Question des abonnés : que pensez-vous de la société xxx ?

Cette semaine, nous vous proposons une immersion en direct dans notre boite mail à travers une question que nous avons reçue et qui commence par l’immuable : « Chers daubasses, que pensez-vous de cette la société XYZ, elle est vraiment pas chère et géniale ! Ce doit être une daubasse… non ? »

En préalable, nous souhaitons vous remercier pour vos nombreuses propositions, cher(e) lecteur(trice), cher(e) abonné(e), il est parfois arrivé que vous nous fournissiez de réelles daubasses qui étaient passées inaperçu dans nos radars. C’est rare, mais cela s’est déjà produit. C’est cela la « famille Daubasses », et cela profite à l’ensemble des abonnés.

Revenons à notre abonné. Un fidèle abonné suisse (et oui, nous touchons le monde entier !) nommé Diego qui nous fait souvent le plaisir de partager des idées d’investissements. Des pistes… Ici, nous avons deux pour le prix d’une. Malheureusement, pas de daubasses dans ces propositions. Dommage. Mais une bonne tranche de rigolade avec un soupçon de pédagogie.

On peut dire que le langage de Diego est fleuri et, dans notre esprit décalé, mais sérieux, nous avons jugé cet échange digne de figurer en haut de l’affiche. Soit, ici, sur notre blog.

– – –  Attention ! Texte en version originale non censurée  – – –

Bonne lecture !

« Chers Amis des Daubasses,

Merci pour les nombreux tuyaux (rarement percés…) que vous me livrez depuis longtemps.

Maintenant, c’est à mon tour de vous en donner un CHAUD, CHAUD, CHAUD, et un deuxième bon aussi.

Pour commencer, savez-vous ce qui est destiné aux enfants, mais avec quoi les papas jouent tout le temps….non ce n’est pas les trains électriques, mais….

LES SEINS DE NOS COMPAGNES!!!

Pourquoi est-ce que je me permets cette plaisanterie douteuse…parce que justement il y a du blé, beaucoup de blé à faire sur cet objet de fantasme de ces dames et surtout des vieux vicieux comme moi!

Ah oui, et comment me direz-vous????

Avec SEIN, pardon SIEN (Sientra Inc.) !!!

En bref, les traits de cette superbe Daubasse potentielle:

– massivement sous-évaluée
– plus de $150 millions en cash
– pas de dettes
– A $8.26 (close de vendredi)
– les institutionnels possèdent pratiquement la moitié de l’entreprise et le management environ 7%.

Sientra fabrique des prothèses (implants mammaires) utilisés dans la chirurgie plastique et reconstructive. Selon les spécialistes, les implants Sientra sont ce qui se fait de mieux, AU MONDE!

En 2015, suite à un problème de qualité (supposé mais non avérè) Sientra a décidé de retirer tous ses implants mondialement. Et, comble de malheur, l’usine qui fabriquait les implanta au Brésil a complètement été détruite par un incendie!

La conséquence?  une chute vertigineuse de l’action de $25 à …$3!

Depuis, Sientra a construit une nouvelle usine (aux Etats-Unis cette fois) et les nouveaux implants ont été approuvés par la FDA il y a un peu plus d’une semaine.

Entre-temps, l’action a grimpé à $8.26, mais il y a encore un potentiel GIGANTESQUE vers le haut!

Voilà, je suis monté dans le train Sientra à $3 et je ne pense pas vendre avant un bon bout de temps! J’en ai profité pour amasser des tonnes de ces merveilles…

Que pensez-vous de cette (ex) Daubasse?

Je suis aussi chaud, chaud, chaud sur ICON (Iconix), je ne sais pas si elle répond à vos critères.

En vous souhaitant un excellent Week-End.

Diego »


Et voici notre réponse :

Bonjour Diego,

Merci pour vos tuyaux et pour votre fidélité.

