Bas les masques – Chariot Oil & Gas

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Chariot Oil & Gas, c’est l’histoire classique d’une daubasse, une net-net, qu’il était possible d’acheter en dessous de sa trésorerie nette (!) et d’obtenir ainsi gratuitement tout un tas de projets pétroliers. Tout ce qu’on aime !

La ligne a été cédée le vendredi 8 avril au sein du portefeuille daubasses 2 à un cours de 4,55 pences.

La daubasse anglaise est passée à la trappe en générant une plus-value nette de frais de +64,7% en euros en 5 mois et 1 semaine.

Les raisons de cette vente sont multiples :

1/ avec la récente annonce d’une découverte de gaz au large du Maroc, le cours a plus que doublé en 1 semaine et nous sommes incapables de dire si cette nouvelle est bonne, très bonne ou insignifiante ;

2/ nous actons un gain sur un des titres en portefeuille les plus spéculatifs (société sans activité = pas de chiffres d’affaires) ;

3/ cette a permis d’acquérir un titre avec potentiel plus important.

Résumé de l’opération :

Vente : 13 000 actions de la société Chariot Oil & Gas à un cours de 4,55 pences

Vous trouverez ci-dessous les extraits de relevés de compte pour l’achat et les ventes, fidèles à notre principe de transparence. Pour rappel, pour toutes les opérations, nos abonnés ont accès dans la zone Premium à l’intégralité des extraits de compte (achats comme ventes).

Extraits des comptes (format PDF) :
2018.10.30 – Chariot Oil & Gas (Achat)
2019.04.08 – Chariot Oil & Gas (Vente)

Voici ci-dessous l’analyse publiée dans la lettre mensuelle de novembre 2018, suivie des news publiées tous les mois.

Bonne Lecture !


Chariot Oil & Gas

Bourse de Londres : CHAR / Code ISIN : GG00B2R9PM06

 

I. Introduction

Chariot Oil & Gas est une entreprise localisée à Guernesey spécialisée dans l’exploration pétrolière avec des droits sur des zone offshore (en mer) au large des côtes brésiliennes, marocaines et namibiennes.

Ce qui nous a interpellé avec cette entreprise cotée, c’est qu’elle a fait un appel au marché fin mars 2018 de 16,5 M USD à un cours de 13 pences pour financer des forages dans la zone Prospect S annoncée comme très prometteuse en Namibie. Chariot détient 65% des droits sur ces zones.

Forages qui ont été lancés début octobre avec une annonce très rapide quelques jours après (le 11 octobre) pour annoncer que tous les résultats sont négatifs. Ce qui eu bien entendu un effet dévastateur sur le cours qui est passé sous 3 pences. Une belle dégringolade en un peu plus de 6 mois, de 13 pences à 3 pences, c’est une chute de plus de 75%.

C’est l’écart entre le cours lors de l’augmentation de capital et le cours actuel qui nous a mis la puce à l’oreille : certes, les forages ne sont pas fructueux, mais peut être que le marché exagère cette mauvaise nouvelle, car suite à l’augmentation de capital, Chariot déborde de cash et de potentiels actifs pétroliers…

Opportunité ou piège ? C’est ce que nous allons essayer de voir avec les chiffres.

Nous travaillions dans la présente analyse avec le rapport semestriel arrêté au 30 juin 2018. Attention : les comptes sont publiés en USD. Le taux de change retenu est GBP / USD = 1,32.

Nous avons acheté 13 000 actions à 2,85 pences pour environ 2% de la valeur de notre portefeuille le 30 octobre 2018 et nos calculs se basent sur ce prix d’achat.

 — nous attirons votre attention sur le fait que les comptes du 30 juin 2018 ne tiennent pas compte des coûts de ces forages infructueux en Namibie, qui vont fortement dégrader la position de trésorerie au 31 décembre 2018 —

Projets détenus par Chariot Oil & Gas

II.La Valeur d’Actif Net Net (VANN)

La société possède un actif courant d’une valeur de 7,26 pences par action et l’ensemble de ses dettes représente 0,50 pences par action. La VANN s’établit donc à 6,76 pences par action.

 

III. La Valeur d’Actif Net Estate (VANE)

La société ne détient aucun immeuble ou terrain. Il nous est donc impossible de calculer la VANE.

 

IV. La Valeur de Mise en Liquidation Volontaire (VMLV)

Dans cette évaluation, nous essayons d’estimer la valeur de la société si elle était mise volontairement en liquidation. C’est-à-dire dans une position confortable de réalisation de l’ensemble de ses actifs.

