Rapport de gestion – septembre 2016

Au cours de ces années, ami(e) lecteur(trice), nous avons toujours eu la volonté de vous proposer notre parcours d’investisseurs avec autant de transparence que possible.

De plus, régulièrement, nous avons alimenté vos réflexions par des statistiques issues des constatations que nous avons faites du portefeuille de notre club d’investissement. Ces statistiques nous ont permis d’améliorer notre propre process mais aussi, nous l’espérons, le vôtre.

C’est un peu dans cette double optique de transparence et d’observation statistique que nous vous proposons, chaque mois, un extrait « rapport de gestion » publié dans nos lettres mensuelles, extrait dans lequel nous retraçons les grandes lignes de l’évolution de notre portefeuille. L’idée principale sera de vous proposer un maximum de réflexions sur le sujet.

Bien évidemment, ce rapport ne fera, en principe, pas mention de sociétés individuelles, ce privilège étant réservé à nos abonnés.

 

RAPPORT DE GESTION – SEPTEMBRE 2016

 

La VL de notre portefeuille est de 8.56€, en progression de +2.39% sur le mois de septembre. Sur l’année 2016, après 9 mois, notre performance est de +8.64%.

Sur le mois de septembre, notre portefeuille a subi un change défavorable de -0.45%. Et sur l’année 2016 notre portefeuille subit également un change défavorable de -3.54%.

Notre benchmark, le tracker MSCI World dividendes réinvestis, a progressé sur le mois de septembre de +0.04%. Sur l’année 2016, sa performance est de +1.06%.

2016-09-30-graph-performance-daubasses

Durant ce mois où il ne s’est pas passé grand chose, puisque madame Yellen a reporté une n-ième fois le relevé des taux US pour raison électorale évidente et où les marchés sont au point mort depuis le mois d’août (+0.26%) et le confirment en septembre (+0.04%), notre portefeuille signe un plus haut historique avec une VL par part de 8.5593€, dépassant la VL de 8.3153€ de fin avril 2015. Nous notons aussi, à titre anecdotique, que notre portefeuille signe en septembre son 7ème mois de performance positive consécutive, le précédent record de performance positive consécutive est de 9 mois et cela s’était produit de juillet 2012 à février 2013.

Ce n’est cette fois pas un secteur, comme nos mines de métaux précieux ou les pétrolières, qui poussent la performance à la hausse, mais des sociétés de différents secteurs, ce qui est le cas de figure typique d’un portefeuille diversifié cotant globalement sous les actifs nets tangibles. Et qui sur une petite concentration d’événements positifs sur quelques sociétés en particulier est capable de se décorréler positivement des marchés. Les raisons sont différentes et variées. Cela peut-être dû à un résultat positif qui inverse définitivement la perspective future de la société, comme la simple annonce d’un reverse split après la menace de délistement, voire encore d’un résultat moins mauvais qu’attendu…
Sur le mois, nous ne notons pas moins de 6 sociétés réalisant une performance positive à 2 chiffres, contre seulement 2 sociétés réalisant une performance négative à 2 chiffres. Ces sociétés sont les suivantes :

Daubasse a  : + 41.21%
Daubasses b : +39.12%
Daubasse c : + 20.01%
Minière a : +15.72%
Daubasse d : 13.64%
Daubasse e : +11.14%

Daubasse f : -14.72%
RAPP a : -10.47%

Au 30 septembre, nous avons également acté la faillite de l’une de nos daubasses canadienne en reprenant sa valeur pour 0€. En faillite depuis le mois d’avril, nous espérions encore encaisser quelque chose de la liquidation de la société. Cinq mois plus tard, les probabilités se sont réduites à presque zéro.

Après une belle performance de septembre ou une surperformance de plus de 7.50% par rapport à notre benchmark (le MSCI World) sur l’année 2016, voire encore nos 747.18% depuis le début en cette fin de mois, la faillite de cette daubasses rappelle à l’équipe des Daubasses, et pourrait rappeler à n’importe quel investisseur subissant la faillite d’une daubasse, voire une perte importante sur un investissement, que ce n’est pas la peine de se prendre pour le « King », pas la peine de s’imaginer en cachalot de la finance et laisser sous-entendre que votre cerveau de 8 kilos met à disposition de votre portefeuille 7 kilos et demi de matière grise éructant de la certitude infaillible !

Non, pour nous, la modestie est toujours de mise et le restera toujours, car nous savons juste que nous avons un avantage statistique important avec le process que nous avons mis en place et que nous appliquons le plus strictement possible. Mais cet avantage statistique nous explique aussi pour le moment que sur 3 investissements, 1 sera en perte et 2 seront gagnants. Et que, dans ces investissements en perte, les faillites ne sont pas à exclure.

L’investissement est une composition disparate de moments jubilatoires qui vous incitent à vous prendre pour autre chose que ce que vous êtes : une star de la finance ; de moments difficiles qui vous font croire que vous êtes le dernier des minables. Et de moments où il ne se passe pas grand chose et où vous n’y comprenez plus rien. Ces trois moments ne sont que des émotions que tout investisseur rencontre et vit. L’important étant de comprendre que ces émotions ne vous sont d’aucune utilité pour investir. La seule chose utile est un process, d’autres diront une stratégie d’investissement qui vous offre un avantage statistique important et que vous devez vous efforcer à suivre le plus strictement possible. Et c’est déjà suffisamment difficile à mettre en pratique contrairement à ce que pensent beaucoup d’investisseurs, qui investissent avec des convictions, à l’instinct, avec de l’à peu près et beaucoup croyances… surtout en leur capacité à comprendre et connaître, un tas de paramètres régis le plus souvent en grande partie par le hasard.

