi que ses actifs immatériels sont des éléments liés à la R&D).

Comme nous l’avons abordé dans l’introduction, certains éléments peuvent expliquer la défiance du marché vis-à-vis du titre : la liquidité, la taille de l’entreprise, le secteur technologique et la présence d’un industriel majoritaire au capital.

En ce qui concerne les augmentations de capital à répétition, nous avons fouillé entre les lignes des rapports annuels. Commençons par les points positifs. Le Groupe explique clairement qu’il estime aujourd’hui avoir les moyens financiers de faire face à l’ensemble de ses obligations financières. Selon le management, la structure financière est très satisfaisante. Par ailleurs, des lignes de crédits non tirées ont été négociées avec les banques et permettront le cas échéant de financer tout type de besoin. Au vu de la structure actuelle de la société où les seuls dépôts de cautions et garanties à long terme (8,9 M EUR) représentent davantage que l’ensemble du passif de la société (7,1 M EUR), nous rejoignons le point de vue du management. Toute chose égale par ailleurs, il ne semble pas y avoir de risque financier pour Matica Technologies. Ce qui sous-entendrait par corrélation, nulle besoin de recourir à de nouvelles augmentations de capital.

Le ciel s’assombrit quelque peu ensuite. En fait l’augmentation de capital à 1,05 EUR par action qui a eu lieu de 31 janvier 2013 pour 4,4 M EUR avait été dénoncée comme « illégale » par des actionnaires minoritaires lors de l’Assemblée Générale du 24 août 2012. Ainsi, lors de l’Assemblée Générale Extraordinaire en date du 15 février 2013, des experts indépendants ont été nommés pour donner leur avis. Nous n’en savons pas plus à l’heure où nous rédigeons cette analyse.

Au niveau des résultats, le Groupe a publié des résultats succincts pour les 9 mois de l’exercice 2013 : un EBITDA de 1,1M EUR et un profit avant impôt de 0,6 M EUR pour une capitalisation actuelle de 8,0 M EUR.

Enfin, il nous semble important de préciser que le cabinet d’audit Ebner Stolz Mönning Bachem GmbH n’est pas le plus connu de la place, mais a pignon sur rue en Allemagne. Nous pouvons donc croire que le travail d’audit des comptes a été réalisé dans des conditions acceptables.

Clairement, d’un point de vue patrimonial, le titre rentre dans tous nos critères et offre la possibilité d’investir dans une net-net (ce qui est de plus en plus rare au vu des niveaux des marchés actuels) avec un potentiel supérieur au portefeuille. Avec de nombreux atouts : une entreprise industrielle allemande, technologique, éligible au PEA et profitable. Il y a bien entendu un risque juridique, ou plus précisément, quelques questions en suspens sur la qualité de la gouvernance du Groupe. Mais au sein de notre portefeuille diversifié, une part 1% limite les risques tout en permettant d’augmenter le potentiel moyen du portefeuille.

NEWS DE SUIVI

2014 Février

Il y a du mouvement au sein de l’équipe de notre dernière acquisition allemande. La direction semble vouloir booster son équipe commerciale avec le recrutement d’un Vice-Président (VP) du Marketing Produit recruté chez Evolis, Eric Bouvard, la nomination d’un VP Marketing Groupe qui a eu plusieurs responsabilité au sein du Groupe précédemment (Directeur régional Europe, Responsable des ventes Europe, …), Harald Zinn et de la promotion de Luigi Pirserchia en qualité de Directeur régional des ventes pour l’Europe après avoir occupé des responsabilités commerciales sur l’Europe de l’Ouest au sein du Groupe.

2014 Mars

Dans un communiqué du 21 février, la société annonce que le Directeur Financier, Fabrizio Armone, a décidé de quitter la société pour suivre des intérêts personnels. Le départ sera effectif le 28 février. Est-ce un limogeage ou un départ réellement volontaire ? Hélas, les investisseurs externes à la société que nous sommes sont incapables de savoir ce qu’il en est…

2014 Avril

Nous sommes quelque peu étonnés, pour ne pas dire agacés, de ne pas trouver les informations financières de l’exercice 2013 qui étaient annoncées pour fin mars sur le site institutionnel de la société. Ce n’est jamais un signe très encourageant. Nous avons désormais la garantie que Matica Technologies est bien une daubasse…

2014 Mai

Matica Technologies et son ancien PDG Gerd Schäfer ont réglé à l’amiable un litige concernant des cessions de titres de ce dernier sur le marché. Les frais judiciaires vont être partagés entre les deux parties et l’ancien dirigeant va retirer son dépôt initial de plainte.