Nous détaillons dans le tableau ci-dessous les différents postes du bilan et les marges de sécurité retenues (données en GBX ou pences) :

Ce qui nous donne donc une VMLV 6,68 pences par action.

 

V. La Valeur de la Capacité Bénéficiaire (VCB)

La société n’a jamais généré aucun bénéfice depuis son introduction en bourse. Il nous est donc impossible de calculer une VCB pour Chariot Oil & Gas.

VI. Conclusions

A notre prix d’achat de 2,85 pences, nous avons obtenu une marge de sécurité de :

58% sur la VANN de 6,76 pences
57% sur la VLMV de 6,68 pences

Le potentiel sur la Valeur d’Actifs Net Tangibles (VANT = 6,79 pences) est de : +138%

Notre calcul de solvabilité maison ressort à : 135% et respecte largement notre seuil minimum de 40% exigé.

Ratio technologique = 0%. La société dépense assurément des sommes importantes dans la recherche et développement mais les montants ne sont pas clairement identifiables dans les rapports.

 

 1° Quelles sont les raisons qui ont amené cette société dans la zone Daubasse ?

L’entreprise n’a généré aucun bénéfice depuis son introduction et sa levée de 90 M USD en 2008, avec en parallèle des charges de structure récurrentes, des augmentations de capital dilutives et des octrois d’actions aux managers… le cocktail presque parfait qui explique la descente aux enfers du cours de bourse.

2° Quels sont les éléments qui pourraient faire empirer la situation et faire disparaître la marge de sécurité dans le futur ?

C’est très simple, la société a encore assez de cash pour survivre, d’après nos estimations, sans faire d’appel au marché jusqu’à fin 2020. Si aucune découverte majeure n’est réalisée d’ici cette date, les actionnaires se retrouveront avec un actif d’une valeur proche de 0 (hors autres éléments exceptionnels, type rapprochement avec un autre acteur du secteur…).

Un autre élément totalement indépendant des découvertes peut être lié au prix du pétrole. En fonction des cours de l’or noir, il peut y avoir de l’appétit ou d’un désintérêt total de compagnies pétrolières pour la junior pétrolière Chariot…

3° Quel pourrait-être le ou les catalyseurs pour faire sortir cette société de l’ornière ?

Il reste dans les tuyaux des zones encore à explorer : Prospect W et Prospect B en Namibie (détenu à 65% par Chariot), 3 projets au Maroc : Mohammedia (détenu à 75%), Kenitra (75%) et Rabat Deep (10%) et une zone de 768 km² au large des côtes brésiliennes détenues à 100% par Chariot.

Des nouvelles devraient arriver dans les prochains mois : sur le site de Kenitra avec des tests planifiés début 2019. Et à Rabat Deep, toujours au Maroc, où ENI – le partenaire majoritaire dans le projet – va lancer des forages prochainement.

Ci-dessous, les quelques nouvelles publiées dans les lettres suivantes. C’est maigre, mais le titre n’est resté que 2 mois en portefeuille !


NEWS DE SUIVI

2018 décembre

La société a communiqué sur le nombre d’actions composant le capital au 30 novembre 2018. Et avec les octrois d’actions et autres programmes d’option, c’est +48 millions d’actions en circulation. Soit, toutes choses égales par ailleurs, une dilution mécanique pour l’actionnaire de -13,1%. La nouvelle VANT ressort à 6,04 pences.

 

2019 janvier

La société a réalisé 2 forages. Un en Namibie (à se propres frais) et l’autre au Maroc (aux frais de Eni). Les forages n’ont rien donné, mais la société de positiver en annonçant que les dépenses ont été contenues…

Chariot se concentre désormais sur ses actifs détenus au Brésil et au Maroc dans un environnement de l’industrie de forage à bas coûts actuellement. La trésorerie en fin d’exercice 2018 devrait atteindre 19 M USD.

 

2019 avril

La société annonce en grande pompe qu’elle a obtenu une nouvelle licence au Maroc « Lixus Offshore » sur un site gazier prometteur de 2 390 km², avec une participation de 75%. Le CEO parle d’une opportunité de développement à faible coût avec un potentiel considérable. » Si ce n’est pas que du vent, c’est une excellente nouvelle pour notre participation dans ce développeur pétrolier / gazier bourré de cash. C’était un peu le but de l’investissement : acquérir du cash avec rabais et potentiellement des découvertes sur les projets en cours détenus. Ne soyons pas trop heureux avant de voir sur quoi de concret cette annonce va déboucler. Prochaine étape : commander une étude de faisabilité. Et ensuite, trouver un partenaire.

Plus de détails via cet article : Chariot Oil & Gas décroche une nouvelle licence Offshore

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