Bas les masques – Global-Tech Advanced Innovations

globaltechNous avions acheté un premier lot de Global Tech le 17 octobre 2012 et nous avons renforcé ensuite à 3 reprises, pour une somme totale de 11 098.53€, frais inclus. Ce 28 mars, nous avons donc encaissé 16 575.03€ net de frais. C’est par conséquent une performance de + 49.34% en 1258 jours.

Dans un premier temps, nous nous sommes dit que c’était toujours cela de pris mais que ce n’était quand-même pas fameux… C’est en actualisant nos statistiques et donc en détaillant nos différents achats que nous avons revu notre avis, en passant de « pouvons mieux faire » à « pas mal du tout ».

En réalité, nous avions acheté les 4 lots de manière suivante (les rendements sont nets de frais et en euros):

1° Le 17 octobre 2012, et ce premier lot a généré +110.94% en 1258 jours, soit +24.12% annualisé

2° Le 30 septembre 2014, et ce second lot a généré +76.55% en 542 jours, soit +46.03% annualisé

3° Le 5 août 2015, et ce troisième lot a généré + 70.15% en 233 jours, soit en moins de 8 mois

4° Le 4 janvier 2016, ce quatrième lot est l’arbitrage de début d’année quand l’OPR a été annoncée. Il a généré 3.71% en 81 jours. Si nous étions capables de placer de l’argent à 3.71% tout les 81 jours, le taux annualisé de ce placement serait de 16.51%.

Alors pourquoi cette première impression négative? C’est en fait d’ordre psychologique, puisque l’offre à 8.85$ s’est faite à plus de 50% sous la VANT de 18.51$. Ensuite, le rendement global de +49.34% calculé très simplement par rapport à l’argent déboursé lors des achats (frais inclus) et à l’argent encaissé lors de la vente net de frais, ne tient pas compte du facteur temps des différents lots.

Si l’on inclue l’opération d’arbitrage, la plus faible rentabilité annualisée est donc de 16.51%. Mais nous ne jugeons pas l’opération d’arbitrage représentative car particulière. Et le rendement annualisé est virtuel et donc à titre purement informatif. Si nous excluons l’opération d’arbitrage, la plus faible rentabilité annualisée est de 24.12%. Peut-on réellement juger « à la limite du pas ter-rible » une rentabilité annualisée de 24.12% sur un investissement qui a très moyennement tourné, puisque la VANT était de 18.51$ et l’OPR n’a déboursé que 8.85$ ? Nous pensons que non et c’est un peu la force d’une Daubasse : ce n’est pas nécessairement parce que les choses tournent vraiment moins bien que prévu que votre investissement est franchement médiocre. Au contraire, et cette opération le prouve, même si ce n’était pas visible à premier vue.

Voici donc l’analyse que nous avions réalisée en novembre 2012 et dont nos abonnés ont pu profiter.

Global-Tech Advanced Innovations

(Nasdaq, Ticker: GAI / ISIN : VGG393201170)

I. Introduction

Global-Tech Advanced Innovations a son siège social aux Iles Vierges et ses principaux sièges administratif et exécutif à Hong Kong. Une chinoise de la zone capitaliste cotée sur la Nasdaq.

Notons tout de même qu’une bonne partie de sa production est réalisée en Chine continentale.

A l’origine, la société exportait un large éventail de petits appareils électriques vers les Etats-Unis et l’Europe mais, petit-à-petit, son chiffre d’affaires s’est développé sur le marché chinois.

Aujourd’hui, Global-Tech est un conglomérat actif dans la fabrication de composants électroniques. La direction a décidé d’abandonner la branche « électro-ménager », les coûts de production chinois étant devenus trop peu concurrentiels dans ce segment. La direction souhaite mettre en location les installations qui produisaient l’électro-ménager.

Les produits de Global-Tech sont donc des produits semi-finis qui entrent dans la fabrication d’écrans et de caméras pour téléphones cellulaires mais aussi dans les scanners, les tablettes ou les appareils médicaux.

