Archives de catégorie : Anciens Éditos

Ancien edito : Apocalypse now

investir-dans-la-valeur-des-saucissesEn cette période de douceur estivale, l’équipe des daubasses prend
un peu de repos bien mérité.

Certes, entre barbecues et farniente, nous poursuivons notre traque incessante des plus belles daubasses.

Pour la partie rédactionnelle du blog, tout comme les années précédentes, nous avons plongé en apnée dans nos archives afin de vous proposer, cher(e) lecteur(trice), quelques anciens éditos de notre lettre mensuelle tels que nos abonnés ont pu les découvrir à l’époque.

C’était il y a trois ans, une éternité en bourse, une époque durant laquelle la Réserve Fédérale avait Ben Bernake à sa tête, une époque durant laquelle on parlait, déjà, de retour à la normale des niveaux de taux d’intérêt.

C’est donc l’édito de la lettre de juillet 2013 que vous allez retrouver ci-dessous.

Excellente lecture !

Apocalypse Now

En 1979, le réalisateur américain Francis Ford Coppola adaptait librement le roman de Joseh Conrad « Au coeur des ténèbres » au cinéma, et intitulait son film « Apocalypse now ». Cela ne nous rajeunit pas puisque nous avons vu ce film déjanté sur la guerre du Vietnam au cinéma! Les principaux acteurs étaient Marlon Brando, Denis Hopper, Martin Sheene, Robert Duval et Harisson Ford. Film déjanté parce qu’il allait bien plus loin que la guerre du Vietnam et ses horreurs. Film déjanté parce qu’il narrait surtout les conséquences de la guerre sur l’esprit et sur les comportements humains. Pour échapper à la dure réalité de la guerre, les hommes parviennent à créer un monde parallèle, un monde irréel, un monde ou la folie imbibée d’alcool, de drogue, de rites obscurs et de violence, devient réel!

Nous ne voulons évidemment pas gâcher vos vacances, cher( e) lecteur(trice), mais simplement essayer de comprendre ce qui pourrait se passer sur les marchés, après l’annonce de Ben Bernanke de réduire, voire de couper, le « larguage » de « tombereaux » de dollars, sur le monde. Et surtout les conséquences que cela pourrait avoir pour notre portefeuille. Quelle attitude adopter, quelles précautions prendre? En gros, que faire quand on est un investisseur de Daubasses, si nous étions obligé par la force des choses d’être acteur d’un second épisode de « Apocalypse Now », sur les marchés boursiers?

Ce qui nous énerve toujours dans l’équipe des « Daubasses », c’est que si nous comprenons ce que les différents et éminents spécialistes racontent au sujet de la macro, de Charles Gave à Marc Faber, en passant par Bill Gross et d’autres, nous avons un mal fou, voire un blocage continu, pour relier ces conséquences macro à notre manière d’investir, voire à notre portefeuille.

Nous n’allons évidemment pas revenir en détail sur tous les faits avancés par les différents analystes et experts en macroéconomie, mais simplement rappeler de manière synthétique ce qui ce passe depuis le jeudi 20 Juin.

Ben Bernanke annonce donc la fin prochaine du déversement de liquidités sur les marchés, soit 80 milliards et quelques de dollars américains par mois.

Les liquidités sur les marchés vont donc s’assécher et les taux obligataires remonter. Nous allons par conséquent passer d’un marché abreuvé de liquidités à un retour à la réalité économique. Finalement, avec toutes ces liquidités, le marché semblait se moquer complètement de la réalité économique.

Paradoxe, ou monde à l’envers, si Ben Bernanke a décidé de ne plus arroser le monde de dollars, c’est tout simplement parce qu’il pense que l’économie américaine se porte mieux. Or sur les marchés, drogués et alcoolisés aux flots des dollars, et vivant dans un monde irréel, cela semble être une mauvaise nouvelle. Et plus encore. Plus afflueront les signes de meilleure santé de l’économie réelle US, plus les marchés pourraient aller mal, dans le sens d’une chute, bien entendu. Mais pourquoi donc ?

En gros ce serait tout simplement parce que les valorisations boursières des sociétés, traduites par les cours actuels, seraient gonflées à l’hélium “vert dollar” ou que la valorisation des actifs serait grossièrement surestimée. De plus, si nous y ajoutons une remontée des taux, directement en corrélation de l’actualisation des flux de trésoreries, c’est détonnant à la baisse!

Enfin, au niveau européen, de sommets en sommets, on attend toujours qu’il se passe réellement quelque chose pour une Europe plus forte, plus soudée, avec une vraie direction centrale! A terme, cela pourrait aussi être catastrophique!

Ce que nous avons observé sur la période allant de début juin au 21 juin, c’est que notre portefeuille a reculé de 2.80% alors que les marchés, représenté par notre benchmark le tracker MSCI World, a quant ’à lui perdu plus de 7.50%. Et cela nous interpelle, car les marchés et les big caps ont perdu plus du double qu’un panier de société (notre portefeuille) qui ne valent, pour le marché, pas même la valeur de leurs fonds propres! Bien entendu, la remontée du marché sur les trois derniers jours du mois de juin a resserré cet écart, puisque notre portefeuille a perdu sur le mois de juin -2.14% et le MSCI World -3.10%.

Mais nous en venons quand même à nous demander, avec ce début de panique constaté sur les 21 premiers jours du mois de juin, dans quel camp est la réalité, ou formulé de manière différente, quelle catégorie de société possède des actifs gonflés à l’hélium, des liquidités qui ne correspondraient plus a la réalité économique! Et immanquablement, si nous nous basons sur cette première vague de recul, on peut parler de toutes les sociétés qui font des profits, qui ont des avantages concurrentiels et qui se portent plutôt bien. Une daubasse nous semble donc immanquablement liée à sa réalité économique, puisque les difficultés bien réelles qu’elle rencontre, font dire au marché qu’elle ne vaut même pas ses fonds propres. Dans la semaine du 17 au 21 juin, vous aurez par exemple remarqué que pendant que le marché perdait plus de 2% sur la semaine, une société comme Amtech, affichant de bons résultats et de meilleurs perspectives grâce à son activité dans le solaire, s’est appréciée de plus de 30% sur la semaine, atteignant sa VANT. En gros, l’explosion due à des faits bien réels en pleine déprime, ne se souciant pas de la déprime du marché!

Nous ne disons évidemment pas que l’investisseur de Daubasse est à l’abri d’un choc, bien au contraire, plus la peur montera, plus nous serons également exposés à un recul de notre portefeuille et nous n’excluons jamais un -20%, voire plus…. Mais ce que nous disons, c’est que les actifs que nous détenons sont nettement plus liés à la réalité économique de nos sociétés que tout autre catégorie, et en aucun cas surestimés ou valorisés par le flot de liquidités.

Dernier point, si nous observons le déroulement naturel de notre process sur notre portefeuille depuis plusieurs mois, on constate que nous avons plus vendu parce que nos sociétés ont atteint leur VANT, qu’acheté. Tout simplement parce que les occasions à très bon prix se sont raréfiées. Nous disposons donc actuellement d’un beau matelas de liquidités, nous permettant de profiter de sociétés dont le cours serait à l’avenir massacré par la peur. En fait, nous n’avons jamais, en presque 5 ans, disposé d’autant de liquidités ! Comment dans ce cas éprouver la moindre peur d’un possible nouvel « Apocalypse now », signé cette fois Ben Bernanke?

Avant de vous laisser découvrir nos deux dernières trouvailles, nous espérons que cet édito vous permettra de dormir tranquille pendant vos vacances, quoi qu’il se passe sur les marchés. Et surtout, de vous réjouir si de très belles occasions venaient à pointer le bout du nez.

Excellentes vacances à tous!

Ancien édito : sommes-nous en situation de bulle ?

investir-dans-la-valeur-des-saucissesEn cette période de douceur estivale, l’équipe des daubasses prend
un peu de repos bien mérité.

Certes, entre barbecues et farniente, nous poursuivons notre traque incessante des plus belles daubasses.

Pour la partie rédactionnelle du blog, tout comme les années précédentes, nous avons plongé en apnée dans nos archives afin de vous proposer, cher(e) lecteur(trice), quelques anciens éditos de notre lettre mensuelle tels que nos abonnés ont pu les découvrir à l’époque.

C’est l’édito de la lettre de juin 2013 que vous allez retrouver ci-dessous. En fin d’article, vous trouverez les données actualisées à ce jour.

Excellente lecture !

Sommes-nous en situation de bulle ?

Devons-nous rester sur le marché ou nous couvrir ?

C’est le genre de question que, comme vous vous en doutez, ami(e) lecteur(trice), nous … ne nous posons pas.

Les traders nous parleront d’excès d’optimisme en analysant le VIX ou le EPCR.

Les suiveurs de tendance nous parleront de poursuite de la tendance haussière.

Les macro-économistes nous diront que la hausse des actions n’est pas en phase avec les données macro-économiques.

Pour notre part, et nous sommes absolument désolés de ne pas pouvoir vous éclairer sur ce point, nous n’avons aucun avis sur la question.

Mais nous pouvons néanmoins nous faire une idée du chemin qu’il resterait à accomplir par le marché pour atteindre des sommets d’exubérances joyeuses ou, au contraire, des profondeurs de morosités dépressives.

Pour ce faire, nous avons comparé la valorisation du S&P 500 pris dans son ensemble sur 4 périodes récentes : 2 périodes d’euphorie et 2 périodes de marasmes.

Les périodes d’euphorie pour commencer :

Le 31/03/2000, le S&P 500 était valorisé à :

5,06 fois la valeur comptable des entreprises qui le composent

1,77 fois ses ventes

Et présentait un rendement du dividende moyen de 1,15 %

Le 30/06/2007, le S&P 500 était valorisé à :

2,9 fois son price to book

1,52 fois ses ventes

Et le rendement du dividende était de 1,73 %

Passons maintenant aux périodes de creux :

Le 31/03/2003, le S&P 500 était valorisé à :

2,58 fois sa valeur comptable

1,25 fois ses ventes

Et le rendement du dividende était de 1,82 %

Le 31/03/2009, le S&P 500 était valorisé à :

1,78 fois sa valeur comptable

0,80 fois ses ventes

Et le rendement du dividende était de 3,15 %

Après avoir fixé ces 3 bornes, nous pouvons à présent établir les valorisations actuelles de l’indice large de la bourse américaine (NDLR : il s’agit bien des valeurs au moment de la rédaction de cet article, soit fin mai 2013)

Nous avons :

2,51 fois la book value

1,53 fois les ventes

1,9 % de rendement des dividendes

Quelles conclusions pouvons-nous en tirer ?

