Archives de catégorie : A vous la parole

Quelle est la différence entre ces deux messages ? Il n’y en pas vraiment …

enigme financiereVoici le moment, ami(e) lecteur(trice), de vous dévoiler la réponse à la question que nous vous avions posée la semaine dernière.

Comme l’ont fait remarquer Flouch et Boss, il y a bien une différence de style entre les deux messages, le deuxième semblant plus argumenté que le premier.

Et pourtant, comme Stéphane,  nous ne voyons… aucune différence quant au fond.

Dans les deux messages, la thèse de son auteur est que Vet’Affaires est à éviter pour deux raisons essentielles : l’importance que constituent les stocks parmi l’actif et la faiblesse de ceux-ci en tant que collatéral et aussi la médiocrité supposée de la direction.

Disons-le d’emblée : nous sommes absolument d’accord avec ces deux points. Néanmoins, si nous voulions analyser de manière qualitative chacune de nos sociétés, nous trouverions sans doute des éléments aussi recevables pour la grosse majorité et donc… des bonnes raisons de ne pas investir.

« Mais alors, si ces deux messages sont les mêmes, pourquoi nous avoir demandé ce qui était différent ? Je sais que vous avez l’esprit tordu mais là, vous vous surpassez. J’en ai eu des insomnies moi, à tenter de résoudre votre énigme».

Rassurez-vous, ami(e) lecteur(trice), il y a bien une différence entre ces deux messages et cette différence, c’est le moment où ils nous sont été envoyés comme l’ont soupçonné zzyyxx et Boss.

Le premier message a été rédigé le 5 janvier 2009, peu après notre premier achat de Vet’Affaires et au tout début de l’aventure daubasses. Dans ce message, son auteur critique la politique commerciale de la direction, signale des conflits entre actionnaires et l’importance du stock.

Nous répondions ceci à notre correspondant :

« Tout d’abord nous tenons à vous remercier pour l’intérêt que vous portez à notre travail.

Au sujet de Vet’Affaires, vous avez entièrement raison : c’est une véritable « daubasse » mal gérée et dont l’avantage compétitif qui reposait sur une « entourloupe » juridique au sujet des statuts des gérants de magasins semble être remis en question. Nous avions également remarqué le fait que le stock de Vet’Affaires représente 370 jours de vente (au prix d’achat).

Bref pas brillant du tout … tout comme 80 % des sociétés que nous avons en portefeuille.

Mais ce n’est pas si grave à nos yeux car voyez-vous, notre club d’investissement n’achete pas des sociétés à proprement parlé (comme le ferait Buffett dont vous faites mention) mais essentiellement des actifs et ce, avec une marge de sécurité que nous estimons intéressantes.

Nous n’excluons d’ailleurs pas la disparition de l’une ou l’autre de nos sociétés en portefeuille. C’est d’ailleurs la raison de la grande diversification avec laquelle nous avons opéré.

Par contre, nous pensons que les sociétés qui survivront (et malgré tout, nous pensons que Vet’Affaires survivra) subiront trois destins :  

– soit elles retrouveront une rentabilité importante et nous connaîtront alors un retour de leur cours à des niveaux significativement plus élevés

– soit elles seront rachetées par des concurrents (nous penchons pour ce scénario avec Vet’Affaires) et dans ce cas la cession devrait se faire à des valeurs supérieure à la valeur du fond de roulement net

– soit elles « vivoteront », verront leur valeur d’actif péricliter voir perdre de sa valeur et dans ce cas, l’investissement réalisé ne sera pas vraiment excellent.

Bref vous aurez compris que l’approche que nous privilégions pour notre club de « daubasses » est assez originale. Elle tient lieu à la fois d’une conviction raisonnable qu’elle devrait nous permettre de générer un rendement intéressant à moyen terme mais également de centre « d’expérimentation » afin de vérifier le bien-fondé de nos élucubrations.

Nous vous souhaitons une excellente année 2009. »

Et un peu plus de deux ans plus tard, nous revendions nos actions avec une plus-value nette de frais et de taxe de 258,88 %

Le 16 juillet 2012, à la suite d’une nouvelle chute de cours, nous investissions à nouveau sur Vet’Affaires. Nous renforcions d’ailleurs pendant la chute de ce couteau le 7/09/2012 puis le 6/08/2014.

Et le 23/11/2014, nous recevions le 2e message de notre abonné.

Nous n’avons certes pas déroulé tout le raisonnement que nous avions tenu lors de son premier message mais nous aurions pu. Nous avons simplement répondu ceci :

« C’est une Daubasse. Nous ne connaissons pas l’avenir… Simplement, dans un portefeuille diversifié, cette position a du sens. 

On verra ce qu’il en est dans quelques mois / années»

L’avenir, on le connait à présent, Vet’Affaires a été mis en redressement judiciaire, nous avons vendu notre position le 6 août 2015 (soit exactement un an après le dernier message de notre abonné) en encaissant une perte de 75,06 %.

« Donc votre abonné avait raison sur ce coup-là ? »

Non seulement notre abonné avait raison sur ce coup-là mais sur le précédent également tout comme nous avions raison lors de nos deux achats.

En effet, si nous avions évité d’investir dans Vet’Affaires en prenant en compte les arguments, tout-à-fait recevables mais finalement identiques, portant sur la faiblesse de sa direction ou de la valeur du collatéral sous forme de stocks, nous évitions une perte de 75 % en août 2015 mais aussi une plus-value de 260 % en mars 2011.

Nous rejoignons donc William : on peut toujours trouver une bonne raison de ne pas investir sur une daubasse : parfois, cette « bonne raison » se justifiera et entrainera des pertes importantes. Mais si les éléments ayant conduit à sélectionner les actions pour son portefeuille sont rationnels et permettent de disposer d’un avantage statistique, nous considérerons alors les pertes occasionnelles subies sur l’une ou l’autre ligne comme un évènement normal dans la gestion de ses investissements.

Notre approche est fondée sur l’avantage statistique : nous achetons des sociétés qui, statistiquement, ont plus de chances de performer que la moyenne. Mais il arrive qu’il y ait un « bide » dans la sélection.

C’est l’intérêt de la diversification telle que nous la pratiquons. Certains investisseurs disent que plus on diversifie, plus on se rapproche de la moyenne. Ils ont raison. Mais si la diversification se fait exclusivement sur un segment qui, dans son ensemble, doit faire mieux que la moyenne, on se rapprochera de la moyenne… « du mieux que la moyenne » et on créera de la surperformance sur le long terme.

 

Quelle est la différence entre ces deux messages ?

enigme financiereAmi(e) lecteur (trice), c’est une petite devinette que nous vous proposons ce week end.

Nous vous proposons ci-dessous, les messages tout-à-fait véridiques que nous avons reçu d’un de nos fidèles lecteurs-abonnés.

A votre avis, quelle est la différence fondamentale entre les deux messages ?

1er message :

« … A propos de Vêt Affaires, c’est une société que je connais car j’habite pas loin et j’ai eu l’occasion de passer la voire, et + .

Votre analyse sur cette société est sans reproche et brillante au niveau de l’ étude du bilan, seulement il y a la réalité concrète de la vie de cette société.

Cette affaire n’en n’est pas une : un gros conflit avec ses actionnaires et ses gérants, un stock à près de 50 % du CA, des problèmes de publicité non corrects, etc …

En gros, je ne pense pas qu’elle soit dans les critères de sélection de Buffett : l’achat à long terme et une affaire bien gérée par des patrons irréprochable, mais plutôt dans ceux de Graham : un achat pour récupérer « éventuellement »  avec bcp de chance le double de sa mise … 2 à 6 ans + tard … et encore ! L’historique de l’entreprise ne rassure pas du tout … »

 

2e message :

« … Pour 3 raisons fondamentales, j’ai du mal à croire à Vêt Affaire

 1/ les patrons sont trop incompétents, mais cela n’est pas un scoop… ils n’arrêtent pas de le démontrer depuis des années, preuves à l’appui …. (ventes sur internet qui ne décollent pas, au contraire, chute de l’extension des nouveaux au magasins pour revenir au point de départ, qualité douteuse de la marchandise, etc etc …

D’ailleurs, à mon humble avis, le GROS truc qui cloche : ils sont pourtant dans le meilleur business : des fringues à pas cher en temps de crise !! : et cela ne leurs réussit pas : bizarre bizarre !! , ça devrait être le contraire ! non ?

2/ La forte décote sur l’actif net est basée en grande partie sur le stock de fringues : cela est trop fragile

3/ De nouveaux concurrents vont finir de les achever ? : le grand méchant loup sera d’abord PRIMARK

La solution : il faudrait un maxi coup de balais du management ! ou une vente de la boite …

Mais cela est peu probable : car les Lesguer détiennent le maximum de parts

Je ne vois pas ce qu’Amiral Gestion fait encore dans cette galère… ; y a mieux à voir ailleurs !

Conclusion : essayer de profiter d’un éventuel rebond pour sortir de ce dossier … »

 

Alors, à votre avis, pourquoi affirmons-nous que ces deux messages sont finalement différents même si leur contenu quant à l’argumentaire est relativement similaire (piètre opinion de l’auteur quant à  la qualité de la direction de Vet’Affaires et fragilité du collatéral constitué de stocks de vêtements) ?

Nous vous laissons « réfléchir là-dessus » et vous donnons rendez-vous la semaine prochaine pour la réponse et les conclusions que nous pouvons tirer de tout ceci.

Qui peut battre la performance des daubasses ? … nos abonnés (5e partie)

Nous poursuivons l’entretien « à bâtons rompus » et sans concession que nous avons eu avec notre ami-abonné Dominique. Vous pouvez relire la première partie ici.

l’Equipe des Daubasses selon Benjamin Graham : Revenons à nos moutons ou plutôt nos Adler

Dominique : Même si j’ai une conviction raisonnable que l’histoire ( la nouvelle…) d’Adler ne fait « que commencer », c’est toujours très délicat de la raconter pour 3 points essentiels :

1/ il y a probablement au départ un joli coup de bol d’être tombé dessus, même si après j’ai utilisé tous les « leviers » possibles pour que ça puisse « éventuellement » booster super.

2/ L’histoire peut également moins bien tourner dans quelques mois ou quelques années : je ne suis pas dans le secret des dieux ….

3/ Et je ne voudrais pas avoir l’air de « fanfaronner » non plus …

EDBG : Mais non Dominique, nous savons bien que ce n’est pas ton genre… 

D : En réalité, les ingrédients de cette jolie histoire sont assez simples : 

Tout d’abord, au départ, en février 2010,

1/ j’en ai pris 6 fois plus que pour mes autres Daubasses, ce qui me constituait une mini ligne raisonnable au lieu d’une micro ligne habituelle car j’avais ressenti fortement que ce n’était pas une Daubasse habituelle grâce à la magistrale étude que nos amis de l’équipe des Daubasses en avait fait. !

j’ai renforcé du même montant qu’au départ il y a 1 an par l’intermédiaire d’un achat d’ Estavis ( rachetée comme prévu aussitôt par Adler par OPA ) , en étant pourtant rendu à plus de 500% en cours sur Adler,: ce qui a permis de consolider le multiple de cette grosse performance en cours.

2/ Je ne vends pas à la VANT mais la laisse monter … et monter (en suivant toutes les infos ++ de très près). Et J’accepte aussi la dernière volatilité d’octobre 2014 lors des 30 % de « variation » sur le dernier pic précédent quand elle passe de 9 à 6,75 euros

( j’ai d’ailleurs encore failli me renforcer car les nouvelles restaient super bonnes, comme je vous l’avais indiqué à l’époque ….. : ça me titillait : mais « trop timide » le gars Dominique….)

A terme, les points 1 et 2 font toute l’énorme différence entre une opération « basique » à +/- 2000 euros de gains et la même mais un « peu décalée » avec une plus-value x 100 fois plus élevée que la première !: soit près de 2000 % : Ces données en partie « mathématiques» devient un résultat super top, bien sympathique !

Au final , ce n’est plus du tout de la stratégie Daubasses mais une stratégie agressive avec aussi une sorte de jonglerie positive et un peu culotée !

De plus, je n’ai pas d’objectif de vente pour cette valeur …tant que l’histoire et les perspectives sont bonnes, je garde …. ; C’est tout simple en fin de compte … !

Cela veut dire que je vais continuer d’encaisser les variations de cours de CT … sans broncher.

Evidemment si un jour prochain ou futur je sens le vent tourner, alors je n’aurais pas d’état d’âme pour vendre aussi sec …..

Ex : Si la réussite « monte à la tête » des dirigeants, en prenant des risques dans de nouveaux investissements inconsidérés ou si par exemple si ils se mettent à distribuer un dividende trop vite et trop beau: là , cela sera un bon signe de vente .

EDBG : Et ce n’est pas la seule satisfaction qu’Adler t’a apportée !

D : Non, j’ai aussi acheté des obligations convertibles de la même société en 2014 et elles ont logiquement suivi la hausse du titre donc triplées depuis !, tout en servant un coupon brut de 6 % chaque année en sus…

Cela me rappelle des obligations convertibles PCAS présentées par les Daubasses en 2009 ou 2010, et décotées d’au moins 45 % à l’époque… cela avait été un joli coup là aussi, la chance avait été de mon côté car il y a toujours un facteur hasard positif ou non dans chaque investissement, l’astuce étant de limiter si possible au maxi l’impondérable, évidemment.

EDBG : Et maintenant, que vas-tu faire ?

D : Je suis « dans » l’histoire Adler et j’y reste le plus possible ! , car j’ai une certitude raisonnablement pour la suite des événements à CT et MT .

Même si un paramètre reste inconnu et difficilement calculable : c’est la réelle capacité d’Adler à continuer sa forte croissance et à générer du cashflow positif.

Les nouveaux dirigeants prouvent leur réelle compétence dans ce domaine… et les investisseurs institutionnels les suivent aussitôt, quand l’on constate une fois de plus avec la nouvelle AK la vitesse à laquelle elle a été bouclée.

De plus, on a la chance avec les quatre analystes sur place qui suivent Adler, d’avoir très régulièrement des rapports de 20 ou 30 pages « aux petits ognons » !

EDBG : Sur une autre action de notre portefeuille, Plaza Center, tu n’es pas non plus en ligne avec nous ? (NDLR : nous avons vendu cette société au cours de 5,80 GBp suite à la publication des comptes semestriels et la constatation d’une solvabilité devenue rikiki).

D : Même si le cours est aujourd’hui plus bas qu’au moment de votre vente, oui, comme je vous l’ai déjà dit, je persiste et signe : « La Messe n’est pas dite pour Plaza !!! »

En relisant également le dernier rapport complet, la logique et le bon sens me disent que les proprios de PLAZA ont tout mis en place (…. ils y étaient bien obligés ! ) avec la nouvelle restructuration pour que Plaza redécolle prochainement (ou même un peu plus tard : pas grave ,on n’est pas pressé !)