Sientra n’a malheureusement pas (ou précisément, « plus ») 150 M USD dans les caisses. Au 30/09/2016, la trésorerie ne représente plus que 76 M USD.

Il est possible que ce soit un bon investissement avec toutes les infos que vous nous fournissez, mais à l’heure actuelle, elle ne rentre plus dans nos critères. Fin d’année 2015, vers les 3 USD, sans nulle doute que cela aurait été une belle affaire qui rentrait peut être dans nos ratios… très exigeants !

Nous ne disons pas que Sientra est désormais un mauvais investissement, mais à plus 9 USD l’action, nous n’avons pas de collatéral tangible assez solide. Pour celui qui y voit de la croissance et un gros potentiel sur le métier, certainement qu’elle vaut le coup d’oeil. Ce n’est pas notre qualification et nous préférons passer notre chemin. Puisque notre méthode d’investissement consiste simplement et uniquement à acheter des actifs tangibles à bas prix.

Pour Iconix, c’est une affaire en retournement après de multiples péripéties, notamment des magouilles comptables qui ont amenées le titre sur des plus bas…

Là encore, le patrimoine tangible de la société est insuffisant pour satisfaire nos ratios. Avec 1,7 milliard USD d’intangibles dans les comptes, nous obtenons une VANT négative. Nous passons notre chemin, sur ce dossier qui dépasse nos domaines de compétences. Ce qui ne signifie pas, bien entendu, qu’investir dans Iconix soit une mauvaise idée. C’est une valeur de retournement et de croissance, loin de notre pain quotidien : la décote sur valeur patrimoniale.

Nous vous souhaitons un excellent weekend.

A bientôt,

L’équipe des Daubasses

Question des lecteurs : pourquoi utilisez-vous pour vos analyses « seulement » le dernier rapport ?

Cette semaine, nous répondons à une question de notre abonné Adrien que nous avons reçue par mail :

Bonjour les daubasses,

Je suis membre depuis le début du mois, tout d’abord félicitation et merci pour le super-boulot effectué.

Je commence doucement à me familiariser avec le value investing. J’ai encore beaucoup de boulot, avant de le maitriser. Et j’avais une question à ce propos (auquel vous avez surement répondu, mais je n’ai pas trouvé).

J’ai remarqué, que lors de vos analyses, vous vous basez toujours sur le dernier rapport financier (annuel, trimestriel…) ? Vous n’utilisez pas des rapports antérieurs.

Cordialement,
Adrien


Et voici notre réponse :

Bonjour Adrien,

Merci pour vos compliments qui sont moteurs de notre motivation.

Oui, vous avez raison. Pour nos analyses de net-net et de net-estate, qui sont fortement majoritaires dans nos investissements, nous n’utilisons que les derniers rapports, effectivement.

Dans ces deux catégories, notre but est d’acheter des actifs tangibles décotés. Seul nous importe le passé le plus récent possible correspondant à la réalité financière de la société la plus proche du présent. Le passé, « plus lointain » dirons-nous, ne nous semble pas utile. Nous ne nous interdisons pas de regarder ce que la société a fait par le passé, mais comme la société côte sous ses Actifs Nets Tangibles, il est plus que probable que le passé « plus lointain » sera plus brillant que le passé le plus récent…. ce qui pourrait psychologiquement engendrer un biais positif et minimiser les points négatifs du présent, eux, bien réels.

En fait, lorsque les chiffres de la société cotée correspondent au process, le plus gros du travail est fait et c’est donc blanc ou noir, dans le sens où le titre correspond à nos critères ou il ne correspond pas. Quand le titre de la société cotée correspond donc à nos critères chiffrés, le principal objet de l’analyse est d’être à la recherche d’un problème qui n’apparaît pas dans le bilan : une dette inscrite en hors-bilan, un litige, voire des litiges ou autres engagements financiers « cachés ». Le second objectif de nos analyses est de donner une valeur minimale à la société en cas de liquidation volontaire (la VMLV pour la Valeur de Mise en Liquidation Volontaire) et donc si le management décidait de vendre l’entreprise plutôt que de continuer ses activités. Vous comprendrez alors facilement que, pour avoir l’esprit objectif le plus objectif possible, un beau passé, avec l’envie que cela redevienne plus beau qu’au présent peut parasiter l’analyse qui se veut la plus proche de la réalité économique actuelle de l’entreprise et qui tente de comprendre et d’estimer ce qu’elle vaudrait dans le pire des cas, soit en cas de liquidation volontaire… une des dernières issues avant la faillite.

