Marché boursier 2019 et autres questions…

Temps de lecture estimé : 5 min

Nous allons répondre aux questions les plus fréquentes reçues ces dernières semaines et évoquer quelques événements marquants pour cette nouvelle année.

2019 : krach ou embellie boursière ?

En début d’année, nous nous prêtons volontiers à ce jeu depuis plusieurs années. Et à chaque fois, nous répondons ceci : nous n’en savons rien !

Et oui. Déçu ? Pourtant, nous n’allons pas vous vendre du rêve ou du catastrophisme. Simplement, nous allons continuer à acheter tant que des décotes patrimoniales ou anomalies de valorisations excessives nous sont offertes par des marchés dépressifs. Et nous vendrons quand les investisseurs auront un moral plus élevé et valoriseront mieux les actifs qu’ils nous ont vendu au rabais, un peu plus tôt.

Une phase baissière peut durer des mois, voire plusieurs années. Et ce n’est pas dramatique quand :

  1. Vous êtes un investisseur avec une vision à long terme (plus de 5 ans, 10 ans dans l’idéal) ;
  2. Vous suivez un process clair, qui a fait ses preuves et qui vous permet de dormir tranquille la nuit ;
  3. Votre portefeuille est diversifié ;
  4. Vous ne faites pas de plan sur la comète avec des prévisions de rendements annuels à 2 ou 3 chiffres. Vous vous contentez d’acheter quand votre process vous dit que « c’est pas cher ! », de conserver vos titres et d’attendre que le marché vous offre un bon prix pour vendre, en rapport avec votre prix cible.

Si, comme les daubasses, vous cochez toutes ces cases, vous vivrez les périodes baissières comme des périodes d’opportunités amusantes. Comme le répète sans cesse tonton Michel lors des repas de famille : « la bourse, c’est simple : tu achètes bas et tu revends plus haut ! ». Il a tout compris le tonton…

 

Oui mais bon, vous devez quand même avoir les boules avec la performance médiocre du nouveau portefeuille ?

Impossible de dire si le marché a touché son plus bas. Car les mouvements baissiers ou haussiers à moyen terme sont le reflet de la confiance en l’avenir des intervenants de marché. Et quand la confiance disparaît, et bien, les valorisations peuvent perdurer à des niveaux excessivement bas pendant une période relativement longue. Mais bas par rapport à quoi ?

Il ne faut jamais oublier que des valorisations, surtout en bourse, ne se font que par le jeu de l’offre et la demande. Et si aujourd’hui, le marché financier n’est constitué que de vendeurs, peu importe les valorisations, elles ne feront que baisser, aussi irrationnelles soient-elles, à des niveaux historiques très bas.

L’investisseur opportuniste, avec un peu de cash en poche, a commencé depuis quelques semaines à profiter des soldes. Pour certains, c’est trop tard ! Dès les premiers signes de baisses, ils ont rempli leurs caddys d’actions « bradées » avant de se rendre compte que le lendemain, elles étaient « encore plus bradées ! ». Ce n’est pas grave. La bourse est par définition le temple des regrets. Impossible d’acheter au plus bas et de revendre au plus haut. Sauf coup de chance incroyable, évidemment.

C’est exactement la stratégie que nous abordons pour le portefeuille daubasses 2, à savoir continuer d’acheter au fur et à mesure que les marchés baissent. Avec environ 15% de cash au moment où nous écrivons ces lignes, nous avons encore quelques munitions pour profiter de futures potentielles dégringolades.

Et il est probable que nous ayons utilisé toutes nos munitions avant que le marché touche son plus bas. Ce qui n’aurait rien de dramatique. Le portefeuille est diversifié et avec un ratio price-to-book (= multiple de fonds propres) à fin décembre de 0,4x en moyenne pondérée, un niveau largement en deçà de nos indices comparables (près de 4 fois moins cher que l’indice des petites valeurs européennes à 1,59x / plus de 4 fois moins cher que l’indice des petites valeurs américaines le RUSSEL 2000 à un ratio de 1,83x et 7 fois moins cher que l’indice phare américain qui regroupe les 500 plus grosses capitalisations le S&P500 à 3,0x), nous possédons un portefeuille d’actifs déjà largement décotés par rapport au marché.

 

Vendez tout, nous sommes qu’au début d’une baisse historique !

Un investisseur nous a parlé du phénomène qu’il appelle la « spéculation à la baisse », ou comment des investisseurs vendent leurs titres aujourd’hui dans le but de les racheter moins chers demain. Sacré pari ! Il faut leur souhaiter bonne chance et un bon timing de vente et de rachat. C’est une théorie intéressante qui peut, en partie, expliquer les poursuites de baisses. Si on ajoute à ce type de comportement les effets du trading par algorithmes des fonds spéculatifs qui font chuter en cascades les titres, les indices, puis les titres, puis les indices… à chaque nouveau seuil de vente, on comprend qu’il y a un effet domino technique et psychologique déconnecté des fondamentaux spécifiques à telle ou telle société cotée.