Car Elbit Imagine (NDLR : l’actionnaire majoritaire de Plaza) n’avait aucun avantage à laisser couler leur bébé : ils étaient rendus le dos au mur ! Donc la stratégie a été revue de fond en comble, et passée à la paille de fer dans l’intérêt supérieur :

1/ d’eux-mêmes,

2/ des créanciers Obligataires et

3/ « accessoirement » des « petits » actionnaires

C’est vrai qu’ils ont fait fort, entre autres, en virant complètement l’ancienne direction, ce qui était évidemment la moindre des choses quand même, mais ils l’ont fait !

Pour ma part, j’aime bien titiller le diable, et juste pour le fun, ou plutôt conjurer le mauvais sort j’en ai donc repris 10 % de plus, il y a quelques semaines, soit une « tite » louche de 50.000 T à 3.25 p = 2250 e (donc « seulement » 10 fois moins chère qu’il y a 2 ans ½).

Et, ce n’est que 1 % des gains d’Adler qui donc « me les offre »… c’est doublement pas cher payé … , même si c’est encore une rallonge un peu timide …

Evidemment ce titre est largement « plus sportif » que celui d’Adler , mais si on veut viser gagner gros, il faut s’en donner les moyens … Couler vite, ou bien découvrir un jour …… « de merveilleux nouveaux rivages ensoleillés » : voilà mon destin avec le/notre bateau Plaza …

EDBG : Merci pour ton témoignage Dominique. Tu es la preuve qu’avec les mêmes ingrédients, des cuisiniers peuvent produire des plats différents même si, quand ces ingrédients sont bons, le plat qui sera servi ne pourra être que de qualité

 

Qui peut battre la performance des daubasses ? … nos abonnés (4e partie)

Depuis le 24 avril 2009, nous avons échangé plus de 7 500 mails avec nos abonnés et lecteurs. Nous n’avions jamais imaginé au départ que la rencontre avec d’autres investisseurs puissent prendre une part aussi importante dans l’aventure « Daubasse ».

En fait, si nous sommes parvenus à créer des relations privilégiées basées sur le dialogue et l’échange, nous le devons sans doute à la ligne que nous avons choisie au départ, une ligne logique et de bon sens. Nous n’avons jamais voulu poser une relation maître-élève, voire investisseur « sachant » vs investisseur « ignorant » entre nos abonnés et nous et ceci tout simplement parce que nous ne savions pas plus qu’eux si la méthode que nous avions décidé d’appliquer avec nos propres deniers et en direct sur notre blog porterait ses fruits.

Le seul maître que nous connaissions était simplement Benjamin Graham. Nous tenons à dire que nous n’avons pas inventé le « fil à couper le beurre ». Nous nous sommes contentés de bien comprendre la théorie de Benjamin Graham, de l’ajuster avec les critères qui nous semblaient les mieux adaptés à nos personnalités, d’écrire le process que nous allions appliquer et qui a fait l’objet de très nombreux articles sur notre blog et ensuite d’appliquer ce process à la lettre.

Bien entendu, comme nous aimons aussi la créativité, nous avons aussi inventé quelques appellations « 100% Daubasse » comme la VLMV (pour Valeur en cas de Mise en Liquidation Volontaire), VANE (pour Valeur d’Actif Net Estate) ou RAPP (Rentabilité à Petit Prix).

Nous pensions aussi que toute personne dotée qu’un QI moyen était capable de comprendre la théorie de Benjamin Graham en lisant L’investisseur intelligent et en essayant de comprendre la comptabilité basique avec l’un ou l’autre bouquin comme, par exemple, L’interprétation des Etats financiers de Benjamin Graham et Sprencer Meredith … ou encore en lisant la cinquantaine d’articles dans lesquels nous expliquons chaque point qui permet d’appliquer le process que nous nous sommes choisi avec des exemples concrets ainsi que les réponses que nous avons tentées d’apporter à nos questionnements.

En effet, pour déterminer un prix d’achat ou de vente par rapport aux actifs de la société, une décote sur la valeur net-net ou net-estate, il suffit de faire des additions, des multiplications, des soustractions ou des divisions en allant chercher quelques chiffres dans les postes du bilan.

Six ans et demi plus tard, nous n’avons pas changé d’un iota et nous pensons toujours que chaque investisseur décidé à appliquer la méthode d’investissement de Benjamin Graham doit d’abord faire l’effort de la comprendre, seul comme un grand, avec tous les outils à sa disposition.

Tout simplement parce qu’il doit l’adapter à sa personnalité d’investisseur, à l’ensemble de son patrimoine mais aussi aux sommes d’argent qu’il a décidé d’investir sur les Daubasses, à la fiscalité de son pays et à un tas d’éléments strictement personnels. C’est pour cette raison que « nous ne conseillons rien, nous expliquons juste ce que nous faisons, pourquoi nous le faisons, mais en aucun cas ce que nos abonnés doivent faire ». Cette maxime que nous répétons à l’envi surprend parfois les nouveaux abonnés. Pourtant, une fois qu’on a compris notre ligne de conduite et admis le fait que nous fournissons principalement un travail de recherche et des analyses pour expliquer dans le détail pourquoi telle ou telle société correspond entièrement à nos critères, nous pouvons aller plus loin dans l’échange et le dialogue, d’investisseur à investisseur.

L’entretien qui va suivre va précisément vous amener au cœur de ce sujet et il constitue l’illustration de l’indépendance d’esprit de nos abonnés, au travail personnel qu’ils ont fourni à tous les niveaux et enfin à la performance qu’ils ont pu dégager.

Après nos entretiens avec nos amis Daniel et Michel, nous vous proposons celui de Dominique, personnage « haut en couleur » s’il en est, investisseur redoutable et fidèle abonné.

Equipe des Daubasses selon Benjamin Graham : Bonjour Dominique. Cela nous fait vraiment plaisir que tu aies accepté de répondre à nos questions. Et nous espérons surtout que ton expérience personnelle en matière d’investissement pourra offrir à tous ceux qui te liront, des pistes de réflexion auxquels ils n’avaient pas pensées jusqu’à présent. Mais tout d’abord, qui es-tu ?

Dominique : c’est pour moi aussi un réel plaisir de pouvoir discuter à bâton « cassé » avec vous.

Cela va me rappeler le bon vieux temps… en effet je suis abonné aux Daubasses que je « veille » et surveille depuis le début 2009.

Je suis retraité, marié, 66 ans, 2 enfants et 3 petits-enfants, ex-commerçant.

Assez fortement investi maintenant en Bourse, et ce, progressivement depuis fin 2008 / mi 2009 ( la belle époque !) : 30 valeurs environ (donc 29 de trop ….) réparties dans 2 PEA et 2 Cpts libres dont 6 Actions pesant 40 % du total.

Mes grosses positions sont Adler et Porsche depuis 4 ans, ainsi que Plaza, Agfa Gevaert, Exacompta, ensuite une dizaine de ligne « classiques « et bien sûr de petites ou micro lignes comme aussi une dizaine de Daubasses.

Je suis également bien investi en immobilier locatif depuis pas mal d’années (Je me sens précisément proche de Daniel en profil.)

Mes centres d’intérêts sont variés : la Famille, notre jardin, quelques trop rare balades en bicyclette, nos 3 poules pondeuses, nos 2 lapins et quand je prends le temps, les timbres anciens et la construction mécanique miniature avec le jeu de Meccano.

Ces « petites activités » sont bien pratiques ( et même capitales ! ) pour éviter de garder constamment la tête dans le guidon des actions …et donc de finir par la coincer !! ( : la tête …. dans le guidon …. ! )

EDBG : Peux-tu nous expliquer la différence essentielle entre ton approche et celle que nous appliquons pour nous-mêmes ?

D : Je ne raisonne pas uniquement en terme de décote sur FP et solvabilité de CT, mais j’essaye d’analyser plus largement et donc prévoir au-delà de sa décote de base les perspectives et potentiel de croissance futur : en fonction : de l’historique de la Valeur, ses produits, son marché, et l’environnement macro-économique dans laquelle elle évolue:

Évidemment cela implique le suivi de très près de tous ces éléments car ces données évoluent au fil du temps, en bien ou moins bien, donc il faut prévoir un pilotage « au plus près » .

Il est essentiel pour cela de ne pas avoir trop de valeurs à suivre, à moins d’être un vrai Professionnel à plein temps et avec toute une équipe spécialisée en appui …

A courir après mille lièvres à la fois, le « mono-chasseur » finit par tourner en bourrique, sûr !

Si on aime la recherche analytique, et c’est un beau sport, alors tant qu’à faire, autant se concentrer A MORT sur quelques valeurs bien sonnées ! Non ? …. , Et donc apprendre à tout connaître de l’entreprise et de son environnement, quitte à coucher avec le patron (bon ok, là je pousse un petit peu …).

Autre paramètre, j’essaye d’avoir le plus de souplesse possible dans mes décisions de ventes ; d’avoir une vision à TLT de la valeur, quitte à « encaisser » les variations de CT et même aussi de MT , ce qui est dans ce deuxième cas encore moins évident « psychiquement » parlant …

Donc, en général je garde mes titres très longtemps : 5 ans au minimum ! ex : Axa , CNP, Colas, Bouygues … :celles-ci étant des « fond de PTF » avec de plus de corrects dividendes , mais même aussi des Actions plus sensibles comme Trilogiq, Chargeurs, Pcas, Eca , etc … qui ont en principe un fort potentiel à… MT, LT

Garder si longtemps ; Certains diront que cela peut être aussi une forme de de la paresse …. Ils n’ont pas complètement tort … va savoir ! , mais c’est une clé de sécurité très intéressante et importante pour échapper à la volatilité de MT

Donc je m’adapte : si l’histoire reste bonne, je garde et je laisse monter l’action… les profits peuvent devenir … avec un poil de chance quelque fois …………. Impressionnant !

Mais Justement, le hasard positif ou négatif est un paramètre qui nous échappe : c’est frustrant ! car à terme dans la réussite d’une belle opération, il est difficile de savoir le % de chance que l’on a eu ;

est-elle de 20 % ? ou de 80 % ? … je préfère avoir 20 % de chance seulement, car cela veut dire que mon raisonnement, ma stratégie était valide à 80 % : quelque fois en vers et contre et tous ; c’est alors un belle satisfaction ! : la cerise sur le Gâteau .

La notion de la valeur temps devient importante pour valider cette stratégie : donc la patience est essentielle.

EDBG : Comment établis-tu tes objectifs de vente ?

D : J’utilise un ratio « maison », le CNMH pour le « Cours Normal Moyen Historique ».

EDBG : Tu peux en dire plus ?

D : J’aime bien la recherche du « graal » avec des ratios nouveaux. Je sais : c’est gentiment naïf …

Car en vertu de la grande loi d’investissement qui veut que les performances anciennes ne sont pas sûres, mais vraiment pas sûres du tout …… de se reproduire à nouveaux dans l’avenir … bon, on connaît cela par cœur, bien évidemment, et c’est une bonne vérité… !

MAIS, c’est comme pour l’analyse graphique : ma CNMH est bien le dernier ratio final à utiliser pour pouvoir se donner une idée d’objectif possible +/- réaliste à MT ou LT , et seulement quand tous les feux des ratios classiques et autres considérations sont au vert « illuminé »… mais vraiment tous !

EDBG : Ca n’a rien de naïf Dominique. Mais ce qui va sûrement intéresser nos lecteurs, c’est comment-tu le calcules ce ratio ?

D : Sur une Action fortement décotée : de sa valeur boursière historique, de ces ratios moyens : PER , VE/ébitda , évolution historique sur 5 ans de FP, dette/ébitda , etc. …, décote/FP compris :

J’établi le canal historique moyen du cours des 5 à 10 dernières années …., je corrige ces données des AK éventuelles, j’arrive à une fourchette haute et basse de cours moyen possible pour le futur …et Je peux aussi tenir compte d’une projection de ce canal dans le futur , mais cela devient plus aléatoire et donc seulement un plus éventuel …

Ce Ratio CNMH , est une indication raisonnable de potentiel futur possible , mais surtout pas un outil de décision unique sur l’achat d’une Valeur. !

Et même une fois ce cours éventuellement atteint, l’histoire de l’Action ayant évoluée je ne vais bien entendu pas vendre systématiquement à mon premier objectif CNMH, je reconsidère les ratios et le potentiel possible …et je garde ou pas ….

EDBG : Peux-tu raconter à nos lecteurs la belle histoire que tu as vécu, celle d’une société que tu as pêché dans le portefeuille des Daubasses mais que tu as rentabilisé bien mieux que nous ?

D : C’est d’Adler que vous parlez ? C’était pour moi une petite ligne très modeste de mes Daubasses à l’origine, achetée début 2010… et qui est devenue maintenant ma meilleure ligne avec plus de …. 200.000 euros de gains en cours ! : La hausse a été fulgurante ( et la croissance exponentielle d’Adler aussi … ! ) :

Après avoir « stagnée » pendant les 2 premières années, les 3 années suivantes le cours d’Adler est passé de 0,62 euros à …. 13 euros en ce moment ! , avec une pointe à + de 14 ! : soit un 20 bagger et plus !

Et dire que mon « CNMH » me donnait une valorisation de 4 euros quand j’ai fait mes premiers achats. Mais depuis, l’histoire d ’Adler à bien changée !

EDBG : Sur ce coup-là, c’est vrai que la performance est impressionnante. Pour notre part, notre process a enclenché la vente de notre position en mars 2013 nous permettant d’obtenir une plus-value moyenne de 155 % sur des achats réalisés en août 2009 et avril 2010.

D :La Perfo Daubasse à « seulement » 155 % : oui c’est dommage de ne pas pu l’avoir laissée monter : avez-vous notamment utilisé des ordres stops suiveurs ( ? ) , comme vous l’avez fait pertinemment pour certaines autres Daubasses … : évidemment il faut laisser un espace important de stop à cause en général de la forte volatilité du cours de ce type de Valeurs : soit 20 et même 30 % … ! ce qui fait beaucoup, voire même trop ! ? ; je l’accorde bien volontiers … et même avec cette sécurité , ce n’est pas « gagné » pour autant …

( ps : ex : pour Barratt Développement PLC, une autre société découverte grâce à vous, qui affiche en ce moment une perfo de 1000 % sur votre cours d’achat , soit le double des 500 % « encaissée » par l’objectif Daubasses !)

D’ailleurs au cours de ce jour de 532p, j’évalue encore la CNMH de cette action à une fourchette de 700 / 800 p, car petit détail ; il ne faut pas oublier qu’elle nous a fait un plus haut à + de 1200 p en Février 2007 … donc il y a sans doute encore un joli potentiel pour cette belle valeur immobilière UK ! )

Peu de temps avant que vous vendiez Adler, et comme vous l’aviez très justement indiqué dans une de vos lettres mensuelles de l’époque, un haut dirigeant lui donnait une nouvelle valeur de 3 e, compte tenu de leur nouvelle politique agressive de croissance mise en place, de l’environnent du secteur immobilier et de celui du pays : ultra favorable .

Ces mêmes Dirigeants rachetaient l’action qui était encore « a la ramasse » donc autour d’ 1e pour la Société Adler, ainsi que pour eux même (charité bien ordonnée … ) : donc 3 signaux très forts pour garder encore l’action …. Et donc la laisser monter tranquillement ….