En ce qui concerne notre catégorie RAPP – pour Rentabilité A Petit Prix -, analyse un peu plus rare, nous utilisons des données sur un historique de 7 années. Même si le prix est « petit », nous payons pour une certaine rentabilité, nous voulons donc nous assurer sur plusieurs points d’une certaine continuité signifiante dans la gestion par la direction des coûts par exemple, ou dans l’évolution du nombre d’actions en circulation pour vérifier si la dilution n’est pas excessive dans le temps, voire aussi la solidité du bilan, voire, enfin, la création de valeur pour l’actionnaire et la rentabilité. Tout cela est chiffré et bien défini pour ne pas laisser de la place à l’interprétation et ne pas se laisser impressionner par le trois pièces extrêmement bien coupé du CEO ou par un discours vous promettant monts et merveilles… très actuels.

L’important dans tout cela étant d’essayer d’avoir une idée la plus objective et la moins parasitée possible par n’importe quel évènement ou autre. La chose la plus importante que notre expérience d’investisseur nous a appris, c’est que nous sommes extrêmement faibles psychologiquement (cf. notre série sur la psychologie de l’investisseur). A partir du moment où nous avons compris que nous ne pouvions rien changer en nous, l’élaboration d’un process défini qu’il faut appliquer devient une véritable merveille en tant qu’outil pour investir. Et on comprend d’autant mieux notre faiblesse psychologique quand on a juste du mal à « simplement » appliquer le process. Un élément qui n’entre pas en compte normalement est capable d’insinuer le doute en nous.

Nous espérons avoir répondu à vos questions Adrien.

Bien à vous,

L’équipe des Daubasses

Rapport de gestion – Janvier 2017

Au cours de ces années, ami(e) lecteur(trice), nous avons toujours eu la volonté de vous proposer notre parcours d’investisseurs avec autant de transparence que possible.

De plus, régulièrement, nous avons alimenté vos réflexions par des statistiques issues des constatations que nous avons faites du portefeuille de notre club d’investissement. Ces statistiques nous ont permis d’améliorer notre propre process mais aussi, nous l’espérons, le vôtre.

C’est un peu dans cette double optique de transparence et d’observation statistique que nous vous proposons, chaque mois, un extrait « rapport de gestion » publié dans nos lettres mensuelles, extrait dans lequel nous retraçons les grandes lignes de l’évolution de notre portefeuille. L’idée principale sera de vous proposer un maximum de réflexions sur le sujet.

Bien évidemment, ce rapport ne fera, en principe, pas mention de sociétés individuelles, ce privilège étant réservé à nos abonnés.

RAPPORT DE GESTION – Janvier 2017

La VL de notre portefeuille est de 9.87€, en progression de +5.10% sur le mois de janvier.
Sur le mois, notre portefeuille a subi un change défavorable de -0.90%.

performance portefeuille Daubasse au 31 janvier 2017

C’est aussi le 11ème mois de performance positive consécutive : mars 2016 – janvier 2017. Et le potentiel estimé, pondéré, de notre portefeuille cours / VANT atteint un plus bas historique à 78.9%. Le plus bas potentiel cours / VANT précédent était de 83.8% en juin 2014.