Eh bien que pour atteindre les sommets de valorisation de mi-2007, l’indice américain devrait gagner encore 9 %.

Pour atteindre le sommet de valorisation exceptionnelle de début 2000, il lui faudrait prendre encore … près de 52 % !

Comme on le voit, si les marchés veulent vraiment se montrer exubérants, nous sommes encore loin d’un sommet possible.

A contrario, les planchers de valorisation se situent 7 % plus bas pour celui de début 2003 et 38 % plus bas pour les valorisations de début 2009.

Etonnant n’est-ce pas que cette situation dans laquelle, contrairement au sentiment ambiant, nous sommes, en terme de valorisation, plus proche des excès baissiers que des excès haussiers ?

Nous pouvons donc voir, au travers de cette petite statistique sans prétention, que le marché peut tout aussi bien aller beaucoup plus haut que son niveau actuel, mais qu’il peut tout aussi bien descendre bien plus bas.

Vous voilà donc bien avancés … Une bien belle manière pour nous de ne pas nous mouiller … tout simplement parce que nous en sommes incapables.

En effet, fidèles à notre stratégie, nous avons décidé de nous concentrer uniquement sur ce que nous savons : la valeur patrimoniale des entreprises prises individuellement. Et nous nous penchons uniquement sur ces cas individuels sans tenir nullement compte d’un aspect global.

Nous procédons, sans précipitation et de manière méthodique, dans le respect de notre process, à des ventes dont le cours est arrivé « à maturité » et nous ne nous pressons absolument pas pour investir « à tout prix ».

C’est ainsi qu’entre le 15 mars et aujourd’hui, le niveau de liquidités disponibles pour le portefeuille de notre club est passé de 7,47 % à un niveau record pour nous de 12,5 %. Cet augmentation du cash ne s’est évidemment pas fait dans un but de market timing ou de prédiction « à la Roubini » (au fait, on n’en entend plus trop parler de celui-là). Juste des décisions basées sur la valeur et la volonté de maximiser nos marges de sécurité … Ce qui constitue pour nous le meilleur moyen de sécuriser un capital à long terme.

Ce qui ne nous empêche pas de poursuivre notre traque incessante, de continuer à analyser une multitude de cibles potentielles comme vous pourrez le voir dans la présente lettre avec deux sociétés qui sont bien positionnées sur nos radars …

 

*** Actualisation au 27/07/2016 ***

Aujourd’hui, le price to book du S&P 500 est de 2,9 , il cote à 1,92 X son chiffre d’affaires et le rendement sur dividende est de 2,05 %.  Sa valorisation commence donc à flirter avec le pic de 2007 mais, hormis le rapport cours/ventes, il reste à distance appréciable de la bulle 2000.  Pas plus qu’en 2013, nous n’en tirons vraiment des conclusions définitives.

Ancien edito : se comporter comme le patron d’un holding …

vacances boursièresEn cette période de douceur estivale, l’équipe des daubasses prend
un peu de repos bien mérité.

Certes, entre barbecues et farniente, nous poursuivons notre traque incessante des plus belles daubasses.

Pour la partie rédactionnelle du blog, tout comme les années précédentes, nous avons plongé en apnée dans nos archives afin de vous proposer, cher(e) lecteur(trice), quelques anciens éditos de notre lettre mensuelle tels que nos abonnés ont pu les découvrir à l’époque.

C’est l’édito de la lettre de mai 2013 que vous allez retrouver ci-dessous. Nous avons néanmoins actualisé les graphiques qui sont présentés avec les données au 30/06/2016.

Excellente lecture !

Se comporter comme le patron d’un holding …

 

Trop souvent, l’investisseur individuel reste brouillon dans son approche de l’investissement et ne porte attention qu’à sa performance globale alors que, finalement, cette performance ne constitue que le résultat. Ce résultat est, en réalité, le fruit d’un processus d’investissement et est composé de la somme des réussites et des échecs de ses différentes positions.

Si le patron d’une petite épicerie ne sait pas toujours combien il lui reste de boîtes de corned-beef ou de sardines à l’huile d’olives en rayon, le patron d’une holding connaît tous les détails de ses participations et à tout moment. De ce fait, il peut prendre n’importe quelle décision rapidement. Il est aussi capable de faire une analyse nuancée de son portefeuille sur tel ou tel évènement.

Même si les sommes en jeu sont infiniment plus petites, nous pensons donc que chaque investisseur individuel devrait se comporter comme un patron de holding vis-à-vis de ses participations : quand vous achetez une participation dans une société que ce soit pour 1 million d’euros ou pour 1.000 euros, vous achetez principalement des actifs mais aussi des dettes dans des quantités certes différentes, mais finalement proportionnelles quelle que soit la taille des en-cours que vous gérez.

L’Equipe des Daubasses, cher(e) lecteur(trice), ne sont pas plus que vous des professionnels de l’investissement, dans le sens où ce n’est pas notre profession.

Par contre, chacun d’entre nous, d’abord de manière individuelle et ensuite collectivement, a toujours essayé d’aborder l’investissement avec une approche professionnelle et ce, à tous les niveaux : construction du « process », analyses de sociétés et détails de nos participations. Vous connaissez sans doute relativement bien les deux premiers niveaux sur lesquels nous nous sommes déjà étendus en long et en large sur notre blog. C’est la raison pour laquelle nous allons à présent traiter du troisième niveau.

Le point central de ce troisième niveau se précise avec quelques données statistiques de l’ensemble du portefeuille qui peuvent vous aider à certains moments pour une analyse nuancée ou pour évaluer la pertinence de vos choix de manière chiffrée, sans concession.

Commençons donc par le commencement! Comme c’est important de projeter ce que l’on va faire, puis de faire ce que l’on a projeté, il nous semble aussi important de mesurer ce que l’on a fait de manière cohérente. Nous vous suggérons donc de calculer la performance de votre portefeuille comme le font les gestionnaires de fonds communs de placement avec sorties et entrées de capitaux un peu comme nous l’avions expliqué dans cet article 

C’est de cette manière que nous calculons la valeur de marché d’une part du portefeuille de notre club d’investissement, ainsi que le rendement généré à fréquence hebdomadaire.

Néanmoins, à l’instar de certains hommes politiques lorsqu’ils déclarent leur patrimoine, il y a la valeur du patrimoine que l’on voit (dans notre cas, celle donnée par le marché) et la valeur réelle du patrimoine (dans notre cas la Valeur d’Actif Net Tangible).

Pour nous, c’est un point très important car il est d’une aide précieuse sur le plan psychologique.

Pourquoi ? Comme le chasseur de Daubasses achète des actifs avec décote, il paie une action au prix du jour et reçoit en échange des actifs de la société pour une valeur qu’il espère être supérieure à ce qu’il a payé.

Comme nous le savons tous, les actifs sont bien moins volatils que les cours et, comme le rappelait Walter Schloss, plus stables que les profits.

Avec la Valeur des Actif Net Tangible, vous avez à tout moment un point basique de la valeur minimum de votre portefeuille, bien au-delà des cours et des profits.

Dans les moments de grosses turbulences des cours, vous avez alors une donnée bien précise à laquelle vous raccrocher pour ne pas subir la loi de Monsieur le Marché, lui qui vous donne son sentiment avec les cours mais jamais sur la valeur de vos actifs (du moins à court terme). Si vous possédez des actifs de 5€ que vous avez payé 1.5€, le fait que le cours passe à 1.35€ ne remet pas en cause la valeur de vos actifs, qui reste bien à 5€.

Nous ne reviendrons pas sur le calcul de la VANT que vous trouverez en fin de lettre dans la rubrique « Pour mieux appréhender les Daubasses ». Mais nous précisons que pour calculer la Valeur des Actifs Nets Tangibles par part du portefeuille, il vous faut tout d’abord la calculer pour chaque société de votre portefeuille, ensuite la multiplier par le nombre d’actions détenues de chacune de ces sociétés, les additionner toutes et enfin les diviser par le nombre de parts de votre portefeuille.

Pour le portefeuille Daubasse au 12 avril 2013, la valeur d’une part du portefeuille était de 6.03€ et la valeur des actifs net tangible ramenée à une part était de 15.02€.

Ces deux paramètres vous permettent d’estimer un potentiel théorique pour votre portefeuille. Puisque nous considérons que la VANT constitue notre seuil de vente et donc que de manière théorique nous liquiderions tout notre portefeuille à 15.02€, on peut donc estimer que le potentiel d’appréciation est de (15.02 / 6.03 ) -1 soit +149.14%.

Vous aurez compris qu’il s’agit là d’une simple estimation car il est impossible de déterminer en combien de temps se réalisera ce potentiel. De plus, cette estimation est établie à une date précise et elle doit être mise à jour en fonction de l’évolution de chacune des VANT lors de la publication des rapports financiers.

Ce paramètre nous semble également utile pour les futurs achats : il permet de situer le potentiel d’une société que l‘on vient de dénicher par rapport au potentiel de l’ensemble du portefeuille.

Dans notre exemple précis, si nous voulons améliorer le potentiel global de notre portefeuille, nous devrions théoriquement n’acheter que des sociétés dont le potentiel cours/VANT est supérieur à 149.14%.

Évidemment, nous ne disons pas forcément qu’une société au potentiel de 100% est forcément un mauvais investissement. Néanmoins, nous mesurons ainsi la conséquence chiffrée sur le potentiel théorique de notre portefeuille.

Nous pensons qu’essayer d’améliorer autant que possible ce potentiel théorique renforce notre discipline d’achat : si nous trouvons une superbe daubasse dont l’analyse est concluante mais dont le potentiel estimé est nettement inférieur à celui, global, de notre portefeuille, nous réfléchirons à deux fois avant de passer à l’achat et serons peut-être incités à attendre un cours plus intéressant qui permettra d’augmenter mécaniquement le potentiel global du portefeuille.

La solvabilité de l’ensemble de notre portefeuille est un autre paramètre important car il permet de constater rapidement la solidité financière de votre mini holding.

En fait, quand vous achetez quelques actions d’une société, vous achetez des actifs et des passifs.

Si vous avez bien assimilé les leçons du professeur Graham (mais aussi d’une multitude d’autres investisseurs dans la valeur), le risque lié à un investissement est corrélé, entre autres, à son endettement. Bien évidemment, en période faste, le levier de l’endettement peut propulser la valeur d’une société dans les étoiles … mais lors des creux conjoncturels, ce levier peut être fatal car les flux entrants de liquidités se tarissent alors que les remboursements de dette se maintiennent, voire, parfois, augmentent.

Nous n’allons pas revenir sur le calcul de la solvabilité que vous retrouverez également dans la rubrique « Pour mieux appréhender les Daubasses » à la fin de cette lettre. Rappelons juste que nous avons fixé un seuil de solvabilité, qui nous semble acceptable, à 40%. Ce critère est pour nous éliminatoire dans notre décision d’achat.

Pour calculer au plus juste la solvabilité de l’ensemble de votre portefeuille, il faut pondérer les solvabilités de chaque société. Ainsi, imaginons que votre portefeuille vaut 15.000 € et qu’une ligne de celui-ci y vaut 1.000€, sa pondération sera de 6,66% (=1.000/15.000). Si la solvabilité de cette société est de 80%, nous appliquons la formule suivante : 6,66% * 80, soit 5,33%. En additionnant toutes les solvabilités pondérées, nous obtenons la solvabilité globale de notre portefeuille. A titre d’exemple, le portefeuille de notre club a une solvabilité de 90,81%, forcément largement supérieure aux 40% exigés mais cela signifie aussi que, globalement, presque tous les passifs sont couverts par du cash (en théorie, une solvabilité telle que nous la calculons, de 100 % ou plus, signifie que les liquidités de l’actif sont égales ou supérieures à l’ensemble du passif, comme nous l’expliquions ici.

Données actualisées au 30/06/2016 - cliquez sur le graphique pour l'agrandir
Données actualisées au 30/06/2016 – cliquez sur le graphique pour l’agrandir

Ce paramètre de solvabilité de l’ensemble de votre portefeuille nous permet également de mesurer où se situent nos nouveaux achats, si nous renforçons ou si nous affaiblissons la solvabilité de notre holding.

La diversification est un point essentiel, de notre point de vue, pour un portefeuille de Daubasses.

Fixer au départ un nombre minimum de sociétés pour notre portefeuille nous a permis de fixer le poids d’une société au sein de notre portefeuille. Par exemple, si on décide de diversifier un portefeuille avec 20 sociétés, le poids de chaque société sera de 5%, ce qui signifie qu’à l’avenir, chaque achat ne dépassera jamais, en valeur d’acquisition, ce poids de 5 %. Ceci n’empêche d’ailleurs pas, à un moment ou l’autre, d’avoir en portefeuille 30 sociétés.

A titre d’exemple, quand nous avons lancé notre portefeuille, nous avons fixé notre diversification à 30 sociétés, soit une pondération de 3.33% maximum par société. Aujourd’hui, nous détenons en portefeuille 63 sociétés et n’avons jamais investi plus de 3.33% de la somme totale de notre portefeuille sur une seule ligne.

Ce type de diversification présente deux avantages qui dépassent le simple cadre de la diversification. Le premier est que si, à un certain moment, nous manquons complètement d’objectivité en raison d’une « forte conviction », nous restons malgré tout dans les limites qui nous sont apparues sensées lors de l’élaboration du process.

Pour la petite anecdote, sur base de notre courte expérience d’un peu plus de quatre ans d’investissement en Daubasses, ce n’est pas sur nos plus fortes convictions que nous avons obtenu les meilleurs résultats.

Par exemple, le 8 juin 2009, nous découvrons la société Transworld Entertainement, une chaîne de distribution de films sur cassettes vidéo, de CDs et autres supports qui commencent à être complètement dépassés. Nous ne laissons pas notre très faible conviction sur l’activité prendre le dessus puisque cette entreprise correspond parfaitement à nos critères et nous l’achetons. Petit problème : nous faisons une erreur de quantité lors de la passation de l’ordre et nous nous retrouvons avec une position largement supérieure à nos fameux 3.33%. Le pire, c’est que nous ne nous en rendons pas compte tout de suite mais bien une quinzaine de jours plus tard. Et, sur le laps de temps, le cours a pris 25%. Pour rectifier notre “erreur” et ramener la position à 3.33% nous vendons le surplus d’actions. Ensuite, vu nos faibles convictions persistantes sur l’activité, nous n’avons jamais renforcé alors que nous en aurions eu l’occasion à maintes reprises puisque la pondération maximale de 3.33% qui représentait une ligne de 500€ au lancement du portefeuille est très vite devenue, en fonction de l’évolution de la taille de celui-ci, 1 000€ puis 2 000€ et plus encore par la suite. Résultat de ce peu de conviction presque 4 ans plus tard : +434% en euros ou un bagger à plus de 5X la mise !

A contrario, quand nous avons découvert nos premières chinoises, nous avions de très bonnes convictions, que ce soit sur New Dragon Asia, T Bay Holding ou encore China Crescent. Nous n’avons jamais dépassé la limite de 3.33% mais nos très bonnes convictions à l’intérieur de notre process nous ont poussé à renforcer ces chinoises, et même plusieurs fois. Et vous connaissez le résultat : un désastre….

Le second avantage de cette limite de 3.33%, c’est que nous connaissons à l’avance notre perte potentielle maximum, que ce soit sur une erreur de notre part ou pour une toute autre raison.

Tout investisseur « value » est exposé un jour ou l’autre à des pertes : s’il pondère les lignes de son portefeuille à 20% et qu’il perd 50% sur une de ces lignes, il perd 10% de l’ensemble. Si les lignes sont pondérées à 3.33% et qu’il perd 50% sur une de ces lignes, c’est seulement 1.66% de perte globale, soit 6 fois moins de perte que les 10%. Ceci signifie que l’investisseur qui pondère à 3.33% peut se permettre 5 erreurs de plus pour arriver aux mêmes 10% de perte globale sur son portefeuille.

Dans notre portefeuille, nous avons une « cellule Excel » qui indique en permanence ce que représente nos 3.33% en euros par rapport au total : quand nous décidons d’acheter, nous connaissons automatiquement la limite du montant à ne pas dépasser, quelle que soit la merveille trouvée et toutes les convictions puissantes du moment.

En termes de suivi de la diversification, nous faisons également un petit tableau avec la répartition des devises de notre portefeuille. Il suffit de ramener chaque devise en euro et de les pondérer par rapport au total. Ce tableau « devises » ne nous semble pas capital et pourtant, il peut parfois également venir en soutien psychologique pour l’investisseur, sur le court terme.

En effet, si nous savons depuis assez longtemps que l’effet devise dans les pays industrialisés est quasi nul en terme d’impact sur le rendement et sur le très long terme, il n’est est pas forcément de même à plus court terme.

Chaque semaine, nous constatons l’impact des variations de change sur la performance hebdomadaire. C’est évidemment sans grande importance sur 7 jours… Et on peut également constater l’effet du change sur l’année complète. Ces constatations peuvent nous faire relativiser une perte (temporaire?) si c’est le change qui a aggravé cette perte … tout comme un gain d’ailleurs.

Enfin, sur nos sociétés vendues, nous effectuons un petit calcul nous permettant de voir ce que 1€ investi nous a rapporté. C’est bien entendu inclus dans la performance globale. Mais ici aussi, cela peut nous aider à passer une turbulence de marché plus sereinement puisque avec seulement les sociétés vendues, c’est notre méthode qui nous parle.

Le calcul est simple : nous moyennons nos gains sur les opérations gagnantes et moyennons nos pertes sur les opérations perdantes. Ensuite, nous comptabilisons le nombre total d’opérations clôturées (donc actions achetées et vendues). Nous calculons ensuite le pourcentage de ligne en profit par rapport au nombre total d’opérations. Nous faisons de même avec les lignes perdantes. Enfin, nous divisons la pondération de gain par celui des pertes.

Voilà donc, ami(e) abonné(e), les quelques ratios qui nous permettent d’avoir une vision globale de notre patrimoine « à la manière d’un patron de holding ». Pas de quoi se prendre pour Albert Frère ou Vincent Bolloré, mais suffisamment selon nous pour avoir une vision globale de nos participations.

données actualisées au 30/06/2016
données actualisées au 30/06/2016

Dans cette lettre, ainsi que les suivantes, nous vous présenterons les paramètres que nous venons de décrire pour notre club, paramètres qui étaient jusqu’ici réservés à notre usage personnel.

 

Ancien édito : malgré Chypre !

joyeux noel et bonne année boursière 2016En cette période de trêve des confiseurs, l’équipe des daubasses prend un peu de repos bien mérité.

Entre pralines, foie gras et dindes, le tout copieusement arrosé d’Orval et autres nectars houblonnés, nous poursuivons notre traque incessante des plus belles daubasses.

Néanmoins, pour la partie rédactionnelle du blog, tout comme les années précédentes, nous avons plongé en apnée dans nos archives afin de vous proposer, cher(e) lecteur(trice), quelques anciens éditos de notre lettre mensuelle tels que nos abonnés ont pu les découvrir à l’époque.

C’est l’édito de la lettre d’avril 2013 que vous allez retrouver ci-dessous.

Excellente lecture !

Malgré Chypre…

Malgré la « crisette » chypriote, la « grande correction » que beaucoup attendent depuis des mois n’a pas encore eu lieu.

Quel que soit le critère choisi, on se rend compte que les prix payés pour acquérir « le marché » restent à des niveaux raisonnables, même si on ne peut plus parler de « prix cassés ».

Prenons l’indicateur de Morningstar qui établit la fair value de la bourse américaine selon la méthode de « l’actualisation des flux de trésorerie futurs » de chaque société.

valorisation du marché américain

Comme vous pouvez le constater, le graphique nous montre une légère surévaluation, phénomène qui n’est arrivé qu’à de rares occasions sur les douze dernières années.

« Mais les taux d’intérêt sont très bas, ce qui suppose une augmentation de la valeur d’actualisation des cash-flows futurs des sociétés prises en compte par Morningstar. Rien n’indique qu’ils se maintiendront à ce niveau au cours des années qui viennent. »

Absolument cher(e) abonné(e)… Mais prenons d’autres critères qui ne tiennent pas compte de ce contexte de taux, nous obtenons des résultats encore plus intrigants.

Voici par exemple un tableau qui reprend le rapport entre la capitalisation boursière d’un pays et son PIB. Dans la première colonne, le ratio moyen historique et dans la 2e colonne, le ratio actuel.

valorisation des marches d actions

Que constatons-nous ? Finalement, que seuls 3 marchés posent vraiment problème : les Etats-Unis, le Royaume-Unis et l’Allemagne. Vous noterez au passage, qu’outre les « pays daubasses de la zone euro », un certain nombre de marchés asiatiques présentent des valorisations encore relativement attrayantes, du moins globalement.

Mais c’est ici que les choses se corsent : les 3 pays « chers » représentent à eux trois, près de 50 % de la capitalisation boursière mondiale. Mais c’est aussi parmi ceux qui constituent notre terrain de chasse privilégié pour la chasse à la daubasse. Ils offrent en effet souvent une information financière fiable, les droits de propriété et des actionnaires y sont respectés et, last but not least, ils sont accessibles aux particuliers au départ de la plupart des courtiers en bourse classique.

Ce constat, nous le tirons également par notre expérience personnelle de chasseurs émérites : les opportunités correspondant à nos critères se font de plus en plus rare et nous atteignons un niveau de liquidité jamais atteint depuis nos débuts : 10,5 % du total, auquel il faut ajouter ce que nous recevrons probablement de notre apport à l’offre de rachat sur Elephant Capital, ainsi que ce que nous encaisserons vraisemblablement dans les semaines qui viennent sur plusieurs de nos participations qui arrivent à maturité et sur lesquelles nos plus-values sont déjà « actées » avec le placement de nos stop-loss. De quoi monter à un bon 13 % !

Nous continuons une traque acharnée pour découvrir les plus belles opportunités pour notre portefeuille et nous en trouvons !

Néanmoins, comme vous pouvez sans doute le constater, nous ne sommes pas passés récemment massivement à l’achat.

En effet, nous ne voulons pas reproduire nos erreurs de début 2011 (où vous remarquerez d’ailleurs que « l’indicateur de Morningstar » était plutôt en phase optimiste) : suite à une augmentation de capital et à la vente de l’une ou l’autre ligne, nous disposions de pas mal de liquidités et nous partions du principe qu’un investisseur value se devait d’être full invested : la hausse des marchés ne risquait-elle pas de se poursuivre, nous laissant sur le carreau et surtout sans opportunité(s) ?

Même si nous avions acheté en suivant à la lettre nos critères de décote et de solvabilité, nous nous sommes rendus compte que nous l’avions fait dans la précipitation et avec insuffisamment de réflexion, sans garder de cartouches. C’est effectivement à cette période que nous avons acheté d’obscures sociétés chinoises, renforcé d’autres chinoises déjà en portefeuille et acheté deux ou trois « Pink-Sheet » qui offraient une information financière très légère.

Aujourd’hui, nous sommes bien plus prudents : nous évitons évidemment les sociétés chinoises et n’achetons des sociétés cotées sur les marchés non-règlementés que si elles communiquent leurs données financières de manière régulière et claire.

Mais nous souhaitons aussi n’acquérir que des sociétés qui vont renforcer significativement le potentiel de notre portefeuille. Ainsi, comme vous pouvez le constater, le rapport cours/VANT pondéré de celui-ci est de 153 %. Ce qui signifie que, théoriquement, tout achat de sociétés présentant un potentiel inférieur fait baisser le potentiel du portefeuille.

C’est la raison pour laquelle nous n’avons, à ce jour, pas procédé à de nouvelles acquisitions. Nous continuons calmement à remplir notre watch list, nous analysons régulièrement l’une ou l’autre entreprise qui nous semble attrayante, mais nous ne passerons à l’achat que si nous trouvons des sociétés au rapport « rendement/risque » acceptable et avec un potentiel individuel qui ne pénaliserait pas le rendement global de notre portefeuille.

Ceci ne nous empêche pas de proposer à nos abonné(e)s nos meilleures opportunités du moment. Ainsi, dans cette lettre mensuelle, vous trouverez :

– Une techno qui répond parfaitement à nos critères d’investissement mais assez illiquide : nous aimerions une marge de sécurité supplémentaire pour compenser cette illiquidité

– Une autre techno assez décotée mais pas suffisamment pour répondre à nos critères et que nous plaçons sous surveillance

– Enfin une entreprise allemande qui répond parfaitement à nos critères et qui nous a réellement enthousiasmé. Nous avions rédigé l’analyse de celle-ci (nous n’écrivons pas seulement nos analyses dans le cadre des lettres mensuelles, en réalité, nous les écrivons avant tout pour nous-mêmes et nous obliger à traiter une société en profondeur avant de passer à l’achat) et, de manière unanime, comptions en acheter une belle portion… jusqu’à ce que nous nous rendions compte que l’action se négociait uniquement sur la bourse de Munich et non le Xetra. Notre courtier ne nous permet effectivement pas d’y opérer. Néanmoins, le travail étant réalisé, nous vous proposons cette analyse à titre de « bonus » pour les abonné(e)s qui, parmi vous, auraient la possibilité de l’acquérir.

 

Ancien edito : une approche festive et carnavalesque de l’investissement

joyeux noel et bonne année boursière 2016En cette période de trêve des confiseurs, l’équipe des daubasses prend un peu de repos bien mérité.

Entre pralines, foie gras et dindes, le tout copieusement arrosé d’Orval et autres nectars houblonnés, nous poursuivons notre traque incessante des plus belles daubasses.

Néanmoins, pour la partie rédactionnelle du blog, tout comme les années précédentes, nous avons plongé en apnée dans nos archives afin de vous proposer, cher(e) lecteur(trice), quelques anciens éditos de notre lettre mensuelle tels que nos abonnés ont pu les découvrir à l’époque.

C’est l’édito de la lettre « carnavalesque » de mars 2013 que vous allez retrouver ci-dessous.

Excellente lecture !

Approche carnavalesque

L’équipe des Daubasses profite d’une petite excursion européenne pour vous rapporter ses bons plans. En plein hiver, c’est la région de la Hesse et plus précisément dans la région de Rheingau, que nous avons notre lieu de villégiature. Peu connue au niveau européen, cette région allemande est réputée dans le pays comme destination touristique. Tout d’abord pour sa douceur de vivre. A quelques encablures de la financière et internationale Francfort, Rheingau est réputée pour sa bonhommie. En effet, il s’agit d’une des plus grandes régions viticoles allemandes. Les Riesling et autres Pinots Noirs (Spätburgunder, en allemand) n’ont rien à envier aux crûs français d’Alsace et de Bourgogne. Sans oublier le fameux « Sekt », un mousseux local tout à fait honnête qui vaut bien des crémants que nous pouvons trouver outre-Rhin. Le tout à des rapports qualité/prix intéressants.

Pour ne rien gâcher à cet aspect gastronomique, Wiesbaden, la capitale du Land (l’équivalent français administratif de la Région, mais avec une autonomie de gestion et de décision politique largement plus développée) est un haut lieu de détente avec ses sources thermales centenaires. Les nantis ne sont pas trompés, l’ancienne ville du Kaiser détient la densité de millionnaires la plus importante d’Allemagne. L’architecture vaut également le détour avec ses splendides bâtiments et ses grands boulevards pour la plupart pétions qui, ra-conte-t-on, ont été érigés dans le but de ressembler à Paris. C’est une impression d’espace, de grandeurs et de quiétude qui imprègne le promeneur rêveur. Ok, vous devez vous demander où nous voulons en venir. Quels rapports donc avec l’investissement avec cette balade en Allemagne ?

Tout d’abord, cette petite excursion se veut salvatrice pour tous ceux qui pensent qu’il faut absolument parcourir 10 000 km en avion pour se dépayser et découvrir de nouveaux lieux exceptionnels. Qui irait en plein hiver passer une semaine aux bords du Rhin, à Eltville ou Wiesbaden ? Bon, ok… Venons-en aux faits.

Cette période de l’année est en fait un peu « magique » en Allemagne. Il y a les allemands qui détestent et ceux qui adorent. Personne ne reste indifférent à cette période de Carnaval (Karneval), principalement fêtée dans l’Ouest de l’Allemagne (Cologne, Francfort, Mayence, Constance, …). Du même tonneau que toutes les fêtes carnavalesques à cette époque à travers l’Europe. Pendant plusieurs jours, les allemands fêtent la fin de l’hiver et se déguisent, font la fête, boivent (un peu..), les « carnavélistes » prennent possession des hôtels de villes et de tous les lieux de décisions politiques pendant plusieurs jours. Et surtout, il y a les fameuses parades.

C’est un événement étonnant pour le touriste qui ne connaît pas cette tradition. Par exemple, à Wiesbaden, une parade avec de nombreux chars défile pendant plusieurs heures. Environ 4 heures. Sur ces chars, des gens déguisés, plus ou moins masqués, bombardent littéralement une foule en furie sur les abords des rues, de toutes sortes de confiseries, chocolats, ballons, bières, bouteilles de vins (!), …

Les enfants sont les premiers concernés par cet évènement. Equipés d’un énorme sac, c’est à celui qui récupérera le plus de bonbons, chocolats, … En tant que chasseurs d’opportunités, pour nous, ce concept ne nous a pas laissé indifférent : récupérer toutes ces bonnes choses caloriques… gratuitement ! Quel Bonheur. Bien entendu, les enfants ne sont pas les seuls à s’adonner aux joies de la collecte de tous ces cadeaux. Lors des « largages » en plein air des présents, la foule se jette systématiquement vers les chars les bras en l’air pour tenter de capter en plein vol le maximum de choses. A ce moment critique, pour vous assurer de récupérer le maximum de confiseries, vous devez alors jouer des coudes, être plus grand que les autres, chasser ces « saloperies » de gosses qui trainent dans vos pattes, … Bref, vous êtes en concurrence directe avec une multitude de personnes, elles aussi, comme vous, avides de ces précieux présents gratuits.

Et là, au milieu de cette marée humaine, nous voyons un petit garçon qui n’est pas avec les autres. Mais que fait-il ? Pourquoi ne se rue-t-il pas vers les chars comme les autres enfants lors des envois de marchandises ? En fait, ce gamin, bien plus malin que les autres, ne se bat pas avec difficulté avec les enfants plus grands que lui, plus vifs et plus forts qui attrapent en plein vols les bonbons. Simplement, il récupère par terre tout ce que les gens n’ont pas réussi à attraper directement dans les airs. Son sac est plein de bonbons, son sourire grand jusqu’aux oreilles. En quelques minutes, il abat le travail équivalent à celui de plusieurs heures des autres enfants ! En fait, ce gamin a mis en place une stratégie qui lui permet de récupérer bien plus de confiseries que les autres enfants, avec beaucoup moins d’efforts. C’est peut-être une méthode moins « festive », mais pour le moins efficace et le résultat est là.

Ce comportement nous a rappelé celui de Warren Buffet comme expliqué dans sa biographie « L’effet boule de neige ». Alors qu’il n’était encore qu’un enfant, Warren adorait aller aux champs de course avec son copain Russ dans les années 40 à Ohama :

« Warren et Russ étaient trop jeunes pour parier, mais ils comprirent rapidement comment gagner de l’argent. Parmi les mégots de cigarette, les trainées de bière, les vieux programmes, et les restes de hot-dog, dans la crasse et la sciure des gradins d’Ak-Sar-Ben, des milliers de tickets abandonnés s’étalaient. Les garçons se transformaient en véritables chiens truffiers à la recherche de ces tickets.

« On appelle cela « faire les poubelles ». Au début de la saison des courses, beaucoup de gens viennent qui n’ont jamais vu une course sauf au cinéma. Et ils pensent que si leur cheval arrive en deuxième ou troisième position, ils n’ont rien gagné, parce qu’on accorde toute l’importance au gagnant. Ils jettent alors leurs billets d’entrée et leurs tickets de pari. Autre occasion où on peut se faire beaucoup d’argent : lorsqu’a lieu une course contestée. Une petite lumière s’allume pour dire «contesté » ou « protestations ». Alors, certaines personnes jettent leurs tickets. Entre temps, il suffisait pour nous de les récupérer. Nous ne les regardions même pas, nous ramassions tout ce qu’on trouvait. Le soir venu, on les examinait. C’était horrible, les gens crachaient par terre. Mais nous nous amusions beaucoup. Si je trouvais des tickets gagnants, ma tante Alice, qui ne s’intéressait pas du tout aux courses, les empochaient pour nous parce qu’ils ne donnaient pas d’argents aux enfants. »

Penser différemment, sortir des sentiers battus, paraître parfois étrange aux yeux des autres, … Autant de points dans lesquels l’équipe des Daubasse se reconnaît. Nous jouons sur notre différence, notre process original pour aller là où peu d’investisseurs vont. Notre but étant d’obtenir ainsi des rendements (bien) supérieurs à ce que la moyenne obtiendra.

Nous aurions peut-être dû prendre les coordonnées de ce bambin…

Ce mois-ci, nous vous emmenons également hors des sentiers battus avec une analyse d’un holding actifs en Indonésie et aux Philippines, dont nous avons acheté quelques titres pour notre portefeuille. Des pays d’Asie en pleine croissance bien loin des querelles sur les 0,3% ou 0,5% que nous cherchons à atteindre dans certains pays du vieux continent. Nous gardons néanmoins le cap « PEA » avec l’analyse d’une entreprise familiale française.

 

 

Ancien édito : investir au bon moment

vacances boursières

En cette période de douceur estivale, l’équipe des daubasses prend
un peu de repos bien mérité.

Certes, entre barbecues et farniente, nous poursuivons notre traque incessante des plus belles daubasses.

Pour la partie rédactionnelle du blog, tout comme les années précédentes, nous avons plongé en apnée dans nos archives afin de vous proposer, cher(e) lecteur(trice), quelques anciens éditos de notre lettre mensuelle tels que nos abonnés ont pu les découvrir à l’époque.

C’est l’édito de la lettre de février 2013 que vous allez retrouver ci-dessous.

Excellente lecture !

Investir au bon moment

A chaque édito, on commence par la proposition d’un titre. Moment toujours difficile! Franck pointe que cela sent le racolage, le presque « bois de Boulogne », en talon aiguille et guêpière ajustée! Cela commence mal!

Les autres Daubasses hibernent aux chaud de plus-values qui ne cessent de gonfler, tout comme leurs ronflements, entre deux battements de paupières indifférents. Ils ressemblent à des ours hibernant. Et pourtant sur le marché, la mode de ce début 2013 est délibérément tauromachique, brutal, avec muleta verte, banderilles en plastique et sirop de sang à la menthe poivrée! Le taureau est vraiment insolent… Le matador confiant…

Il faut donc développer pour convaincre. Et ce n’est jamais facile chez les Daubasses de convaincre : des éditos de trois, quatre pages ont étés plusieurs fois flambés au Zippo, ces derniers temps! Tout ceci pour vous dire que la concession est le cadet de leurs soucis, on devrait presque dire de nos soucis, sauf pour celui qui écrit l’édito !

Bon, reprenons, sur « Investir au bon moment sur le bon secteur » qui est au final le simple fruit d’une observation. C’est la première fois que nous observons les sociétés d’un secteur approcher leur VANT en choeur dans notre portefeuille. Il s’agit des promoteurs immobiliers représentés par l’Anglaise Barrat Developement PLC, L’Américaine AV Homes et de l’Allemande Adler Real Estate, du « ABAAAA » selon la notation de l’agence Daubasse, en 2008 pour les deux premières et en 2009 pour la dernière.

Nos amis investisseurs dans la valeur « Buffettienne » de l’époque, qualifiaient nos choix de véritable hérésie, d’inconscience, de paraplégie de nos lobes frontal, occipital, pariétal, temporal et ils ajoutaient même du cervelet et de la zone cortical du lobe frontal, celle qui vous permet de détecter le goût et l’odeur. En un mot, un manque de discernement complet!

Nous n’allons pas blâmer nos amis, plus avant cher(e) abonné(e), car rappelez-vous de cette terrible année 2007-2008, le début de la crise, une crise immobilière liée aux crédits pourris, les fameuses subprimes. Monsieur le marché n’a pas hésité à parler d’un nouveau 1929, quatre-vingt ans plus tard.

Et tous les acteurs se sont mis à échafauder des scénarios de plus en plus sombres. Sur le secteur immobilier, rien ne serait plus jamais pareil et que 20-30 ans seraient nécessaires pour retrouver les prix du sommet. Sur le marché, qui allait certainement aboutir à un Euro Stoxx 50 à 0,5 points et 1.5 points pour le S&P 500. Sur notre système, nous étions partis pour vivre la fin du capitalisme!

En gros, qu’est-ce que l’Equipe des Daubasses pouvait argumenter à l’époque, hormis la simpliste idée de bonnes affaires, de décotes sur la VANN, la VANE et une belle solvabilité, sur nos trois immobilières! Du vrai pipo pour tous les spécialistes, les aficionados du décryptage de l’actualité, du complot final, de l’Apocalypse selon Saint-Nouriel Roubiniol…!

Et pourtant, acheter Barrat Developpement à 50.08 pences, AV Homes (à l’époque nommé Avatar Holding, renforcé 2 fois) à 2.60$ (premier achat) ou encore Adler Real Estate à 0.68€, ne nous a pas paru déraisonnable. Au contraire, il y avait belle décote et bonne solvabilité.

Cinq ans plus tard, nos trois immobilières sont de multiple baggers et vont sans doute sortir sous peu de notre portefeuille dès qu’elles auront atteint et dépassé leur Valeur d’Actif Net Tangible.

Ce qui nous fait tout bizarre, c’est que nos même amis, ceux qui avaient jugé notre manque de discernement sur ces investissements immobiliers en 2008, semblent à présent s’intéresser au secteur… précisément au moment où nous apprêtons à en sortir, en argumentant que c’est nettement moins risqué dans un climat qui s’améliore, avec des perspectives toutes autres…

Nous n’allons donc pas nous plaindre si ce marché est prêt à nous acheter les trois entreprises précédemment citées à leurs VANT respectives et peut-être même au-delà : pour Barrat Developpement de 203 pences, pour AV Homes de 17.16$ et pour Adler Real Estate à 1.65€.

« Investir au bon moment sur le bon secteur », vous l’aurez compris, cher(e) lecteur(trice), n’est en aucun cas du ressort du « feeling » de l’investisseur, pas plus que de sa profonde « conviction ». C’est en fait la méthode « Daubasse », décote sur les actif Net-Net ou Net-Estate, solvabilité supérieur à 40%, et appliquée strictement, qui fait qu’en tant qu’investisseur vous vous trouvez au bon moment et en pleine tourmente, sur le bon secteur, le bon continent, la société ou les sociétés les plus solides.

Nous avions déjà évoqué le phénomène sur notre blog quand nous avions observé qu’investis à 80% sur des société américaines et 20% sur des sociétés européennes au début de l’aventure, en 2008, nous étions passés progressivement, et au gré des occasions dictées par notre process, à 40% de sociétés américaines et à 40% de sociétés européennes. Un rééquilibrage dicté seulement par les occasions trouvées.

Et c’est ce que nous observons aujourd’hui sur les secteurs, notre méthode nous menant droit sur le cataclysme, la fin probable, le pire, le sans espoir… Et nous sommes entrés sur le secteur sinistré des papetiers comme Crown Van Gelder. Plus récemment, sur des acteurs du solaire en berne final, comme PV Crystalox et REC. Et encore plus récemment, sur des acteurs technos très mal barrés…

Mais vous avez sans doute compris que le cataclysme, la fin probable, le pire, le sans espoir est synonyme de belles occasions, de baggers, et au final de grandes satisfactions d’investissement.

Il vous suffit d’avoir ou d’acquérir la volonté de vous laisser conduire par l’exigence des paramètres de Ben Graham : marge de sécurité, peu d’endettement et quelques autres détails facile à compiler… Du véritable noir sur blanc que nous essayons d’appliquer au mieux depuis plus de 4 ans et qui vous placera sans discontinuer au chœur de la tempête et des vraies occasions!

Dans cette lettre, nous vous présentons une occasion sortant des sentiers battus, sur de l’immobilier européen, sans doute un dernier «bon coup»! (NDLR : il s’agit de AXA Property Trust démasquée récemment sur ce blog) Et une superbe techno, qui n’a jamais fait le moindre profit, dans une niche technologique qui nous semble pouvoir littéralement exploser dans le futur, même si nous n’en sommes pas certains à 100%! (NDLR  : Semileds également démasquée)

Cela dit, vous êtes comme d’habitude les seuls juges. Excellente lecture à tous.

Ancien Edito : clap de fin …

vacances boursières

En cette période de douceur estivale, l’équipe des daubasses prend
un peu de repos bien mérité.

Certes, entre barbecues et farniente, nous poursuivons notre traque incessante des plus belles daubasses.

Pour la partie rédactionnelle du blog, tout comme les années précédentes, nous avons plongé en apnée dans nos archives afin de vous proposer, cher(e) lecteur(trice), quelques anciens éditos de notre lettre mensuelle tels que nos abonnés ont pu les découvrir à l’époque.

C’est l’édito de la lettre de décembre 2012 que vous allez retrouver ci-dessous.  Celui-ci a été publié quelques jours avant la date fatidique de fin du monde, telle qu’annoncée par les Mayas.

Excellente lecture !

Clap de fin…

C’est avec un pincement au coeur que nous prenons notre plume pour rédiger cet édito qui est celui de notre dernière lettre mensuelle.

Pourtant, nous avons encore un tas de choses à vous raconter et un grand nombre de réflexions à partager. Nous avons pris beaucoup de plaisir à échanger avec vous, que ce soit sur notre blog, par mail privé ou, tout simplement, au travers de nos lettres et articles.

Mais voilà, toutes les bonnes choses ont une fin et cette lettre ne fait pas exception.

Quoi ! Vous stoppez tout ?

Hélas, cher(e) lecteur(trice), trois fois hélas …

Mais, mon abonnement ? J’ai payé pour un an, moi !

Vous pensez bien que, là où nous allons tous, le prix d’un abonnement à une lettre financière n’a plus grande importance.

Vous avez perdu la tête ? Vous avez trop chassé la daubasse et vous faites un « burn-out » ?

Si ce n’était que cela mais c’est bien pire, bien plus grave !

David Rosenberg avait raison !

Nouriel Roubini avait raison !

Olivier Delamarche avait raison !

Philippulus(1) avait raison !

Après plus de 4 ans d’existence, notre club d’investissement va disparaître, c’est la fin de 4 passionnantes années de chasse à la daubasses et d’un an et demi de lettres mensuelles. Nous n’aurons plus de débats acharnés, arrosés à l’Orval, sur les vertus de telle ou telle action … (c’est surtout l’Orval qui va nous manquer pour tout vous dire).

L’Hindenburg Omen(2) était là, bien visible depuis des siècles, nous allons tous mourir dans d’horrrrrribles souffrances, les Mayas l’ont annoncé : ce 21 décembre, c’est LA FIN DU MONDE.

Les amis, vous êtes bien raisonnables là ?

Vous n’allez quand même pas nous dire que vous y croyez à ce genre de prophétie. Dans votre dernière lettre mensuelle, vous disiez qu’il était impossible de prévoir la macro économie avec précision même à un horizon de quatre ou cinq ans et aujourd’hui, vous nous expliquez que vous accordez foi à des prédictions vieilles de plusieurs siècles ?

Heuuuu … Hum, comment dire …

En plus, vous savez combien il y en a eu des prévisions de fin du monde non avérées ?

Ben … heu … non

Des dizaines …

Il y a eu Charles Russell au 19e siècle, il y a eu les témoins de Jéhovah qui l’annoncent avec la régularité d’un métronome depuis plus de 80 ans, il y a eu David Koresh dans les années 90 de même que Harold Camping qui l’a annoncé à plusieurs reprises et la dernière fois, c’était pour … 2011.

Allons les gars des daubasses, ressaisissez-vous !

Vous pensez que nous avons été un peu … disons … excessifs ?

C’est le moins que l’on puisse dire …

Hum … effectivement, cher(e) lecteur(trice), il semble bien que nous ayons sombré dans le marasme ambiant.

Peter Diamandis, un éminent chercheur et entrepreneur américain l’explique dans son livre « Abundance: The future is better than you think ».

Les médias nous abreuvent « jusqu’à plus soif » d’informations négatives qui nous font sombrer dans la sinistrose. Pourquoi ? Parce que, naturellement, c’est vers ces informations négatives que nos esprits portent leur attention. Chaque seconde, nous sommes soumis à trop de données pour que nos cerveaux puissent les analyser et comme rien n’est plus important pour nous que la survie, ce sont les informations avertissant d’un danger que nous retenons en priorité.

Selon Diamandis, ce serait dû à une zone du lobe temporal de notre cerveau qui trie toutes les informations que nous recevons en recherchant tout ce qui pourrait nous porter atteinte.

C’est la raison pour laquelle, parmi toutes les données que nous recevons, notre instinct de survie nous fera retenir en priorité les mauvaises et c’est aussi pourquoi nous sommes généralement conditionnés à être plus pessimistes qu’optimistes.

Nous-mêmes dans nos investissements en daubasses avons tendance à envisager le « pire » avant de prendre la décision d’acheter, parce que si le pire est dans les cours, l’affaire ne peut être que bonne … mais peut-être aussi parce que notre lobe temporal nous y incite.

Ce n’est peut-être pas un hasard finalement si des prophètes de malheur rencontrent autant de succès parmi les médias et ce, même parmi des gestionnaires qui n’ont jamais rien prouvé en terme de capacité à créer de la valeur pour leurs clients.

En bref, si nous sommes heureusement conditionnés pour anticiper les dangers, nous ne devons pas laisser notre instinct animal prendre le dessus sur notre raison et nous vous remercions, ami(e) abonné(e) de nous avoir rappelé à l’ordre.

Alors, finalement, ce n’est pas votre dernière lettre ?

Bien sûr que non ! Les frères Böhm prétendent que les Mayas anticipent en réalité la fin du monde pour 2116 … de quoi nous laisser le temps d’écrire encore quelques lettres mensuelles …

———————————

(1) Clin d’oeil à l’attention des « tintinophiles »

(2) L’Hinderburg Omen est un indicateur technique annonciateur de crash, pas très fiable en réalité puisque s’il s’est bien configuré avant les grandes corrections boursières des dernières années, il a aussi donné un nombre deux fois supérieurs de « faux signaux ».

Ancien édito : le monde selon Mad Max, ce n’est pas encore pour tout de suite

vacances boursièresEn cette période de douceur estivale, l’équipe des daubasses prend un peu de repos bien mérité.

Certes, entre barbecues et farniente, nous poursuivons notre traque incessante des plus belles daubasses.

Pour la partie rédactionnelle du blog, tout comme les années précédentes, nous avons plongé en apnée dans nos archives afin de vous proposer, cher(e) lecteur(trice), quelques anciens éditos de notre lettre mensuelle tels que nos abonnés ont pu les découvrir à l’époque.

C’est l’édito de la lettre de novembre  2012 que vous allez retrouver ci-dessous, là où il est question de l’intérêt – ou non – de s’intéresser à la macro-économie dans le cadre de notre philosophie d’investissement.

Excellente lecture !

 

Flash-Back …

Souvenez-vous, cher(e) abonné(e), nous sommes en 2005. Quelle était l’expression « à la mode » à cette époque ? Quelle était la phrase magique « tendance » dans les salons et les cocktails dinatoires ? Oui, c’est vrai, ça paraît loin tout ça et pourtant, ça ne fait que 7 années : du très long terme en spéculation mais tout au plus du moyen terme en investissement.

Le mot que tout le monde avait à la bouche à l’époque, c’était « peak oil ».

peak oil

Que disait-on ?

Que le pétrole était une matière première en voie d’épuisement. Que bientôt il deviendrait impayable. Qu’il fallait absolument se tourner soit vers les producteurs de pétrole, soit vers les énergies alternatives.

Le cours de Solarworld (producteur allemand de panneaux solaires) multipliait par 3,5 au cours de cette année-là, celui de Petrochina s’appréciait de 53 % et celui de Canadian Ressources (sables bitumeux) doublait.

Jim Rogers était adulé et les fonds à thématique énergétique poussaient comme des champignons.

C’est tout juste si les plus pessimistes n’annonçaient pas que faute de pétrole, nous allions tous mourir dans d’horribles souffrances…

Pire : certains parmi les membres de l’équipe des daubasses étaient également atteints par cette fièvre du « peak everythink », se forgeant même quelques convictions sur les cours du gaz naturel en le comparant avec ceux du pétrole ou même, en installant quelques panneaux solaires sur le toit de leur maison familiale afin de « survivre le jour où tout s’écroulera », le jour où, tout comme dans « Mad Max », nous serions tous réduits à l’état de bandes errantes prêtes à s’entredéchirer pour quelques litres d’essence.

Novembre 2012 …

Voici les titres de quelques articles que nous avons lus ces dernières semaines :

« Le peak oil, c’est fini »

« Ce peak oil qui n’en finit pas de ne pas arriver »

« L’avenir radieux d’une super puissance pétrolière » (en parlant des Etats-Unis)

Ça et là, nous apprenons que grâce aux nouvelles techniques de forage, entre autre la “fracturation hydraulique”, les énergies fossiles restent, plus que jamais, accessibles et disponibles. Les USA, entre autres, disposeraient de réserves de pétrole supérieures à l’Arabie Saoudite, l’Iran et l’Irak réunis.