La société propose aussi à ses clients des services d’externalisation pour l’assemblage de circuits électroniques et de téléphones cellulaires.

Depuis l’abandon des activités « électro-ménager », la quasi-totalité des clients sont situés en Chine continentale ou à Hong Kong. Par contre, ces clients chinois exportent leurs propres produits aux utilisateurs finaux partout dans le
monde, ce qui lisse un peu la dépendance de l’entreprise au cycle économique chinois.

A côté de ces activités de production proprement dites, Global-Tech développe des produits dans le secteur des équipements médicaux. Un instrument destiné à l’imagerie médicale vient d’être approuvé par la FDA chinoise et trois autres appareils sont dans le pipe-line. La direction a également le projet de développer et d’installer des écrans pour la diffusion de contenus publicitaires ou de divertissements dans les centres commerciaux et les restaurants.

A noter que parmi les commissaires aux comptes, on retrouve BDO, un cabinet d’audit parmi les plus important et qui a pignon sur rue: un détail important pour une société qui déroule l’essentiel de ses activités en Chine.

Le 17/10, nous avons acheté 400 actions Global Tech Advanced Innovations à un coût de revient, frais de courtage inclus, de 4,88 usd.

Nous travaillons avec les comptes du 1er trimestre 2013, clôturés le 30/06/2012.

II. La Valeur d’Actif Net Net (VANN)

La société détient un actif courant de 28,19 usd par action. Nous déduisons les dettes, les intérêts des minoritaires ainsi que le dividende exceptionnel de 1 distribué début septembre et nous obtenons une VANN de 16,66 usd par action.

III. La Valeur d’Actif Net Estate (VANE)

La société n’est que locataire de ses immeubles situés à Hong Kong (et qui sont détenus en réalité par une société appartenant au CEO) mais est bel et bien propriétaire de ses installations de production en Chine.

Il nous est toujours difficile d’évaluer de l’immobilier pour les entreprises chinoises : la propriété pleine et entière des terrains n’est pas autorisée dans ce pays. Les entreprises ont cependant la possibilité d’acquérir le droit d’utiliser des terrains (apparemment semblable à un droit emphytéotique) pendant une certaine période.

A l’échéance de ce droit, l’entièreté du terrain et les immeubles qui ont été construits dessus redeviennent propriété de l’état.

Les immeubles de Global-Tech ont été construits sur des terrains pour lesquels la société possède un droit d’utilisation jusqu’en 2043. Il reste donc 300 années de droit d’usage à la société.

Pour cette raison, nous valoriserons les immeubles pour la valeur traditionnelle d’acquisition que nous amputons de notre marge de sécurité habituelle de 20 %. Mais du montant obtenu, nous déduirons à nouveau 50 % pour tenir compte de cet état de fait. Nous incluons la valeur du droit d’usage du terrain dans ce
calcul.

Nous valorisons donc les immeubles de Global-Tech pour 4,10 usd, que nous ajoutons à la VANN et fixons la VANE de la société à 20,76 usd.

IV. La Valeur en cas de Mise en Liquidation Volontaire (VMLV)

Commençons par l’actif courant et son  poste le plus important qui est constitué des créances commerciales. Elles sont payées en moyenne à 149 jours, en amélioration par rapport à la moyenne des 3 derniers exercices qui est de 173 jours. Ce délai moyen nous parait malgré tout très long d’autant que la direction n’a rien provisionné à titre de créances douteuses. Nous décidons d’amputer la valeur de ce compte d’une marge de sécurité de 50 %, soit 5,53 usd par action.

Nous constatons que le 2e poste en importance, le cash disponible, représente 14,05 usd, soit plus de 2,5 fois le cours actuel … ce qui n’est vraiment pas pour nous déplaire.