Ma perf, oui, elle est sympa, cela fait très plaisir, mais elle est encore provisoire donc aléatoire par définition mais j’aime les défis, c’est mon côté un peu joueur, en essayant de ne pas faire n’importe quoi non plus… si possible.

J’ai aussi pris de belles petites claques avec quelques daubasses chinoises et autres valeurs « exotiques  » mais aussi un gentil 1200 % en 3 mois à peine avec la daubasse Netlist. ( et qui a d’ailleurs très fortement chutée depuis ! )

Netlist que vous aviez donc laissée exploser bien au-delà de son objectif de VANT, grâce à sa hausse ultra rapide , et aussi comme quelques autres :²²²²²²²²

donc, malgré la forte volatilité de certains cours à TCT ; essayez de laisser monter les Actions bien au-delà de l’objectif premier vous a ainsi aidé dans votre formidable perfo de l’année 2009 ! : + de 300 % : du beau boulot !

Bon, globalement, le principal est d’être largement positif sur l’ensemble !

EDBG : Et si nous revenions à Adler ?

 (A suivre …)

Qui peut battre la performance des daubasses ? Nos abonnés (3e partie)

Depuis le 24 avril 2009, nous avons échangé plus de 6500 mails avec nos abonnés et lecteurs. Nous n’avions jamais imaginé au départ que la rencontre avec d’autres investisseurs puissent prendre une part aussi importante dans l’aventure « Daubasse ». Une manière d’investir finalement et quoi qu’on en dise plutôt « marginale ».

En fait, si nous sommes parvenus à créer des relations privilégiées basées sur le dialogue et l’échange, nous le devons sans doute à la ligne que nous avons choisie au départ, une ligne logique et de bon sens. Nous n’avons jamais voulu poser une relation maître – élève, voire investisseur « sachant » vs investisseur « ignorant » entre nos abonnés et nous et ceci tout simplement parce que nous ne savions pas plus qu’eux si la méthode que nous avions décidé d’appliquer avec nos propres deniers et en direct sur notre blog porterait ses fruits.benjamin graham

Le seul maître que nous connaissions était simplement Benjamin Graham. Nous tenons à dire que nous n’avons pas inventé le fil à couper le beurre. Nous nous sommes contentés de bien comprendre la théorie de Benjamin Graham, de l’ajuster avec les critères qui nous semblaient les mieux adaptés à nos personnalités, d’écrire le process que nous allions appliquer et qui a fait l’objet de très nombreux articles sur notre blog et ensuite d’appliquer ce process à la lettre.

Bien entendu, comme nous aimons aussi la créativité, nous avons aussi inventé quelques appellations « 100% Daubasse » comme la VLMV (pour Valeur en cas de Mise en Liquidation Volontaire), VANE (pour Valeur d’Actif Net Estate) ou VANTRe (pour Valeur d’Actif Net Tangible REntable).

Nous pensions aussi que toute personne dotée qu’un QI moyen était capable de comprendre la théorie de Benjamin Graham en lisant L’investisseur intelligent et en essayant de comprendre la comptabilité basique avec l’un ou l’autre bouquin comme, par exemple,  L’interprétation des Etats financiers de Benjamin Graham et Sprencer Meredith … ou encore en lisant la cinquantaine d’articles dans lesquels nous expliquons chaque point qui permet d’appliquer le process que nous nous sommes choisi avec des exemples concrets ainsi que les réponses que nous avons tenté d’apporter à nos questionnements.

En effet, pour déterminer un prix d’achat ou de vente par rapport aux actifs de la société, une décote sur la valeur net-net ou net-estate, il suffit de faire des additions, des multiplications, des soustractions ou des divisions en allant chercher quelques chiffres dans les postes du bilan.

Cinq ans et demi plus tard, nous n’avons pas changé d’un iota et nous pensons toujours que chaque investisseur décidé à appliquer la méthode d’investissement de Benjamin Graham doit d’abord faire l’effort de la comprendre, seul comme un grand, avec tous les outils à sa disposition.

Tout simplement parce qu’il doit l’adapter à sa personnalité d’investisseur, à l’ensemble de son patrimoine mais aussi aux sommes d’argent qu’il a décidé d’investir sur les Daubasses, à la fiscalité de son pays et à un tas d’éléments strictement personnelles. C’est pour cette raison que  « nous ne conseillons rien, nous expliquons juste ce que nous faisons, pourquoi nous le faisons, mais en aucun cas ce que vous devez faire ». Cette maxime que nous répétons à l’envi surprend parfois les nouveaux abonnés. Pourtant, une fois qu’on a compris notre ligne de conduite et admit le fait que nous fournissons principalement un travail de recherche et des analyses pour expliquer dans le détail pourquoi telle ou telle société correspond entièrement à nos critères, nous pouvons aller plus loin dans l’échange et le dialogue, d’investisseur à investisseur.

L’entretien qui va suivre va précisément vous amener au cœur de ce sujet et il constitue l’illustration de l’indépendance d’esprit de nos abonnés, au travail personnel qu’ils ont fourni à tous les niveaux et enfin à la performance qu’ils ont pu dégager.

investisseur en bourse

En effet, après l’approche de Daniel, c’est avec celle de Michel que nous vous proposons de faire connaissance. Michel est un artiste-plasticien et sculpteur professionnel. Il nous a fait le plaisir de nous autoriser à présenter quelques une de ses œuvres pour illustrer cet article.

Michel nous a contacté le 25 Juillet 2011 à 23H23 avec ce mail :

Bonsoir, Je souhaite m’abonner à votre formule PREMIUM. Merci de me préciser les modalités Cordialement Michel

Le 25 Juillet 2014, cela fera trois ans que Michel est abonné à notre lettre et donc 3 ans que nous échangeons régulièrement avec lui. Idées variées et confrontations de point de vue sur des sociétés ont donc été au menu. Ce n’est que lorsque nous avons demandé a Michel s’il acceptait cet interview, qu’il nous a parlé de son parcours professionnel et de son parcours d’investisseur… Et là, chère lectrice, cher lecteur, on peut dire qu’il y a de l’épaisseur !

Michel, Bonjour. cela nous fait vraiment plaisir que vous ayez accepté de répondre a nos questions. Et nous espérons surtout que votre expérience personnelle en matière d’investissement pourra offrir à tous ceux qui vous liront, des pistes de réflexion auxquels ils n’avaient pas pensées jusqu’à présent.

Equipe des Daubasses selon Benjamin Graham : Pourriez-vous vous présenter brièvement en tant qu’investisseur ?

Michel : La cinquantaine désormais passée, je pratique la bourse depuis 1992, soit 22 ans à me confronter aux marchés financiers avec plus ou moins de bonheur. Mais il s’agit d’un parcours plutôt atypique. A 30 ans, je travaille dans l’industrie quand il me faut gérer un portefeuille familial hérité sans y avoir été préparé. Devant moi, quelque chose d’inconnu : gérer un capital qui à l’époque dépasse notre logique de gens comme les autres. Une tâche immense s’ouvre à moi : comprendre la bourse et gérer de l’argent. Je n’y connais rien ! Je fais donc une formation en comptabilité et gestion d’entreprise. Le portefeuille n’a rien de « normal » : 170 lignes d’actions – 105 lignes d’obligations. J’installe donc ma « petite affaire » et je gère, en collaboration avec la banque. C’était avec le Minitel, Chronobourse en temps réel avec une box sur le téléviseur, le début de l’internet avec un abonnement à CompuServe. Bref, des temps antédiluviens… Sur le plan financier, j’ai fait de très belles opérations – profitant de la bulle internet des années 90-2000 – mais aussi une période où j’ai fait des investissements catastrophiques. Pour certains placements, j’ai tout perdu (quand on s’accroche trop à des valeurs « exotiques »). Ça forme, croyez-moi.

J’ai même testé le capital-risque… de manière parfois désastreuse (c’est surtout le risque qui s’est révélé être là). Fin des années 1990, après avoir réduit très sensiblement le nombre de valeurs, le portefeuille a presque doublé en 6 ans. De nombreuses plus-values servent alors à une diversification dans l’immobilier. Honorable performance pour quelqu’un qui n’y comprenait rien au début. Il faut dire aussi que cette période a été faste pour l’investissement. Rien ne semblait impossible…

EDBG : Pourriez vous nous expliquer comment vous investissiez avant de faire partie de la famille « Daubasse » ?

M : Mes livres de chevet étaient Si la Bourse m’était contée d’André Kostolany que j’avais en quelque sorte « reçu » en héritage et Et si vous en saviez assez pour gagner en Bourse de Peter Lynch que j’avais acheté parmi d’autres nombreuses revues et autres livres. Trouver sa méthode quand on débute n’est pas chose aisée mais j’ai inconsciemment, au fil du temps, fabriqué la mienne sur des principes simples.

Après avoir pratiqué, un temps l’analyse technique où je pense désormais que l’homme fabrique inconsciemment ses propres croyances à ce sujet, j’ai toujours investi dans des choses que je comprenais très rapidement (que fait la société, quel marché, suis-je consommateur de leurs produits…) sur les principes de Peter Lynch. Si au bout de 15 mn je n’avais toujours pas compris ce que faisait la société, je laissais tomber. Et au-delà des chiffres qui confortaient mon analyse, ce qui me portait à investir, c’était le constat réel que j’observais moi-même sur le terrain. Deux exemples simples : J’ai parcouru de nombreux kms sur la route toute ma vie et dans les années 95 j’ai remarqué qu’un transporteur devenait de plus en plus visible sur nos belles routes. C’était Norbert Dentressangle. J’ai rapidement étudié la chose et j’y ai investi. L’opération a été un succès. Pareil pour Sabaté à cette époque, fabricant de bouchons en liège. Quand vous êtes amateur de vin, que vous en consommez régulièrement et que vous constatez que le marché du vin est en expansion, alors on y investit là aussi avec succès. Mais il y a eu aussi des gamelles, investissements non validés par ma « méthode » et que je qualifie donc d’exotiques (mes « chinoiseries » personnelles) comme Stelax, fabricant d’aciers inox spéciaux, coté sur le marché libre français (notre OTC français) où le PDG était un « mafieux ». Ou encore Starnet, une fumeuse action de l’OTC américain dans le gaming en ligne aujourd’hui disparue, perte sèche là aussi !

Cela m’a conforté dans mon approche qu’avoir un « lien » tangible avec la société ne peut qu’améliorer ses propres performances : vous connaissez ou utilisez ses produits, vous voyez de visu ce qu’elle fait (magasins, site web…), vous avez un ami ou de la famille qui travaille dans la société, le business est simple et tout cela montre que l’entreprise fonctionne bien. Dans ce cas, c’est l’atout que vous possédez sur les autres, qui est d’une simplicité enfantine, qui va servir à tirer la performance vers le haut. Serait-ce utile, dans mon cas que je mentionne Microsoft, Apple ou Google ? En 1985, j’ai utilisé mon premier ordinateur HP dans la société ou je travaillais avec un système d’exploitation développé par une entreprise inconnue : Microsoft. Si j’avais su à l’époque… J’ai aussi raté comme ça Apple alors que j’avais bien vu leurs belles machines vendues dans les commerces dans les années 97-2000 lors de la résurrection de la marque et son come-back presque évident. J’ai aussi raté Google à l’introduction à 100$ et pourtant je l’utilisais tous les jours… Contres exemples criant de vérité sur le fait que l’on va parfois chercher trop loin les pépites que l’on a sous les yeux, qu’il suffit juste de ramasser et de laisser germer. Mais le raisonnement humain est parfois pernicieux, j’en ai donc souvent fait l’expérience.

oeuvre d'un abonné aux daubasses selon Benjamin Graham

EDBG : Qu’est-ce qui vous a poussé à tenter l’expérience d’un abonnement à notre lettre mensuelle ?

M : Ce qui m’a poussé à m’abonner, c’est que j’étais convaincu que votre approche me correspondait : des faits clairs et tangibles. Les miens sont principalement ancrés dans ce que j’observe sur le « terrain » ou dans un domaine technique ou un marché que je connais assez bien, les vôtres sur des chiffres qui donnent la réalité financière d’une entreprise avec le bonus de ce que l’on appelle « les valeurs à la casse ».

3 ans bientôt à m’aider de vos conseils ou normalement, je ne déroge pas à ma « règle » : investir dans une entreprise que je peux analyser rapidement, un business simple à comprendre. Si ce n’est pas le cas, je passe mon chemin et vos Daubasses n’y échappent pas. Cela a été très profitable pour moi et à ce jour c’est globalement très positif.

Les opérations que j’ai clôturées sur les daubasses :

10/07/13 – FFP : +27,4%

15/07/13 – NET ESTATE 9 : +34,4%

31/10/13 – FIRST FARMS : -17,3%

31/10/13 – REC SOLAR : +268,0%

02/12/13 – UKRAINE OPP : -11,4%

14/02/14 –  PV Crystalox : +21,2%

18/03/14 – SIGMATRON : +82,8%

 

Les valeurs toujours en portefeuille :

HOLDING 2 : +104,91%

HOLDING 5 : +77,63%

NET ESTATE 7 : +76,64%

REC SILICON : +66,74% (j’ai suivi l’opération de scission de REC)

PV CRYSTALOX SOLAR : +188,12% y compris versement du dividende exceptionnel

NET ESTATE 8 : +34,14%

PLAZA CENTERS : +0,17%

HOLDING 13 : -1,26%

MINE D’OR 14 : -7,62%

NETNET 12 : -16,37%

FONDS FERME 1 : -28,57%

NDLR : les valeurs « masquées » sont issues de notre portefeuille.

abonné à une lettre financièreEDBG : Qu’est-ce que vous faites précisément avec le travail de recherche que nous vous proposons et donc avec les analyses de sociétés, mais aussi les news ?

M : Désormais, mon temps consacré à la bourse s’est réduit ayant d’autres activités par ailleurs. Pour les daubasses, comme pour le reste, cela implique de cibler rapidement mes choix toujours sur mes critères de base sans pouvoir aller trop au-delà de vos analyses. Je m’en tiens donc à des faits simples : pertinence du business par rapport au marché global (niche, coûts d’entrée élevés, savoir-faire, management…), compréhension simple et rapide de l’activité, connaissance +/- poussée du secteur d’activité, timing d’investissement. Je considère que ma prise de décision sur un titre ne prend pas plus de 2 à 3 heures d’analyse dont lecture de vos dossiers et recherches personnelles sur le sujet.

Ensuite les news et l’évolution des cours me permettent de juger de la pertinence de mes choix mais il m’arrive d’aller à contre-courant de vos décisions (RecSolar ou PV Crystalox par exemple) où mes performances vont au-delà de ce que vous avez réalisé en vous basant uniquement sur la VANT ou d’autres critères de solvabilité. Moi je regarde dans ce cas-là, le marché global et ses perspectives.

EDBGQu’est-ce qui a radicalement changé dans votre manière d’investir, après être entré dans la famille Daubasse, par rapport à ce que vous faisiez avant ?