Dès 2020, certains experts voient le pays de l’Oncle Sam produire plus de pétrole que l’Arabie Saoudite aujourd’hui.

Les premiers effets de ces techniques se sont d’ailleurs déjà fait sentir précisément sur le gaz naturel : les prix de cette énergie sont en effet au plancher depuis des années (du moins en Amérique du Nord), précisément à une époque où elle aurait déjà dû servir d’alternative au pétrole rare.

Bref, il semblerait bien que la hausse des prix du pétrole … ait reporté le « peak energy » à une date ultérieure, les coûts de développement des nouvelles technologies étant précisément rentabilisés par cette hausse des prix. Sans vouloir prendre position sur le bien-fondé écologique et économique des nouvelles techniques d’extraction, c’est en tout cas un évènement qui remet certaines certitudes en question.

La conclusion de tout ceci …

Nous pensons que les conclusions que l’on tirait il y a 7 ans quant aux supports idéaux en matière d’investissement ne sont, au moins partiellement, plus d’application aujourd’hui : Solarworld a perdu 98 % par rapport à son plus haut, Petrochina 47 % et Canadian Ressources 43 %. Quant au cours du pétrole proprement dit, s’il a pris 40 % en 7 années, cela semble peu pour une période « planche à billet » qui aurait dû être bien plus porteuse pour un actif aussi tangible et indispensable à nos modes de vie.

La conclusion ? Pour nous elle est simple et limpide et conforte notre approche : les projections macro-économiques ne sont que peu utiles à l’investisseur « value » et le temps qu’il consacre à l’économie générale, à défaut d’être considérée comme un aimable loisir, serait bien plus efficacement utilisé à approfondir l’analyse de ses sociétés.

C’est en tout cas ce que, pour notre part, nous continuerons à faire, convaincus plus que jamais par les vertus de l’approche « bottom up ». Nous vous le prouvons dès cette lettre mensuelle en vous présentant les deux sociétés que nous avons achetées récemment … et qui ne sont en rien liées à aucun « peak » que ce soit.

 

 

Ancien édito : la psychologie de l’investisseur

vacances boursièresEn cette période de douceur estivale, l’équipe des daubasses prend un peu de repos bien mérité.

Certes, entre barbecues et farniente, nous poursuivons notre traque incessante des plus belles daubasses.

Pour la partie rédactionnelle du blog, tout comme les années précédentes, nous avons plongé en apnée dans nos archives afin de vous proposer, cher(e) lecteur(trice), quelques anciens éditos de notre lettre mensuelle tels que nos abonnés ont pu les découvrir à l’époque.

C’est l’édito de la lettre d’août 2012 que vous allez retrouver ci-dessous, là où il est question, une fois de plus, de process et de finance comportementale.

Excellente lecture !

La psychologie de l’investisseur

 

Nous vous avons déjà parlé de nombreuses fois de Monsieur le Marché. Cet être à l’humeur exubérante, tantôt euphorique, tantôt dépressive, cher à Benjamin Graham pour représenter le marché dans son ensemble. Il peut prendre des facettes très différentes avec toujours autant d’appoint et répéter systématiquement les mêmes exagérations sur différents laps de temps. Ainsi les périodes de surévaluations succèdent aux périodes de sous-évaluations et vice-versa et bis repetita.

Tout ça, vous le savez déjà et nous en avons assez débattu en long et en large dans nos précédentes lettres et sur notre blog.

Nous souhaitons dans cette lettre estivale apporter une nouvelle approche à ce concept de marché lunatique. Il ne faut pas oublier que derrière chaque investisseur, chaque décision d’investissement, il y a toujours un Homme. Et cet homme, quel qu’il soit, est lui aussi sujet à des périodes euphoriques ou dépressives. Il nous semble essentiel de savoir quel profil d’investisseur nous sommes, comment nous réagissons face aux humeurs de Monsieur le Marché et quelles armes nous avons à disposition pour nous aider dans cette lutte pour le rendement.

Identifions aussi au préalable trois profils d’investisseur :

– le suiveur

– le colleur

– le contrarian

Nous illustrons nos propos avec des graphiques. En bleu, le marché. Quand la courbe est au-dessus de 0, nous sommes en phase de surévaluation (1 = surévaluation maximale, -1 = sous-évaluation maximale, 0 = valorisation rationnelle) et en dessous de 0, en phase de sous-valorisation. En rouge, nous avons l’attitude de l’investisseur (1 = l’investisseur est investi à 100%, il achète tout ce qu’il peut, -1 = l’investisseur vend toutes ses lignes, il est 100% cash). Quand la courbe franchit le 0 à la hausse l’investisseur devient acheteur et commence à vendre lorsque la courbe est en phase descendante.

Le suiveur

suiveur de conseil boursier

Le suiveur est le profil type de l’investisseur qui lit la presse financière spécialisée et qui suit le conseil des autres sans faire ses devoirs. Il achète et vend davantage en fonction des modes que de ses propres calculs financiers ou de ses convictions. Résultats, il commence à acheter quand le marché commence à devenir surévalué, donc trop tard, et vend quand tout le monde a déjà commencé à vendre. En résumé, il a toujours un temps de retard sur le marché. Difficile de s’identifier comme ayant le profil de suiveur, mais il nous semble important de dissocier « l’humeur du marché » à un moment donné et l’ambiance afférente avec ses décisions d’achat / vente. Le symptôme typique du suiveur, c’est qu’il crie sur tous les toits que l’on ne l’y reprendra plus et que la prochaine fois il anticipera la vague de hausse et vendra avant que les marchés s’effondrent. Vous connaissez la suite…

Le colleur

colleur en bourse

Le colleur est un investisseur relativement averti qui a peut-être été un « suiveur » peu performant. Il sait par expérience qu’il est difficile de prévoir le marché. Alors il a mis en place une tactique simple, qui ne demande aucune anticipation mais qui nécessite une certaine rigueur d’esprit. En fait, il a mis en place une règle et ne doit jamais y déroger au risque de faire capoter toute sa stratégie. Comme il ne sait pas quand le marché est cher ou bon marché, il décide d’acheter « le marché » dans son ensemble. Par exemple avec un tracker. Pour le marché français, ce pourrait être un tracker CAC 40. Ainsi, il achète un panier de valeurs représentatives du marché à fréquence répétée. Ainsi, il lisse son prix de revient, il achète au plus bas comme au plus haut avec des frais de courtage réduits. Bien entendu, il ne pourra jamais battre le marché sur le long terme, mais il ne pourra néanmoins pas non plus sous-performer significativement le marché. C’est une stratégie qui présente de nombreux atouts : simplicité, peu de temps consacré et une liberté de pensée sur la valorisation des marchés.

Le contrarian

investisseur contrarian1

Psychologiquement, c’est le profil d’investisseur le plus complexe… mais qui présente un potentiel de rendement élevé. En effet, sur le schéma il est capable d’acheter quand le marché est au plus bas et de vendre quand le marché est plus haut. Bien-entendu, c’est une vision utopique. Il est impossible de systématiquement, quelle que soit la période de marché, réussir une telle prouesse. Le but est davantage de s’en rapprocher et de développer des outils pour y parvenir.

La notion de valorisation de marché est peu évidente et nul ne peut dire à un moment donné que le marché a atteint un sommet ou un creux. Aussi, nous pensons que l’investisseur qui veut tendre vers ce profil d’investisseur doit faire fi de tout le contexte de marché. C’est ici que la bataille psychologique commence.

Au sein du club des Daubasses, c’est vers ce profil d’investisseur que nous essayons de nous approcher. Et au fur et à mesure de notre expérience commune, nous avons appris à utiliser nos propres outils pour nos décisions d’achat / vente. Ainsi, nous basons nos décisions d’investissement uniquement sur des conditions financières en valorisant les patrimoines des sociétés et en les rapprochant des valorisations offertes sur le marché. Nous laissons parler les ratios. Seule une approche construite sur un process clair et sans aucune dérogation exceptionnelle peut permettre à l’investisseur de passer un peu plus entre les mailles du filet du retour à la moyenne et un rendement moyen proche du rendement du marché.

Il est aisé d’acheter quand tout le monde achète, mais beaucoup plus compliqué de se porter acquéreurs d’actions quand la presse, vos amis, votre famille vous rabâchent à longueur de journée que « les actions… c’est risqué », qu’il ne faut pas investir en ce moment. Dans ces moments-là, nous prenons du recul, nous nous concertons, regardons les chiffres et prenons notre décision. A froid.

Chaque investisseur, avec son bagage, ses objectifs, se construit son propre process d’aide à la décision. Sans ce garde-fou, nous pensons effectivement qu’il est difficile de ne pas virer maniaco-dépressif à l’image de Monsieur le Marché.

Ancien Edito : comme dans un autre monde …

vacances boursièresEn cette période de douceur estivale, l’équipe des daubasses prend un peu de repos bien mérité.

Certes, entre barbecues et farniente, nous poursuivons notre traque incessante des plus belles daubasses.

Pour la partie rédactionnelle du blog, tout comme les années précédentes, nous avons plongé en apnée dans nos archives afin de vous proposer, cher(e) lecteur(trice), quelques anciens éditos de notre lettre mensuelle tels que nos abonnés ont pu les découvrir à l’époque.

Ces archives nous semblent intéressantes parce qu’elles nous permettent de nous rappeler notre état d’esprit de l’époque et de l’analyser avec un recul suffisant.

Cette fois, c’est l’édito de la lettre de juillet 2012 que nous vous proposons, édito dans lequel nous philosophions à propos de l’ingratitude de l’investissement en daubasses.

Un peu comme dans autre monde …

 

Nous vous proposons dans cet édito de début de grandes vacances, quelques réflexions légères, qu’il vous sera sans doute possible de méditer un peu, en bord de mer, étendu nonchalamment sur le sable à faire le plein de soleil. Et cela nous semble aussi possible d’y réfléchir si vous sirotez tranquillement un petit cocktail. Sauf évidemment, s’il y a des jolies filles dans les environs !