Les articles en stock « tournent » très rapidement : 35 jours en moyenne, en forte amélioration par rapport aux trois derniers exercices. De plus, la direction a acté des réductions de valeur sur ce poste pour l’équivalent de 15 % de sa valeur. Ces deux points nous rassurent sur la valorisation retenue car le fait que l’inventaire soit constitué essentiellement de produits high-tech très spécifiques fait que nous le considérons avec circonspection. Pour tenir compte de ces 2 éléments positifs et de cet élément négatif, nous prenons une marge de sécurité de 25 % sur la valeur aux livres et déduisons donc 0,55 usd de notre évaluation.

Nous déduisons 50 % sur le petit poste des actifs disponibles à la vente soit 0,33 usd.

Parmi les actifs fixes, outre l’immobilier, nous tenons compte du matériel de production et d’exploitation pour 5 % de son prix d’acquisition (0,70 usd) et d’autres actifs disponibles à la vente pour 50 % de leur valeur aux livres (0,17 usd).

Hors bilan, nous relevons un poste important de leasings opérationnels dont il n’a pas été tenu compte au niveau des dettes financières. Nous les reprenons pour 50 % de leur valeur, soit 1,85 usd.

Il existe un litige fiscal en cours mais il semble correctement provisionné au passif de la société.

Compte tenu de ce qui précède, nous établissons la Valeur de Global-Tech en cas de Mise en Liquidation Volontaire à 13,37 usd.

V. La Valeur de la Capacité Bénéficiaire (VCB)

Malgré l’un ou l’autre exercice bénéficiaire, l’entreprise n’a pu générer, globalement, de bénéfices d’exploitation sur les 5 derniers exercices. Nous ne pouvons donc pas calculer sa VCB.

VI. Conclusions

A notre coût d’achat de 4,88 usd, nous avons acheté nos actions Global-Tech avec une marge de sécurité de :

71 % sur la VANN
76 % sur la VANE
64 % sur la VLMV

Ce que nous aimons dans Global-Tech, c’est d’une part son recentrage sur des activités à forte valeur ajoutée après l’abandon du segment sur lequel la société possédait le moins d’avantages compétitifs. Et sur ce plan, cela semble bien
parti comme en témoigne la hausse du chiffre d’affaires « hors électro » au cours du premier trimestre : + 54,5 %

D’autre part, nous soupçonnons surtout Global-Tech de receler une grande valeur « hors bilan » : son savoir-faire comme en témoigne le nombre de brevets détenus (42) et l’importance des frais de recherche et développement : le total
de ceux-ci au cours des 5 dernières années représente 1,74 usd par action, soit environ un tiers de la capitalisation boursière actuelle.

Bref un catalyseur potentiel et une cerise sur le gâteau : de quoi compenser, de notre point de vue,  l’aspect « chinois » de cette techno.

 

NEWS DE SUIVI

2014 Mars

Le rapport semestriel de fin septembre 2013 nous apprend que la valeur patrimoniale de la société est en baisse à 22.11$. La valeur netnet est à 11.62$ et la valeur net estate à 19.31$. La chute des ventes de 41% par rapport à la même période en 2012 est assez sévère. Le coût des produits a chuté de 31%. Ce qui est le plus énervant, ce sont les coûts fixes en hausse de 15%. La société signe une perte de 2.21$ par action alors que sur les 6 premiers mois de 2012, elle était en gain de 0.08$ !

Que nous explique Le CEO John Sham, sur ce léger carnage ? John nous annonce d’abord la fermeture d’une usine EMS (Electronic Manufacturing Services) et donc l’abandon de cette activité. Le ralentissement du marché intérieur chinois serait en cause, mais également la hausse des coûts salariaux, conjuguée à une pression baissière sur les prix, exercée par les clients les plus important de la société. De manière à la fois générale et plus précise, monsieur Sham nous explique que la plupart de leurs clients et notamment leurs plus gros clients, ont réduit leurs stocks de pièces électroniques, impactant donc directement les ventes de la société. Point positif, enfin même si le ralentissement de la demande joue également un rôle négatif, la production de leur nouveau produit : COB (chiponboard) est en hausse. Mais de nombreux clients ont demandé de retarder la livraison, pour le trimestre suivant.