Au-delà de ce fait qui est tout de même anecdotique dans la vie de la société, nous remarquons que les résultats financiers 2013 sont toujours absents et qu’aucune annonce n’a été effectué par la société, malgré un agenda financier qui précisait que les résultats préliminaires 2013 étaient prévus courant mars et les résultats définitifs, fin avril. Une situation qui est loin de nous rassurer sur la qualité de la direction.

2014 Juin

Nous avions un peu peur de la publication très tardive des résultats annuels qui ont plus d’un mois de retard sur le planning, initialement prévue courant avril. L’activité 2013 a été en croissance de 2% pour atteindre 30,3 M EUR, et le résultat opérationnel a augmenté de +67% à 1,0 M EUR. L’impact sur le bénéfice est nul, il est flat à 0,3 M EUR du fait de la charge d’impôt. Résultat, nous sommes sur le plus bel exercice de Matica Technologies depuis sa création. Le président Sandro Camilleri donne pour objectif de continuer à croître dans les années à venir.

Au niveau des actifs, la VANT est de 2,85 EUR par action et procure un potentiel de +159%. A noter que le ratio net-net est de 0,70 à 1,58 EUR. Une net-net allemande : c’est suffisamment rare pour le signaler.

Nous en avons profité pour renforcer notre position, nous avons doublé notre exposition.

2014 Juillet

Nous n’apprenons pas grand-chose de la publication sommaire du premier tri-mestre 2014. L’activité est en baisse de 7,3% par rapport au T1 2013 à 6,3 M EUR et l’EBIT est en baisse de 42% à 0,4 M EUR, directement impacté par la baisse de l’activité, malgré la réduction des coûts de personnel au siège allemand de la société.

Une mauvaise nouvelle : à partir de maintenant, la société ne publiera plus d’informations trimestrielles. Seuls les comptes semestriels seront désormais communiqués au marché.

2014 Août

La société a annoncé fin juillet avoir remporté un contrat « majeur » pour le marché financier et gouvernemental chinois. C’est en effet un contrat de 500 systèmes de personnalisation de cartes bancaires pour le gouvernement chinois en collaboration avec le leader de la distribution de carte en Chine Wisemore Smart Technology. L’accord prévoir la fourniture exclusive de cartes bancaires avec le gouvernement de Shanghai pour les 18 prochains mois. Sandro Camilleri, Directeur Général de Matica, se dit satisfait de ce nouveau contrat, important par la taille et par la qualité, via des liens noués avec un nouveau partenaire local Wisemore. Matica rappelle être présent en Chine depuis 2008.

2014 Septembre

Notre société allemande appuie son développement vers l’Asie en recrutant son Directeur Régional en la personne de Kenneth Cheung, un ancien d’un constructeur chinois de cartes d’identification (APSCA) et qui a aussi oeuvré chez MasterCard. Il sera épaulé par le nouveau Directeur Régional des ventes, Antonio D’Alore, fraîchement débarqué de chez Matica Systems, la société mère italienne de Matica Technologies.

2014 Octobre

Encore un très bon premier semestre pour notre techno allemande. Toujours aussi étonnant pour une net-net d’afficher une rentabilité. Certes, la marge opérationnelle est relativement faible à 5,4%, mais point marquant tout de même. Le résultat net du premier semestre ressort à 357 k EUR.

Malgré cette rentabilité, la VANT (notre objectif de cours) recule de -7% à 2,66 EUR vs 2,85 EUR au 31 décembre 2013. L’explication est simple : la hausse des actifs incorporels, que nous excluons du calcul de la VANT, dont le « T » signifie « Tangible » qui exclue donc les actifs incorporels, intangibles par définition.

Au cours de clôture du 30 septembre de 0,969 EUR, le potentiel sur la VANT est de +175%. Nous gardons bien précieusement notre Daubasse.