Première réflexion : Un peu comme dans un autre monde

En investissant dans les « Daubasses », nous avons parfois l’impression de ne pas être tout à fait dans le même monde d’investissement que les autres investisseurs. Et nous nous sommes demandé si finalement c’était juste une impression ou un fait bien réel.

Grâce à internet, toutes les informations circulent à grande vitesse, qu’elles aient trait aux sociétés, à la macro économie, à la politique, … Nous nous en abreuvons tout comme les autres investisseurs. On pourrait même dire qu’il n’est pas possible d’y échapper. Nous ne sommes donc pas vraiment dans un autre monde à ce niveau.

Que faisons-nous de ces informations et dans quelle mesure influencent-elles nos décisions d’investissement ? Finalement, nous n’en faisons pas grand-chose et on peut également dire qu’elles n’influencent que très peu, pour ne pas dire presque pas, nos décisions d’investissements. Et pourtant, nous les lisons comme tous les investisseurs. Objectivement cela signifie que nous perdons un peu de notre temps à nous informer de choses qui ne nous sont pratiquement d’aucune utilité.

Seules des informations chiffrées et qui pourraient modifier la valeur patrimoniale des sociétés que nous possédons en portefeuille, nous sont réellement utiles. Peut-on parler de 1% du flot informatif ? Peut-être moins. Et c’est un peu là que tout en étant dans le même monde que les autres investisseurs, du moins sur la forme, nous sommes en quelques sortes dans un autre monde. Car une très grande majorité des investisseurs prennent toutes leurs décisions d’investissement en fonction des nouvelles sur les sociétés et plus particulièrement sur tout ce qui a une relation aux profits futurs, mais sont également conditionnés par la macro économie ainsi que par la politique.

Notre idée d’être un peu dans un autre monde est donc bien réelle, dans le sens où nous sommes finalement presqu’hermétique à ce qui s’y passe. Pour la simple raison que seuls les chiffres du bilan de la société nous dictent la marche à suivre et rien d’autre.

Prenons les trois phases de marché et comparons nos réactions ou nos aspirations à la majorité des investisseurs.

Le point mort – Marché plat – où l’incertitude règne.

Nous recherchons des valeurs décotées et comme il y en a très peu, nos listes s’allongent. Nous espérons que le marché va finir par baisser, pour que notre travail de recherche porte ses fruits.

La majorité des investisseurs attendent que cela se clarifie. Ils ont surtout peur que cela reparte à la baisse, et espèrent surtout un marché clairement haussier.

La marche arrière – Marché baissier.

Comme pour tout investisseur, le recul de l’ensemble du portefeuille est difficile à subir. Mais au lieu d’être focalisés sur les cours qui fondent, nous sommes focalisés sur ce que nous pouvons acheter, sur ce que le marché nous offre. Et nous devenons de plus en plus « radins », nous voulons encore moins cher et encore.

La majorité des investisseurs sont comme tétanisés par les baisses et à chaque nouveau jour dans le rouge, la douleur due aux pertes s’intensifie. Et puis, ils commencent à vendre, par petits morceaux, en espérant que le marché va se reprendre… Puis ils se disent qu’ils auraient dû tout larguer dès la vente des premiers petits morceaux… Mais comme cela baisse encore, ils commencent alors à larguer à n’importe quel prix…

La marche avant – Marché haussier.

Nous devenons presque spectateurs des effets positifs de notre travail qui se transforme en plus-value dès le début du marché haussier et cela nous réjouit. Mais d’un autre côté, les marchés haussiers nous énervent car les recherches ne débouchent sur aucune trouvaille. Et nos listes se réduisent en peau de chagrin.

La majorité des investisseurs, encore « traumatisés » par la baisse, ratent au mieux les premières marches, car ils veulent voir de leurs propres yeux, du vert et des courbes ascendantes. Les plus traumatisés ratent parfois la moitié des marches de l’escalier en direction des étages supérieurs.

Deuxième réflexion : Investir en « Daubasses » peut-il améliorer votre vie sociale ?

A notre connaissance, nous n’avons jamais rencontré la moindre Daubasse ayant créé un objet dont tout le monde se sert, un produit « buzz », une belle nouveauté dont tout le monde parle.

Dans une réunion, il est plus aisé d’intercaler dans une conversation vantant les qualités d’un I-Phone, que vous êtes actionnaire d’Apple et que vous avez eu l’occasion d’entendre de vos propres oreilles Steve Job lors de l’assemblée générale 2009 à laquelle vous avez assisté. Aussitôt, vous risquez de piquer tellement la curiosité de vos interlocuteurs, interlocutrices, qu’ils vont peut-être se mettre à vous poser des questions. C’est rehaussant.

Si vous êtes actionnaires de Scott Liquid Gold, notre marchand de savon liquide préféré, vous aurez par contre toutes les peines du monde à le glisser dans la conversation, à moins que vous ne soyez entouré d’une horde d’aides ménagères… Et encore, comme vous n’avez pas la moindre idée de la qualité des savons de Scott Liquid Gold, vous n’avez même pas l’opportunité de parler du brillant du sol après nettoyage, ni de la fraîcheur persistante du produit à base de lavande…Vous êtes cuit et réduit au silence. Pas la peine d’essayer de dire que vous avez assisté à l’assemblée générale… Tout le monde s’en contrefiche.

Lors d’un repas gastronomique, où la conversation tourne à un certain moment sur le vin, les grands crus classés par exemple, vous n’aurez aucun mal à glisser que vous êtes propriétaire d’un petit morceau du Château Yquem et de Cheval Blanc, et vous piquerez une nouvelle fois la curiosité de vos interlocuteurs qui vous croiront à moitié dans un premier temps, avant que vous ne leur expliquiez que vous êtes actionnaire de LVMH, qui possède ces châteaux Bordelais de grand Prestige…..Si vous enchaînez ensuite sur leurs propriétés en Australie, au Chili, en Nouvelle Zélande, vous pouvez alors monopoliser pratiquement la parole…

Si en revanche vous êtes actionnaire de la « Daubasse » Cottin et Frères, l’une de nos dernières acquisitions, dont nous vous reparlons plus loin dans cette lettre, il vous sera impossible de briller… Dire que vous avez fait une bonne affaire en achetant l’action parce qu’ils ont vendu du vin frelaté (mélange de gros rouge qui tâche, à des crus classés) déclenchera sans doute rire et quolibet… Et vous êtes en plus grillé pour tenter de glisser un avis qui sera pris au sérieux sur la qualité du vin que vous buvez, puisqu’en ayant avoué être actionnaire de Cottin, vous serez associé à un buveur de gros rouge qui tache !!!

Investir en Daubasses ne vous offre donc pas la possibilité de vous conduire en propriétaire de la société, concept si cher à Warren Buffett, seulement parce que personne ne voudrait être propriétaire d’entités aussi obscures, voire aussi ringardes, voire aussi minables.

En société, tout le monde se moque que Scott Liquid Gold pourrait voir son cours multiplier par trois en 2 ans, alors que LVMH offrira si tout va bien 15% sur la même période… plus un beau dividende, n’oublions pas !!!

Investir en Daubasses ne peut donc pas vous permettre de briller ne fut-ce qu’un peu ou de temps en temps en société.

Troisième réflexion : quel rôle économique peut jouer un investisseur en Daubasses ?

La mode actuelle est de montrer du doigt et désigner comme coupables ceux qui gagnent de l’argent avec de l’argent, et ceci de bas en haut de l’échelle. Nous avons récemment réfléchi, chez les daubasses, à la possibilité d’investissement en direct dans des startups. En gros, à effectuer une injection directe de capital dans des sociétés qui démarrent, permettant à leur fondateur de développer leurs produits plus rapidement. Produits innovants peut-être amenés à améliorer le quotidien, produits découverte, … Un article de notre blog a d’ailleurs été écrit sur le crowdfunding et vous pourrez en lire tous les détails ici.

Notre discussion, sur un rôle direct dans l’économie, ne nous a pas du tout été dicté par un sentiment de culpabilité, dû à la mode actuelle, puisque nous vous expliquions dans la première réflexion, que nous étions plutôt hermétiques au monde de l’investissement en général et que ce monde ne nous influençait pratiquement pas, mais juste par une possible idée de diversification pouvant peut-être combiner investissement et rôle direct dans l’économie.

Cette idée nous a tous séduit et nous l’avons retournée dans tous les sens, pour tenter d’y trouver un angle valeur. Un angle tangible, borné, où nous pouvons dire là nous achetons et là nous n’en voulons pas parce qu’il n’y a pas assez de décote.

Mais évidemment, nous ne sommes pas parvenus à trouver cet angle valeur, car tout simplement, il n’existe pas lorsqu’une société démarre.

En fait, profiter d’anomalies de marché, comme nous le faisons avec nos investissements dans des Daubasses, ce n’est pas de l’investissement économique, car nous ne finançons rien du tout. C’est juste de la spéculation, tout comme le fait Warren Buffett. Et nous n’en rougirons nullement. Au contraire, nous sommes plutôt assez satisfaits et même fiers de nos résultats.

S’il est donc clair qu’investir dans les « Daubasses » ne joue aucun rôle économique. Nous pensons néanmoins que nous avons deux sources à connotation morale qui peuvent apporter certaines satisfactions.

Quand nous achetons une Daubasse, nous soulageons un investisseur qui veut se débarrasser des ses titres et qui ne croyait même plus trouver un acheteur devant lui à ce prix. C’est donc un acte altruiste dans toute sa splendeur.

Quand nous vendons une Daubasse, nous offrons en plus un peu de rêve à un acheteur qui pense que vu la multiplication du cours, cela ne peut qu’allez plus haut encore, plus loin, toujours plus haut. C’est donc tenter d’apporter un peu de bonheur et d’espoir dans ce monde de brutes qu’est l’investissement.

En espérant que ces réflexions ne vous causeront pas de migraine sur le bord de la plage, nous souhaitons à tous nos abonnés de superbes vacances.