Concernant l’usine EMS ou la production s’est arrêtée, John a l’idée de la mettre en location afin d’en tirer des revenus: un bon point.

Nous restons un peu sur notre faim quant’à la stratégie future mise en place pour contrer cette diminution de la demande intérieure chinoise dont est dépendante la société. C’est vrai qu’une phrase du type : « Notre objectif est d’accroître la valeur pour l’actionnaire et nous allons faire au plus vite pour trouver d’autres possibilités pour améliorer le résultat d’exploitation… » peuvent peut-être convenir à certains actionnaires… mais pas vraiment à nous, qui préférons des faits plutôt que des mots.

Cela dit, tout n’est pas négatif dans ce « léger carnage », puisque la Direction a pris des mesures rapides en fermant une activité qui n’est plus rentable aujourd’hui et qui génère des pertes. C’est de manière générale, un signe qui désigne les directions de qualité, bien que nous n’ayons pas suffisamment d’éléments aujourd’hui pour avancer un jugement pertinent.

Comme la société dispose toujours de 11.70$ de cash en caisses, soit pratiquement deux fois le cours actuel et que sa solvabilité est de 112%, nous attendons assez sereinement le prochain rapport pour un nouveau point de la situation.

 

2014 Avril

Le rapport des 9 premiers mois de l’année clôturé au 31 décembre, montre une certaine stabilité de la valeur patrimoniale de la société. La VANT en très légère baisse s’établit à 22.04$. Les valeurs netnet et net estate sont en légère augmentation, respectivement à 12.34$ et à 19.72$. Comme nous vous avions parlé, dans la lettre précédente, du dernier rapport clôturé en septembre, nous allons rester concentrés sur le trimestre, soit les trois derniers mois de l’année, pour observer les différentes évolutions. Nous constatons d’abord que le chiffre d’affaire est en hausse de 31% par rapport au même trimestre en 2012. Par contre, le coût des produits est en hausse de 36%, ce qu’avait annoncé la Direction. Au niveau des coût fixes, ils sont également en augmentation de 16.66%. A l’arrivée, la perte sur 3 mois est de 0.22$ par action alors que sur la même période en 2012, il y avait un léger profit de 0.02$.

Nous remarquons aussi que les stocks et les factures clients sont en augmentation, tout en restant dans nos critères, ce qui n’amène pas de redressement. Nous pensons que ces deux postes sont à surveiller de près, puisque la Direction avait clairement expliqué dans le rapport précédent que le ralentissement des ventes en Chine avait amené leurs clients à réduire leurs stocks et à retarder la livraison de certaines commandes.

La Direction nous explique enfin qu’il sont à la recherche d’opportunités pour fabriquer d’autres composants électroniques, en plus de ceux qu’ils fabriquent déjà pour les caméras et les téléphones. Mais pour que ces idées prennent forme et qu’elles soit pertinentes à plus long terme, il faudrait que les coûts des salaires en Chine restent stable et qu’ils puissent trouver une main d’oeuvre qualifiée dans le sud de la Chine. Deux points qui actuellement ne semblent pas faciles.

 

2014 Août

Dans le rapport annuel de la société, clôturé en mars, nous notons un léger tassement de la valeur patrimoniale de la société (VANT) à 20.65$. La valeur net net est de 11.81$ et la valeur net estate de 20.80$ est légèrement supérieure à la VANT.
Au niveau compte de résultats, nous observons une baisse du chiffre d’affaires de 6%. Les produits et les coûts fixes sont respectivement en hausse de 2% et de 6%, par rapport à 2013. La société affiche une perte de 1.65$ par action au lieu d’un profit de 0.21$ par action un an plus tôt.
La direction nous explique que l’année a été marquée par l’abandon de la branche EMS qui a pesé sur les résultats, conjugué à un certain ralentissement de la demande pour les autres segments.
Notons encore que la société dispose de confortables matelas de cash de 11.22$ par action, soit plus du double que le cours actuel, et légèrement supérieur à son endettement total.