2015 Février

La société allemande technologique annonce un partenariat avec la société Cards-X en Allemagne. Ce spécialiste de l’impression de cartes va ajouter dans son portefeuille de produits, les solutions de Matica.

2015 Mars

Outre la communication que nous vous avons fait parvenir par email le 12 fé-vrier, précisant l’actualité autour de la fusion avec Matica Solutions : « Matica Solutions est donc la maison-mère de Matica Technologies dans laquelle nous sommes investis. C’est d’ailleurs Matica Solutions qui fabrique une bonne part des produits qui sont commercialisés par Matica Technologies.

Si nous avons correctement compris et interprété ce communiqué, une grosse augmentation de capital va se dérouler. Les actionnaires de Matica Solutions vont apporter les actifs de la société à Matica Holding et recevront, en échange, des actions Matica Technologies. Ensuite, pour préserver les droits des actionnaires minoritaires de Matica Techno, ceux-ci se verront offrir la possibilité de souscrire à des nouvelles actions Matica Techno au prix de 2,23 euros (qui semble être la valorisation qui a été retenue pour valoriser l’apport des actionnaires de Matica Solutions).

Afin de vérifier si les petits porteurs avaient bel et bien été respectés dans leur droit, nous avons désespérément cherché des informations financières qui nous auraient permis de valoriser les actifs apportés mais, Matica Solution n’étant pas cotée, nous n’avons malheureusement rien trouvé.

A première vue et sous réserve d’une information financière qui démontrerait que nous nous sommes fait floués par l’acquisition d’une coquille vide, nous au-rions plutôt tendance à voir cette opération positivement avec deux conséquences selon nous :

– augmentation de la liquidité de l’action en bourse

– alignement des intérêts des actionnaires de Matica Solution (qui fabriquent une bonne part des produits commercialisés par Matica Techno) et des actionnaires de Matica Techno ».

Couplée à cette nouvelle majeure, le cours s’est envolé de +50% sur la seule journée du jeudi 26 février 2015. Les raisons en sont d’excellents résultats annuels 2014.

Nous avons seulement quelques éléments opérationnels non audités sur l’exercice 2014, mais qui sont explosifs. En effet, avec un chiffre d’affaires en hausse de +18,5% par rapport à 2013 à 35,9 M EUR, un EBITDA de 3,5 M EUR (en hausse de +124%) et un EBIT (ou résultat opérationnel) qui bondit de +200% à 3,0 M EUR. Le bénéfice avant impôt est en hausse de 215% et atteint 0,9 M EUR. La société se dit prête à saisir des opportunités sur son marché, sa trésorerie étant largement excédentaire.

Enfin, nous nuancerons toutes ces relatives bonnes nouvelles avec un bémol. La qualité de la communication financière laissant à désirer… Il est vraiment compliqué d’obtenir les données financières. Mais peut-être est-ce aussi un des objectifs de la société. Ne pas se faire trop remarquer ?

2015 Mai

Nous sommes sans nouvelles du rapport annuel 2014… Ce qui ne n’est pas pour nous plaire, car la société est récidiviste en la matière. Néanmoins, la société étant cotée sur la bourse allemande, nous ne nous alarmons pas en espérant que les autorités de marché vont faire le nécessaire pour que la société respecte les minoritaires, notamment en diffusant une information de qualité et exhaustive.

2015 Juin

Le rapport annuel 2014 (clôture au 31.12.2014) est toujours manquant à l’appel. Ce qui est relativement stressant, puisque nous arrivons sur juin…

2015 Juillet

Les résultats 2014 se sont fait attendre… et contrairement à ce qu’il était possible de croire, ils sont en réalité de très bonne facture. L’activité est en hausse de +18% à 35,8 M EUR, le résultat opérationnel croît quant à lui de +106% (!) à 3,2 M EUR et les bénéfices explosent de +454% (!!) à 1,9 M EUR. Plutôt satisfaisants pour une entreprise valorisée moins de 10 M EUR et qui cote largement sous ses actifs tangibles, puisque la VANT est en progression de +4,6% vs. 30 juin 2014 à 2,78 EUR, représentant un potentiel proche de +150%. La solvabilité est largement au-dessus de notre critère (40% minimum) à 79,1%.