M : Je n’ai pas changé de méthode. Tout au plus, j’apprécie de disposer d’une analyse poussée d’entreprises « daubasses ». Analyse qu’il me serait impossible de faire par manque de temps bien qu’ayant les bases de l’analyse financière. D’autre part, aller à contre-courant du marché, sur des titres massacrés ou délaissés alors que les potentialités sont bien réelles me plait. Ayant l’esprit « contrarian », j’adhère totalement à ce type d’investissement même si j’attends parfois que le marché réveille une valeur pour y entrer (voir ci-après, le timing).

EDBG : Nous allons maintenant passer tous les critères de notre process en revue et vous demander si vous en tenez compte ou pas, voire quels sont vos critères personnels et pourquoi vous les avez ajustés de cette manière. Nous allons aussi vous demander l’importance que vous accordez à ce critère qu’il soit identique au notre ou qu’il soit entièrement modifié, en les notant de cette manière : Note 3 : très important. Note 2 : Important mais sans plus. Note 1 : Pas important.

Solvabilité de 40% minimum. Calcul : (Fonds Propres + Cash + Placement court terme) / Actif total ?

M : Note : 3

EDBG : Valeur d’Actif Net Tangible (VANT). Calcul : Fonds Propres – Intangible – goodwill – Impôt différé ? Est-ce que vous exigez une décote de 30% minimum pour acheter, en vous préoccupant d’autres valeurs ou pas comme la valeur net-net ou net-estate et est-ce que la VANT est pour vous un seuil de vente ?

M : Note : 2 – le pourcentage de décote est important à mes yeux mais la VANT n’est pas un seuil de vente pour moi, juste une indication. Il m’est arrivé de vendre en dessous de la VANT ou au contraire de conserver quand le seuil était dépassé. Je me base plus sur l’évolution du marché dans lequel intervient la société.

EDBGValeur d’actif Net-Net (VANN). Calcul : Actif Courant – Passif Total. Est-ce que vous exigez une décote de 30% minimum par rapport au cours de la société, ou pas ?

M : Note : 2

EDBG : Valeur d’Actif Net-Estate (VANE). Calcul : Actif Courant – Passif Total + 80% des immeubles et des terrains au coût d’acquisition. Est-ce que vous exigez une décote de 30% minimum par rapport au cours de la société, ou pas ?

M : Note : 3

EDBG : Est-ce que vous retraitez la VANN et la VANE, par rapport a un allongement de la durée de rotation des stocks ? Calcul : Stock moyen sur 3 ans / Coût des produits moyen sur 3 ans. Même calcul sur 1 an. Si la rotation sur 1 an est supérieure de 20% à la durée de rotation sur 3 ans, nous soustrayons la différence aussi bien de la VANN que de la VANE.

M : Note : 1 (je n’ai pas le temps de faire ce type d’analyse)

EDBGEst-ce que vous retraitez la VANN et la VANE par rapport à un allongement de la durée de paiement des factures clients ? Calcul : Créance moyenne sur 3 ans / Chiffre d’Affaire moyen sur 3 ans. Même calcul sur 1 an. Si la durée de payement sur 1 an est supérieure de 20% a la durée de payement sur 3 ans, nous soustrayons la différence aussi bien de la VANN que de la VANE.

M : Note : 1 (je n’ai pas le temps de faire ce type d’analyse)

oeuvre d'un adepte de l'analyse fondamentale

EDBG : Est-ce que la Valeur de Mise en liquidation Volontaire (VLMV) que nous présentons aussi dans nos analyses, vous est utile ? Calcul : Valeur de l’actif amputé de l’ensemble des dettes du bilan et hors-bilan dans l’hypothèse d’une liquidation volontaire de la société, c’est-à-dire dans l’hypothèse que les liquidateurs disposent de suffisamment de temps pour réaliser au mieux les actifs de la compagnie en question.

M : Note : 1 (je n’ai pas le temps de faire ce type d’analyse)

EDBG : Est-ce que la Valeur de la Capacité Bénéficiaire (VCB), quand il est possible de la calculer, vous est utile ? Calcul : Valeur actualisée des excédents de trésorerie générés par la société dans le cadre de son exploitation augmentée de ses actifs financiers et diminuée de ses dettes financières.

M : Note : 2

EDBG : Au niveau diversification, et donc du nombre de lignes, vous savez que nous prônons la diversification et que nous limitons les positions à 3,33% du total du portefeuille. Qu’est-ce que vous appliquez sur ce point ?

M : Mes positions en daubasses sont comprises entre 1,3% et 6% de mon portefeuille pour une moyenne qui se situe entre 2 et 3%. Ce qui correspond plus ou moins à vos critères.

art plastique

EDBGAuriez-vous des points à ajouter qui ne figurent pas dans le process et qui feraient partie de votre process ?

M : Simplifier autant que possible ! Quand je dis cela, c’est que je considère que nous sommes de plus en plus sollicités par de multiples stimuli (information, publicité, consommation, produits, technologies…). Vouloir tenir compte du flux permanent d’informations pour investir est impossible, ce serait illusoire et invivable. Chercher l’efficience avec le moins d’efforts possibles me parait essentiel (quitte à faire malheureusement des erreurs). Ce que j’appelle pour ma part la simplification volontaire. Il est donc nécessaire de trouver quelques sources fiables, être sélectif : si vous êtes un tant soit peu curieux avec quelques compétences financières et/ou techniques, vous êtes alors la première source, comme je l’ai expliqué avant. Et c’est la moins chère de toute, juste du temps. C’est de l’observation et un peu d’analyse.

Ensuite s’entourer de ce qui vous manque. Dans mon cas, les Daubasses, m’ont apporté la complémentarité à ma propre démarche dans un langage clair, formel et précis une fois par mois (suffisant pour du long terme). Cela veut dire aussi que c’est à l’investisseur de se forger ses propres convictions, ses propres méthodes (la mienne n’est pas transposable à 100% à un autre investisseur) avant de penser trouver le graal ailleurs. L’investissement ne fonctionne pas ainsi, c’est une affaire personnelle…la confier totalement à son banquier, par exemple, ne peut me convenir. Imagineriez-vous acheter de l’immobilier ou un lave-vaisselle via un intermédiaire sans rien voir, sans rien analyser, sans rien tester auparavant ? Et pourtant, nombreux sont ceux qui laissent leur banquier acheter telle ou telle action sans se préoccuper de rien ! C’est toujours étonnant quand il s’agit d’argent qui représente parfois le labeur de toute une vie. Ne pas s’en préoccuper soi-même alors que dans le même temps on peut passer une journée entière à comparer 15 lave-vaisselles à 700€ pour une économie de quelques dizaines d’euros me laisse perplexe.

EDBG Sur le renforcement d’une position. Vous savez que plus les marchés grimpent, plus nous devenons prudents et préférons ouvrir une nouvelle ligne qui pèse 1% voir 1,5% plutôt que directement 3,33% en nous disant que cela nous permettra de renforcer sur baisse des cours; en gros tout l’inverse du dicton : ne jamais essayer de rattraper un couteau qui tombe. De quelle manière renforcez-vous une position ?

M : Je suis très sensible au timing et j’observe les cours et les volumes, préférant renforcer sur une bonne nouvelle et une hausse (même sensible) avec de gros volumes quitte à rater 10 ou 15% plutôt que sur un cours qui plonge inexorablement vers le bas. Dernier exemple, hors daubasses, sur la FNAC ou je fais +45% en moins de 2 mois bien qu’ayant raté une bonne partie de la hausse depuis 6 mois. A noter, toujours suivant mes principes, que je suis adhérent de la FNAC et je note ce que je vois en magasin ou sur le site (m’étant tourné moi-même vers la FNAC pour mes achats depuis quelques mois en remplacement d’Amazon).

L’achat à bon compte n’est jamais certain et dans ce cas il faut savoir patienter longtemps, voire très longtemps, quitte à être en moins-value pendant un bon moment : Plaza Centers, le fonds fermé 1 ou la netnet 12 quoique pour cette dernière je crains que ce ne soit cuit pour tout le monde (NDLR : nous aussi). Ce n’est pas une stratégie qui me convient totalement. Est-il utile de bloquer 2 à 4% de son portefeuille pendant plusieurs mois sur un titre pour voir son analyse se révéler payante un beau jour ? Je ne suis pas certain car entre temps d’autres opportunités peuvent se faire jour que l’on peut alors rater. Il sera temps de rentrer quand le titre se réveille, quitte à rater le début de la hausse. Je préfère globalement un timing que je qualifie « de suiveur » à un timing de « dormeur ».Contrarian mais pas trop non plus…

EDBG De quelle manière agissez vous, par exemple, face une tromperie de la direction dans le bilan, comme ce fut le cas pour nos chinoises, voire pour quelques autres sociétés ?

M : Comment appréhender des faits que nous ne pouvons maîtriser ? La tromperie est parfois présente et le seul constat possible est : chute du cours, suspension, voire radiation… Il faut accepter ce risque inhérent à tout investissement et considérer perdre 2 à 3% de son portefeuille. Minimiser cela est possible en évitant les marchés peu réglementés (Marché Libre, OTC…) et on évite déjà une part du pire…ce que je fais désormais.

EDBGAvez-vous d’autres points que nous n’avons pas abordés et qui font partie de votre style de gestion personnelle ?

M : La « richesse » d’un homme ce sont ses expériences bonnes ou mauvaises et cela le porte à continuer à expérimenter toute sa vie. Rien n’est acquis à la bourse et comme l’a dit en son temps Kostolany : « 2×2 = 4, voilà un théorème infaillible dans les calculs de l’ingénieur mais pas dans ceux du spéculateur. Je dirais plutôt qu’à la bourse 2×2 font -1+5, ou 2×2 font 3+1 mais jamais 2×2 font 4. Puis tout rentre dans l’ordre : -1+5 valent bien 4, 3+1 aussi, on arrive au même résultat que l’ingénieur, avec la différence qu’avant que l’on ne prononce -1, la partie est perdue si l’on ne peut pas tenir… ». La clé est là pour investir : savoir tenir dans la durée.

EDBG : Merci Michel pour ce partage d’expérience.

 

 

 

 

Qui peut battre la performance des Daubasses ? Nos abonnés ! (2e partie)

Nous poursuivons l’entretien « à bâtons rompus » et sans concession que nous avons eu avec notre ami-abonné Daniel.  Vous pouvez relire la première partie ici.

Equipe des Daubasses selon Benjamin Graham : Nous avons eu dans l’équipe de très nombreuses discussions sur l’importance des liquidités et nous sommes arrivés à la conclusion que disposer de plus en plus de liquidité dans un marché haussier est une des composantes de la réussite à long terme des plus grands investisseurs (cfr Warren Buffett dans cet article). Et pourtant, ce point est souvent négligé par de nombreux investisseurs.  Il est aussi difficile à réaliser car cela demande beaucoup de discipline.

Pourriez-vous nous donner votre point de vue sur l’importance que vous attachez aux liquidités puisque vous dites maintenir vos liquidités à 25% de votre portefeuille d’autant que cela ne semble pas vous déranger d’être encore plus liquide puisque vous dites qu’actuellement votre portefeuille détient 36% de liquidité.

Daniel : Il s’agit simplement de l’expérience vécue. Quand j’ai commencé, au moment où j’ai perdu de gros montants potentiellement, si je n’avais pas disposé de liquidités suffisantes mes pertes seraient sûrement devenues réelles. Il est indispensable d’acheter au meilleur prix et donc quand le marché s’affole, sauf cas d’exception comme une daubasse au fond du panier et prometteuse : quand le cours redémarre, en veillant à ce que le prix moyen reste correct.

Lorsqu’une action entre dans mon portefeuille, je préfère prendre un petit montant parce que je pars du principe que, malgré toutes nos analyses, nous ne connaissons pas vraiment la société. Je considère que la connaissance ne s’acquière que sur la durée en portefeuille et non en Watch List. Je ne suis pas de la même manière une société en liste d’attente et une société en portefeuille, l’humain est ainsi.

Exemple : J’ai participé à un concours boursier et mes achats virtuels ont été exceptionnels de rendement mais en réel, je n’aurais pas acheté ces banques en détresse.

Exemple d’achat en marché baissier : Il y a quelques années, j’ai acheté Gamesa en chute, au départ à un cours d’environ 6 euros. J’ai effectué ensuite  5 renforcements, les quatre premiers peu importants, parce qu’il est difficile de prévoir le point bas (le cours continuait sa chute). Le dernier renforcement, j’ai doublé ma position à un cours d’environ 1 euro, ce qui a donné un gros investissement (6 %) avec un prix moyen de 3 euros avec une perte virtuelle énorme à ce cours. J’ai ensuite revendu en trois fois, la première fois, la moitié de ma position à un cours  d’environ 6,5 euros, ensuite un quart de position à 7 euros et le solde dernièrement à 7,5 euros.

Si le cours retombe à 5 euros, je recommence, je connais bien la société.

En conclusion, les liquidités permettent d’éviter les pertes car elles autorisent les meilleurs achats. Il est cynique de l’écrire mais le meilleur moment pour l’investisseur est un marché baissier.

Je dois préciser que, pour chaque action, je me sers des graphiques, sans être un grand spécialiste de l’analyse technique, les tendances sont assez simples à déterminer.

Un dernier commentaire, la perte virtuelle est supportable si vous êtes en capacité financière d’attendre, l’exemple Gamesa est significatif d’une opération qui a duré plusieurs années avec une décision difficile de renforcement au moment où la perte potentielle était énorme.

J’ai conduit la même opération avec Yingli, mais en vendant plus rapidement et en me contentant de récupérer la perte virtuelle, parce que la société est chinoise et trop cyclique.

Les deux situations étaient très différentes, Gamesa a toujours été considéré comme un bon investissement et Yingli comme un achat non réfléchi.

EDBG : Dans votre process, vous dites que vous tenez compte des devises, que vous avez un a priori favorable sur l’Italie et la Grande-Bretagne. Ce que nous ne comprenons pas trop dans vos propos c’est que depuis 2008, notre process nous dirige toujours sur des entreprises de secteurs en difficulté et souvent établies dans des pays qui rencontrent des problèmes. Nous avons aussi remarqué que si le problème est triple (entreprise à problème dans un secteur à problème et un pays à problème), les prix et les actifs sont encore meilleurs marché.

En résumé, si le problème est triple, le phénomène de braderie est alors total.  Par exemple : 2008-2009, USA, subprime avec des sociétés des secteurs techno et « immo » touchés de plein fouet … ensuite lent basculement vers l’Europe, endettement pharaonique des états avec des belles opportunités dans les pays en mauvaise posture comme l’Italie mais aussi la France ! Pour notre part, nous nous laissons passivement porter par notre process, et investissons là où  les occasions apparaissent au lieu d’orienter nos investissements sur des considérations macroéconomiques.

Nous avons le sentiment que cela ne se passe pas exactement comme cela pour vous qui semblez plus « interventionniste », ce qui nous amène à vous poser deux questions supplémentaire : de quelle manière tenez-vous compte des devises et des pays ? Et comment ou sur quel critères construisez-vous un a priori favorable ou défavorable sur telle devise ou tel pays ?