 

2014 Octobre

Le rapport du premier trimestre clôturé en juin 2014 propose, selon notre point de vue, quelques perspectives intéressantes, avec surtout une direction qui passe des mots aux actes avec preuve chiffrée à l’appui, ce qui est toujours pour nous plaire. Au niveau valeur patrimoniale, pas de grand changement. La VANT est stable à 20.52$, les valeurs net-net et net-estate s’établissent respectivement à 11.78$ et à 20.74$. Jusque-là, rien de bien excitant… C’est en fait dans le bilan que nous trouvons du changement. Sur les 3 premier mois de l’année comptable de la société, les ventes ont doublé, à 8.08$ par action, alors que sur le même trimestre un an plus tôt, ces ventes étaient de 4.10$ par action. Bien sûr le coût des produits qui étaient aussi un véritable problème soulevé par la direction dans le précédent rapport a également doublé. Les coûts fixes sont en hausse également de 12%. Résultat du trimestre: une perte divisée par 5, à 0.10$ par action, au lieu d’une perte de 0.51$ un an plus tôt.
Ce qui ajoute à la crédibilité de la direction est le discours suivant de monsieur John C.K. Sham, CEO de la société : « Malgré une augmentation de 82% des livraisons de nos unités de CCM (Computer Controlled Motion) et une augmentation globale de 104% du chiffre d’affaires dans le secteur des composants électroniques, la rentabilité de ce segment a diminué d’environ 0,4 M $ par rapport à l’exercice précédent. Cette baisse de rentabilité est principalement attribuable à des baisses de prix rendues nécessaires par la concurrence intense dans le secteur, ainsi que l’augmentation constante de frais généraux de main-d’oeuvre »…
« Alors que nous poursuivons nos efforts pour accroître la productivité, la clé de l’amélioration de nos résultats d’exploitation reste l’amélioration de notre gamme de produits »…
M. Sham conclue de cette manière : « Notre objectif principal reste l’amélioration des marges de notre secteur composantes électroniques où nous essayons d’améliorer la production. Notre situation de trésorerie demeure solide et devrait s’améliorer au fur et à mesure que nos revenus augmentent. »
Effectivement, les liquidités et les placements à court terme de la société s’élèvent à 9.32$ par action pour un cours de 5.61$, au moment ou nous écrivons ces lignes.
Si vous consultez les news précédentes, il est donc clair que la direction agit et ne compte pas en rester là. Ce qui nous fait penser qu’à ce stade où Hong-Kong subit quelques remous sociaux et où le cours de la société a déjà plongé de 37% par rapport à son plus haut de 8.80$, le 22 septembre en séance, juste après publication des résultats, il y a peut être une opportunité à saisir, d’autant plus que le potentiel de 270% sur la valeur net-estate est quand même important tout en n’oubliant pas les risques eux aussi existants. Nous avons d’ailleurs renforcé notre position ce 2 octobre.

 

2015 Janvier

Avec le second semestre clôturé au 30 septembre, notre techno-daube Hong-Kongaise signe un bilan plutôt encourageant. La valeur patrimoniale reste à l’équilibre à 20.16$. Sur ces 6 premiers mois de l’année, les ventes ont bondit de 86%. Bien entendu, comme la société est tributaire du coût des produits, ces derniers ont également bondit de 90%. Les frais fixes sont en augmentation de 10%. La société signe une perte de 0.83$, à comparer à la perte de 2.21$ un an plus tôt sur la même période. La réduction de la perte est donc importante.
Ce dont nous avait parlé le boss C.K. Sham, voici quelque mois, commence à se traduire dans les chiffres et comme toujours dans ce cas nous aimons saluer les qualités visibles de ce genre de manager. Nous aimons aussi le réalisme dont il fait preuve et la manière lucide dont il nous parle du futur, dans les quelques commentaires suivants :
« Les ventes de notre activité composants électroniques ont connu une croissance au cours du premier semestre de l’exercice 2015, avec des ventes unitaires en hausse de près de 120% par rapport à l’année précédente. Toutefois, la baisse simultanée des prix d’environ 30% ne parvient pas à compenser la hausse des ventes et pèse donc sur le résultat d’exploitation. Et ce en dépit d’une amélioration du mix produit CCM ».
« La concurrence dans le commerce électronique reste élevée, avec de nouveaux entrants sur le marché presque tous les jours. Ceci, couplé à l’instabilité actuelle de l’industrie, va nous obliger à reconsidérer tout nouvel investissement dans la production de chip-on-board (COB) ».
« Le succès futur de notre entreprise dépendra de notre capacité à attirer de nouveaux clients et à augmenter les volumes, tout en essayant d’augmenter les marges, que ce soit par la réduction de nos coûts de fabrication ou par des augmentations de prix et de l’innovation. »
Affaire à suivre.