La performance du mois a été construite par nos parapétrolières et nos holdings liées au pétrole ainsi qu’à la remontée de l’or propulsant nos minières. Et également grâce à de bonnes nouvelles ponctuelles sur 2 de nos daubasses, une française qui a publiée de bons résultats et l’autre américaine qui propose de racheter une part significative des titres en circulation

Historiquement, le mois de janvier (tout comme février) est un bon mois pour le portefeuille de notre club et ce mois-ci ne fait donc pas exception. Le seul challenge pour nous, dans ce marché « décoiffant », qui fait passer de plus en plus les fins spécialistes des cataclysmes qui n’ont pas lieu, pour de hauts stratèges « Monopoly », sera de trouver de la décote. Et nous savons déjà que cela ne sera pas un challenge facile à relever… Et pourtant, c’est la même chanson depuis fin 2013 et nous y sommes parvenus. Et nous nous sommes dotés entre-temps d’outils supplémentaires, comme nos fichiers archives. En fait, nous gardons depuis plus d’un an une liste de toutes les sociétés qui ne correspondent plus à nos critères. Nous allons actualiser touts les titres de cette liste et également intensifier les chasses pour être certains que rien ne puisse nous échapper.

Il nous semble de plus en plus important de rester concentrés sur la recherche de la décote et de ne pas transiger sur le fait de devoir impérativement investir chaque euro sur des actifs décotés. C’est un moment paradoxal pour tous les investisseurs dans la valeur dans le style « Daubasses » car d’un côté, il y a de la joie et du bonheur de voir les actifs sur lesquels on a investi se réaliser de plus en plus et créer ainsi de la performance pour le portefeuille, et de l’autre, le moment est extrêmement difficile car il demande un travail considérable pour trouver des actifs décotés sur le marché, car ils sont de plus en plus rares. Il est nécessaire de bien cloisonner les deux situations, pour par exemple que la joie de la performance ne vous pousse pas à prendre des largesses avec la décote et l’ensemble du process.

En janvier, 21 sociétés du portefeuille affichent une performance à 2 chiffres, 15 en zone positive et 6 en zone négative.

Mouvements mensuels

Un seul mouvement a eu lieu au mois de janvier.

Nous avons acheté 127 actions de la société  RAPP a le 12 janvier. Pour une somme totale de 4 165.39€ équivalent à 1% de notre portefeuille. L’analyse que nous avons présentée montre clairement une bonne gestion et une création de valeur pour l’actionnaire. Mais l’énergie solaire, tout comme l’ensemble du secteur des énergies renouvelables, reste très volatile depuis qu’il est coté en bourse. Sa complexité interne hautement technologique avec des risques disruptifs, couplée à un tas de facteurs externes comme le prix des autres énergies, les aides étatiques et le prix des composants, en font des entités fragiles et bien sûr impossibles à comprendre selon l’expérience que nous avons de l’investissement. C’est pour cette raison qu’il nous semble pertinent de réfléchir avec du basique et de l’objectif. Et les chiffres, dans une grille de lecture prédéfinie comme nous le présentons, nous semblent le meilleur moyen pour se faire une opinion objective sans se soucier par exemple du fait que cette RAPP soit un des leaders du secteur solaire, une société intégrée verticalement, qu’ils ont installé et gèrent de part le monde 10 gigawatts d’électricité via ses panneaux et que la famille Walton (Walmart) est actionnaire et au conseil d’administration depuis 2012… Tout ceci est bien entendu positif, mais ne permet pas de se forger une opinion réelle sur la société. Et vous aurez donc compris que seuls les 15 points chiffrés que nous vous présentons dans l’analyse nous importent réellement. Car au final, ils nous permettent de dire que la société a un bilan solide, est gérée de manière sérieuse et que le prix proposé par le marché est suffisamment attractif par rapport aux risques futurs. L’angle basique de l’analyse chiffrée offre à notre jugement un degré de probabilité suffisamment élevé. Ce n’est pas un gage absolu de réussite, mais juste une base qui fait sens pour prendre la décision d’investir ou de s’abstenir.