: La répartition par devises est vraiment accessoire, car si je trouve une action intéressante, il est évident que la devise ne me retient pas. Cependant, je gère mon portefeuille par devises et il est étonnant de constater qu’en certaines périodes, un marché peut être plus haussier que d’autres. Ca été le cas en 2013 pour la Grande-Bretagne, j’ai constaté à plusieurs reprises que l’ensemble des valeurs en GBP que je détenais performait mieux d’où l’a priori favorable, cela s’est produit ensuite pour le marché italien et en début d’année 2014, le rendement en GBP était plutôt négatif. Évidemment, j’intègre aussi le sentiment de marché, je suis un adepte de Bfm TV et il faut bien constater que des idioties influencent les cours. Je suis de près l’indice Vix, ainsi que le comportement des robots. Lorsque je dispose de liquidités plus importantes, je peux convertir aussi en dollars et GBP des montants importants (intéressant à partir de 25 000 euros). L’une des banques que j’utilise autorise la détention de comptes épargne dans les monnaies de votre choix, ce qui n’est pas le cas de tous les courtiers et entraîne donc des frais de change superflus.

Je dois préciser que les monnaies les plus utilisées étant l’euro, le dollar US, la livre sterling et le dollar canadien, j’observe les cours de change et il arrive qu’une partie de mes liquidités soient dans une autre monnaie (Exemple : dollar US quand l’euro est au-dessus de 1,40)

EDBG : Vous explicitez vraiment bien votre manière de faire avec des exemples et ce qui très intéressant, c’est que vous vendez une partie de votre position, tout en laissant filer une autre partie, mais en sécurisant, si cela revenait en arrière………Par exemple au sujet de Barratt notre constructeur britannique favori, vous nous dites ceci :

« Je n’ai pas vendu lorsque le stop a été atteint. J’ai ensuite vendu  la moitié de ma position à 324 et le solde à 424. »

A 324 Gbp, nous pouvons dire que vous avez « suivi » le cours un peu après la VANT. Mais pourquoi avoir vendu le solde à  424 et pas à 524, ou à 592 Gbp ? A quel moment ou à quel niveau de cours et pourquoi prenez-vous la décision de vendre…?

D :  Barrat est un exemple particulier parce que je connais bien le secteur. Je n’ai pas vendu au stop considérant le cours trop bas, j’avais donné lors d’un échange avec vous une limite à 400. Mais ce cours  n’a pas été atteint rapidement et j’ai donc sécurisé à 324. Il faut rappeler que je suis de très près les graphiques de cours de chaque action. Si vous examinez ce graphique vous verrez que d’avril 2013 à novembre 2013, le cours est resté dans la fourchette d’environ 330. J’ai pensé que le sommet était peut être celui-là et j’ai donc sécurisé mais en gardant la moitié, toujours selon le principe  que le solde ne me coutait plus rien.

Au cours de 424, (cfr graphique), il me semblait évident qu’il y aurait une pause à la hausse, ce qui s’est avéré exact, d’autant que les rumeurs de bulle immobilière britannique étaient évoquées et pouvaient avoir une incidence sur le cours. J’ai donc vendu le solde, mais suivrait de loin le cours.

investir avec l'analyse technique

Suivre des sociétés vendues est important parce que vous les connaissez bien et c’est un acquis à ne pas négliger. Il est dommage lorsque la société est vendue de laisser se perdre les connaissances que l’on en a.

EDBG : vous faites le constat suivant sur une partie de votre process : « Je suis bien conscient que cet ensemble est assez intuitif et donc aléatoire »

La partie intuitive de votre gestion semble extrêmement bien fonctionner dans un marché haussier.  Pensez-vous que cette partie intuitive puisse procurer aussi de la réussite dans un marché baissier ?  Pensez-vous pouvoir changer, voire modifier vos perceptions et donc la partie hors process dans des conditions de marché différentes ? Avez-vous déjà une idée de ce qui pourrait ne plus fonctionner de votre intuition dans un marché baissier et ce que vous pourriez mettre en place de différent ?

D : Je pense être mieux préparé à un marché baissier qu’antérieurement, mais je crois aussi que le portefeuille du site daubasses sera plus résistant globalement en pourcentage de rendement, par contre, je pense qu’au niveau du bénéfice réalisé le processus du groupe sera pénalisant.

Un mot d’explication : J’ai décidé de mon process en cas de marché baissier, je me renforcerai sur les actions jugées les plus intéressantes et là, la capacité de résistance est importante, notamment le ratio de solvabilité. Ce renforcement se fera par petites touches (point bas ?). Le renforcement pourra être important si le cours devient « ridicule », si le cas se présente, je ne tiendrai pas compte de mes pourcentages, mais déciderai au cas par cas.

Secondement, je prendrai mon bénéfice sur l’ensemble des sociétés ou le bénéfice potentiel est situé à partir de 70 %, pas de manière aveugle, parce certaines actions peuvent être contrariantes. Je considère que le bénéfice potentiel est sans intérêt, il n’existe pas, Seuls les pertes réalisées et le bénéfice réalisé ont une existence matérielle.

C’est la raison pour laquelle je comptabilise le réalisé. Prévoyant un tassement du marché, j’ai commencé la vente depuis plusieurs semaines et au 11 avril, le réalisé représente 108 % du bénéfice potentiel (calculé hors liquidités : départ 1er janvier 2014).

Se libérer du stop, permet la vente après le stop mais aussi avant celui-ci si retournement général ou individuel et autorise des allers retours comme mentionné antérieurement.

Et donc, je crois que lors d’un marché baissier mon rendement pourrait être inférieur mais que le réalisé sera supérieur. Mais ai-je raison ?

Il peut être intéressant de vous signaler que depuis le 1er janvier 2014, j’ai passé 53 ordres d’achats et ventes (15 avril 2014) qui ont été effectifs.

EDBG : Sur le renforcement d’une position. Vous savez que plus les marchés grimpent, plus nous devenons prudents et préférons ouvrir une nouvelle ligne qui pèse 1% voire 1,5% plutôt que directement 3,33% en nous disant que cela nous permettra de renforcer sur baisse des cours; en gros tout l’inverse du dicton :  ne jamais essayer de rattraper un couteau qui tombe. De quelle manière renforcez-vous une position ?

D : J’ai déjà répondu partiellement à cette question, Je renforce une position en fonction de l’évolution des news, de mon opinion et d’un potentiel supérieur à 100 %.

Nos amis sont très prudents,  leurs analyses le sont aussi, les décotes d’actifs sont élevées, j’en tiens compte  ce qui me conduit à me renforcer sur des sociétés là où nos amis ne bougent pas. Je pense notamment à Renewable Energy.

Dans ce domaine, je ne me souviens pas d’un échec (sauf nos chinois), par contre, je me souviens de ne pas m’être renforcé et de le regretter.

EDBG : De quelle manière agissez-vous, par exemple, face une tromperie de la direction dans le bilan, comme ce fut le cas pour nos chinoises, voire pour quelques autres sociétés ?

D : La tromperie de la direction est intolérable et implique un abandon du suivi de la société, bien que dans certaines situations où l’on est déjà engagé,  il faut bien  gérer afin de récupérer au mieux.

EDBG : Concernant la Chine, faites-vous un distinguo comme nous le faisons entre la Chine continentale « communiste » et la Chine en zone spéciale « capitaliste » comme Hong-Kong, Taïwan  et Macao ?

D : Je vous suis sur ce sujet, mais je pense aussi que sur des moyennes et big caps, (ou l’orgueil chinois intervient) ce verrou devra sauter. La Chine deviendra forcément plus sérieuse, mais dans quel délai ?

EDBG : Vous êtes-vous fixé un objectif de rendement annuel moyen à long terme ? Si oui, quelles sont vos aspirations ?

D : Une réponse facile mais qui correspond à ma situation personnelle évidemment, gagner est agréable, mais la motivation principale n’est pas celle-là. J’ai trouvé une occupation agréable que je considère comme un défi intellectuel, puis je battre le marché ? Cette occupation permet aussi de se connaître, mais surtout et c’est le plus important d’admettre que l’on se trompe et à partir de cela, de se corriger mais aussi d’entendre d’autres opinions sans les rejeter.

EDBG : Avez-vous d’autres points que nous n’avons pas abordés et qui font partie de votre style de gestion personnelle ?

D : Après quelques années d’abonnement au site, je me suis senti mal à l’aise quant au processus que je dénomme, sans doute à tort, trop mécanique et ne tenant compte pratiquement que d’éléments tangibles.

Je me forge donc une opinion intégrant ces éléments matériels mais en y ajoutant un sentiment personnel résultant d’un suivi long de la société  et d’une spéculation évidente. Je pondère aussi la grande prudence de nos amis en achetant aussi des sociétés non en portefeuille daubasses, mais analysées par eux.

Mais, paradoxalement, ayant compris  que je suis loin d’être infaillible, j’achète toutes les valeurs (sauf mes quelques modifications ; holdings, pays, etc…) achetées par le site, même lorsque je n’ai pas du tout envie d’acheter et que je les interroge en contestant, parce que plusieurs de ces achats à contre cœur se sont révélés de superbes opérations.

Mais lorsque j’achète ce genre d’actions, j’oublie mes réticences et si le cours chute, je me renforce, sauf perte de valeur.

Je me souviens d’une société ou j’ai écrit : « mais je serais mort depuis 50 ans, le jour où cette direction se mettra au boulot et fera remonter le cours » et aujourd’hui la direction s’est réveillée.

Je considère prendre plus de risques. L’épreuve finale sera le rendement obtenu lors d’un marché fortement baissier.

Je précise aussi que le bénéfice potentiel n’existe pas. Lorsqu’un bénéfice potentiel dépasse sept ou huit mille euros, je suis de très près la société et si ma conviction est un retournement de tendance, je ne m’occupe pas du stop et encaisse le bénéfice, quitte à revenir sur la valeur à un prix d’achat supérieur au prix initial : évidemment il doit demeurer un potentiel important et une conviction.

Une dernière remarque : contrairement à nos amis, lorsque la société se révèle pourrie (perte presque totale), c’est arrivé trois ou quatre fois, je ne vends pas et  conserve précieusement pour justifier d’une perte si les plus-values deviennent taxables.

EDBG : Vous nous reprochez gentiment notre approche trop « mécanique ». Tout l’intérêt de cette discussion, c’est nos différences d’approche dans un process globalement identique et donc nous ne pouvons pas considérer que vous jugiez notre process trop mécanique à tort puisque vous ne vous y sentez pas à l’aise. Si notre process vous semble trop mécanique, c’est donc qu’il l’est pour vous.

Vous nous donnez aussi l’occasion de focaliser sur des détails expliquant pourquoi notre process est mécanique, borné et extrêmement rigide.

Tout d’abord, nous devons le dire, nous ne nous faisons pas confiance en tant qu’investisseur pour agir de manière complètement intuitive même sur une partie de notre process.

Plus nous essayons de comprendre la psychologie de l’investisseur, plus cela nous conforte dans ce sens. Vous avez certainement lu les articles dans lesquels nous essayons de mettre en lumière tout une série de réflexes psychologiques qui sont ancrés en nous et qui nous font commettre un tas d’erreur et parfois même sans en avoir la moindre conscience. Car la logique de la vie est tout à fait différente de la logique de l’investisseur.

Second point, nous sommes 4 individualités pour « gérer » le portefeuille du club et aucun d’entre nous n’a le droit de prendre une décision seul. Chacun peut faire autant de propositions qu’il en a envie mais pour qu’une décision d’investissement soit entérinée, il faut l’accord de 3 membres sur les 4. Et pour convaincre une majorité de l’équipe, il est nécessaire d’argumenter. Chaque membre a bien entendu des intuitions sur telle ou telle société, sur tel ou tel pourcentage de départ ou de renforcement mais il ne peut les formuler qu’à l’intérieur du process et arguments à la clé.

Vous comprendrez donc que cette gestion collective a ses avantages et ses inconvénients par rapport à une gestion personnelle.

En gros, une gestion personnelle est nettement plus flexible que notre gestion collective. D’une autre côté, le cadre du process et l’obligation d’arguments pour soutenir des intuitions individuelles permet de gommer au maximum l’impression, le sentiment, la conviction…

En fait, nous tentons d’éliminer tout ce qui est du domaine de la perception qui selon nous peut être parasité par un plusieurs facteurs internes à la société mais également externes.

En résumé, nous investissons dans des actifs tangibles et nous voulons également que toutes les décisions d’investissement à l’intérieur de notre process soient activées par des arguments tangibles.

Nous ne disons en aucun cas que c’est bien ou mieux qu’une gestion plus flexible mais c’est ce que nous avons trouvé de mieux pour notre gestion collective à quatre.

D : Un mot  est excessif, il s’agit de « borné », j’ai toujours bien compris qu’un groupe devait se fixer des règles et s’y tenir, ce qui évidemment est plus facile pour moi, puisque Daniel ne doit que se convaincre.

EDBG : Merci Daniel pour ce partage d’expérience …

 

Qui peut battre la performance des Daubasses ? Nos abonnés ! (1ère partie)

 

Depuis le 24 avril 2009, nous avons échangé plus de 6500 mails avec nos abonnés et lecteurs. Nous n’avions jamais imaginé au départ que la rencontre avec d’autres investisseurs puissent prendre une part aussi importante dans l’aventure « Daubasse ». Une manière d’investir finalement et quoi qu’on en dise plutôt « marginale ».

En fait, si nous sommes parvenus à créer des relations privilégiées basées sur le dialogue et l’échange, nous le devons sans doute à la ligne que nous avons choisie au départ, une ligne logique et de bon sens. Nous n’avons jamais voulu poser une relation maître – élève, voire investisseur « sachant » vs investisseur « ignorant » entre nos abonnés et nous et ceci tout simplement parce que nous ne savions pas plus qu’eux si la méthode que nous avions décidé d’appliquer avec nos propres deniers et en direct sur notre blog porterait ses fruits.benjamin graham

Le seul maître que nous connaissions était simplement Benjamin Graham. Nous tenons à dire que nous n’avons pas inventé le fil à couper le beurre. Nous nous sommes contentés de bien comprendre la théorie de Benjamin Graham, de l’ajuster avec les critères qui nous semblaient les mieux adaptés à nos personnalités, d’écrire le process que nous allions appliquer et qui a fait l’objet de très nombreux articles sur notre blog et ensuite d’appliquer ce process à la lettre.

Bien entendu, comme nous aimons aussi la créativité, nous avons aussi inventé quelques appellations « 100% Daubasse » comme la VLMV (pour Valeur en cas de Mise en Liquidation Volontaire), VANE (pour Valeur d’Actif Net Estate) ou VANTRe (pour Valeur d’Actif Net Tangible REntable).

Nous pensions aussi que toute personne dotée qu’un QI moyen était capable de comprendre la théorie de Benjamin Graham en lisant L’investisseur intelligent et en essayant de comprendre la comptabilité basique avec l’un ou l’autre bouquin comme, par exemple,  L’interprétation des Etats financiers de Benjamin Graham et Sprencer Meredith … ou encore en lisant la cinquantaine d’articles dans lesquels nous expliquons chaque point qui permet d’appliquer le process que nous nous sommes choisi avec des exemples concrets ainsi que les réponses que nous avons tenté d’apporter à nos questionnements.

En effet, pour déterminer un prix d’achat ou de vente par rapport aux actifs de la société, une décote sur la valeur net-net ou net-estate, il suffit de faire des additions, des multiplications, des soustractions ou des divisions en allant chercher quelques chiffres dans les postes du bilan.

Cinq ans et demi plus tard, nous n’avons pas changé d’un iota et nous pensons toujours que chaque investisseur décidé à appliquer la méthode d’investissement de Benjamin Graham doit d’abord faire l’effort de la comprendre, seul comme un grand, avec tous les outils à sa disposition.

Tout simplement parce qu’il doit l’adapter à sa personnalité d’investisseur, à l’ensemble de son patrimoine mais aussi aux sommes d’argent qu’il a décidé d’investir sur les Daubasses, à la fiscalité de son pays et à un tas d’éléments strictement personnelles. C’est pour cette raison que  « nous ne conseillons rien, nous expliquons juste ce que nous faisons, pourquoi nous le faisons, mais en aucun cas ce que vous devez faire ». Cette maxime que nous répétons à l’envi surprend parfois les nouveaux abonnés. Pourtant, une fois qu’on a compris notre ligne de conduite et admit le fait que nous fournissons principalement un travail de recherche et des analyses pour expliquer dans le détail pourquoi telle ou telle société correspond entièrement à nos critères, nous pouvons aller plus loin dans l’échange et le dialogue, d’investisseur à investisseur.

L’entretien qui va suivre va précisément vous amener au cœur de ce sujet et il constitue l’illustration de l’indépendance d’esprit de nos abonnés, au travail personnel qu’ils ont fourni à tous les niveaux et enfin à la performance qu’ils ont pu dégager.

Cette interview est pour nous un hommage à tous les investisseurs qui ont suivi notre aventure en restant eux-mêmes mais aussi une manière de montrer à tous ceux qui le liront comment fonctionne la « famille Daubasse ».

C’est, enfin, une possible réflexion et des pistes à exploiter pour affiner votre process ou le personnaliser davantage.

Daniel nous a contacté le 20 Août 2009** à 16H50 avec ce mail :

« J’ai envie de tenter l’expérience. Merci à vous de me communiquer un moyen de payer l’abonnement d’un an si j’ai bien compris.   Daniel »

 

** à l’époque l’abonnement consistait à des listes de « Daubasses », nous ne proposions pas de lettre, et donc pas la moindre analyse.

Les échanges que nous avons eus avec Daniel depuis presque 5 ans sont assez fabuleux et variés. Nous pouvons discuter de sociétés correspondant à nos critères comme de sociétés ne correspondant pas à nos critères mais aussi  d’une trouvaille de Daubasse qui nous a tout bonnement échappé et que Daniel a repéré.

Ensuite, il y a les infos sur ces sociétés où Daniel nous demande si nous sommes déjà au courant et nous fait immédiatement partager son analyse des faits ! Puis est venu le moment – depuis 2 ans environ – en plus de tous cela, où Daniel a commencé à nous communiquer sa performance en nous expliquant petit à petit les différences dans l’application de SON process. En gros, il nous a expliqué de quelle manière il a généré une performance supérieure au portefeuille Daubasse depuis au moins 2 ans.

C’est bien de cela qu’il est question dans cette interview. Comment générer une performance supérieure aux Daubasses avec un process inspiré de Benjamin Graham personnalisé et qui présente un nombre de différences par rapport au « process des « Daubasses »

L’Equipe des daubasses selon Benjamin Graham : Daniel, Bonjour. C’est un véritable plaisir pour nous de faire connaître à nos lecteurs un investisseur de votre trempe. Nous aurions aimé discuter tous les quatre avec vous en tête à tête autour de quelques Orval, mais ce n’est malheureusement pas possible. Nous avons donc choisi une interview par mail certes moins conviviale mais qui sera néanmoins percutante.

Daniel : Bonjour les amis. Au cours de cette interview, je serais amené à vous expliquer ce qui me différencie et donc ces différences peuvent apparaître comme critiques. Je tiens à préciser que chaque individu agit en fonction de sa personnalité et que ce serait une erreur que les gestionnaires modifient leur process car l’essentiel de mes activités boursières est fondée sur le process du site. Si les analyses et les achats étaient modifiés, je devrais modifier ma méthode car il est essentiel de construire un pourcentage important de son portefeuille sur des fondations solides et donc peu de risque. A chacun ensuite de moduler selon son tempérament et de gérer selon le risque qu’il peut supporter et dans mon esprit, le risque veut dire clairement quelle est la perte que vous pouvez supporter.

EDBG : Pourriez-vous vous présentez brièvement en tant qu’investisseur ?

D : J’ai toujours été un investisseur mais dans un domaine très différent de la bourse (immobilier), ce qui implique que le risque fait partie de ma vie. En 2007, lorsque j’ai cessé l’une de mes activités, j’ai disposé d’un capital à placer et me suis tourné vers les actions. Je précise que ma formation financière était nulle pour ce genre d’investissement et qu’actuellement je comprends les bases mais que je reste sur des fondamentaux simples parce que de tempérament je n’aime pas la complexité.

Je terminerai en précisant que gagner est important mais l’essentiel est de se confronter au jeu des marchés, ce qui me permet une agréable occupation.

EDBG : Pourriez-vous expliquer comment vous investissiez avant de faire partie de la famille « Daubasse » ?

: Considérant que le vent de folie de l’époque était exagéré pour des entreprises de qualité (mon raisonnement étant qu’une action vaut mieux que de la liquidité et oui à ce point), je me suis donc constitué progressivement un portefeuille sans aucun discernement sur base de conseils d’analystes, de lettres de placements et de choix personnels.

Evidemment, j’ai  beaucoup gagné, les cours étant au plus bas. Le bénéfice est resté potentiel, je n’ai rien vendu.

Par la suite, ce potentiel a disparu et je suis passé en pertes potentielles importantes. En 2009, j’avais donc un portefeuille d’une cinquantaine d’actions (une majorité en perte) et j’ai découvert le site des daubasses, ai décidé de m’y abonner sans plus de conviction que pour les autres lettres.

Cette expérience de pertes potentielles a été vitale. Elle m’a fait découvrir plusieurs  choses :

–           L’argent investi doit pouvoir y rester suffisamment longtemps pour que les pertes demeurent potentielles.

–           Perdre doit être accepté par l’investisseur

–           Acheter une action implique de connaître le mieux possible la société, ses comptes, son management, son bizness.

–           Suivre le troupeau est une erreur, mais ignorer les tendances de marché n’est pas mieux.

EDBG : Qu’est-ce qui vous a poussé à tenter l’expérience d’un abonnement ? En remettant les chose dans leur contexte du moment puisque nous proposions juste à nos abonnés des listes de sociétés correspondant à nos critères, en gros des listes « Daubasses » brutes de décoffrage et peu « sexy » mais qui étaient dans la ligne que nous avons tenté d’expliquer en introduction. A savoir responsabiliser au maximum l’investisseur en lui ayant fourni les outils pour comprendre ce que nous faisions et en lui laissant poser ses choix.

D : Abonné sans aucune conviction, mais cependant attiré par le discours et les small caps. Simplement en me disant pourquoi pas ?

J’ai donc commencé à ajouter des daubasses à mon portefeuille.

Pendant une longue période j’ai suivi strictement la politique du site, en achetant les mêmes volumes et en vendant aux mêmes moments. En reproduisant la technique que j’utilisai pour d’autres lettres.

Mais les résultats ont été différents (quand une action fait X 10)  et par conséquent, je me suis intéressé sérieusement à la technique et donc à l’analyse des comptes. Parce que, bien sûr, au départ je ne comprenais pas grand-chose.  J’ai ensuite décidé de changer de portefeuille et j’ai progressivement vendu sur base de remontées mes anciennes actions et me suis concentré sur les daubasses.

Je contactai régulièrement le site et les réponses reçues m’ont toujours fait comprendre que je devais faire mes devoirs et aussi que je devais prendre moins de risques.

J’ai pu maîtriser une tendance aux achats compulsifs.

EDBG : Quand nous sommes passés à la lettre mensuelle, qui, de notre point de vue est entièrement restée dans cette ligne de départ, y avez-vous trouvé un plus qualitatif ? Sur le fait que nous expliquions un peu plus le canevas d’une analyse, pourquoi une société correspondait à nos critères ainsi que les pièges que nous identifions et les raisons qui pourraient expliquer le désamour du marché ?

D : Une grande amélioration en ce qui me concerne. Les deux analyses présentées m’ont permis de savoir ce qu’il fallait examiner.

Le plus important, ce sont les news qui ont provoqué mes modifications de process.

Je place les analyses en dernière position parce j’ai modifié mon process et qu’étant en confiance totale avec les gestionnaires, j’achète en général avant la publication de l’analyse. Etant évident que ce système implique une relation de plusieurs années ayant démontré que les analyses sont excellentes puisque la Chine est éliminée et que j’ajoute personnellement les restrictions évoquées ci- après.

En précisant également qu’il faut au moins  détenir une trentaine de daubasses ce que je dépasse largement.

Par contre, la plupart des sociétés analysées mais non achetées par le site, sont souvent achetées par moi. (Selon le cours et le contenu de l’analyse)

Lorsque je ne suis pas un achat, les raisons sont les suivantes :

  • Cours plus élevé que l’achat du site
  • Holdings : je suis plus exigeant, mais je suis sur certains (Asie). La holding est un ensemble de sociétés, les suivre toutes n’est pas simple, certaines ne sont pas cotées, il y a aussi souvent une décote quasi permanente et je ne m’attends pas à voir une holding multiplier son cours par 5 ou 10. 
  • Mines d’or : je suis plus exigeant aussi mais ai aussi suivi sur certaines.
  • Pays : plus exigeant sur les pays de l’est et aussi l’inde.
  • Pas d’options

Les news étant donc, à mes yeux, l’apport le plus important des lettres mensuelles, l’idéal d’ailleurs serait qu’elles soient regroupées dans un ordre chronologique par société.

(NDLR : depuis notre sondage envoyée à nos abonnés il y a quelques jours, c’est une nouvelle fonction que nous avons ajoutée car nos abonnés nous ont sollicité de nouveau service. Toutes les news mensuelles des sociétés depuis le débuts des lettres mensuelles ont été synthétisés et classées par société.)

 

EDBG : Nous avons décidé de souscrire à cette dernière proposition car votre réflexion est pertinente. D’ailleurs, d’autres abonnés ayant répondu à un récent sondage vous ont rejoint sur cette idée : il est vrai que le suivi des sociétés dans les news, parfois sur plusieurs années, permet de détecter les améliorations tangibles inscrites dans le bilan. Elles informent également sur la stagnation ou encore la détérioration. Il peut bien entendu avoir des surprises à tous les niveaux mais nous pensons que certains signes d’amélioration peuvent être exploités, en renforcement par exemple si les décotes sont toujours suffisantes.

Ce n’est pas toujours le cas mais c’est possible. Les Daubasses ont, par exemple, réalisé un tel renforcement sur AV Homes dont le bilan s’est amélioré bien avant le début de la reprise immobilière aux USA. Par contre, nous avons été trop exigeants sur Adler Real Estate, une  foncière allemande que nous voulions pourtant aussi renforcer.

D’autre exemple nous viennent à l’esprit avec le parfumeur Parlux  qui avait perdu un contrat avec une marque de luxe qui pesait sur son chiffre d’affaires … un an plus tard, avec de nouveau contrat, il y avait des signes positifs au niveau du bilan … bien avant que le cours ne s’envole. TransWorld avait un business tellement out que nous n’avons jamais renforcé mais il est apparu à un certain moment que la direction faisait un travail extraordinaire, palpable dans le bilan, bien avant la première hausse de 100% du cours !

Nous venons donc de compiler toutes les news en les classant par société pour permettre à tous nos abonnés d’avoir une vision panoramique sur plusieurs trimestres, voire sur plusieurs années.

Ces fiches sont donc à disposition de nos abonnés dans la zone premium. Merci pour cette idée. Et merci également aux autres abonnés qui nous ont suggéré la même idée.

: Très bonne amélioration qui répond à une constatation simple ; les news de chaque société en portefeuille depuis un certain temps permettent de se faire une opinion, évidemment toujours faillible. Je crois aussi qu’une interaction avec vos abonnés et non sur le site public serait utile.

EDBG : Qu’est-ce que vous faites précisément avec le travail de recherche que nous vous proposons depuis le départ, avec les listes, et jusqu’à aujourd’hui avec les analyses ?

D : Je tiens sur Yahoo, une liste avec toutes les sociétés daubasses analysées que je n’ai pu acheter ou pas voulu acheter (une dizaine), je pense aussi créer une liste avec toutes les daubasses vendues, parce que une partie de l’évolution de mon process résulte de la constatation que la vente au stop n’est pas optimale et qu’en outre, certaines daubasses rechutent et méritent d’être rachetées.

Exemple : j’ai racheté French Connection au plus bas (+ de 100 %)

Les analyses sont conservées et relues avant tout renforcement, ainsi que les news publiées ainsi que le dernier stop du portefeuille daubasse.

EDBG : Qu’est-ce qui a radicalement changé dans votre manière d’investir depuis que vous êtes entré dans la famille Daubasse par rapport à ce que vous faisiez avant ?

D : Tout achat, autre que daubasses du site,  implique une analyse de l’ensemble de la société mais avec des critères moins sévères.

Aucun achat n’est spontané et me demandes plusieurs jours d’analyse et réflexion.

Mon portefeuille actuel comporte 78 actions : il me reste 3 actions de mon portefeuille initial dont une est bénéficiaire et j’ai environ 8 actions Small caps choisies personnellement, les daubasses en cours, une daubasse non vendue au stop, une ancienne daubasse rachetée, cinq sociétés analysées non achetées par le site et deux « coups de poker »

J’ai aussi un gros investissement sur une société minière que je considère comme décotée et qui aujourd’hui fait chuter lourdement mon rendement

Au total une vingtaine de sociétés ne sont pas des daubasses figurant dans le portefeuille du site.

Succinctement voici mes critères principaux pour mes autres achats, critères qui ne sont pas tous requis pour un achat (les critères essentiels sont soulignés) :

tous requis pour un achat (les critères essentiels sont soulignés) :

  • Pas de dettes
  • Du cash, beaucoup si pertes
  • Une valeur supérieure au cours      (-30 %)
  • Un bizness novateur, ou une      position dominante, un secteur que je connais (par ex : techno, immo)
  • Une clientèle diverse de      préférence internationale
  • Un passé sérieux (anciens      comptes et comportements)
  • Si techno : recherche et      développements
  • De l’immobilier en propre
  • Une direction actionnaire et qui      se soucie des actionnaires (les anglais sont bons en général sur ce point)
  • Achats d’initiés
  • Eviter les marchés OTC
  • Un cours qui a souffert
  • Pas de conflit, plaintes,      litiges ou autres

 

Avec le soutien du site, il est évidemment facile de gérer 80 sociétés puisque la majorité sont achetées sans analyse préalable.

Je considère que les critères très stricts éliminent pratiquement le risque, par conséquent, j’inclus dans mon portefeuille une diversification de risque plus élevé.

EDBG : Pourriez-vous nous indiquer quels sont les critères de notre process dont vous tenez également compte ?