L’augmentation de capital est en cours, et il semblerait qu’il y ait des droits de souscription accordés aux actionnaires. Ce qui est plutôt une bonne nouvelle, même si nous attendons l’ensemble des modalités pour savoir réellement à quelle sauce les minoritaires risquent d’être mangés.

2015 Août

La société technologique allemande avec des racines italiennes (maison mère) a ouvert fin juillet un bureau à Angers (France) et un autre à Hong Kong.

2015 Octobre

Comme nous vous l’avons communiqué par mail, nous avons décidé de ne pas participer à l’augmentation de capital qui s’est clôturée le 23 septembre dernier. Mais nous avons décidé de conserver nos titres car la décote est encore conséquente. Et nous attendons le détail non seulement des apports d’actifs de Matica System, et des résultats du S1 2015 arrêtés au 30 juin 2015. Nous notons dans le prospectus de l’augmentation de capital, à la fin du document de 356 pages en allemand (!), que l’année 2015 est attendue et en forte croissance au niveau business, et en forte croissance de résultats. On comprend un peu mieux la mainmise de la société mère sur sa filiale…

Le CEO de la nouvelle entité se réjouit de « cette réorganisation qui donne les bases d’une nouvelle croissance ». Nous attendrons les prochaines publications pour faire nos calculs et juger de la pertinence de cette ligne au sein de notre portefeuille.

« Comme par hasard… », une fois l’augmentation de capital bouclée, nous recevons le 30 septembre les comptes semestriels de la société. Et… ô miracle, ils sont excellents! Le chiffre d’affaires est en hausse de +20,9% à 16,8 M EUR et le résultat opérationnel croit de +94,1% (!) à 1,06 M EUR. Le bénéfice double à 1,02 M EUR. Nous avons bien les comptes semestriels, mais ils ne tiennent pas compte de l’augmentation de capital et des apports d’actif. Et dès lors, avec la nouvelle structure il nous est aujourd’hui impossible de calculer nos ratios habituels… Même si nous pensons que l’opération a été fortement profitable pour l’actionnaire majoritaire… au détriment des petits porteurs.

Enfin, le siège social de la société s’est domicilié dans la capitale bavaroise Munich.

2015 Novembre

Matica Technologies a relocalisé son site de production de Matica System S.p.A. Production actuellement à Paderno Dugnano (Milan), vers Turate à proximité de l’aéroport international de Milan. L’objectif de ce déménagement vers ce site 3 fois plus grand est de permettre de soutenir la croissance du groupe. A priori, des signaux plutôt positifs.

2015 Décembre

Porté par une avalanche de bonnes nouvelles, le titre s’octroie un petit bond de +35% en novembre. La société a gagné 2 appels d’offres. Le premier aux USA concernant les permis de conduire dans l’Etat de Pennsylvanie et le second en Ethiopie avec la Banque Nationale. Elle a également signé des partenariats en Amérique du Sud avec le leader mondial de la sécurité et de la carte d’identification Plasco ID, ainsi que des accords de distribution avec Databac Group pour le Royaume-Uni et l’Espagne.

Au niveau opérationnel, la société a sorti 2 nouvelles machines d’édition de cartes pour le secteur bancaire : les cartes S3400 et S3500, compatible avec le système Visa et Mastercard. Nous n’y connaissons rien, mais il semblerait que ces nouvelles cartes soient le fruit d’un long travail de R&D. Soit. Il faut penser à les vendre alors… et le plus cher possible sera le mieux…

Et enfin, une information des plus intéressantes, avec la nomination d’un directeur de la relation avec les investisseurs. Matica souhaitant augmenter ses communications avec les marchés dans les 12 – 18 prochains mois. Ce n’est pas une idée superflue, vu le manque de communication dont nous avons souffert avec ce titre.

2016 Mars

Suite au communiqué de la société de sa volonté de se faire délister, nous avons décidé de vendre toute notre position. C’est une nouvelle étonnante car les résultats sont au plus haut historique et l’arrivée récente d’un directeur de la relation avec les investisseurs pour fluidifier l’information financière. Cependant, face au risque de se trouver « collé » avec un titre illiquide et potentiellement une disparition de l’information financière, notre jugement a été tranché : nous ne souhaitons pas avoir des sous investis avec des managements qui se moquent du petit porteur.