 

2015 Avril

Le troisième trimestre clôturé au 31 décembre 2014, nous montre une valeur patrimoniale stable à 19.68 $. Sur les 9 premiers mois de l’année, le ventes sont en progression de 37%, mais le coût des produits est également en hausse de 44%. Les frais fixe sont en hausse de 30%. Au final, la perte est de 1.53$ au lieu de 2.43$.
Nous ne voyons quand-même pas les améliorations que laissaient espérer les chiffres de la fin 2014 et début 2015. Le seul trimestre clôturé au 31 décembre n’est d’ailleurs pas très bon, puisque que le chiffres d’affaires est égal au coût des produits. La situation semble donc plutôt mal engagée sur ce point. Et les coûts fixes que nous suivons toujours avec grande attention sont en augmentation de 68%. Et la perte du trimestre est de 0.59$ au lieu de 0.22$ un an plus tôt sur le même trimestre.
Voici ce que nous explique le CEO John C.K. Sham :
« Comme annoncé précédemment, nos efforts sont restés concentrés au cours du troisième trimestre de l’exercice 2015 sur la vente de modules de caméras haute résolution, qui donnent des marges plus élevées. Bien que l’effet net de ces efforts a été une baisse des ventes unitaires, de nos prix unitaires moyens, et donc de la rentabilité des ventes, l’amélioration de l’exercice précédent ».
« La tendance à la baisse des prix pour cinq des huit modules de caméra méga-pixel s’est poursuivie au troisième trimestre de 2015, avec des prix en baisse d’environ 30% par rapport à il y a un an. La rapidité avec laquelle les prix est en baisse a court-circuité la plupart de nos mesures de réduction des coûts qui n’ont donc pas eu la moindre incidence sur notre résultat d’exploitation ».
John C.K. Sham conclu: «Malgré des résultats décevants au troisième trimestre de l’exercice 2015, nous continuons à améliorer nos rendements et de réduire nos coûts d’exploitation globaux. Nous gardons l’espoir que les conditions de marché se stabilisent, nos efforts se traduiront par un retour à une rentabilité durable. Dans l’intervalle, nous continuons à louer l’espace inutilisé dans nos installations pour compenser davantage nos coûts d’exploitations. Nous concentrons nos efforts sur le développement de nouveaux produits et la recherche de nouvelles opportunités commerciales. Nous fournirons des informations supplémentaires concernant les nouvelles occasions d’affaires dès que des projets seront concrétisés ».
Nous sommes un peu déçus sur la déclaration de réduction des coûts du sieur Sham, qui nous avait habitués à plus de réalisme. Rien ne semble entrepris sur les coûts fixes, sur lesquels la société pourrait agir rapidement et directement. Alors que nous comprenons qu’il est difficile de réduire le coût des produits, si l’on dépend du marché. C’est un mauvais point que nous attribuons au CEO, puisque les chiffres le contredisent entièrement et plus encore ce dernier tri-mestre…
En fin de déclaration, nous comprenons que la société cherche à faire l’une ou l’autre acquisition qui pourrait sans doute offrir une perspective différente. Mais comme vous le savez cher(e) abonné(e), nous sommes toujours circonspects quand on nous parle de la possibilité de claquer son cash qui dans le cas de Global Tech est de 8.61$ par action, soit +/- 25 millions de $. C’est peut-être la solution, mais nous aurions aimé que la direction nous présente cette possibilité en dernier recours, après avoir réduit au maximum ses coûts fixes. Or nous voyons à ce stade qu’elle est prête à choisir la facilité sans être passée préalablement par plus de rigueur.