D : Je suis les critères  mais  je tiens à préciser que je ne maîtrise pas encore entièrement l’ensemble des critères.  Je viens encore de commander un bouquin sur ces sujets.

La seule différence matérielle existante est le pourcentage de 3,33 % relatif à la diversification. Je n’avais pas réalisé pendant plus d’un an que  les achats avaient cette limite et n’en ai jamais tenu compte.(NDLR : un de nos critères consiste effectivement  à ne jamais investir plus de 3,33 % du total du portefeuille sur une seule ligne)

Je fonctionne différemment et par montant.

 

  1. J’ai besoin de « jouer » une part de risque : sur quelques sociétés à haut risque, je fixe un montant maximal que je considère peu élevé et qui représente un tiers de pourcent du montant total de mon portefeuille. Il s’agit souvent de sociétés analysées par l’équipe des daubasses mais sur lesquelles elle n’a pas investi (ex : CSF Group).
  2. Les daubasses : je prends les mêmes montants sur environ 50 % des situations. Pour le solde, je prends des montants inférieurs parce qu’il m’est apparu que le timing d’achat pouvait être meilleur. Sauf si je flashe directement,  je prends plus, mais c’est rare ; un seul cas : Benetton. La pondération normale est d’environ  deux pourcent pour une daubasse jugée correcte.
  3. Pour une daubasse prometteuse, je monte au-delà trois pourcent.
  4. La limite maximale pour une daubasse exceptionnelle est de six pourcent. (Exemple : Barrat). Mais jusqu’à présent je n’ai  pu mettre en pratique jusqu’à ce niveau (pour les daubasses).

En résumé, je respecte tous les critères sauf la pondération.

Ces montants ont été déterminés évidemment en fonction du total investi et de la liquidité en réserve, liquidité que je maintiens à 25 % du montant du portefeuille. (Rachats sur cas de catastrophe des marchés), mais pour le moment le pourcentage est de 36 % parce que j’ai encaissé 61 % du rendement de l’année 2014.

Quant au nombre d’actions, je pense que 80 actions est un maximum.

Par contre, je tiens compte des devises et des pays. J’ai actuellement un a priori favorable pour la Grande Bretagne et l’Italie.

Je rachète aussi à un cours inférieur dès 15 % de chute par rapport au cours d’achat selon la société bien sûr et aussi plus rarement à un cours supérieur selon mon sentiment relatif au news et selon mon opinion forgée.

Lorsque vous détenez une action depuis une année, vous vous forgez une opinion qui peut toujours être prise en défaut évidemment.

Après avoir suivi quelques actions vendues au stop (notamment Conns), j’ai décidé de changer ma méthode, de vendre parfois avant le stop ou de ne pas vendre au stop. Si je ne vends pas au stop, je me fixe un objectif de cours, cet objectif atteint et si je considère qu’il demeure un potentiel de hausse, je vends une partie  pour prendre le bénéfice et conserve une partie de ma position dont le coût d’achat est inférieur au bénéfice encaissé.

Par exemple : Amtech (achat au cours 3,68 $), vente de la moitié de la position au environ de 10 $ et non 6,6 $ comme le site, il me reste une position dont le prix d’achat est inférieur au bénéfice encaissé). Je pense que le cours pourrait atteindre 20 $ (cours actuel 12,7 $), mais franchement, je suis de loin, considérant l’essentiel de l’opération réalisée et je ne vendrai le solde qu’en cas de retournement durable et sous 10 $ ; sinon j’attends considérant que le solde actuel ne me coûte rien et donc, pour moi, je ne prends aucun risque.

En relisant l’analyse d’Amtech, vous comprendrez qu’il y a daubasses et daubasses. Certaines sont réellement des « accidents de parcours » et peuvent repartir de l’avant alors que d’autres sont vraiment des « mauvaises sociétés » qui n’ont comme seul intérêt de coter sous son patrimoine tangible. Je suis bien conscient que cet ensemble est assez intuitif et donc aléatoire.

Deux exemples peuvent être éclairants.

Si l’ensemble du portefeuille daubasses résiste bien aux fluctuations de marché irrationnelles, la daubasse individuelle peut être très cyclique.

Par exemple, Hutchinson a été achetée trois fois et vendue trois fois, la première fois un montant moyen, après une hausse moyenne, j’ai estimé la tendance baissière et ait vendu, la seconde fois, j’ai acheté un gros volume à un prix très bas (1,98). Après un certain temps, le bénéfice a atteint 15000 euros, et le cours a  entamé une baisse que j’ai jugé durable (analyse de graphique notamment), j’ai donc vendu avec un bénéfice de 10 000 euros. J’ai ensuite racheté un petit volume à 3 dollars et vendu avec nos amis sans bénéfice.

Plusieurs observations sur cet achat, la valeur de la société était en baisse régulière, et le business (production de tête de lecture de HDD) me laissait sceptique. La société interrogée maintenait qu’il n’y avait aucun problème de volume, or la technologie actuelle évolue à une vitesse phénoménale et les disques SSD en sont déjà à la deuxième génération et n’ont pas de tête de lecture. Le plus inquiétant était que cette société n’avait pas de nouveaux produits.

J’avais la conviction que le stop initial ne serait pas atteint et qu’il fallait prendre son bénéfice.

Un autre exemple, c’est Barrat que j’ai achetée autour de 50 pence pour un volume correct, et ensuite sur conviction relative aux news racheté à 100 pence ce qui a donné un prix moyen de 80. Connaissant bien le marché immobilier britannique et voyant les news élogieuses, je n’ai pas vendu lorsque le stop a été atteint. J’ai ensuite vendu la moitié de ma position à 324 et le solde à 424.

J’avais donc ici la conviction que le stop serait largement dépassé (désendettement, meilleure société immobilière, etc….)

Je ne réussis pas toujours : Scott liquid : les commentaires étaient négatifs et j’ai vendu à 0,45.

EDBG : Vous classez les daubasses en « correcte, prometteuse ou exceptionnelle ».  Or, nous avons presqu’envie de vous dire  avec un trait d’humour que nous n’avons jamais rencontré la moindre Daubasse qui soit « correcte, prometteuse ou exceptionnelle ». Les Daubasses que nous rencontrons, sont toujours et sans exception « assez  merdiques », « très merdiques » ou « ultra merdiques » ! Êtes-vous certains que vous êtes bien abonnés ? 😉

Plus sérieusement, nous comprenons que vous pilotez une partie de votre diversification au « feeling » et c’est un choix qui se respecte puisque c’est le vôtre. Pourriez-vous préciser à partir de quels critères vous rangez une Daubasse dans la catégorie « correcte », dans la catégorie « prometteuse » et dans la catégorie « exceptionnelle » ?

D : Excellente question, qui me fait réaliser une différence fondamentale entre nous, aucune de vos sociétés ne m’apparaît « merdique » ou « extra merdique ». Pour moi, ce sont des entreprises en difficulté, mais qui ont le bonheur d’être solvables et donc une possibilité matérielle de se redresser et d’apporter de la valeur à leurs actionnaires. Et de là, toute l’importance du suivi (news) qui permettent de juger du comportement de la direction.

Parce que l’élément essentiel est celui-là et donc vos news permettent une approche en ce sens, mais aussi je regarde le site de la société (mise à jour, informations, etc…) et aussi j’utilise les news de Google finance ou MSN, Financial Time, Seeking Alpha, des blogs  et aussi désormais des screeners tels que Finviz ou Stockpédia (payant).

Les catégories, une chose difficile à définir clairement, parce très intuitif et donc trompeur, mais une daubasse en portefeuille depuis 2008, avec un site non mis à jour, des informations peu fréquentes (ex : Traiton). Dans ce cas, j’hésite même à acheter, et j’attends un cours très bas (30 pourcents inférieur à votre prix d’achat)

Une daubasse normale l’est au moment de votre achat, mais je n’ai pas l’analyse donc, j’ai tendance à pondérer, et lors de la publication de l’analyse, j’ai une opinion favorable ou pas, selon tous vos critères, je suis très attaché à la recherche et développement, la valeur de liquidation, la réduction du déficit.

Nous avons, par exemple, un fabricant de meubles dont la direction me laisse sceptique.

La daubasse devient prometteuse s’il n’y a pas de perte de valeur, redressement des comptes, restructuration, déclarations et aussi achats d’initiés.

Un moment sur Crystalox (NDLR : un fabricant de silicium  que nous avons détenu en portefeuille et qui fera l’objet d’un prochain « bas les masques ») : voilà une daubasse qui nous a versé une somme importante ce qui démontre bien l’esprit anglo-saxon du souci de l’actionnaire, le secteur se redresse, la direction me semble active, j’ai déjà beaucoup de liquidités et nous ne trouvons que peu de daubasses. J’ai donc vendu la moitié de ma position en même temps que le site  et conservé le solde. J’estime que le cours pourrait en deux ans atteindre 60 pence, si … j’ai raison.

PS : Il s’agit d’une société que je ne voulais pas acheter, pour laquelle j’ai pensé : « mais pourquoi acheter cela ? ». J’ai acheté et ensuite, sur chute du cours, je me suis renforcé plus que le site, parce que j’ai changé d’avis, estimant le creux du secteur atteint (j’ai également acheté Yingli et Gamesa à des cours ridicules).

J’ai la conviction qu’il faut intégrer tous les éléments, y compris l’irrationnel des marchés.

Un autre exemple, nous détenons une société active dans le cuivre, qui me semble bien gérée, mais qui doit encaisser le contexte actuel, mais que je suis de très près, parce qu’au premier signal de reprise du marché, je doublerai ma position si les conditions évoquées antérieurement sont respectées (potentiel, etc….)

C’est donc une daubasse prometteuse.

 

==> la deuxième partie de l’interview

 

 

A vous la parole : Weight Watchers

Dans cette rubrique, nous vous laissons la parole, à vous, ami(e) lecteur(trice). Cette rubrique est la vôtre : n’hésitez pas à nous proposer des textes de votre choix traitant de l’investissement au sens large.

Aujourd’hui, c’est notre ami Tanguy qui prend la plume.

Chers lecteurs,

Tout d’abord je voudrais remercier l’équipe des Daubasses de me faire confiance pour publier cet article. Je suis investisseur et auteur du blog Investir et devenir libre. Et comme vous lecteur de ce blog (et abonné aux bons conseils de la newsletter).Je ne suis pas un spécialiste des mégots de cigares, pour cela je fais confiance au blog des Daubasses, j’ai un univers d’investissement plus large (immobilier aux USA, matières premières mais aussi les actions bien sûr). Je recherche surtout des situations spéciales où des actifs sont sous-valorisés par le marché. Mes mentors en la matière sont Jim Rogers, Warren Buffett et Peter Lynch (autant prendre ce qu’il y a de meilleur n’est-ce pas ?).

acheter des actions weight watchersAujourd’hui, je voudrais partager une analyse d’une société en retournement que Mr le Marché a décidé de solder : il s’agit de Weight Watchers. Quelle est la situation et peut-il s’agir d’un investissement ?



Thèse d’investissement:

  • L’obésité est devenu le problème de santé numéro 1 aux USA et il existe une opportunité de croissance non exploitée en vendant le programme Weight Watchers auprès des entreprises
  • Un plan de transformation est en cours, mené par un management renouvelé
  • Un plan de réduction des coûts a été mis en place qui a déjà permis de faire plus de 50 millions de dollars d’économies
  • La priorité financière est de rembourser la dette (le dividende a été suspendu)

=> L’objectif est donc de jouer la capacité du management à redresser la société,


Présentation de Weight Watchers

Les points forts de la société

  • Weight Watchers est le premier programme de perte de poids mondial, cliniquement prouvé.
  • La marque est forte (la société existe depuis 50 ans) et appréciée.
  • La  mission de l’entreprise est claire.
  • Les profits sont stables dans le temps, avec un niveau de marge opérationnelle >25% (ils ont peu baissé lors de la crise de 2008/09).

Les points faibles de la société

  • Depuis 2013, les ventes sont en baisse, face à la concurrence d’alternatives comme des applications mobiles gratuites.
  • Les  coûts ont dérapé dans le passé, en particuliers les frais généraux.
  • Le précédent management a fortement endetté la société avec une programme de rachat d’actions de 1,5 milliards de dollars.


L’action est-elle à un prix intéressant ?

L’action a perdu près de 40% en 2013. Les craintes sur le ralentissement des ventes ont littéralement envoyé l’action au tapis car la dette de la société est importante. De plus la société a annoncé la suspension de son dividende le 30 octobre 2013.

  • Prix de l’action: 32$
  • Capitalisation boursière : 1,82 milliards de dollars
  • P/E: 7,9
  • Marge opérationnelle : 28% (sur les 9 premiers mois de 2013)
  • Dette : 2,3 milliards de dollars (300 millions payables en 2016 et 2 milliards en 2020)
  • Free cash-flow: 301 millions de dollars (sur les 9 premiers mois de 2013)

Malgré le poids de sa dette et l’érosion des ventes en 2013, on voit que la société continue à afficher une excellente marge opérationnelle et un cash-flow important. Historiquement, l’action se traitait avec un PE supérieur à 15 et elle est maintenant à quasiment la moitié de cela. C’est ce qu’illustre le graphique ci-dessous: en vert l’évolution du prix de l’action et en bleu la ligne de profits multipliés par 15 (comme le PE)

investir sur base de l'actualisation des free cash flow futurs

 

La société risque-t-elle de faire faillite ?

il existe 2 échéances de dettes.

  • 300 millions payables en 2016. Avec un free cash-flow de près de 400 millions de dollars par an et 180 millions de dollars de cash au 28 septembre 2013, cette échéance ne devrait pas poser de problème.
  • Ce qui est plus risqué, c’est la grosse échéance de 2 milliards payables en 2020. Si on table sur un cash-flow de 400 millions de dollars par an, il faudra allouer la totalité du cash générée pendant 5 exercices. Cela ne parait pas vraiment réaliste, il faudra donc surement rééchelonner  la dette mais si la profitabilité de Weight Watchers reste solide (ce que je  crois), cela ne devrait pas poser de problème. Néanmoins, la notation de  la dette a été abaissée par les agences de notations. Depuis mars 20123, Standard & Poors note BB-, c’est à dire dans la catégorie « Spéculative ».

Est ce que des « insiders » achètent ?

Il est toujours intéressant de regarder ce que font les « pros ». Et il est rassurant de savoir que plus intelligent que soi monte dans le bateau. En 2013, l’investisseur Joel Greenblat, du fonds Gotham Capital, s’est régulièrement renforcé. Son nom ne vous dit peut-être rien, mais il est connu aux Etats-Unis pour son best-seller Le petit livre pour battre le marché. Il cherche à investir dans des sociétés de qualités, en proie à une désaffection du marché, et qui sont en redressement.

Par contre je n’ai pas vu d’achats de la part du management.

En conclusion, je pense qu’il s’agit d’un pari risqué à cause de la dette mais que la société a des atouts solides. 

Le business est toujours rentable, avec un bon « moat ». Le marché est toujours porteur et le management semble à même de redynamiser l’entreprise. A posteriori, le programme de rachat d’actions 1.5 milliards de dollars (à un prix de $82 par action) apparaît comme une magistrale erreur ! Il faudra être patient car le management n’annonce pas d’amélioration significative avant 2015, mais si le plan de transformation délivre ses résultats, l’action devrait bien performer.
Si par contre le plan de redressement ne fonctionne pas, alors la possibilité de revalorisation serait inexistante.

NB : je ne possède pas d’actions Weight Watchers à ce jour mais cela peut changer.

 

L’auteur

Je suis Tanguy Caradec, j’ai 35 ans et dans la vie je suis un passionné de l’investissement, curieux du fonctionnement de notre monde moderne. A l’âge de 16 ans, j’ouvre mon premier PEA. Après le krack de 2000, je perds une grande partie de mes économies. Je décide d’apprendre à investir et à force de lire, je finis par comprendre plusieurs lecons essentielles pour réussir. J’ai diversifié mes investissements avec l’immobilier, l’or, les matières premières et je peux envisager à présent de devenir libre financièrement sans travailler jusqu’à 65 ans. Mon objectif est de continuer à développer mon patrimoine ainsi que de partager mon expérience pour vous aider à vous aussi investir et devenir libre.

 

A vous la parole : « Mon tout premier résultat en Bourse »

Dans cette rubrique, nous vous laissons la parole, à vous, ami(e) lecteur(trice). Cette rubrique est la vôtre : n’hésitez pas à nous proposer des textes de votre choix traitant de l’investissement au sens large.

Aujourd’hui, c’est notre ami Anatole qui prend la parole … ou plutôt la plume.

Dans cet article j’explique comment j’ai atteint mon tout premier résultat en bourse grâce aux Daubasses et l’investissement dans la valeur.

Je m’appelle Anatole Liovine et je suis auteur-comédien. Quelques lignes plus loin j’expliquerai comment je suis arrivé à investir en bourse mais d’abord j’aimerais expliquer d’où je viens.

J’habite en Belgique mais je suis originaire de Russie. Je suis venu avec ma mère et mon frère et ensemble nous avons introduit une demande d’asile. On n’avait pas le droit de travailler ce qui fait qu’on devait se contenter du minimum pour vivre.

Autant dire que l’argent était un sujet compliqué, plus ou moins le 8 de chaque début du mois ma mère annonçait à mon frère et moi qu’il ne fallait plus faire d’achats car il ne restait plus que l’argent pour manger et payer les factures.

Ensuite nous avons été régularisés et peu de temps après mes passions qui sont l’écriture et le théâtre sont devenus mon métier. Je me suis fait le porte-parole de ceux qui n’ont pas de voix et je m’inspire du monde de la pauvreté que j’ai connu de très près pour faire de la création artistique.

Dès que j’ai commencé à travailler il s’est passé un phénomène très intéressant et qui est à l’origine de mon grand intérêt envers l’intelligence financière. Je me suis rendu compte que je n’avais pas besoin de beaucoup d’argent pour vivre.

Tout ce que je me suis permis c’est de m’acheter une voiture et de louer un appartement. Je me suis tellement habitué à vivre avec très peu que mon salaire me suffit amplement.

Je n’ai pas du tout senti l’effet de la crise. Normal, puisque j’ai commencé à travailler en août 2008 et je n’ai jamais eu autant d’argent entre mes mains.

Il était évident pour moi que la seule chose sensée était de commencer à investir cet argent. Je n’avais pas assez de moyens ni de connaissances pour me lancer dans l’immobilier ni pour ouvrir une entreprise, la bourse m’a semblé être une bonne solution.

Le seul problème ce que je n’y connaissais rien non plus et dans mon entourage la bourse était la source de tous les maux, responsable de la mauvaise situation dans laquelle elle a plongé énormément de monde.

J’ai lu Peter Lynch et j’ai commencé à comprendre à quel point ma représentation du monde boursier était erronée. « Et si vous en saviez assez pour gagner en Bourse » était mon premier livre sur le sujet.

Je suis ensuite tombé sur une formation vidéo de Cédric Annicette qui s’appelle « Toucher des dividendes », c’est une méthode qui se concentre sur les entreprises qui versent un gros dividende et qui présentent des bons résultats sur du long terme. C’est dans cette formation que j’ai fait la connaissance du bilan annuel et du compte de résultat.

Je me suis dit qu’il doit avoir un moyen d’utiliser tous ces chiffres à mon avantage. Parmi tous les livres sur l’analyse fondamentale j’ai choisi « Investir dans la valeur : De Benjamin Graham à Warren Buffett et au-delà » de Bruce Greenwald. Mais il m’a semblé trop complexe à mon goût et j’ai abandonné l’idée d’investir croyant que ce n’était pas pour moi. Mon argent est resté sur mon compte d’épargne et perdait de sa valeur au fil du temps.

Puis j’ai lu Julien Delagrandanne « Investir en bourse : styles gagnants, styles perdants« . Conclusion : l’investissement dans la valeur est une des 2 meilleures techniques en bourse.

Dans ce livre, l’auteur parle du blog des Daubasses ainsi que de la confiance qu’il leur accorde. A ce moment là, j’avais déjà dévoré quelques articles des Daubasses en faisant des recherches et c’est comme cela qu’en juin 2013 je suis devenu client sur ce site.

Tout a bien démarré jusqu’à ce que l’un des titres du portefeuille perde, d’une manière tout à fait imprévisible, plus de 50 % de sa valeur, emportant tous les bénéfices que j’avais (ndlr : il s’agit de Plaza Center). Mais à ce moment là j’étais déjà un investisseur dans la valeur convaincu. Et au lieu de tout vendre et se dire que cette philosophie est fausse je me suis dit qu’il fallait continuer à y croire.

Le premier résultat ne s’est pas fait attendre. Pendant ma semaine de congé de fin d’année, l’un des titres s’est envolé me rapportant un mois de mon salaire comme plus-value (ndlr : il s’agit d’Infosonic). Je suis maintenant non seulement un investisseur dans la valeur convaincu mais un investisseur qui a un résultat, des preuves que cette philosophie fonctionne.

Cela s’est passé très vite à un moment où je ne m’y attendais pas. C’est mon tout premier gain et cela m’encourage très fort pour l’avenir.

Bravo pour votre projet les Daubasses !

J’ai tenu absolument à témoigner, c’est la seule manière que j’ai trouvé pour remercier cette équipe pour leur travail de qualité.

Maintenant je sais que j’ai fait un bon choix en devenant membre du blog des Daubasses. Je conseillerais à faire de même à tous ceux qui hésitent encore à franchir le pas.

Anatole Liovine

Je raconte ce qui m’a permis de sortir de la pauvreté sur mon blog

 

A vous la parole : le niveau des frais dans les différentes maisons de gestion de fonds

Dans cette rubrique, nous vous laissons la parole, à vous, ami(e) lecteur(trice). Cette rubrique est la vôtre : n’hésitez pas à nous proposer des textes de votre choix traitant de l’investissement au sens large.

L’ article que nous vous présentons aujourd’hui est proposé par notre ami Michael. Michael est un membre historique de « Valeur et Conviction ». C’est quoi « Valeur et Convictions » ? Il s’agit d’un groupe d’amis créé  à l’origine (en août 2006, 7 ans déjà !) par des membres du forum Sicav de Boursorama qui ont souhaité discuter, entre eux, d’investissement en actions directes. Petit-à-petit, au sein de « Valeur et Convictions », quelques-uns se sont intéressés aux fameuses « net net » et Michael fut un de ceux-là. Malgré une participation active à notre réflexion de départ, il n’a pas franchi le pas d’intégrer l’équipe des daubasses à l’origine : il préféra rester concentré sur ses investissements en fonds de placement devenant un observateur avisé de ce milieu.

frais de gestion fonds de placement

Un des critères les plus importants qu’il utilise pour sélectionner les fonds dans lesquels il investit, ce sont justement les frais de gestion. En effet, maîtriser ses coûts, c’est une des missions essentielles pour les managers d’entreprise. Et pour des fonds de placement pour lesquels la rentabilité future est encore plus aléatoire, le poids des charges est un des éléments prépondérants de la performance future du fonds.

D’ailleurs, pour certains gérants partisans de l’efficience des marchés comme John Bogle , le niveau de frais est le seul critère qui permettra, sur le long terme, de différencier les performances des différentes sicav.  Même si vous vous doutez que nous ne partageons pas ce dernier point, nous pensons que c’est malgré tout un élément à prendre en compte.

Comme chaque année, Michael a fait le point sur les managements fees des maisons de gestion qu’il suit et, aimablement, nous a proposés un résumé de son travail. Nous avons le plaisir de vous le présenter…

 

 

 

Méthodologie :

 

Nomenclature :

TER (Total Expense Ratio) représente la totalité des frais prélevés sur l’année. Il correspond à la somme des frais de gestion et des frais de surperformance.

Les valeurs sont représentées de la manière suivante dans le tableau :

 

TER (frais de gestion + frais de surperformance).

 

Ex : 2.10 (2+0.10) signifie un TER de 2.10% composé de 2% de frais de gestion et 0.10% de frais de surperformance.

« ? » signifie que la valeur n’est pas précisée.

 

Commentaire :

Le format des documents DICI (Document d’Information Clef pour l’Investisseur) appelé KIID en anglais (Key Investor Information Document) tend à s’homogénéiser entre les différentes maisons.

 

On peut toujours regretter qu’il n’y ait pas d’obligation à fournir les chiffres suivants :

 

– les frais d’intermédiation (transaction, mouvement)

– les frais de surperformance

 

Nous ne connaissons donc pas le réel TER annuel, même si les frais d’intermédiations sont souvent faibles et ne remettent pas en cause l’ordre de grandeur des frais.

La comparaison des frais entre les différents fonds conserve donc du sens, excepté quand la maison ne fournit pas les frais de surperformance, ce qui est heureusement rare.

 

Tableau :

 

Fonds TER 2009 TER 2010 TER 2011 TER 2012 Commentaire
 Fonds   France/Europe 
Sextant   PEA 2.40 4.56   (2.40+2.16) 2.50   (2.41+0.09) 4.29   (2.41+1.88)
Sextant   Europe N/A N/A Non   dispo Non   dispo Non   dispo, car pas assez d’ancienneté
MMC  (Moneta) 4.93   (1.80+3.13) 1.99   (1.80+0.19) 1.80+? 1.80+ ? Chiffre   de surperformance 2012 non précisé. Il s’agit d’un high water mark sur indice   de référence
MME   (Moneta) 1.80 1.80 1.80+? 1.80+ ? Chiffre   de surperformance 2012 non précisé. Il s’agit d’un high water mark sur seuil   de 7%
Entrepreneurs   (Flinvest) Non   dispo 1.80   (1.80+0) 1.79+? 1.79   (1.79+0) La   surperformance est de nouveau précisée en 2012
Tricolore   Rendement 2.37 2.20 2.27 2.28
Valfrance 2.09 2.16 2.12 2.18
Centifolia 2.63 non   dispo 2.60 2.60
Tocqueville   dividende 2.64 non   dispo 2.56 2.69
Agressor 2.84 2.91 2.76 2.77
Bestinfond 1.93 2.25 2.25 1.81
Indépendance   et expansion Non   dispo Non   dispo Non   dispo 3.59   (2.47+1.12) Première   année où les frais sont précisés
 Fonds Mixte 
Carmignac   Patrimoine 2.35   (1.74+0.6) 1.77   (1.77+0) 1.65   (1.65+0) 1.68   (1.68+0)
Echiquier   Patrimoine 1.20 1.20 1.19 1.19
Eurose 1.40 Non   dispo 1.41 1.41
 Fonds Monde 
Sextant   GL  2.06 5.20   (2.06+3.14) 2.08   (2.01+0.07) 4.05   (2.02+2.03)
Sextant   Inc 2.08 5.67   (2.05+3.62) 2.06   (2.02+0) 5.66   (2+3.66) frais   de mouvement inclus
Carmignac   Investissement 5.71   (2.01+3.70) 2.57   (1.88+0.69) 1.78   (1.78+0) 1.81   (1.81+0)
Valeur   Intrinsèque 2.24 2.25 2.26   (2.26+0) 2.26   (2.26+0) Pas   de commission de surperformance prélevée en 2012 alors qu’il y aurait pu en   avoir.
Skagen   global 2.75   (1+1.75) 1.29   (1+0.29) 1.00   (1+0) 1.19
 Fonds   Emergents 
Sextant   ADM  2.42 5.06   (2.42+2.64) 2.47   (2.46+0.01) 2.40   (2.40+0)
Carmignac   Emergents 2.70 3.79   (2.13+1.66) 1.81   (1.81+0) 2.68   (1.77+0.91)
Magellan 2.04 2.01 2.03 2.02
East   Capital Balkan 2.50 2.50 2.46 2.52
East   Capital Eastern Europe N/A N/A 2.49 2.51
 Fonds Matières   premières
Sextant   Peak Oil 2.41 6.99   (2.40+4.52) 2.49   (2.44+0.05) 2.29   (2.29+0)
Carmignac   Commodities 6.96 6.96 2.56   (2.56+0) 2.44   (2.44+0)
Tectonic   Fund Non   dispo 20.81   (2.80+18.01) 2.79   (2.79+0) 2.64   (2.41+0.23)

 

Analyse :

 

L’année boursière 2012 a été au final plutôt bonne, mais assez peu d’OPCVM ont battu leurs indices de référence. Les frais de surperformance n’ont donc été de retour uniquement chez quelques gestionnaires.

Seulement 4 OPCVM ont un TER supérieur à 2.80%, 3 font partie de la maison Amiral gestion et d’Indépendance et expansion. C’est signe d’une belle performance boursière, mais les frais de surperformance de plus 2% pour Sextant Grand Large et Inc. semblent un peu trop importants. Un calcul est peu moins généreux pour la maison de gestion me semblerait une bonne chose pour réellement aligner les intérêts du gestionnaire et du porteur de part.

On voit toujours que les frais des OPCVM des maisons françaises sont plus élevés que leurs homologues européens (TER de seulement 1.19% pour Skagen global et 1.81% pour Bestinfonds).

On peut regretter que 2 OPCVM  n’aient pas fournis leurs frais de surperformance (comme leur autorise la règlementation DICI) : MMC et MME. C’est dommage de la part de la maison Moneta, car le système de high water mark est particulièrement intéressant, mais il devient très complexe pour l’investisseur de savoir s’il a payé ou non des frais de surperformance.

A noter qu’Entrepreneurs précise maintenant sa surperformance en 2012 après un flottement en 2011, il faut saluer cette initiative.

En ce qui concerne Valeur Intrinsèque, David Pastel nous a fait une fleur en ne prenant pas de commission de surperformance en 2012 alors qu’il en avait le droit. C’est un jolie geste commercial (et sans communication sur le sujet), mais sera-t-il rééditer dans le futur ?

Pour la petite histoire, Amiral gestion et Pastel & Associés n’avaient pas leurs documents DICI à jour pour l’année 2012 au moment de cette analyse (juillet 2013), mais qu’une simple demande par email a entrainé une mise à jour rapide, prouvant le sérieux de ces deux maisons.

placement en sicav

.