Il y a aussi une logique de flux. Les investisseurs constatent une baisse et veulent vendre. Ils demandent à leur gestionnaire d’actifs de récupérer leurs billes. Même si le gérant a un portefeuille constitué essentiellement d’actions bradées, il n’a pas le choix. Si son client veut récupérer son capital, il doit céder des titres sur le marché, à n’importe quel prix. Ces flux vendeurs expliquent les chutes des cours sur les plus petites valorisations européennes. En novembre et décembre 2018, c’était la course à celui qui vendait le plus rapidement ses titres. Là encore, on peut croire à une efficience de marché, mais il faut bien avoir en tête que les vendeurs motivés vendront car ils n’ont pas le choix, même si le prix est faible.

La volatilité, perçue pour certain comme un indicateur de risque, est pour l’investisseur dans la valeur une source d’opportunités puisqu’une volatilité importante induit des variations excessives à la baisse comme à la hausse, soit, respectivement des périodes propices d’achats (baisses excessives des cours) et de ventes (hausses excessives des cours). Le même élément est donc à la fois un risque pour certains et une source d’opportunités pour d’autres. Qui a raison ? A priori personne, seul celui qui arrive à en tirer profit.

La véritable question à se poser est : positionnez-vous en tant que victime qui subit les variations des cours ou bien comme acteur qui profite des variations des cours ? C’est presque philosophique. Il y a celui qui ne voit que les risques liés à une forte volatilité car il n’a pas de méthode d’investissement qui lui donne une ligne directrice ou un horizon d’investissement suffisamment long pour passer outre ces variations. Et il y a l’investisseur serein, il sait où il veut aller et tire profit du même phénomène pour mieux acheter ou mieux vendre. Pour creuser un peu plus sur le sujet, vous pouvez relire un article rédigé il y a presque 10 ans sur le blog et qui s’intitule La volatilité : ami ou ennemi de l’investisseur ?

 

Regain d’appétit des investisseurs pour les actions en 2019 ?

Bien entendu, pour que les marchés financiers retrouvent des couleurs (vertes) à long terme, il faut que les fondamentaux économiques soient au rendez-vous pour alimenter la confiance des intervenants de marché. Encore que… il est important de nuancer. Ce qui est vrai pour l’ensemble des marchés financiers ne l’est pas forcément pour une société donnée. Il se peut très bien par exemple que dans un secteur donné, il y ait une crise, mais que quelques acteurs sur une niche ou  qui créent des produits innovants à forte valeur ajoutée, se différencient et performent largement alors que les concurrents souffrent. Pour un investisseur boursier qui sélectionne ses titres, il y a, presque toujours, des choses à faire, des opportunités à saisir sur des titres bien spécifiques. Raisonner macro, c’est intellectuellement divertissant, stimulant, mais pas forcément l’outil indispensable pour performer en bourse.

Ce n’est pas parce que vous êtes un expert sur le commerce international entre le Canada et l’Europe, par exemple, et que vous connaissez plusieurs grands patrons de multinationales de ces deux zones économiques, que vous allez être capable d’investir efficacement en bourse sur cette thématique. Car rentrent en cause plusieurs biais psychologiques comme l’excès d’optimisme ou de pessimisme, ou bien des problèmes d’égo (appelé aussi « problème du gros melon ») sur le fait de se sentir capable de prédire à partir de faits macroéconomiques ou des informations diverses des répercussions sur les micro-agents économiques que sont les entreprises, entités qui ont chacune une histoire propre.

 

Un marché sinistré, mais pourtant des titres qui progressent ? Tiens…

Prenons, au hasard, l’action Softimat. Le BEL 20 (indice phare belge) accuse une chute de -18% en 2018. Le cours de l’action société immobilière belge Softimat progresse pourtant de +43% en 2018, la même période. Le travail d’analyse, l’histoire spécifique à chaque entreprise, et dans le cas présent, peut-être l’activisme menée par vos serviteurs, sont des vecteurs différenciants qui permettent à l’investisseur « sélectionneur de valeur » de créer de la performance à long terme, quelques soient les prévisions (et leurs réalisations), des scénarios des experts (macroéconomique, sectorielle, commerce international, devises, …).

 

Bref, si vous avez une idée, un pronostic à établir ou un événement dont vous êtes à peu près certain que nous en serons les spectateurs en 2019, n’hésitez pas à participer à notre petite expérience sur le blog : jeu du pronostic 2019.

—-

Quelques nouveautés sont prévues pour 2019, et une est déjà à votre disposition, pour une offre encore plus complète ! il s’agit du nouveau portefeuille de gestion (semi-)passive à la sauce daubasses, à base de rebalancings mensuels et de critères fondamentaux.

 

Excellente année boursière 2019 à vous, cher lecteur, qu’elle vous soit enrichissante en enseignements et généreuse en plus-values.

Print Friendly, PDF & Email

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *