Pépites PEA : 2 ans – les enseignements

Le 30 juin 2019 était la date anniversaire de la création du portefeuille Pépites PEA. Déjà 2 ans, et on peut dire que l’essai est largement transformé.

Lancé le 29 juin 2017 avec comme analyse offerte (disponibles à tous) l’action Gaumont, qui venait alors d’être l’objet d’une OPRA à 75 EUR sur ses propres actions, suite à la cession des parts dans la société co-détenue qui exploite les salles de cinéma, à Pathé. Le titre Gaumont est à l’image des Pépites PEA avec une performance au 30 juin de +27,2% + dividendes.

Aujourd’hui, cette situation spéciale est plus que jamais sous le feu des projecteurs avec l’immeuble des Champs-Élysées qui a déjà trouvé son premier locataire et dont les travaux sont en cours de finalisation. La valeur « cachée » patrimoniale va tranquillement commencer à être révélé, dans le sens où les investisseurs vont petit à petit pouvoir donner une valeur plus précise de cet actif majeur pour le groupe de productions et distributions cinématographiques et audiovisuelles.

 

2 ans passés et déjà quelques enseignements sur les Pépites PEA :

      • Surperformance

Les résultats sont au rendez-vous avec une surperformance dans une tendance haussière (1ère année) et baissière (2nde année). Vent de dos, comme vente de face, le portefeuille fait la différence.

Et avec les résultats atomiques de Graines Voltz sur son premier semestre, la 3ème année démarre très fort !

Voici le résumé sous forme de tableau :

 

      • Peu de transactions

Pas besoin de beaucoup de transactions pour performer. En effet, il n’y a eu, en tout et pour tout, que 22 opérations en 2 ans : 16 achats / renforcements et 6 ventes. Les gains se font à l’achat : quand on achète au rabais et que la création de valeur se réalise en interne (au niveau de l’entreprise), on gagne en sécurité et sérénité, et le temps joue en notre faveur.

      • Rôle complémentaire

De par leur nature, les actions retenues pour le portefeuille Pépites PEA ont un rôle complémentaire aux daubasses orientées à 100% « décote patrimoniale » ou rentabilité cachées (pour les RAPP). Les Pépites PEA ont en effet une certaine capacité bénéficiaire sans pour autant présenter une décote sur les actifs tangibles aussi élevée que pour les daubasses « pur jus ». Elles ont à la fois les bénéfices, les décotes sur des comparables boursier et sont parfois des situations spéciales propices à créer de la valeur pour les actionnaires. C’est du plus.

Cerise sur le gâteau, sur un univers d’investissement uniquement européen, 100% des actions de ce portefeuille répondent au critère d’éligibilité au PEA (enveloppe fiscale incontournable pour les résidents français).

      • Plus de pistes d’investissements

Qui dit portefeuille différent dit titres différents. Ainsi, au sein du portefeuille Pépites PEA, ce sont 8 actions supplémentaires au portefeuille daubasses n°2. Ce sont autant de pistes d’investissement additionnelles pour vous, cher(e) abonné(e).

 

Un marché français des small caps prometteur

Avec l’offre en cours (OPA) à un prix de 685 pences sur la société Millenium & CopThorne Hotels (MLC), une ligne sera libérée sous peu. Le cash ainsi récupéré sera alloué sur une action française qui devrait bénéficier d’un alignement de planète à court terme. En effet, 3 éléments moteurs pourraient (devraient ?) avoir des impacts non négligeables sur les petites sociétés cotées à la bourse de Paris :

 

1. Loi Pacte, accélérateur d’opérations capitalistiques. La promulgation de la Loi Pacte permet désormais aux entreprises de faire une offre de retrait à caractère obligatoire (RO) quand l’actionnaire principal (ou le pacte d’actionnaires) détient plus de 90% du capital et/ou des droits de vote, au lieu de 95% auparavant. Or, au regard des valorisations actuelles (cf. point 2 ci-dessous) et des conditions de financement très avantageuses (cf. point 3 ci-dessous), des opérations en cascade ne sont pas à exclure ;

 

2. Des valorisations anormalement basses, en comparable. Après la turbulence de la fin de l’année 2018 sur les plus capitalisations de la cote parisienne liée à une course à la liquidité et donc à une vente massive des investisseurs des capitalisations les moins élevées et au flottant le plus restreint, les valorisations actuelles n’ont pas encore retrouvé les niveaux d’antan. Selon l’indice de Valorisation Infront – Small Cap Eurozone), les valorisations européennes sur ce segment de marché atteint un multiple EV/ EBITDA = 8,6x (cf. figure 1), et on peut penser que c’est plus faible pour la France du fait des flux négatifs sur cette zone géographique depuis plus de 6 mois.

Dans le même temps les transactions sur le marché privé (ou Private Equity) se réalisent à des multiples de 10,1x (indice Argos Mid-Market) (cf. figure 2).

Certes, il est connu que les acteurs du non coté ont les arguments financiers (utilisation massive de la dette) pour acquérir des cibles, la rareté des cibles et le peu de cash mobilité du fait de l’utilisation du levier, font monter le prix des rares cibles. Mais cela ne justifie pas un tel écart de valorisations puisque même si les petites sociétés cotées françaises apportent pour les institutionnels une liquidité, certes, modérée, mais c’est tout de même un facteur positif non négligeable. Et cela devrait octroyer une prime de valorisation par rapport un marché privé où la liquidité ne se réalise que par bloc important de capital au gré à gré. La décote ne se justifie donc pas. On s’attend d’ailleurs à avoir une prime de liquidité pour les acteurs cotés. Ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. Alors, les plus pessimistes peuvent arguer le fait que c’est le marché du non coté qui est surévalué… c’est possible. Mais dans ce cas, cette sur-évalution devrait a minima se refléter dans les valorisations des petites entreprises cotées ! Bref, l’écart est appelé à se résorber à terme, dans un sens comme dans un autre, si ce n’est les deux.

 

3 .Des conditions financières idéales. Sauf si vous êtes hermétique à toute information économique depuis des semaines, ou que vous revenez tout juste d’un voyage en Patagonie, vous aurez remarqué le retour à une tendance actuelle à nouveau très accommodante des banques centrales des pays occidentaux. Avec pour effet, de plus en plus d’Etats (Allemagne, France, …) qui se financent sur des échéances de plus en plus longues – jusqu’à 10 ans actuellement – à des taux légèrement négatifs. L’argent ne coûte plus rien. C’est le moment opportun pour une entreprise familiale, avec une vision à long terme, dont le flottant est réduit et avec peu de besoin de financement (= présence en bourse non obligatoire), d’en profiter pour désintéresser les minoritaires en lançant des OPA à la chaîne.

 

Dans ce contexte, les 6 sociétés françaises en portefeuille (et bientôt 7, liée à l’acquisition qui pourrait survenir une fois nos titres MLC apportés à l’OPA) sont idéalement positionnées pour profiter de cette tendance porteuse. Malheureusement, il faut bien souvent se « contenter » de primes offertes de l’ordre de 30%, voire 35%, sur le dernier cours. C’est une joie sur le moment, mais une déception au regard des fondamentaux.

Si de multitudes offres affluent, ce sera potentiellement une bonne nouvelle à court terme et le moyen de réaliser quelques gains rapides sur les actions françaises. A long terme, l’assèchement de la cote parisienne posera question… Pas la peine de faire des plans sur la comète, nous aviserons le moment venu.

En attendant, pas de raison de se priver. On en profite, on remplit le caddy… on achète français !

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