 

2015 Août

En dernière minute de Hong Kong, le CEO Mr. John C.K. Sham annonce qu’il est prêt à racheter la société qu’il dirige et fait une offre de 8.75$ par action, c’est 192% de plus que le cours actuel. Mais avec une VANT de 20.62$ et une valeur net-net de 10.69$, nous ne pouvons pas estimer l’offre comme étant très sérieuse. Et la poudre aux yeux des 192% supérieurs au cours actuel ne nous impressionne guère quand l’offre est sous la valeur net-net…

 

2015 Septembre

Un communiqué annonce qu’un comité d’entreprise va examiner l’offre de rachat du CEO John C.K. Sham.

 

2015 Octobre

Le bilan clôturé au 30 juin montre un valeur patrimoniale en légère baisse, à 18.51$. Les ventes sont en recul de 37% sur le trimestre, comparé au même trimestre 2014. Le coût des produits est également en recul de 37%. Par contre, les frais fixes ont augmenté de 18%. Au final, la perte de la société sur le trimestre s’élève a -0.34$ alors qu’un an plus tôt la perte était de -0.10$.
Le CEO John CK Sham nous explique que cette perte et ce recul des ventes étaient prévus, avec l’augmentations de la main d’oeuvre, un ralentissement en Chine et un bilan comptabilisé en USD! Pourquoi des annonces de ce type qui s’auto-réaliseraient quand nous n’avons pas le moindre souvenir d’un annonce de ce genre…
Nous nous posons la question de savoir si, à ce stade ou la volonté de rachat de la société par le CEO John CK Sham est toujours examinée, les déclarations et la gestion de la société doivent encore être prises aux sérieux. Car il y a manifestement un énorme conflit d’intérêts entre les actionnaires et le CEO, qui a tout intérêt à présenter un bilan sombre et des perspectives négatives pour que les actionnaires acceptent le prix relativement bas proposé pour le rachat de la société. Nous ne parvenons pas à comprendre pourquoi le CEO n’a pas été démis provisoirement de ses fonctions en attendant que la décision soit prise sur son offre. Nous nous demandons enfin pourquoi la réponse sur l’offre met autant de temps a être rendue publique.

 

2016 Janvier

Une offre un « poil » plus élevée pour une « OPA » qui semble se concrétiser. C’est ce que nous apprenions le 4 décembre via Business Wire. En effet, John C.K. Sham (le CEO de la société) a relevé son offre, la faisant passer de 8.75$ à 8.85$. Et le process est bien engagé et assez simple et plutôt ingénieux : ce sera en fait Global Tech qui paiera les actionnaires avec son cash (9.25$ de cash et placements court terme dans le bilan), sauf le CEO déjà actionnaire à auteur de 27%, puisque c’est lui qui achète. La vente de la société devrait avoir lieu au premier trimestre de 2016 après un vote des actionnaires, où au moins 50% devra être obtenu pour entériner l’OPA. Ce qui ne pose pas problème, nous semble-t-il, puisqu’une majorité d’actionnaires était d’accord avec l’OPA. Seule la modalité et les garanties sur le financement par le CEO posaient question, ce qui semble être résolu. Il est enfin clairement écrit dans la news qu’une fois « l’OPA » conclue, la société ne sera plus cotée sur le Nasdaq.

 

2016 Mars

Une assemblée générale extraordinaire aura lieu le 17 mars à 10h30 (heure de Hong Kong), pour examiner la proposition de rachat du directeur actuel de la société, et ensuite pour voter pour ou contre.
Si la fusion est approuvée (ce que nous pensons à ce stade), il est déjà annoncé que la société ne sera plus cotée sur le Nasdaq car elle deviendra une société privée.

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