Nous notons aussi l’expiration de notre option Put sur Apollo Education le 20 janvier qui nous a donc permis de garder la prime de 236.47€ (prime en dollars de 252.05$ du 16 septembre 2016 convertie au taux de change € / $ du 20 janvier). Nous avons donc réalisé un gain de 8.26% en euros sur 126 jours.

Rappel des modalités et du contexte de cette opération datée du 17 septembre 2016 :

Nous avions émis 400 options put à échéance janvier 2017 à un prix d’exercice de 8 USD.

Dans ce cas de figure, nous nous retrouvions en quelques sorte dans la peau d’un assureur puisque nous assurions à la contrepartie qui nous a acheté les options que si le cours d’Apollo Education au 17 janvier 2017 est inférieur à 8 USD, nous aurions dû racheter leurs actions précisément à ce prix et ce, quel que soit le cours auquel cotera le titre ce jour-là.

En contrepartie de cette assurance, nous avons reçu directement une prime de 0,68 USD par action assurée, soit 8,5 % brut en dollars des montants sur les-quels nous sommes engagés.

Le 17 janvier, deux scénarios étaient envisageables :

– Soit le cours d’Apollo est inférieur à 8 USD et nous sommes obligés de payer 8 USD pour les acquérir. En retirant la prime encaissée, notre prix de revient aurait été donc de 7,32 USD (8 – 0,68). Ce prix de revient se situe 21 % sous le cours auquel nous avons procédé à notre achat d’actions initial.

– Soit le cours d’Apollo est supérieur à 8 USD. Dans ce cas, il ne se passe rien. Nous conservons la prime de 0,68 USD que nous avons encaissée et les capitaux que nous avons dû immobiliser en garantie de notre investissement nous procurent un rendement de 8,5 % en 4 mois, soit, annualisés, un taux de 25,5 %.

Cette opération nous avait semblé relativement intéressante en terme de rendement / risque puisque nous connaissions déjà la société en qualité d’actionnaire et qu’elle faisait déjà l’objet d’une OPA à 10 USD.

En suivant ce lien, vous trouverez plus d’explications techniques sur la manière dont nous envisageons les émissions d’options dans l’optique de l’investisse-ment en « bon père de famille ».

Le portefeuille, quelques détails supplémentaires

Sur le mois
Nous avons acheté pour la somme totale de 4 165,89 €
Nous avons vendu pour la somme totale de 0 €

Sur l’année 2017
Nous avons acheté pour la somme totale de 4 165,89 €
Nous avons vendu pour la somme totale de 0 €

Les liquidités pèsent en fin de mois 20.27% du portefeuille, et sont en très légère diminution par rapport au mois décembre 2016.

Une méthode pour se couvrir contre le risque de change

Ce texte fait partie de la série proposée par notre ami-chroniqueur Laurent Muller.

Même si nous ne partageons pas tout-à-fait les mêmes principes d’investissement, nous nous sommes trouvés énormément de points communs et les raisonnements développés par Laurent nous ont paru marqués par le sceau du bon sens.

Vous avez trouvé une action qui vous semble intéressante sur un marché en devise étrangère mais vous craignez de vous exposer à une monnaie dont la volatilité ou la dynamique vous échappe.
Une méthode permettant de se couvrir contre le risque de change, à hauteur du montant initial de l’investissement, est de conserver des liquidités dans la monnaie de son compte et de contracter un emprunt dans la monnaie dont on ne souhaite pas subir les variations.

Prenons l’exemple d’un investisseur ayant un compte en USD et souhaitant se prémunir des fluctuations de la paire JPY/USD. L’investisseur peut contracter une dette en JPY et conserver des liquidités d’un montant correspondant en USD.

 

Situation initiale

Postulons de manière fictive que la parité USD/JPY soit à 1 au départ, afin de simplifier les calculs.

L’investisseur détient un compte libellé en USD de 1000 USD.