Mouvements mensuels

Le 16 septembre 2016, nous avons vendu une option put sur une de nos RAPP américaines et effectué en quelques sorte un renforcement sur ce qui a été au départ une opération d’arbitrage, démarrée avec un premier achat le 24 mai de 400 actions à xxx$. Cette société fait l’objet d’une OPA à xx$ approuvée par les actionnaires. Notre gain sur cette première opération, si l’OPA se réalise, serait donc de 7.88% en USD. Nous avons observé au fil du temps que le marché ne prenait pas au sérieux cette OPA, puisque le cours est même passé sous x$ à xxx$ en clôture le 14 septembre, soit 15% sous le prix de notre premier achat. La raison ? Un marché qui massacre tout le secteur suite à la faillite d’un concurrent coté qui ne survit pas à une modification des allocations des subventions publiques.

Nous avons donc décidé, si l’OPA ne devait pas avoir lieu, d’abaisser simplement notre prix d’achat avec une option put à un strike de xx$. L’idée est donc simple: si l’OPA n’a pas lieu ou si au 20 janvier 2017 le cours est sous xx$, nous recevrons 400 actions à un coût de revient approximatif de xxx$ (xx$ – la prime de xxx$). Nous doublons donc notre position et le prix moyen de nos actions serait alors de +/- xxx$ l’action, sur un potentiel estimé par nos soins de xxx $, ce qui représente plus de 300%. En revanche, si l’OPA a lieu (qui est le scénario que nous privilégions), le gain global tournerait autour de 7.80% en dollars, puisque nous avons encaissé une prime de 7.88% en USD de notre émission d’options put.

Le 28 septembre 2016, nous renforçons également une de nos daubasses américaines. Une nouvelle importante vient de tomber : la direction va proposer à l’assemblée générale un reverse split de 1:2 ou de 1:5… et nous renforçons donc notre premier achat avec 5 900 actions à un prix de revient inclus de xxx$, pour la somme de xxx $ représentant 1% du portefeuille. L’histoire d’un délistement déroule souvent le même scénario, à savoir une exagération du marché qui largue à n’importe quel prix pour ne pas prendre le risque de voir la société cotée sur un marché non réglementé comme l’OTC. Certains fonds n’ont d’ailleurs pas le droit de détenir des actions sur un marché non réglementé. Ou encore, certains investisseurs n’ont parfois pas accès à ces marchés. D’autres n’apprécient pas du tout les marchés non cotés pour le manque de liquidité qui s’amplifie parfois, pour la possibilité du manque d’information financière et statistique. Nous nous sommes déjà penchés sur la question : un pourcentage élevé de sociétés délistées font faillite rapidement, une fois exclue d’un marché réglementé ! C’est donc pour toutes ces raisons qu’une exagération à la baisse se produit toujours sur le cours, les investisseurs anticipant le pire, en excluant souvent la possibilité d’une proposition de type reverse-split par la direction qui est quand même relativement courante.
Le scénario de notre daubasse n’échappe pas au scénario habituel. En novembre 2014, la société cote à xxx$ et nous achetons notre premier lot à xxx$ le 1er octobre 2015 (20% moins cher). A partir de janvier 2016, la société cote sous les 1$. Ensuite la chute va s’accélérer et s’amplifier avec l’annonce du délistement le mois suivant fixant celui-ci au mois d’août. Le cours va alors perdre pratiquement 50% en 6 mois, soit en août 2016, date butoire du délistement.
Ce qui est exagéré, c’est que dans le rapport de mars 2016 (le dernier rapport alors disponible), la valeur d’actif net tangible était de 5x le cours d’août 2016 ! Vous nous direz que cela peut descendre, bien sûr. Mais à la louche et a minima, une société propriétaire d’un parc immobilier au coût d’acquisition d’environ 2$ par action et avec un passif total inférieur à 1$, ne devrait rationnellement pas coter sous 1$. Nous n’avons pas la moindre certitude pour la suite, mais à notre prix de revient sous les 1$ (premier achat + renforcement), nous jugeons que le risque est limité grâce au collatéral immobilier pour un potentiel estimé de x3,14 ou de 214%. Le rapport risque / potentiel nous semble très intéressant dans un marché qui n’en finit de monter et où la rareté des occasions est devenue la norme. Après cette opération, nous détenons 8 980 actions, pour la somme de 7 068.96€, pesant 1.92% du portefeuille.

Le portefeuille, quelques détails supplémentaires

Sur le mois

Nous avons acheté pour la somme totale de 3 753.81 €
Nous avons vendu pour la somme totale de 225.75 € (cette somme est en fait la prime nette de taxe en € que nous avons encaissé pour l’émission d’option put sur notre RAPP américaine).

Sur l’année 2016

Nous avons acheté pour la somme totale de 70 486.65€
Nous avons vendu pour la somme totale de 81 043.19€

Les liquidités pèsent en fin de mois 19.05% du portefeuille, et sont en très légère diminution par rapport au mois d’août. Par rapport au 31 décembre 2016, les liquidités sont en augmentation de 20,91%.

Voici à présent la performance par catégorie sur l’année 2016 jusqu’au mois de septembre :

1° Diversification Value = +30.03% (sur le dernier mois = +3.82%)
2° Net Estate = +12.59% (sur le dernier mois = +8.15%)
3° Net Net = +4.31% (sur le dernier mois = -2.06%)
4° RAPP = +2.94% (sur le dernier mois = +0.06%)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.