Il achète des actions japonaises pour 1000 JPY, ce qui crée une dette en JPY de 1000 JPY.

Chez certains courtiers (par exemple Interactive Brokers), cette dette n’est pas automatiquement convertie en USD et retirée des liquidités en USD. Elle n’affecte donc pas le montant d’USD. Après l’achat, l’investisseur a 3 lignes:

a/ Actions japonaises achetées (valeur 1000 USD = 1000 JPY)
b/ Liquidités USD: + 1000 USD
c/ Liquidités JPY: – 1000 JPY

Si l’investisseur ne clôture pas sa dette en JPY, il est couvert contre (et ne peut pas bénéficier des) les évolutions de la paire de devises JPY/USD pour le montant de son achat comme le montrent les cas pratiques suivants.

 

Situation finale après une baisse de moitié du JPY par rapport à l’USD – Performance nulle sur le placement en actions

Si le cours du JPY baisse de moitié par rapport à l’USD et en admettant que la performance des actions japonaises est nulle, le montant de la dette (- 1000 JPY) exprimée en USD aura diminué (soit – 500 USD).

Si la dette en JPY est alors remboursée avec les USD, il reste:

* Des actions japonaises (valeur 1000 JPY = 500 USD)
* 500 USD
* 0 JPY

La forte variation de la parité USD/JPY n’a eu aucune incidence sur la valeur en USD malgré un investissement en JPY. La dette en JPY a neutralisé les actions libellées en JPY.

La chute du JPY n’a eu aucune incidence sur la valeur du portefeuille exprimée en USD (valeur totale: 1000 USD).

 

Situation finale après une hausse du JPY par rapport à l’USD – Performance nulle sur le placement en actions

Symétriquement, si le cours du JPY double par rapport à l’USD et en admettant que la performance des actions japonaises est nulle, le montant de la dette (-1000 JPY) exprimée en USD aura augmenté (soit – 2000 USD). En cas de remboursement de la dette en JPY avec les USD, il reste:

* Des actions japonaises (valeur 1000 JPY = 2000 USD)
* -1000 USD
* 0 JPY

La forte variation de la parité USD/JPY n’a eu aucune incidence sur la valeur en USD malgré un investissement en JPY. La dette en JPY a neutralisé les actifs (i.e. les actions) en JPY.

La hausse du JPY n’a eu aucune incidence sur la valeur du portefeuille exprimée en USD (valeur totale: 1000 USD).

 

Situation finale après une baisse du JPY par rapport à l’USD – Performance de + 100 % sur le placement en actions

Le cours du JPY baisse de moitié par rapport à l’USD et la performance des actions japonaises est de + 100 %. Le montant de la dette (-1000 JPY) exprimée en USD aura donc diminué (soit – 500 USD). En cas de remboursement de la dette en JPY avec les USD, il reste:

* Des actions japonaises (valeur 2000 JPY = 1000 USD)
* 500 USD
* 0 JPY

La valeur finale en USD est de 1500 USD (et non de 2000 USD). En effet, la valeur des actions japonaises se décompose en un montant initial (1000 JPY) et une plus-value (1000 JPY). Pour le montant initial de l’investissement, la dette en JPY a permis de neutraliser la variation de cours. En revanche, la plus-value de + 100 % (soit 1000 JPY) est impactée négativement par l’évolution défavorable du JPY par rapport à l’USD (- 50 %). Au final, la plus-value est de 1000 JPY ou 500 USD (et non 1000 USD, du fait de l’impact négatif de l’évolution de la parité JPY/USD sur la plus-value)…

Cet exemple montre que la protection des variations de devises JPY/USD n’impacte que le montant à l’achat et non les plus values avec cette méthode.

 

Conclusion
En choisissant un courtier qui ne convertit pas directement les achats d’actions en devises étrangères dans la devise du compte-titres, l’investisseur a un moyen simple de se couvrir contre le risque de change à hauteur de son prix d’achat.